Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Côte d’Ivoire: la hausse de la taxe sur le transfert d’argent via mobile passe mal

Utilisateur de mobile en Côte d'Ivoire (image d'illustration).
© AFP/ISSOUF SANOGO
 

En Côte d’Ivoire, les transferts d'argent via mobile vont bientôt coûter plus cher. Une mesure qui s'adresse à tous ceux qui utilisent les applications d'E-Banking, ou Mobile Money pour régler des petits achats, payer des factures ou encore envoyer de l'argent à un cousin. C'est l'Union nationale des entreprises de télécommunications qui a annoncé début février cette augmentation qu'elle compte répercuter sur les utilisateurs pour compenser une taxe que le gouvernement impose désormais aux opérateurs de transfert d'argent.

Depuis janvier plus de doute possible : les établissements de monnaie électronique, c’est-à-dire ceux qui proposent des transferts d’argent via mobile, doivent payer les mêmes taxes que les opérateurs téléphoniques.

« Malheureusement, les opérateurs n’ont pas appliqué la taxe en 2018 sur l’ensemble du chiffre d’affaires. Les entreprises de téléphonie ont pris sur elles d’extraire la fraction de mobile monnaie du chiffre d’affaires », justifie Abou Sié Ouattara, le directeur général des impôts de Côte d’Ivoire.

Du côté des opérateurs on se défend de vouloir échapper à l’impôt. Selon Gertrude Koné Kouassi, directeur exécutif de l’Unetel, les activités de Mobile Money ne relevaient simplement pas du régime fiscal des télécoms : « L’activité de Mobile Money a été lancée en Côte d’Ivoire avec le support technique des entreprises de téléphonie mobile. Mais en exécution de l’instruction de la BECEAO à cet effet, les opérateurs télécom ont créé des entreprises émettrices de monnaie électronique qu’on appelle EME. Ces EME placées sou le régime de microfinances sont passées sous un autre régime fiscal qui est propre au secteur financier. »

En réaction, les opérateurs ont annoncé une hausse prochaine de leurs tarifs sans préciser de combien ni quand elle entrerait en vigueur. Les associations de consommateurs montent au créneau et demandent au régulateur d’intervenir.

Église et Politique en Afrique : quelle relation ?
La Croix Africa

05/02/2019 par Marc Léonard

Aujourd’hui en Afrique, face à l’échec du politique à travailler et à instaurer des États de paix et réconcilier, les yeux sont de plus en plus tournés vers l’Église. Aussi, avec les processus électoraux en cours ou à venir, émaillés de tensions et de violences dans certains pays, le débat sur l’engagement sociopolitique de l’Église d’Afrique est fortement relancé.

Bon nombre restent convaincus de la nécessité pour l’Église d’avoir un engagement sociopolitique ferme face aux crises sociopolitiques. Mais des questions se posent quant au rôle qu’elle doit jouer dans le domaine de la politique, et la limite à ne pas franchir dans son engagement.

Une chose est certaine et vraie, l’engagement sociopolitique de l’Église d’Afrique est parfois mis à rude épreuve par l’intransigeance et la mauvaise volonté du politique africain, mais également par l’incompréhension de certains chrétiens. C’est une triste réalité qui ne saurait être remise en cause. Cependant, l’Église d’Afrique ne doit pas perdre de vue l’essentiel de son combat qui consiste fondamentalement à indiquer la route à suivre et à soutenir constamment l’espérance des peuples, dans une dynamique prophétique.

Le danger à éviter catégoriquement, et qui guette continuellement l’Église d’Afrique, est de se transformer, consciemment ou inconsciemment, au nom de la vérité ou de la justice qu’elle prétend défendre, en instrument d’oppression contre ceux présentés généralement comme les oppresseurs.

Sous aucune forme, et en aucun cas, l’Église d’Afrique ne devrait se substituer en un instrument d’oppression politique. Défendre la vérité et la justice est un acte divin, mais oppresser l’oppresseur est un acte d’injustice. Elle doit constamment avoir à l’esprit que la ligne de démarcation est parfois très fine, entre rester ferme dans sa lutte pour la vérité et la justice et tomber dans la dynamique d’oppresseur.

La mission de l’Église dans cette perspective est certes très délicate, mais elle doit continuellement rechercher, dans le dialogue et la paix, l’unité des peuples. Cette mission doit se réaliser sans toutefois relativiser la vérité et se substituer en instrument d’oppression.

P. Donald ZAGORE, sma

Source : [Un regard critique sur l’Église en Afrique] : L’Église et Politique en Afrique : quelle relation ? – La Croix Africa, 30.01.19.

Le fonio, la nouvelle star des céréales bio
cultivées en Afrique de l’Ouest

| Par

Céréale cultivée en Afrique de l’Ouest, le fonio est désormais prisé à travers le monde par les adeptes de l’alimentation bien-être et sans gluten.

