Actualités

Côte d'Ivoire: les femmes à l'honneur
pour le clap de fin du Festival du rire

Nastou (D) a fondé Action Cancer Afrique et CléClé (G) milite pour la lutte contre le Sida, Festival du rire d'Abidjan, décembre 2018.
© RFI/sébastien Nemeth

Le rideau est tombé samedi soir sur le festival «Abidjan capitale du rire». Depuis jeudi, des dizaines de comédiens se sont relayés sur les scènes de l'Institut français et du Palais de la Culture, dans la capitale économique ivoirienne. Des comédiens, mais aussi des comédiennes avec, en tête d'affiche, les célèbres Nastou et CléClé. Des actrices engagées pour la santé des femmes.

avec notre envoyé spécial, Sébastien Jédor

Elles sont devenues célèbres avec les séries Ma Famille ou Allo ma copine... ont joué les maîtresses et épouses de la star Michel Gohou. Autant dire que Nastou et CléClé connaissent presque intimement les problèmes des femmes et les discriminations dont elles sont victimes.

Clémentine Papouet, alias CléClé, s'engage dans la lutte contre le SIDA. Elle a fait un long-métrage sur le sujet et organise des projections publiques. Nastou Traoré, elle, a fondé Action Cancer Afrique. Elle milite pour le dépistage du cancer du col de l'utérus. Toutes deux se servent de leur image pour soutenir les causes qui leur tiennent à coeur.

Le public nous a donné son amour, nous lui devons bien ça, concluent-elles en choeur.

À LIRE AUSS

Dix-neuf religieux catholiques
déclarés bienheureux en Algérie

La sépulcture de Christian de Chergé, l'un des sept moines de Tibéhirine, au monastère Notre-Dame de l'Atlas près de Médéa en Algérie.
© AFP PHOTO / Fayez NURELDINE

La ville d’Oran, en Algérie, a accueilli une première dans un pays musulman ce samedi 8 décembre, dans la chapelle Notre-Dame de Santa-Cruz, dans la grande ville de l'ouest du pays: une cérémonie de béatification de dix-neuf religieux catholiques s'est ouverte à la mi-journée. Ces religieux ont tous été assassinés dans les années 1990, durant la «décennie noire algérienne». Parmi eux, figurent les sept moines du monastère de Tibéhirine ainsi que Mgr Pierre Claverie, évêque d’Oran.

Que « Mgr Pierre Claverie […] et ses 18 compagnons, fidèles messagers de l’Evangile, humbles artisans de paix […] soient dès maintenant appelés bienheureux », a déclaré le cardinal Angelo Becciu, envoyé spécial du Pape, en donnant lecture du décret de béatification en latin.

Cette cérémonie se voulait une cérémonie de partage entre chrétiens et musulmans, un mot d’ordre qui avait été répété, vendredi soir, lors la veillée, par les proches des religieux décédés mais aussi par les responsables de l’Eglise d’Algérie.

D’abord parce que les années 1990, ce sont 19 religieux tués mais surtout plus de 200 000 morts, principalement des civils. C’est finalement l’engagement de ces religieux à rester en Algérie, avec les Algériens, malgré les menaces que cette cérémonie veut rappeler. C’est aussi le sens du message du ministre algérien des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, présent ce samedi, dans l’église de Santa Cruz.

La mosquée d’Oran, ce samedi matin, s'est également associée à la célébration. Dans le public, des religieux qui étaient présents à Tibéhirine le soir de l’enlèvement des moines et les familles de ceux qui sont décédés, des membres de l’église, des officiels algériens, une délégation du Vatican ainsi que le secrétaire d’Etat français aux Affaires étrangères. Et aussi et surtout beaucoup d’Algériens.

La cérémonie de béatification, retransmise en direct, se tenait dans l’église de Santa Cruz, en extérieur, sur une colline qui surplombe la ville d’Oran. Quelque 1200 personnes y assistaient.

 

Lire la suite

 

Ci-dessous le lien pour ceux qui ont une bonne connexion internet et pourraient regarder la video    http://www.ktotv.com/video/00253986/messe-de-beatification-des-martyrs-d-algerie

 

Oran

 

Rapport Onusida 2018 : plus de personnes atteintes
mais moins de morts

| Par - à Abidjan

Selon le rapport mondial du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (Onusida), rendu public jeudi 22 novembre à Abidjan, le nombre de personnes vivant avec le VIH est passé de 36,3 millions en 2016 à 36,9 millions en 2017, tandis que le nombre de décès a été réduit de 990 000 à 940 000.

