Témoignages

Dans cette rubrique, des Missionnaires d’Afrique originaires du Burkina Faso témoignent de leur expérience de vie missionnaire, spécialement au cours du stage de deux ans qu’ils ont vécu dans un autre pays que le leur. Expérience souvent difficile, parfois dangereuse, toujours enrichissante. La plupart de ces témoins sont maintenant ordonnés prêtres et sont repartis vivre la mission.

Spiritualité intégrale    (Petit Echo n° 1084)

1. Une approche personnelle

Un des derniers ‘Petit Echo’ n° 1077 (2017/01) se centrait sur le thème : Spiritualité. Introduit de façon profonde et globale par Francis Barnes : « … la spiritualité est ce désir de vivre plus authentiquement, de façon plus responsable et plus à fond la foi… un cheminement de toute une vie pour approfondir notre relation avec Dieu… fondée sur la personne de Jésus et l’appel de l’Evangile à aimer… C’est une addiction à vivre notre vie à un niveau plus profond, parce que tout ce qui est authentique est situé profondément en nous, et notre éveil à cette authenticité est notre éveil à la vie en Jésus Christ… » (p.3-5). Vision qui se prête à être creusée… et vécue, bien sûr.

Mais je n’ai plus compris quand John Itaru écrit « Nous sommes appellés à être des hommes de prière » (p. 11). C’est vrai. Mais si la prière est « devenue le ‘centre de gravité’ et le point central de ma vie missionnaire » (p. 12), pour lui, l’est-elle pour tous ? Je ne comprends pas Prosper Mbusa craignant que « le candidat… n’expérimente pas l’importance et la centralité de la prière dans sa vie chrétienne comme dans sa vocation missionnaire… » (p. 20). Ni « Ma première tâche de missionnaire : la prière » de Pierre Petitfour (p. 21-25), mais que signifie « première » ? Il se pourrait qu’aux yeux du Seigneur sa présence assidue aux malades soit « première », qui sait ? J’incline davantage vers ’le secret’ (p. 26) de Joël Ouédraogo, quand poétiquement il écoute ‘la voix du Seigneur qui murmure toujours à nos oreilles’ (p. 27) et quand apostoliquement il joint prière à activité et activité à partir de la prière ‘la méditation personnelle nous aide à discerner la volonté de Dieu dans nos activités pastorales et à leur donner sens, (p. 28).

Ces confrères partagent avec nous ce qui fait « la vie de leur vie ». Je les en remercie et de tout cœur j’admire leur existence tout en service. A la fois, je m’étonne de leur singulière accentuation de la prière dans la vie spirituelle. La vie est première, pas la prière. Même si la prière a sa place évidente dans une vie de foi.

Mais il se peut que je comprenne mal, que je m’exprime mal : je ne saisis d’aucune manière qu’un numéro dédié à la spiritualité (p. 2) commence, après une introduction toute en largeur, par cinq articles centrés sur la prière. Dans notre revue officielle de la Société, est-ce la vision officielle de la Société : ramener en premier lieu la ‘spiritualité’ à la ‘prière’ ou la centrer sur elle ?

J’avais déjà des soupçons après la post-capitulaire PEP où la brochure-résumé traite en premier lieu de spiritualité (p. 4) et propose à ce sujet 1/ les écrits du Cardinal 2/ élargir la vie de prière 3/ avoir un guide spirituel 4/ organiser des retraites communes et 5/ des récollections. Basta !

Cela me fait mal au cœur quand on ramène notre spiritualité ou, si l’on veut, notre vie spirituelle à la vie de prière. Evidemment, je ne pourrais être ‘spirituel’ sans prier, mais je ne prie pas – pas moi ! – du matin au soir. Evidemment, il me faut être ‘spirituel’ du matin au soir, à travers mon apostolat et mes contacts multiples, à travers tout ce qui me mange, me stimule, tout ce qui sourd du plus profond de moi-même et pourrait, devrait, exprimer le Visage de Jésus.

Ce que le mot spiritualité évoque en moi, en premier lieu, ce n’est pas la prière, mais : l’élan en moi, l’allant pour aller chez les gens, pour leur être proche, celles/ceux à qui j’étais envoyé par l’évêque et/ou la Société. Mais aussi par choix personnel, p.ex. à Kigali de 1971 à 1986 quand rattaché à la paroisse cathédrale, j’avais cherché un job auprès des élèves de l’Ecole d’Infirmiers, du Collège Officiel, des Ecoles Belge et Française, milieux plutôt non-chrétiens.

Et depuis, de 1986 à 1998, à la paroisse St-Antoine à Bruxelles (quartier gare du Midi) : proximité aux petites gens ; catéchuménat des adultes ; pastorale des milieux défavorisés, CEFOC Centre de formation Cardijn (théologie pour et à partir du Quart-Monde). Plus tard, comme curé à Wezembeek, auprès des personnes âgées dans les hômes, – « les Réserves » je les appelle, comme pour les Indiens en USA – les sans-voix, les hors-circuit, les à-peine-respectés.

