Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Au Tchad, la polémique enfle après les annonces autour du code électoral

Entrée principale de l'Assemblée nationale tchadienne, quartier Ardebe à Ndjamena, le 16 novembre 2018.
© © RFI/Aurélie Bazzara

Les modifications portent notamment sur le nombre de députés qui siégeront au prochain Parlement. Le Tchad a adopté depuis plus de dix ans un système de dialogue où majorité et opposition s’accordent sur les questions politiques avant de la transmettre au gouvernement. Or, sur le coup, l’opposition n’a pas été associée.

Dans un communiqué diffusé ce week-end, la composante opposition au sein du Cadre national de dialogue politique (CNDP) rejette l’adoption par le gouvernement d’un nouveau projet de code électoral. Ce n’est pas un travail issu du dialogue politique, dénonce le député Saleh Makki, un des signataires du communiqué : « L’opposition est vent debout parce que ce travail n’est pas un travail consensuel. C’est un texte du gouvernement, ça ne concerne que le gouvernement. Le CNDP est mis en place comme cadre du dialogue afin qu’il y ait consensus sur tous les sujets d’importance capitale. Or, le gouvernement est passé outre en prenant cette décision-là. »

Reproches au pouvoir

Ce que l’opposition reproche au pouvoir, c’est d’avoir diminué le nombre des députés de 188 à 161 alors que la population a augmenté entre temps. « Le député est le représentant du peuple, ajoute Saleh Makki. Nous connaissons la configuration de notre pays. Nous ne voulons pas de l’exclusion. La troisième législature est composée de 188 députés. Depuis lors, il y a eu augmentation de la population. Il est tout à fait normal qu’il y ait une augmentation du nombre de députés. »

Processus électoral ralenti

Selon nos sources, un travail interne au cadre de dialogue qui n’a pas été diffusé a préconisé un Parlement avec 197 députés. Les représentants de la majorité au sein du CNDP, contactés, n’ont pas souhaité s’exprimer alors que cet incident ralentira un peu plus le processus électoral qui a déjà pris un peu de retard.

Réseaux sociaux :
comment WhatsApp a permis d’espionner des dissidents africains

WhatsApp, une des applications les plus utilisées au monde. WhatsApp a déposé plainte contre NSO Group, société israélienne spécialisée dans les logiciels d'espionnage.
© REUTERS/Dado Ruvic/File Photo

Des dissidents africains ont été victimes d’un logiciel malveillant qui a infecté leurs téléphones portables via la messagerie cryptée WhatsApp, l’une des applications les plus utilisées au monde. C’est ce qui ressort d’une enquête faite par la société WhatsApp et Citizen Lab, une plateforme citoyenne et centre de recherches de l’université de Toronto.

Cette enquête, qui a poussé WhatsApp à déposer plainte contre une société israélienne, le groupe NSO, a permis d’établir que plus de mille personnes avaient été ciblées au printemps dernier grâce au logiciel malveillant Pegasus.

L’État rwandais en a-t-il profité ?

Il est encore trop tôt pour savoir combien d’Africains figurent parmi les 1 400 personnes dont les téléphones ont été infectés. Mais on sait d’ores et déjà que des Rwandais et Marocains de la diaspora figurent parmi eux.

C’est le cas du militant rwandais Placide Kayumba, qui est réfugié politique en Belgique. Cet opposant, qui se demandait pourquoi il recevait d’étranges appels de Scandinavie, a fini par comprendre qu'il n'était pas le seul à pouvoir utiliser son téléphone. « C’est troublant et choquant, dit-il. Cela a changé ma façon de communiquer car il y a des choses que je ne peux plus dire, on sait qu’on n’est pas seul. Quotidiennement, il faut couper court à certaines conversations privées, ne pas donner l’endroit où on doit se rencontrer par exemple. »

Devant cette intrusion, Placide Kayumba, un membre en exil des Forces démocratiques unifiées (FDU) - Inkingi, n'hésite pas à mettre en cause Kigali, comme si cette façon de faire ne le surprenait guère.

« C’est une autre vie, mais par rapport à ce que nous vivons en réalité, pour moi c’est faible comme prix à payer par rapport à ce que ce gouvernement fait aux autres activistes et opposants. » Six cadres des FDU-Inkingi ont été en effet victimes d'assassinat ou de disparition forcée depuis 2016, selon le parti et Amnesty International.

