Témoignages

 

Elom 20ce, le rappeur togolais passeur d’histoires

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Mis à jour le 25 novembre 2020 à 09h55
Selon le rappeur togolais Elom 20ce, « le rôle de l’artiste est de créer des connexions ».

Selon le rappeur togolais Elom 20ce, « le rôle de l’artiste est de créer des connexions ». © EMERSON LAWSON

 

Un quatrième album, une exposition à Lomé et plusieurs documentaires… Pour le rappeur Elom 20ce, 2020 est une année foisonnante. Avec pour fil rouge un panafricanisme ancré dans l’action.

« Je souffle le feu dans les cœurs aveuglés, la révolte dans les têtes calcinées. » Ainsi s’ouvre le dernier album d’Elom 20ce, Amewuga. Les cuivres portent haut le verbe engagé, en français ou en éwé, du rappeur indépendant, avec ses références politiques et historiques, son regard tourné vers le futur. « On me dit en colère, je ne parle que d’amour et d’espoir », lâche-t-il.

Plus que jamais, dans cet opus autour duquel il a voulu rassembler, l’artiste se livre. « Je suis parce que nous sommes », dit le dernier morceau, « Ubuntu ». Une formule fédératrice reprise pour qualifier une série d’entretiens radiophoniques menés, parallèlement, avec de jeunes artistes et étudiants togolais. « Quel temps accorde-t-on à celles et ceux qui nous portent ?” En se posant cette question, Elom 20ce retourne micro et caméra vers celles et ceux qui l’entourent.

Archives du futur

« Aux impossibles imminents » n’est plus seulement un morceau du nouvel album, il est aussi une bande son et s’incarne en Blacky, Mawuto, Yawo, Kezita, Lex, Bertha. Vendeurs ambulants, taxi-moto, fossoyeur, artiste, motarde, portefaix, ils ont été filmés dans leur quotidien. « Je déterre les archives du futur pour montrer ce que l’on est encore capable d’avoir déjà réalisé ! Je suis un Impossible Imminent ! » insiste Elom 20ce, qui a interrogé ces habitants de différents quartiers de Lomé sur leurs rêves et a mêlé leurs voix à la sienne.

Ces courts-métrages de 13 minutes chacun, qui racontent la capitale-frontière, sont parties prenantes d’une exposition de l’architecte anthropologue Sénamé Koffi Agbodjinou au palais de Lomé.

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L’ÊTRE HUMAIN EST PLUS PRÉCIEUX QUE L’ARGENT

Elom 20ce nourrit ainsi son quatrième album Amewuga – qui signifie : « l’être humain est plus précieux que l’argent » –, d’une véritable démarche documentaire. Le titre « Le silence est un cri », est une trilogie autour de la paysannerie. L’un des volets, hommage au révolutionnaire agronome Amilcar Cabral, questionne : “Que sont nos capitales sans les campagnes qui les nourrissent ?” Des paysannes d’Alagbowé témoignent de leurs pratiques et s’interrogent sur leurs transformations.

Tourné en mars dernier, le documentaire en accentue l’une des problématiques : la fracture entre les mondes rural et urbain.  « La crise sanitaire m’a permis d’ancrer mon propos dans une réalité », précise Elom 20ce. Panafricaniste convaincu, proche de l’historien Amzat Boukari-Yabara, présent dans son troisième album, il poursuit : « Être africain c’est forcément être politique. Nous sommes des sociétés en lambeaux où l’État est en faillite et ne se préoccupe pas de sa population.”

Luttes africaines

Juvencio Ayivi/Adjo-Massan Djeha
« Amewuga », le nouvel album du rappeur togolais Elom 20ce, s’ouvre avec les voix incarnées des ancêtres et se referme
avec celle de son propre fils. © Juvencio Ayivi/Adjo-Massan Djeha

Né à Lomé en 1982, Elom Kossi Vinceslas Khaunbiow a grandi entre la capitale togolaise et Hahotoé. Puis il s’est installé quelques années à Cotonou, au Bénin, y a fait des études en relations internationales et sciences politiques avant de revenir au Togo. Il réside aujourd’hui, avec sa famille, entre Accra, au Ghana, et Lomé.

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ON NE MILITE PAS POUR SOI

En 2009, il crée Arctivism : des rencontres autour de personnages phares des luttes africaines, de Cheikh Anta Diop à Angela Davis, de Thomas Sankara à Kwame Nkrumah. « En vérité, dit-il, un prétexte pour s’apprendre, car on ne milite pas pour soi. »

À chaque Arctivism, il publie Asrafozine, un magazine gratuit. Il conçoit aussi les ciné-débats Cinéréflex et les rendez-vous « La feuille et le papier », autour d’une plante locale et d’un livre. Il lance également la marque de vêtements Asrafobawu : « tisser est aussi une écriture », raconte Elom.

Livres audio et films

Sous son label Asrafo Records, qui signifie
Sous son label Asrafo Records, qui signifie "guerriers" et qui est symbolisé par une fourmi, il a signé récemment la poétesse Antonya David-Prince. © EMERSON LAWSON

Aujourd’hui, il pense à la production de livres audio et à d’autres films. Sous son label Asrafo Records, qui signifie « guerriers » et qui est symbolisé par une fourmi, il a signé récemment la poétesse Antonya David-Prince. Une métaphore du « construire ensemble et que chacun fasse sa part ».

