Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Merci à Andreas Göpfert qui nous a fait parvenir ce message :

 

creation

 

 

Publié par La Tribune Franco-Rwandaise

Le Groupe d'Initiative France-Rwanda (GIFR) dénonce le transfert vers le Rwanda de milliers de demandeurs d'asile africains en Europe.

Le Groupe d'Initiative France-Rwanda (GIFR) dénonce le transfert vers le Rwanda de milliers de demandeurs d'asile africains en Europe.
Le Groupe d'Initiative France-Rwanda (GIFR) dénonce le transfert vers le Rwanda de milliers de demandeurs d'asile africains en Europe.

COMMUNIQUE DU GIFR

Jusqu'à 30 000 migrants africains vont être évacuées de Libye vers le Rwanda. C'est ce que révèle ce matin un article de Radio France Internationale - RFI.

Source : http://www.rfi.fr/afrique/20190912-accord-accueil-migrants-rwanda-libye-politique

Au passage, le Rwanda recevra de l'Union Européenne des millions de dollars. Kigali et l'UE refusent d'évoquer le prix de cette honteuse transaction qui ressemble à un banal trafic d'êtres humains.

A défaut de les accueillir dans les pays de l'Union Européenne, la solution de sagesse serait ou aurait été de renvoyer ces migrants dans leurs pays respectifs.

En effet, contrairement à ce que l'on cherche à faire croire à l'opinion mal ou peu informée, la Côte d'ivoire, le Sénégal, la Guinée, le Mali, l’Érythrée, l'Éthiopie, le Soudan et les autres pays concernés n'ont jamais refusé d'accueillir leurs ressortissants refoulés.

L'on est donc en droit de se demander pourquoi le général Paul Kagame veut à tout prix récupérer ces milliers de jeunes Africains. Ce n'est certainement pas pour des raisons humanitaires. Il s'agit en réalité d'un coup médiatico-diplomatique pour s'attirer les bonnes grâces de l'Union Européenne. C'est aussi un pied de nez à ses homologues africains à qui il ne cesse de faire la leçon, dans son obsession à se faire passer pour un panafricaniste auprès de l'opinion africaine.

Selon des sources rwandaises bien informées, ce deal serait l'aboutissement d'un plan longtemps mûri par le régime de Paul Kagame avec la complicité de certains gouvernements européens qui tenteraient de sauver leur désormais "homme à tout faire", Paul Kagame empêtré dans des conflits incessants avec la plupart de ses voisins.

L'Union Européenne risque donc de financer la création d'une armée de mercenaires africains pour déstabiliser la région des grands lacs.

Le Groupe d'Initiative France-Rwanda - GIFR condamne le soutien politique et diplomatique de l'Union Européenne au dictateur Paul Kagame responsable de nombreux crimes contre l'humanité et de génocides contre les peuples de la région des grands lacs.

Au moment où des dizaines de milliers de familles rwandaises se réfugient dans les pays voisins pour fuir la famine endémique sévissant dans leur pays, l'arrangement entre l'Union Européenne et le gouvernement rwandais est contraire au bon sens. Il va à l'encontre des intérêts des migrants africains traités comme du bétail par le monde dit civilisé.

Cet arrangement immoral est enfin contraire aux intérêts du Rwanda, pays surpeuplé et un des plus gros exportateurs nets de réfugiés économiques et politiques en Afrique. 

Le Groupe d'Initiative France-Rwanda (GIFR) saisit cette opportunité pour demander à l'Union Européenne de revenir sur sa décision de financer le transfert au Rwanda de milliers de jeunes migrants africains qui ne l'ont jamais demandé.

Fait à Paris, le 13 septembre 2019

Le Groupe d'Initiative France-Rwanda - GIFR

Message de François
Pour la 105ème Journée mondiale du MIGRANT et du REFUGIE

29 septembre 2019.

« « Mettre les derniers à la première place »

Cultiver la « compassion », « passer tout de suite à l’action pour soulager, soigner et sauver », c’est l’encouragement du pape François pour la 105e Journée mondiale du Migrant et du Réfugié (JMMR), qui sera célébrée le 29 septembre 2019. « Il s’agit de mettre les derniers à la première place » car la vraie devise du chrétien est “d’abord les derniers !” et non pas « moi d’abord et les autres après ».

