Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Amnesty International France _ Indépendant grâce à vous, efficace avec vous !
"Il est parfaitement clair que le changement climatique a un impact sur les droits humains et que cet impact va s'intensifier dans les années à venir" Kumi Nadoo, secrétaire général d'Amnesty International
Amnesty International s’engage dans la lutte contre le changement climatique car c’est aussi une affaire de droits humains. Ce changement a en effet des conséquences dévastatrices sur les droits à la santé, à l’accès à l’eau potable et à la nourriture, au logement, et parfois même le droit à la vie. Ensemble, nous pouvons agir car il s’agit d’un phénomène provoqué par l’humanité et nous devons appeler les gouvernements à en atténuer les effets.

Aujourd’hui, notre mouvement répond présent face à l’urgence de la situation de crise climatique à laquelle nous sommes confrontés, en proposant des solutions efficaces et systémiques. Ensemble avec d'autres associations, nous exhortons les gouvernements et entreprises à cesser d'utiliser les combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz) le plus rapidement possible, au moyen d'une transition juste qui respecte les droits de chacune et de chacun.

Mali: l’influent imam Mahmoud Dicko lance un mouvement politique

Mahmoud Dicko, ancien président du Haut conseil islamique, ici au stade du 26-Mars, à Bamako, le 12 août 2012.
© REUTERS/Adama Diarra

L’imam Mahmoud Dicko, ancien président du Haut conseil islamique malien et éminente figure religieuse au Mali, a procédé, samedi 7 septembre, à Bamako, au lancement d’un mouvement politico-religieux qui a pour nom la Coordination des mouvements, associations et sympathisants (CMAS). Cette annonce s'est accompagnée de bon nombre de critiques à l'égard de la gouvernance du Mali.

Plus de 4 000 personnes sont bercées par des chants religieux avant l’arrivée de l’Imam, Mahmoud Dicko. Et puis lorsqu’il fait son apparition, accueilli en véritable guest-star. Dans la  salle se trouvent des hommes politiques maliens de la majorité et de l’opposition. Sans porter de gants, le parrain de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants, critique la gouvernance malienne.

« On était dans une situation de mauvaise gouvernance. Progressivement on va vers une situation de non-gouvernance », a déclaré Mahmoud Dicko avant d’ajouter que « ce qui va faire céder la digue, c’est d’abord cette gouvernance catastrophique ».

La CMAS, mouvement politico-religieux malien est né. Dans le public, Mahmoud Dicko n’a que des partisans comme cet homme, un artisan. « On ne peut pas laisser le pays comme ça. Il faut un mouvement pour contrecarrer la corruption et la mauvaise gestion », a-t-il souligné.

Mahmoud Dicko veut « secouer le cocotier » et il a un allié de taille, le shérif de la localité de Nioro, un autre influent leader religieux malien.

 

Fifda: «Black N Black», la relation difficile entre Africains-Américains <
et Africains

 
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Zadi Zokou, réalisateur ivoirien de « Black N Black » sur les difficiles relations entre les Africains-Américains et les Africains<
aux Etats-Unis. Projeté au Festival international de films de la diaspora africaine (Fifda). Siegfried Forster / RFI
 

Il y a au moins deux façons d’être Noir aux États-Unis. Le cinéaste ivoirien Zadi Zokou a exploré l’histoire et le présent très agité de la relation aussi complexe que difficile entre les Africains-Américains et les Africains aux États-Unis. La première européenne du documentaire « Black N Black » aura lieu dimanche 8 septembre dans le cadre du 9e Festival international de films de la diaspora africaine (Fifda) à Paris. Entretien.

RFI : Vous êtes né en Côte d’Ivoire et vous vivez aux États-Unis. Vous vous considérez comme Africain ou comme Africain-Américain ?

Zadi Zokou : Je n’ai pas ce dilemme-là, parce que j’ai gardé ma nationalité, je ne suis pas encore citoyen américain. Si je deviens citoyen américain, est-ce que je me considérerais Africain-Américain ? Non, je ne pense pas, parce qu’Africain-Américain, ce n’est pas seulement la couleur, c’est toute une culture et toute une histoire. Je ne possède pas cette histoire-là. Je viens directement de l’Afrique, donc, je me considère plus Africain du continent.

Black N Black, est-ce une façon de dire qu’il y a deux manières d’être noir ?

