Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

La Comece soutient le Pacte mondial de l’ONU
sur les migrations – Vatican News/COMECE

La COMECE, -commission des épiscopats de l’Union européenne-, apporte son soutien au Pacte mondial de l’ONU sur les migrations, qui devrait être signé les 10 et 11 décembre prochains lors d’un sommet à Marrakech.

«A la suite du pape François, l’Eglise catholique réaffirme ‘notre responsabilité partagée d’accueillir, protéger, promouvoir et intégrer’ les migrants et réfugiés dans nos sociétés». Ils ont des «visages, des noms et des histoires individuelles» et «méritent d’être traités selon  leur dignité humaine intrinsèque et leurs droits fondamentaux». C’est par ces mots que Mgr Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg et président de la COMECE, prend position sur la question du Pacte mondial sur les migrations; un pacte non-contraignant, adopté en juillet par tous les Etats de l’ONU, à l’exception des Etats-Unis. Mais depuis, les retraits ou reports de décision se multiplient et jettent une ombre sur le sommet de Marrakech des 10 et 11 décembre, où ce Pacte doit être soumis à approbation.

«Les principes de la centralité de la personne humaine et de ses besoins réels, ainsi que du bien commun doivent présider aux politiques internes et externes de l’UE et des Etats membres, également sur les questions migratoires». Alors que ce fameux Pacte est en phase finale d’adoption, «nous encourageons aussi les autorités politiques nationales, selon les paroles du pape François, à ‘fonder la responsabilité pour la gestion globale et partagée de la migration internationale dans les valeurs de justice, de solidarité et de compassion’».

L’archevêque luxembourgeois poursuit : «fruit de vastes négociations, il (le Pacte) reconnait une responsabilité partagée et commune des autorités et des sociétés des pays de départ, de transit et d’arrivée pour contrôler et réguler les migrations, au bénéfice de toutes les personnes et communautés impliquées. Il vise à fournir sécurité et protection aux personnes migrantes et aux sociétés d’accueil, en promouvant des parcours légaux (…), en prévenant ainsi la traite des êtres humains, les voyages mortifères, la désagrégation de la famille et la violence».

Source : La Comece soutient le Pacte mondial de l’ONU sur les migrations – Vatican News, 03/12/17


Press Release, 03/12/2018

COMECE President’s Statement recalling the support of the Catholic Church to the UN Global Compact on Migration

“You shall treat the stranger who sojourns with you as the native among you, and you shall love him as yourself, for you were strangers in the land of Egypt: I am the Lord your God” (Leviticus 19:34).

Photo: Erdem Sahin (EPA-EFE)

Following Pope Francis, the Catholic Church in Europe reaffirms “our shared responsibility to welcome, to protect, to promote and to integrate”migrants and refugees in our societies. They are not just figures or trends, but “first of all persons who have faces, names and individual stories”, and deserve being treated in accordance with their inherent human dignity and their fundamental rights.

In this regard, the principles of the centrality of the human person and her real needs and of the common good must preside EU and member states’ internal and external policies, also in migratory issues.  As the UN Global Compacts on Migration and Refugees are in their final stages of adoption, we also encourage national political authorities, in the words of Pope Francis, “to ground responsibility for the shared global management of international migration in the values of justice, solidarity and compassion”.

On 11 December, a UN Global Compact is due to be signed in Marrakech. Fruit of a vast negotiation, it recognizes a shared and common responsibility of authorities and societies in countries of departure, transit and arrival to frame and regulate migration for the benefit of all human persons and communities involved. It aims at providing security and protection to migrant persons as well as to hosting societies by promoting legal migration pathways, preventing thus human trafficking, deadly journeys, family disruption and violence.

Recalling the exhortations of the Holy See in that matter, COMECE encourages the Member States of the European Union to make this Global Compact an achievement for the common good of a shared humanity.

+ Jean-Claude Hollerich S.J.