En tout cela, plutôt que de porter une charge, je me sentais porté par cette tâche, porté par la conscience d’être envoyé, après avoir reçu, reçu gratuitement, la vie, encore à chaque seconde, et tout ce qui, dans ma vie personnelle, fut positif, constructeur, épanouissant. En famille, chez les P.B., au fil des années dans des situations où des liens se nouèrent, où le « fil rouge » de mon existence se fit jour (retraite Kigali 1985), où en 1972 je vis autrement ma prière.

Il faut que je raconte : chez les bénédictines, à Kigufi au bord du lac Kivu, je me dis que ‘réciter’ seul le bréviaire avait peu de sens… puisque sa structure même suppose d’être à plusieurs. Je décidai : « Terminé, le bréviaire seul. Mais sois sérieux, Lambert : prie 1 h chaque jour ». Ce que j’ai fait. Ce que je fais (souvent en tournant autour de la fontaine du parc proche, ici à Bruxelles). Je me rends compte, actuellement, qu’à travers la prière, les récollections, les retraites d’une part, et d’autre part, à travers les contacts, les conversations avec les gens, croyants non-croyants, ainsi qu’à travers joies et peines, succès et échecs, humiliations et louanges, je fus habité par l’Esprit, illuminé, guidé, rappelé. Rendu fort aussi aux moments durs, pleinement à la tâche jusqu’à mes 85 ans (puis une AIT, Attaque Ischémique Transitoire). Cherchant tout le temps comment parler aux gens un langage d’aujourd’hui, comment leur proposer un évangile, une foi qui ne soit pas un amalgame d’impossibilités, comment souder aux évènements qu’ils vivent, aux situations dont ils sont témoins une attitude de ‘reconnaissance’ soit du don que le Seigneur leur fait, soit de l’appel qu’Il leur lance.

La spiritualité n’est-elle pas immensément plus large, plus profonde, plus envahissante que ‘la prière’ puisqu’il s’agit de l’envahissement des sentiments, d’un esprit, d’un cœur, oui, de l’emprise de toute la personne accueillante par l’Esprit de Dieu ? A l’image de ce que Jésus a vécu à son baptême et, exactement la même chose, ce que l’Eglise naissante a vécu à la Pentecôte. N’est-ce pas de là, de cet intérieur habité, visité de tous les vents « venant d’où ? allant où ? », brûlant du désir de parler, transmettre, que vient l’élan, l’allant du croyant ?

La spiritualité, n’est-elle pas, avant d’être attitude ‘humaine’, pur don d’Esprit-se-communiquant à qui, sans cesse, a faim a soif de Vie, oui, de vie débordante… ?

Spirit-ualité…. laisser l’Esprit m’envahir de plus en plus, me transformer de plus en plus, me rendre écho de plus en plus, le laisser me remplir à déborder littéralement sur les autres.

Spiritualité… au fond, n’est-ce pas « être missionnaire à fond » ? Comme je l’ai écrit dans mon texte ‘La/Le Missionnaire’ (Texte écrit en 2009. Aujourd’hui, je suis moins sûr quant à l’authentique identité de la/du missionnaire). Notre être profond, ne devrait-il pas être orienté par une vision qui vient non pas du provincial (dans tel ou tel contexte) ni de Rome, mais par une vision à partir de ceux auxquels nous sommes envoyés, auxquels nous avons affaire, une vision à partir de la périphérie ? Quelle conversion !

Je ne veux pas simplifier les choses, mais nous sommes bien d’accord : la spiritualité de St François d’Assise n’est pas sa prière. La spiritualité de St Ignace n’est pas sa prière. La spiritualité de Ste Thérèse de Lisieux n’est pas sa prière. Ma spiritualité n’est pas de prier (peut-être est-il temps à mon âge de m’y consacrer davantage), mais de me donner (comme des centaines de confrères le font) selon les besoins des personnes. De m’engager, d’être présent où il faut, de combattre où il faut, de consoler où il faut. En vue de l’Eglise ? non ! En vue du Royaume de Dieu ? oui, c-à-d ce que j’appellerais volontiers ‘le Rêve de Dieu’ sur une humanité plus filiale et plus fraternelle.

Alors, j’écris… ces bêtises, ces vantardises ? Que non, très petitement j’exprime mon désaccord du dedans. C’est trop important pour ne pas en parler. La Société met en avant sa spiritualité en deux textes denses (Actes Capitulaires, p. 19 dernier § et p. 20 premier §). Quant au reste, quelle tristesse, cela n’inspire guère. Il est grand temps de constituer ‘la petite équipe’ appelée à expliciter ‘les valeurs-clés de notre charisme concernant la spiritualité, la communauté et la mission’ (p. 20).

