Dialogue interreligieux

« Lorsque nous travaillons pour les âmes, nous ne pouvons user que de persuasion et d'amour... Nous ne pouvons rien faire tant que nous n'avons pas persuadé les gens autour de nous qu'ils sont aimés... » (Cardinal Lavigerie, 1885)

« Nous croyons qu'en toute religion il y a une secrète présence de Dieu, des semences du Verbe qui reflètent un rayon de sa lumière... » (Chapitre 1967)

« Nous célébrons et partageons cette vie avec Dieu lorsque nous allons à la rencontre des cultures et des religions... nous réjouissant de la foi vivante de ces croyants et les rejoignant dans leur quête de la Vérité, cette Vérité qui nous rend tous libres. » (Chapitre 1998)

Missionnaires, nous sommes appelés à faire les premiers pas pour rencontrer les personnes, qu'elles que soient leurs convictions, leur religion.

Au Burkina Faso, cette réalité se traduit surtout dans la rencontre respectueuse et évangélique avec les adeptes des religions traditionnelles et avec les musulmans.

Dans cette rubrique, nous étudierons divers aspects de ces religions, particulièrement de l'islam.

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                    Le Pape saluant les fidèles lors de l'audience générale du mercredi 21 août 2019.  (Vatican Media)

Audience générale: le Pape rappelle les exigences de la communion fraternelle

En poursuivant sa série de catéchèses sur les Actes des Apôtres, le Pape François s’est arrêté ce mercredi matin sur la notion de communion fraternelle. Cette audience tenue en Salle Paul VI a été l’occasion pour le Pape d’expliquer que le partage du temps et des biens matériels n’est pas une simple option, mais une condition indispensable de l’appartenance à la communauté chrétienne.

Cyprien Viet – Cité du Vatican

«Si vous voulez être de bons chrétiens vous devez prier, chercher à vous rapprocher de la communion, du sacrement de la réconciliation», a expliqué le Pape François. Mais ce qui détermine l’appartenance à la communauté chrétienne, ce qui prouve la sincérité de la conversion, c’est la capacité à mettre en jeu ses biens pour aider les pauvres, car c’est la «solidarité qui édifie l’Église comme famille de Dieu».

Le Pape a développé la notion de koinonia, un terme grec qui signifie «mettre en communion», «mettre en commun». C’est dans la cohérence entre la vie eucharistique, les prières, la prédication et l’expérience d’une communion vécue concrètement que les apôtres ont pu construire les premières communautés chrétiennes. Et toute l’histoire du christianisme témoigne de personnes qui ont su se dépouiller des choses qu’elles avaient pour les donner aux autres. «Et pas seulement de l’argent: aussi du temps», a insisté le Pape, en donnant l’exemple des nombreux Italiens, dont beaucoup ont des revenus très modestes, qui donnent du temps aux autres à travers le volontariat.

Une nouvelle forme de relation aux autres

Dans les récits des Actes des Apôtres, la communion devient «la nouvelle modalité de relation entre les disciples du Seigneur». Cette nouvelle façon «d’être entre eux, de se comporter», a pu amener certains témoins extérieurs à se dire: «regardez comme ils s’aiment». Avec un «amour concret», quand les plus forts aident les plus faibles, «personne n’expérimente l’indigence qui humilie et défigure la dignité humaine». L’évangélisation suppose donc «de ne pas oublier les pauvres», «pas seulement les pauvres matériels, mais aussi les pauvres spirituels, les gens qui ont des problèmes et qui ont besoin de notre proximité».

Les chrétiens ne doivent pas être des touristes, mais «des frères les uns pour les autres». Ceux qui cherchent leur propre intérêt risquent de glisser vers la mort intérieure. Sortant de son texte, le Pape a lancé cet avertissement: «Beaucoup de personnes se disent proches de l’Église, amies des prêtres, des évêques, alors qu’elles ne cherchent que leur propre intérêt. Ce sont les hypocrisies qui détruisent l’Église.»

Le Pape a donc conclu en espérant que le Seigneur puisse «reverser sur nous son Esprit de tendresse, qui vainc toute hypocrisie et met en circulation cette vérité qui nourrit la solidarité chrétienne, qui loin d’être une activité d’assistance sociale, est l’expression indispensable de la nature de l’Église, très tendre mère de tous, spécialement des plus pauvres».

