Témoignages

 

Un article paru sur le dernier numéro de "Voix d'Afrique" que nous avons

le plaisir de publier sur notre site

http://peresblancs.org/interview_eleonore_Yameogo.pdf

« L’ordination d’hommes mariés risque de renforcer le cléricalisme »
La Croix Africa

Le père François Glory, prêtre des Missions étrangères de Paris (MEP), a été missionnaire pendant trente ans en Amazonie brésilienne.

Le document de travail du Synode sur l’Amazonie ouvre une réflexion sur la possible ordination d’hommes mariés pour ces régions reculées. Qu’en pensez-vous ?

Père François Glory : J’ai le sentiment que c’est un faux problème. En Amazonie, il faut réfléchir à partir des communautés. Rien qu’au Brésil, où j’ai vécu trente ans, on en dénombre 70 000 privées d’eucharistie le dimanche. Les communautés qui résistent sont celles qui font le lien entre la parole de Dieu et leurs actions. Les autres sont avalées par les Églises évangéliques.

L’ordination d’hommes mariés risque de renforcer le cléricalisme. Or, les communautés de base fonctionnent grâce à la distribution des différents ministères : comme dans l’Église primitive, chacun a reçu des dons différents et les met au profit de tous. Le système clérical, lui, concentre tout sur une personne.

Il faut repenser, sans bien sûr la dévaloriser, la place de l’eucharistie pour ces communautés. Nous pensons trop souvent que, sans eucharistie régulière, elles ne peuvent continuer à exister. Mais est-ce seulement par cela que l’on forme une communauté ? La petite Église locale ne vit pas uniquement de l’aspect sacramentel mais aussi de sa dimension sociale et prophétique. Après, si certaines communautés sont prêtes à ordonner des hommes mariés, étudions les cas.

Le manque de prêtres dans ces régions n’est pas un problème, selon vous ?

P. F. G. : Le problème n’est pas de suppléer au manque de prêtres mais plutôt de se demander quelle communauté nous voulons…. Continuer la lecture de: « L’ordination d’hommes mariés risque de renforcer le cléricalisme » – La Croix Africa. Recueilli par Arnaud Bevilacqua, 19.06.19.

 
Saint-Maurice le 2 juin 2019. Messe du pèlerinage aux saints d'Afrique à la basilique de l'Abbaye. | © B. Hallet
Suisse
Saint-Maurice le 2 juin 2019. Messe du pèlerinage aux saints d'Afrique à la basilique de l'Abbaye. | © B. Hallet

Pèlerinage aux saints d'Afrique: les femmes devant

03.06.2019 par Bernard Hallet

La 18e édition du pèlerinage aux saints d’Afrique  a eu pour thème la place de la femme africaine dans l’Eglise et la société. Le Togo était le pays mis à l’honneur de cet événement accueilli par l’Abbaye de Saint-Maurice (VS), le 2 juin 2019.

La luminosité qui baigne la cour située entre le collège de Saint-Maurice et son réfectoire est presque aveuglante. Le pique-nique s’achève et de petits groupes s’agglutinent dans les rares zones d’ombre que laisse le soleil, à son zénith. Les chorales et les pèlerins s’aimantent à la procession qui se forme et qui les conduira à la basilique pour la messe de ce 18e pèlerinage aux Saint d’Afrique.

Les chants s’élèvent, rythmés par les percussions, parmi lesquels dominent les voix des femmes, majoritaires lors de cette journée. Elles sont à l’honneur de ce pèlerinage africain de Saint-Maurice. “Exceptionnellement, cette année nous n’avons pas d’évêque invité, ni de saint à honorer. Le thème est donc celui de la place des femmes dans l’Eglise et la société“, explique le Père Claude Maillard, Père blanc, membre du comité du pèlerinage. Il ajoute que le Togo est le pays à l’honneur et que Mgr Jean Scarcella, Père abbé de l’Abbaye, a accepté de présider la messe du pèlerinage.

Le rôle essentiel de la femme

“Le rôle de la femme est essentiel en Afrique, explique le Père Maillard. Elle a toute sa place dans la famille, la communauté qui est le pilier de la vie sociale en Afrique“. Dans une société plutôt dominée par les hommes, il estime que les choses bougent, notamment en politique. Lentement certes, mais sûrement.

