Témoignages

 

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Société des Missionnaires d'Afrique

Le Père Luc Putzeys, Délégué Provincial du secteur de Belgique,
vous fait part du retour au Seigneur du Père

Maurice Van Genechten

le jeudi 17 octobre 2019 à Avondrust – Varsenare (Belgique)
à l’âge de 81 ans dont 56 ans de vie missionnaire
en RD Congo (Zaïre), au Mali, au Burkina Faso (Haute-Volta) et en Belgique.

Prions pour lui et pour ceux qui lui étaient chers.

Jalons de vie du Père Maurice Van Genechten

Né à Hove
le 02/08/1938
Année spirituelle Serment missionnaire Ordination sacerdotale
dans le diocèse de Antwerpen 06/09/1959 28/06/1963 29/06/1964
 Nationalité : Belge  Varsenare  Heverlee Heverlee
01/01/1969 Conseiller Régional   Zaïre
01/08/1969 Supérieur Essebi Zaïre
30/06/1972 Etudes miss.Leuven Heverlee Belgique
01/07/1973 Etudes miss.Leuven Berchem Belgique
01/09/1974 Apprend Bambara Falaje Mali
01/05/1975 Vicaire Bama,D.Bobo-D. Haute Volta
01/10/1978 Apprend Langue Guilongou CELA Haute Volta
01/12/1978 Vicaire Bama Haute Volta
13/06/1982 Session-Retraite Jérusalem Israël / Palestine
20/12/1982 Supérieur Bama Haute Volta
01/03/1985 Anim.Miss. Varsenare 2 Belgique
01/01/1987 #NOM? Varsenare 2 Belgique
01/05/1988 Animation miss. Leuven Belgique
28/11/1991 Vicaire Konadugu,D.Bobo-Diou Burkina Faso
01/05/1996 Retour en Province   Belgique
01/07/1996 Nommé (P.E.96/7)   Belgique
01/10/1996 Lumen Vitae-Etudes Bruxelles,Mérode Belgique
12/10/2000 Nommé Burkina Faso   Burkina Faso
01/02/2001 Vicaire Dori,D.Fada N’Gourmi Burkina Faso
01/11/2001 Curé et Responsable   Burkina Faso
01/09/2003 Ministère Konadougou,D.Banfora Burkina Faso
18/05/2005 Nommé (PE2005/06)   Belgique
15/08/2005 Curé Merksen Belgique
10/05/2006 Session 60+ Roma Italia
20/10/2010 Ministère Subaka,D.Banfora Burkina Faso
01/11/2010 Nommé PAO (PE10//10)   Burkina Faso
30/08/2011   Banfora Burkina Faso
15/06/2015 Aumônier à Kiel Antwerpen,St-Jozef Belgique
01/07/2015 Nommé (PEP 7/15)   Belgique
17/10/2019 Retour auprès du Père Avondrust – Varsenare Belgique

« Au Mali, je vais dessiner ma tribu imaginaire »

Liens de famille. Adoptée très jeune, Hélène Jayet, photographe et dessinatrice (1), place la question
des origines au cœur de son travail artistique.

  • Recueilli par Denis Peiron,
    « Au Mali, je vais dessiner ma tribu imaginaire »
 
Cyrille Choupas

« Mes parents m’ont adoptée à trois mois et demi via Les Nids de Paris, association qui accompagne les femmes célibataires dans leur grossesse non désirée. Et c’est cette œuvre que je suis allée voir quand, à 27 ans, j’ai entamé un travail mêlant photographies et témoignages autour de l’adoption.

Je n’ai pas demandé d’informations sur mon histoire personnelle car je ne voulais pas d’éventuelles retrouvailles décevantes et douloureuses avec mes parents biologiques. Je cherchais à comprendre le processus d’accompagnement des mères, à bénéficier de contacts. À la fin de l’entretien, toutefois, mon interlocutrice m’a tendu une enveloppe.