Les évêques du Nigeria demandent une révision de la réglementation sur les certificats de mariage | La Croix Africa

La récente décision du ministère de l’intérieur d’obliger les couples nigérians à se marier dans les seuls lieux de culte agréés, pose problème aux très nombreuses églises qui n’ont pas encore acquis cette autorisation légale.

Depuis le mercredi 24 juillet, le gouvernement nigérian a introduit un nouveau certificat pour tous les types de mariages contractés dans le pays.

Ce jour-là, la secrétaire permanente du ministère de l’intérieur, Georgina Ehuriah, a révélé que tous les couples désireux de se marier devaient veiller à ce que leurs mariages soient célébrés dans des lieux agréés par ce ministère. Et ce, a-t-elle expliqué, afin que « le mariage soit crédible et enregistré dans la base de données nationale des mariages légalement certifiés ».

« Si le certificat n’est pas imprimé et délivré par le greffier principal des mariages, alors le mariage est illégal et ne peut servir le but recherché », a encore déclaré Georgina Ehuriah. Quant aux couples déjà existants dont le certificat n’a pas été délivré par le ministère de l’intérieur, ils sont invités à « consulter le site Web du ministère afin de valider à nouveau leurs certificats de mariage ».

Seulement 314 lieux de culte autorisés

Georgina Ehuriah a précisé que, parmi « environ 4 689 lieux de culte agréés au Nigeria ayant mis à jour leurs registres avec le ministère de l’intérieur, 314 seulement ont renouvelé leur licence autorisant les mariages légaux ». Ce qui signifie que seuls les mariages contractés dans ces 314 centres de culte sont conformes à la loi sur le mariage.… Lire la suite: Les évêques du Nigeria demandent une révision de la réglementation sur les certificats de mariage – La Croix Africa, Claire Lesegretain, 12.08.19.

Au Bénin, le syncrétisme religieux au moment des épreuves | La Croix Africa

Au Bénin, selon les chiffres officiels, la majorité de la population est chrétienne (53 %) et le reste, soit musulmane (23 %) ou adepte des religions traditionnelles (18,1 %). Mais les faits sont moins tranchés, nombreux sont en effet ceux qui pratiquent le syncrétisme religieux.

Certains Béninois catholiques pratiquants, n’hésitent pas à avoir recours aux religions traditionnelles quand surviennent les épreuves. C’est le cas de John, 26 ans, étudiant à l’Université d’Abomey-Calavi, qui ne cache pas sa double appartenance : « Moi, je suis catholique mais j’ai des liens avec le Vodun. Il y a des situations de contraintes, des blocages, des problèmes de la vie face auxquels la prière ne suffit pas. On est en Afrique, vous savez », justifie-t-il.

Lire la suite:  Au Bénin, le syncrétisme religieux au moment des épreuves – La Croix Africa, Juste Hlannon, 13.08.19.

Pèlerinage à La Mecque : tensions en terre sacrée

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Cette année plus que les autres, le pèlerinage est perturbé par un contexte politique régional délicat.

#TheKingdomEmbraceTheWorld (« le royaume embrasse le monde ») : tel est le hashtag lancé sur les réseaux sociaux par le ministère saoudien du Hajj et de la Omra, quelques jours avant le début du grand pèlerinage à La Mecque, le 9 août. Pour sponsoriser l’événement, une vidéo a été diffusée. Qui commence par l’image du hall de l’aéroport international Roi-Abdelaziz, où trône une affiche géante du prince héritier Mohammed Ben Salman, nouvel homme fort du régime. C’est ce portrait qui accueille les pèlerins venant du monde entier. Ou presque.

Cette année, le hajj a lieu dans un contexte de grande instabilité. Dans le Golfe, les sabotages et les arraisonnements de tankers se multiplient. Et le risque s’accroît d’une bataille navale entre pro-Saoudiens et pro-Iraniens. L’événement religieux n’échappe pas à l’enjeu géopolitique. Une interrogation revient avec insistance dans le monde musulman : faut-il internationaliser La Mecque et Médine, ces lieux saints de l’Islam ? L’Arabie saoudite a fait savoir qu’il n’en était pas question. En attendant, les appels au boycott se multiplient.

