Témoignages

Dans cette rubrique, des Missionnaires d’Afrique originaires du Burkina Faso témoignent de leur expérience de vie missionnaire, spécialement au cours du stage de deux ans qu’ils ont vécu dans un autre pays que le leur. Expérience souvent difficile, parfois dangereuse, toujours enrichissante. La plupart de ces témoins sont maintenant ordonnés prêtres et sont repartis vivre la mission.

ENTREE OFFICIELLE DE ONZE NOVICES DANS
LA SOCIETE DES MISSIONNAIRES D’AFRIQUE

C’est avec une immense joie que nous écrivons ces quelques mots pour partager avec vous notre vie au quotidien ici au noviciat de Bobo-Dioulasso.

Bienvenue à l’Année Spirituelle de Missionnaires d’Afrique à Samagan. Ce Centre de formation, situé à une quinzaine de kilomètres de la ville de BOBO DIOULASSO, a eu la joie d’accueillir cette année onze novices. Venus de différentes provinces et de différents pays de l’Afrique, nous avons été accueillis à mains ouvertes par trois Pères ainés dans une belle célébration avec un geste d’accueil en nous offrant l’eau de bienvenue comme il est de coutume de le faire en Afrique de l’Ouest quand on accueille des étrangers ou des visiteurs. Cette messe et cérémonie d’ouverture de l’année s’est déroulée le dimanche 09 septembre dans la chapelle de la communauté signe d’ouverture de l’année spirituelle 2018-2019. C’était un moment de joie pour nous car nous commencions une nouvelle étape de notre formation missionnaire. Une étape que nous trouvons très importante pour notre future vie missionnaire. C’est pourquoi, nous nous sommes donnés pour objectifs de la vivre en plein temps par l’approfondissement de notre connaissance de soi, du Christ et la société des missionnaires d’Afrique afin de discerner chacun de sa part sa vocation. C’est aussi un temps où nous voulons grandir spirituellement et humainement afin de servir Dieu à travers sa création. Pour y arriver seuls la prière, l’ouverture, la confiance, le désir et la volonté peuvent nous aider atteindre nos objectifs. Bon Année à tous !!!!

Ayant ainsi posé les bases sur lesquelles nous voulons vivre cette année spirituelle, nous nous sommes préparés à entrer officiellement dans la société par une retraite spirituelle. Une retraite durant laquelle nous nous sommes ressourcés dans la personne du Christ. Nous avons aussi profité pour confectionner nos rosaires qui feront partie de notre habit des Missionnaires d’Afrique. Un moment de joie où chacun est fier de confectionner son propre rosaire. C’était aussi un moment de fraternisation où les plus rapides aidaient les trainards. Après la confectionner des rosaires, nous n’attendions que le jour ‘’J’’ pour porter nos gandouras.

Enfin ! le jour tant attendu est arrivé. Le samedi 13 octobre 2018 au environ de 10h, nous avons eu la messe qui solennise notre Entrée Officielle dans la Société des Missionnaires d’Afrique par la Prise d’Habit. Cette cérémonie présidée par le Provincial de la Province de l’Afrique de l’Ouest (PAO), le Père Luc Kola, a vu la participation des communautés de Master Christi, des SAB (Sœurs de l’Annonciation de Bobo), de la communauté André Dupont qui confectionne nos gandouras, des Sœurs missionnaires notre Dame d’Afrique, de la communauté des Missionnaires d’Afrique du centre « Badenya » de Bobo-Dioulasso etc… Ces communautés sont venues nous apporter leur encouragement et félicitation. Ce fut un moment de jubilation pour nous d’avoir été acceptés dans la société. Sur les visages de chaque novice, on ne pouvait lire que la joie. Chacun voulait immortaliser cet événement si unique de sa vie car le Noviciat, on ne le vit qu’une fois dans le processus de formation missionnaire. Pensant à la parole que notre fondateur avait adressée aux novices le 22 septembre 1882 lors de leur prise d’habit en ces termes : « Mes enfants, vous seriez heureux sans doute de voir assister à cette cérémonie vos parents bien aimés, et eux aussi tressailliraient de joie en vous voyant vous avancer vers l’autel du Seigneur sous la protection de Notre Dame d’Afrique. Mais Dieu vous a demandé, à vous et à vos parents, de lui faire le sacrifice de ce bonheur. »

 

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Conscients de cette parole, nous réalisons que notre vie missionnaire vient de commencer. Bien vrai que nous avions voulu que nos parents soient là mais l’essentiel est qu’ils ont été en union de cœur et d’esprit avec nous. Nous pouvons dire sans hésitation qu’ils ont été bel et bien représentés par la grande famille missionnaire qui nous accueille en son sein et qui devient notre famille.