Le nouveau rapport de l’Onusida pointe globalement des avancées, en dépit de la légère hausse du nombre de personnes vivant avec le Virus de l’immunodéficience humaine (VIH) – 36,9 millions, dont 35,1 millions d’adultes et 1,8 million d’enfants de moins de 15 ans. Cette augmentation est liée principalement à de nouvelles infections, estimées à 1,8 million de nouveaux cas (à titre de comparaison, ils étaient 1,9 million en 2016 et 2,8 millions en 2000). Parmi les patients infectés, 21,7 millions ont eu accès à la thérapie antirétrovirale en 2017, soit 2,3 millions de plus depuis 2016.


>>> À LIRE – Sida en Afrique : les hommes, premières victimes du virus


Grâce aux dépistages, 75 % des malades savaient qu’ils vivaient avec le VIH en 2017 – ce qui fait tout de même 9,4 millions qui n’en étaient pas conscients. C’est ce qui explique en partie le nombre encore élevé de décès liés au sida, à savoir 940 000 personnes (contre 990 000 en 2016 et 1,5 million en 2000). Depuis le début de l’épidémie, 35,4 millions de décès ont été enregistrés des suites de maladies liées au sida, pour un total de 77,3 millions d’individus infectés, soit une mortalité d’environ 50%.

L’importance de la thérapie antirétrovirale

Le rapport, intitulé « Savoir, c’est pouvoir », a été présenté par Michel Sidibé, directeur exécutif de l’Onusida, en présence d’Eugène Aka Aouélé, le ministre ivoirien de la Santé et de l’hygiène publique. Selon le texte, « bien que le nombre de personnes vivant avec le VIH dont la charge virale est supprimée, eut augmenté d’environ 10 points de pourcentage ces trois dernières années, pour atteindre 47 % en 2017, 19,4 millions de personnes vivant avec le VIH ne bénéficient toujours pas de traitement ».

Le document insiste sur le fait que la charge virale de la personne infectée « doit être ramenée à des niveaux indétectables ou très faibles, grâce à une thérapie antirétrovirale permanente. En outre, pour surveiller efficacement la charge virale, les personnes vivant avec le VIH doivent avoir accès à un dépistage de la charge virale tous les douze mois », ce qui n’est pas encore le cas, dans de nombreux pays du monde, particulièrement en Afrique, continent qui concentre le plus grand nombre de personnes infectées (25,7 millions).

Les dépistages du VIH et la charge virale doivent être accessibles à toutes les personnes vivant avec le VIH, sans exception

« La surveillance de la charge virale doit être tout autant disponible à Lilongwe qu’à Londres, a ajouté M. Sidibé. Les dépistages du VIH et la charge virale doivent être également accessibles à toutes les personnes vivant avec le VIH, sans exception », a plaidé le responsable onusien.

Objectif : fin de l’épidémie en 2030

Le dépistage précoce reste la meilleure possibilité de contrôler la propagation du virus, étant donné que celui-ci permet de faire bénéficier à la personne infectée d’un traitement antirétroviral. L’Onusida mise donc, au cours des prochaines années, sur l’importance d’une approche dite des « 5 C », à savoir consentement, confidentialité, conseil, conformité des résultats du dépistage et connexion à la prévention, aux soins et au traitement.


>>> À LIRE – Prévention du Sida : un dépistage encore trop tardif


Aussi, Michel Sidibé conseille-t-il « des approches innovantes telles que l’auto-dépistage, qui peut donner aux personnes le sentiment que leur vie privée est respectée », notamment pour les populations clés que sont les homosexuels, les transgenres, les travailleurs du sexe, les consommateurs de drogues, les détenus dans les prisons et dans d’autres lieux fermés, ainsi que les migrants.

L’Onusida espère ainsi, en collaboration avec ses partenaires dont la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), concrétiser sa vision « Zéro nouvelle infection à VIH, zéro discrimination, zéro décès lié au sida », avec pour objectif de mettre un terme à l’épidémie à l’horizon 2030.

