Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Burkina: des policiers poursuivis pour la mort de 11 personnes en garde à vue

Policiers burkinabè dans les rues de Ouagadougou, Burkina Faso (image d'illustration).
© Ahmed OUOBA / AFP

Le procureur annonce que neuf agents de police de l’unité anti-drogue seront poursuivis pour le décès des personnes gardées à vue. Le 15 juillet 2019, onze personnes gardées à vue dans une cellule de la police anti-drogue avaient été retrouvées mortes au lendemain de leur interpellation.

La directrice de la police judiciaire, le commandant de l'unité anti-drogue, et tous les agents de police liés à l’affaire avaient été relevé de leur fonction en attendant la fin de l’enquête.

Le procureur a retenu trois charges contre les neuf agents de police de l’unité anti-drogue. Ils seront poursuivis pour la mise en danger des prévenus, d’omission de porter secours à autrui et d’homicide involontaire.

Harouna Yoda affirme que l’analyse des différents rapports d’enquête a permis de relever suffisamment de charges pour soutenir ses poursuites. Mais la procédure pourrait prendre encore un peu temps, car il faudra designer une juridiction pour la suite de l’affaire. Il faut une procédure spéciale pour poursuivre les officiers de police judiciaire dans le cadre de l’exercice de leur fonction.

Mais, déjà pour les familles des victimes, c’est une première victoire. « C’est une très bonne nouvelle pour les familles » dit maitre Rodrigue Bayala, l’un de leurs avocats. Selon l’avocat, une fois la juridiction désignée, le dossier pourrait aller vite. « On a déjà des survivants, des témoins qui pourront expliquer ce qu’ils ont vu et entendu, et nous avons aussi tous les rapports d’enquête préliminaire », ajoute –il.

Francophonie : Louise Mushikiwabo fait le ménage à l’OIF

| Par Jeune Afrique
La Rwandaise Louise Mushikiwabo en Arménie, en octobre 2018.

Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) depuis janvier 2019, Louise Mushikiwabo achève d’installer ses équipes.

Le 22 novembre, Louise Mushikiwabo a mis fin aux fonctions des derniers directeurs qu’avait nommés sa prédécesseuse Michaëlle Jean : Nita Deerpalsing (Programmation et Développement stratégique), Youma Fall (Langue française) et Nicodème Adzra (Administration et Finances). Alioune Koné, le responsable des ressources humaines, et Narjess Saidane, la représentante auprès de l’ONU à New York, ont également été remerciés. Un intérim a été mis en place dès le 25 novembre.

Le 9 décembre, Georges Nakseu Nguefang, directeur des affaires politiques de Michaëlle Jean, a été nommé représentant permanent de l’OIF auprès des Nations unies, à Genève. Il succède à Henri Monceau, promu directeur de la Francophonie économique et numérique. Enfin, Éric Adja, le directeur du Bureau régional de l’Afrique de l’Ouest, lui aussi nommé par Jean, a été limogé le 11 décembre « à la suite d’une procédure disciplinaire ».

Des députés veulent une enquête sur la gestion des biens publics
sous Abdel Aziz

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Des députés de l'opposition ont déposé une demande de création d'une commission d'enquête sur la gestion des biens publics sous la présidence d'Abdel Aziz (image d'illustration)
© STR / AFP

Des parlementaires de l’opposition mauritanienne réclament la mise en place d’une commission d’enquête sur la gestion des biens publics par le régime de l’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz, de 2009 à 2019. La demande de création de cette commission porte la signature de tous les députés de l’opposition représentée au Parlement.

Les porteurs du projet ont organisé une conférence de presse jeudi au siège du Rassemblement des Forces démocratiques d’Ahmed Ould Dadah pour expliquer le bien-fondé de leur démarche.

Les parlementaires visent notamment, dans leur projet de commission d’enquête, la gestion par l’ancien régime des marchés publics, des ports, aéroports, mais aussi celle du trésor public. Idem pour des grosses entreprises, dont la société minière, la Snim.

Faire la lumière sur ces secteurs, pour situer les responsabilités et en tirer les conséquences, relève du domaine des priorités, selon Kadiata Malick députée de l’Union des forces de progrès.