 

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Cette joie de porter cet habit et de faire partie de la société ne doit pas nous faire perdre les objectifs que nous nous sommes fixés. Mais au contraire, nous sommes conscients que nous sommes des apôtres rien que des apôtres, donc des envoyés pour être les yeux, les mains, les pieds, le cœur et la bouche de Jésus partout où nous serons. Notre prière est que Jésus notre maitre intérieur nous fortifie davantage dans notre marche et nous nous remettons sous la protection de notre Dame d’Afrique.

Jérôme Millogo

 

 

SORTIE AUX CASCADES DE BANFORA
POUR CONTEMPLER LA CREATION

            Permettez-nous de vous faire part, particulièrement, de notre visite aux cascades de Banfora. En effet, dans le cadre des exercices spirituels de Saint Ignace et précisément au niveau de principe et fondement, un des thèmes majeurs porte sur la création. Après plusieurs sessions dans lesquelles nous avons appris à contempler, respecter et louer le créateur à travers tout ce qu’il a créé. Il s’était avéré nécessaire selon la coutume de la maison de palper la réalité en contemplant la beauté de la création. Mais, que veut dire « cascades de Banfora » ?

          Les cascades de Banfora est un endroit extraordinairement splendide, et un site touristique de renommé international. C’est un espace merveilleux, un havre de joie, de divertissement, de repos et de contemplation de la nature dans sa spécificité.  En outre, comme le nom l’indique la cascade est une chute d’eau se trouvant parfois sur des roches. Banfora est une ville se trouvant au Burkina-Faso, à environ 80 km de la ville de Bobo-Dioulasso et de notre maison.

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Par l’harmonie de ses arbres à la forme d’une cathédrale et à travers les rochers d’où coulent l’eau, signe de la vie, sans-doute, Banfora représente-il, belle et bien la majesté, la splendeur de la création et l’ingéniosité de Dieu.

Il est majestueusement l’endroit qu’il nous fallait pour chanter : « Que tes œuvres sont belles, que tes œuvres sont grandes Seigneur, Seigneur tu nous combles de joie… », et de prononcer ces paroles de la sagesse : « A travers la grandeur et la beauté des créatures, on peut contempler, par analogie, leur auteur et cet auteur c’est Dieu » (Sg 13, 1-9). En ajoutant celles du pape « Laudato si O mi signore ! ».  

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            Cependant bien que la visite ait été inscrite dans ce cadre précis, elle a tout de même révélé d’autres dimensions. Outre la contemplation de la création, la visite fut pour nous une occasion de joie, de renforcement de nos liens fraternels et communautaires car nous nous sommes merveilleusement bien amusés et divertis.

            Cette journée mémorable était remplie d’activités distinctes. Ainsi, à 8 heures du matin nous avons débuté notre long parcours qui nous a couté au minimum 2 heures de voyage ; nous avons apporté avec nous le pique-nique. A peine installés, nous y avons célébré une Eucharistie appropriée en louant avec des chants, suivi d’un court partage sur l’émerveillement de tout un chacun.

            La nage était aussi au rendez-vous. Celle-ci nous a procuré une fraicheur inouïe et un bon massage. Renforcés par la baignade, nous avons trouvé également la hardiesse de danser en guise de joie et de louange au Dieu créateur.

            Au terme de cette riche journée, nous avons partagé le repas préparé pour l’occasion en s’amusant et en rigolant ensemble.