Là encore, réunir est un credo : « Le rôle de l’artiste est de créer des connexions. »

Sur ses propres albums, on retrouve par exemple Oxmo Puccino, Blitz the Ambassador et Le Bavar (La Rumeur).

Un véritable voyage dans le temps

Sur Amewuga ? Les rappeurs Rocé et Modedine, le musicien funk togolais Dama Damawuzan et la saxophoniste Nathalie Ahadji. Ce dernier opus de 16 titres, arrangés une nouvelle fois par le complice Alexis Hountondji, est un véritable voyage dans le temps, s’ouvrant avec les voix incarnées des ancêtres et se refermant avec celle du fils d’Elom. Du passé qu’il s’attache à transmettre aux projecteurs tournés vers celles et ceux qui font aujourd’hui, Elom 20ce est résolument un passeur d’histoires.

Black Livres Matter : notre sélection des plus grands écrivains afro-américains

Nathalie Crom,

Publié le 19/10/20 mis à jour le 23/10/20

Frederick Douglass, date inconnue.

Frederick Douglass, date inconnue.

ASSOCIATED PRESS

Toni Morrison, James Baldwin, Iceberg Slim… De 1845 à 2020, notre sélection hautement subjective des vingt incontournables de la littérature afro-américaine. Alors que les élections approchent et inquiètent, “Télérama” décline neuf jours durant les dix raisons de croire encore en l’Amérique et à son rayonnement culturel.

 

“Mémoires d’un esclave” (“Narrative of the Life of Frederick Douglass, an American Slave”, 1845), de Frederick Douglass

Mémoires d’un esclave de Frederick Douglas

Mémoires d’un esclave de Frederick Douglas

Lux

Un siècle après les tout premiers récits d’esclaves, Frederick Douglass (1818-1895) livrait à son tour son témoignage sur ce qu’avait été sa vie jusqu’alors : sa naissance dans le Maryland d’une mère esclave et d’un père iconnu (« Le bruit courait aussi que mon maître était mon père mais de la justesse de cette opinion j’ignore tout ; le moyen de savoir m’était confisqué… »), la séparation immédiate du nourrisson et de sa mère, la plantation à 6 ans, l’interdiction de recevoir une éducation, l’auto-initiation à la lecture, la fuite vers New York à l’âge de 20 ans... Lorsqu’il écrivit ce passionnant récit, circonstancié et distancié, Frederick Douglass était toujours un esclave fugitif, mais déjà un militant abolitionniste inlassable, un homme de presse doublé d’un orateur puissant – et un « citoyen américain » revendiqué haut et ferme.

Traduit par Normand Baillargeon et Chantal Santerre, éd. Lux.

 


Mais leurs yeux dardaient sur Dieu de Zora Neale Hurston

Mais leurs yeux dardaient sur Dieu de Zora Neale Hurston

Zulma

“Mais leurs yeux dardaient sur Dieu” (“Their Eyes Were Watching God”, 1937), de Zora Neale Hurston

Changer d’avis, le passionnant recueil d’essais de la Britannique Zadie Smith, s’ouvre par une réflexion sensible et admirative sur le roman de Zora Neale Hurston (1891-1960), « secret chéri et bien gardé des femmes noires de la génération de ma mère », écrit-elle, devenu depuis deux décennies une œuvre culte. L’autrice, anthropologue de formation, figure du mouvement Harlem Renaissance et considérée comme une pionnière de la littérature féministe afro-américaine, y déroule la vie de Janie, ponctuée par trois mariages. Janie, petite-fille d’esclave, en quête de l’amour vrai – un personnage dont Zadie Smith loue à juste titre la complexité, les défauts, les incertitudes, soulignant l’absence de manichéisme qui préside à son portrait, dressé par une Zora Neale Hurston en pleine possession de ses armes littéraires : une écriture éclatante de vitalité et de créativité.

Traduit par Sika Fakambi, éd. Zulma.

 


Un enfant du pays de Richard Wright

Un enfant du pays de Richard Wright

Folio

“Un enfant du pays” (“Native Son”, 1940), de Richard Wright

«Tous les écrivains de l’après-guerre qui feront de l’expérience noire en Amérique leur thème – en particulier Ralph Ellison et James Baldwin – commenceront leur carrière dans l’ombre et le sillage de Richard Wright, quitte à rompre plus ou moins brutalement avec lui », note Pierre-Yves Pétillon dans sa précieuse Histoire de la littérature américaine (éd. Fayard), soulignant le rôle crucial de cet écrivain passé par Memphis et Chicago avant de s’installer en 1946 en France, afin d’échapper à la croisade anticommuniste du sénateur McCarthy. Dans Un enfant du pays, Richard Wright (1908-1960) se tient aux côtés de Bigger Thomas, un jeune Noir de Chicago en cavale, confronté à la violence raciale et à l’injustice. À travers ce personnage convulsif, poursuit Pierre-Yves Pétillon, Wright a fait du Noir « une figure marginale, quasi dostoïevskienne, hantant les marges de la société » pour mieux en révéler les dérèglements et les perversions.

Traduit par Hélène Bokanowski et Marcel Duhamel, éd. Folio.

