Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

[Tribune] Au Mali, un jihadisme transethnique

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Par

Marc-Antoine Pérouse de Montclos est directeur de recherches à l’Institut de recherche pour le développement (IRD, France).

Adria Fruitos pour JA

Adopter une lecture uniquement ethnique des violences qui ébranlent le centre du Mali est une erreur. La complexité des sociétés de la région oblige à déconstruire ces idées reçues, d’autant que les chefs jihadistes cherchent eux-mêmes à transcender les clivages communautaires, prévient Marc-Antoine Pérouse de Montclos.

On tend souvent à faire une lecture ethnique du conflit qui oppose Bamako aux jihadistes de la katiba du Macina, dans le centre du Mali. Du côté des insurgés, il y aurait des éleveurs peuls ; de l’autre, des agriculteurs dogons alliés à l’armée malienne. Les premiers prétendent traditionnellement détenir le savoir coranique et sont les héritiers d’un proto-État islamique du XIXe siècle, la Dina. Appelés péjorativement « Habe », les seconds ont été ­islamisés plus tardivement et n’ont pas tous renoncé à leurs croyances traditionnelles.

La complexité des sociétés de la région oblige cependant à décons­truire les idées reçues. Les Dogons parlent d’ailleurs tant de dialectes qu’il leur arrive fréquemment de recourir à la langue peule pour communiquer entre eux – en particulier ceux qui, après avoir fui les razzias des musulmans, ont fini par descendre des refuges de la falaise de Bandiagara pour s’installer à découvert dans la plaine. Historiquement, les deux populations ont beaucoup commercé ensemble en laissant les agriculteurs et les éleveurs utiliser la terre chacun leur tour pendant les saisons humides puis sèches.

Amadou Koufa à la croisée des chemins

Le chef des jihadistes du Macina, Amadou Koufa, est lui-même à la croisée des chemins. Sa mère est peule, mais sa famille serait originaire d’un petit port de pêche de la périphérie de Tombouctou, Kabara, qui avait été établi par le colonisateur français pour accueillir les anciens esclaves Haratins et Bellas libérés dans le nord du Mali. Son père était un érudit devenu l’imam d’un village, Koufa, où siégeait d’ailleurs le tribunal islamique de la Dina au milieu des années 1820.

Aujourd’hui, le chef jihadiste cherche à transcender les clivages communautaires pour élargir sa base sociale. Il invoque les valeurs universalistes et égalitaristes de l’islam pour conspuer l’impiété et l’oppression de la noblesse peule. On prête même à ses hommes la destruction symbolique, près de Mopti, en 2015, du mausolée du fondateur de la théocratie du Macina en 1818, Sekou Amadou.

Si cet attentat à la dynamite n’a jamais été revendiqué, il visait clairement à marquer les esprits et à entamer le prestige de la noblesse peule au prétexte que leur imamat n’était nullement héréditaire et que le prophète Mahomet avait interdit le culte des ancêtres, logique qui devait aussi présider à la destruction des tombeaux des saints soufis de Tombouctou en 2012.

Constitution de katibas de Dogons

Sur le plan tactique, Amadou Koufa a aussi pris soin de mélanger ses effectifs pour surmonter la répugnance de ses combattants à tuer des membres de leur propre lignage. Il a ainsi levé des bataillons peuls pour attaquer le pays dogon et, inversement, il a mobilisé des chasseurs dogons pour aller combattre les chefs peuls qui lui résistaient. À défaut d’être protégée par l’armée malienne, une partie de la paysannerie a dû lui prêter allégeance pour pouvoir continuer à cultiver ses champs, menacés sinon de razzias.

D’autres ont rejoint les insurgés par besoin de reconnaissance sociale ou parce qu’ils se sentaient abandonnés, voire discriminés, par les autorités. En condamnant la tradition préislamique de la dot africaine et en prônant des mariages simplifiés, le discours salafiste de Koufa a notamment séduit des jeunes gens qui ont été autorisés à épouser des femmes de castes différentes du moment qu’ils étaient musulmans.

Résultat, des katibas de Dogons sont en train de se constituer. L’une serait centrée sur la localité de Kerana ; l’autre est basée à Serma, siège du tribunal islamique de Koufa. Leurs combattants sont aussi en contact, plus au nord, avec le groupe Ansar Eddine, d’Iyad Ag Ghaly, et avec la katiba du Gourma, qu’a reprise l’ancien colonel malien Ba Ag Moussa après le décès d’Almansour Ag Alkassam, un Touareg tué par l’armée française en novembre 2018. Voilà qui devrait inviter à repenser les visions par trop tranchées des soubassements ethniques des jihads africains.

Mgr Benjamin Ndiaye : «Devant les menaces djihadistes,
les journalistes doivent jouer un rôle de veille et d’alerte»
La Croix Africa

 

L’archevêque de Dakar, Mgr Benjamin Ndiaye, qui présidait le lancement des activités des journalistes et communicants catholiques à Dakar, samedi 7 décembre 2019, leur a demandé de jouer un rôle d’alerte devant les crises qui menacent l’existence humaine.