« C’était très émouvant, très étrange, de voir des gens à qui je ressemblais »

À l’intérieur, un carnet de santé, un document de la préfecture et une fiche avec quelques éléments sur mon parcours. Il y était indiqué que j’étais née sous X d’une mère française et d’un père malien. Une information qui avait été donnée, mais au conditionnel, à mes parents adoptifs, que je considère comme mes vrais parent

 

Immédiatement, je leur ai téléphoné pour partager la nouvelle. Et eux m’ont répondu : « ça tombe bien, on a réservé un voyage au Mali et on a acheté un billet
pour toi ! ». Un voyage inoubliable. Dès que j’ai posé les pieds sur le sol africain, j’ai eu l’impression de connaître cette odeur de terre rouge. Alors que je n’étais jamais allée sur ce continent ! Je me suis tout de suite sentie très à l’aise. C’était très émouvant, très étrange, de voir des gens à qui je ressemblais. Et formidable de vivre ces moments avec mes parents.

« Des tantes, des oncles, des cousins que je n’aurai jamais »

Le sujet de l’adoption n’a jamais été tabou dans ma famille. Cela aurait d’ailleurs été difficile car mes quatre frères et sœurs, eux aussi, ont des origines différentes (coréennes, antillaises, rom ou gitane). Mes parents ont compris très tôt qu’on aurait besoin de savoir d’où on venait. Ils m’ont offert des livres sur l’Afrique et l’Asie ou encore l’album Sept milliards de visages (2), mon livre de chevet.

L’adoption ne cesse de nourrir mon travail d’artiste. Je repars bientôt pour le Mali, où je vais dessiner ma tribu imaginaire, avec des tantes, des oncles, des cousins que je n’aurai jamais. Une façon de me créer un album de famille. De quoi m’apporter beaucoup de paix. »

(1) www.helenejayet.com

(2) De Peter Spier, Éd. L’École des loisirs, 15,30 €.

Cedeao – Entrepreneurs : business sans frontières

De l’agroalimentaire à la finance en passant par la distribution, depuis Dakar, Bamako, Lomé ou Abidjan, des femmes et des hommes d’affaires ont fait le pari de développer les activités de leurs groupes dans d’autres pays de la sous-région. Portraits.

Gervais Koffi Djondo, fondateur d’Ecobank et président du conseil d’administration d’Asky

Président d’honneur du groupe bancaire panafricain Ecobank, qu’il a cofondé en 1985, et PCA de la compagnie aérienne communautaire Asky (qui dessert désormais, depuis Lomé, 23 destinations dans 20 pays), le Togolais Gervais Koffi Djondo, 85 ans, est sorti de sa retraite pour participer au débat sur l’intégration africaine. Grande figure de la réussite ouest-africaine et du panafricanisme économique, il vient de publier L’Afrique d’abord aux ­éditions Présence africaine (mai 2019).

Tout un symbole pour l’ancien ministre des Entreprises publiques et de l’Industrie du président Gnassingbé Eyadéma, qui fut ensuite président de la Fédération des chambres de commerce et d’industrie de l’Afrique de l’Ouest. Dans cet ouvrage, il se confie à l’historien Elikia M’Bokolo. S’appuyant sur son parcours, il souhaite convaincre les jeunes générations que le regroupement des pays du continent en entités plus grandes, allié à l’essor du commerce interafricain, favorise la réussite, synonyme développement.

• Idrissa Nassa, PDG et fondateur de Coris Bank

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L’emblématique patron du groupe financier et bancaire Coris Bank, Idrissa Nassa, 54 ans, continue de dupliquer en Afrique de l’Ouest, et avec un succès certain, son modèle de financement des PME. Fondé en 2008 au Burkina Faso, le groupe est aujourd’hui présent en Côte d’Ivoire, au Mali, au Togo, au Bénin, au Sénégal et, depuis peu, au Niger.

Sa stratégie d’un fort développement à l’international a souvent été critiquée, mais elle a permis à l’homme d’affaires de hisser Coris Bank International (CBI) à la 7e place du classement des principaux groupes bancaires exerçant dans l’Uemoa, dépassant allègrement BNP Paribas grâce à ses 5,3 % de part de marché. Entre 2010 et 2018, CBI a vu son bilan quintupler (à 1,75 milliard d’euros) et ses revenus quadrupler (à 86,2 millions d’euros). Sur cette même période, le groupe a engrangé en moyenne 23,5 millions d’euros de bénéfices par an.