Agnès Rondez, une Togolaise arrivée dans le Jura en 2001, a pris la parole sur le thème du jour, en s’inspirant de la campagne d’Action de Carême-Pain pour le prochain. Elle appuie le propos: “En Afrique, la femme porte le monde, infatigable, elle est la locomotive“, lance-t-elle. Elle crée, elle coud, elle est “devant“ pour nourrir la famille et prendre des initiatives. “Au Togo, au marché c’est la femme que vous trouverez“, sourit-elle.



Saint-Maurice le 2 juin 2019. La Togolaise Agnès Rondez lors du pèlerinage aux saints d’Afrique | © B. Hallet

Cela peut, de plus, commencer dès l’enfance, à la paroisse et dans les activités de jeunesse, précise Agnès Rondez. Elle se souvient des années où elle servait la messe et faisait partie des Cœurs vaillants (l’équivalent des scouts). Elle reconnaît néanmoins que la situation diffère grandement d’un pays à l’autre.

Yvonne, originaire de la République démocratique du Congo (RDC), relativise le propos. “La femme est marginalisée dans l’Eglise et dans la société et ne parvient pas à trouver sa place. Pourtant elle donne la vie, elle doit être écoutée“, déplorant une situation dans laquelle la femme est inaudible. Elle dénonce le viol et le meurtre d’enfants et de femmes et fustige les multinationales présentes en RDC qui les exploitent. Elle garde malgré tout le sourire et l’espérance pour les femmes africaines.

“L’assemblée a d’ailleurs fortement réagi durant la conférence. Des propos que les mamans ont beaucoup applaudis et commentés“, relate le Père blanc. Plus tôt dans la matinée, les pèlerins ont aussi prié pour ces femmes africaines en souffrance.

Des apôtres du pardon

“Oui, l’Afrique est vivante dans l’Eglise et sera fidèle aux paroles prophétiques que le pape Benoît XVI lui a données lors du deuxième Synode de l’Afrique“. Le Père Godfroy Kouegan, prêtre togolais du diocèse d’Aneho, a estimé dans son homélie qu’est venue “l’heure de l’Afrique“, une heure favorable qui invite instamment les messagers du Christ à avancer en eau profonde et à lâcher les filets pour la pêche (Lc 5, 4). D’une voix douce, le prêtre, actuellement à l’Abbaye de Saint-Maurice pour un temps sabbatique, a relevé que “Notre joie, la vraie joie de l’Afrique c’est le courage avec lequel elle endosse sa croix et avance avec persévérance et confiance“.


Le Père Godfroy Kouegan a exhorté les pèlerins à devenir des apôtres du pardon et de la réconciliation. | © B. Hallet

 

“J’ose mettre sur chacune de vos lèvres ces paroles du psalmiste pour bénir cette Abbaye, son Père Abbé et ses chanoines: ‘A vous toujours, la vie et la joie !’“, a remercié le Père Kouegan qui s’étonnait du fait que l’Abbaye s’intéressait au continent noir. “Elle [l’abbaye] est en quête de vie […]. La vie et l’espérance qui transcendent tous les assauts de la mort, la culture de la mort que le monde développe inconsciemment ou non aujourd’hui“.

“C’est faire Eglise, famille de Dieu, que de vivre et de faire vivre les événements comme celui-ci dans la catholicité“, a-t-il conclu, avant d’exhorter les pèlerins à “partir d’ici et de devenir les apôtres du pardon et de la réconciliation“.

L’heure de la maturité

Au terme d’une journée rythmée et haute en couleur, le Père Claude Maillard se dit serein et se réjouit. Il salue l’engagement des chorales, véritables ‘colonne vertébrales’ de ce pèlerinage. “Les Africains apportent beaucoup à nos communautés et dans nos paroisses, grâce à l’ancrage qu’ils y ont trouvé“.

“Les Africains prennent en main “leur“ pèlerinage. On ne dit plus d’ailleurs qu’il est le pèlerinage des Père blancs“. L’événement a pris sa vitesse de croisière, il faut continuer. “C’est l’heure de la maturité!“ (cath.ch/bh)

 Le Père Claude Maillard, membre du comité du pèlerinage aux saints d'Afrique. | © B. Hallet
 
 
Saint-Maurice le 2 juin 2019. La chorale érythréenne a rythmé le pèlerinage aux saints d'Afrique. | © B. Hallet
 
Saint-Maurice le 2 juin 2019. La chorale érythréenne a rythmé le pèlerinage aux saints d'Afrique. | © B. Hallet
 
 La chorale érythréenne a rythmé le pèlerinage aux saints d'Afrique. | © B. Hallet
 