Archbishop of Luxembourg

President of COMECE

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« Il faut des “leaders” avec une nouvelle mentalité »,
déclare le pape François (ZENIT)

Le pape François a reçu en audience les membres de l’Association Rondine – Cittadella della Pace, à l’occasion de ses 20 ans d’activités, ce lundi matin 3 décembre 2018, dans la Salle Clémentine du Palais apostolique du Vatican. L’association italienne s’engage auprès des jeunes pour réduire les conflits armés dans le monde et diffuse sa propre méthodologie pour une transformation créative des conflits.


Association Rondine Citadelle de la paix © Vatican Media

« Il faut des “leaders” avec une nouvelle mentalité », déclare le pape François

Il soutient l’Appel qui sera présenté par l’association Rondine à l’ONU le 10 décembre

Le pape soutient l’Appel que présentera l’association à l’occasion du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. « Vous nous demandez d’adhérer à votre Appel. Pour ma part, je le ferai et je demande aux chefs d’État et de gouvernement de faire de même. Puisse votre voix – faible, mais forte de l’espérance et du courage de la jeunesse – être écoutée le 10 décembre prochain aux Nations Unies », a-t-il déclaré.

Voici des extraits de la traduction par Hélène Ginabat pour Zenit du discours du pape François.

Discours du pape François

Chers frères et sœurs,

Je vous accueille avec joie pour ce vingtième anniversaire de l’association Rondine – Cittadella della Pace. […] Je vous salue particulièrement, vous les jeunes qui venez de pays qui sont le théâtre de conflits qui ont dégénéré en diverses formes de violence et de guerre, et qui vivez à Rondine l’expérience des études internationales. […]

Votre engagement éducatif consiste à héberger des jeunes qui, dans différentes parties du monde, vivent bloqués dans des cultures envenimées par la souffrance et par la haine et de leur offrir un défi audacieux : vérifier personnellement si l’autre, celui ou celle qui est au-delà d’une frontière fermée, de barbelés ou de murs infranchissables, est vraiment ce que tout le monde affirme : un ennemi. En ces vingt années, vous avez mis au point une méthode capable de transformer les conflits, en faisant sortir les jeunes de ce mensonge et en les restituant à leurs peuples pour un plein développement spirituel, moral, culturel et civil : des jeunes généreux qui, innocents, sont nés avec le poids des échecs des générations précédentes.

Cette œuvre, vous l’avez fondée sur deux grandes racines spirituelles de votre terre : saint François d’Assise, stigmatisé à La Verna, et saint Romuald, fondateur des Camaldules. Vous avez bien choisi !

[…] En choisissant de vous consacrer aux jeunes, vous vous engagez aussi à lutter contre la pauvreté et à construire la paix, comme une œuvre de justice et d’amour. Une action qui alimente l’espérance et place la confiance dans l’homme, surtout dans les jeunes. […]

J’ai écouté l’Appel que vous avez écrit et que vous présenterez le 10 décembre prochain à l’ONU, à l’occasion du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Écouter une jeune Palestinienne et un jeune Israélien demander ensemble aux gouvernements du monde de faire un pas qui puisse rouvrir l’avenir, en transférant le coût d’une arme du budget de la défense au budget de l’éducation pour former un « leader » de paix est quelque chose de rare, de lumineux ! Comment pourrait-on ne pas être d’accord ? Mais nous, les adultes, nous ne pouvons pas nous en tirer par un « Bravo les jeunes ! », non. Je sens que je dois vous apporter tout mon soutien, ma sympathie et ma bénédiction.