Alors qu’il s’apprête à lancer Coris Mesofinance, une filiale au carrefour de la microfinance et de la banque classique, Idrissa Nassa poursuit un double objectif. Il entend d’une part renforcer le positionnement de CBI en tant que banque innovante, l’un des moteurs de sa croissance. Et il compte d’autre part poursuivre l’expansion du groupe grâce aux investissements dits greenfield, une forme d’investissement direct étranger réalisé dans un pays en développement pour y financer la création de sociétés ou la construction d’usines, de magasins… Avec trois pays dans son viseur : le Ghana, la Guinée et le Gabon.

• Arouna Nikiema, PDG et fondateur de Brigade burkinabè de surveillance (BBS Holding)

Fleuron historique du groupe d’Arouna Nikiema, la Brigade burkinabè de surveillance (BBS First Security), créée en 1996, fait figure de pionnière dans le pays. Elle est aujourd’hui le leader sur le marché des services de sécurité globale (sécurité physique, électronique et convoyage de fonds). En 2012, le dirigeant a une nouvelle fois innové en créant l’Académie de sécurité professionnelle (ASP), première école du genre dans le pays.

C’est en 2003 qu’Arouna Nikiema a réuni ses différentes entreprises au sein d’une entité unique, BBS Holding, afin de coordonner leurs opérations. Le groupe concentre désormais plus de 80 % de ses activités dans le secteur de la sécurité et emploie 5 050 personnes en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Togo, au Mali et en Guinée.

Depuis son quartier général de la zone du Bois, à Ouagadougou, Arouna Nikiema prépare l’implantation dans la sous-région de nouvelles antennes de Burval Corporate, sa filiale spécialisée dans la gestion à distance de distributeurs de billets, l’outsourcing et les transferts de fonds. Un challenge qui peut se révéler compliqué dans certains pays, notamment en raison d’une législation très contraignante.

L’ouverture des frontières et la libéralisation ne peuvent qu’être source d’émulation dans un secteur qui, jusqu’alors, restait la chasse gardée des filiales de multinationales.

Depuis 2016, Burval dispose d’un agrément en Côte d’Ivoire, où il vient apporter de la concurrence sur un marché jusque-là fermé. D’ailleurs, pour le chef d’entreprise, l’ouverture des frontières et la libéralisation, dans la plupart des pays de la sous-région, des activités relatives au transfert de fonds et à la sécurité ne peuvent qu’être source d’émulation dans un secteur qui, jusqu’alors, restait la chasse gardée des filiales de multinationales.

• Anta Babacar Ngom, directrice générale du groupe Sedima

Après des études en économie à l’Université York de Toronto, puis en développement numérique à l’Université Paris-Dauphine et l’obtention, en 2013, d’un MBA en communication à Sciences-Po Paris, Anta Babacar Ngom (33 ans) a rejoint le groupe familial fondé en 1976 par son père, Babacar Ngom. Elle y a occupé différents postes avant d’en prendre la direction générale, en janvier 2016.

Spécialisé dans l’aviculture, qui reste son cœur de métier et dont il est le leader ouest-africain, le groupe sénégalais a étendu ses activités à la production d’aliments pour animaux et, depuis 2014, à la minoterie. Il a par ailleurs finalisé l’année dernière un accord d’exploitation de deux restaurants en franchise KFC à Dakar, la chaîne américaine de restauration rapide. Sedima s’est aussi diversifié dans l’immobilier en lançant en 2011 sa filiale Batix.

Celle-ci a notamment réalisé le nouveau siège régional de Bank of Africa (BOA) à Dakar et celui de Total Sénégal. Le groupe a également acquis des participations dans le capital de plusieurs banques comme BOA Sénégal et MFG, établi à Abidjan.

Le marché du Mali voisin présente des habitudes alimentaires similaires à celles du Sénégal et est très dynamique

Anta Babacar Ngom pilote la stratégie d’expansion régionale et continentale de Sedima, qui compte 800 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 42 milliards de F CFA (64 millions d’euros). Son objectif est d’ouvrir chaque année une filiale dans un pays différent. La première étape de ce développement à l’étranger s’est faite presque naturellement au Mali voisin, un marché qui présente des habitudes alimentaires similaires à celles du Sénégal et est très dynamique.