 

 

La Rue d’Ann Petry

La Rue d’Ann Petry

10/18

“La Rue” (“The Street”, 1946), d’Ann Petry

À Harlem, sur la 116e Rue, dans les années 1940, Lutie Johnson élève seule son fils de 8 ans, dans un environnement marqué par la misère, la violence, la menace d’un danger protéiforme et permanent dont elle tente de préserver son enfant. « Les Noirs qui vivent à New York et qui n’ont pas d’argent ne peuvent habiter que des maisons comme celle-ci. Et pendant qu’ils travaillent au-dehors pour payer leur misérable loyer, la rue se charge d’élever leurs enfants. Elle leur sert de père et de mère. Père démoniaque, mère vicieuse, elle les modèle à son image… », écrit Ann Petry (1908-1997) dans ce roman (son premier, deux autres suivront) réaliste et poignant, inscrit dans l’histoire pour avoir été le premier ouvrage d’une autrice afro-américaine vendu à plus d’un million d’exemplaires.

Traduit par par Martine Monod, Nicole et Philippe Soupault, éd. Belfond et chez 10/18.

 

 


Homme invisible, pour qui chantes-tu ? de Ralph Ellison

Homme invisible, pour qui chantes-tu ? de Ralph Ellison

Les Cahiers rouges

“Homme invisible, pour qui chantes-tu ?” (“Invisible Man”, 1952), de Ralph Ellison

Il n’a pas de nom, pas de visage, il est l’homme invisible qui voyage du Sud profond vers Harlem, des plantations vers la grande ville en permanent état d’ivresse. Un voyage initiatique autant que physique, au cours duquel il accumule au passage les humiliations et les manifestations de rejet et de violence, il endosse une à une les identités que la société et le pouvoir blancs tentent de lui assigner, il recueille dans sa chair et sa mémoire les témoignages de l’expérience noire aux États-Unis... Roman d’apprentissage picaresque et virtuose, polyphonique à la façon de l’Ulysse de Joyce ou des monologues hantés de Faulkner, aux rythmes nourris de ceux du blues et du jazz, Homme invisible, pour qui chantes-tu ?, seul ouvrage publié de son vivant par Ralph Ellison (1914-1994), dinstingué en 1953 par le Nationak Book Award, est unanimement considéré comme l’un des plus grands textes de fiction de la seconde moitié du XXe siècle.

Traduit par Magali et Robert Merle, éd. Grasset, coll. Les Cahiers rouges.

 

 


La Conversion de James Baldwin

La Conversion de James Baldwin

Rivages

“La Conversion” (“Go Tell It on the Mountain”, 1953), de James Baldwin

Fils de pasteur, lui-même prêcheur lors de son adolescence, James Baldwin (1924-1987) a repris, pour titrer son premier roman, un fragment de negro spiritual : « Go tell it on the mountain », « Va le dire sur la montagne, par dessus les collines et partout, que notre Christ est né… » Devenu en français Les Élus du Seigneur lors de sa première traduction, puis aujourd’hui La Conversion, ce roman autobiographique et mystique est l’histoire d’une traversée des ténèbres, d’une nuit de l’âme : celle dans laquelle plonge John Grimes, un jeune Noir de Harlem, au cours d’une cérémonie religieuse qui, le jour de ses 14 ans, le voit contraint d’affronter ses démons. C’est-à-dire ses hontes : celle d’être noir, d’être laid, d’être un enfant illégitime, élevé par des parents déracinés qui ont quitté le Sud dans l’espoir d’une vie meilleure, et finalement croupissent dans les taudis du ghetto new-yorkais. À 29 ans, Baldwin signait ici son meilleur roman – c’est dans ses essais qu’allait exploser son talent.

Traduit par Michèle Albaret-Maatsch, éd. Rivages.

 

 


Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage de Maya Angelou

Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage de Maya Angelou

Le Livre de poche

“Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage” (“I Know Why the Caged Bird Sings”, 1969), de Maya Angelou

Activiste et poète, ancienne danseuse et comédienne de théâtre, proche notamment de Malcolm X et de Martin Luther King, Maya Angelou (1928-2014 ) avait 40 ans lorsque, au lendemain de l’assassinat du leader du mouvement des droits civiques, et sous la pression de son ami Baldwin, elle entreprit d’écrire ce premier volet de son autobiographie – qui en comptera sept au total. Récit poignant, et essoré de toute afféterie, d’une enfance dans l’Arkansas ségrégationniste des années 1930, Je sais pourquoi chante l’oiseau en cage raconte aussi l’histoire d’une résistance farouche à l’injustice et d’une émancipation – par l’éducation, et surtout la lecture, source de liberté et outil d’invention de soi. Le livre est aujourd’hui un classique, étudié dans les écoles américaines – et au-delà.

Traduit par Christiane Besse, éd. Les Allusifs et Le Livre de poche.

 

 


Pimp. Mémoires d’un maquereau de Iceberg Slim.

Pimp. Mémoires d’un maquereau de Iceberg Slim.

Points

“Pimp. Mémoires d’un maquereau” (“Pimp : The Story of My Life”, 1969), de Iceberg Slim

Adolescent, à Chicago, Robert Beck (1918-1992) rêvait de devenir le plus grand proxénète des États-Unis. De cette « vocation » qu’il parvint à assouvir, sous le pseudonyme d’Iceberg Slim, il nourrit trente ans plus tard, devenu écrivain, cette autobiographie froide, violente et très crue – à ne pas mettre, donc, entre toutes les mains. Cependant, « quelle que soit la désapprobation que nous inspirent sa violente misogynie ou son analyse défaitiste des possibilités de progrès social pour les Noirs, nous sommes obligés de reconnaître qu’il y a une vérité à découvrir dans l’histoire de cet homme », souligne l’écrivaine américaine Sapphire, dans la préface qu’elle a donnée à Pimp. Mémoires d’un maquereau. Un livre qui brille par son rythme et l’inventivité triviale de la langue – et pour cela devenu culte pour plusieurs générations de rappeurs américains.