Le fonio serait-il devenu le nouveau quinoa ? À n’en pas douter, cet aliment ouest-africain, riche en nutriments (magnésium, zinc, calcium), fait de plus en plus d’émules aux États-Unis comme en Europe.

Si cette céréale sans gluten, qu’on peut déguster froide ou chaude, est disponible dans toutes les boutiques de produits dits « exotiques », notamment à Paris, on ne compte plus les enseignes spécialisées dans l’alimentation bio et privilégiant le commerce équitable qui en proposent. On peut même se procurer du fonio (10 euros en moyenne le kilo) sur des sites d’e-commerce comme Bienmanger, Smartfooding, Greenweez ou Etsy.

“La graine du paresseux”

« Le fonio est une céréale cultivée en Afrique depuis plus de cinq mille ans. On la trouve en Guinée (premier pays producteur), au Mali, au Burkina Faso, dans le nord du Nigeria, au Ghana, au Bénin, au Tchad ainsi que dans le sud du Sénégal. Elle est tellement facile à cultiver qu’on l’a surnommée “la graine du paresseux”. Il suffit d’épandre les semences sur un champ à peine labouré, après une pluie. De surcroît, elle ne craint pas l’aridité », explique le chef cuisinier sénégalais Pierre Thiam, installé à New York, qui a fait de cette plante herbacée son cheval de bataille.

En août 2017, déjà, il vantait ses mérites à l’occasion d’une conférence TedGlobal organisée à Arusha, en Tanzanie. Le chef a, par ailleurs, lancé Yolélé Foods, une entreprise qui propose des ingrédients nutritifs d’origine africaine, et dont le fonio est le produit phare.

« Nous travaillons en partenariat avec des coopératives en Afrique de l’Ouest, mais aussi avec des ONG dans le cadre du commerce équitable. Ainsi, nous distribuons le fonio aux États-Unis à travers divers supermarchés, des chaînes de restaurant, mais aussi en ligne. »


>>> À LIRE – Agriculture : succès du maraîchage en Afrique francophone


Pour tous les goûts

Gaia, une société française spécialisée dans la vente de produits bio et végétaliens, a créé sa propre filière de fonio grâce à sa collaboration, depuis 2006, avec sept villages du Burkina Faso et l’ONG L’Orange bleue Afrique-Action bio solidaire.

En 2017, la Guinée, le Mali, le Sénégal et le Burkina Faso en ont exporté plusieurs milliers de tonnes

En 2017, la Guinée, le Mali, le Sénégal et le Burkina Faso en ont respectivement exporté 514 233 tonnes (contre 496 953, en 2016), 33 441 tonnes, 1 943 tonnes et 10 068 tonnes, selon les estimations de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Le fonio est une graine qui s’adapte à tous les types de cuisine. « Habituellement, il est cuit à la vapeur, à l’instar du couscous, auquel il ressemble beaucoup ; mais il peut aussi être préparé comme le riz. Il est consommable en simple garniture, en salade, sous forme de pain et même de dessert, reprend Pierre Thiam. Mon prochain livre de cuisine, qui sera publié à l’automne 2019, lui est exclusivement consacré, avec plusieurs recettes de mon cru et des plats traditionnels. »

Côte d’Ivoire : une ONG dénonce des violations des droits de l’homme à l’approche de la présidentielle

| Par Jeune Afrique avec AFP

L’ONG Amnesty International dénonce dans un rapport publié le 11 février l’« impunité » de leurs auteurs, ainsi que des entraves à la liberté d’expression à l’approche de la présidentielle de 2020.

Arrestations et emprisonnements arbitraires, harcèlement de l’opposition, de la société civile et des médias critiques : à l’approche de l’élection présidentielle de 2020, Amnesty International a dressé un bilan sévère des atteintes à la liberté d’expression en Côte d’Ivoire, dans un rapport publié le 11 février.

« Sept ans après la crise postélectorale, qui a coûté la vie à 3 000 personnes, la Côte d’Ivoire projette une image de relative stabilité favorisée par une [forte] croissance économique […] et par un retour sur la scène internationale », écrit l’ONG dans ce document intitulé « La situation en matière de droits humains demeure fragile », dans lequel elle appelle néanmoins les autorités ivoiriennes à « mettre fin aux arrestations arbitraires et aux actes de harcèlement » visant les voix divergentes, et demandé la libération immédiate des prisonniers d’opinion.

« L’usage de lois répressives pour écraser le droit à la liberté d’expression se traduit par la détention arbitraire de très nombreux citoyens », souligne François Patuel, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International.

« Détentions arbitraires »

« Au moins 17 détentions arbitraires de journalistes et blogueurs ont été recensées ces cinq dernières années et le Conseil national de la presse a sanctionné des organes de presse à maintes reprises, leur imposant interruptions de publication et lourdes amendes », ciblant « les publications critiques envers les autorités et proches des mouvements d’opposition », a estimé l’organisation.