« Il ne s’agit pas seulement de migrants », s’intitule le message du pape, qui souligne que dans un monde « chaque jour plus élitiste et cruel envers les exclus », la cause des migrants concerne « nous tous », le « présent et… l’avenir de la famille humaine ».

Dans ce message publié ce 27 mai 2019, le pape met en garde contre le « déclin moral qui nous guette si l’on continue à concéder du terrain à la culture du rejet » et invite « à retrouver certaines dimensions essentielles de notre existence chrétienne et de notre humanité ». En prenant soin des migrants, « nous grandissons tous », affirme-t-il.

« Le problème n’est pas tant d’avoir des doutes et des craintes », estime encore le pape : « Le problème, c’est quand ceux-ci conditionnent notre façon de penser et d’agir au point de nous rendre intolérants, fermés, et peut-être même… racistes. »

« Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit de n’exclure personne », poursuit-il en dénonçant l’exploitation des ressources naturelles et humaines « au profit de quelques marchés privilégiés » et le commerce des armes : « Ceux qui en font les frais, ce sont toujours les petits, les pauvres, les plus vulnérables, qu’on empêche de s’asseoir à table et à qui on laisse les “ miettes ” du banquet. »

Il exhorte donc à se « libérer des exclusions, de l’indifférence et de la culture du déchet » et à « faire de la place à la tendresse ».

AK

 

Message du pape François

 

Texte intégral


Chers frères et sœurs,

La foi nous assure que le Royaume de Dieu est déjà présent sur la terre de façon mystérieuse (cf. CONC. ŒCUM. VAT. II, Const. Gaudium et spes, n. 39) ; cependant, de nos jours encore, nous devons constater avec douleur qu’il rencontre des obstacles et se heurte à des forces contraires. De violents conflits et de véritables guerres ne cessent de déchirer l’humanité ; les injustices et les discriminations se succèdent ; on peine à surmonter les déséquilibres économiques et sociaux, à l’échelle locale ou mondiale. Et ce sont surtout les plus pauvres et les plus défavorisés qui font les frais de tout ceci.

Les sociétés économiquement les plus avancées ont tendance à développer en leur sein un individualisme accentué qui, uni à une mentalité utilitariste et multiplié par le réseau médiatique, produit la “ mondialisation de l’indifférence ”. Dans ce contexte, les migrants, les réfugiés, les personnes déplacées et les victimes de la traite des personnes sont devenus l’emblème de l’exclusion car, au-delà des malaises que comporte en soi leur condition, on fait peser sur eux un jugement négatif qui les considère comme cause des maux de la société. L’attitude à leur égard constitue une sonnette d’alarme qui nous avertit du déclin moral qui nous guette si l’on continue à concéder du terrain à la culture du rejet. De fait, sur cette voie, tout sujet qui ne rentre pas dans les canons du bien-être physique, psychique et social court le risque de la marginalisation et de l’exclusion.

 

C’est pourquoi la présence des migrants et des réfugiés – comme, en général, des personnes vulnérables – représente aujourd’hui une invitation à retrouver certaines dimensions essentielles de notre existence chrétienne et de notre humanité, qui risquent de s’assoupir dans un style de vie rempli de confort. C’est en cela que l’expression « il ne s’agit pas seulement de migrants » signifie qu’en nous intéressant à eux, nous nous intéressons aussi à nous et à tous ; en prenant soin d’eux, nous grandissons tous ; en les écoutant, nous laissons aussi parler cette part de nous que nous gardons peut-être cachée parce qu’aujourd’hui elle n’est pas bien vue.

 

« Courage, c’est moi, n’ayez pas peur ! » (Mt 14, 27). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit aussi de nos peurs. Les méchancetés et les laideurs de notre temps accroissent « notre crainte des “ autres ”, les inconnus, les marginalisés, les étrangers […]. Cela se constate particulièrement aujourd’hui, face à l’arrivée de migrants et de réfugiés qui frappent à notre porte à la recherche de protection, de sécurité et d’un avenir meilleur. La crainte est légitime, notamment parce qu’il manque une préparation à cette rencontre » (Homélie, Sacrofano, 15 février 2019). Le problème n’est pas tant d’avoir des doutes et des craintes. Le problème, c’est quand ceux-ci conditionnent notre façon de penser et d’agir au point de nous rendre intolérants, fermés, et peut-être même – sans nous en rendre compte – racistes. Ainsi la peur nous prive du désir et de la capacité de rencontrer l’autre, la personne qui est différente de moi ; elle me prive d’une occasion de rencontre avec le Seigneur (cf. Homélie de la Messe pour la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié, 14 janvier 2018).

