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[Tribune] La mondialisation est-elle vraiment allée trop loin ?

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Professeur à l'Université de Georgetown, ex-économiste en chef, région Afrique à la Banque mondiale

La mondialisation est décriée, accusée de favoriser les inégalités sans profiter aux pays en développement. Mais des exemples pris sur le continent africain montrent que c'est en fait un manque d'ouverture qui est à blâmer.

Pour les pays en développement dans leur ensemble, la mondialisation – le processus de réduction des obstacles au commerce et d’intégration à l’économie mondiale – a été extrêmement bénéfique. Après la libéralisation du commerce, le taux de croissance du PIB est ressorti plus élevé de 2 points de pourcentage environ.

Quant aux taux d’investissement par rapport au PIB, ils ont augmenté de 10 points de pourcentage environ, et ce sur une longue période. De plus, on ne peut pas constater une relation systématique entre la libéralisation du commerce et les inégalités. Si, dans certains pays qui se globalisent, les inégalités ont augmenté, dans d’autres, elles ont plutôt diminué.

Pourtant, la mondialisation suscite de nombreuses critiques, notamment de la part d’ONG et d’universitaires. Pourquoi ? Sans doute parce que derrière les taux de croissance moyens se cachent en réalité de grandes disparités selon les pays. Certes, en Asie, la plupart des pays ont vu leur taux de croissance augmenter après la libéralisation (Inde, Chine, mais aussi Bangladesh, Sri Lanka et Philippines). En Afrique, en revanche, à l’exception du Ghana, la libéralisation des échanges s’est accompagnée, dans de nombreux pays, d’une baisse des taux de croissance moyens.

Est-ce à dire, si l’on en croit ces critiques, que la mondialisation serait allée trop loin ? À mon sens, elles suggèrent le contraire, à savoir que celle-ci n’a pas été menée suffisamment loin.

Des monopoles nationaux aux connexions politiques

De fait, la libéralisation des échanges n’a pas seulement permis des gains d’efficacité résultant de la suppression d’un ensemble de distorsions tarifaires dans l’économie. En effet, les restrictions commerciales ont eu des effets négatifs allant bien au-delà d’une simple distorsion d’une économie concurrentielle.

Dans de nombreux cas, elles ont créé des monopoles nationaux qui ont pu exercer leur pouvoir à l’abri d’un protectionnisme commercial. Certains de ces monopoles avaient également des connexions politiques, ce qui peut expliquer la résistance à la libéralisation des échanges dans de nombreux pays.

Alors que la Tunisie a entrepris d’importantes réformes commerciales dans les années 1990, la croissance de ses exportations est restée anémique

D’ailleurs, lorsque ces monopoles sont pris en compte dans un modèle d’équilibre général calculable (MEGC), les effets bénéfiques de la libéralisation des échanges deviennent bien plus importants. La raison en est que la libéralisation des échanges soumet ces monopoles à la concurrence étrangère, brise leur pouvoir monopolistique, fait davantage baisser les prix domestiques (ce qui les rend moins chers pour ceux qui achètent ces biens) et permet la mise en œuvre d’économies d’échelle.

Pouvoir monopolistique

Reste que la libéralisation des échanges s’est cantonnée à réduire le pouvoir monopolistique dans les secteurs dits des biens échangeables tels que l’industrie manufacturière et l’agriculture. Elle n’a en rien contribué à éliminer les monopoles dans ceux des biens non échangeables, tels que les services financiers, les transports et la distribution. À ce jour, le secteur des services est resté largement en dehors des réformes.

Pourtant, la finance, les transports, la distribution et les services aux entreprises constituent des intrants nécessaires à la production de biens exportés. Ils représentent environ 30 % à 40 % de la valeur ajoutée à l’exportation. Si ces services non échangeables demeurent monopolisés, il reste donc difficile pour le secteur des biens échangeables de se développer dans le cadre de la libéralisation des échanges.

Allons au-delà de la théorie au travers d’exemples concrets. Alors que la Tunisie a entrepris d’importantes réformes commerciales dans les années 1990, la croissance de ses exportations est restée anémique. Un résultat surprenant compte tenu de la proximité de la Tunisie avec l’Europe, d’infrastructures relativement bonnes et d’une population instruite. Or, à cette même période, la famille du président de l’époque, Ben Ali, avait des intérêts dans certaines entreprises, lesquelles œuvraient dans des secteurs à la fois protégés de la concurrence domestique et étrangère. En l’occurrence, les télécommunications, les transports et les banques.