Elie Mapendano

Tartit, le désert au féminin pluriel

12/02/2019

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Au terme d’un nouvel exil lié à la situation géopolitique du nord du Mali, les femmes de Tartit ont réussi à enregistrer leur quatrième album baptisé Amankor / The Exile. En activité depuis plus de deux décennies, ce groupe singulier qui a valeur d’exemple auprès de ses compatriotes entend apporter sa pierre à la restauration durable de la paix dans son pays.

Aussi loin que le regard porte à l’horizon sur la scène musicale touareg, il faut bien le reconnaître : les acteurs en la matière sont quasi exclusivement masculins, bien qu’il ne s’agisse pas là d’une pratique réservée aux hommes de façon ancestrale – contrairement à ce que l’on pourrait être tenté de penser tant le regard aujourd'hui est faussé par le radicalisme islamiste.

Tartit, emmené par la chanteuse Disco et aux effectifs mixtes, fait donc figure d’exception. Mais considérer le groupe à travers ce seul prisme serait réducteur, car son rôle a tout d’abord été celui de pionniers, tous genres confondus ! Lorsque la formation se produit pour la première fois en Belgique en décembre 1995 et enregistre son premier album Amazagh l’année suivante, la musique des Kel Tamasheq (le nom local des Touaregs) s’apparente à un univers inconnu hors du désert. En effet, les grands débuts internationaux de Tinariwen, qui a changé le regard sur cette région du monde, ne remontent qu’au début des années 2000.

Amankor, paru depuis peu et qui fait suite au troisième album Abacabok paru en 2006, rappelle que l’histoire a parfois la mauvaise idée de se répéter. L’existence de Tartit est marquée en profondeur par l’exil : pas seulement celui qui avait conduit à la naissance du collectif de réfugiés durant les années 1990, loin de leur village de Gargando, mais aussi celui consécutif aux troubles de 2012 causés par l’arrivée de groupes islamistes.

Une fois encore, Disco et ses acolytes se sont retrouvées loin de chez elle, dans des camps en Mauritanie et au Burkina Faso. Avec pour conséquence une mise en parenthèse évidente de leur carrière. Une fois encore, la notion d’union qu’elles brandissent comme un étendard (c’est à cela que leur nom fait référence) a gardé toute sa pertinence dans ce vaste pays qu’est le Mali où le vivre ensemble est menacé, où la paix est mise à mal.

Pour ces douze nouvelles chansons, la troupe est parvenue à se reconstituer presque entièrement puis s’est retrouvée à Bamako, la capitale malienne. Les femmes au chant et au tambour tindé ainsi qu’à la vielle imzad; les hommes au luth teherdent, à la guitare, à la basse et aux chœurs : cette répartition des rôles fait de Tartit "le noyau central de la musique touareg", assure Disco.

Si l’enregistrement live qui a été privilégié s’inscrit dans une vision traditionnelle qui n’autorise guère d’innovations en termes de production, il restitue au plus près l’âme de ce groupe devenu une référence.

Tartit Amankor / The Exile Riverboats records 2019

Ce Père Blanc originaire des Pays-Bas, qui avait vécu la mision  au Mali et dans son pays natal vers la fin, est décédé le 31 octobre 2018. Le Petit Echo nous a fourni sa biographie assez détaillée :

 

Jan est né le 10 août 1940 à Gilze-Rijen. Pour devenir missionnaire, il a suivi la formation à Sterksel, Santpoort, Saint-Charles près de Boxtel, Dorking (Angleterre) et Vals (France), où il prêta serment le 28 juin 1965.

Il a été ordonné prêtre le 2 juillet 1966 à Princenhage.

Jan était quelqu’un qui réfléchit et qui a souvent une vision claire des questions pastorales et financières. Il pouvait paraître cool, et il était spontané, même dans ses remarques. On appréciait ses homélies. Il avait une forte volonté de persévérance. Quelqu’un l’a qualifié de “réaliste avec un idéal élevé”. Jan s’était qualifié lui- même de “preneur de décisions difficiles”. Pendant ses années de formation, ses supérieurs ont souhaité qu’il devienne plus chaleureux et qu’il limite sa spontanéité.

Il a demandé à être autorisé à aller au Mali, entre autres à cause de son intérêt pour les  musulmans, la sociologie et l’ethnologie, ajoutant  explicitement qu’il était prêt à tout.