 

« Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense aurez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ? » (Mt 5, 46). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit de charité. Grâce aux œuvres de charité, nous démontrons notre foi (cf. Jc 2, 18). Or, la charité la plus élevée est celle qui s’exerce envers ceux qui ne sont pas en mesure de rendre la pareille, ni même peut-être de remercier. « Ce qui est en jeu, c’est le visage que nous voulons nous donner comme société et la valeur de toute vie. […] Le progrès de nos peuples […] dépend surtout de la capacité de se laisser remuer et toucher par celui qui frappe à la porte et qui, avec son regard, discrédite et prive d’autorité toutes les fausses idoles qui hypothèquent la vie et la réduisent en esclavage ; idoles qui promettent un bonheur illusoire et éphémère, construit aux marges de la réalité et de la souffrance des autres » (Discours à la Caritas Diocésaine de Rabat, 30 mars 2019).

« Mais un Samaritain, qui était en voyage, arriva près de lui, le vit et fut pris de pitié » (Lc 10, 33). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit de notre humanité. Ce qui pousse ce Samaritain – un étranger par rapport aux juifs – à s’arrêter, c’est la compassion : un sentiment qui ne s’explique pas seulement au niveau rationnel. La compassion fait vibrer les cordes les plus sensibles de notre humanité, provoquant un élan irrépressible à nous “ faire le prochain” de ceux que nous voyons en difficulté. Comme Jésus lui-même nous l’enseigne (cf. Mt 9, 35-36 ; 14, 13-14 ; 15, 32-37), avoir de la compassion signifie reconnaître la souffrance de l’autre et passer tout de suite à l’action pour soulager, soigner et sauver. Avoir de la compassion signifie faire de la place à la tendresse, que la société contemporaine nous demande si souvent, au contraire, de réprimer.

 

« S’ouvrir aux autres n’appauvrit pas mais enrichit, car cela aide à être plus humain ; à se reconnaître partie active d’un ensemble plus grand et à interpréter la vie comme un don pour les autres ; à voir comme but, non pas ses propres intérêts mais le bien de l’humanité » (Discours à la mosquée “ Heydar Aliyev ” de Bakou, Azerbaïdjan, 2 octobre 2016).

 

« Gardez-vous de mépriser aucun de ces petits : car, je vous le dis, leurs anges aux cieux voient constamment la face de mon père qui est aux cieux » (Mt 18, 10). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit de n’exclure personne. Le monde actuel est chaque jour plus élitiste et cruel envers les exclus. Les pays en voie de développement continuent d’être appauvris de leurs meilleures ressources naturelles et humaines au profit de quelques marchés privilégiés. Les guerres ne concernent que quelques régions du monde, mais les armes pour les faire sont produites et vendues dans d’autres régions qui, ensuite, ne veulent pas se charger des réfugiés produits par ces conflits. Ceux qui en font les frais, ce sont toujours les petits, les pauvres, les plus vulnérables, qu’on empêche de s’asseoir à table et à qui on laisse les “ miettes ” du banquet (cf. Lc 16, 19-21).

 

« L’Église “ en sortie ” […] sait prendre l’initiative sans crainte, aller à la rencontre, chercher ceux qui sont loin et arriver aux croisées des chemins pour inviter les exclus » (Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 24). Le développement qui exclut rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Le développement véritable est celui qui se propose d’inclure tous les hommes et toutes les femmes du monde, en favorisant leur croissance intégrale, et qui se préoccupe aussi des générations futures.

 

« Celui qui voudra devenir grand parmi vous, sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier parmi vous, sera l’esclave de tous » (Mc 10, 43-44). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit de mettre les derniers à la première place. Jésus-Christ nous demande de ne pas céder à la logique du monde, qui justifie la prévarication sur les autres pour mon avantage personnel ou celui de mon groupe : moi d’abord et les autres après ! Or la vraie devise du chrétien, c’est “d’abord les derniers ! ”. « Un esprit individualiste est un terrain fertile pour la maturation de cette attitude d’indifférence envers le prochain, qui porte à le traiter comme simple objet d’achat et de vente, qui pousse à se désintéresser de l’humanité des autres et finit par rendre les personnes craintives et cyniques. Ces sentiments ne sont-ils pas ceux que nous éprouvons souvent devant les pauvres, les marginaux, les derniers de la société ? Et combien de derniers avons-nous dans nos sociétés ! Parmi ceux-ci, je pense surtout aux migrants, avec leur poids de difficultés et de souffrances qu’ils affrontent chaque jour dans la recherche, parfois désespérée, d’un lieu où vivre en paix et avec dignité » (Discours au Corps diplomatique, 11 janvier 2016). Dans la logique de l’Évangile, les derniers viennent en premier et nous devons nous mettre à leur service.

