Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Conférence ICASA: vers une Afrique sans sida?

Un patient séropositif reçoit son traitement à la polyclinique Rutsanana de Harare, au Zimbabwe, le 24 juin 2019.
© Jekesai NJIKIZANA / AFP

La 20e conférence internationale sur le sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique (ICASA) qui se tient cette semaine à Kigali, au Rwanda, est l’occasion de faire le point sur les avancées de la lutte contre le VIH sur le continent africain, qui reste le plus touché par la maladie puisqu'il abrite 75% des personnes atteintes du sida dans le monde.

Aujourd’hui, 16 millions de personnes bénéficient d’un traitement contre le sida en Afrique contre seulement 40 000 au début des années 2000. Ce progrès considérable reste cependant contrasté. Si l’Afrique australe et de l’Est font figure de bonnes élèves, l’Afrique centrale et de l’Ouest sont encore à la traîne, selon le docteur Shannon Hader, directrice adjointe de l’Onusida.

« En Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, seule la moitié des personnes vivant avec le VIH sont sous traitement, explique-t-elle. Et l’on note que de nombreux malades abandonnent le traitement en cours de route. Nous avons également réalisé que dans cette zone, 60% des nouvelles infections interviennent au sein des populations à risque. Il s’agit donc de parvenir à identifier les personnes dans le besoin et leur proposer des soins adaptés ».

Financement en baisse, engagement politique vacillant

Pour l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a pour but d’éradiquer l’épidémie d’ici 2030, il faut donc redoubler d’efforts. « Les progrès que nous avons faits sont menacés par un engagement politique vacillant et des financements en baisse, déplore Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS. En 2018, il y a eu dans le monde 1,7 million de nouvelles infections et la grande majorité d’entre elles ont eu lieu sur notre continent ».

Parmi les chantiers urgents, on compte la prévention auprès des adolescentes, qui représentent trois nouvelles infections sur quatre, mais aussi le dépistage des enfants atteints du VIH, car 50% d’entre eux n’auraient pas accès à un traitement anti-rétroviral.

► À lire aussi : Rwanda: les bons chiffres de la lutte contre le VIH

 À écouter aussi :

 

Coris Bank s’étend au Niger, et renforce le soutien aux PME

avec une filiale mésofinance

| Par
Siège de Coris Bank à Ouagadougou, en novembre 2014.

Le groupe financier burkinabè est désormais présent dans sept pays d’Afrique de l’Ouest, après voir lancé lundi 2 décembre les activités de sa filiale nigérienne. En ligne de mire, le financement des PME et des acteurs du secteur informel, qui représente près de 40 % du PIB du pays.

Pour Idrissa Nassa, l’arrivée de Coris Bank international (CBI) au Niger s’inscrit dans la continuité de sa stratégie fondée sur le financement des petites entreprises. « La filiale nigérienne va évoluer dans la logique de ce que fait le groupe dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Notre limite sera la maîtrise du risque au Niger », assure l’homme d’affaires burkinabè.

À la tête d’une poignée d’entrepreneurs burkinabè et de cadres de CBI, il a effectué lundi 2 décembre le déplacement à Niamey, s’affichant aux côtés du ministre nigérien de l’Économie, Mamoudou Diop, un ancien cadre de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest.

L’économie nigérienne est l’une des plus informelles de la sous-région

Pour cette extension sur son septième marché d’Afrique de l’Ouest, le groupe fondé en 2008 sur les cendres de la Financière du Burkina, un établissement de crédit en pleine crise d’alors, parie sur le financement des PME et de l’économie nigérienne. « L’économie nigérienne est l’une des plus informelles de la sous-région, et les entreprises ne sont pas toujours bien structurées au regard du potentiel du pays. Cela signifie pour nous qu’elles ont des marges pour se développer », précise Idrissa Nassa.

Au Niger, le secteur informel représente entre 30 et 40 % du produit intérieur brut. Sur un modèle de banque universelle, le groupe Coris Bank International est positionné sur le segment des PME/PMI et la clientèle de particuliers. Tout en participant au financement de l’économie, il s’assigne pour objectif de contribuer à l’accroissement du taux de bancarisation de la population, qui s’avère faible (6 %) et en deçà de la moyenne de l’Uemoa », détaille la directrice générale de Coris Niger, Rakiatou Idé Issaka.

Une filiale de mésofinance voit le jour

Depuis Ouagadougou, la filiale Coris Mésofinance (CMF) va lancer ses activités mi-décembre, avec un capital initial de 1 milliard de francs CFA, apporté par Coris Holding (l’entité qui chapeaute également les filiales bancaires). Elle proposera des produits et services adaptés aux besoins des PME à travers tous les pays couverts par le groupe Coris Bank.

