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Tchad : Albert Pahimi Padacké entame sa mue
pour les législatives

Par Jeune Afrique
 

Selon nos sources, le Premier ministre tchadien Albert Pahimi Padacké, dont le poste devrait être supprimé en mai par la nouvelle Constitution, se prépare déjà pour les élections législatives de novembre. Il entend mener lui-même la bataille dans sa région d’origine du Mayo-Kebbi-Ouest.

Alors que son poste doit être supprimé par la nouvelle Constitution, qui doit être promulguée début mai, le Premier ministre, Albert Pahimi Padacké, a demandé à ses équipes de mettre ses affaires en ordre. Elles s’activent déjà à faire l’inventaire des locaux. Selon nos sources, le chef du gouvernement n’a jamais oublié son véritable objectif, les élections législatives, prévues pour novembre.


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Ayant réuni les fonds, il prépare son parti, le Rassemblement national pour la démocratie au Tchad-Le Réveil. Albert Pahimi Padacké entend mener lui-même la bataille dans sa région d’origine du Mayo-Kebbi-Ouest, où il espère concurrencer l’opposant Saleh Kebzabo. Il souhaite talonner le Mouvement patriotique du salut (au pouvoir), ce qui ferait de lui un potentiel président de l’Assemblée nationale.

Mali: nouveaux tirs d'obus à Tombouctou

L'entrée du camp de la Minusma et de Barkhane à Tombouctou après l'attaque du 14 avril revendiquée par le GSIM.
© AFP

Une semaine après l'attaque jihadiste contre les camps de la Minusma et de la force française Barkhane à Tombouctou, de nouveaux tirs d'obus ce dimanche ont été tirés en direction de l'aéroport et d'un camp de l'armée malienne. Ces obus n'ont fait aucun dégât.

L’un des quatre obus est tombé à quelques kilomètres du camp militaire malien de Tombouctou. Les autres, loin de l’aéroport, où sont stationnés la force française Barkhane et les casques bleus de l’ONU.

Si ces tirs ont fait plus de peur que de mal, ils interviennent une semaine après la lourde attaque toujours à Tombouctou contre les camps de la mission de l’ONU et de Barkhane. Attaque revendiquée par les jihadistes du Groupe soutien aux musulmans et à l’islam (GSIM), qui avait causé la mort d'un casque bleu. Les tirs d’obus de ce dimanche seraient ainsi une manière pour les assaillants de dire « nous sommes toujours présents sur le terrain ».

Présents sur le terrain, et toujours prêts à en découdre. Les forces alliées (Barkhane, Minusma et armée malienne) prennent la menace au sérieux. « L’ennemi joue à l’invisible, procède à des attaques lâches. Nous ouvrons grandement les yeux », explique une source sécuritaire étrangère.

Sans rentrer dans les détails, la même source explique que le dispositif de sécurité est renforcé, avec un changement de stratégies. L'une de ses stratégies est d’aller chercher de plus en plus sur le terrain les jihadistes, avant qu’ils ne lancent des roquettes et obus. C’est que Barkhane a fait ce week-end dans la région de Tombouctou. Ce qui explique peut-être pourquoi les obus de ce dimanche ont été tirés à la hâte et sans précision.

Des tirs peu précis n'ayant occasionné aucun dégâts ni donc aucune panique à au sein de la population, finalement habituée à ces attaques comme l'explique cet habitant : « Heureusement, ils ne s'attaquent pas aux civils. Ils essaient de viser la base. Que voulez-vous? Les gens sont habitués à ces choses-là, ils les commentent, ils en rient même. »

Côte d'Ivoire: où va le RHDP?

