Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Au Sénégal, des maîtres coraniques s’insurgent contre la violence dans les «daaras»
La Croix Africa

Au Sénégal, les cas de maltraitance des élèves des écoles coraniques (daaras) sont récurrents.

Le 26 janvier, la mort d’un pensionnaire d’une école coranique a ému le pays.

Un mort de trop qui a poussé des maîtres coraniques en colère à inviter leurs collègues à prendre exemple sur le prophète Mohammed pour éviter les violences dans ces écoles d’apprentissage du Coran.

Dimanche 26 janvier, un pensionnaire d’une école coranique a été frappé à mort par l’un de ses condisciples pour une leçon non sue. Le responsable de l’école coranique et le présumé meurtrier sont actuellement placés sous mandat de dépôt.

Depuis 2017, 17 talibés (apprenants du Coran) sont morts du fait de «violence, d’actes de négligence ou de mise en danger». Cette situation a fait sortir de leur réserve des maîtres coraniques. Selon eux, ces violences sont liées au manque de professionnalisme. « La plupart des enseignants coraniques n’ont aucune pédagogie pour transmettre la connaissance. Ils n’ont pas, non plus, la psychologie pour étudier ces enfants », fulmine Oustaz Assane Seck.

Lire la suite:  Au Sénégal, des maîtres coraniques s’insurgent contre la violence dans les « daaras » – La Croix Africa, Charles Senghor, 10.02.20

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Amnesty International France _ Indépendant grâce à vous, efficace avec vous !
Exigeons la transparence sur les ventes d'armes françaises

Bonjour PIERRE,
 
Vous en avez peut-être entendu parler dans les médias ou dans nos communications : Amnesty International France a lancé la campagne « Silence on arme ».

Cette campagne vise à dénoncer les graves manquements des autorités françaises en matière de transparence et de contrôle sur les ventes d’armes de notre pays et le non-respect de leurs engagements internationaux.

Pour nous aider à faire du bruit sur la question et à faire pression sur les décideurs, nous avons créé une communauté. En rejoignant cette communauté, vous recevrez régulièrement de l’information sur ce sujet qui fait l’actualité, des appels à actions, ainsi que des informations sur l'avancée de la campagne et les victoires obtenues. Vous plongerez également au cœur du travail d’Amnesty et des équipes qui mènent cette campagne.

JE REJOINS LA COMMUNAUTÉ
Si vous ne l’avez pas déjà fait, vous pouvez dès maintenant réaliser une première action en signant notre pétition pour exiger la transparence de la France sur ses ventes d’armes.

Je vous remercie de votre soutien et espère vous compter nombreuses et nombreux dans notre communauté.

A bientôt,

 
Sarah Roussel,

Chargée de campagne
"Responsabilité des États et des entreprises"
pour Amnesty International France 

Sommet de l’Union africaine : quand l’UA veut réformer le Conseil de sécurité de l’ONU

| Par - envoyé spécial à Addis-Abeba
Une statue du dernier empereur éthiopien, Haile Selassie, après son dévoilement devant l'Union africaine à Addis-Abeba, le 10 février 2019.

Le fonctionnement du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies fait l’unanimité contre lui parmi les États africains, qui rêvent de réformer le cénacle onusien pour mieux y représenter le continent. Mais des divisions demeurent.

À Addis-Abeba, la réforme de l’Union africaine n’est pas la seule à nourrir les discussions. L’ONU elle-même est également à l’honneur, et notamment son Conseil de sécurité, que tous espèrent réformer.
D’un forum international à l’autre, de Dakar à Addis-Abeba en passant par Doha, il suffit de tendre l’oreille pour entendre très clairement les critiques à destination de la lointaine New York. On y condamne « l’impérialisme » de la communauté internationale, voire le « néo-colonialisme » des « grandes puissances ».

Mouammar Kadhafi, l’année 2011 et le chaos libyen viennent inévitablement alimenter le propos de votre interlocuteur, surtout s’il est un diplomate sahélien.