« On nous dit de ne pas politiser le hajj ! Mais réaliser l’unité dans la région est une affaire politique. Soutenir et défendre les opprimés dans le monde musulman, à l’instar des nations palestinienne et yéménite, est une question polituelques jours avant le début du grand pèlerinage à La Mecque, le 9 août. Pour sponsoriser l’événement, une vidéo a été diffusée. Qui commence par l’image du hall de l’aéroport international Roi-Abdelaziz, où trône une affiche géante du prince héritier Mohammed Ben Salman, nouvel homme fort du régime. C’est ce portrait qui accueille les pèlerins venant du monde entier. Ou presque.

Blocus

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Malgré la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays depuis l’exécution en 2016 par Riyad du cheikh chiite Nimr Al Nimr, un accord conclu en décembre dernier entre le président de l’organisation iranienne du hajj, Alireza Rashidian, et le ministère saoudien responsable du pèlerinage permet aux Iraniens d’accomplir leur devoir religieux.

Fin juillet, 88 000 Iraniens ont atterri en Arabie saoudite. Un premier pas, quatre ans après le mouvement de foule qui avait provoqué la mort de 2 177 pèlerins, dont 464 Iraniens. L’accident avait immédiatement envenimé les relations déjà tendues entre Riyad et Téhéran. L’année suivante, aucun Iranien n’avait été autorisé à entrer dans le pays pour le hajj, l’un des cinq piliers de l’islam.

Cette année, les critiques n’ont pas manqué en Iran. Lorsque la République islamique a annoncé qu’elle prenait en charge une partie des frais des pèlerins, certains lui ont reproché de soutenir indirectement l’Arabie saoudite dans sa guerre au Yémen et dans sa propagande anti-iranienne.

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Pour les Qataris, voyager en Arabie saoudite est tout simplement impossible, pèlerinage ou pas. La frontière terrestre, l’espace aérien et les ports restent fermés, conséquence du blocus qui frappe l’émirat depuis deux ans. Le gouvernement qatari accuse les autorités saoudiennes de discrimination et appelle à « lever toutes les restrictions pour les fidèles qataris ».

Les médias saoudiens avancent une tout autre version. Ils affirment que Doha continuerait à bloquer les sites internet grâce auxquels les citoyens qataris formulent leur demande de visa pour le hajj. Controverse picrocholine ? D’après la presse du royaume, quelques centaines de pèlerins ont tout de même pu entrer dans le pays. En toute discrétion. Sur les vidéos diffusées en ligne par des comptes saoudiens, les « présumés » Qataris cachent leur visage aux caméras.

Visas

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Au Proche-Orient, les Syriens et les Palestiniens exilés – c’est-à-dire qui vivent dans un pays tiers comme le Liban ou la Turquie – rencontrent beaucoup de difficultés pour obtenir un visa par l’intermédiaire des comités pour le hajj.

Cette année, pendant que les Saoudiens s’asseyaient à la même table que les Israéliens pour discuter du « deal du siècle » – le plan de Donald Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien –, les Palestiniens installés au Liban et en Syrie se voyaient refuser le précieux sésame. Les détenteurs d’un passeport temporaire jordanien ont connu la même déconvenue, comme beaucoup de résidents de Jérusalem-Est.

Depuis des années, plusieurs figures religieuses appellent donc les musulmans à boycotter le hajj

La position de l’Arabie saoudite sur le conflit israélo-palestinien est l’un des arguments les plus avancés par les partisans du boycott. La brutalité de la guerre au Yémen en est un autre. Le hashtag #boycotthajj compte désormais plus de 16 000 tweets, selon le chercheur irakien Ahmed Tawaij, auteur d’une tribune publiée sur le site de Foreign Policy, intitulée : « Mohammed Ben Salman pousse les musulmans à boycotter La Mecque ».

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Le mouvement part du principe que le hajj et la omra – le « petit » pèlerinage, qui peut être entrepris à tout moment de l’année – représentent un enjeu économique énorme pour le royaume. Prendre part à ces rassemblements conduit à participer indirectement aux politiques menées par l’Arabie saoudite. L’intérêt touristique du hajj est au cœur de Vision 2030, le programme de diversification des activités économiques du royaume. Ce plan vise à augmenter le nombre des pèlerins de 13 % d’ici à 2020, en investissant dans les services et en augmentant les emplois correspondants.