Il n’y a pas vraiment deux façons d’être noir, mais il y a différents « Noirs ». Il y a les Noirs du continent, comme moi, et il y a les Noirs de la diaspora, comme les Africains, les Américains, les Caribéens, et tous ceux qui sont descendants d’esclaves. C’est ce que Black N Black signifie.

Vous parlez de 40 millions d’Africains-Américains et une évolution très profonde : en 1980, les États-Unis ont signé le Refugee Policy Act et en 1990 l’Immigration Act qui ont facilité l’immigration venue de l’Afrique subsaharienne. Le nombre d’Africains subsahariens aux États-Unis a été multiplié par treize, de 129 000 en 1980 à plus de 1,7 million en 2015. Cela explique-t-il une certaine urgence d’aborder le sujet que vous traitez dans votre film : la relation entre les Africains et les Africains-Américains ?

Cette urgence a toujours existé, mais le dialogue ne s’est pas produit. Aujourd’hui, plus qu’hier, il y a une urgence, parce qu’il y a de plus en plus de contacts, il y a de plus en plus d’Africains qui arrivent aux États-Unis. Donc, une meilleure coopération est nécessaire et cela passe par un dialogue entre les deux communautés.

Comment ressentez-vous cette urgence ?

Mes relations personnelles avec les Africains-Américains ne sont pas mauvaises, mais il y a quand même quelques tensions qu’il faut régler. Je pense que les Noirs aux États-Unis ont un destin commun. Et c’est en nous unissant aux Africains-Américains que nous pourrons ensemble vaincre certains obstacles à notre promotion aux États-Unis.

Y avait-il des propos ou des préjugés qui vous ont surpris ou choqué lors du tournage ?

Il y a beaucoup de stéréotypes. On connait tous les stéréotypes à propos des Africains : continent pauvre, continent de maladies… Et beaucoup d’Africains-Américains ont ces points de vue. Ce qui m’a choqué, c’est l’ignorance que beaucoup Africains-Américains ont de l’Afrique. Encore plus choquant, c’était l’ignorance de beaucoup d’Africains vivants aux États-Unis par rapport aux Africains-Américains. C’est ce qui m’a poussé à faire ce film.

 
Affiche (détail) de « Black N Black » du réalisateur ivoirien Zadi Zokou. © Fifda
 

Quelles étaient les réactions après la projection de votre film aux États-Unis ?

Il y a eu plusieurs projections en plusieurs villes. La réaction était positive. Il n’y a pas eu de batailles, il y a eu des débats utiles, intelligents. Les gens ont bien accueilli le film, parce que beaucoup se sont dit que ce dialogue est nécessaire et que ce film arrive à point nommé pour vraiment lancer la conversation entre les deux communautés.

Vous avez tourné au Ghana, en Côte d’Ivoire, aux États-Unis. Vous avez aussi bien interrogé un conducteur de taxi qu’une professeure de l’université. Un sujet clivant était toujours l’histoire de l’esclavage. Pourquoi ?

La grande différence entre les Africains de la diaspora et les Africains du continent, c’est la traite des esclaves. Sinon, on serait toujours ensemble. Cette histoire a eu des conséquences négatives sur nos relations. Ce que j’ai appris durant la production du film, à travers les interviews, c’est que beaucoup d’Africains-Américains accusent, par exemple, les Africains de les avoir vendus en esclavage. C’est un thème qui revient souvent. J’étais surpris que, après tous ces siècles, que ce ressentiment persiste, mais il persiste vraiment. Et plutôt que d’être sur la défensive, nous devrions tous ensemble, Africains et Africains-Américains, nous asseoir et avoir un dialogue, une conversation constructive sur notre histoire commune. Expliquer vraiment ce qui s’est passé. Et, s’il y a besoin, présenter des excuses aux Africains-Américains et essayer de ressouder nos rapports, parce que la traite des Noirs entame vraiment ces rapports.

Quelles étaient les réactions après le film au Ghana et en Côte d’Ivoire ?

Malheureusement, je n’ai pas encore eu l’opportunité de le présenter en Afrique, mais j’espère de pouvoir le faire. Je le dis aussi, parce que, récemment, en Côte d’Ivoire, il y a eu une cérémonie de présentation d’excuses aux Africains-Américains et à tous les descendants africains d’esclaves pour notre participation à la traite négrière. Donc, je pense que ce film pourra informer davantage les gens et aider à déclencher une conversation sur le sujet.

Plusieurs personnages dans le film citent Barack Obama comme bâtisseur de passerelles et de ponts entre les deux communautés. Avec Donald Trump, qu’est-ce qui a changé ?

