Dialogue interreligieux

« Lorsque nous travaillons pour les âmes, nous ne pouvons user que de persuasion et d'amour... Nous ne pouvons rien faire tant que nous n'avons pas persuadé les gens autour de nous qu'ils sont aimés... » (Cardinal Lavigerie, 1885)

« Nous croyons qu'en toute religion il y a une secrète présence de Dieu, des semences du Verbe qui reflètent un rayon de sa lumière... » (Chapitre 1967)

« Nous célébrons et partageons cette vie avec Dieu lorsque nous allons à la rencontre des cultures et des religions... nous réjouissant de la foi vivante de ces croyants et les rejoignant dans leur quête de la Vérité, cette Vérité qui nous rend tous libres. » (Chapitre 1998)

Missionnaires, nous sommes appelés à faire les premiers pas pour rencontrer les personnes, qu'elles que soient leurs convictions, leur religion.

Au Burkina Faso, cette réalité se traduit surtout dans la rencontre respectueuse et évangélique avec les adeptes des religions traditionnelles et avec les musulmans.

Dans cette rubrique, nous étudierons divers aspects de ces religions, particulièrement de l'islam.

Michel Jondot est parti non pas pour l’autre monde
mais pour « l’Autre du monde », comme il disait,
à l’aube du vendredi 7 juin 2019 | GAIC

 
 
 
Michel Jondot est parti non pas pour l’autre monde mais pour « l’Autre du monde », comme il disait, à l’aube du vendredi 7 juin 2019.
    
                                          Michel Jondot est parti non pas pour l’autre monde mais pour « l’Autre du monde », comme il disait, à l’aube du vendredi 7 juin 2019.

« Il est là ce temps où son temps est le nôtre et c’est l’Autre du temps. »
Michel Jondot

Michel Jondot est parti non pas pour l’autre monde
mais pour « l’Autre du monde », comme il disait,
à l’aube du vendredi 7 juin 2019.

Lire les hommages sur : Michel Jondot est parti non pas pour l’autre monde mais pour « l’Autre du monde »,

comme il disait, à l’aube du vendredi 7 juin 2019, GAIC, 11.06.19.

Hommage au prêtre Michel Jondot, artisan du dialogue islamo-chrétien,
Rédigé par Mustapha Chérif
, SaphirNews, 15.06.19.

Comment les sociétés tolérantes
se laissent porter par la haine | The Conversation

 

Cela fait presque dix ans que le film Le Ruban blanc du réalisateur autrichien Michael Haneke est sorti. L’action se déroule à l’été 1914 dans un petit village protestant du nord de l’Allemagne, au moment où une série d’événements violents et mystérieux, dont des actes de vandalisme, des incendies volontaires et des passages à tabac, vient troubler le calme qui y régnait.

Des enfants du village sont suspectés d’être les coupables, mais les crimes restent malgré tout non élucidés par la communauté et, par conséquent, impunis. À la fin du film, la nouvelle de l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche et de l’éclatement du conflit qui lancera la Première Guerre mondiale s’abat sur les villageois.

Graffiti, probablement de Banksy, dénonçant les conditions d’incarcération des prisonniers à Guantanamo. Londres. Eadmundo/Flickr, CC BY-SA

Pourquoi Le Ruban blanc est-il aussi pertinent aujourd’hui ? À travers une métaphore bien ficelée, le film décortique la montée de l’intolérance en l’espace d’une génération. Un quart de siècle plus tard, la génération constituée par les résidents du village constituera en effet le noyau dur du Troisième Reich, comme le décrit Daniel Jonah Goldhagen dans Les Bourreaux volontaires de Hitler (1997).

De la même manière, le précédent polar du réalisateur, Caché (2005), portait en réalité sur la colonisation française de l’Algérie. À la sortie du film, un critique du Monde notait :

« Haneke semble dépeindre un monde civilisé qui aurait expulsé toute barbarie, mais ce qui s’affirme vraiment dans son cinéma, c’est que l’éradication de celle-ci, utopie avouée ou non de la société contemporaine occidentale, pourrait n’être qu’une autre manière de la faire revenir. »

Depuis le 11-Septembre, les sociétés du monde entier sont de plus en plus gagnées par l’intolérance. Pareille introspection est donc nécessaire.

A quoi peut-on attribuer la radicalisation non pas d’un seul groupe mais d’une société tout entière ? De quelle manière et à quel moment une communauté auparavant tolérante et civilisée dérive-t-elle vers des formes d’interaction – entre ses citoyens et avec les personnes extérieures – qu’on pourrait qualifier d’extrémistes ? Que faire quand on assiste à la lente prolifération et acceptation de la haine ?