Traduit par Jean-François Ménard, éd. de L’Olivier et Points.

 

 


Noir sur noir de Chester Himes.

Noir sur noir de Chester Himes.

10/18

“Noir sur noir” (“Black on Black”, 1973), de Chester Himes

Ed Cercueil et Fossoyeur Jones (version française de Coffin Ed Johnson et Grave Digger Jones) sont les deux flics que Chester Himes (1909-1984) fait évoluer dans les rues et les bouges de Harlem, pour décrire avec la dérision du désespoir la réalité de l’existence dans le ghetto noir de New York : le racisme, la misère, la toxicomanie, la peur, la violence faite à tous, et plus particulièrement aux femmes et aux enfants... Mais l’humour dont est empreint le Cycle de Harlem, écrit par Himes alors qu’il était installé en France dans les années 1950, est absent des nouvelles qui composent le cinglant Noir sur noir, dont la rédaction date des décennies précédentes. Des récits qui peignent de façon très réaliste le racisme ordinaire, et éclairent cet aveu de l’écrivain dans son autobiographie, Regrets sans repentir : « L’écriture a été ma défense contre l’Amérique blanche. »

Traduit par par Yvonne et Maurice Cullaz, éd. 10/18.

 

 


La Couleur pourpre d’Alice Walker

La Couleur pourpre d’Alice Walker

Pavillons poche

“La Couleur pourpre” (“The Color Purple”, 1982), d’Alice Walker

Récompensé en 1983 par le prix Pulitzer de la fiction et le National Book Award, adapté deux ans plus tard au cinéma par Steven Spielberg avec notamment Whoopi Goldberg, La Couleur pourpre domine, en termes de notoriété, l’œuvre pourtant ample d’Alice Walker (née en 1944), romancière, poétesse et activiste politique, proche de Martin Luther King lorsqu’elle avait 20 ans. Des écrits intimes, extraits de journal intime et de lettres, composent la narration du roman qui retrace, sur trois décennies, la vie de Celie, véritable chemin de croix. Elle naît pauvre en Géorgie, est enlevée adolescente par un homme qu’elle n’a pas choisi, se voit confisquer ses deux enfants, puis mariée de force... D’une qualité littéraire discutable, La Couleur pourpre est une tragédie militante, qui dénonce la double oppression à laquelle sont soumises les femmes noires aux États-Unis.

Traduit par Mimi Perrin, éd. Robert Laffont, coll. Pavillons poche.

 

 


Beloved de Toni Morrison

Beloved de Toni Morrison

Bourgois

“Beloved” (1987), de Toni Morrison

« Que tout Blanc avait le droit de se saisir de toute votre personne pour un oui ou pour un non. Pas seulement pour vous faire travailler, vous tuer ou vous mutiler, mais pour vous salir (...) Et qu’alors même qu’elle, Sethe, et d’autres étaient passés par là et y avaient survécu, jamais elle n’aurait pu permettre que cela arrive aux siens. Le meilleur d’elle, c’étaient ses enfants. Les Blancs pouvaient bien la salir, elle, mais pas ce qu’elle avait de meilleur, ce qu’elle avait de beau, de magique… » Autour de l’histoire du sacrifice de Sethe, l’esclave choisissant d’ôter la vie à son enfant plutôt que de la voir asservie à son tour, Toni Morrison (1931-2019) a écrit son roman sans doute le plus connu et le plus universellement lu. Inspiré par l’histoire vraie de Margaret Garner, le déchirant et cruel Beloved, où s’enchâssent les thèmes de l’oblation et du pardon, a été choisi quelques années après sa parution par les lecteurs du New York Times comme meilleur roman du quart de siècle écoulé.

Traduit par Hortense Chabrier et Sylviane Rué, éd. Bourgois et chez 10/18.

 

 


Noir, marron, beige de Darryl Pinckney

Noir, marron, beige de Darryl Pinckney

RIVAGES

“Noir, marron, beige” (“High Cotton”, 1992), de Darryl Pinckney

Qu’est-ce que « grandir noir et bourgeois » dans l’Amérique des sixties ? En étant, qui plus est, l’héritier d’une famille membre de l’élite noire depuis quatre générations ? L’argent et l’instruction permettent-ils d’échapper au racisme – ou n’est-ce qu’un leurre ? Telles sont quelques-unes des questions que pose cette fiction nourrie d’autobiographie, signée Darryl Pinckney (né en 1953) – par ailleurs longtemps chroniqueur à la New York Review of Books et collaborateur du metteur en scène Bob Wilson. Dans Noir, marron, beige, Pinckney met donc en scène un jeune Noir d’Indianapolis issu d’une famille de l’upper middle class – ainsi que quelques-uns de ses aïeux. Et scrute avec finesse les contradictions de ce narrateur depuis son enfance jusqu’à ses débuts professionnels dans le monde de l’édition new-yorkais, passant par ses années d’études à Columbia, dans un roman d’apprentissage aussi élégant que doux-amer.

Traduit par Michèle Albaret, éd. Rivages.