Son vœu fut exaucé ; le 19 décembre 1966, il partit pour le Mali.  Pendant quelques mois, il apprit  la langue et débuta dans la paroisse de Tomian, diocèse de San. Les premières adaptations ne furent pas faciles. En septembre 1971, il se rend à la paroisse de  Mandiakuy où il était plus à l’aise, et l’évêque pensa qu’il allait devenir un bon pasteur. Plus tard, il s’avéra que Jan n’était pas très à l’aise dans la pastorale de base.

Ce fut une période difficile pour le Sahel, les récoltes ont été insuffisantes. Il fallait de l’aide, mais on savait qu’il fallait le faire de manière pédagogique, afin de ne pas retomber dans le paternalisme. En 1974, on demanda à Jan de devenir le coordinateur du bureau national des projets de la conférence épiscopale, la BECAD. Il s’agissait aussi bien de l’administration et de la gestion des finances que de l’inspiration sacerdotale et de la formation du personnel.

Jan était la bonne personne et accepta avec plaisir. Mais se connaissant, il fit savoir que le dialogue avec les autorités du pays n’était pas son point fort, et il confia cette tâche à du personnel laïc. Il maintint lui-même les contacts avec les organisations internationales.

Plus tard, il devint également secrétaire de la conférence épiscopale. En 1977, l’archevêque de la capitale, Bamako, ajouta à cette nomination celle de Jan comme procureur de son diocèse. Son supérieur régional écrivit que Jan réussissait assez bien dans toutes ces tâches. En

1979, l’archevêque en plus de ses charges antérieures le nomma économe général du diocèse. En 1983, son supérieur régional écrivit sa satisfaction au sujet de la vie communautaire de Jan et de ses relations, qui avaient fait l’objet de quelques discussions.

En tant que secrétaire de la conférence épiscopale, Jan prépara entre autres la visite “ad limina” des évêques au Vatican, les célébrations du centenaire de l’Église locale et la visite du pape Jean-Paul II au Mali, en plus des affaires courantes.

Pour BECAD, il a dû s’occuper entre autres des questions de médicaments, de semis et de transport. De tout l’argent des diocèses du pays, 80 % sont entrés via Jan ; chaque année, environ 10 millions d’euros. Jan pensait que pour des raisons humanitaires, il devait y avoir de l’aide alimentaire, mais il était plus heureux avec une aide structurelle. La coopération avec les Maliens, majoritairement musulmans, s’est bien déroulée. Jan pensait qu’ils avaient beaucoup en commun avec les Hollandais : “ Nous avons 2 caractéristiques identiques. Nous sommes fiers d’être obstinés, mais en même temps très tolérants. A cause de cette tolérance, l’Islam ici se montre très différent de celui de l’Afrique du Nord”.

En mai 1985, quelqu’un d’autre fut nommé économe général de l’archidiocèse, et Jan resta avec BECAD et le secrétariat de la conférence épiscopale. Selon le supérieur régional, tous voyaient que Jan était heureux. Dans les années 90, Jan et son bureau mirent en place un système pour rendre l’Eglise locale financièrement indépendante, et composèrent les orientations que le supérieur régional souhaitait publier et diffuser.

Quand on demanda à Jan de devenir économe provincial aux Pays-Bas, il écrivit qu’après 30 ans, il avait commencé à aimer l’église au Mali, et ses habitants. Dans sa lettre après son jubilé, il mentionna qu’il était lui-même devenu en partie malien. Le 1er juillet 1998, il commença comme économe provincial aux Pays-Bas.

En novembre 2001, il fit un deuxième AVC. Nos voisins, les Frères de Glorieux, l’accueillirent bien dans leur infirmerie. Le confrère Martien van de Ven eut la gentillesse de donner un coup de main à l’économat ; le 30 octobre 2002 Jan lui passa le relais.