Saint-Maurice le 2 juin 2019. Messe du pèlerinage aux saints d'Afrique à la basilique de l'Abbaye. | © B. Hallet
 
 Messe du pèlerinage aux saints d'Afrique à la basilique de l'Abbaye. | © B. Hallet
 
 “Cheese!“ Photo souvenir avec Mgr Jean Scarcella lors du Pèlerinage aux saints d'Afrique © B. Hallet
 
 
 Sur un rythme chaloupé, les femmes du Togo apportent les offrandes à l'autel. | © B. Hallet
 
 
Saint-Maurice le 2 juin 2019. Procession en rythme jusqu'à la basilique de l'Abbaye. | © B. Hallet
 
 
 Chants et rythmes lors de la messe du pèlerinage aux saints d'Afrique. | © B. Hallet
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 Messe du pèlerinage aux saints d'Afrique à la basilique de l'Abbaye. Le Père Godfroy Kouegan. | © B. Hallet
 
Saint-Maurice le 2 juin 2019. Recueillement lors de la messe du pèlerinage aux Saints d'Afrique. | © B. Hallet
 
Saint-Maurice le 2 juin 2019. Recueillement lors de la messe du pèlerinage aux Saints d'Afrique. | © B. Hallet

 

Aimé Adi : « La religion joue un rôle majeur
en matière de cohésion et de paix » | La Croix Africa

 

À Lomé, le Conseil épiscopal Justice et Paix du Togo organise les 11 et 12 juin un colloque sur le thème « Religion et institution de la République. »

En marge de cette rencontre, La Croix Africa a rencontré Aimé Adi, directeur d’Amnesty International au Togo, un des principaux intervenants.

La Croix Africa : Quelles sont les responsabilités des confessions religieuses dans un pays en quête de paix ?

Aimé Adi : La religion joue un rôle important en faveur de la cohésion et de la paix dans un pays comme le Togo où presque chaque citoyen pratique une religion, qu’elle soit monothéiste ou traditionnelle. Dans ce contexte, les responsables religieux sont souvent très écoutés et respectés par les citoyens.

Ce rôle se manifeste dans divers domaines tels que l’édification des consciences à travers les messages de non-violence, du vivre-ensemble. Dans ce sens, le combat contre l’ethnocentrisme est un défi dans un pays comme le Togo. Le lieu de culte est ainsi le premier espace où se vit la diversité : origines, idéologies, cultures, etc.

Quelle devraient alors être les relations entre les religions et les institutions étatiques ? […]

Mais il y a le risque d’instrumentalisation des religions par les politiques… […]

Comment donc échapper aux risques d’instrumentalisation ? […]

À Lire dans: Aimé Adi : « La religion joue un rôle majeur en matière de cohésion et de paix » – La Croix Africa, Charles Ayetan, 12.06.19

[Livre] : L’Église en Afrique, au-delà des apparences
– La Croix Africa

« L’Église en Afrique, au-delà des apparences », est un livre du père Donald Zagoré de la Société des Missions africaines (SMA) paru aux éditions Saint-Augustin Afrique en mai 2019. Dans cette œuvre d’une centaine de pages, l’auteur reprend une partie de ses chroniques publiées depuis 2018 à La Croix Africa et qui jettent « un regard critique sur la religion en Afrique ».

Ce sont, au total 23 textes publiés entre 2018 et 2019 à La Croix Africa, dans sa chronique « Un regard critique sur la religion en Afrique » que le père Donald Zagoré a réunis dans un ouvrage intitulé « l’Église en Afrique au-delà des apparences ». Dans ce livre, le jeune prêtre de la Société des missions africaines (SMA) interroge le christianisme africain sur des questions d’actualité. C’est d’ailleurs, le besoin exprimé dès l’introduction. « Questionner, repenser l’appareil ecclésial africain est aujourd’hui un exercice fondamental en vue de lui redonner une place de proue dans l’histoire du salut des peuples africains », explique-t-il.

Passionné des analyses politiques, le père Zagoré prône l’engagement sociopolitique de l’Église au service de la vérité et de la paix. […]

Père Donald Zagoré SMA, « L’Église en Afrique, au-delà des apparences » vol.1. Lomé, Éditions Saint-Augustin Afrique, mai 2019. 110 pages.

Lire la présentation complète par Luci Sarr : [Livre] : L’Église en Afrique, au-delà des apparences – La Croix Africa, 06.06.19.

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Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)