Disons que le racisme est monté d’un cran aux États-Unis. Pas qu’il n’existait pas avant, mais auparavant les gens se cachaient un peu plus. Maintenant, ils le font à découvert et cela devient dangereux. Sinon, je crois que la division [entre Africains et Africains-Américains] s’est prononcée. Déjà, au temps de Barack Obama, il y avait une certaine division, mais sa présence avait rallié tous les Noirs et tout le monde s’est identifié à lui. Aujourd’hui, avec Donald Trump, un phénomène est en train de surgir : ADOS (American Descendants of Slavery). Il s’agit d’un groupe d’Africains-Américains, descendants d’esclaves, qui se démarquent de tout Africain et de tout Noir aux États-Unis qui n’est pas descendant d’esclaves ou qui n’est pas Américain descendant d’esclaves. En fait, ils approprient l’« américanité » des Noirs aux États-Unis. Par exemple, ils se démarquent des Noirs du continent et aussi des Noirs des Caraïbes. Ils se considèrent comme les « purs » Africains-Américains. Avec leur attitude, j’ai l’impression qu’il y a une espèce de xénophobie en train de se développer. Et tout cela est arrivé après l’avènement de Donald Trump.

Qu’est-ce que vous attendez de la projection à Paris, en France ?

J’attends surtout de voir comment le thème de ce film s’insère dans la réalité des relations entre immigrants africains aux États-Unis et les Français descendants d’esclaves.

► Black N Black, documentaire de Zadi Zokou, projeté dimanche 8 septembre à 19h45 au cinéma 7 Parnassiens, Paris, suivi d’un débat avec le réalisateur.

► Le programme du 9e Festival international de films de la diaspora africaine (Fifda), du 6 au 8 septembre, à Paris.

Mauvaise année commerciale pour l’Union ouest-africaine

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En 2018, les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) ont davantage importé de produits pétroliers et de biens et services que l’an dernier. Et moins exporté de produits agricoles. Résultat : un solde commercial en baisse de 2,8 %.

En 2018, l’activité économique est restée vigoureuse en Afrique de l’Ouest mais le déficit commercial s’est sensiblement creusé. Telle est la conclusion du dernier rapport de la BCEAO sur les relations commerciales de la zone l’an dernier.

Sur cette période, le solde des échanges s’est ainsi dégradé pour s’inscrire en baisse de 2,8 % en 2018, contre -0,2 % un an plus tôt. Un résultat attribuable à la hausse des importations de produits énergétiques et de biens d’équipements, d’une part, mais aussi au recul de certaines exportations agricoles, de l’autre.

Globalement les exportations de la zone se sont établies à 14 986, 8 milliards en 2018 (+1,4 %) par rapport au niveau enregistré un an auparavant. Cette évolution reflète la bonne tenue des expéditions des ventes d’or, de coton, de noix de cajou, de produits pétroliers ainsi que des recettes d’activités touristiques, en partie contrebalancées par le recul des exportations de caoutchouc (-14,4 %) et de cacao (-12,8 %).

Repli du prix du cacao

« Les cours du cacao sur les marchés internationaux ont connu une hausse de 7,8 % en 2018, après une baisse importante de 31,0 % en 2017 », relève l’étude de la BCEAO. « Dans le cas de l’Union, le prix moyen de vente à l’extérieur du cacao ivoirien a connu un repli d’environ 12 % en 2018, en lien avec les opérations de ventes à terme sur la base d’une hypothèse de repli du prix bord champ anticipé par rapport au niveau de 2017″.

L’an dernier, l’Europe a continué de concentrer près de 44 % des ventes de l’Uemoa devant l’Afrique. Sur le continent, les pays de l’Union ont surtout exporté de l’or, notamment en Afrique du Sud, des produits pétroliers, vers le Nigeria entre autres, et des produits chimiques. Les exportations vers l’Asie sont également en augmentation, avec l’Inde et la Chine comme principales destinations.

Rempart contre la volatilité du prix des matières premières, la diversification des produits exportés s’est accrue, particulièrement au Togo et au Sénégal où elle est plus notable que dans les autres pays. « Sur la période 2007-2018, l’indice de diversification affiche, globalement, une tendance haussière au Bénin, au Burkina et au Mali. Pour la Côte d’Ivoire, l’indice est resté quasi-stable sur la période sous revue, détaille l’étude.