2. Approche plus globale

Jusqu’à présent, je parlais à partir de mon expérience personnelle. J’en ajoute une qui fut plutôt communautaire. La veille du carême 2017 – façon d’y entrer – nous avons fait récollection avec Mme Monique FOKET, prof. émérite de théologie à l’Université de Louvain la Neuve. La matinée, nous avons eu son exégèse des trois tentations de Jésus au désert. L’après-midi, ce fut un exposé  « La spiritualité est une relation : elle concerne toute la personne ». Je reprends quelques-unes de ses considérations :

L’identité chrétienne propose un être humain fait de plusieurs dimensions : le sentir, le réfléchir et l’agir. Il y a d’autres dimensions, mais dont on ne peut rien dire, qui sont en dehors d’une analyse possible, c’est tout le thème du subconscient, de l’inconscient, des rêves et aussi des évènements indépendants de moi : je me casse la jambe en descendant de l’estrade ; il y a des choses qui arrivent et je ne peux pas bouger. Mais toute pédagogie correcte, qui est le reflet du respect de l’identité chrétienne, va rejoindre les gens dans toutes ces dimensions.

1° dimension : toute la partie affective. Il est important de sentir que c’est bon d’être chrétien, sentir que ça vaut la peine. Les 5 sens sont impliqués et tous les sentiments ; mais apprendre à sentir «bien», c’est ne pas plonger d’abord et tout de suite dans l’immédiat.

2° dimension : la réflexion. La dimension de réflexion, c’est ce qui donne du fondement; mais cela doit toujours être ouvert parce que ce que je dis maintenant vaut maintenant et ne vaudra peut-être plus dans un an, ni dans 20 ans. Cette capacité de fonder des repères d’une part et d’ouverture d’autre part, c’est un travail de la raison. Réfléchir, c’est toujours fournir une base, une information et ouvrir : «on peut encore faire autrement» ou «il y a encore d’autres manières de voir».

3° dimension : agir, une action intérieure sur moi-même, je me transforme, et une action extérieure : comment agir et mettre en œuvre ce que je suis avec les autres et au service de tous ?

Cet ensemble est une anthropologie qu’on trouve beaucoup chez les mystiques parce qu’ils vivent la relation à Dieu dans toutes ses dimensions. Chacune de ces dimensions passe par sa propre «nuit»: celle des sens, celle de l’intelligence et celle de l’action. Ces passages «à vide» font partie de la relation à Dieu. Cfr FORUM Pédagogies, janvier 1999.

3. Approche de AEFJN

Voir son Echo 36 du 6 mai 2017 : Réformer la spiritualité chrétienne pour justice, paix et intégrité de la création durables.

En conclusion, je voudrais renvoyer au premier commandement : « … Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force… » (Mc 12, 30). Je comprends : à partir de tes cinq sens et de ton émotivité, en passant par la recherche de ton intelligence (et de ta foi), tu passeras à l’action selon l’ardeur qui est en toi. Tout ton être y est engagé. A ma surprise, je retrouve cela dans les paroles du cardinal Cardijn voir-juger-agir. Et ne suis pas étonné d’en trouver de multiples échos chez le Cardinal Lavigerie.

Fernand LAMBERT, M.Afr.

La paroisse au cœur de nos activités missionnaires (Petit Echo n° 1084)

 

Un jour, des amis viennent me visiter. Je leur avais donné les indications pour se rendre chez moi, mais ils n’ont pas tenu compte de cette information, disant connaître le chemin pour s’y rendre. Une fois arrivés dans notre quartier de la ville, ils demandent la direction de la paroisse locale. A leur grande surprise, ils ne m’ont pas trouvé au presbytère. Le curé leur explique que je demeure dans un centre de formation et non pas à la paroisse. Celui-ci demande à un jeune homme de les conduire à notre maison. Cet événement banal montre comment beaucoup de personnes associent le missionnaire (prêtre, frère ou sœur) à un milieu paroissial. Beaucoup d’entre nous ont eu à répondre à la question : dans quelle paroisse travaillez-vous ? Si nous ne travaillons pas en paroisse, nous avons de la difficulté à expliquer quel est notre ministère. Il est vrai que notre ministère missionnaire ne se limite pas au contexte paroissial, mais la paroisse est un point de référence fondamental de nos activités. Le vécu chrétien est toujours en lien avec une communauté paroissiale.

Les orientations missionnaires des récents Chapitres peuvent donner l’impression que les paroisses ne jouent plus un rôle central dans les activités pastorales des missionnaires d’Afrique. Le dernier Chapitre nous rappelle que la paroisse n’est pas seulement un moyen de collaboration avec l’Église locale, mais c’est l’endroit où nous pouvons vivre notre charisme et le rendre visible et attractif. Dans le but de renforcer notre insertion dans le ministère paroissial, le Chapitre a présenté des lignes directrices concrètes. Lorsqu’une communauté de missionnaires d’Afrique dirige une paroisse, on retrouve les éléments suivants : première évangélisation, formation des laïcs, attention spéciale aux périphéries existentielles, recherche de la justice, de la paix et de la réconciliation, engagement à l’intégrité de la création (notre maison commune), dialogue avec les musulmans et les croyants d’autres religions.

