Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Sommet du G7 : 251 millions de dollars
pour l’entrepreneuriat féminin en Afrique

| Par

Afin de réduire le déficit de financement estimé à 42 milliards de dollars entre les femmes et les hommes entrepreneurs sur le continent, les dirigeants du G7 ont accordé un prêt global de 251 millions de dollars à la BAD, pour soutenir l'initiative AFAWA.

Incendie en Amazonie, guerre commerciale entre le Pékin et Washington, programme nucléaire iranien… Les questions d’actualités géopolitiques ont dominé la couverture du sommet du G7 qui s’est tenu du 24 au 26 août, à Biarritz, dans le Sud-Ouest de la France. Ce sommet réunissant, les chefs d’État de sept des plus grandes puissances économiques mondiales (États-Unis, France, Royaume-Uni, Allemagne, Italie, Japon, Canada) était pourtant consacré à la lutte contre les inégalités.

Dans ce cadre, huit pays non-membres du G7, dont cinq africains, (Afrique du Sud, Australie, Burkina Faso, Chili, Égypte, Inde, Sénégal, Rwanda), et Akinwumi Adesina, président de la Banque africaine de développement (BAD) ont été invités. Ce dernier, aux côtés d’Emmanuel Macron et de l’artiste béninoise Angélique Kidjo, a annoncé le versement d’un prêt global de 251 millions de dollars à l’initiative AFAWA (Action positive pour le financement en faveur des femmes en Afrique), portée par la BAD.

L’AFAWA, lancée en 2016, vise à débloquer l’accès au financement pour les femmes entrepreneuses, et établit un mécanisme d’autonomisation économique. Cette résolution a été adoptée lors du Sommet des chefs d’État de l’Union africaine en janvier 2015, et la BAD a été chargée de sa mise en œuvre.

« C’est un grand jour pour les femmes en Afrique, a salué le président de la BAD, Akinwumi Adesina. Investir dans l’entrepreneuriat féminin en Afrique est un investissement fort de sens car les femmes ne sont pas seulement l’avenir de l’Afrique, elles sont le présent de l’Afrique ! »

Dialogue politique avec les autorités concernées

« Aujourd’hui, les femmes détiennent plus de 30 % des PME en Afrique, mais il existe un déficit de financement de 42 milliards de dollars entre les femmes et les hommes entrepreneurs. Ce déficit doit être comblé, et vite », a-t-il souligné, précisant que la BAD prévoyait d’investir un milliard de dollars dans cette initiative.

Le programme AFAWA repose sur trois piliers. Le premier vise à améliorer l’accès des femmes au financement grâce à des instruments innovants et adaptés, y compris des mécanismes de garantie. Le deuxième pilier est axé sur la prestation de services de renforcement des capacités pour les femmes entrepreneuses (mentorat et formation en entrepreneuriat).

Le troisième pilier se concentre sur l’amélioration de l’environnement juridique et réglementaire, grâce au dialogue politique avec les gouvernements, les banques centrales et les autres autorités concernées.

Mali : les plans du gouverneur de Mopti
pour sauver cette région au bord de la guerre civile

  | Par - à Bamako

Nommé fin juin gouverneur de Mopti, le général Abdoulaye Cissé parviendra-t-il à débarrasser le centre du Mali des groupes armés et à y maintenir la paix ? Accusé d'exactions dans le Nord dans les années 1990, il s'en défend et fait valoir son expérience militaire.

Peu connu dans la région de Mopti, le général Abdoulaye Cissé maîtrise pourtant bien la situation de cette zone sensible en proie à des violences intercommunautaires, notamment entre les communautés dogon et peule.

Jusqu’à sa nomination au poste de gouverneur, à la fin de juin, ce fils de militaires était sous-chef d’état-major général des armés, chargé des opérations militaires dans le Centre et le Nord.  Et pour sa nouvelle mission, le général Cissé s’est doté d’un plan martial.

« Une posture offensive permanente »

« Nous avons 3000 soldats en phase de déploiement dans la région, en mouvement permanent, pour fouiller les sanctuaires des terroristes, les forêts et les montagnes, mais aussi pour porter secours aux populations », explique-t-il à Jeune Afrique.