Moins de 10 % des financements accordés au secteur privé local vont aux PME

« Nous allons positionner CMF comme le véritable partenaire des PME en apportant des solutions concrètes à la demande de financement non couverte. Actuellement, moins de 10 % des financements accordés au secteur privé local vont aux PME. Or, ces dernières contribuent pour 30 à 40 % dans la formation du produit intérieur brut contre jusqu’à 50 voire 55 % dans les pays de l’OCDE », avait déclaré en septembre dernier à nos confrères de JAB+ Moussa Ouédraogo, promu patron de nouvelle entité.

À cheval entre la microfinance et la banque classique, le secteur de la mésofinance suscite la convoitise des grands groupes financiers africains. Sur le terrain, Coris Mésofinance aura fort à faire face à la concurrence de la filiale locale du français Microcred (renommé Baobab en 2018). Ce dernier, présent également en Tunisie, en Côte d’Ivoire et au Mali, a démarré ses activités au Burkina en 2017 et semble avoir pris une longueur d’avance.

Leader de la mésofinance en pleine expansion régionale, le groupe financier Cofina, fondé par l’Ivoirien Jean-Luc Konan et qui totalisait en mars dernier un bilan de 170 milliards de francs CFA, prépare également l’ouverture de sa filiale burkinabè.

Doté d’un capital de 500 millions de francs CFA, qui sera porté progressivement à 2 milliards de francs CFA, Cofina compte à son tour de table des privés locaux et surtout La Poste Burkina Faso, engagée dans une stratégie d’inclusion à large bande. Avec plus de 150 000 clients, Cofina affirme avoir accompagné près de 74 000 projets pour plus de 475 milliards de francs CFA de crédits.

Mali : Ibrahim Boubacar Keïta appelle
à ne pas « mordre la main » tendue de la France

| Par AFP
Le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, salue le président français, Emmanuel Macron, venu rencontrer les soldats français de l'opération Barkhane à Gao, le 19 mai 2017.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a appelé les Maliens à ne pas « mordre la main » de ceux qui leur viennent en aide, dont la France, face aux expressions d’hostilité à la présence de forces étrangères dans le pays en guerre.

Dans un message diffusé samedi soir, il a aussi annoncé le lancement officiel le 14 décembre d’un débat national pour dégager les solutions à la crise non seulement sécuritaire, mais multiforme, à laquelle le pays est en proie depuis des années.

Responsables et experts conviennent qu’il n’y aura pas d’issue au conflit du Sahel par la seule force des armes et sans action politique, alors que se propagent le jihadisme et les violences qui ont déjà fait des milliers de morts.

Treize soldats français sont morts lundi dans la collision de leurs deux hélicoptères lors d’une opération de combat de nuit dans le nord du Mali.

Le président malien a indiqué qu’il se rendrait à l’hommage rendu lundi par la France à ces soldats. « Je m’incline devant (leur) mémoire », a-t-il dit alors que des voix continuent à s’élever pour réclamer le départ des troupes françaises ou étrangères et pour les accuser de ne s’intéresser qu’aux richesses naturelles du Mali.

« Nous n’avons aucune raison de nous glorifier d’avoir tendu la main à ceux qui en avaient besoin hier », a assuré Ibrahim Boubacar Keïta en référence à l’engagement de soldats maliens pendant les guerres mondiales ou dans les missions de paix, « mais nous n’avons non plus aucune raison de mordre la main de ceux qui nous tendent les leurs aujourd’hui ».

Dialogue national

Il a par ailleurs fixé au 14 décembre le lancement officiel du dialogue national dit inclusif qu’il a mis sur les rails en mai et qui a donné lieu à des mois de consultations. Il est censé mettre les Maliens autour de la table et établir une feuille de route.

Le président malien a laissé entendre que ce lancement prendrait la forme d’un congrès et a appelé « toutes les forces vives de la Nation » à prendre part à ce dialogue, « entré dans la dernière ligne droite ».

L’initiative s’est heurtée jusqu’alors à la non-participation d’acteurs importants, comme la principale formation d’opposition, le Front pour la Sauvegarde de la Démocratie.

« Nous devrions saisir l’opportunité offerte de la mise à plat, et du diagnostic profond », a ajouté le président malien. Les conclusions et résolutions issues de ce dialogue seront mises en oeuvre par un mécanisme indépendant, a-t-il assuré.

Afrique de l’Ouest : Fatoumata Bâ prévoit de lever 60 millions d’euros
pour soutenir les start-up

| Par Jeune Afrique
L'entrepreneuse Fatoumata Bâ a fondé en 2018 la start-up Janngo, ce qui signifie "Demain" en peul.

Après avoir reçu un premier soutien de la Banque européenne d’investissement chiffré à 12,5 millions d’euros, la fondatrice du fonds Janngo Capital prévoit d’accompagner financièrement et stratégiquement 20 à 25 jeunes pousses d’ici 10 ans.