Comme le montre l’allégorie de Michael Haneke, une telle transformation peut survenir en une seule génération. Elle est surtout encouragée par l’effondrement du système éducatif, le détournement du savoir et, ce qui est plus problématique, la passivité politique et éthique.

Une chasse aux sorcières d’un type nouveau

Le caractère inédit du 11-Septembre dans les relations internationales a parfois été exagéré, mais l’événement n’en reste pas moins à l’origine de la phase actuelle ou se jouent ces dynamiques.

Comme l’ont démontré de manière saisissante les violations des droits humains commises dans les prisons d’Abou Ghraib et de Guantanamo et la justification de la torture, le 11-Septembre a eu pour effet d’introduire les principaux éléments de cette nouvelle socialisation en devenir, a savoir la militarisation des affaires internationales, la sur-sécurisation de la société, les violations de l’État de droit, la normalisation des discours et des pratiques discriminatoires et la surveillance généralisée.

Avec le temps a déferlé une vague de néo-autoritarisme, assurée par la monétisation de la démocratie, comme l’explique Jane Mayer dans Dark Money, ouvrage qui expose en détail la manière dont certains milliardaires ont injecté de l’argent dans l’extrême-droite américaine.

Le terrorisme transnational létal d’Al-Qaïda et de l’État islamique, mais aussi, paradoxalement, l’horizon mental de recherches en sciences sociales presque exclusivement concentrées sur la violence des groupes armés islamistes ont permis le développement de politiques publiques répressives, ainsi que la poussée d’un populisme d’un genre nouveau, adepte de la chasse aux sorcières, chasse devenue de plus en plus acceptable sur le plan politique. On remarque moins ces aspects car, dans les faits, ils sont largement répandues et problématiques, et donc plus difficiles à repérer.

La normalisation des propos haineux

Dans un tel contexte, la quasi-normalisation des discours haineux a fait augmenter l’extrémisme de certains groupes, tant et si bien que les militants antiracistes se retrouvent sur la défensive, tandis que les propos haineux sont désormais simplement considérés comme « l’expression d’une oleur repinion différente ».

Le 27 janvier 2017, sept jours seulement après le début de sa présidence et, symbole fort, à l’occasion de la Journée internationale dédiée aux victimes de l’Holocauste, Donald Trump a signé le décret présidentiel 13769. Couramment appelée le « Muslim Ban », cette loi a officiellement introduit une discrimination à l’encontre de certains individus du fait de leur religion, une interprétation validée par la Cour suprême des États-Unis.

Manifestation contre le « Muslim Ban » à Minneapolis, États-Unis, le 31 janvier 2017. Fibonacci Blue/Flickr, CC BY

Aussi, les extrémistes se sont alors habilement engouffrés dans la brèche pour diffuser plus largement leurs idées. Les néo-nazis et les militants du Ku Klux Klan se sont rassemblés à Charlottesville, en Virginie, au mois d’août de la même année, pour promouvoir ouvertement la suprématie d’une pseudo-race blanche. Quand un de ces nationalistes a foncé dans un groupe de contre-manifestants avec sa voiture, tuant une femme, le Président américain n’a pas parlé de terrorisme et a estimé qu’il y avait « des gens très bien des deux côtés ».

Plus que jamais, en particulier dans les sociétés occidentales, les idées de l’extrême-droite trouvent un écho très large, notamment sur les questions d’identité, de culture et de religion. Cette tendance toxique se manifeste aussi dans certaines sociétés non-occidentales, comme en Inde, au Brésil et en Israël.

Paradoxalement, dans les années 2010, l’idéologie intolérante et antidémocratique des groupes violents qui ont pris l’Occident pour cible dans les années 2000 est devenue courante dans ce même monde occidental. Le racisme y est désormais reproduit en son sein, à des niveaux élevés. Ces points de vue racistes génèrent à leur tour un terrorisme d’extrême-droite, à l’instar du récent massacre dans deux mosquées de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, en mars 2019, qui a fait une cinquantaine de victimes.

Ceci, alors même que ces sociétés tolèrent nonchalamment de telles idées en leur sein tout en dénonçant l’extrémisme violent des autres, leur propre radicalisation leur échappe.

Italie, Allemagne, États-Unis et France

L’Italie, l’Allemagne, les États-Unis et la France sont parmi les principaux précurseurs de cette nouvelle phase inquiétante. Célébrée par le Ku Klux Klan, l’élection de Donald Trump n’a pas tant initié cette tendance que dévoilé au grand jour des dystrophies en cours depuis quinze ans.

Le racisme est le plus visible de toutes celles-ci. Il prend la forme de l’islamophobie, du racisme anti-noir et anti-latino, ou encore de l’antisémitisme, et se développe parmi les citoyens qui disent « ne pas être gênés par le racisme ». Pour autant, le terme « extrémisme » est rarement utilisé dans ce contexte, étant avant tout réservé à l’islamisme radical.