Le futur partenariat de l’Union européenne avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (Think Tank)

L’accord de partenariat entre l’Union européenne et les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) expire en 2020. Le principal défi pour l’Union européenne est de maintenir ses relations dans la région, tout en restant fidèle aux valeurs promues dans les Traités européens. La renégociation de cet « Accord de Cotonou » offre l’opportunité de rationaliser les relations entre les pays ACP et l’Union, en tenant compte des objectifs de développement durable des Nations unies, des nouvelles stratégies européennes dans les régions concernées, des nouvelles ambitions des pays ACP et de l’évolution de l’équilibre des pouvoirs au niveau mondial. La question du financement est également sur la table.

Favoriser la prospérité, la stabilité et la démocratie chez les partenaires de l’UE permettrait, selon les services de l’UE, de mieux faire face aux causes profondes de la migration irrégulière et des déplacements forcés.

Le groupe ACP a adopté son mandat de négociation en mai 2018. L’Union européenne a adopté le sien en juin 2018 et propose un accord-cadre complété par des partenariats spécifiques avec les trois sous-régions. Les négociations ont débuté en septembre 2018. Seconde édition. Les Briefings ‘Accords internationaux en marche’ sont actualisés à des étapes clés de la procédure de ratification. Pour voir les versions précédentes de ce briefing, voir PE 625.111, juillet 2018.

Briefing: Le futur partenariat de l’UE avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (« post – Cotonou ») pdf (12 pages)

Source : Accords internationaux en marche: Le futur partenariat de l’Union européenne avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique – Think Tank, 15/11/18

Didier Drogba, légende vivante du foot africain, officiellement retraité

media L'Ivoirien Didier Drogba, lors de la victoire de Chelsea,
en finale de la Ligue des champions 2012.
ADRIAN DENNIS / AFP

A 40 ans, Didier Drogba a disputé le 9 novembre 2018 à Louisville aux Etats-Unis, en finale de l’USL Cup, une compétition nord-américaine l’ultime match de sa carrière professionnelle de footballeur. L’attaquant a tiré dans la nuit du 21 au 22 novembre sa révérence sur son compte Twitter après deux décennies marquées notamment par ses glorieuses années à Chelsea (Angleterre) et ses exploits en équipe de Côte d’Ivoire.

C’est l’un des meilleurs footballeurs africains de l’histoire et sans doute l’un des quatre ou cinq meilleurs attaquants qu’ait vu naître le continent. Didier Yves Drogba Tébily a vécu, à 40 ans, 7 mois et 26 jours, le dernier match de son immense carrière de footballeur. Une carrière qui l’a donc mené de petits clubs français, où il a pris son temps pour éclore durant les années 1980 et 1990, aux sommets des foots européen, africain et même mondial.

« C’était pas gagné »

En 2008, il y a dix ans, Didier Drogba publiait déjà une autobiographie avec le journaliste et par ailleurs consultant pour RFI, Hervé Penot, C’était pas gagné. Un titre évocateur du parcours tortueux pour le natif d’Abidjan, envoyé à l’âge de 5 ans chez un oncle footballeur en France.

Un pays où l’ex-gamin de Yopougon parfait lentement mais sûrement ses qualités… Dunkerque (1988-1989), Abbeville (1989-1990), Tourcoing (1990-1991), Vannes (1991-1993), Levallois (1993-1997) puis Le Mans (1997-1998) où il évolue ensuite en tant que pro, de 1998 à 2002. Le club manceau est réputé pour détecter et former des joueurs africains de talent.

Mais c’est à Guingamp, aux côtés du futur international français Florent Malouda, que Didier Drogba se révèle. Une saison 2002-2003 qui attise la convoitise de l’Olympique de Marseille (OM). L’OM, qui est alors encore le club le plus populaire de France, en fait vite sa star, durant l’exercice 2003-2004. A raison. En l’espace de quelques mois, l’avant-centre empile les buts spectaculaires, que ce soit en Championnat de France ou en coupes d’Europe.

Roi d’Angleterre

En Ligue des champions, il a notamment scoré face au FC Porto de José Mourinho. Celui qui est alors un tout jeune entraîneur est ce soir-là impressionné par le Marseillais. L’été qui suit, le Portugais insiste donc pour faire venir Didier Drogba dans son nouveau club, Chelsea. L’OM cède son joyau contre un chèque d’une trentaine de millions d’euros, à la grande colère du joueur et des supporters olympiens.