En effet, votre Appel contient et propose une vision concrète. Dans le Message pour la prochaine Journée mondiale de la paix, le 1er janvier 2019, qui a pour thème « La bonne politique est au service de la paix », je redis que la responsabilité politique appartient à tous les citoyens, en particulier à ceux qui ont reçu le mandat de protéger et de gouverner. Cette mission consiste à sauvegarder le droit et à encourager le dialogue entre les acteurs de la société, entre les générations et entre les cultures. En vous écoutant, j’ajoute : entre les parties en conflit. Parce qu’on ne crée la confiance que dans le dialogue. […]

Chers jeunes, vous avez choisi de vous rencontrer quand tout autour de vous et en vous disait : mais pourquoi ? À quoi cela sert-il ? Est-ce que ce sera juste ? Et, après les deux années de formation à Rondine, vous avez retourné vos sentiments, vos pensées, vous avez fait naître la confiance réciproque et maintenant vous êtes prêts à assumer des responsabilités professionnelles, civiles et politiques pour le bien de vos peuples. Vous êtes déjà vous-mêmes ces jeunes « leaders » qui, dans l’Appel, demandez aux États et aux peuples de s’engager à former ensemble !

Vous nous demandez d’adhérer à votre Appel. Pour ma part, je le ferai et je demande aux chefs d’État et de gouvernement de faire de même. Puisse votre voix – faible, mais forte de l’espérance et du courage de la jeunesse – être écoutée le 10 décembre prochain aux Nations Unies. Il faut des « leaders » avec une nouvelle mentalité. Les politiciens qui ne savent pas dialoguer et se confronter ne sont pas des « leaders » de paix : un « leader » qui ne s’efforce pas d’aller à la rencontre de l’ « ennemi », de s’asseoir à une table avec lui comme vous le faites, ne peut pas conduire son peuple vers la paix. Pour faire cela, il faut de l’humilité, et non de l’arrogance : que saint François vous aide à suivre cette route avec courage. En écoutant les jeunes, comme lors du récent synode dont ils étaient acteurs, j’ai appris beaucoup d’eux. J’espère que vos « leaders » viendront à Rondine pour voir comment les jeunes préparent la paix.

Je me réjouis que vous ayez choisi l’encyclique Laudato si’ comme texte fondamental pour votre école : en effet, l’écologie intégrale offre la perspective pour que l’humanité se conçoive comme une famille unique et considère la terre comme notre maison commune. C’est une bonne chose qu’avec votre méthode vous vouliez rejoindre en même temps les citoyens et les « leaders » politiques, les représentants des institutions nationales et internationales.

[…] Vous avez surmonté les barrières les plus dures, celles qui sont intérieures à chacun de vous, en dissipant le mensonge de l’ennemi et vous vous êtes étonnés de vous-mêmes quand vous avez rouvert les frontières bloquées par les guerres. S’il vous plaît, ne perdez jamais votre étonnement et votre humilité. Conservez, chers jeunes de Rondine, la confiance que vous avez fait mûrir entre vous et transformez-la en une tâche généreuse de service du bien commun. Monsieur le Président, puisse l’œuvre entreprise aller de l’avant ! Pour cela, je vous bénis tous de tout cœur, ainsi que vos proches et je vous assure de ma prière. Vous aussi, s’il vous plaît, pensez à prier pour moi. Merci.

Lire le discours complet : « Il faut des “leaders” avec une nouvelle mentalité », déclare le pape François – ZENIT – Francais, Hélène Ginabat, Zenit, 03/12/18.

Togo: l’opposition dénonce la répression
lors d’une tentative de manifestation

Deux personnes tuées lors d'une tentative de manifestation le 8 décembre 2018: Jean-Pierre Fabre (ici en 2015) rejette les explications du gouvernement.
© AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

Au Togo, le calme est revenu à Lomé, ce dimanche 9 décembre, au lendemain d’une tentative de manifestation réprimée par la police et endeuillée par la mort de deux personnes dont un enfant. La jeune victime a été tuée par balle dans le quartier d’Agoè, dans le nord de la capitale, en marge d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre. L’opposition dénonce cette répression.

Lomé s’est réveillée, ce dimanche matin, dans la consternation, au regard des nombreux messages de réprobation qui circulent sur les réseaux sociaux condamnant la mort de ce petit mécanicien, fauché, pas loin de son garage.