Ainsi, les prix de ces services étaient artificiellement élevés (la Tunisie avait le troisième prix des télécommunications le plus élevé au monde). Dans la mesure où ces services sont nécessaires pour exporter, les ventes tunisiennes à l’étranger n’étaient pas compétitives sur les marchés mondiaux. Le pouvoir monopolistique de ces entreprises se reflète d’ailleurs dans la répartition des bénéfices : les « entreprises Ben Ali », par rapport au reste de l’économie, représentaient 0,8 % de l’emploi, 3 % de la production et 21 % des bénéfices.

Manque d’infrastructures

Deuxième exemple : le manque d’infrastructures en Afrique empêche le continent de tirer parti des avantages de la libéralisation du commerce. Mais une étude des principaux corridors de transport routier en Afrique révèle que les coûts d’exploitation des véhicules sur quatre corridors ne sont pas plus élevés qu’en France.

Le problème de la mondialisation est qu’elle ne soit pas allée assez loin

Le prix du transport, en revanche, est plus élevé – et même le plus élevé au monde. La différence entre les prix de transport et les coûts d’exploitation des véhicules est la marge bénéficiaire revenant aux entreprises de transport routier. Ces marges sont de l’ordre de 100 %. Comment est-ce possible ?

Sans doute parce que dans presque tous les pays africains la réglementation en vigueur interdit tout nouvel entrant dans l’industrie du transport routier. Ces réglementations ont été introduites il y a un demi-siècle, alors que le secteur était considéré comme un monopole naturel.

Aujourd’hui, celles-ci n’ont plus de raison d’être, même s’il subsiste dans tous les pays d’énormes monopoles dans ce secteur exerçant des pressions contre la dérégulation. Sans compter que des membres de la famille dirigeante sont propriétaires de ces entreprises, ce qui n’aide en rien. Les prix élevés des transports en Afrique sont dus aux monopoles existant dans le secteur (non échangeable), qui empêchent le continent de tirer parti de la libéralisation des échanges.

En résumé, la promesse de la libéralisation des échanges n’a pas été pleinement concrétisée en raison du fait que seuls les secteurs des biens échangeables ont été soumis à la concurrence internationale. Si cette compétition peut s’étendre aux secteurs non échangeables, nous assisterons à une concurrence accrue dans ces secteurs et à des gains plus importants de la libéralisation des échanges. Le problème de la mondialisation n’est donc pas qu’elle soit allée trop loin mais que, a contrario, elle ne soit pas allée assez loin.

Cet article a été initialement publié en anglais par Brookings Institution, et adapté pour Jeune Afrique par Marjorie Cessac.

Burkina Faso: au moins 15 tués dans l'attaque de la mosquée de Salmossi

Plusieurs hommes armés font irruption dans la Grande mosquée de Salmossi à l’heure de la prière du soir.
© RFI

Au Burkina Faso, attaque contre une mosquée dans la commune de Markoye dans la région du Sahel. Vendredi 11 octobre, des hommes armés ont tiré sur des fidèles musulmans à l’heure de la prière du soir. Au moins quinze personnesont été tuées et quatre autres blessées, selon des sources sécuritaires. Une autre mosquée, dans la commune de Mansila, toujours dans la région du Sahel a également été visée par une attaque.

C’est à Salmossi que l’attaque a eu lieu. Plusieurs hommes armés font irruption dans la Grande mosquée du village à l’heure de la prière du soir. Ils tirent sur les fidèles musulmans qui s’y trouvent. Plusieurs personnes tombent.

Selon un bilan fourni par des sources sécuritaires, cette attaque a fait une quinzaine de morts et plusieurs blessés. Les assaillants seraient restés longtemps dans le village après l’attaque.

Selon nos sources, les assaillants sont arrivés sur une cinquantaine de motocyclettes. Ils étaient habillés tenue sable désert et vert bariolé. Leur présence autour de la mosquée de Salmossi avait été signalée au moins une heure et demie avant l’attaque.