 

 


Ce cadavre n’est pas mon enfant de Toni Cade Bambara

Ce cadavre n’est pas mon enfant de Toni Cade Bambara

Bourgois

“Ce cadavre n’est pas mon enfant” (“Those Bones Are Not My Child”, 1999), de Toni Cade Bambara

Personnages réels et fictifs se mêlent inextricablement dans ce roman-fresque de Toni Cade Bambara (1939-1995), qui constitue une immersion en apnée dans un fait divers célèbre des années 1979-1981 : la disparition et le meurtre de dizaines d’enfants noirs – il y en aurait eu au moins vingt-huit – à Atlanta et dans les environs de la ville de Géorgie. Sortant de l’écriture de son roman Les Mangeurs de sel (1980), l’écrivaine s’est immédiatement plongée dans les témoignages, les rapports d’enquête, a rencontré et écouté les proches des victimes. Pour, au sein de ce matériau documentaire, « créer des personnages qui collent avec les événements réels », et à travers eux dire la stupéfaction et la souffrance des familles, mais aussi dépeindre les États-Unis des années 1980. Toni Morrison, qui fut l’éditrice de ce livre paru après la mort de son autrice, le tenait pour une œuvre aussi majeure que celles d’Ellison ou de Baldwin.

Traduit par Anne Wicke, éd. Christian Bourgois.

 

 


Effacement de Percival Everett

Effacement de Percival Everett

BABEL

“Effacement” (“Erasure”, 2001), de Percival Everett

Thelonius Ellison est professeur d’université le jour, et le soir romancier. Un écrivain nourri du structuralisme et des tragédies antiques, et dont les écrits peinent à intéresser le public. « Pas assez noir », tel est le verdict que pose un jour son agent, pour expliquer son insuccès, alors même que triomphe parallèlement, dans les médias et les librairies, un roman très kitsch sur la vie dans les ghettos. « La vérité, la rude vérité, c’est que la race est un sujet auquel je ne pense presque jamais (...). Je ne crois pas à la race. Je crois qu’il y a des gens prêts à me descendre, me pendre, me rouler, me faire obstacle, parce que eux croient à la race, à cause de ma peau noire, de mes cheveux frisés, de mon nez épaté et de mes ancêtres esclaves », songe Thelonius, qui entreprend d’écrire sous pseudonyme un pastiche de ce best-seller... L’ironique et féroce Effacement est le roman par lequel, en France, on a fait la connaissance de Percival Everett (né en 1956) et de sa façon singulière de s’emparer des préjugés raciaux. Une intelligence et un humour semblablement redoutables...

Traduit par Anne-Laure Tissut, éd. Actes Sud et Babel.

 

 


Les Moissons funèbres de Jesmyn Ward

Les Moissons funèbres de Jesmyn Ward

Globe

“Les Moissons funèbres” (“Men We Reaped”, 2013), de Jesmyn Ward

Cinq jeunes hommes noirs, décédés en l’espace de quelques années de mort violente, hantent Les Moissons funèbres, le livre de mémoires que Jesmyn Ward a publié en 2013 — née en 1977, l’autrice de Bois sauvage (National Book Award 2011), du Chant des revenants (National Book Award 2017) avait alors 36 ans. L’un de ces cinq jeunes gens était son frère, Joshua, tué le 2 octobre 2000 sur une route tranquille du Mississippi, par un chauffard ivre et blanc que la justice condamna pour un simple délit de fuite. Les autres étaient des cousins, des amis, des voisins. Déroulant le récit de sa propre enfance, de son adolescence, dans le Deep South, dans les années 1980, c’est aussi leurs histoires tragiques que raconte magistralement Jesmyn Ward – sur fond de racisme, de pauvreté, d’humiliation, de désespoir, d’autodestruction.

Traduit par Frédérique Pressmann, éd. Globe et chez 10/18.

 

 


Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie

Gallimard

“Americanah” (2013), de Chimamanda Ngozi Adichie

Même si elle récuse fermement ce terme, elle est la figure de proue incontestée des auteurs dits « afropolitains » – un néologisme popularisé en 2005 par la romancière Taiye Selasi, elle-même britannique d’origine ghanéenne et nigériane, pour désigner « une nouvelle génération d’émigrés africains », diplômés, cosmopolites et à l’identité hybride. Née en 1977 à Enugu, une ville du sud-est du Nigeria, arrivée aux États-Unis à 19 ans pour y poursuivre ses études (à l’université Johns-Hopkins de Baltimore, à Yale...), la brillantissime Chimamanda Ngozi Adichie – dont le statut est aujourd’hui celui d’une pop star ou presque... – s’est inspirée de son propre parcours pour inventer celui d’Ifemelu, l’héroïne de l’éblouissant Americanah, « Noire non américaine » et « première blogueuse en matière de race », dans les États-Unis du début du XXIe siècle, dont l’autrice brosse ici un portrait éclatant, orageux, pénétrant, corrosif.

Traduit par Anne Damour, éd. Gallimard et chez Folio.