Le pôle bamakois de Sedima, qui compte plusieurs fermes et couvoirs de poussins d’un jour, a nécessité un investissement d’un montant global de 8 milliards de F CFA. Le groupe cherche désormais à s’implanter en priorité au Congo et en Guinée équatoriale.

• El-Hassan Kaba, cofondateur et directeur général de Mansa Financial Group et de Mansa Bank

Depuis ses bureaux du quartier résidentiel de Riviera Golf Beverly Hills à Abidjan, où est installée son « équipe projet », le banquier ivoirien El-Hassan Kaba peaufine les derniers réglages avant le lancement, d’ici à la fin de l’année, de Mansa Bank. Ce nouvel établissement mettra l’accent sur le segment corporate, ainsi que sur la banque digitale pour les particuliers.

Après avoir officié au sein de la filiale locale de l’américain Citibank, puis du groupe britannique Standard Chartered Bank en Côte d’Ivoire et au Cameroun, El-Hassan Kaba a assuré, pendant plus de cinq ans, la direction générale de Banque Atlantique Sénégal, à Dakar. Il a ensuite cofondé le holding bancaire Mansa Financial Group (MFG) en 2015 avec son compatriote Serge Bailly (ex-directeur général de Standard Chartered Bank Côte d’Ivoire, qui préside MFG) et le banquier sénégalais Momar Ndour (PDG d’Impaxis Capital). Deux ans plus tard, les trois partenaires ont créé Mansa Bank, qui a reçu en février 2019 son agrément de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (la Banque centrale de l’Uemoa).

La nouvelle banque commerciale régionale a rapidement bouclé sa capitalisation, qui s’élève à 12 milliards de F CFA (18,3 millions d’euros). Et elle compte à son tour de table des actionnaires de référence tels que la Banque ouest-africaine de développement (Boad), Askia assurances ou encore les groupes sénégalais Wari, dont le PDG est Kabirou Mbodj, et Sedima, que dirige Anta Babacar Ngom. Au-delà des pays de l’Uemoa, Mansa Bank lorgne les marchés de deux pays phares de la Cedeao : le Ghana et le Nigeria.

• Nasser Seklaoui, PDG de Sociam

L’homme d’affaires ivoirien d’origine libanaise Nasser Seklaoui, PDG du groupe familial Sociam, qu’il dirige avec ses frères Pixie, Nassif et Kemel, n’est pas du genre à se laisser décourager par les tracasseries qu’il peut rencontrer sur les différents marchés de la Cedeao. Créé en 1984 à partir d’activités dans le secteur textile, le groupe s’est depuis diversifié dans le BTP, l’immobilier, la chimie et, surtout, la fabrication et la distribution de produits électroménagers. Il est notamment le représentant exclusif du sud-coréen Samsung Electronics en Côte d’Ivoire et commercialise des smartphones de sa propre marque, Nasco.

Présent en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Bénin, au Liberia et au Nigeria, mais aussi en Afrique centrale (Gabon, Cameroun et RD Congo), Sociam compte 2 500 employés, dont 1 600 en Côte d’Ivoire. Bien que les textes de la Cedeao consacrent la libre circulation des marchandises, les produits du groupe restent soumis à une double imposition dans les autres pays de la Communauté.

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Mais si le cadre fiscal et douanier s’améliore, Nasser Seklaoui espère pouvoir ouvrir d’ici à cinq ans une usine à Abidjan, où seront fabriqués des téléviseurs, climatiseurs et téléphones Nasco destinés aux marchés ouest-africains. Il entend également augmenter le nombre de ses magasins dans la sous-région, un marché extrêmement dynamique sur le créneau de la téléphonie mobile, notamment au Ghana, son premier marché extérieur.