Alassane Ouattara, le 12 avril 2018 à Yamoussoukro. Tout le monde pourra être candidat au sein du RHDP en 2020, a assuré le chef de l'Etat le 20 avril à Paris.
© REUTERS/Luc Gnago

Le RHDP, coalition de six partis (RDR, PDCI, MFA, UDPCI, PIT, UPCI) sera-t-il un parti unifié avant la présidentielle et, après discussions, présentera-t-il un candidat issu des rangs du PDCI, du RDR ou d'un autre parti ? Selon les uns et les autres, le dialogue devrait aboutir à un accord clair. Pour l'instant, l'heure est aux tractations et aux congrès : le 5 mai pour le RDR, le 12 pour l'UDPCI. Pour les autres partis, les dates ne sont pas encore connues.

Henri Konan Bédié a affirmé ce vendredi sur RFI que le PDCI-RDA présentera un candidat en 2020, sous-entendu porté - en tout cas cela est souhaité - par les autres cinq partis du RHDP, y compris le RDR. « Compte-tenu de ce que ce parti par deux fois a soutenu le candidat du RDR pour en faire le candidat unique du RHDP, nous souhaitons un soutien de leur part », a-t-il déclaré.

→ (RE)LIRE : H.K.Bédié, invité Afrique: «Le PDCI discute avec ses alliés, il présentera un candidat en 2020»

Hier encore, Alassane Ouattara était à Paris, où il a rencontré Emmanuel Macron. Sur les marches de l'Elysée, le président ivoirien a-t-il dissipé tout malentendu au sein de la majorité ? Pas si sûr. « Ce qui nous importe c'est la stabilité de la Côte d'Ivoire, et nous continuerons de travailler ensemble, y compris de préparer les élections en 2020. Tout le monde pourra être candidat et le meilleur sera choisi par cette alliance, le RHDP », a-t-il dit.

Pour Toikeuse Mabri, président du PDCI, la réponse sera l'aboutissement d'un dialogue. Chaque parti devra dire si oui ou non le RHDP doit être unifié avant la présidentielle, et définir le mécanisme de désignation d'une candidature unique. Mais pour l'instant... « Pourquoi pensez-vous que je doive affirmer que c'est le tour du PDCI ? Moi, j'affirme aussi que c'est le tour de l'UDPCI. »

La majorité va-t-elle accoucher d'un RHDP unifié ? Ou d'une coalition RHDP renforcée au sein de laquelle les partis gardent leur identité historique ? Un mot sera dans toutes les têtes et chaque étape du processus : la stabilité de la Côte d'Ivoire.

Mali: l'Assemblée vote la déclaration de politique générale
du Premier ministre

L'Assemblée nationale du Mali à Bamako (image d'illustration).
© HABIBOU KOUYATE / AFP
 

Les députés de l’Assemblée nationale du Mali ont approuvé lundi 23 avril, à une large majorité (109 voix pour, 35 contre), la déclaration de politique générale du Premier ministre. Le vote s’est déroulé après une séance de questions-réponses entre les députés et Soumeylou Boubeye Maïga.

L’examen est plutôt réussi pour Soumeylou Boubeye Maïga. 109 députés approuvent sa déclaration de politique générale (DGP), 35 autres désapprouvent et votent non. Le texte est largement adopté. Officiellement le chef du gouvernement a désormais dans les faits une majorité à l’Assemblée.

Lors de la séance de questions-réponses à l’Assemblée, le Premier ministre, nommé fin décembre 2017, a semble-t-il tiré son épingle du jeu. L’opposition, de son côté, a rempli son rôle. L’un de ses représentants a par exemple jugé le programme d’action du Premier ministre inefficace. « C’est de bonne guerre », ont déclaré des députés de la majorité. L'un d'eux a même jeté des fleurs au Premier ministre malien en le comparant à Georges Clemenceau, un célèbre homme d’État français.

Parmi les projets de Soumeylou Boubeye Maïga, il y a notamment la relance du processus d’Alger. Sur ce point, il a affirmé devant les députés qu’il assigne une nouvelle feuille de route avec les groupes armés du nord du Mali, et qu’il entend la respecter.

Outre les accords de paix d’Alger, il y a également le dossier de la bonne organisation de l'élection présidentielle de juillet prochain. Sur ce point l’opposition l’attend au tournant, alors que de son côté, la majorité à l’Assemblée affirme faire confiance au chef du gouvernement.