« C’est un agent en tenue qui a tiré à bout portant sur lui », confie un proche parent alors que selon le gouvernement, l’enfant a été abattu par des individus descendus d’un véhicule non immatriculé.

La ville est calme, la circulation sur la route nationale N°1 est normale. On y voit, par endroits, les restes de bois brûlé et des parpaings qui jonchent le sol.

Des éléments de l’Unité spéciale d’intervention de la gendarmerie patrouillent en jeep entre le grand contournement et la route nationale N°1, pas loin de laquelle le petit Idrissou Moufidou a trouvé la mort, samedi.

Le chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, a rejeté dans un message écrit, envoyé aux populations à travers la presse de ce matin, les explications du gouvernement sur la répression de samedi.

C

Quelle « option préférentielle pour les pauvres » ?
(PE n° 1093 – 2018/07)

Un engagement judicieux et à long terme.

Une option « qui est la marque d’un bon jugement » et qui a pour ambition de « s’inscrire dans la durée ». C’est cela le plan ! et maintenant proposons les détails que je soumets à l’appréciation des confrères, surtout des plus jeunes.

Donner du pain à un pauvre, ou lui proposer quelques pièces de monnaie quand il en demande, payer des frais de scolarité pour un jeune, c’est une réponse honorable à un besoin urgent des personnes que nous connaissons dans nos milieux d’apostolat. Nous l’avons tous fait d’une façon ou d’une autre. Le bénéficiaire en sera, certes, très reconnaissant, il fera des bénédictions au bon bienfaiteur et probablement décidera de passer le revoir de temps en temps quand il se retrouve dans le besoin ; parce que les besoins, il en aura toujours ; mais il y a la probabilité que le bienfaiteur peut partir un jour.

En prenant un peu de recul je pourrais envisager une autre façon d’aider, plus judicieuse, plus efficace, avec le rêve de résoudre au moins une partie du problème à très long terme.

Un engagement solidaire pour une meilleure solidarité

C’est là que je rêve d’une option, d’un engagement qui mobilise toute la Société comme un seul homme, avec la ferme résolution de soulager efficacement le poids de la pauvreté et de donner à ceux qui n’en peuvent plus, la capacité de se prendre en charge et de s’en sortir finalement par eux-mêmes (développement), gardant ainsi toute leur dignité.

Ce que je suggère n’est pas nouveau, car des confrères l’ont déjà vécu avant qu’un certain individualisme ne prenne le dessus. Ils avaient fait le choix de privilégier une réflexion communautaire audacieuse qui pouvait les sortir du « cercle vicieux » de la distribution automatique et purement mécanique : « j’ai reçu, je donne », avec le risque de créer, en passant, un « fan club » ou carrément des « dépendants ». Les Africains ne disent-ils pas que « la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit » ?

Si deux, trois, cinq confrères « qui ont reçu gratuitement », s’engagent dans une consultation communautaire pour juger comment mieux aider les populations qu’ils servent (chrétiens, musulmans, hindous, bouddhistes, pratiquant des religions ancestrales), s’ils mettent dans le coup la solidarité de la Société, pour commencer par exemple une petite école des métiers, qui formera des jeunes, ces enfants des pauvres autours d’eux, pas seulement leurs pauvres « préférés », pour leur donner des compétences afin qu’ils participent au développement de leur pays en gagnant du même coup leur vie… ces jeunes garderont leur dignité et se sentiront capables de participer au développement de leur pays, grâce au métier acquis. C’est libérateur car ils ne seront plus obligés de porter les stigmates d’une pauvreté non choisie.