Mossadeck Bally, PDG du groupe Azalaï Hotels

Issu d’une famille de commerçants originaire du Nord-Mali, Mossadeck Bally a fondé le groupe panafricain Azalaï Hotels. Titulaire d’un master en gestion et finance obtenu à l’Université de San Francisco (États-Unis), le discret homme d’affaires, aujourd’hui âgé de 58 ans, a travaillé pendant une dizaine d’années dans le négoce international avant de se lancer dans l’hôtellerie, en 1994, en rachetant le Grand Hôtel de Bamako, premier établissement de la chaîne Azalaï.

Vingt-cinq ans plus tard, le groupe compte onze établissements, de deux à cinq étoiles, principalement situés dans la sous-région : au Mali, au Bénin, en Côte d’Ivoire, en Guinée-Bissau et au Burkina Faso – où il a ouvert en juin son deuxième hôtel, à une vingtaine de kilomètres du centre de Ouagadougou. Azalaï Hotels a réalisé un chiffre d’affaires de 40 millions de dollars (36,4 millions d’euros) en 2018.

Mossadeck Bally compte prochainement investir dans d’autres pays ouest-africains, à commencer par le Ghana et le Nigeria, mais aussi au Cameroun

Grâce à l’entrée de plusieurs fonds d’investissement au capital du groupe hôtelier – Cauris Management en 2012, Phœnix Capital Management en 2015 et AfricInvest en 2017 –, Mossadeck Bally compte prochainement investir dans d’autres pays ouest-africains, à commencer par le Ghana et le Nigeria, mais aussi au Cameroun, toujours en ciblant en priorité une clientèle d’affaires. Afin de disposer d’un personnel qualifié dans tous les métiers de l’hôtellerie et de la restauration, le groupe a ouvert en 2015 l’École hôtelière Chiaka Sidibé à Bamako, laquelle accueille des élèves venus de tous les pays d’Afrique de l’Ouest.

• Jamila Ben Baba-Ferjani, fondatrice et présidente du conseil d’administration de Laham Industrie

En septembre 2018, Jamila Ben Baba-Ferjani (57 ans) était à New York aux côtés d’Ivanka Trump, la fille du président américain, pour présenter son entreprise, Laham Industrie. Début février, elle était à Abou Dhabi aux côtés cette fois de l’actuel Premier ministre malien, Boubou Cissé, à l’époque ministre des Finances, pour promouvoir la viande « made in Mali », dont les ventes à l’étranger se résumaient alors quasi exclusivement à l’exportation de bétail « sur pieds ».

Quelques mois plus tard, la femme d’affaires est bien décidée à rompre avec cette pratique sans valeur ajoutée. Désormais, ce ne sont plus des animaux mais de la viande qu’elle compte vendre aux pays de la sous-région et à ceux du Golfe. « Le Mali compte 9 millions de bovins, 11 millions d’ovins, 16 millions de caprins. Donc la matière première est là, et nous avons les moyens de la transformer, explique-t-elle. Mon objectif est de commercialiser la viande du Mali, mais aussi tous ses sous-produits. »

Laham Industrie est devenu le premier distributeur de viande du Mali

Après avoir fait ses armes dans la distribution de véhicules Toyota, dans la commercialisation de thé, puis dans l’hôtellerie, Jamila Ben Baba-Ferjani a créé Laham Industrie, en 2011. Devenu premier distributeur de viande du pays, le groupe a investi 4 milliards de F CFA (6 millions d’euros) pour la construction d’un abattoir moderne à Kayes, à 500 km au nord-ouest de Bamako, où la société à établi son siège.

Inauguré en 2016, le complexe industriel dispose d’une capacité de production de 27 000 tonnes par an. Le conditionnement, l’emballage, la distribution et la commercialisation des produits carnés de Laham Industrie s’organisent autour de deux pôles : le Carré fermier, à Bamako, et la Société de distribution de la viande (Sodiv) à Dakar, au Sénégal.

• Belinda Disu, vice-présidente exécutive de Globacom (Glo)

À 33 ans, Belinda Adenuga-Disu, plus connue sous le surnom de Bella Disu, fait partie des femmes d’affaires les plus en vue du continent. Elle était d’ailleurs l’une des têtes d’affiche de l’Africa CEO Forum qui a réuni près d’un millier de chefs d’entreprise à Kigali, au Rwanda, fin mars de cette année. En 2004, elle a rejoint Globacom (Glo), la société de télécommunications fondée un an auparavant par son père, Mike Adenuga, également présent dans la promotion immobilière (Cobblestone Properties and Estates) et le secteur pétrolier (Conoil Plc). Deuxième opérateur de téléphonie au Nigeria après MTN, Glo comptait quelque 46 millions d’abonnés au premier trimestre de 2019, soit 26,6 % du marché domestique.