La paroisse n’est pas seulement une entité géographique et canonique. Elle est tout d’abord une réalité humaine, sociale et ecclésiale : une communauté humaine et une communauté de disciples du Christ, une part du peuple de Dieu. La paroisse est un outil pastoral pour l’animation spirituelle et pastorale du peuple de Dieu. Chaque paroisse a ses propres éléments spécifiques dont on doit tenir compte pour avoir un ministère pastoral significatif. Ces éléments sont influencés par la situation géographique (milieu urbain ou rural), la présence de croyants d’autres religions parmi la population locale, le niveau d’évangélisation ainsi que les orientations pastorales du diocèse. Une approche pastorale saine visera sûrement à améliorer la foi de la communauté chrétienne, mais aussi les relations humaines entre les différents groupes sociaux et religieux qui composent la population locale. Il s’agit d’intégrer les valeurs évangéliques dans la vie de la communauté humaine.

Les différents groupes qui font partie de la paroisse (âge, genre, milieu socio-professionnel, langues parlées, etc.) ont un rôle à jouer dans la vie de la paroisse. Inspirés par l’attitude inclusive du Bon Pasteur, les responsables accueillent tout le monde dans le but de construire une communauté humaine fraternelle : celle de tous les enfants de Dieu.

Par conséquent, il devient urgent d’accorder une attention particulière aux personnes et aux secteurs de la paroisse qui ont des défis spécifiques. Dans cette perspective, le passage sur les disciples d’Emmaüs résume l’attitude pastorale requise : Jésus rejoint les deux disciples sur le chemin et dissipe leurs frustrations ; il leur explique les Écritures, ce qui éveille en eux le feu de la foi … leur cœur brûle en eux … ils deviennent à leur tour messagers de la Bonne Nouvelle de la résurrection … le feu de la foi se répand alors comme un feu de brousse. Le fait d’avoir une approche pastorale basée sur l’expérience des disciples d’Emmaüs permet d’accompagner les gens à partir de leurs expériences quotidiennes à travers les Écritures jusqu’à la joie et l’espoir de la résurrection, la rencontre avec le Christ ressuscité.

La vie d’une paroisse est organisée sur quatre piliers : les Écritures, la vie de prière, la célébration des sacrements et l’amour fraternel qui se manifeste aussi bien chez ses membres que dans la population en général. Les communautés ecclésiales de base (CEB), également connues sous le nom de petites communautés chrétiennes (PCC) ont développé leurs expériences chrétiennes basées sur ces piliers. Elles ont rendu la foi chrétienne vivante et attrayante à l’intérieur des structures de base de la paroisse. Le Pasteur accompagne donc les chrétiens dans leur recherche du Christ dans leur vie et les événements quotidiens.

Une communauté témoin des agents de pastorale est une bénédiction pour la croissance d’une paroisse. La collaboration dans le travail d’équipe est une des caractéristiques de notre approche missionnaire et a conduit la plupart de nos communautés à élaborer des projets apostoliques. Le projet apostolique décrit les objectifs et les moyens pour construire des communautés paroissiales dynamiques. Pour son succès, il est essentiel d’avoir une bonne communication entre les membres de la communauté. Un projet apostolique a l’avantage d’être un point de référence pour l’évaluation de la santé de la paroisse. Si une équipe pastorale paroissiale n’a pas été en mesure d’élaborer un projet apostolique pour le déroulement de la pastorale, il leur sera très difficile de savoir ce qui a bien fonctionné ou non, et plus encore ce qu’il faut corriger ou prioriser dans les années à venir. Le projet apostolique donne une vision commune au travail pastoral dans la paroisse. Cette approche est très importante aujourd’hui en raison de la grande mobilité des confrères. Un projet apostolique clair facilite la transmission de la paroisse à une nouvelle équipe pastorale. L’expérience a montré qu’un travail pastoral bien planifié et coordonné (que ce soit à la paroisse, au doyenné ou au diocèse) porte beaucoup de fruits. C’est la source d’un nouveau dynamisme missionnaire.

Le travail pastoral est élaboré en fonction des personnes ; il doit être flexible et tenir compte des situations socio-politiques, économiques et humaines du contexte particulier. Les pasteurs doivent pouvoir faire la lecture des signes des temps. Le conseil pastoral paroissial est un instrument important pour identifier les signes des temps. C’est un organe consultatif représentatif qui aide les pasteurs à prendre les décisions appropriées pour l’animation de la communauté. Il est d’une importance primordiale qu’un tel conseil soit composé de personnes de différents secteurs et groupes de la paroisse. Le but du conseil pastoral est de discerner les moyens appropriés en vue de vivre la foi chrétienne dans un contexte spécifique, tout en fournissant des solutions évangéliques aux aspirations légitimes du peuple. Un tel conseil est une grâce dans la vie d’une paroisse.