Péché

Depuis des années, plusieurs figures religieuses – pas seulement chiites – appellent donc les musulmans à boycotter le hajj. En avril, le grand mufti libyen Sadiq al-Ghariani a associé le voyage à La Mecque à un « péché plutôt qu’à une bonne action ». Le même a exhorté les fidèles à ne pas se rendre chez « ceux qui tuent leurs frères et sœurs musulmans. […] Cet argent contribue au massacre des Yéménites, des Libyens, des Soudanais, des Tunisiens et des Algériens ».

En 2018, Youssef al-Qaradawi, théologien qatari d’origine égyptienne, proche des Frères musulmans, avait également plaidé pour le boycott. Pour l’instant, ces appels sont restés lettre morte. Rares sont les pèlerins qui renoncent au hajj une fois le visa obtenu. Cette année, des millions de croyants ont encore afflué des quatre coins du monde pour effectuer les tours rituels autour de la Kaaba.


Pour les Yéménites, des visas uniquement accordés aux alliés

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Au Yémen, la guerre à outrance lancée en 2015 par le prince héritier MBS et ses alliés émiratis a tué plus de 70 000 personnes. Paradoxalement, contre tout principe d’impartialité, le roi Salman a également annoncé un quota de 2 000 visas disponibles, mais limités aux membres des familles des soldats fidèles au gouvernement du Yémen, appuyé par la coalition. Un peu plus tôt, le roi Salman avait publié une directive à l’intention de 200 membres de la famille des victimes de l’attentat terroriste de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.

Aïd el-Kébir : la "fête du sacrifice" fixée au dimanche 11 août,
ça signifie quoi ?

Aïd el-Kébir : la "fête du sacrifice" fixée au dimanche 11 août, ça signifie quoi ?

AïD EL KEBIR – Il s'agit d'une des fêtes les plus importantes pour les musulmans.
Que signifie-t-elle ? Quelles prières ? Combien de moutons abattus ? On vous dit tout !

[Mis à jour le 11 août 2019 à 10h42] C'est ce dimanche 11 août que débute l'Aïd el-Kébir. Cette fête est aussi appelée l'Aïd al-Adha qui signifie "fête du sacrifice" ou aussi "grande fête", par opposition avec l'Aïd el-Fitr (petite fête), qui célèbre la rupture du jeûne du mois de Ramadan. Certains appellent l'Aïd el-Kébir, la "fête du sacrifice" en référence au mouton qui y est sacrifié à l'occasion. Cette fête signifie le partage et la fraternité pour la communauté musulmane. Selon la Grande mosquée de Paris qui s'est basée sur les calculs astronomiques, l'Aïd el-Kébir a été fixée au dimanche 11 août 2019, peut-on lire sur son site internet. 

De manière générale, l'Aïd el-Kébir se déroule durant le dernier mois du calendrier musulman. Elle se célèbre durant quatre jours et représente la "fête islamique n°1" pour les musulmans. Attention toutefois à ne pas confondre cette célébration avec l'Aïd el-Fitr, la fameuse fête de rupture du jeûne qui survient à la fin du ramadan. Cette célébration de l'Aïd el-Kébir a pour but de clôturer le "hadj", le pèlerinage à la Mecque. Pour tous les musulmans pratiquants, elle symbolise la fraternité, et le partage. Elle est marquée par le sacrifice d'un animal, le plus souvent un mouton (voir Aïd el-Kébir et abattoirs), qui fait alors office de repas. Les fidèles mettent pour cette fête leurs plus beaux habits et multiplient cadeaux et aumônes.

 

Date Aïd el-Kébir (Aïd el-Adha) 2019

En France, la date de l'Aïd el-Kébir 2019 est estimée au dimanche 11 août (pour la "précédente édition", c'était le mardi 21 août, à quelques jours à peine de la rentrée scolaire). Une date indiquée par la Grande mosquée de Paris bien avant sa survenue, en se basant sur le calcul astronomique. Et qui ne satisfait pas tous les musulmans pratiquants de l'Hexagone. Certains lui reprochent en effet de mettre en retrait la traditionnelle observation du croissant de lune lors de la nuit du doute / de l'annonce. 