Fort de cette réussite, le groupe nigérian s’est rapidement tourné vers le développement à l’international, avec cette fois un succès plutôt mitigé. Il s’est ainsi installé en 2007 au Bénin, mais les autorités lui ont retiré sa licence mobile fin 2017, lui reprochant la mauvaise qualité de ses services. Globacom a également échoué à entrer sur le marché ivoirien faute de pouvoir racheter l’opérateur Comium, en 2015. Il est cependant toujours présent au Ghana, où il avait décroché une licence en 2008.

Le groupe, qui n’a pas renoncé à sortir des frontières du Nigeria, compte désormais conquérir les pays voisins grâce à « sa connexion ». Le premier câble sous-marin de fibre optique de la compagnie, Glo-1, qui a nécessité un investissement de 800 millions de dollars (plus de 580 millions d’euros), permet depuis 2011 de relier le Nigeria au Royaume-Uni et dessert seize pays du continent.

L’entreprise prévoit de se doter, avec le concours de Huawei, d’un second câble sous-marin, cette fois entre Lagos et les États du delta du Niger. Bella Disu a par ailleurs engagé un programme de modernisation du management du groupe. Elle estime que l’absence de femmes à des postes de responsabilité dans les entreprises peut être résolue par « des mesures coercitives » à l’égard de ceux qui ne respectent pas le système de quotas.

Abdul Samad Rabiu, PDG de BUA Group

C’est en 1984 qu’Abdul Samad Rabiu, 59 ans, a repris le groupe familial spécialisé dans l’importation et la commercialisation de produits agricoles et industriels. L’homme d’affaires nigérian se tourne alors vers l’agro­-industrie (l’huile avec BUA Oils en 1991 et Golden Oil en 2000, le sucre avec BUA Sugar Refinery en 2005 et la meunerie avec BUA Flour Mills, toujours en 2005) et la logistique (BUA Ports & Terminals).

Son groupe est surtout devenu l’un des poids lourds ouest-africains du ciment grâce à l’acquisition, en 2002, de CCNN et à la création, en 2008, de BUA Cement. Devenue sa filiale phare, cette dernière a inauguré l’année dernière une cimenterie à Sokoto, dans le nord-ouest du pays, qui représente un investissement de 350 millions de dollars (317,6 millions d’euros) et dont 30 % de la production est destinée au Niger.

Très critique à l’égard des organisations sous-régionales, notamment sur les problématiques relatives aux droits de douane, le patron de BUA dit vouloir miser sur les potentialités qu’offre son pays, tant pour les matières premières qu’il abrite que pour son vaste marché de 200 millions d’habitants. Son compatriote et concurrent Dangote Cement a, lui, fait le choix d’investir dans neuf autres pays du continent – où ses résultats nets ont été négatifs pour l’exercice 2018.

Abdul Samad Rabiu dénonce par ailleurs les difficultés ­d’application de la libre circulation des biens et des personnes entre pays membres de la Cedeao, pourtant garantie par les textes. Il déplore aussi « les changements incessants de politique des gouvernements africains ».

Il donne pour exemple l’arrêté pris par le gouvernement sénégalais, le 14 mars dernier, afin de bloquer l’augmentation des prix du ciment unanimement décidée par les trois producteurs présents dans le pays : Sococim Industries, Ciments du Sahel (CDS) et Dangote Cement Senegal (DCS). Enfin, il estime que la Zone de libre-échange continentale africaine (Zleca) pourrait favoriser le dumping et ne devrait concerner que des produits fabriqués à 80 % sur le continent.

Conseil : avec Asafo, l’avocat togolais Pascal Agboyibor
part à l’assaut du continent

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Incarnation des succès d’Orrick pendant dix-sept ans, l’avocat togolais a choisi de défendre ses couleurs au sein de son propre cabinet, consacré exclusivement à l’Afrique.