Des « vœux pieux » selon l’opposition

L'Union pour la République et la démocratie (URD), qui dispose de 15 députés à l'Assemblée, a voté contre la déclaration de politique générale du Premier ministre. Le principal parti d'opposition juge notamment que les délais sont trop courts.

« Nous, nous pensons que vu le temps imparti d’ici les élections, tout ce qu’on dit là, ce sont des vœux pieux et cela ne rime pas à une réalité quelconque, estime Kalifa Doumbia, un des vice-présidents du parti. Donc nous sommes déjà à deux mois des élections. Un Premier ministre vient nous étaler toute une litanie de vœux pieux. Nous, nous n’y croyons pas ».

Pour Kalifa Doumbia, les projets du Premier ministre ne sont pas réalistes. « Il serait mieux de donner peut-être un programme strict minimum pour dire : "d’ici les élections jusqu’à ce que le président soit installé, c’est ainsi que nous pouvons faire et voilà comment nous pouvons faire, et voilà les moyens". Mais un Premier ministre qui n’a que trois mois à faire et qui donne des programmes jusqu’en l’an 2020, ça nous paraît trop gros. Ça ne nous donne même pas l’essence même de ce qu’on veut aujourd’hui pour la sécurité de nos citoyens, pour nous permettre de faire une élection libre et transparente ».

Côte d’Ivoire: l’ex-président Bédié
clarifie la position du PDCI-RDA

Henri Konan Bédié, le 6 octobre 2013.
© AFP PHOTO / SIA KAMBOU
 

Les remous de l'accord politique en Côte d'Ivoire. Le PDCI et le RDR sont prêts à fusionner, mais à quel prix et pour quel candidat ? Henri Konan Bédié était ce vendredi invité de la rédaction. L’ancien président s’est attaché à clarifier sa position.

Il fallait clarifier, rassurer et apaiser. En dire suffisamment, mais pas trop non plus, pour que les troupes du PDCI-RDA – que ce soit du plus jeune militant jusqu’au cadre le plus chevronné –, cessent de s’inquiéter sur l’avenir de ce nom du PDCI-RDA et calme aussi leurs angoisses existentielles. A savoir, l’incertitude d’avoir un candidat issu de ce parti pour l’élection présidentielle de 2020.

En l’occurrence, la mission du président Bédié est presqu'un sans-faute. Pour lui cela ne fait pas l’ombre d’un doute, au nom de l’alternance et du renvoi d’ascenseur avec le parti allié du RDR, après s’être sacrifié électoralement parlant, à leur profit en 2010 et en 2015, l’alternance ne peut avoir lieu, cette fois, qu’au bénéficie du PDCI. Le RDR, s’il a un champion pour 2020, devra passer son tour.

C’est le nœud des querelles qui agitent en ce moment le petit Landerneau politique ivoirien, le PDCI et son président Bédié veulent cette assurance, avant la constitution effective du RHDP. Le RDR d’Alassane Ouattara, lui, laisse planer un doute, une sorte de flou artistique, en laissant entendre que l’on ira vers des primaires, après que tous les partis de la majorité - ils sont six -, se soient fondus dans le rassemblement des houphouëtistes pour désigner leur candidat pour 2020.

C'est un sentiment légitime qu'il a exprimé. Chacune de nous doit exprimer ses sentiments.
Albert Toikeusse Mabri, président de l'UDPCI qui fait aussi partie de la majorité
20-04-2018 - Par Jean-Jacques Louarn
 

Quelle sera donc leur méthode, quel sera le calendrier, les exigences des uns et des autres des six partis ? Le président Bédié ne répond pas et s’en tient à une déclaration : « Il faut s’en tenir à l’accord politique et à ce qu’il contient et rien d’autre ».  Le problème de ce document c’est qu’à part l’idée d’un parti unifié qu’il semble vouloir, il n’y a rien d’autre.