Donner aux pauvres le pouvoir et la capacité de s’entraider

En effet je crois profondément à ce que nous avons toujours voulu dire en disant « empowerment », que nous traduisons maladroitement par « capacitation ». Faciliter à une personne ou un groupe de personnes, les possibilités de se déployer positivement et de s’améliorer en améliorant du même coup leur environnement immédiat. La formation est un moyen très efficace pour arriver à cette « capacitation ». Apprendre aux pauvres à mieux tirer parti de leur environnement grâce aux techniques agricoles adaptées (école d’agriculture) ; former les jeunes d’un village à construire des bâtiments solides et décents pour améliorer l’habitat et aussi gagner leur vie (maçonnerie) ; des menuisiers, des mécaniciens, des électriciens, des tailleurs, etc. Des gens qui vont travailler, développer leur contrée et donner une meilleure qualité de vie à leur famille. Ce qui pourra alors nous manquer c’est la queue de ces personnes assises devant nos bureaux pour quémander et parfois subir nos « engueulades », parce qu’ils n’ont vraiment pas le choix s’ils veulent arriver à nous soutirer quelques sous.


Des jeunes en apprentissage à Sharing Centre à Kampala


Pourquoi j’insiste sur les écoles de métiers ? Parce que dans beaucoup de pays où nous sommes en Afrique, des pays en développement, il manque cruellement des jeunes bien formés dans les différents métiers de base qui entrent directement en jeu dans le développement. Nous nous plaignons souvent que les entreprises chinoises importent même leur propre main d’œuvre chinoise. Parfois des entreprises ont du mal à trouver de la main d’œuvre qualifiée pour réaliser des infrastructures et travaux aussi simples qu’un bon crépissage ou une plomberie correcte. Les écoles de métiers sont rares alors que les universités qui produisent des « semis-intellectuels » pullulent, jetant sur le marché du travail des jeunes pas vraiment qualifiés. Si le rythme actuel continue, l’Afrique risque de s’enfoncer davantage dans le sous-développement. Ceci n’est pas une bonne nouvelle.

Pour une charité efficace et féconde

Si la providence a permis que certains dons des bienfaiteurs transitent par nos mains, et si nous sommes vraiment engagés dans l’annonce de la Bonne Nouvelle en Afrique, alors nous pouvons participer au « miracle de la charité » en choisissant d’aider les pauvres de la manière la plus efficace que nous pouvons imaginer ensemble, afin de les aider à devenir agents de leur propre bien-être et pourquoi pas de leur propre bonheur ? On ne pourra peut-être pas éradiquer la pauvreté ; elle existe depuis l’aube des temps. Par ailleurs, nous avons la preuve que la vie de certains peuples s’est nettement améliorée depuis quelques décennies, après avoir connu des périodes de pauvreté parfois extrême. N’avons-nous pas des confrères qui « distribuent » parce qu’eux-mêmes ont trop souffert de la pauvreté et, maintenant, ils ont fait le choix de « faire profiter les pauvres » de la largesse de leurs bienfaiteurs ? Nobles sentiments… C’est seulement le résultat qui ne l’est pas tout à fait, car il crée des dépendances sans que cela ne soit leur but ; et puis, c’est plus facile de se faire des amis avec l’argent des bienfaiteurs.

Pour nous, Missionnaires d’Afrique, « l’option préférentielle pour les pauvres » pourrait passer, comme l’économe général nous l’a proposé, par un bureau interne de développement qui nous aidera à poser des gestes communautaires qui aident vraiment les pauvres, grâce à un discernement judicieux des projets que nous souhaitons réaliser et par l’étude de l’impact de nos réalisations. Nous y gagnerons, certainement, à faire les choses ensemble pour un résultat qui respecte la dignité des personnes, avec un impact durable dans le milieu. C’est une chose que d’avoir de l’argent et c’en est une autre que de savoir bien l’utiliser…

Être audacieux, risquer de faire les choses différemment, même si cela va nous priver de notre « succès » ; montrer une bonne ambition pour les pauvres que nous voulons aider, cela est à notre portée. c’est une belle « option préférentielle pour les pauvres ». Il y a tant de confrères qui ont des bonnes idées et qui sont prêts à les partager ; il y en a aussi qui « reçoivent » beaucoup et qui aimeraient faire un bien qui relève et qui dure. Il nous suffira d’aller les uns vers les autres et d’échanger sans tabou, même s’il s’agit de parler d’argent.

