Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Le pape convoque une rencontre œcuménique
pour le Moyen-Orient le 7 juillet ’18

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Le pape François sera à Bari, dans les Pouilles – sud de l’Italie – le 7 juillet 2018, pour une « journée de réflexion et de prière sur la situation dramatique du Moyen-Orient qui afflige tant de frères et sœurs dans la foi ».

C’est ce qu’annonce un communiqué du Bureau de presse du Saint-Siège, publié ce 25 avril. La note précise que le pape «entend inviter les responsables des Eglises et des communautés chrétiennes de cette région», à cette «rencontre œcuménique pour la paix».

En attendant cette rencontre, «le pape François exhorte à préparer cet événement par la prière».

Bari, lieu où sont conservées les reliques de saint Nicolas, est une «fenêtre sur l’Orient», peut-on lire également dans le communiqué : saint Nicolas, évêque de Myre, est reconnu par les fidèles de différentes Eglises et confessions chrétiennes comme défenseur des plus faibles et des persécutés, protecteur des jeunes filles, des marins, des enfants.

L’universalité de son culte en fait un véritable «pont entre l’Orient et l’Occident».[… Lire la suite de: Le pape convoque une rencontre œcuménique pour le Moyen-Orient le 7 juillet à Bari.
Journée de réflexion et de prière pour la «situation dramatique» de la région », Anne Kurian, Zenit, 25/04/18]

Le courage paie

par

Alain Faujas est spécialisé en macro-économie (mondiale et tous pays) ainsi qu'en politique intérieure française

 

Les analystes de Société générale prédisent une hausse de la croissance africaine en 2018. Mais la situation économique des pays est très disparate sur le continent, analyse Alain Faujas, pour qui les réformes les plus rapides seront les moins douloureuses.

Tribune. L’art si aléatoire de la prévision est encore plus difficile par les temps qui courent, avec un Donald Trump semant la pagaille sur les marchés par ses foucades. Les escarmouches qu’il a déclenchées sur le front des échanges avec la Chine pourraient bien dégénérer en guerre commerciale et nuire à la croissance mondiale. Et nul ne sait où cela finirait en cas d’escalade…

Mais, pour l’instant, ne boudons pas notre plaisir de voir, ainsi que le groupe Société générale le prédit, la croissance africaine se poursuivre dans le sillage du rebond amorcé en 2017. Au début d’avril, ses experts s’attendaient à 4 % de mieux en 2018 par rapport à l’an dernier. Une conjoncture internationale plus favorable est un heureux présage, et de meilleures conditions climatiques dopent un secteur agricole qui assure la moitié des emplois du continent et, en moyenne, 20 % de son PIB.

Dette publique grimpante

Le bémol à mettre à ces bonnes nouvelles est démographique. La croissance de la population africaine, dont certains se gargarisent, est aussi un lourd handicap pour le présent, car elle réduit à peu de chose le surcroît de richesse à se partager entre beaucoup plus de têtes. En 2018 et 2019, le PIB par habitant devrait progresser de moins de 1 %. Pas de quoi faire reculer significativement la pauvreté.

Certes, les déficits budgétaires et commerciaux devraient continuer de se résorber, mais lentement. Reste le point noir d’une dette publique qui ne cesse de grimper et de peser sur les capacités des États. « Trente pays d’Afrique affichent un niveau de dette publique supérieur à 50 % de leur PIB, contre 15 % seulement en 2013 », s’inquiètent les analystes de la Société générale.

La cause ? D’abord, la chute des cours des matières premières, qui, depuis 2014, a amputé les recettes des pays exportateurs, mais aussi la réaction de nombreux gouvernements qui ont cherché à corriger l’effet négatif de cet appauvrissement par une relance budgétaire. Moins de recettes, plus de dépenses : l’agrandissement du trou était inévitable.

