Mali en gris

La province des Missionnaires d’Afrique au Mali

 (Il est important de préciser que cet article est déjà ancien, il date de 2006, alors que la province du Mali et celle du Burkina étaient des entités séparées. Il n'en est pas moins intéressant. Mais depuis plusieurs années, les deux anciennes provinces sont réunies sous le nom de "Province d'Afrique de l'Ouest". Pour retrouver les pays concernés dans cette Province, aller dans la rubrique "Accueil" de ce site, où se trouvent la carte et les noms des pays présentement concernés.)

1- Sa physionomie

 

La Province du Mali regroupe aujourd’hui les Missionnaires d’Afrique qui se trouvent au Mali, en Mauritanie et au Sénégal et qui compte un peu plus de 60 confrères. Sept jeunes candidats, surtout d’origine africaine, effectuent un stage de deux ans dans des communautés du pays. La moyenne d’âge est assez élevée et avoisine la soixantaine. On s’attend à des départs, vu l’âge et la fatigue de certains confrères et dans la dizaine d’années qui s’approche, la Province devrait compter de 45 à 50 confrères pour être très optimiste. Bon nombre de confrères sont engagés dans des tâches paroissiales. Quelques-uns d’entre eux sont cependant détachés pour des tâches spécifiques (maisons de formation, centre social, médias, etc.).

 

2- Le temps des transitions

 

On peut dire que depuis le début, les confrères ont cherché à enraciner le Christ en terre malienne. Au moment du Forum postcapitulaire et dans l’homélie de la messe qu’il présida le dernier jour, Monseigneur Jean Zerbo rendit grâces en ces termes : « Merci au Seigneur qui a aimé le Mali, au point de s’incarner dans cette terre, à travers chacun d’entre vous, à travers chacune de vos vies... »

 

La Province des Missionnaires d’Afrique du Mali traverse une époque de transition. Tous les confrères qui ont connu la période 1986-2000 ont vécu et continuent de vivre des transitions avec l’Église du Mali. Les transitions, aujourd’hui, pour les Missionnaires d’Afrique, sont multiples. C’est d’abord la forte diminution du personnel. En une vingtaine d’années, on est passé de 160 à 60 confrères. C’est aussi l’arrivée des confrères d’origine africaine, asiatique ou latino-américaine. On se prépare à vivre en communauté, non plus seulement internationales mais aussi interculturelles et interraciales.

 

3- La province est interpellée !

 

  ° Par l’Église qui l’accueille

Nous appartenons, comme membre de la Famille, à l’Église qui nous accueille ici, au même titre que les autres membres (prêtres diocésains, autres familles religieuses ...). En clair, cela veut dire que nous partageons tout avec elle; ses joies, ses peines, ses recherches, ses tâtonnements, ses réussites, ses échecs ... rien ne nous est étranger ... puisqu’il n’y a pas d’étranger dans la Famille du Père !

Nous partageons ses interrogations. Quand elle rentre du Synode sur l’Afrique en 1994, nous nous mettons à son écoute. Qu’a-t-elle reçu de cette Assemblée ? Que va-t-elle mettre en route à la suite de ces travaux ? Souhaite-t-elle notre collaboration et à quel(s) niveau(x) ? Quand elle célébre son premier Centenaire, nous jubilons avec elle; quand s’apprête à clôturer son Synode national, nous offrons notre franche collaboration.

 

  ° Par son charisme fondateur

On a souvent parlé de « notre identité », de notre « charisme », de notre « spécificité ». C’est vrai qu’à la longue, parce que surchargés de travail, nous avions fini par ne plus en faire cas. La présence d’autres Instituts, au sein de la famille, nous permet, aujourd’hui, de faire plus facilement état de notre charisme particulier et de nous organiser de telle sorte que, sans heurts, ni d’un côté ni de l’autre, il soit mieux accueilli et respecté. Nous nous offrons à l’Église qui est au Mali, tels que nous sommes.

 

Ce charisme, nous le savons, nous invite à la Rencontre et au Dialogue, en particulier avec ceux et celles qui nous sont différents dans leur culture et dans leur religion. Si, à une époque, quelques uns l’ont vécu d’une manière tout à fait originale, aujourd’hui, nous voulons le vivre en harmonie avec le projet de l’Église qui est au Mali.

 

  ° Par le Chapitre de 1998 et le Forum postcapitulaire qui suivit.

Différents Chapitres Généraux ont jalonné la route des Missionnaires d’Afrique en terre du Mali. Ces rencontres n’ont jamais eu pour but d’élaborer des « stratégies pastorales » à la place des Églises locales, mais plutôt d’aider les missionnaires à mieux préciser leur place au sein d’une Église qui cherche à enraciner l’Évangile qu’elle a reçu comme un don précieux. Les missionnaires n’ont pas cherché à cacher ou minimiser la spécificité de leur engagement mais plutôt à la mettre « au service », à la proposer comme « une manière de faire Église » au milieu de beaucoup d’autres manières. On peut enraciner Évangile de bien des façons !

 

Le Chapitre de 1998 a proposé aux confrères une attitude renouvelée. Si l’humilité demeure le mot d’ordre face à des situations extrêmement douloureuses ou complexes, il leur est recommandé de reprendre, en les adaptant au contexte d’aujourd’hui, les grandes orientations du Cardinal Lavigerie. Ainsi la Rencontre de l’autre dans sa culture et sa foi, demeure-t-elle une priorité de notre activité missionnaire.

 

Au cours du Forum postcapitulaire de février 1999, plusieurs dispositions ont été prises par la Province, dont la constitution d’ateliers spécifiques afin d’approfondir les orientations proposées (atelier Rencontre, atelier Justice et Paix, atelier Vocation, etc.). On a aussi insisté sur la formation permanente des confrères, en matière de Justice et paix et dans le domaine de la Rencontre.

 

Les Missionnaires d’Afrique au Mali, dans l’esprit du charisme propre à notre Société, ont donc commencé à apporter une contribution plus concrète à la formation des communautés chrétiennes en vue de les préparer, de les stimuler et de les former à mieux vivre la Rencontre. Le conseil pense sincèrement que la spécificité du charisme de l’Institut peut aider dans ce sens.