En résumé, une paroisse doit être une communauté d’amour et de prière qui rayonne les valeurs de l’Évangile par sa simple présence. L’Évangile doit avoir un impact sur la vie des gens. Les pasteurs s’efforcent d’amener le pouvoir transformateur de l’Évangile dans la vie des personnes. Dans un monde qui évolue très rapidement, il existe de nouveaux défis pastoraux qui nécessitent un esprit prophétique créatif dans notre ministère.

Ignatius Anipu,
Assistant Général

Hans Remhs, R.I.P.

Le Père Jozef de Bekker, Délégué Provincial du secteur des Pays-Bas,
vous fait part du retour au Seigneur du Père

Hans Remhs

 

le mercredi 15 novembre 2017 à Heythuysen (Pays-Bas)
à l’âge de 86 ans dont 61 ans de vie missionnaire
au Burkina Faso, Mauritanie, Mali et aux Pays-Bas.

Prions pour lui et pour ceux qui lui étaient chers.

 

Jalons de vie du Père Hans Remhs

Hans est né le 2 novembre 1931 à Amsterdam, dans le diocèse de Harlem (Pays-Bas). Il entra à l’année spirituelle le 15 septembre 1952 à ‘s-Heerenberg (NL) puis continua ses études de théologie à Thibar (Tunisie) où il prononça son serment missionnaire le 26 juin 1956 avant d’être ordonné prêtre le 21 avril 1957 à Carthage (Tunisie).

 

16/08/1957 Santpoort Nederland
01/01/1959 Hirksel Nederland
01/09/1960 Apprend Langue Guilongou CELA Haute Volta
01/05/1961 Vicaire Tikare,D.Ouahigouya Burkina Faso
18/09/1961 Petit Séminaire Koudougou Burkina Faso
13/02/1966 Tikare Burkina Faso
23/07/1967 Petit Séminaire Koudougou Burkina Faso
14/09/1974 Grande Retraite Villa Cavalletti Italia
01/09/1980 Vicaire Tikare Burkina Faso
01/05/1981 Econ.Dioc.+Supérieur Ouahigouya,Procure Burkina Faso
27/09/1989 Session-Retraite Jérusalem Israël / Palestine
30/05/1992 Nommé aux Pays-Bas Nederland
01/06/1992 Econome Provincial Boxtel,Mais.Prov. Nederland
01/09/1992 Conseiller Prov. Nederland
05/02/1993 Mission Centre Nijmegen Nederland
01/11/1994 Elu Cons. Prov. Nederland
08/11/1994 Supérieur communauté Boxtel,Mais.Prov Nederland
27/05/1997 Réélu Conseil.Prov. Nederland
01/07/1998 Année sabbatique Nederland
15/09/1998 Session DMA Jérusalem Israël / Palestine
01/06/1999 Econome Diocésain Nouakchott Mauritanie
22/10/1999 Nommé Mali(PE 99/10) Mali/Mauritan
01/11/2003 Residence Dongen Nederland
05/11/2003 Nommé (PE 03/10) Nederland
15/11/2017 Retour au Seigneur Heythuysen Nederland


Un fils aîné mal aimé ?

 

******************

Un conte pour les adeptes du devoir qui s’offusquent

de voir l’insouciant pardonné et son retour fêté :

« Moi je ne comprends pas ça ! »

*****************

prodigue

 

Dans le monde des fables et des contes, le grand frère de l’enfant prodigue fait mauvaise figure. Sa faute ? Quand son père, fou de joie, le presse de se joindre au banquet qui célèbre le retour du cadet, « il se met en colère et refuse d’entrer ». Que peut-il y avoir en son cœur qui le fasse ainsi se cabrer, sinon l’envie la plus vile, la dureté la plus implacable ?

Ce qui aurait dû m’être évident depuis toujours, c’est que dans cette histoire, la justice au sens où l’entendent les humains est du côté du fils aîné. En tant que premier-né, il lui revenait d’être le premier servi en matière d’héritage. Son frère plus jeune l’avait berné, s’était enfui avec sa part, puis avait jeté le déshonneur sur la famille en dissipant son bien dans une vie de désordre. L’aîné était donc dans son droit quand il s’en fut affronter son père pour lui dire ce qu’il pensait, honnêtement et sans ambages : « Voilà tant d’années que je te sers… et tu ne m’as jamais donné un chevreau… mais quand ton fils que voici est arrivé… tu as tué le veau gras. »

J’admets avoir pendant longtemps et de bonne foi, déformé le sens de ces mors. Je les entendais comme une sommation exigeant du père la punition due pour un comportement aussi odieux ; ou tout au moins comme une pétition requérant que ne soit pas accordé à ce dévoyé plus qu’il ne demandait, le statut de serviteur. Cette interprétation reflétait ma propre compréhension de la justice à l’époque, à savoir qu’idéalement parlant, elle exige l’égalité entre l’offense et la sanction, à défaut de quoi elle se satisfait d’une forme d’équité qui, dans l’équation, fait intervenir les circonstances.