Informés les éléments du détachement militaire de Markoye qui venaient à la rescousse sont tombés dans une embuscade.

Dans la même soirée du vendredi, une autre mosquée, celle de la communauté Tidiania de Mansila a fait l’objet également d’une attaque par des hommes armés. Aucun bilan n’est pour le moment disponible.

Après la mosquée, les assaillants ont fait une descente au domicile du chef religieux de cette communauté musulmane où ils ont incendié du matériel, selon nos sources.

Côte d’Ivoire : Bouygues et le gouvernement s’entendent enfin
sur le financement du métro d’Abidjan

| Par - à Abidjan

Deux ans après qu'Alassane Ouattara et Emmanuel Macron ont officiellement lancé les travaux de la ligne 1 du métro d'Abidjan, en 2017, le gouvernement ivoirien et Bouygues, tête de pont du consortium à l'œuvre sur ce chantier structurant, ont enfin signé un accord définitif sur le financement de ce chantier qui doit permettre de désengorger la capitale économique ivoirienne.

Plus de deux ans après le lancement officiel des travaux, inaugurés en grandes pompes par le président ivoirien Alassane Ouattara et son homologue français Emmanuel Macron, en 2017, les travaux du métro urbain d’Abidjan vont, enfin, entrer dans leur phase active. Annoncé en 2017, puis en 2019, la mise en service effective de cette infrastructure clé dans le désengorgement de la capitale économique ivoirienne est désormais prévue en 2022. Mais cette fois, le gouvernement ivoirien assure que les délais seront tenus.

Longtemps bloquées par la question de l’augmentation des coûts, les négociations menées entre l’exécutif et le groupe français Bouygues, tête de pont du consortium, ont finalement abouti à la signature d’un protocole d’accord entre les deux parties, ce mardi 8 octobre, portant sur le démarrage des travaux. La future ligne 1 du métro d’Abidjan, longue de 37 kilomètres, reliera la commune d’Anyama au nord à Port-Bouët dans le sud d’Abidjan en 50 minutes, s’arrêtant à 20 stations.

893,84 milliards F CFA

Amadou Gon Coulibaly, le Premier ministre, Amadou Koné, le ministre des Transports, et Moussa Sanogo, ministre du Budget et du portefeuille de l’État ont signé apposé leurs signatures à côté de celles d’Alain Deschamps, président de la société d’ingénierie Ade Transport, et de Philippe Amequin, président de Bouygues Constructions.

L’investissement, estimé à environ 893,84 milliards FCFA, soit 1,36 milliard d’euros, sera financé intégralement par la France. « Le chantier est d’une grande complexité. Le premier tronçon de 37 kilomètres traverse toute la ville, alors qu’aucune infrastructure n’y existe pour le moment, excepté la ligne de chemin de fer de Sitarail », a précisé à Jeune Afrique, sous couvert d’anonymat, l’un des ingénieurs qui travaillent sur le projet.

Les conditions de Macron

« Le projet a pris quelques retards, parce qu’il y a eu plusieurs ajustements en raison des difficultés techniques sur le terrain. Nous escomptons le démarrage effectif l’an prochain, pour des travaux qui s’étaleront sur quatre ans », a expliqué Sidi Touré, le ministre de la Communication et des médias, porte-parole du gouvernement. Les capacités de transport ont ainsi été revues à la hausse. Initialement prévu pour transporter environ 500 000 personnes par jour, le métro pourra finalement prendre en charge 530 000 Abidjanais.

C’est l’effort le plus important que la France ait jamais réuni au démarrage d’un projet de transport urbain à l’étranger

En juillet dernier, à son retour de Paris, Alassane Ouattara avait insisté en conseil des ministres sur la nécessité d’avancer sur ce projet. Selon une source proche du président ivoirien, l’une des conditions posées par Emmanuel Macron avant d’effectuer une prochaine visite officielle en Côte d’Ivoire étaient la conclusion du chapitre du métro urbain.

Lors de l’inauguration du lancement des travaux, il y a deux ans, le président français avait d’ailleurs tenu à souligner l’importance de l’engagement de son pays sur ce projet : « La France vous a proposé une offre financière sans précédent. Avec 1,4 milliard d’euros, c’est l’effort le plus important que la France ait jamais réuni au démarrage d’un projet de transport urbain à l’étranger », avait-t-il alors déclaré.