 

« Je suis venu pour qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance » (Jn 10, 10). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit de toute la personne, de toutes les personnes. Dans cette affirmation de Jésus, nous trouvons le cœur de sa mission : faire en sorte que tous reçoivent le don de la vie en plénitude, selon la volonté du Père. Dans toute activité politique, dans tout programme, dans toute action pastorale, nous devons toujours mettre au centre la personne, sous ses multiples dimensions, y compris sa dimension spirituelle. Cela vaut pour toutes les personnes, auxquelles doit être reconnue l’égalité fondamentale. Par conséquent, « le développement ne se réduit pas à la simple croissance économique. Pour être authentique, il doit être intégral, c’est-à-dire promouvoir tout homme et tout l’homme » (SAINT PAUL VI, Enc. Populorum progressio, n. 14).

 

« Ainsi donc vous n’êtes plus des étrangers ni des hôtes ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la maison de Dieu » (Ep 2, 19). Il ne s’agit pas seulement de migrants : il s’agit de construire la cité de Dieu et de l’homme. À notre époque, appelée aussi l’ère des migrations, nombreuses sont les personnes innocentes qui tombent en victimes dans le “ grand piège ” du développement technologique et de la consommation sans limites (cf. Enc. Laudato si’, n. 34).

 

Aussi se mettent-elles en voyage vers un “ paradis ” qui trahit inexorablement leurs attentes. Leur présence, parfois dérangeante, contribue à dissiper les mythes d’un progrès réservé à quelques-uns, mais bâti sur l’exploitation de la multitude. « Il s’agit alors de voir, nous d’abord et d’aider ensuite les autres à voir dans le migrant et dans le réfugié non pas seulement un problème à affronter, mais un frère et une sœur à accueillir, à respecter et à aimer, une occasion que la Providence nous offre pour contribuer à la construction d’une société plus juste, une démocratie plus accomplie, un pays plus solidaire, un monde plus fraternel et une communauté chrétienne plus ouverte, selon l’Évangile » (Message pour la Journée mondiale du Migrant et du Réfugié 2014).

 

Chers frères et sœurs, la réponse au défi posé par les migrations contemporaines peut se résumer en quatre verbes : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer. Mais ces verbes ne valent pas seulement pour les migrants et pour les réfugiés. Ils expriment la mission de l’Église envers tous les habitants des périphéries existentielles, qui doivent être accueillis, protégés, promus et intégrés. Si nous mettons ces verbes en pratique, nous contribuons à construire la cité de Dieu et de l’homme, nous encourageons le développement humain intégral de toutes les personnes et nous aidons aussi la communauté mondiale à s’approcher des objectifs du développement durable qu’elle s’est donnés et qu’il sera difficile d’atteindre autrement.

 

Donc, ce n’est pas seulement la cause des migrants qui est en jeu, ce n’est pas seulement d’eux qu’il s’agit, mais de nous tous, du présent et de l’avenir de la famille humaine. Les migrants, et spécialement ceux qui sont plus vulnérables, nous aident à lire les “ signes des temps ”. À travers eux, le Seigneur nous appelle à une conversion, à nous libérer des exclusions, de l’indifférence et de la culture du déchet. À travers eux, le Seigneur nous invite à nous réapproprier notre vie chrétienne dans son entier et à contribuer, chacun selon sa vocation, à l’édification d’un monde qui corresponde toujours davantage au projet de Dieu.

 

C’est le vœu que j’accompagne de ma prière en invoquant, par l’intercession de la Vierge Marie, Notre-Dame de la Route, d’abondantes bénédictions sur tous les migrants et les réfugiés du monde entier et sur ceux qui se font leurs compagnons de voyage.