Il dût marcher avec une béquille, et son discours resta quelque peu entravé. Sa situation physique fluctuait. Le 18 décembre 2006, son état de santé se détériora tellement qu’il dût être hospitalisé. Après un séjour prolongé, les Frères de Glorieux s’occupèrent à nouveau

de lui avec gentillesse. En avril 2007, il eut le choix entre rester à Heythuysen ou s’installer chez les frères. Il opta pour le premier. En janvier 2010, il déménagea finalement à Heythuysen, toujours avec une béquille et marchant difficilement.
Avec une chaise-scooter, il pouvait aller faire des promenades à l’extérieur, ce qu’il adorait faire dans les premières années. Plus tard, il venait à la chapelle et pour ses repas au  restaurant, mais pour le reste, il restait dans son appartement. Là, il cherchait de l’information ou un divertissement à la télévision.

Tous les dimanches soirs, il téléphonait encore à des connaissances au Mali. L’un d’eux venait lui rendre visite chaque année pendant quelques jours. A partir de fin 2013, il changea sa béquille pour une chaise roulante.

Le diocèse de San décerna à Jan la médaille du Mérite spécial, qui lui fut remise le 8 décembre 2016. Les derniers jours de sa vie, ses sœurs venaient lui rendre visite tous les jours.

Jan est décédé paisiblement dans son appartement le 31octobre 2018, en présence de ses 3 sœurs. Avec sa famille et ses amis, nous l’avons enterré dans notre cimetière Saint-Charles le 7 novembre 2018. La caractéristique de Jésus que Jan a mise en exergue dans sa vie fut :

“Qui donc est l’intendant fidèle et sage, que son maître établira sur sa maison, pour leur donner leurs portions de nourriture en temps voulu ?” (Luc 12, 42).

Marien van den Eijnden

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Michel Robin est né le 24 août 1931 dans une famille nantaise profondément chrétienne.

Son papa était ingénieur dans le béton armé, et possédait un bureau d’études.

Si sa maman n’avait pas de métier spécifique, elle avait énormément de travail car ce sont dix enfants qui vont naître de leur amour, sans oublier de transmettre à tous ses enfants une foi profonde et solide.

Si sa maman n’avait pas de métier spécifique, elle avait énormément de travail car ce sont dix enfants qui vont naître de leur amour, sans oublier de transmettre à tous ses enfants une foi profonde et solide.
Michel était le sixième enfant ; très jeune il va songer à devenir prêtre. Son père, à juste titre, lui conseillera de passer d’abord son BAC ainsi que d’autres diplômes. C’est ainsi qu’il fera la 1ère année de l’Ecole Supérieure de Commerce à Rouen, et ce n’est qu’après qu’il pourra entreprendre de vivre sa vraie vocation.

Ayant demandé d’entrer chez les Pères Blancs, il ira à Kerlois pour la philosophie puis fera son année spirituelle à Maison Carrée en 1955. Son maître des novices, le père Pierre Grillou, note à son sujet qu’ayant eu pas mal de responsabilités pendant sa jeunesse, il a été habitué à commander, à prendre des initiatives, à faire marcher son monde « tambour battant » et conclut : « Il lui en reste quelque chose qui n’est pas le plus mauvais de sa personnalité ! » Il ira ensuite à Carthage pour la théologie où il prononcera son Serment missionnaire le 27 juin 1961. Il sera ordonné prêtre à Rouen, au sein de sa famille et de ses amis, le 30 juin 1962. A noter que sa formation sera interrompue par deux ans et demi de service militaire en Tunisie.

Michel va passer toute sa vie active missionnaire au Mali auquel il restera profondément attaché jusqu’à son dernier souffle. C’est donc en 1963 qu’il débarque à Bamako ; il commence par apprendre le Bambara à Falajè, avant d’être nommé vicaire à Kolongotomo, dans le diocèse de Ségou où il oeuvrera dans un premier temps jusqu’en 1968. Il sera alors nommé à Markala, toujours dans le diocèse de Ségou et toujours comme vicaire. La province de France va le rappeler de 1970 à  1972 pour deux ans d’animation missionnaire à Lyon, avant de retourner à Markala. Il y restera jusqu’en 1979 avant d’accepter une nouvelle affectation à Niono. En 1981, il fera la session-retraite à  Jérusalem  pour  retourner  en

1982 à Kolongotomo. Il prendra alors une année sabbatique bien méritée six ans plus tard à Angers en France avant de retourner encore à Kolongotomo dont il sera nommé curé en 1993.
Pendant ce temps-là il sera élu conseiller régional du Mali, puis réélu, jusqu’en 2005, date où il fera la session des plus de 70 ans à Rome. Son séjour au Mali se terminera à Falajè, dans le diocèse de Bamako, en raison de petits problèmes de santé qui vont s’aggraver petit à petit jusqu’en 2011, date où il sera alors obligé d’accepter de rentrer définitivement en France ; ce fut pour lui un grand déchirement.