Burkina Faso : Ouagadougou accueille la première biennale de la sculpture du continent

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Créée à l'initiative du photographe burkinabè Léon Nyaba Ouedraogo et du responsable des ventes d'art contemporain de la maison Piasa, Christophe Person, la première édition de la Biennale internationale de sculpture de Ouagadougou (BISO) a lieu jusqu'au 15 novembre.

Un peu plus de deux semaines après la naissance de la Biennale d’art contemporain de Rabat (Maroc), le continent est fier de vous annoncer la naissance de la première Biennale internationale de sculpture de Ouagadougou (BISO), au Burkina-Faso. Ouverte par le ministre de la Culture Abdoul Karim Sango le 8 octobre au sein de l’Institut français, elle fermera ses portes le 15 novembre prochain.

Si le président d’honneur de cette première édition est le sculpteur burkinabé Siriki Ky, maître du bois, du métal et du bronze, les deux hommes à l’origine de cette initiative sont le photographe burkinabé Nyaba Léon Ouedraogo et le responsable des ventes d’art contemporain africain au sein de la maison Piasa, le Français Christophe Person.

Amitié

Tout a donc commencé avec la naissance d’une amitié, il y a un peu plus de deux ans. « Cela a été un processus assez long, se souvient Léon Nyaba Ouedraogo. Nous avons longuement discuté, avec Christophe, autour de l’idée de “faire quelque chose” en Afrique. Il y avait déjà la biennale de Dakar, bien entendu, les Rencontres de la photo de Bamako, et puis nous nous sommes dit “Pourquoi pas la sculpture ?” ».

Pour l’un comme pour l’autre, il s’agissait de sortir de sa zone de confort et de s’attaquer à un média qui, s’il a une longue tradition en Afrique, reste compliqué à exposer (fragilité des œuvres, coûts de transport, etc.).

Leur idée bien arrêtée, Ouedraogo et Person ont mobilisé leurs réseaux amicaux et professionnels et obtenu très vite des soutiens de poids. « En Martinique, lors du vernissage d’une exposition organisé par la Fondation Clément avec la fondation Dapper, j’ai discuté avec Barthélémy Toguo et Soly Cissé et tous deux m’ont dit : “Frère, je viens !” » .

L’art des autres nous permet d’envoyer au monde un message qui dit : voilà qui nous sommes

De fait, le plasticien camerounais et le peintre sénégalais sont aujourd’hui membres du jury de la biennale, aux côtés de l’artiste malien Abdoulaye Konaté, du galeriste Félix Frachon et de la collectionneuse Gervanne Leridon.

Un projet politique et sociétal

Comme ces artistes de renommée internationale qui parrainent la jeune biennale, Nyaba Leon Ouedraogo entend faire œuvre de transmission : « Aujourd’hui, je peux utiliser mon nom pour lancer des projets, déclare-t-il. L’art des autres me nourrit, nous nourrit et nous permet d’envoyer au monde un message qui dit  : “voilà qui nous sommes” . Il faut abandonner les vieilles cassettes et le refrain qui dit que “c’est la faute de l’Europe”, que “l’Afrique doit se prendre en main”. BISO, c’est un projet politique et sociétal. »

On peut aujourd’hui dire que les choses sont en train de se faire en Afrique, à Ségou, à Ouagadougou, à Kinshasa

Barthélémy Toguo, lui-même à l’origine du centre d’art Bandjoun Station, au Cameroun, dresse le même constat : « La création est belle et elle est là. On peut aujourd’hui dire que les choses sont en train de se faire en Afrique, à Ségou, à Ouagadougou, à Kinshasa. Il y a des révélations dans cette biennale et il était important pour nous, Cissé, Konaté et moi, d’être présents pour faire le lien avec la jeunesse et de l’encourager à monter des projets. »

Comme d’autres, Léon Nyaba Ouedraogo rappelle que « Bisso », qui fait écho à l’acronyme BISO désignant la biennale, signifie en lingala « Entre nous ».