Pourtant, les paroles du fils aîné ne constituent pas une réclamation des droits rigoureusement évalués. Elles laissent plutôt deviner une question non-exprimée à propos d’un geste du père qui défie la raison. Ce que l’aîné trouve inconcevable, c’est que son père soit disposé à montrer, à l’égard d’un fils ingrat et dépravé, une générosité plus abondante qu’il ne l’a fait jusqu’ici pour le compte d’un fils dévoué et fidèle. Ce que son discours met en question, ce n’est pas l’indulgence du père, c’est un manque de mesure qui jette un doute sur son impartialité.

Y aurait-il une frontière au-delà de laquelle la miséricorde devient excessive et dégénère en injustice ?

¤¤¤

A l’approche de mes quatre-vingts ans, je me demande ce qui m’a pendant si longtemps empêché de démasquer mon manque d’honnêteté, quand je blâmais le fils dont on ne peut que louanger la constance et l’assiduité. Je projetais sans doute sur lui mon propre malaise devant un Dieu qui s’abaisse à festoyer avec des gens que j’aurais jugés impropres à inviter à ma table. Peut-être y avait-il une autre raison. Comme il arrive à bien d’autres, le fait d’avoir du faire face aux plous sournois des démons, l’orgueil, l’envie et l’égoïsme, m’a aidé à réaliser que si ma rectitude ne surpassait pas celle des scribes et des pharisiens, je n’accéderais pas au bonheur promis par Jésus à ses disciples.

Bien sûr, les gens qui peuvent se féliciter d’avoir en tout temps fait leur devoir auraient mauvaise grâce de s’inquiéter. Rien que ce qui caractérise l’histoire de leur relation avec le Dieu qu’ils servent ponctuellement, c’est la fidélité réglée selon la norme du quid pro quo. Ils n’ont que faire de la miséricorde puisqu’ils se situent spontanément dans la cour du droit. Leur salaire sera le salut qu’ils auront gagné par leurs mérites… et ce sera beaucoup.

D’autres ont eu moins de chance, et à un mauvais tournant de leur vie se sont malgré eux retrouvés dans la classe des ratés. Ceux là se situent d’emblée dans les taudis des périphéries et ne peuvent qu’espérer l’arrivée d’un passant avec un grand cœur, qui s’arrêtera et prendra pitié. Si la vie éternelle est affaire de compétition, ils se savent déjà perdus. Ce qu’ils ignorent, c’est que dans la perspective de l’Evangile, l’histoire de leur rapport avec Dieu en est une d’amour marqué par la gratuité. La grande finale, pour eux, ce sera le festin auquel le Père les conviera, quand ils se risqueront finalement à clopiner jusqu’a sa maison, pour se voir reconnus par lui comme ses fils-aimés.

¤¤¤

En vérité, il n’est pas plus facile pour nous de sonder le mystère de la justice de Dieu qu’il ne l’était pour l’aîné de la parabole de comprendre la prodigalité naïve de son père. Même aujourd’hui, nombreuses sont les bonnes gens qui pensent et agissent comme si la balance était le symbole le plus apte à représenter la justice en action. Et ils présument que Dieu ne connaît pas mieux, qu’il passe ses nuits à comptabiliser les actes bons ou mauvais de chacun et à allouer récompense et punition selon les mérites.

Dans la parabole, quelle réponse le père donne-t-il à son fils aîné ? « Mon enfant… tout ce qui est à moi est à toi ». C’est-à-dire, son père n’a d’aucune façon lésé ses droits. Le problème est de son côté à lui l’aîné. Il n’ pas su apprécier la magnitude de l’événement qui se déroulait sous ses yeux, à savoir, une résurrection qu’on n’espérait plus : « Il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort, et il est vivant, il était perdu, et il est retrouvé. »

Le défi qui s’adresse à l’aîné, c’est de grandir spirituellement et d’embrasser les valeurs de son père, celles du Père céleste « qui fait tomber la plus sur les justes et sur les injustes ». Celui qui s’adresse au cadet, c’est de se relever, de se conduire en enfant fier de son appartenance à la famille de pareil Père et de goûter le bonheur qu’il y a à vivre dans son intimité.

 

PENSEE D'UN SAGE

 

A l’ouvrier de la troisième heure qui se plaignait de

ce que ceux de la onzième heure reçoivent le même

salaire que lui : «  Mon ami, je ne te lèse en rien :

     n’est-ce pas d’un denier que nous nous sommes

convenus ?... N’ai-je pas le droit de disposer de mes

biens comme il me plaît ? Faut-il que ton œil soit

mauvais parce que moi je suis bon ?