Ces tendances générales masquent de fortes disparités entre pays, et il est instructif d’en analyser les causes. En Afrique subsaharienne, c’est l’addiction aux hydrocarbures qui fait la différence. Les pays exportateurs de pétrole ne profiteront guère de la reprise malgré une meilleure tenue du prix de l’or noir. Ils sont en général en train de tailler dans leurs budgets pour éviter la catastrophe, et cela nuit à leur dynamisme. C’est le cas de l’Angola et des pays d’Afrique centrale, tels le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad.

Situations sociales potentiellement explosives

En fait, ce sont les pays dont l’économie est diversifiée, comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Kenya ou l’Éthiopie, qui connaîtront des taux de croissance supérieurs à 5 %, capables d’améliorer sensiblement les conditions de vie de leurs populations. Premier enseignement tant de fois seriné, de conférences internationales en tables rondes : ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier et ne pas céder à la facilité de gains mirobolants, mais éphémères.

En Afrique du Nord, où les économies sont plus diversifiées, la problématique est différente. Les pays qui verront leur croissance s’accélérer sont ceux dont les gouvernements sont assez forts pour engager des réformes macroéconomiques. L’Égypte devrait bénéficier de la réduction de ses subventions à l’énergie ; le Maroc tirera parti de la libéralisation partielle de son régime de change, selon les analystes de la Société générale.

En revanche, « les perspectives en Tunisie et en Algérie sont plus incertaines », soulignent-ils. En effet, ces deux pays devraient tailler dans leurs déficits pour accélérer les investissements et faire repartir la croissance, « mais la capacité des deux gouvernements à les réaliser est limitée par des situations sociales fragiles » et potentiellement explosives. Second enseignement : plus vite est faite une réforme, moins elle est douloureuse.

Le courage paie, mais la pusillanimité se paie cher.

Vincent Bolloré en garde à vue
pour des soupçons de corruption en Afrique

Le groupe Bolloré Africa Logistics est incontournable sur le continent africain.
© ERIC PIERMONT / AFP
 

Selon une information rapportée par le journal « Le Monde », Vincent Bolloré a été placé en garde à vue ce mardi 24 avril. L'industriel français est entendu dans les locaux de la police judiciaire de Nanterre pour des soupçons de corruption en Guinée et au Togo. Les activités portuaires de son groupe à Lomé et à Conakry sont mises en cause.

Une question est au centre de cette affaire, pour laquelle une information judiciaire est ouverte : comment le groupe Bolloré a-t-il obtenu les concessions de deux terminaux à conteneurs sur les ports de Lomé et de Conakry ?

Fort soupçon de corruption

 

Un fort soupçon pèse, celui de corruption. L'affaire commence en 2010. Havas, une filiale du groupe Bolloré spécialisée en communication conseille Alpha Condé à l'occasion de la campagne présidentielle guinéenne. La même année, le groupe s'occupe également de la communication de Faure Gnassingbé, candidat à sa réélection au Togo.

Mais voilà, ces missions de conseil auraient été sous-facturées. Le but aurait été d’obtenir en échange de ce service des concessions portuaires très lucratives. Des concessions que le groupe Bolloré obtiendra par la suite.

Documents saisis

Selon les informations du journal Le Monde, cette piste est étayée par des documents saisis au siège du groupe lors d'une perquisition il y a deux ans en avril 2016. Il s’agit donc d’une enquête de longue haleine, dont la garde à vue de Vincent Bolloré dans les locaux de la police judicaire de Nanterre est le dernier épisode en date.

Par ailleurs, le directeur général du groupe Bolloré, Gilles Alix, et le responsable du pôle international de Havas, Jean-Philippe Dorent, ont également été placés en garde à vue mardi à Nanterre aux côtés de leur patron Vincent Bolloré, a appris l'AFP de source judiciaire. « Le groupe Bolloré dément formellement que sa filiale de l'époque SDV Afrique ait commis des irrégularités. Les prestations relatives à ces facturations ont été réalisées en toute transparence », a indiqué de son côté le groupe dans un communiqué.