« Nous avons estimé qu’il y avait une nécessité d’instituer une commission d’enquête parlementaire sur un certain nombre de domaines dans la gestion passée et nous pensons qu’il est de notre devoir de demander à ce qu’il y ait une enquête. Demande qui a été déposée au niveau du bureau de l’Assemblée et n’a pas encore connu de suite. »

Pour Mohamed Lemine Sidi Maouloud, un autre parlementaire, la démarche requiert même l’engagement des députés de la majorité. « Notre action doit aboutir. Nous n’accepterons aucune entrave. Nous agissons pour l’intérêt général. La lumière doit être faite sur la gestion de tous les dossiers. »

Interrogé sur le sujet, l’ancien président mauritanien a ironisé, citant un adage populaire selon lequel c'est celui qui engage une action qui en sera finalement la victime.

 

Burkina: interrogations autour du massacre des femmes d'Aribinda

Un militaire de l'armée burkinabè en plein exercice.
© ISSOUF SANOGO / AFP

L’attaque terroriste qui a visé l’armée burkinabè et les populations à Aribinda dans le nord du pays ne laisse pas d'interroger. Qu'est-ce qui a poussé les jihadistes à s’en prendre aux femmes ?

Le porte-parole du gouvernement burkinabè donne une première information : c’est dans leur fuite que les jihadistes ont tué les populations civiles. Selon les témoignages, la majorité des femmes étaient chez elles. D’autres victimes étaient allées s’approvisionner en eau potable. Quant aux hommes, souligne notre source, ils avaient trouvé refuge au niveau de certaines collines : « Certains hommes laissent les femmes, car les jihadistes ne s’en prennent pas généralement à elles. »

Tentative d’enlèvement ou représailles ?

Mais pour le chercheur Mahamoudou Sawadogo, spécialiste des questions de sécurité au Burkina, l’une des hypothèses serait l’échec d’un enlèvement. « Depuis longtemps, les populations d’Arbinda résistent aux attaques. Donc pour les faire fléchir, les terroristes pourraient décider de faire des otages », explique le chercheur.

L’autre hypothèse soulevée par l’analyste Siaka Coulibaly, c’est la punition : « Cela ressemble plus à des représailles. » Selon le chercheur, pendant longtemps, certains groupes terroristes ont soupçonné les populations, notamment les femmes, de collaborer avec les forces de sécurité en leur fournissant des renseignements. « Face à la riposte des soldats burkinabè, les jihadistes pourraient s’en prendre aux femmes dans leur repli », souligne-t-il.

« Lien avec la campagne militaire franco-africaine »

Pour Baba Dakono, chercheur à l'Institut d'études de sécurité (ISS) à Bamako, cette attaque contre les femmes peut se comprendre d'abord « par le fait que ce sont les composantes de la société les plus vulnérables ». Ensuite, « tout cela ne doit pas occulter notamment dans la recherche de solutions, qu’en plus des femmes victimes qu’on observe, il peut y avoir également des femmes actrices de cette insécurité, pas des actrices comme des combattants, mais des actrices souvent invisibles qui ont un rôle de soutien, de renseignement. »

Enfin, pour l'expert malien, on peut facilement « mettre en lien cette attaque avec l’activisme, la campagne militaire franco-africaine qu’on observe au cours de ces dernières semaines. On sait qu’il y a eu plusieurs opérations de l’armée burkinabè, mais également des armées partenaires, au premier plan la France ».

C’est la première fois qu’un nombre si important de femmes (31) trouve la mort au cours d’une attaque terroriste au Burkina Faso.

Trafic d’armes, orpaillage, braconnage…
Cartographie du financement des groupes armés

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Des armes à proximité d'un véhicule jihadiste détruit, en Diabaly et Tombouctou, au Mali, en 2013 (illustration).

Alors que les États peinent souvent à lever l’impôt, les groupes armés, des jihadistes qui sévissent au Sahel aux multiples factions qui s’affrontent dans l’Est de la RDC semblent, eux, n’avoir aucune peine à se financer.

Dans le Sahel, comme en Centrafrique ou dans l’est de la RD Congo, les groupes armés paraissent avoir moins de difficultés à trouver des sources de financement que les États qui tentent de les combattre…

De l’exploitation illégale des minerais au trafic de drogues en tous genres en passant par le vol de bétail et le prélèvement de taxes, ces organisations se nourrissent des économies locales. En se posant en bénéficiaires, en intermédiaires ou en régulateurs des activités illicites, elles trouvent les ressources nécessaires pour assurer leur subsistance.

Ainsi, selon l’Institut d’études de sécurité (ISS), les groupes extrémistes violents, les groupes armés signataires de l’Accord de paix d’Alger et des groupes d’autodéfense qui se côtoient dans le Liptako-Gourma (Mali, Niger et Burkina) sont tous directement ou indirectement impliqués dans des activités illicites.

carte armes