 

 


Une colère noire de Ta-Nehisi Coates

Une colère noire de Ta-Nehisi Coates

Autrement

“Une colère noire” (“Between the World and Me”, 2015), de Ta-Nehisi Coates

« N’oublie jamais que nous avons été esclaves dans ce pays plus longtemps que nous n’avons été libres », écrit notamment Ta-Nehisi Coates, dans cette longue et vibrante lettre adressée en 2015 à son fils de 15 ans – comme James Baldwin, un demi-siècle plus tôt, écrivit à destination de son jeune neveu La Prochaine Fois, le feu (1963). C’est précisément à Baldwin que Toni Morrison a comparé le jeune écrivain et intellectuel né en 1975 et alors journaliste pour le magazine progressiste The Atlantic, qui dénonce dans ce livre puissant la peur viscérale dans laquelle, comme tout enfant noir aux États-Unis, il a dû grandir, du côté de Baltimore. La violence raciste et l’effroi, à la source d’un sentiment de dépossession de soi qui se transmet de génération en génération – « ils ont transformé nos corps pour en faire du sucre, du tabac, du coton et de l’or », écrit-il encore.

Traduit par Thomas Chaumont, éd. Autrement et chez J’ai lu.

 

 


Underground Railroad de Colson Whitehead

Underground Railroad de Colson Whitehead

Albin Michel

“Underground Railroad” (“The Underground Railroad”, 2016), de Colson Whitehead

Dans Underground Railroad, l’écrivain se tient aux côtés de Cora, une jeune esclave en fuite, dont il imagine l’odyssée fantastique vers le nord des États-Unis et l’accès au statut de femme libre, dans une fiction qui tient davantage du roman d’apprentissage et de la fable humaniste que du roman historique. Ouvrage multiprimé (prix Pulitzer, National Book Award, prix Arthur-C.-Clarke...), salué par Obama alors à la Maison-Blanche, Underground Railroad a fait accéder au statut de star planétaire le romancier virtuose et déjà remarqué de L’Intuitionniste (1999), Ballades pour John Henry (2001), Apex ou le cache-blessure (2006) ou Zone 1 (2011), fictions hautement inventives et ironiques, irriguées par une réflexion embrassant tout à la fois les mythologies américaines, la question raciale et la place de l’homme noir dans la société.

Traduit par Serge Chauvin, éd. Albin Michel et au Livre de poche.

 

 


Écrire pour sauver une vie de John Edgar Wideman

Écrire pour sauver une vie de John Edgar Wideman

Folio

“Écrire pour sauver une vie” (“Writing to Save a Life”, 2016), de John Edgar Wideman

« Vers la fin de l’été 1955, je vis dans la revue Jet l’effrayante photo d’un garçon mort (...), un gamin noir assassiné à Money, dans le Mississippi, dont le visage mutilé avait l’air d’un insecte que quelqu’un aurait écrasé d’un doigt », se souvient John Edgar Wideman (né en 1941) dans ce récit admirable. Le martyre d’Emmett Till, massacré à 14 ans pour avoir sifflé au passage d’une femme blanche, qu’il reconstitue, renvoie l’écrivain à sa propre biographie : ses parents, son grand-père, mais aussi son frère et son fils, l’un et l’autre condamnés pour meurtre et dont les destins brisés hantent tous ses livres. « Ils sont enfermés à l’intérieur de moi, je suis emprisonné avec eux […]. Pas le choix », écrit-il dans ce récit inoubliable, prolongement de la pénétrante méditation sur la condition des Noirs américains que constitue toute son œuvre.

Traduit par Catherine Richard-Mas, éd. Gallimard et chez Folio.

 

 


L’Autre Moitié de soi de Brit Bennett

L’Autre Moitié de soi de Brit Bennett

Autrement

“L’Autre Moitié de soi” (“The Vanishing Half”, 2020), de Brit Bennett

Brit Bennett n’était encore qu’une adolescente lorsqu’elle a couché sur le papier les toutes premières pages de son premier roman, Le Cœur battant de nos mères (2016). Son second roman, L’Autre Moitié de soi, a apporté la consécration à cette jeune autrice née en 1990, qui y déploie les destins contrastés de deux jumelles, métisses à la peau très claire, et de leur descendance. Dans les années 1950, à l’adolescence, les deux sœurs s’enfuient loin de leur petite ville de Louisiane. L’une, Desiree, choisira de vivre comme une Noire, tandis que Stella décidera de se faire passer pour Blanche. Partant de ce motif, qui évoque tant La Tache de Philip Roth que certains grands romans de Toni Morrison, Brit Bennett construit une réflexion lucide sur les origines, les assignations identitaires, et la licence de s’en affranchir.

Traduit par Karine Lalechère, éd. Autrement.

Procure1

Procure2

 

 

 

raisons

Inigo

 

 

Inigo

Gallimard ,
collection Folio, n° 5345 , (janvier 2012)Poche

L'avis de La Procure

Ce récit de la conversion d'Ignace, fondateur de la Compagnie de Jésus, par François Sureau est assurément un des plus beaux textes littéraires et spirituels de ces dernières années. Servi par une langue altière et d'un classicisme de feu, Inigo est un livre à découvrir ou redécouvrir d'urgence. Un chef-d'ouvre !

Recommandé par :
Nos cent livres du siècle

 

 

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Pour la liberté : répondre au terrorisme sans perdre raison

Tallandier , (août 2017)

Résumé : L'avocat a remporté trois victoires en plaidant le caractère anticonstitutionnel de dispositions législatives antiterroristes. Convoquant Hugo, Tocqueville, Alain, Blum, Maritain ou Simone Weil, ces trois plaidoiries défendent la liberté, essence même de la démocratie contre la tentation totalitaire de l'Etat face au péril djihadiste. ©Electre 2020

 

 

 

 

 

 

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Le chemin des morts : récit

Gallimard ,
collection Blanche , (septembre 2013)

L'avis de La Procure

Dans ce bref récit personnel, François Sureau revient sur un épisode de sa jeunesse lorsqu'il était rapporteur à la Commission des réfugiés et qu'il eut à décider du sort de Basques réclamant le statut de réfugiés politiques. Une fresque en miniature des années quatre-vingt, une méditation sur le droit et la justice, un texte intimiste pudique et puissant.