L'Afrique, un continent stratégique pour le groupe Bolloré

Au niveau de la logistique portuaire, le groupe Bolloré a fait de l’Afrique sa terre d’élection. Il s’y est installé il y a plus de 30 ans. Bolloré Africa Logistics, la filiale du groupe sur le continent gère aujourd’hui, seule ou en partenariat, 16 ports maritimes et une vingtaine de ports secs. Des marchés que le groupe dit avoir gagné grâce à son expertise portuaire, son expérience et son réseau industriel.

Le port de Lomé au Togo. © Getty Images

Le groupe est également concessionnaire de la gestion d’un certain nombre de lignes ferroviaires en Afrique de l’Ouest, mais aussi au Cameroun. Des chemins de fer qui relient souvent les villes portuaires aux capitales des pays traversés.

Le groupe a investi deux milliards d’euros dans ces deux secteurs ces huit dernières années, et il a parfois des positions de monopole, comme en Côte d’Ivoire. Bolloré en Afrique, c’est aussi des plantations, notamment de palmiers à huile dans un certain nombre de pays d’Afrique occidentale et d’Afrique centrale.

C

Un nouveau pas

vers l'abolition de la peine de mort

Nous avons recensé 993 exécutions en 2017, soit 4% de moins qu’en 2016 et
39 % de moins qu’en 2015. Un pas vers l’abolition totale de cette pratique cruelle
et barbare ?

Chaque année nous publions notre rapport annuel sur la peine de mort, rapport
statistique sur l'état de cette pratique partout dans le monde.

Pour 2017 nous avons enregistré au moins 2 591 condamnations à mort dans 53
 pays, ce qui représente une baisse notable par rapport au chiffre record de 3 117
enregistré en 2016. Hélas, ces chiffres n'incluent pas les milliers de sentences
capitales prononcées en Chine, les statistiques en la matière relevant toujours du
secret d’État dans ce pays.

 

« Une lueur d’espoir » en Afrique Subsaharienne

L'Afrique subsaharienne a réalisé d'importants progrès en vue de l'abolition capitales
recensées dans toute la région.

La Guinée est d’ailleurs devenue le 20e État de l'Afrique subsaharienne à avoir aboli
la peine de mort pour tous les crimes, et le Kenya a supprimé le recours obligatoire à
ce châtiment en cas de meurtre.

Le Burkina Faso et le Tchad ont également pris des mesures pour le supprimer en
adoptant de nouvelles lois ou en déposant des projets de loi en ce sens.

 Du fait des progrès enregistrés en Afrique subsaharienne, cette région continue de
représenter une source d'espoir en ce qui concerne l'abolition. Les dirigeants de
certains pays de la région ont pris
des mesures qui permettent d'espérer que le châtiment le plus cruel, inhumain et
dégradant
qui soit sera prochainement aboli.

Nous avons enregistré une baisse du nombre de pays procédant à des exécutions
en Afrique subsaharienne.

https://www.amnesty.fr/peine-de-mort-et-torture/actualites/un-nouveau-pas-vers-
labolition-de-la-peine-de-mort

Ce dernier étant passé de cinq en 2016 à deux en 2017 : le Soudan du Sud et la
Somalie sont les seuls pays à avoir procédé à des exécutions en 2017.
Les informations signalant que le Botswana et le Soudan ont repris les exécutions
en 2018 ne doivent pas faireoublier toutes les avancées réalisées par d'autres pays
dans toute la région.    

En ce qui concerne le reste de l'Afrique, la Gambie a signé un traité international
engageant le pays à ne pas procéder à des exécutions et à s'orienter vers l'abolition
de la peine de mort dans sa législation.

Le chef de l'État gambien a mis en place en février 2018 un moratoire officiel
(interdiction temporaire) sur les exécutions.

 Étant donné que 20 pays de l'Afrique subsaharienne ont à présent aboli la peine
de mort pour tous les crimes, il est grand temps que les autres pays du monde
suivent leur exemple et relèguent dans les livres d’histoires cet abominable châtiment. 