Le maître de la vigne, d'après une parabole de Jésus

 

Ces quelques pages sont tirées du livre du Père Marcel Boivin, Père Banc canadien, "Sagesse des meurtris". Voir le scan de la courverture du livre ci-après :

boivin1boivin2

 
 

Les Ateliers de la pensée #2 : « L’humour africain est une poétique de la dissidence »

Hanane Essaydi, spécialiste de la littérature subsaharienne, raconte comment les écrivains ont fait de l’ironie une arme pour penser l’histoire du continent.

S'abonner dès 1 € Réagir Ajouter

image: http://img.lemde.fr/2017/11/06/0/0/5976/3984/768/0/60/0/e84272c_28888-1okhlwn.p9j5hlg14i.jpg

Hanane Essaydi lors de la deuxième édition des Ateliers de la pensée à Dakar, du 1er au 4 novembre 2017.

L’humour et l’ironie sont-ils les marqueurs emblématiques d’une capacité de résilience africaine ? C’est la thèse de Hanane Essaydi, chercheuse marocaine à la faculté des lettres et sciences humaines de l’université Cadi-Ayyad de Marrakech, qui présentait ses travaux, vendredi 3 novembre, lors de la deuxième édition des Ateliers de la pensée à Dakar, au Sénégal. Cet événement, qui regroupait jusqu’au samedi 4 novembre une cinquantaine d’intellectuels de tout le continent pour des débats et des conférences, accueillait pour la première fois des auteurs et professeurs du Maghreb dont les travaux portent sur la question de la décolonialité et des relations transsahariennes.

Lire aussi :   Les Ateliers de la pensée #2 : « L’émancipation de l’Afrique passe par des idées neuves »

Auteure d’une thèse sur l’ironie dans le roman africain subsaharien et de plusieurs articles sur la question du picaresque, Hanane Essaydi revient pour Le Monde Afrique sur les raisons qui font du rire une « poétique de la dissidence ».

Comment avez-vous approché cette littérature africaine subsaharienne ?

Hanane Essaydi Je suis originaire du Maghreb, mais je n’avais jamais lu de roman africain subsaharien car le savoir circule mal à l’intérieur du continent. Jusqu’au jour où un professeur m’a conseillé une liste d’ouvrages. Alors j’ai découvert une littérature riche, dynamique qui parle de sujets tragiques mais sur le mode de l’ironie, qui tempère la tension dramatique par l’humour. Je suis tout de suite tombée amoureuse !

Comment expliquer l’utilisation récurrente de l’ironie et de l’humour chez les écrivains africains ?

C’est la question fondamentale que je me pose. Est-ce que cet humour est une disposition naturelle, une manière d’être ? N’a pas le sens de l’humour qui veut. Il y a quelques jours, j’ai posé la question à Alain Mabanckou qui est un auteur adepte de l’ironie. Il m’a répondu que, pour lui, c’est une prédisposition. Il est important, quand on pose ces questions, de ne pas essentialiser ni racialiser le phénomène. Il y a une sensibilité particulière sur le continent depuis le « rire Banania » que Léopold Sédar Senghor voulait arracher de tous les murs, parce qu’il venait entériner le cliché déchirant que l’homme noir, l’Africain, était un enfant insouciant.

La conclusion à laquelle je suis arrivée est que l’usage de l’humour est une force. Toutes les civilisations ne réagissent pas aux grands traumatismes qu’elles traversent de la même manière. Le fait de ne pas sombrer dans la mélancolie ou dans des réactions radicales est assez rare. Certaines cultures trouvent le suicide comme réponse à la mélancolie ou au déshonneur. Le Japon ou la Suède, par exemple, ont des taux très élevés de suicides. En Afrique, on est capable de rire de ses malheurs, de prendre du recul.

L’humour est-il le fait d’une poignée d’écrivains ou est-il un phénomène social ?

Le rire, par définition, est un geste social. Pour rire, on a besoin d’un interlocuteur en face de soi. On rit de quelqu’un ou de quelque chose. On s’associe et, en même temps, on exclut, on met à distance. Ce mécanisme a été utilisé pour déconstruire un certain nombre de préjugés et de discours racistes qui se sont constitués sur l’homme africain.

Le rire dans le roman africain se moque de tout, des dictatures, des génocides, des guerres tribales. Quand on rit de quelque chose, cela ne signifie pas que l’on manque de lucidité, que l’auteur ne souffre pas des réalités dénoncées, bien au contraire. Le rire est facteur de résilience. Les populations africaines ont compris qu’il fallait rire pour ne pas succomber à cette menace d’extinction dont parle Edouard Glissant.

Lire aussi :   Ateliers de la pensée : le souffle de Dakar

Est-ce une réponse récente ou ancienne aux afflictions que subissent les Africains ?