 

 

 

 

 

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Sans la liberté

Gallimard ,
collection Tracts, n° 8 , (septembre 2019)

Résumé

L'avocat dresse un état des lieux des nouvelles menaces qui pèsent
sur les libertés civiques et individuelles. ©Electre 2020

Kiye 2020

L’hebdomadaire de la paroisse de Dyou, n°86 du lundi 16 novembre 2020 : Rendez-vous avec les amis de Dieu


Bien-aimés dans le seigneur,

Recevez nos salutations fraternelles depuis la paroisse de Dyou dans le diocèse de Sikasso au Mali

Textes du jour:

Première Lecture : (Apocalypse 1, 1–5;2 1–5)

Évangile : (Luc 18, 35-43)

  « Ceux qui étaient en tête voulurent le faire taire, mais lui criait de plus belle : Fils de David, aie pitié de moi ! ” » (Lc 18, 39)

 Bien-aimés dans le Seigneur, la liturgie de cette semaine, précisément la lecture de l’évangile selon saint Luc que nous lirons cette semaine, nous donne de très beaux exemples de la façon dont Dieu voit les choses différemment de nous. Là où Dieu veut l’élévation de ses fils et filles, les hommes veulent les en empêcher. Là où les hommes veulent vivre en harmonie avec leurs semblables et avec Dieu, les hommes veulent installer les incompréhensions, la confusion pour détruire cette harmonie. Là où les enfants de Dieu prennent conscience qu’il faut crier vers Dieu, qu’il faut le chercher par un engagement de tout le jour, là où les enfant de Dieu prennent conscience qu’il faut rendre le Royaume de Dieu présent par le service rendu au prochain de tout cœur, l’ennemi cherche à s’y opposer pour éteindre cette lumière qui luit et pousse à l’engagement. Là où les hommes sont jaloux de ton succès et veulent t’anéantir, Dieu te place plus haut encore. Tout cela montre que nous devons laisser Dieu agir dans la vie des hommes. Ne cherchons pas à nous opposer au projet de Dieu sur ses enfants comme Hérode : "Jean, je l’ai fait décapiter. Mais qui est cet homme dont ..." (Lc 9, 7-9) Soyons plutôt des Gamaliels pour avouer que: « ... Si cette entreprise ou cette œuvre vient des hommes, elle se détruira ;  mais si elle vient de Dieu, vous ne pourrez la détruire. Ne courez pas le risque d'avoir combattu contre Dieu. » (Ac 5, 38). Ne cherchons pas à décourager nos frères et sœurs qui cherchent la volonté de Dieu par des engagements multiples comme nous l’entendons dans l’évangile de ce lundi.

Voilà que Jésus approche de Jéricho, et il y avait un mendiant assis sur le bord du chemin. C’était un aveugle. Quand il entendit passer la foule, il demanda ce qui se passait. On le mit au courant : “C’est Jésus de Nazareth qui passe !” Soudain, il comprend que sa vue dépend de cet homme qui passe : Jésus de Nazareth. Il se met alors à crier : “Jésus, fils de David, aie pitié de moi !” Ceux qui étaient en tête voulurent le faire taire, mais lui criait de plus belle : “Fils de David, aie pitié de moi !”

      Oui chers frères et sœurs en Christ, dans la description de la guérison de l’aveugle dans l’évangile, nous devons nous demander qui est réellement aveugle et a besoin de voir. Ceux qui auraient dû se rendre compte essaient de faire taire l’aveugle, mais les yeux spirituels de ce dernier, autrement dit, son esprit, son cœur et son âme eux, voient bien. L’aveugle sait quelle occasion se présente à lui et sa foi l’encourage, même s’il doit se battre contre la « sagesse » du monde, qui se révèle souvent sous la forme de jalousie, de critiques destructives, des mots blessants, des menaces de sanctions, des attitudes qui découragent à faire le bien, etc. qui veulent nous empêcher de nous approcher du Seigneur et sauver notre âme. Oui, ce mendiant et aveugle à la fois, c’est tout homme qui, aveuglé par les réalités du monde, par les péchés quotidiens, cherche à s’approcher du Seigneur par un effort quotidien à poser des actes qui témoignent de la proximité du Royaume de Dieu parmi les hommes. Malheureusement, de l’autre côté il y en a qui voient cela de mauvais œil. Qui veulent décourager ceux et celles qui ont pris conscience qu’il faut se rapprocher davantage du Seigneur par un engagement quotidien. Ils veulent étouffer leur engagement chrétien. Non ! Ne soyons pas de ceux qui empêchent les autres à venir vers Dieu par des efforts multiples, des voies que le Seigneur lui-même leur offre pour lui rendre témoignage.