Achats de produits pétroliers

« La Guinée-Bissau ressort comme le pays dont les exportations sont les moins diversifiées de l’Union, en lien avec la concentration de ses ventes à l’extérieur sur l’anacarde qui représente, en moyenne, plus de 95 % du total sur les cinq dernières années ».

Malgré ces efforts, les importations ont, elles aussi, sensiblement augmenté pour atteindre 16 817 milliards en 2018 (+13 %), et ce, en raison de la hausse des acquisitions à l’extérieur de produits énergétiques (+34,6 %) et de biens intermédiaires. Un résultat qui se solde par un repli de la balance des biens et services de l’Union de 7,7 % contre 5,5 % en 2017.

L’Union a principalement importés ses produits énergétiques d’Europe mais également d’Afrique, du Nigeria en l’occurrence. Selon la BCEAO, les principaux fournisseurs du marché régional sont « les trois raffineries de l’Uemoa (la Société Ivoirienne de Raffinage en Côte d’Ivoire, la Société Africaine de Raffinage au Sénégal et la Société de Raffinage de Zinder au Niger) et les sociétés pétrolières multinationales implantées dans l’Union tels que ADDAX, ORYX, TRAFIGURA, etc ».

La Côte d’Ivoire, grand exportateur régional

A l’intérieur de la zone, la Côte d’Ivoire et le Sénégal arrivent comme en 2017 en tête des fournisseurs intra-régionaux, avec respectivement 35,3 % et 24,7 % des exportations totales. A contrario, le Mali et le Burkina restent les premier et second importateurs au sein de la région.

« Au niveau interne, les économies ont tiré profit d’un environnement sociopolitique globalement favorable et d’un climat des affaires en amélioration, comme le montre le saut qualitatif de 17 places enregistré entre 2017 et 2018 par la Côte d’Ivoire, principale économie de l’Uemoa, dans l’édition 2018 du rapport Doing Business de la Banque Mondiale« , souligne le rapport.

« L’activité économique a également bénéficié du regain de dynamisme dans les échanges avec le Nigeria, principal partenaire commercial de certains États membres de l’Union, et de la poursuite par les pays de l’Uemoa de la réalisation des investissements dans les infrastructures socio-économiques ». Pour l’heure, les produits pétroliers arrivent encore en tête des échanges au sein de la région.

Violences conjugales: au Togo,
un centre d’écoute libère la parole des femmes

Une artère dans la capitale togolaise (image d'illustration).
© Godong/Universal Images Group via Getty Images

Au Togo, les violences conjugales ont pris des proportions importantes ces dernières années. Ce sont 1 000 à 1 500 appels qui sont reçus chaque jour au centre d’écoute du Groupe des femmes pour la démocratie et le développement. De plus en plus de langues se délient, les victimes viennent spontanément se confier mais rares sont celles qui vont au bout des poursuites.

Chaque jour de la semaine, les cas de violences conjugales arrivent au centre d’écoute du Groupe de réflexion et d’action Femme, démocratie et développement (GF2D). Thierry Mensah est juriste au centre d’écoute : « Il y a un couple qui se disputait un matin à propos de 300 francs, l’argent de la popote. Le mari n’avait que 300 francs dans la poche. La dame réclamait la somme pour pouvoir faire la bouillie aux enfants. Le monsieur refuse et finalement ils se sont bagarrés. Par la suite, la femme est décédée à l’hôpital ».

Trois cents francs CFA, c’est moins d’un euro, et l’auteur est en prison. D’autres histoires comme celles des violences verbales jusqu’aux menaces de mort existent. Une victime raconte ce qu’elle a subi depuis l’annonce de sa grossesse à son partenaire : « Il ne me frappait pas, mais tout ce qu’il me disait était de la violence. S’il ne menace pas de me tuer avec l’enfant, il me laissait avec des insultes et il ne me donnait pas à manger ».

La conciliation avant la procédure judiciaire

Au centre d’écoute du GF2D, on encourage la conciliation. Lorsque les cas l’exigent et si la victime y consent, on introduit la procédure judiciaire. Mais toutes les victimes ne supportent pas les pressions familiales. Michèlle Aguey, secrétaire général du GF2D : « Lorsque nous faisons face par exemple à la procédure judiciaire, vous avancez et à un moment donné, c’est la victime qui dit : ‘’non, je ne veux plus poursuivre, je veux qu’on arrête là’’ ».

Les présumés auteurs de ces violences ne réalisent la gravité de leur forfait que lorsqu’ils sont interpellés.