Face aux menaces djihadistes actuelles, Mgr Benjamin Ndiaye, archevêque de Dakar, invite les journalistes catholiques à jouer leur rôle d’alerte. « Les luttes djihadistes qui menacent notre sécurité, la paix et la vie des hommes dans la région du Sahel nous enjoignent de servir d’alerte pour éveiller les consciences, au nom de la vie donnée par Dieu », exhorte-t-il.

L’archevêque de Dakar soutient que les communicateurs catholiques doivent se demander « qui et quoi nous assiègent et nous menacent aujourd’hui comme on avait assiégé et menacé la sécurité de Jérusalem ». Mgr Ndiaye estime que les journalistes catholiques ont mission de décrypter et de lire non seulement la réalité sociale mais aussi la réalité ecclésiale dans nos églises, afin d’aider la société à s’améliorer.

Mettre l’homme debout

Mgr Benjamin Ndiaye demande aux journalistes de s’inspirer à ce propos de la manière dont communiquait Jésus en parcourant « ville et village, à travers une mobilité qui lui permettait d’être proche des gens ». À l’image de Jésus, « pris de miséricorde » pour les foules désemparées et abattues, comme des brebis égarées, les communicateurs catholiques ont été exhortés à avoir des paroles et attitudes « qui mettent l’homme debout ».

Lire la suite : Mgr Benjamin Ndiaye : « Devant les menaces djihadistes, les journalistes doivent jouer un rôle de veille et d’alerte » – La Croix Africa, Charles Senghor, 10.12.19.

 
Amnesty International France _ Indépendant grâce à vous, efficace avec vous !
Amnesty International vous souhaite une excellente année 2020
Bonjour,

L’année 2019 s’achève et nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli tous ensemble pour le respect des droits humains !

Je me joins aux équipes d’Amnesty International France pour vous souhaiter, à vous et à vos proches, une bonne santé, beaucoup de joie et de réussite pour cette nouvelle année.

Et je fais le vœu de remporter avec vous en 2020 de nouvelles victoires pour le respect de la liberté, la justice et la dignité humaine partout dans le monde.

Cécile Coudriou
Présidente d'Amnesty International France
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- Photo : © Reuters / Khaled Abdullah
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Burkina: des policiers poursuivis pour la mort de 11 personnes en garde à vue

Policiers burkinabè dans les rues de Ouagadougou, Burkina Faso (image d'illustration).
© Ahmed OUOBA / AFP

Le procureur annonce que neuf agents de police de l’unité anti-drogue seront poursuivis pour le décès des personnes gardées à vue. Le 15 juillet 2019, onze personnes gardées à vue dans une cellule de la police anti-drogue avaient été retrouvées mortes au lendemain de leur interpellation.

La directrice de la police judiciaire, le commandant de l'unité anti-drogue, et tous les agents de police liés à l’affaire avaient été relevé de leur fonction en attendant la fin de l’enquête.

Le procureur a retenu trois charges contre les neuf agents de police de l’unité anti-drogue. Ils seront poursuivis pour la mise en danger des prévenus, d’omission de porter secours à autrui et d’homicide involontaire.

Harouna Yoda affirme que l’analyse des différents rapports d’enquête a permis de relever suffisamment de charges pour soutenir ses poursuites. Mais la procédure pourrait prendre encore un peu temps, car il faudra designer une juridiction pour la suite de l’affaire. Il faut une procédure spéciale pour poursuivre les officiers de police judiciaire dans le cadre de l’exercice de leur fonction.

Mais, déjà pour les familles des victimes, c’est une première victoire. « C’est une très bonne nouvelle pour les familles » dit maitre Rodrigue Bayala, l’un de leurs avocats. Selon l’avocat, une fois la juridiction désignée, le dossier pourrait aller vite. « On a déjà des survivants, des témoins qui pourront expliquer ce qu’ils ont vu et entendu, et nous avons aussi tous les rapports d’enquête préliminaire », ajoute –il.

Francophonie : Louise Mushikiwabo fait le ménage à l’OIF

| Par Jeune Afrique
La Rwandaise Louise Mushikiwabo en Arménie, en octobre 2018.

Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) depuis janvier 2019, Louise Mushikiwabo achève d’installer ses équipes.

Le 22 novembre, Louise Mushikiwabo a mis fin aux fonctions des derniers directeurs qu’avait nommés sa prédécesseuse Michaëlle Jean : Nita Deerpalsing (Programmation et Développement stratégique), Youma Fall (Langue française) et Nicodème Adzra (Administration et Finances). Alioune Koné, le responsable des ressources humaines, et Narjess Saidane, la représentante auprès de l’ONU à New York, ont également été remerciés. Un intérim a été mis en place dès le 25 novembre.

Le 9 décembre, Georges Nakseu Nguefang, directeur des affaires politiques de Michaëlle Jean, a été nommé représentant permanent de l’OIF auprès des Nations unies, à Genève. Il succède à Henri Monceau, promu directeur de la Francophonie économique et numérique. Enfin, Éric Adja, le directeur du Bureau régional de l’Afrique de l’Ouest, lui aussi nommé par Jean, a été limogé le 11 décembre « à la suite d’une procédure disciplinaire ».