Cet ancien aide de camp de l’ex-président malien Alpha Oumar Konaré, qui fut aussi son attaché personnel lorsque Konaré présidait la Commission de l’Union africaine, sait ce qu’il veut et comment s’y prendre pour y parvenir. « Nous allons mettre en place un système afin de mieux cerner les informations qu’on collecte. Grace à cette nouvelle organisation du renseignement, nous connaissons déjà le mode opératoire des terroristes et leur mode de déplacement. » Et de poursuivre : « La prochaine phase, c’est donc l’action. L’armée sera dans une posture offensive permanente. Nous comptons également sur la Minusma et Barkhane pour que chacun joue son rôle. »

Abdoulaye Cissé n’en est pas à sa première opération de maintien de la paix. Il fut, à partir de 2015, le chef du Centre conjoint des opérations de mission de l’Union africaine en République centrafricaine (MISAC/UA) à Bangui, puis commandant adjoint du secteur Est de la Minusca à Bria toujours en RCA.

Promotion à l’impunité ?

Depuis sa nomination aucune attaque majeure n’a eu lieu dans la région de Mopti, où la situation sécuritaire reste toutefois très tendue.  Le nouveau gouverneur sait qu’il lui faudra du temps pour parvenir à extraire les groupes jihadistes dissimulés parmi les populations pour éviter les exactions contre les civils.

C’est justement sur ce point que le général Cissé est très attendu. Car dans le Nord, où il a laissé un souvenir amer, des détracteurs se sont empressés de qualifier sa nomination de « promotion à l’impunité ».

« Vous ne mettrez jamais fin aux massacres du Centre avec l’auteur des massacres au Nord (Gossi, Rharous, Tombouctou …). Le nouveau gouverneur de Mopti est un criminel qui a du sang d’innocents sur les mains ! », a ainsi écrit sur sa page Facebook Almou Ag Mohamed, membre du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), aujourd’hui détaché au Comité national désarmement- démobilisation-réinsertion (DDR).

« Le Charles Taylor de Tombouctou »

Dans les années 1990, Abdoulaye Cissé, qui a fait ses études au sein des écoles militaires maliennes, était un simple lieutenant détaché à la tête d’un escadron affecté à Tombouctou. Certains l’accusent d’avoir été, à cette période, à l’origine de graves violations des droits humains, notamment contre les Arabes et les Touareg.

« Abdoulaye Cissé était incontrôlable à l’époque. On le surnommait Charles Taylor à Tombouctou parce qu’il avait droit de vie ou de mort  sur les gens », se rappelle un habitant de Tombouctou qui a perdu certains de ses proches à l’époque.

« On ne peut pas empêcher les gens de dire ce qu’ils veulent, mais ils n’ont qu’à prouver ce qu’ils avancent à mon sujet », se défend aujourd’hui le général Cissé qui affirme que les rapports rédigés à l’époque à l’instigation du gouvernement malien sont consultables.

« J’étais un militaire envoyé pour défendre l’unité du territoire de mon pays, et si on me reproche des choses l’État malien ne sera pas épargné. Mais cette époque est révolue : en ce temps-là, je me battais contre Zahabi Ould Sidi Mohamed, alors qu’aujourd’hui lui et moi nous battons ensemble pour permettre le retour de la paix dans notre pays. »

Quant au surnom peu flatteur dont il a hérité à Tombouctou, en référence à l’ancien chef de guerre et président libérien Charles Taylor, condamné pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, le général Cissé lui préfère celui dont certains l’affublent aujourd’hui, en référence au célèbre stratège romain : Scipion l’Africain.

Pour le directeur de Caritas Afrique, le continent doit “se réveiller” | Vatican News

 

En marge de la 18e assemblée plénière du SECAM (symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar), le président de Caritas Afrique a appelé à un réveil du continent. Pour lui, la pauvreté procède de mauvais choix opérés par des leaders corrompus.

Mgr Gilbert Justice Yaw Anokye, archevêque de Kumasi au Ghana ne mâche pas ses mots: «nous avons porté au pouvoir des leaders corrompus, en suivant des critères tribaux, par peur ou pour obtenir des faveurs», assène-t-il. «Nous avons choisi des leaders qui n’ont pas aidé l’Afrique depuis l’indépendance. Nous avons eu de bons dirigeants qui ont été chassés du pouvoir par des coups d’État, ourdis par des personnes ou des puissances obéissant à des intérêts propres». Et d’établir un parallèle avec plusieurs pays asiatiques, comme Singapour et la Malaisie, qui ont pu sortir de la pauvreté, grâce aux «bons gouvernants» qu’ils se sont choisis.

Lire la suite : Pour le directeur de Caritas Afrique, le continent doit “se réveiller” – Vatican News, 10.08.19.