Pegasus, véritable cheval de Troie

Le logiciel Pegasus du Groupe NSO, permet, non seulement de placer un téléphone sous écoute, mais également d’ouvrir son micro ou d’allumer sa caméra. « Dès qu’un téléphone est infecté avec cette technologie, tout ce qui est message crypté, images privées sur ce téléphone et même tout ce qui se dit dans la pièce peut être mis sur écoute », explique John Scott-Railton, un responsable du Citizen Lab.

Des gouvernements peuvent utiliser cette technologie pour espionner et pour faire bien pire, craint même John Scott-Railton. « C’est comme une sorte de cyber-violence, et c’est dangereux. On voit que c’est souvent utilisé dans un contexte pour traquer des gens qui sont ensuite visés par des attentats physiques dans le monde réel. »

Un autre front pour Facebook

Si WhatsApp attaque NSO en justice, c’est aussi parce que sa société mère, Facebook, est très critiquée pour sa gestion des données personnelles et la protection de la vie privée.

L'Inde a d’ailleurs exigé jeudi des réponses de WhatsApp à la suite de ce scandale d'espionnage. New Delhi demande à la messagerie cryptée de « préciser quelles violations ont eu lieu, et ce qu'il fait pour protéger la vie privée de millions de citoyens indiens », a écrit sur Twitter le ministre de l'Information et de la Technologie, Ravi Shankar Prasad.

Le Groupe NSO, dont la réputation est sulfureuse, est basé dans la « Silicon Valley » israélienne. Il affirme que sa technologie est vendue à des gouvernements « dans le seul objectif de combattre la criminalité et le terrorisme ».

Côte d’Ivoire : combien touchent
Guillaume Soro, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo ?

| Par Jeune Afrique

Si Laurent Gbagbo se plaint de ne pas avoir reçu les rentes auxquelles il avait droit, Henri Konan Bédié ne connaît pas ce problème. Guillaume Soro, lui aussi, perçoit bien des indemnités mensuelles en sa qualité d’ancien Premier ministre.

Guillaume Soro attend toujours le paiement d’une partie de ses rentes viagères. Selon des documents que JA a pu consulter, s’il touche bien 3 375 374 F CFA (environ 5 100 euros) par mois en sa qualité d’ancien Premier ministre, l’ex-allié d’Alassane Ouattara passé dans l’opposition n’a pas perçu les six mois de salaire d’ancien président de l’Assemblée nationale qui lui étaient dus après sa démission forcée, en février.

Ce n’est qu’à partir du 1er août qu’il a reçu des indemnités correspondantes. Ses rentes, d’un montant total de 6 250 648 F CFA (environ 9 500 euros), ont été virées sur son compte en banque d’Abidjan par le cabinet d’Amadou Gon Coulibaly, le Premier ministre. Elles s’ajoutent à son salaire (2 209 955 F CFA, soit 3 300 euros) de député de Ferkessédougou.

Henri Konan Bédié a droit à 36 000 euros

Laurent Gbagbo s’est lui aussi plaint de ne pas avoir reçu, depuis son arrestation, en avril 2011, les rentes auxquelles ont droit les anciens présidents ivoiriens, soit 9 584 580 F CFA (14 600 euros) par mois, auxquels s’ajoutent 7 500 000 F CFA (11 400 euros) de frais de transport, carburant, électricité et téléphone. Henri Konan Bédié n’a, lui, rencontré aucun problème. En sa qualité d’ancien chef de l’État et d’ex-président de l’Assemblée nationale, il a droit à 23 835 328 F CFA (36 000 euros). Depuis sa rupture avec Alassane Ouattara, en août 2018, il doit cependant se passer de toutes les « largesses » supplémentaires qui lui étaient offertes par la présidence.

Burkina Faso: nouvelle attaque meurtrière dans le Nord

Des militaires burkinabè lors d'un entraînement pour combattre le terrorisme en avril 2018. (Image d'illustration)
© AFP PHOTO/ISSOUF SANOGO

Une nouvelle attaque a eu lieu au Burkina Faso, le week-end dernier, dans la nuit de samedi à dimanche, dans le nord du pays. Seize personnes au moins ont été tuées.

L'attaque s'est déroulée à Pobé-Mengao, dans la province du Soum, dans le nord du Burkina Faso. Il s'agit d'une commune rurale, située à 25 km de Djibo, le chef-lieu de la province. Les violences ont eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche et ont été attribuées à des groupes armées terroristes par une source sécuritaire.