 

Du Vatican, le 27 mai 2019

 

FRANÇOIS

Des pesticides causent la mort
de plusieurs personnes au Burkina Faso

Des femmes vendent des fraises dans un marché ouvert à Ouagadougou, le 6 mars 2017.
© ISSOUF SANOGO / A.F.P.

Au moins 18 morts suite à une intoxication alimentaire dans deux régions différentes du pays. Une quinzaine d'autres personnes est toujours en observation dans les centres de santé. Selon les premières enquêtes, ces cas de décès seraient dûs à la consommation d’aliments contaminés par des pesticides.

Treize personnes sont décédées le 1er septembre dans la localité de Didyr dans la région du centre-ouest. Le 9 septembre, cinq cas de décès sont signalés sur la quinzaine de personnes concernées à Nayamtenga dans la province du Kouritenga.

Selon la professeure Léonie Claudine Lougué, ministre de la Santé, les premières enquêtes révèlent que tous ces décès sont liés à une intoxication alimentaire due aux pesticides.

« À Didyr, explique-t-elle, les investigations ont été faites sur les prélèvements de produits biologiques comme le sang, les urines. On a trouvé un taux anormalement élevé de pesticides. Dans les aliments consommés également, il y avait un taux anormalement élevé de pesticides. Il y a plusieurs familles de pesticides. »

Pesticides pour protéger le mil contre les chenilles

Les pesticides incriminés sont utilisés dans l’agriculture, ils avaient servi à protéger le mil contre les chenilles. La ministre de la Santé recommande aux familles de se référer désormais au ministère en charge de l’Agriculture en matière d’utilisation des pesticides. Il faut, dit-elle, « suivre scrupuleusement les recommandations du ministère en charge de l'Agriculture en matière de choix et d'utilisation de pesticides ».

Toutes les personnes concernées par ces intoxications ont été évacuées dans le Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Pouytenga et au centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo à Ouagadougou, pour une meilleure prise en charge, selon la ministre de la Santé.

 

Sénégal: campagne de Greenpeace
contre les usines de farine de poisson

Étape à Dakar pour l’Arctic Sunrise, le brise-glace de l’ONG Greenpeace en expédition de l’Arctique à l’Antarctique pour sensibiliser sur la protection des océans. L’occasion pour l’organisation de défense de l’environnement de présenter son rapport sur le
© RFI/Charlotte Idrac

Étape à Dakar pour l’« Arctic Sunrise », le brise-glace de l’ONG Greenpeace en expédition de l’Arctique à l’Antarctique pour sensibiliser sur la protection des océans. L’occasion pour l’organisation de défense de l’environnement de présenter son rapport sur les usines de farine et d’huile de poisson en Afrique de l’Ouest. Reportage au Sénégal.

Couleurs de l’arc-en-ciel en proue et sous un soleil de plomb, l’Arctic Sunrise fait une pause dans son périple de pôle en pôle. À l’intérieur, Voré Gana Seck de l’ONG Green Sénégal est un peu souffrante, mais retrouve sa verve pour dénoncer les usines de farines de poisson au Sénégal : « C’est une catastrophe. Pour une tonne de farine de poisson, il faut cinq tonnes de poissons. Il nous faut une régulation sinon nos mers vont être pompées. Et quand nos pêcheurs n’ont plus accès à la ressource, qu’est-ce qu’ils font ? Ils prennent les pirogues. »

« On a un problème de sécurité alimentaire »

Ces farines sont exportées pour nourrir les poissons d’élevage ou d’autres animaux. Selon Greenpeace, une cinquantaine d’usines opèrent au Sénégal, en Gambie, et surtout en Mauritanie. Le défenseur de l’environnement Hidi Taleb Ely est venu de Nouadhibou : « La majorité, ce sont des Chinois et des Turcs. On a un problème de sécurité alimentaire. On a deux millions de tonnes de poissons, on doit le manger. On doit le vendre aussi, nous, pas les Chinois, pas les Turcs. »

« Limiter les nouvelles licences » ?

C’est dans ce sens que la Gambie a pris des premières mesures, selon le directeur adjoint gambien des pêches, Momodou Sidibeh : « Nous n’avons que trois usines de farines de poisson en Gambie. Et aujourd’hui, le gouvernement a gelé les autorisations. Mais nous encourageons les autres acteurs de la région à limiter les nouvelles licences. »

Une réponse commune, pour des ressources communes. Sénégal, Mauritanie, Gambie, tous dans le même bateau.