États-Unis: l’inquiétude des Églises face au piège
du nationalisme chrétien| Vatican News

 

Face aux violences liées au phénomène du suprémacisme blanc, parfois associé à une revendication de l’identité chrétienne, plusieurs Églises réagissent pour dénoncer une distorsion du message chrétien.

En quelques jours, une lettre de condamnation du nationalisme chrétien, rédigée par le Comité baptiste pour la liberté religieuse, a recueilli plus de 9000 signatures. Des leaders religieux appartenant à différentes dénominations chrétiennes se sont associés à ce texte : luthériens, épiscopaliens, presbytériens, ainsi que le réseau catholique pour la doctrine sociale. Le groupe définit le nationalisme chrétien comme «une menace persistante, tant pour nos communautés religieuses que pour notre démocratie», car il «cherche à unir les identités chrétiennes et américaines, en distordant autant la foi chrétienne que la démocratie constitutionnelle américaine».

Lire la suite:
États-Unis: l’inquiétude des Églises face au piège du nationalisme chrétien – Vatican News, 09.08.09.

Niger : inquiets pour leur avenir, les employés d’Orange en grève

| Par Jeune Afrique avec AFP

Les employés d'Orange au Niger ont entamé mardi 20 août une grève de deux jours. Objectif : obtenir des négociations salariales et débattre de l'avenir de la filiale nigérienne de l'entreprise française, en négociation avec des actionnaires minoritaires d'Orange Niger concernant sa cession.

« Nous avons lancé ce (mardi) matin une grève de deux jours qui est largement suivie sur l’ensemble du territoire », a affirmé Ali Hachimou, délégué du personnel d’Orange Niger. Selon lui, 388 des quelque 530 salariés d’Orange Niger ont rejoint le mouvement social.

Les communications sur le réseau Orange « ne sont pas encore paralysées », mais « si nous n’avons pas satisfaction, nous reconduirons la grève », a-t-il prévenu.

Les grévistes réclament « la reprise des négociations » sur « la révision d’un accord salarial », entamées avant la fermeture, en novembre 2018, de la société par le fisc nigérien pour « non-paiement d’impôt », a expliqué Ali Hachimou.

Ces négociations n’ont pas pu reprendre après la réouverture de la société en raison d’un « règlement préventif  » de la direction, suspendant pour cinq mois « toute action sur les finances de l’entreprise », a-t-il expliqué.

Négociations avec des actionnaires minoritaires

« Orange Niger fait face à des difficultés financières importantes du fait de conditions de marché difficiles », a réagi Nathalie Chevrier, attachée de presse d’Orange à Paris.

Lancée en 2008, Orange Niger compte 2,4 millions de clients pour plus de 52 000 emplois directs et indirects au Niger, selon sa direction.

Les grévistes veulent également que leurs emplois soient préservés dans le cadre d’un éventuel contrat entre Orange et un repreneur. « Orange Niger a décidé de vendre des actifs (…), nous avons appris que 120 emplois seulement seraient maintenus par le nouveau repreneur après deux ans » de gestion, a ajouté Ali Hachimou.

Selon le site d’informations exclusives,  Jeune Afrique Business+, c’est avec ses actionnaires minoritaires qu’Orange négocie la cession de sa filiale au Niger, et non plus avec Telecel, contrôlé par Niel Finance and Services, auparavant pressenti. L’homme d’affaire nigérien Mohamed Rissa et le Malien Moctar Thiam viennent en effet d’exercer leur droit de préemption, selon nos informations. Orange, dont la direction financière gère le dossier en direct, n’a pas souhaité faire de commentaire.

Redressement fiscal

Le groupe a seulement indiqué qu’il privilégie « la recherche d’un partenaire capable d’accompagner le redressement et le développement de l’entreprise », a expliqué à l’AFP Nathalie Chevrier. « Dans tous les cas, Orange Niger a fait de la préservation des emplois, une condition essentielle à la reprise de ses activités », a-t-elle assuré.

En novembre 2018, le fisc nigérien avait fermé pendant 40 jours les locaux d’Orange Niger à Niamey pour « non-paiement d’impôt ». La filiale nigérienne d’Orange avait qualifié de « contestable » cette fermeture, consécutive à un redressement fiscal de 22 milliards de francs CFA (33 millions d’euros) qui représentait « près de 50% (de son) chiffre d’affaires ».

Orange Niger avait d’ailleurs prévenu que « la continuité de l’entreprise » était « gravement menacée par ces décisions unilatérales et disproportionnées ».