Janngo Capital, jeune fonds d’investissement de l’entrepreneuse sénégalaise Fatoumata Bâ, dont les locaux sont à Abidjan, est en chemin vers son objectif de lever 60 millions d’euros pour accompagner 20 à 25 start-up africaines durant les dix prochaines années.

Celle-ci vient de voir la Banque Européenne d’Investissement (BEI) s’engager à investir 12,5 millions d’euros dans le capital de Janngo Capital.

Interrogée par nos confrères de Jeune Afrique Business +, Fatoumata Bâ, qui avait précédemment lancé la filiale de Jumia en Côte d’Ivoire et dirigé celle de Lagos, indique qu’un nouvel investisseur pour son fonds est attendu pour début 2020, sans révéler plus de détails.

Ce sera ainsi la troisième implication publique dans le projet Janngo Capital, après celle de la BEI, et la levée en mai 2018 d’un million d’euros en phase d’amorçage, auprès de la famille Mulliez (Auchan, Décathlon…), du fonds Clipperton Finance et de la société d’import-export française Soeximex.

Accompagnement en marketing, gestion et finances

À travers ce véhicule d’investissement, Fatoumata Bâ envisage de soutenir des PME et start-up ayant pour vocation de participer au développement socio-économique du continent (e-commerce, santé, éducation, médias, logistique, fintech…), notamment en Afrique de l’Ouest, mais pas uniquement. Elle refuse toute limitation de langue ou de région. Elle fixe aussi l’objectif que la moitié des financements soit adressée à des entités portées ou dirigées par les femmes.

Janngo Capital compte intervenir en tant que partenaire opérationnel des projets dans lesquels il investira, souhaitant notamment leur fournir des conseils marketing, de gestion et financiers.

Dans sa volonté d’aider les plus jeunes pousses à se lancer, l’entrepreneuse annonce qu’elle financera notamment des projets en phase d’amorçage, avec des tickets modestes de 50 000 euros, ou plus.

Prostitution nigériane: jusqu'à 7 ans de prison ferme
pour les membres du réseau

 
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Vingt-quatre personnes, dont une en fuite, étaient jugées à Lyon du 6 au 13 novembre. ROMAIN LAFABREGUE / AFP
 

Les membres d'un vaste réseau de prostitution de Nigérianes actif dans plusieurs villes de France en 2016-2017 ont été condamnés ce vendredi 29 novembre à Lyon à des peines allant jusqu'à sept ans de prison ferme.

Avec notre envoyé spécial à Lyon, Pierre Olivier

Des peines allant de deux à sept ans de prison ont été prononcées par le tribunal de Lyon. Dans la majorité des cas, trois infractions ont été retenues : proxénétisme aggravé, traite d'êtres humains et blanchiment d'argent.

Dix femmes et 13 hommes originaires du Nigeria ainsi qu'un Français avaient été jugés du 6 au 13 novembre. Considérés comme les têtes du réseau, le pasteur Stanley Omoregie, ont été condamnés à sept ans de prison. C'est également le cas de Jessica Edosomwan, actuellement en fuite. Âgée de 26 ans, elle est l'une des criminelles les plus recherchées d'Europe par Interpol.

Les prostituées qui étaient à leur tour devenues proxénètes ont elles aussi été condamnées à des peines allant de trois à six ans de prison, selon leur degré d'implication et leur ancienneté. Le garagiste français qui réparait les camionnettes des prostituées a quant à lui écopé de deux ans de réclusion.

 

Des peines jugées sévères par la défense

Ces condamnations sont moins importantes que les réquisitions du ministère public, qui avait réclamé jusqu'à dix ans de prison. Pour les avocats de la défense, elles n'en demeurent pas moins très sévères. « Ce n'est pas la première fois que devant la 16e chambre correctionnelle de Lyon il est jugé de ce qui a pu être appelé des "réseaux nigérians". Il y a deux ans, les peines maximales prononcées étaient de quatre ans », commente ainsi Me Thibaud Claus, avocat d'un des condamnés.

Maître Sébastien Sertelon, l'avocat d'un des proxénètes du réseau, souligne aussi l'importance des peines prononcées : « à mon sens, il y a une réelle volonté de la politique pénale de vouloir mettre fin à certains réseaux. Manifestement, non seulement le parquet, mais aujourd'hui les magistrats du siège, nous montrent qu'ils veulent mettre fin à ces infractions considérées comme particulièrement graves. »

Face aux prévenus, 17 prostituées s'étaient constituées parties civiles, ainsi que deux associations spécialisées dans l'action contre le proxénétisme. Elles saluent un jugement qui montre aux accusés la gravité de leurs actes. Mais l'association L'Amicale du nid dit aussi regretter que les sommes de dommages et intérêts demandées aux coupables n'aient pas été plus importantes.

À écouter aussi : Lyon: malgré l'arrestation du réseau nigérian, la prostitution est toujours là