130 000 euros de budget

Pour une première édition montée en deux ans avec « les moyens du bord », l’événement a reçu le soutien du Ministère de la culture burkinabè, de l’Union européenne, de l’Institut français, de l’association Solidarité laïque, d’African Artist for Dévelopment, d’Oryx, ou encore de BZZ. Nyaba Leon Ouedraogo évalue à environ 130 000 euros son budget final, inférieur à la somme que Christophe Person et lui espéraient récolter (280 000 euros), mais tous deux évoquent déjà de la seconde édition, dont le parrain sera le sculpteur congolais Freddy Tsimba, « papa machette » pour les Kinois.

Chacun espère que, d’ici là, la situation sécuritaire du pays se sera améliorée. Pour l’heure, malgré l’existence d’un « off » dans quelques espaces de la ville, l’exposition internationale a trouvé refuge dans les locaux de l’Institut français, l’un des rares espaces offrant à la fois les conditions de sécurité et les infrastructures nécessaires pour un tel événement.

17 artistes sélectionnés

C’est donc dans la vaste pièce circulaire de l’Institut qu’ont été installées les œuvres des 17 artistes sélectionnés pour cette édition. Sans rigidité excessive, Christophe Person et Léon Nyaba Ouedraogo se sont appliqués à chercher des équilibres en invitant des hommes et des femmes, des francophones et des anglophones, des Africains du Nord, des Subsahariens et des artistes de la diaspora.

Le résultat ? 17 propositions qui se répondent et illustrent des tendances de la création africaine.

Contestataire, critique, analytique, sensuelle, la sculpture qui se crée en Afrique a beaucoup à dire

Plusieurs artistes s’interrogent ainsi sur l’avenir de notre planète : le Burkinabè Issouf Diero crée des sculptures monumentales à partir de pneus et de chambres à air récupérés dans la rue, l’Ougandais Donald Wasswa crée une installation envahissante à partir de déchets récoltés, eux aussi, dans la rue, tandis que la Franco-Camerounaise Beya Gille nous montre un enfant au corps couvert de perles bleues protégeant de son corps une jeune plante.

Motifs ancestraux

D’autres s’interrogent sur la tradition même de la sculpture en Afrique en retravaillant et questionnant des motifs ancestraux – statuettes, masques, reliquaires – souvent détournés de leur fonction première lors de la colonisation. Soudeur autodidacte, le Burkinabé Issiaka Savadogo introduit des rouages mécaniques dans des sculptures d’inspiration classique quand le Belgo-Malien Thiemoko Diarra répare et soigne à sa manière des statuettes conçues pour des touristes blancs mais blessées dans le transport et rendues invendables.

Enfin, Dimitri Fagbohoun, né au Bénin, propose une vaste installation interrogeant les rapports entre l’art dit « africain » et les maîtres occidentaux. En faisant réaliser par des bronziers burkinabè une figure rappelant à la fois La muse de Constantin Brancusi et Noire et blanche de Man Ray, il rend à César ce qui appartient à César puisque ces deux artistes s’inspirèrent de créations africaines.

Contestataire, critique, analytique, sensuelle, la sculpture qui se crée en Afrique a beaucoup à dire, parfois même trop tant le poids du monde est parfois lourd à porter. Mais avec BISO, elle dispose désormais d’une plateforme d’où elle pourra faire entendre sa parole et ses coups de gueule.

Franc CFA : les conseils de Kako Nubukpo au CPA d’Emmanuel Macron

| Par Jeune Afrique

Le Conseil présidentiel pour l'Afrique (CPA) du président français Emmanuel Macron va organiser une série de débats afin de recueillir des propositions de réforme du franc CFA.

Le 27 septembre, le Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA), créé en 2017 par Emmanuel Macron, a auditionné à huis clos l’économiste togolais Kako Nubukpo, grand pourfendeur du franc CFA, dans les locaux de l’Agence française de développement (AFD), à Paris.

Participation de Lionel Zinsou

Le coordonnateur du CPA, le Béninois Wilfrid Lauriano do Rego, nommé en juillet, ainsi que son équipe souhaitent organiser une série de conférences-débats sur l’avenir de cette monnaie. Objectif : recueillir des propositions de réforme.

Le premier rendez-vous se tiendra à Sciences-Po Paris le 14 octobre, avec la participation de Lionel Zinsou, l’ancien Premier ministre béninois, et de Kako Nubukpo. Lauriano do Rego envisage de délocaliser par la suite ce débat dans plusieurs pays du continent.