L’Ivoirien est tout d’abord assez peu épanoui en Angleterre. Ses premiers mois sont perturbés par des pépins physiques mais il trouve néanmoins régulièrement le chemin des filets. Surtout, son entente avec José Mourinho est exceptionnelle et leur collaboration est fructueuse. Didier Drogba se forge un palmarès avec deux championnats d’Angleterre (2005 et 2006) et d’autres titres.

Même lorsque Mourinho quitte Chelsea en pleine saison 2007-2008, l’intéressé ne se démonte pas et reste la valeur sûre des « Blues », que ce soit sous la direction de l’Israélien Avram Grant, du Brésilien Luiz Felipe Scolari, du Néerlandais Guus Hiddink, de l’Italien Carlo Ancelotti, du Portugais André Villas-Boas ou de l’Italien Roberto Di Matteo, durant les cinq années suivantes.

Roi d’Europe

Si Didier Drogba garnit sans cesse son armoire avec des trophées nationaux, en Europe, en revanche, il peine à parvenir au sommet. Exclu en finale de la Ligue des champions 2007-2008, il s’incline face à Manchester United. Lors de l’édition suivante, il pète les plombs après une demi-finale retour houleuse face au FC Barcelone, lâchant au sujet de l’arbitrage, devant une caméra : « Vous avez vu ça ? C’est une honte… C’est une putain de honte ! » Un écart de conduite qui lui vaut quatre matches de suspension.

C’est en 2012, alors que Chelsea et ses trois piliers – Didier Drogba, Frank Lampard et John Terry – semblent sur le déclin, que les « Blues » deviennent enfin champions d’Europe. Après un parcours plein de hargne, ils triomphent en finale du Bayern Munich, aux tirs au but, avec une égalisation de l’Ivoirien durant le temps réglementaire.

Un voyage d’Est en Ouest

Peu après ce sacre, Didier Drogba annonce à la stupeur générale qu’il quitte Chelsea après un peu moins d’une décennie pour aller en Chine, au Shanghaï Shenhua. Une expérience 2012-2013 peu stimulante. La superstar rebondit donc en Turquie et à Galatasaray, un championnat et un club plus compétitifs où les supporters en font une icône absolue.

Pourtant Drogba n’y reste que quelques mois. Il retrouve en effet José Mourinho et Chelsea pour une pige qui lui permet d’ajouter un quatrième Championnat d’Angleterre à son CV, ainsi qu’une troisième Coupe de la Ligue anglaise, auxquels il faut adjoindre les quatre Coupes d’Angleterre et deux Community Shields déjà glanés.

La suite ? Un séjour en Amérique du Nord. D’abord à l’Impact de Montréal, une équipe de la Major League Soccer, en 2015 et 2016. Puis une ultime expérience au Phoenix Rising FC, une plus modeste formation, en 2017 et 2018, dont il devient par ailleurs dirigeant.

Une légende en Afrique…

En club, Didier Drogba a donc brillé sur trois continents. Mais c’est surtout à travers l’Afrique, avec l’équipe nationale de Côte d’Ivoire que « Dai Zoko national » a sans doute vécu ses émotions les plus fortes. Il y a évidemment cette qualification historique pour la Coupe du monde 2006, en octobre 2005. Depuis Khartoum au Soudan, l’attaquant-vedette lance alors un vibrant appel à la paix dans son pays, ravagé par la guerre. « Déposez les armes. Organisez des élections », réclame-t-il.

Sa popularité s’accentue encore en 2006 lorsqu’il mène les « Eléphants » en finale d’une Coupe d’Afrique des nations pourtant remportée par le pays hôte, l’Egypte. Mais c’est aussi le début d’une terrible frustration à la CAN.

Après avoir manqué un tir au but face aux « Pharaons », Drogba va encore perdre la finale de la CAN 2012, face à la Zambie cette fois. Et il ne sera pas de celle remportée par ses ex-partenaires, en 2015 en Guinée équatoriale.

…et une superstar planétaire

Les trois phases finales de Coupe du monde qu’il dispute avec la sélection ivoirienne, en 2006, 2010 et 2014, se soldent par ailleurs par des éliminations rageantes dès le premier tour. Au Brésil, en 2014, Didier Drogba semble déjà nettement moins percutant qu’à ses plus belles heures. Mais son aura auprès du public brésilien, qui a pourtant vu passer des légendes comme Pelé, Garrincha, Socrates ou Ronaldo, est impressionnante. Elle témoigne de la place prise par l’Abidjanais dans la saga du sport-roi.