« Les opposants politiques sont aussi la cible d’un harcèlement judiciaire, parce qu’ils expriment leurs opinions », a ajouté l’ONG. Fin janvier, le député Alain Lobognon a par exemple été « inculpé de divulgation de fausses nouvelles et d’incitation à la révolte, a été condamné à un an de prison ».


>>> À LIRE – Côte d’Ivoire : la situation de Jacques Ehouo et d’Alain Lobognon va-t-elle tourner à la crise institutionnelle ?


« Au moins 152 décès en détention »

De plus, l’ONG dénonce l’interdiction de « réunions pacifiques » régulièrement « dispersées par la police et la gendarmerie, qui font usage d’une force excessive », note-t-elle dans son rapport, en citant par exemple une manifestation de mars 2018 dont 40 participants ont été arrêtés.

« Les défenseurs des droits humains sont souvent menacés et leurs bureaux régulièrement cambriolés », s’inquiète Amnesty, qui recense des cas de torture « notamment à la Direction de la surveillance du territoire (DST), dans les postes de police et de gendarmerie ». Et s’alarme des « conditions carcérales inhumaines » dans le pays, soulignant qu’« au moins 152 décès en détention ont été recensés depuis août 2014 », selon ses chiffres.

Seules des personnes soupçonnées de soutenir Laurent Gbagbo ont été jugées

Manque d’impunité

Amnesty International dénonce également l’« impunité » dont jouissent les auteurs de violations des droits humains : « Bien que le président Alassane Ouattara se soit engagé à faire en sorte que la justice soit rendue équitablement pendant son mandat, seules des personnes soupçonnées de soutenir Laurent Gbagbo ont été jugées pour de graves atteintes aux droits humains commises pendant et après l’élection [présidentielle] de 2010. »


>>> À LIRE – Côte d’Ivoire : Gbagbo acquitté, un nouvel obstacle pour Ouattara


Tandis que « les membres des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), […] fidèles au président Ouattara, n’ont pas été traduits en justice, bien qu’ils soient soupçonnés d’avoir commis de graves atteintes aux droits humains, avec plus de 800 personnes tuées à Duékoué [ouest] en avril 2011 ».

Ghaleb Bencheikh s’explique après la polémique
née autour de ses propos sur le voile (Saphir News)

«Ghaleb-Bencheikh Je pense fondamentalement que le voile est une atteinte à la dignité humaine dans sa composante féminine. Ce n’est pas cela l’élévation spirituelle. » Ces quelques mots de Ghaleb Bencheikh, tirés de son interview avec le magazine Marianne en date du 24 janvier, n’ont pas manqué de provoquer une polémique parmi des musulmans en France.

Alors, avec de tels propos, serait-il un « allié objectif des islamophobes », comme certains de ses détracteurs l’affirment sur les réseaux sociaux ? Lors d’un échange avec le public venu assister, jeudi 31 janvier, à la présentation des vœux de la Fondation de l’islam de France, son nouveau président a été interpellé sur ce sujet. Une occasion toute trouvée pour le théologien de revenir sur ses propos et de les éclaircir. […]

 

Ghaleb BencheikhC’est avec fougue que Ghaleb Bencheikh, qui n’a jamais caché son avis tranché sur le voile, s’est d’abord défendu d’avoir manqué de respect aux femmes musulmanes et à leurs « choix personnels ». « De deux choses l’une : respect absolu pour les choix métaphysiques et spirituels des uns et des autres, sans aucun stigmate et je ne m’autoriserai jamais à entrer par effraction dans la conscience des uns et des autres, et notamment des unes et des autres », souligne-t-il. [..]

« Ouvrons des débats au lieu du torrent d’injures »

« En même temps, sans être macronien, je trouve aussi qu’il y a eu un travail de culpabilisation de ces consciences », estime le théologien. « Ma conviction profonde comme homme de foi, c’est que cette affaire-là (le voile) n’est pas si nécessaire pour compromettre et la scolarité et le travail, (…) l’avenir, le bonheur et l’épanouissement de nos compatriotes coreligionnaires femmes », fait-il valoir, avant d’ajouter que « cette affaire du voilement des filles a été réglée au lendemain du recouvrement des indépendances de quasiment tous les pays musulmans, ça n’a jamais été un problème ».

« Je dis ce que je pense juste de dire. Ouvrons des débats, trouvons les espaces de discernement, de l’intelligence, de la confrontation des idées au lieu du torrent d’injures et de menaces de mort », plaide, à juste titre, Ghaleb Bencheikh. […]
Lire: Ghaleb Bencheikh s’explique après la polémique née autour de ses propos sur le voile. Rédigé par Hanan Ben Rhouma, Saphir News, 01.02.19.