De nombreux hommes armés sont arrivés dans la localité, des habitants ont été enlevés et des boutiques pillées, selon des témoignages recueillis par l'Agence France-Presse.

600 morts, victimes du terrorisme

Le lendemain, dimanche, des hommes armés seraient revenus sur place et auraient notamment tiré des coups de feu en l'air. Puis, dans la soirée, des renforts sont arrivés à Pobé-Mengao pour sécuriser les lieux. Des patrouilles ont aussi été mises en place.

En fin de journée de ce lundi 28 octobre, il n'y a eu aucune revendication.

La zone du Soum, dans le nord du Burkina Faso, où a eu lieu l'attaque ce lundi 19 août. © RFI

Cette attaque a provoqué la panique et le déplacement d'une partie des habitants de Pobé-Mengao vers la ville de Djibo, chef-lieu de la province du Soum.

C'est une ville qui accueille déjà de nombreux déplacés internes, même si aucune estimation officielle n'existe. Ces déplacés sont des villageois qui fuient leur localité à cause de la recrudescense des attaques commises par des présumés djihadistes dans cette province.

Il y a des besoins vraiment très importants pour un grand nombre de personnes, surtout en eau, en alimentation, d’autant plus que l’approvisionnement du marché de Djibo est particulièrement difficile en ce moment.

Steven Anderson
28-10-2019 - Par Magali Lagrange
 
 
 

Plus généralement, selon OCHA, au mois de septembre, près de 289 000 personnes déplacées vivaient dans des communautés d'accueil ou dans des sites de déplacement au Burkina Faso, dans les régions du Centre-Nord, de l’Est, du Nord et du Sahel.

Depuis début 2015, les attaques terroristes au Burkina Faso ont fait plus de 600 morts, et 500 000 déplacés internes.

Le jour même de cette attaque dans le Soum, samedi, des milliers de personnes s'étaient mobilisées dans la capitale du Burkina, Ouagadougou, pour exprimer leur soutien aux forces de sécurité engagées dans la lutte contre le terrorisme.

Lutte contre le terrorisme au Sahel : l’Uemoa projette de mobiliser des troupes
dans les zones frontalières

| Par Jeune Afrique avec AFP

Les chefs militaires des pays de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) vont se réunir en novembre afin de projeter fin 2019 ou début 2020 des troupes au Mali, Burkina Faso et Niger pour lutter contre les groupes jihadistes, a annoncé mercredi le ministre ivoirien de la Défense, Hamed Bakayoko.

« Avec cette réunion du 11 novembre, les chefs des opérations vont monter de opérations conjointes qui feront intervenir des bataillons sénégalais, ivoirien, et autres sur des théâtres malien, burkinabè et autres », a affirmé Hamed Bakayoko à la presse en faisant le point sur l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT) à Abdjan.
« C’est une opération urgente. Nous espérons la monter au plus tard à la fin de l’année ou au début de l’année 2020 », a-t-il déclaré. « Nous voulons déterminer des zones, comme la zone des trois frontières (Mali/Burkina/Niger), où nous allons faire des manœuvres conjointes. Donc, des présences solidaires qui vont nous permettre d’occuper l’espace, réduire l’espace des terroristes et permettre aussi à ces armées (Mali, Burkina Faso, Niger) qui sont en proie à des attaques quotidiennes de souffler un peu ».

« 2 200 attaques »

Ces opérations s’inscrivent dans le sillage du sommet des chefs d’État de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), en septembre à Ouagadougou qui avait promis une plus grande solidarité entre les pays directement touchés et les pays côtiers, a souligné un porte-parole du ministre sans préciser le lieu de la réunion du 11 novembre. « Si nous les États nous ne nous intégrons pas, s’il n’y a pas une synergie d’action, ils (jihadistes) auront toujours un coup d’avance sur nous. Il y a une progression. Hier c’était le Mali. (Aujourd’hui) le Niger et le Burkina. À qui le tour demain? Il faut qu’on soit ensemble pour apporter une réponse globale », a souligné le ministre.

Lors du sommet de Ouagadougou, le président de la commission de la Cedeao, Jean-Claude Brou, avait rappelé qu’il y avait eu ces quatre dernière années « 2 200 attaques, 11 500 morts, des milliers de blessés », « des millions de déplacés », une « activité économique considérablement affectée » au Sahel.