Où trouver le personnel pour tous ces « beaux projets » ? Fausse question qui nous amènera à une fausse réponse. « Avec qui pourrons-nous le faire ? » Voici la question « synergique » que nous pourrons courageusement nous poser…

Un confrère à qui j’ai soumis ce texte m’a dit : « Commencer une école pour les pauvres ou un centre d’apprentissage demandera des ressources consistantes ; et si on n’a pas ces ressources ?» Alors ne commençons pas ! Mais cela ne nous empêche pas d’en chercher si nous connaissons des personnes ou des organismes qui peuvent nous aider à aider efficacement. L’idée de base ici est d’utiliser judicieusement, rationnellement toutes ces ressources qui passent pas nos mains individuelles et en faire un outil d’apostolat en tant que Société. À vos stylos, donnez vos idées, parlez de vos expériences !

Freddy Kyombo Senga, M.Afr.

La liberté religieuse toujours menacée
dans le monde (Vatican News)

Dans le monde, la liberté religieuse est de plus en plus menacée, dans l’indifférence générale.

Dans un pays sur cinq, la liberté religieuse est menacée, selon le nouveau rapport de l’Aide à l’Église en Detresse. L’AED dénonce une banalisation des atteintes à la liberté religieuse, dans un contexte de fondamentalisme grandissant et d’ultra-nationalisme agressif dans certains pays.

Une banalisation des atteintes à la liberté religieuse. C’est ce que dénonce le nouveau rapport de l’AED (L’Aide à l’Eglise en Détresse), qui fait état de violations importantes de la liberté religieuse dans 38 des 196 pays étudiés, de juin 2016 à juin 2018.

Marc Fromager est directeur de l’AED, il s’inquiète des menaces que les acteurs étatiques font peser sur la liberté religieuse, comme c’est notamment le cas en Russie. Dans certains pays tels que l’Inde, l’hostilité à l’encontre des minorités religieuses devient un phénomène d’ultra-nationalisme agressif, détaille le rapport de l’AED. Il y a en Inde «une surenchère idéologique sur l’hindouisation du pays», explique Marc Fromager. Dans un pays où 75% de la population est hindou, le directeur de l’AED s’inquiète des rêves du pouvoir d’avoir un pays entièrement hindou.

Inquiétude face à des mouvements islamistes militants

[…] Par ailleurs, le rapport met en lumière la propagation dans certaines régions de mouvements islamistes militants, comme en Égypte ou au Nigeria. L’Occident n’est pas épargné, l’AED estime que les attaques extrémistes motivées par la haine religieuse connaissent une «recrudescence préoccupante».

Cependant, il faut tout de même noter une amélioration dans certains pays comme la Tanzanie ou le Kenya. Dans ces pays, les violations des libertés religieuses attribuées aux islamistes tendent à diminuer.

Le cas de la Syrie et de l’Irak

Paradoxalement, la situation s’améliore en Syrie et en Irak, où l’on assiste à des reconstructions et à des retours de populations «même si c’est encore très compliqué», tempère le directeur de l’AED.

[…] L’AED appelle ainsi les pouvoir publics à respecter les droits des communautés religieuses, les responsables religieux à faire preuve d’ouverture au dialogue et les «communautés religieuses et les familles à transmettre aux jeunes générations le souci du respect réciproque.».

Illuminations en mémoire des martyrs

Pour sensibiliser l’opinion et rendre hommage aux personnes persécutées, des monuments parisiens s’habilleront de lumière rouge ce jeudi 22 novembre au soir. La butte de Montmartre, la cathédrale orthodoxe russe mais aussi la grande mosquée et la grande synagogue participent à l’opération, «nous sommes très heureux d’avoir obtenu l’accord des responsables de ces cultes», se réjouit Marc Fromager.

Interview de Marc Fromager, directeur de l’AED à écouter sur l’article-source: La liberté religieuse toujours menacée dans le monde – Vatican News, 22/11/18.