Le 11 mars aurait pu marquer un coup d’arrêt dans la carrière de Pascal Agboyibor. Numéro deux du cabinet américain Orrick (1 200 avocats), où il avait, en dix-sept ans, gravi tous les échelons, le Togolais était poussé vers la sortie à la surprise générale. Six mois plus tard, cette séparation, dont les raisons restent tues par chacune des parties, a pris au contraire l’allure d’un tremplin pour un nouveau départ.

En mai, l’avocat, qui, en 2018, a rapporté plus de 20 millions de dollars d’honoraires à son ex-cabinet, a lancé son propre projet, Asafo & Co, entraînant dans l’aventure ses principaux collaborateurs (Bob Bastos, Sébastien Gaudu…) et surtout ses clients. Des dossiers africains dans lesquels Pascal Agboyibor, fils de l’avocat et ex-Premier ministre Yawovi Agboyibor, défend aussi bien les intérêts d’États comme le Mali ou la Guinée que de multinationales, du français EDF au turc Limak.

Rompu aux affaires complexes et politiquement exposées, il est aussi le conseiller de la RD Congo et de son bras armé dans le secteur extractif, la Gécamines, dont la gouvernance a maintes fois été épinglée.

J’avais l’habitude de me réveiller avec les e-mails du Japon et de me coucher après avoir raccroché avec les États-Unis, désormais, l’Afrique occupe 100 % de mon temps

Avec Asafo, dont le nom évoque les guerriers chargés de protéger l’empire du Ghana au XIXe siècle, son fondateur est désormais centré exclusivement sur le continent. « J’avais l’habitude de me réveiller avec les e-mails du Japon et de me coucher après avoir raccroché avec les États-Unis. Désormais, l’Afrique occupe 100 % de mon temps. En matière d’organisation, c’est presque plus facile », s’amuse le quinquagénaire à la voix grave.

Domicilié sur les Champs-Élysées, dans un ancien studio de jeux vidéo à la hauteur sous plafond impressionnante, Pascal Agboyibor, qui arbore toujours de petites lunettes rondes, n’a pas encore totalement déballé ses cartons. « Je veux que la décoration reflète la dimension africaine du cabinet, mais sans le faire de manière ostentatoire. Pour le moment, j’ai refusé tous les projets », constate-t-il.

Noyau kényan

Si le fondateur d’Asafo reste établi dans la capitale française, le barycentre du cabinet sera bien sur le continent au plus près des intérêts de ses clients internationaux et africains. Le 2 octobre, Asafo a annoncé son arrivée au Kenya dans le cadre d’une alliance avec le cabinet MMC Africa Law. « S’appuyer sur une équipe reconnue localement était une évidence. Même si je traite des dossiers dans les pays anglophones depuis longtemps, mon nom est plus connu à Abidjan ou à Casablanca », reconnaît Pascal Agboyibor.

Désormais présent à Nairobi et à Mombasa, Asafo, dénommé localement MMC-Asafo, peut dorénavant compter sur l’expertise de plus d’une quarantaine d’avocats et de juristes réputés pour leur savoir-faire en matière de partenariats public-privé, de structuration de financements et de contentieux.

Quelques semaines auparavant, le cabinet avait déjà réalisé « l’un des plus beaux transferts de ce mercato de rentrée », admet un concurrent, en accueillant le Français Patrick Larrivé et son équipe en provenance du bureau de la firme internationale Dentons à Casablanca.

Dans la capitale économique marocaine, Agboyibor et ses troupes, d’ici à la fin de l’année, talonneront en nombre de collaborateurs Hicham Naciri, l’avocat du Makhzen. Ce bureau servira, au-delà des dossiers locaux, de pôle d’expertise en matière de fusion-acquisition, de capital-investissement et de droit public pour les autres implantations du cabinet.

Naturellement, Asafo a aussi intégré les collaborateurs d’Orrick établis à Abidjan avec l’idée à moyen terme d’y développer une spécialité minière pour accompagner les projets aurifères et gérer les dossiers guinéens. Parce qu’ils travaillent toujours comme conseillers juridiques et non comme avocats, faute d’être inscrits au barreau, ce bureau hérite au passage des critiques formulées par les cabinets locaux, qui reprochent à Pascal Agboyibor de contourner la loi.