Cela émane d’une pratique culturelle enracinée. On la retrouve dans le kotéba, cet art théâtral malien ou l’art ancestral de la palabre. Lors de veillées nocturnes, on constituait des lieux de parole qui permettaient à toute la société de se réunir et de confronter les fauteurs à leurs erreurs. Toute la communauté choisissait une sanction. La personne acceptait et s’excusait, désamorçant ainsi les tensions.

« Là où le rire n’existe pas, on voit la naissance de folies actuelles, comme le terrorisme »

Puis il y a la tradition du cousinage à plaisanteries qui permet à deux personnes de s’adresser des grossièretés sans agressivité. Les anciens, les griots, imposaient cette pratique pour empêcher les hommes de prendre les armes. Ce sont des soupapes qui permettent de résorber les conflits susceptibles de créer des guerres. Car le rire lucide désamorce la spirale de la haine pathologique. Là où le rire n’existe pas, on voit la naissance de folies actuelles, comme le terrorisme.

Lire aussi :   Les dix penseurs africains qui veulent achever l’émancipation du continent

Quel rôle politique joue l’ironie dans les romans africains que vous étudiez ?

La force de l’ironie est de permettre d’être critique tout en esquivant les représailles et la censure. Certains ne saisissent pas l’ironie, car celle-ci tend à confirmer le raisonnement absurde de la personne que l’on veut railler pour mieux la tourner en dérision. Ça permet de se désengager. De dire « non je ne critique pas le dictateur, je dis juste que c’est le père de la nation », alors que, sous cape, on attaque bien entendu le paternalisme qui infantilise le citoyen. L’ironie est une arme à double tranchant.

Cette ironie africaine serait-elle un moyen de dénonciation comme d’autodéfense contre les dominants ?

Oui, c’est un mécanisme d’autodéfense et une poétique de la résistance. C’est un dépassement de la colère, un apaisement qui permet de prendre de la distance vis-à-vis de son malheur. C’est une réaction tout à fait normale dans des groupes humains qui ont subi un grand traumatisme. On parle ainsi de l’humour juif. Le mécanisme est semblable. L’homme noir a vécu l’esclavage, la colonisation puis la décolonisation et son cortège de dictatures. Puis on a sombré dans les coups d’Etat, l’instabilité politique, la misère, les guerres tribales. Tous ces traumatismes ont conduit les populations africaines et leurs écrivains à développer une poétique de la dérision comme moyen de survie, facteur de résilience, garantie d’une hygiène mentale.

Il y a le rire ironique contre le puissant et le rire contre soi-même. Est-ce que l’autodérision est aussi une façon de désamorcer la domination de l’autre ?

Quand l’écrivain africain se moque des siens, de ses traditions culturelles ou de ses pratiques, c’est une manière de critiquer sa propre société car il est désireux de voir un changement s’installer. L’autodérision recouvre un certain idéalisme. La lucidité de l’écrivain africain est qu’il ne s’attaque pas uniquement à l’autre, au Blanc, mais critique aussi les siens. Une manière d’appeler son concitoyen à assumer sa part de responsabilité dans les malheurs qui frappent le continent.

Lire aussi :   « Bienvenue au Gondwana » : la farce électorale du comique nigérien Mamane

On l’a vu récemment avec le film « Bienvenue au Gondwana », qui raille le dictateur fantoche d’une République « très très démocratique », cette tradition humoristique est bien vivante…

Oui, ce n’est pas pour rien que les dictatures et les extrémismes religieux n’apprécient guère l’humour. Cela permet de remettre en question les certitudes données comme vérités absolues. C’est une manière de relativiser ses malheurs sans agressivité.

Est-ce que les crises récentes en Afrique – le terrorisme au Sahel, les famines à l’Est – sont des thèmes déjà désamorcés par l’humour dans la littérature contemporaine du continent ?

Je ne connais pas d’auteur contemporain africain qui se penche déjà sur la question du terrorisme avec humour. J’imagine qu’il faut encore du recul. Mais je peux confirmer que cette question sera traitée par les jeunes générations d’écrivains africains comme leurs prédécesseurs l’ont fait avec les problèmes de leur temps. Déjà les humoristes dans des festivals commencent à titiller les islamistes. Les écrivains suivront.

Recommandations de lecture Mongo Beti, Le Pauvre Christ de Bomba (1956) ; Ferdinand Oyono, Le Vieux Nègre et la médaille (1956) ; Bernard Dadié, Un Nègre à Paris (1959) ; Ahmadou Kourouma, Le Soleil des indépendances (1968) ; Sony Labou Tansi, L’Etat honteux (1981) ; Henri Lopes, Le Pleurer-Rire (1982).


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/11/07/les-ateliers-de-la-pensee-2-l-humour-africain-est-une-poetique-de-la-dissidence_5211474_3212.html#pHC95zg31geoJbft.99