La date de l'Aïd el-Kébir peut varier d'un pays à l'autre comme lors du ramadan, mais également d'un pratiquant à l'autre. En cause : la géographie, la politique adoptée, les référents en place, mais aussi la manière dont elle est instaurée. Fête la plus importante de l'islam, si l'Aïd el-Kébir voit sa date évoluer dans notre calendrier grégorien, elle survient chaque année le 10 du mois de dhou al-hijja, soit le dernier mois du calendrier musulman, qui est un calendrier lunaire. Lundi 21 août 2017, par exemple, "29 du mois de dhou al qi'da", la Cour suprême de l'Arabie saoudite a annoncé que le croissant lunaire déterminant le début du nouveau mois lunaire de dhou al-hijja n'avait pas été vu dans le ciel. Par conséquent, les 30 jours du mois dhou al qi'da ont été complétés ; le 1er du mois de dhou al-hijja a eu lieu le mercredi 23 septembre et l'Aïd el-Adha (ou Aïd el-Kébir) a donc été célébrée, toujours selon les observations de l'Arabie saoudite, ce fameux vendredi 1er septembre.

La période de célébration de l'Aïd el-Kébir débute le 10 du mois de dhou al-hijja, le dernier du calendrier musulman. La fête dure quatre jours et le sacrifice doit avoir lieu avant le coucher du soleil du treizième jour du mois. Une incertitude demeure chaque année sur la date de début de l'Aïd, liée à l'observation de la lune. En effet, les mois du calendrier musulman correspondent aux phases de notre satellite, chaque nouveau mois démarrant avec l'observation visuelle d'un croissant de lune à la tombée de la nuit.

De ce fait, la date de l’Aïd el-Kébir, comme celle du début ou de la fin du ramadan, "recule" de onze jours environ chaque année dans le calendrier civil. Pour les tenants de la méthode dite "traditionnelle", qui considèrent que le début du mois ne peut être fixé qu'après la "nuit du doute", la date de l'Aïd el-Kébir ne peut être précisément établie que quelques jours à l’avance. Mais certains musulmans considèrent qu'un calendrier pourrait être établi plus en avance, au moyen de l'astrologie.

Aïd el-Kébir ou Aïd al-Adha ?

Le nom le plus connu est Aïd el-Kébir ("la grande fête" en arabe). L’expression est principalement utilisée au Maghreb. Cependant, de nombreux pays, notamment au Moyen-Orient, utilisent plus volontiers le nom Aïd al-Adha ("fête du sacrifice"). En Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, c’est le terme Tabaski qui est retenu. Il convient de distinguer l’Aïd el-Kebir de l’Aïd el-Fitr ("petite fête"), qui marque la rupture du jeûne du ramadan par un repas partagé.

La signification de l'Aïd el-Kébir

Dans la tradition musulmane, l’Aïd el-Kébir commémore la soumission d’Ibrahim à son Dieu (Abraham dans la Bible), qui doit servir de modèle à tous les croyants. Selon le Coran, ce prophète - qui correspond à Abraham dans la Bible – a reçu dans ses rêves l’ordre divin de sacrifier son fils, Ismaël. Celui-ci, élevé dans la foi, accepte d’être immolé par son père. Le Diable s’interpose et essaie de convaincre les protagonistes de ne pas pratiquer le sacrifice, mais Ibrahim jette sept cailloux sur Satan. Le père se saisit d’un couteau et le pose sur la gorge d’Ismaël. Mais il ne parvient pas à l’enfoncer. Lorsqu’il parvient enfin à couper le cou, il constate que l’ange Jibril (Gabriel) a disposé un mouton à la place de son fils et que celui-ci se tient debout, indemne, à côté de lui.

Pour les musulmans, la foi d’Ibrahim, mise à l’épreuve par Dieu, a été récompensée par la survie de son fils. L’Aïd el-Kébir demeure une fête célébrant la foi et la miséricorde. Cet épisode du Coran correspond à un récit de la Bible : celui du sacrifice par Abraham de son fils. Celui-ci est interrompu par l’arrivée d’un ange qui lui annonce que Dieu est satisfait de sa foi. Un bélier est sacrifié à la place du jeune homme.