Il a donc passé plus de 25 ans à Kolongotomo, répartis en plusieurs séjours. Cette grande paroisse rayonnait dans la zone de l’Office du Niger qui regroupait des paysans venus de partout, et même du pays voisin, le Burkina Faso, pour travailler dans les rizières.

Ceux qui sont allés lui rendre visite ou qui ont simplement échangé avec lui ont pu se rendre compte de sa passion pour l’histoire du pays et des petites communautés chrétiennes. Cela manifestait son dynamisme missionnaire, son amour du Sahel et de toute sa population, sédentaire ou nomade. Lors de son décès, quatre prêtres diocésains, originaires de cette paroisse, ont donné ce témoignage dans un cour- rier électronique : « Il n’y a personne d’autre qui connaissait l’Office du Niger, son histoire, ses problèmes et les petites communautés chré- tiennes comme le Père Michel ».

Michel, avec son verbe puissant, parfois théâtral, faisait penser aux deux fils de Zébédée, les apôtres Jacques et Jean, que Jésus surnommait “les fils du tonnerre”. Il avait la même fougue, et c’est pourquoi, les talents que Dieu lui a donnés, il les a mis au service du Royaume. Que de chapelles il a construites, bien faites, solides, à la plus grande joie des communautés de base. Dans son dernier poste, à Falajè, une vieille église en briques cuites qui menaçait ruine s’est vue rénovée pour un bon siècle et une succursale a bénéficié d’une belle église en dur, juste à temps pour célébrer la messe de prémices du premier prêtre originaire de ce village.

A son retour en France, il va rester dans un premier temps à Mours où il s’occupera entre autre de l’accueil. Il reçut alors une lettre de Mgr Jean Zerbo, archevêque de Bamako, qui l’a fortement ému et dans laquelle il lui disait :

« Vous avez été et resterez pour moi, pour nous, celui qui par la grâce de Dieu a toujours cherché à élargir les frontières de la Mission. Toujours aller plus loin, aller au large, aller vers ceux qui n’ont pas encore reçu la Bonne Nouvelle ! Confort, santé, nourriture, n’étaient rien à côté de la passion unique qui l’animait : « aller toujours plus loin »

A Mours, il avait envisagé, et c’est ce qu’on attendait de lui, de se remettre à la rédaction de l’histoire de l’évangélisation du territoire de l’Office du Niger, une documentation remarquable étant à sa disposition. Malheureusement, lentement mais inexorablement, sa  santé  va  se  détériorer,  et  en 2017 il va rejoindre la maison de retraite de Bry-sur-Marne. Mais dans son esprit, il restera toujours dans son pays d’adoption. En effet, il aimait évoquer, surtout avec les « anciens du Mali », ces années de labeur missionnaire et aussi les années de sécheresse où il a remué ciel et terre pour venir en aide aux populations nomades affamées et creuser des puits en réponse à l’attente des responsables administratifs.

Le Seigneur, pour lequel il avait donné toute sa belle vie, viendra le rappeler le 10 octobre 2018, après de longs mois de souffrance qu’il offrira de tout cœur au Seigneur pour son Mali.

Des confrères du Mali et de Bry-sur-Marne

 

Le Père Henri Leroy
du diocèse d’Arras
esst décédé le 8 février 2019,

à Bry-sur-Marne
à l'âge de 91 ans dont 65 ans de vie missionnaire
essentiellement au Burkina Faso (Haute Volta) et en France.

Prions pour lui et sa famille, ainsi que ses proches et amis.
Nous le recommandons instamment à votre prière

La messe des funérailles aura lieu en notre chapelle de Bry-sur-Marne
le jeudi 14 février 2019 à 14h00 et Henri sera inhumé
dans notre caveau à Bry.

 

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