S’il ne décolère pas quant à la méthode, un avocat ivoirien interrogé par JA estime qu’Asafo voit juste en maintenant quinze personnes en Côte d’Ivoire : « Il y a assurément assez de travail pour une équipe de cette taille. Si cela n’existait pas, c’est parce que nous avons hérité de cette tare française qui pousse chacun à vouloir être maître chez soi plutôt que de se regrouper. »

Pour compléter son empreinte continentale, Asafo a également mis un pied en Afrique du Sud grâce au ralliement de l’avocat Philip Webster en provenance de Dentons. Sur le premier marché continental du conseil juridique, il ne pèsera cependant pas lourd face au géant ENS (plus de 600 collaborateurs). Cette perspective ne l’effraie pas. Sa vocation est d’être panafricain, et il est vrai que la plupart des cabinets sud-africains sont avant tout centrés sur leur marché domestique.

Les effectifs sud-africains renforcés, le Nigeria fortement convoité

De quinze avocats parisiens en mai, Asafo ambitionne d’atteindre la barre symbolique des cent collaborateurs à la fin de 2019, « sans avoir eu besoin de dépenser un centime dans les services d’un chasseur de têtes », précise le nouveau patron. Des recrues à la fois intéressées par l’envergure du projet, mais aussi la promesse d’une rémunération en hausse, car Asafo offre l’avantage, au moins dans un premier temps, de ne pas rogner les marges avec des frais de structure aussi importants que ceux des cabinets internationaux. « Nos clients et nos prospects nous font aussi de très bons retours. Nous leur offrons une qualité identique à celle d’un cabinet international, mais plus d’agilité et un tropisme 100 % africain », insiste Patrick Larrivé.

Pas encore rassasié par son offensive éclair, Pascal Agboyibor devrait continuer d’étoffer son réseau dans les semaines et les mois à venir. En ligne de mire, le renforcement de son équipe en Afrique du Sud, où il doit se rendre pour rencontrer des candidats, et, bien sûr, la volonté, à terme, de s’implanter au Nigeria, « un continent à lui tout seul », juge-t-il.


Rapprochements en série pour Dentons

Dentons, qui vient de perdre son associé Patrick Larrivé à Casablanca au profit d’Asafao & Co, a annoncé dans la foulée un rapprochement avec plusieurs cabinets africains au Maroc, en Angola, au Mozambique, en Ouganda et en Zambie. Dans le royaume, le plus grand cabinet international en nombre de collaborateurs (10 000) a jeté son dévolu sur le cabinet Sayarh & Menjra, fondé en 1977.

Une première: le Prix Ratzinger sera remis à un théologien africain
Portail catholique suisse

Professeur à l’Institut biblique pontifical de Rome, le Père jésuite Paul Béré, originaire du Burkina Faso, recevra le Prix Ratzinger, a annoncé le Père Federico Lombardi le 30 septembre 2019.

Le président du conseil d’administration de la Fondation Benoît XVI – Joseph Ratzinger, au Vatican, a souligné qu’il s’agissait du premier théologien africain à être récompensé par ce prix prestigieux.

Deux candidats ont été sélectionnés cette année par le conseil, a annoncé l’ancien directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. Il s’agit du philosophe canadien Charles Margrave Taylor, professeur émérite de l’Université McGill de Montréal, et du Père Béré. Comme l’a souligné le Père Lombardi, ce  dernier devient le premier Africain à recevoir le prestigieux prix Ratzinger.

Mettre en évidence la «théologie africaine»

Le souhait de la Fondation, a-t-il été expliqué lors de la conférence de presse, a été de mettre en évidence la «théologie africaine», et notamment sa mission particulièrement importante pour l’inculturation de l’Evangile et la mission d’évangélisation sur le continent africain.… Lire la suite: Une première: le Prix Ratzinger sera remis à un théologien africain – Portail catholique suisse, I.MEDIA, 30.09.19

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Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)