L'Aïd, endeuillée il y a trois ans par une bousculade ayant fait plus de 2000 morts à La Mecque, est l'une des célébrations les plus importantes de l'islam, avec le ramadan. Sa date est donc l'objet de toutes les attentions chaque année... Dans l'Islam, l'Aïd clôture pour des millions de croyants le Hajj, la période des pèlerinages qui a commencé deux jours plus tôt. Chaque année, les musulmans se rendent sur les lieux saints de leur religion à La Mecque, en Arabie Saoudite. Marqueur de la date de fin du Hajj, il s'agit de l'un des cinq piliers de l'Islam. L’Aïd el-Kébir célèbre l'achèvement de ces pèlerinages et est un moment fort de la vie spirituelle et sociale.

Comment se fête l'Aïd el-Kébir ?

Le premier rituel à accomplir le jour de l'Aïd el-Adha est la prière. En effet, les musulmans sont appelés à prier dès le matin lors de la prière solennelle organisée dans les mosquées pour l'occasion. Chaque fidèle est ensuite invité à se rendre dans les abattoirs agréés pour procéder au sacrifice de l'animal selon le rite. Et concernant l'organisation de ce jour spécial, les rituels diffèrent selon les pays. En Jordanie par exemple, l'Aïd el-Kebir est célébré par la préparation de pâtisseries spéciales, alors qu'au Koweït, la fête s'étale sur une semaine. Une semaine où toute les sucreries sont bannies. Au Pakistan, les festivités de l'Aïd el-Adha durent un mois entier, au cours duquel les croyants jeûnent les 10 premiers jours.

La "fête du sacrifice" comme on l'appelle, est synonyme de partage. Dans de nombreux pays musulmans, l'animal sacrifié est partagé en "trois tiers" : un tiers est consommé par son propriétaire, un autre tiers est offert en cadeau à de la famille ou des amis, et le dernier tiers est quant à lui distribué aux pauvres en guise d'aumône. En ce jour de célébration, il serait fortement recommandé de multiplier les cadeaux et les aumônes. 

Les fêtes de l'Aïd el-Kebir et l'Aïd el-Fitr ont en commun la même prière, et seul le moment où elles ont lieu les différencie. En effet, la prière de l'Aïd el-Adha est célébrée plus tôt que celle de l'Aïd el-Fitr. Par ailleurs, la formule de vœux "Aïd Moubarak" reste la même pour ces deux fêtes du calendrier musulman.

Message pour l'Aïd el-Kébir

Comment souhaiter à des proches musulmans une bonne fête de l'Aïd el-Kébir en France ou dans les pays du Maghreb ? Lors de la "Fête du sacrifice" (comme lors de la fête de l'Aïd el-Fitr, ou fête de fin du jeûne du ramadan), la salutation traditionnelle musulmane "Aïd moubarak" est utilisée. "Aïd moubarak" correspond à la version en arabe / persan / ourdou, quand "Aïd mabrouk" se réfère à la version de l'arabe dialectal (darija). En français, cette expression se traduit par "Bonne fête (de l'Aïd)", "félicitations" ou "joyeuse fête", bien que la formule soit redondante, puisque l'Aïd est déjà une fête.

Les musulmans se saluent mutuellement aux mots d' "Aïd moubarak" après avoir fait la prière de l'Aïd. Prononcer ces mots n'est pour autant pas une obligation de la religion musulmane, bien qu'ils fassent partie d'une tradition culturelle et religieuse forte. "Aïd" désigne l'événement religieux, quand "moubarak" souhaite "qu'il soit bon pour vous" ou "que Dieu vous le bénisse". 

Aïd el-Kébir et abattoirs

Mouton, vache, chèvre... Comment pratiquer leur sacrifice dans des conditions dignes et hygiénique quand les moyens viennent à manquer pour le faire, sur fond, notamment, de pénurie des abattoirs agréés ? C'est le casse-tête auquel sont encore confrontés de nombreux musulmans pour l'Aïd el-Kébir. Le cas du nord de la France est criant. Si quatre abattoirs agréés sont bien présents sur le territoire régional, il n'y en a pas un seul dans la métropole lilloise. Une répartition problématique que connaissent d'autres départements, comme le Gard. Or l'abattage hors-structure officielle est 100% interdit dans l'Hexagone, et passible de 15 000 euros d'amende et six mois d'emprisonnement. La liste des abattoirs publiée par le Journal officiel est à retrouver ici.