De passage à Addis-Abeba le 8 février, à la veille de l’ouverture du sommet des chefs d’État de l’Union africaine, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’est lui-même joint au refrain. « En Libye, alors que l’Union africaine tentait de convaincre Kadhafi de quitter le pouvoir, le Conseil de sécurité a choisi l’option des bombardements (…). Je comprends parfaitement pourquoi, depuis 2011, les pays africains se sentent maintenus à l’écart », a-t-il déclaré.

Quelques heures plus tard, lors d’une session du Conseil de paix et de sécurité, le président de la Commission de l’Union africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, insistait : « Les Nations unies ont une responsabilité dans les crises en Libye et au Sahel, particulièrement le Conseil de sécurité ». Dans l’assistance, son président, Idriss Déby Itno, acquiesçait. Le message est clair. Mais que peut faire l’UA ?

« Des voix africaines » pour « un monde meilleur »

L’organisation réclame aujourd’hui deux sièges supplémentaires dans la catégorie des membres non permanents, ainsi que deux sièges dans la catégorie des membres permanents « avec les mêmes droits, privilèges et obligations accordés aux membres permanents actuels, y compris le droit de veto ». En d’autres termes, au sein d’un conseil de sécurité version UA, l’Afrique compterait deux membres permanents avec droit de veto et cinq sièges de non-permanents, soit sept pays représentés à New York.

Au nom de l’efficacité, ils sacrifient la représentativité

« Beaucoup d’États occidentaux sont réticents à étendre le Conseil de sécurité, et encore davantage le droit de veto, car cela reviendrait pour eux à bloquer tout le processus de décision », explique un diplomate africain. « Au nom de l’efficacité, ils sacrifient la représentativité, quitte à prendre de mauvaises décisions unilatéralement », ajoute-t-il.

« Il sera difficile de parvenir à un monde meilleur sans réforme des Nations unies et sans l’inclusion de voix africaines fortes dans l’organisation mondiale », avait quant à lui expliqué le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma, coordinateur du « C10 », le groupe des dix pays africains chargés de réfléchir à la réforme du Conseil de sécurité. Personne, aujourd’hui, ne le contredit. Mais la réforme traîne.

Unité de façade ?

Certains proposent « une solution plus réaliste », selon les termes de l’un des diplomates présent à Addis-Abeba : accorder au moins un siège de membre permanent à l’Union africaine elle-même, ou à son Conseil de paix et de sécurité.

Cette dernière solution « éviterait une partie des batailles diplomatiques actuelles », poursuit notre diplomate. Car, dans les travées de l’UA, en ce mois de février, le Kenya et Djibouti s’opposent en effet en vue de la désignation, en juin prochain, de cinq des dix membres non permanents du Conseil de sécurité (voir ci-dessous). Le siège reviendra à un Africain de l’Est (selon le principe actuel de la rotation régionale). Mais lequel ?

L’unité des Africains n’est en réalité que de façade. D’ailleurs dans les couloirs d’Addis-Abeba, certains diplomates, pour la plupart issus des pays aux économies les plus fortes, soulignent que les sièges ne peuvent être occupés… que par des États.


Djibouti en résistance

Mahmoud Ali Youssouf, le ministre des Affaires étrangères de Djibouti, en octobre 2012 au siège des Nations Unies.

Fin août, un vote de l’UA, au niveau des représentants permanents, avait tranché en faveur de la candidature du Kenya, avec 37 voix contre 13 pour Djibouti. Mais, pour ce dernier, la procédure n’a pas été organisée au plus haut niveau et n’est donc pas valable. Depuis, les autorités djiboutiennes se sont lancées dans un lobbying forcené pour inverser la tendance.

À Addis, depuis août, elles rappellent à qui veut l’entendre que le Kenya a déjà été deux fois membre du Conseil de sécurité (1973-1974, 1997-1998), contre une fois seulement pour Djibouti (1993-1994). « Les textes prévoient que, en cas de candidatures multiples ou d’absence de consensus, les États sont départagés selon deux principes : celui de la dernière rotation et celui de la fréquence. Dans les deux cas de figure, la candidature de Djibouti aurait dû s’imposer », explique la diplomatie djiboutienne.