S'ils continuent en 2018 de prendre des mesures pour restreindre le recours à la
peine de mort et pour la supprimer, les pays qui continuent à travers le monde de
procéder à des exécutions vont se retrouver extrêmement isolés.

Lire aussi : Il faut que l'Afrique abandonne la peine de mort

Des avancées notables dans le reste du monde

Les progrès enregistrés en Afrique subsaharienne en 2017 sont représentatifs des tendances positives relevées dans le reste du monde.

Tout comme la Guinée, la Mongolie a aboli la peine de mort pour tous les crimes, ce qui a porté le nombre total de pays abolitionnistes à 106 en 2017. Comme le Guatemala est devenu abolitionniste pour les crimes de droit commun tels que le meurtre, le nombre de pays ayant aboli la peine de mort en droit ou en pratique est passé à 142.

Seuls 23 pays continuaient de procéder à des exécutions, ce chiffre étant inchangé par rapport à 2016 alors même que plusieurs États ont repris les exécutions après une interruption.

D'importantes mesures ont également été prises pour restreindre le recours à la peine de mort dans des pays qui sont pourtant de fervents défenseurs de ce châtiment.

En Iran, le nombre d'exécutions recensées a diminué de 11 % et le nombre d'exécutions de personnes condamnées pour des infractions liées aux stupéfiants a baissé de 40 %. Des mesures ont été prises pour relever le seuil de la quantité minimale de drogue à partir de laquelle la peine de mort est obligatoirement prononcée.

En Malaisie, des lois relatives aux stupéfiants ont été modifiées afin de laisser aux juges une certaine latitude dans le choix de la peine en cas de trafic de drogue. Ces modifications vont vraisemblablement conduire à une réduction du nombre de sentences capitales prononcées dans ces deux pays à l'avenir.

Les mesures prises par l'Iran et la Malaisie pour modifier leur législation relative aux stupéfiants montrent bien que les choses sont en train de changer, même dans la minorité de pays qui continuent de procéder à des exécutions.

L'Indonésie, qui a exécuté quatre personnes condamnées pour des infractions liées aux stupéfiants en 2016, dans le cadre des initiatives mal avisées prises par le pays pour combattre la criminalité liée à la drogue, n'a procédé à aucune exécution l'an dernier et a fait état d'une légère diminution du nombre de sentences capitales prononcées.

Lire aussi : Asie-Pacifique : un chemin encore long vers l'abolition totale

Le combat contre la peine de mort encore d’actualité

Au moins 21 919 personnes dans le monde se trouvent encore sous le coup d'une condamnation à mort.

https://www.amnesty.fr/peine-de-mort-et-torture/actualites/un-nouveau-pas-vers-labolition-de-la-peine-de-mort" data-reactid="355">

Des mesures positives ont été prises en 2017 dont nous pourrons mesurer le plein effet dans les mois et les années à venir.

Cependant, certains pays prennent encore des mesures rétrogrades, ou menacent de le faire, la campagne contre la peine de mort  est d'une importance toujours aussi fondamentale.

Lire aussi : Ces pays qui ont utilisé la peine de mort en 2017

Au cours des 40 dernières années, nous avons assisté à un énorme changement allant dans le bon sens en ce qui concerne le recours à la peine de mort à travers le monde, mais il est nécessaire de continuer d'intervenir de toute urgence pour mettre fin à cette abominable pratique que constituent les homicides commis par l'État.

 La peine capitale s'inscrit dans une culture marquée par la violence et n'apporte aucune réponse.  

Le chemin est encore long pour mettre fin à ce châtiment cruel, inhumain et dégradant.

 Pour plus de détails sur l'Afrique, cliquer sur le lien ci-dessous

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Niger: nouvelles arrestations
de membres de la société civile

L'entrée de la prison de Koutoukalé, près de Niamey, au Niger.
© RFI/Moussa Kaka
 

Au Niger, la manifestation de la société civile prévue ce dimanche 15 avril contre la loi de finances 2018, et interdite par la municipalité de Niamey, n'a pas eu lieu. Plusieurs membres de la société civile ont toutefois été arrêtés dans la soirée.