ZOOM - L'abattage d'un animal, une obligation ?

L’Aïd el-Kébir est considéré par les musulmans comme une célébration de leur foi. De nombreuses traditions accompagnent cette période qui s’étale sur trois jours. Les musulmans partagent prières et repas. La plus célèbre tradition de l’Aïd el-Kébir est le sacrifice d’un animal en souvenir de celui d’Ibrahim. Il s’agit en général d’un mouton, d’une chèvre ou d’un veau. Les animaux doivent être âgés d’au moins un à deux ans. La tradition commande au chef de famille de tuer l’animal en le vidant de son sang, sans l’assommer et en utilisant un couteau bien aiguisé : les souffrances de l'animal doivent être minimisées.


Le sacrifice d'un mouton est le rituel majeur de l'Aïd el-Kébir  © jjspring - Fotolia

De nombreuses familles font le choix de sacrifier un mouton dans un abattoir spécialisé ou de commander la viande d’une bête tuée selon le rite. Il est ensuite d’usage de partager la viande en trois parties égales. La première revient à la famille, la seconde aux voisins, amis, collègues et connaissances, la troisième aux pauvres et aux indigents. Les plus pauvres ne sont pas tenus de pratiquer ce sacrifice.

La question de la substitution de ce rite continue de diviser les musulmans. Pour certains responsables musulmans, le sacrifice de l'animal est une recommandation - devenue par la force des habitudes familiales et culturelles, un rite qui semble obligatoire - mais qui peut très bien être remplacé par un don fait aux nécessiteux, si celui-ci correspond à son équivalent financier. D'aucuns considèrent que le message de l'islam en la matière est de nourrir les pauvres du monde.

Aïd el-Kébir en France

Des musulmans du monde entier célèbrent l'aïd el-Kébir mais comment se déroule-t-il en France ? Les pratiquants sont conviés dans les mosquées au matin pour venir prier. Cette phase de prières solennelles doit commencer tôt, à 8h30 ou 9h. Ensuite, les fidèles se rendront à l'abattoir afin de procéder à l'égorgement rituel du mouton. Nouveauté de 2016 : les fonds rassemblés à l'occasion de la fête de l'Aïd el-Kébir peuvent être réutilisés dans l'aide aux migrants. Une initiative du CFCM (Conseil français du culte musulman).

Aïd el-Kébir au Maroc

D'après l'astronome Hicham Al Issaoui, cité par le site Info Maroc, l'Aïd el-Kébir sera fêté lundi 12 août 2019 au Maroc. A l'occasion de l'Aïd el-Adha, deux jours fériés sont pré-programmés dans le pays, le lundi 12 août et le mardi 13 août.

Aïd el-Kébir en Algérie

L'Aïd el-Kébir en Algérie doit avoir lieu aux alentours du 12 août prochain. Selon un communiqué du ministère algérien de l'Agriculture, du Développement rural et de la Pêche le 17 juillet dernier, "quelque 2 000 vétérinaires publics et 9 000 autres privés ont été mobilisés pour renforcer le contrôle du déplacement, de la vente et de l'abattage du bétail, et garantir le bien-être du consommateur en prévision de l'Aïd el Adha". 

Aïd el-Kébir et Hajj

L’Aïd el-Kébir marque la fin d’une autre tradition essentielle pour les croyants : celle du pèlerinage aux lieux saints de La Mecque, ou Hajj. Ce rituel a lieu entre le 8 et le 13 du mois de dhou al-hijja du calendrier islamique. Le Hajj constitue l’un des cinq piliers de l’Islam, avec la profession de foi, les prières quotidiennes, l’aumône et le ramadan.


Certains rituels effectués lors des pèlerinages à La Mecque rappellent l’épisode du sacrifice d’Ibrahim. Ainsi, il est d’usage de se rendre à Mina – lieu situé près de la ville sacrée et lieu supposé où ce prophète emmena son fils - afin de jeter des pierres sur des piliers. Cet acte symbolise la foi et le rejet de la tentation du diable, à l’image d’Ibrahim dans le Coran.

Aïd el-Kébir 2020

A titre indicatif, voici les dates les plus probables de début de l’Aïd el-Kébir des prochaines années jusqu’en 2021, selon les calculs de l’Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides de l’Observatoire de Paris :