Ces derniers jours, la championne des « petites nations » (comme Djibouti aime à se décrire) a pu faire valoir son point de vue lors de la réunion des chefs de diplomatie d’Afrique de l’Est, le 6 février. Djibouti a même joué la carte francophone. Son ministre des Affaires étrangères, Mahmoud Ali Youssouf, a multiplié les rencontres, notamment lors d’une soirée de l’Organisation internationale de la Francophonie le 7 février. Au menu des poignées de main : les représentants gabonais, marocain, tunisien ou camerounais. Djibouti n’a pas dit son dernier mot.

Les droits de l’homme rendent-ils idiots ? | Revue Esprit

Incriminer le « droit-de-l’hommisme » est désormais une posture assumée par un grand nombre de responsables politiques aussi bien à droite qu’à gauche. Dans leur dernier livre1, Justine Lacroix et Jean-Yves Pranchère prennent la défense des droits de l’homme contre les attaques dont ils sont la cible dans le champ intellectuel.

Pour les pourfendeurs de la « bien-pensance », les droits de l’homme seraient indissociables du nouvel ordre néolibéral, puis d’une culture du narcissisme provoquant la montée des incivilités, et enfin, ils signeraient la fin du politique. Les droits humains contemporains ne seraient plus que les droits des individus privés, de simples revendications à un confort personnel détaché de toute délibération collective.

Lire la suite et écouter l’entretien: Les droits de l’homme rendent-ils idiots ? | Revue Esprit, Jean-Yves Pranchère, janvier 2020.

Burkina Faso: à Kaya, les écoles s'adaptent à la crise des déplacés

Une rue de Kaya, au Burkina Faso (image d'illustration).
 
Une rue de Kaya, au Burkina Faso (image d'illustration). RFI/Pierre Pinto

Le Burkina Faso compte près de 615 000 déplacés, dont le nombre ne cesse de croître en raison des attaques jihadistes que les armées de la région ne parviennent pas à enrayer. À Kaya, dans le nord, des dizaines de milliers d'entre eux sont disséminés dans toute la ville avec, parmi eux, des enfants qui doivent être scolarisés. Face à l’afflux de nouveaux élèves, des écoles de cette ville moyenne qui comptait 70 000 habitants avant la crise ont dû s’organiser.

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Avec notre envoyé spécial à Kaya, Pierre Pinto

Avec l’appui d’organisations comme l’Unicef ou l’ONG Plan international, des salles de classe supplémentaires ont été construites en urgence dans de nombreuses écoles de Kaya, au nord du Burkina Faso, pour faire face à l’afflux continu d’enfants déplacés, qui viennent grossir les rangs de classes comptant souvent près de 100 élèves.

« On a commencé ce partenariat avec Plan international pour augmenter la capacité d’accueil dans ces écoles-hôtes parce que les enfants déplacés ont droit à l’éducation, explique Gilbert Muyisa, spécialiste Éducation en situation d’urgence à l’Unicef. Ils doivent aller à l’école. Et on n’a pas besoin de créer de nouvelles écoles en fait. Ces enfants doivent rejoindre les écoles résidentes où nous, on doit augmenter la capacité d’accueil ».

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L'école, une cible des jihadistes

Dans une école, la capacité d’accueil devrait avoir doublé dans quelques jours. « Ces classes supplémentaires sont venues résorber le flux des effectifs, explique son directeur. Ces salles de classe ont été réalisées en un temps record, un mois maximum, pour pouvoir pallier rapidement à la situation ».

Au Burkina, l’école est clairement une cible des jihadistes. Mais ce fonctionnaire de l’éducation relativise. « L’état d’esprit n’est pas totalement différent de celui des autres enseignants des autres localités, estime-t-il. Il y a une certaine résilience qu’ils ont pu développer. Puis le travail se passe assez normalement ». La peur reste présente malgré cette résilience. Ici, chacun se souvient de l’assassinat par les jihadistes en avril 2019 de cinq enseignants dans une cour d’école de la région du Centre-Est.

► Burkina Faso: à Kaya, les difficiles conditions de vie des déplacés internes