Ce dimanche 15 avril, les organisateurs étaient invisibles sur les principales places où devaient se tenir la marche et le meeting. Dans la soirée, trois leaders de la société civile ont été arrêtés. Ibrahim Diori de l'Association Alternative espace citoyen, a été arrêté chez lui par des policiers en civil qui sont venus sonner à sa porte. Maïkou Zodi, du mouvement Tournons la page, lui, été interpellé dans la rue, alors qu'il était en voiture. Abdourahamane Idé, membre de la Jeunesse pour une nouvelle mentalité, s'est quant à lui rendu de son propre chef au commissariat, vers 22h30, après avoir été appelé par la police.

Ces arrestations ont eu lieu en marge des manifestations. A l'heure actuelle, les trois hommes n'ont toujours pas été déférés devant le Parquet. Leurs avocats ont néanmoins été notifiés des chefs d'inculpation retenus contre eux : participation à une manifestation interdite et dégradation de biens publics. Pourtant, ils n'ont pas été interpellés durant les rassemblements.

Ce lundi matin, Mohamed Bazoum, le ministre de l'Intérieur a expliqué au téléphone qu'ils avaient pu être arrêtés, en tant que responsables de la manifestation. Comme ce sont eux qui ont déposé auprès des autorités, la demande officielle, par conséquent, ils sont « comptables », selon le ministre, de tout ce qui advient durant le rassemblement. Il s'appuie pour cela, sur la loi de 2004, qui régit le droit de manifester.

22 militants en détention

En l'occurrence, la manifestation de ce dimanche était interdite, pour des raisons de sécurité, car elle était prévue de nuit. Pour Mamane Kaka Touda, responsable de la jeunesse d'Alternative espace citoyen, tout est cela est une interprétation un peu tordue de la loi de 2004 : « La loi 2004 exige aux autorités de prendre une décision, un arrêté motivé. Nous pensons que le fait de dire que dans l’après-midi, vous n’avez pas le droit de marcher, ce n’est pas une motivation parce que, quand la Constitution du Niger qui est la loi fondamentale, reconnaît la liberté de manifestation, nulle part dans la Constitution, il n’est écrit qu’il faut manifester le matin et non l’après-midi. On a fait six manifestations pacifiques à Niamey, c’est la discipline des organisateurs qui a fait en sorte que la sécurité a été assurée. Ils n’ont jamais mis même cinq ou dix policiers pour régler la marche. Ça, c’est un des  arguments juste pour, de manière systématique, tuer la démocratie. Et je pense que c’est peine perdue parce qu’ils vont continuer à arrêter les gens parmi nous et nous allons nous battre ».

Le mouvement de mobilisation a pris du plomb dans l'aile. Depuis le 25 mars, la plupart de ses leaders ont été arrêtés. Avec les dernières arrestations, cela porte à 25 le nombre d'interpellations. Les principaux dirigeants du mouvement de contestation sont derrière les barreaux depuis près de 15 jours, dispersés dans des centres de détention en dehors de Niamey. Et ils le resteront jusqu'à la fin de l'instruction de leur dossier, a confirmé Mohammed Bazoum qui rappelle que le gouvernement est droit dans ses bottes. « Nous sommes un Etat et nous avons des lois, a-t-il conclu. Rappelant que toutes les manifestations de jours depuis le mois de janvier ont été autorisées ».

Pour le moment, j’ignore ce qu’il leur est reproché. Mais tout est parti de cette interdiction opposée par la délégation spéciale de la ville de Niamey par rapport à la tenue de la manifestation.

Yinoussa Djimraou, secrétaire général du Mouvement patriotique pour une citoyenneté responsable (MPCR) 16-04-2018 - Par Clémentine Pawlotsky