 Oui bien-aimés dans le Seigneur, nous sommes limités par notre intelligence et nos capacités, car nos perceptions sont obscurcies par le péché et la concupiscence ! La jalousie, les rivalités sont autant d’éléments qui nous aveuglent et nous poussent souvent à empêcher nos frères et sœurs à s’accomplir dans le Seigneur, à s’ouvrir à la grâce de Dieu comme ces gens dans l’Evangile qui étaient en tête et voulaient faire taire ce mendiant-aveugle. Pour montrer comment nous sommes limités, Jésus lui-même prend l’initiative : « Jésus s’arrêta et ordonna de le lui amener » (Lc 18, 40)

Bien-aimé dans le Seigneur, peut-être que dans ta vie, les gens veulent t’empêcher, te décourager dans ton effort de donner une réponse à l’appel du Seigneur de rendre présent le Royaume de Dieu par ton engagement quotidien. Ils te critiquent, te boudent, etc. Ne baisse pas les bras. Va de l’avant comme cet aveugle qui criait de plus belle : “Fils de David, aie pitié de moi !” » (Lc 18,39) Par ta persévérance à faire le bien, Jésus confondra tes adversaires.

Le Seigneur soit avec vous !

✍🏾 Père KIYE M. Vincent,  Missionnaire d’Afrique

Paroisse de Dyou/Diocèse de Sikasso-Mali

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Whatsapp : (+223) 72 65 74 82

L'hebdomadaire de la paroisse de Dyou, n°87 du lundi 23 novembre 2020: Rendez-vous avec les amis de Dieu.
Texte du jour :
1ere Lecture : Ap 14, 1-3.4b-5
Evangile : Lc 21, 1-4
Bien-aimés dans le Seigneur, recevez nos salutations fraternelles depuis la paroisse de Dyou dans le diocèse de Sikasso au Mali
« En vérité, je vous le dis :
cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres....elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. » (Lc 21, 1-4)
Qu'est-ce qui marque Jésus dans le geste de cette pauvre veuve? Ni le nombre des billets de banque qu'elle met dans tronc, ni son aspect extérieur n'ont de quoi convaincre une assistance. Tout ce qu'elle a, c'est sa sincérité avec laquelle elle donne son offrande qui touche le cœur de Jésus. Elle met tout ce qu'elle avait pour vivre parcequ'elle a confiance en Dieu, parce qu'elle sait que tout ce qu'elle a et tout ce qu'elle est vient de Dieu. Ainsi dira Saint Paul : qu'as-tu que tu n'aies reçu ? Et voilà que sa sincérité et sa générosité envers Dieu transforme sa pauvreté à une richesse non négligeable : elle est exaltée par le Seigneur. Dépourvu des grands biens, elle pratique la charité avec le peu qu'elle a. Et toi, pourquoi fais-tu trop de calculs lorsque tu dois offrir le meilleur de toi-même au Seigneur ?
Oui Chers frères et sœurs en Christ, cette femme nous lance un défi, nous qui calculons jusqu'à l'impossible pour, offrir au Seigneur. Nous qui faisons le change dans le tronc commun pour pouvoir donner au Seigneur ce qui ne pas nous satisfaire nous-mêmes.  Nous qui sommes réticents à nous donner pour le travail de l'Eglise. Le texte de l'évangile de ce lundi nous dit que cette femme a donné tout ce qu'il avait pour vivre. 
Sa sincérité et son sens du don total au Seigneur par ce geste, font d'elle une personne spéciale et agréable devant le Seigneur, elle chante par ce fait, un cantique nouveau devant le Trône... comme nous le reprend Saint Jean dans la première lecture de ce jour. Et ce cantique c'est celui de la reconnaissance envers Dieu. Dans son geste d'offrande, on n’a pas trouvé de mensonge. Cette offrande que chacun de nous est appelé à donner au Seigneur, c'est avant tout notre propre vie, notre corps, notre âme, nos talents avant les biens matériels. Avec quel coeur nous donnons-nous au Seigneur ? C'est souvent curieux d'entendre les familles entières empêcher voire refuser à leurs enfants de se consacrer au Seigneur comme religieux, religieuse ou prêtre; sous prétexte que c'est le fils ou la fille unique etc. Sous prétexte que c'est le seul qui puisse prendre la famille en charge. Oui, cela peut être vrai aux yeux des hommes. Mais pas pour Dieu le maître du destin. Ne lui refusons pas le don de nous-mêmes qui vient de lui. Très surprenant de voir des personnes chercher la monnaie pour donner l'offrande à l'Eglise simplement parce qu'ils ne veulent pas donner des billets de banque au Seigneur, l'Auteur même de la vie, de la santé, du pouvoir et de l'avoir. Nous voulons cacher à l'Auteur de notre état de vie ce que sa bonté nous a donné ! Aujourd'hui, en ce lundi 23 novembre de la 34 ème semaine des T.Ordinaire, le geste de cette veuve nous est donné en exemple. Dans sa pauvreté, elle donne et s'abandonne à la Providence divine qui répond immédiatement. Demandons la grâce de la reconnaissance envers Dieu. Savoir que tout ce que nous sommes et avons vient de lui. Puisse l'exemple de cette veuve nous inspirer au fond de nous-mêmes et nous munisse d'honnêteté devant Dieu, Maître des mondes possibles. Amen
Le Seigneur soit avec vous !
✍🏽 Père KIYE M. Vincent, Mafr
Paroisse catholique de Dyou-Mali
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Whatsapp : (+223) 72657482

 

 
 

Merci au Père Bonaventure Mashata


qui est formateur à Abidjan, pour cette belle petite vidéo

qui explique ce qu'est notre société missionnaire

 

https://africa.la-croix.com/video-qui-sont-les-peres-blancs/

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Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)