En France, le malaise socio-économique de ces dernières années a donné naissance au mouvement des « gilets jaunes ». Bien que les tendances d’extrême-droite de ce mouvement soient tangibles, il est généralement décrit comme un mouvement citoyen, composé de personnes ordinaires, non politisées, menacées par la mondialisation, dont la violence devrait donc pour certains observateurs être « compréhensible ».

De façon plus globale, l’offensive haineuse lancée par des dirigeants ouvertement racistes – Viktor Orbán en Hongrie, Rodrigo Duterte aux Philippines ou Jair Bolsonaro au Brésil – n’a eu d’égal que la tiédeur des réactions face aux idées apparues dans ce courant dominant d’intolérance à l’échelle du globe.

Signes inquiétants

Cette tendance des années 2010 laisse présager que la radicalisation des sociétés risque de se consolider dans les années 2020.

La montée du terrorisme d’extrême-droite, la prolifération des attaques contre les migrants, la nouvelle définition du populisme comme l’expression anodine d’un anti-élitisme, la réécriture des manuels et des programmes scolaires et, bien sûr, la réutilisation de vieilles techniques telles que la criminalisation de formes artistiques comme le rap témoignent de la progression sans entraves du climat actuel d’animosité dans le monde entier.

Exactement comme un siècle auparavant.


Traduit de l’anglais par Laure Motet pour Fast for Word.

Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou, Professor of International History, Graduate Institute – Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID)

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

Ethiopie : des religieux chrétiens et musulmans
unis contre un circuit touristique
réservé aux LGBT | SaphirNews

 
Ethiopie : des religieux chrétiens et musulmans unis contre un circuit touristique réservé aux LGBT
Le Conseil interreligieux d’Éthiopie, réunissant les représentants des Eglises orthodoxe, catholique, adventiste, évangélique et le Conseil suprême éthiopien des affaires islamiques, a haussé le ton, lundi 3 juin, contre une agence de voyages américaine, qui prévoit d’organiser un circuit touristique pour des voyageurs LGBT dans le nord de l’Éthiopie en octobre.

Lors d’une conférence de presse tenue à Addis Abeba, cette plateforme interreligieuse a fait valoir le caractère « immoral » de l’homosexualité, un crime passible de 15 ans d’emprisonnement selon l’article 629 du Code pénal éthiopien

Un appel lancé au gouvernement

Basée à Chicago, Toto Tours, qui se décrit sur son site internet comme une agence ciblant les LGBT depuis 1990, prévoit de conduire des voyageurs au nord de l’Éthiopie, avec un itinéraire incluant la visite de deux sites religieux, dont le Bahir Dar, un centre de mysticisme chrétien, et le Lalibela, un site où se trouvent d’anciennes églises taillées dans la pierre.

Les « circuits (touristiques) ou les programmes de rencontres qui tentent d’utiliser nos sites historiques et notre héritage, devraient être immédiatement stoppés par le gouvernement éthiopien, et nous encourageons les Éthiopiens qui soutiennent ces actes immoraux et malfaisants à s’en détacher », a déclaré Tagay Tadele, secrétaire général du Conseil interreligieux d’Éthiopie.… Lire la suite: Ethiopie : des religieux chrétiens et musulmans unis contre un circuit touristique réservé aux LGBT, Benjamin Andria, 06.06.19.

A Liverpool, un effet Mohamed Salah contre l’islamophobie | SaphirNews

 
A Liverpool, un effet Mohamed Salah contre l'islamophobie
Après la victoire de Liverpool en Ligue des champions samedi 1er juin, Mohamed Salah est encore bien plus adulé par les fans des Reds. Il pourrait même se vanter d’avoir contribué à la baisse de l’islamophobie dans le comté du Merseyside. C’est le résultat d’une étude menée par des chercheurs en sciences politiques de l’université de Stanford publié le 31 mai dernier.

Comment l’attaquant des Reds a contribué à une baisse de l’islamophobie ? Les chercheurs Ala Alrababa’h, William Marble, Salma Mousa et Alexandra Siegel ont diligenté une étude intitulée « L’exposition des célébrités peut-elle réduire les préjugés ? L’effet Mohamed Salah sur les comportements en attitudes islamophobes ».

En préambule de cette recherche, ces auteurs avancent que l’étude a pour but de déterminer si « l’exposition de célébrités à succès appartenant à des groupes stigmatisés peut réduire les préjugés envers ce groupe en général ». Le cas de « la soudaine et phénoménale renommée de la star de Liverpool Salah, un joueur manifestement musulman » a été choisi pour soutenir l’étude.

Depuis l’arrivée de Mohamed Salah dans l’équipe des Reds en 2017, les actes islamophobes ont chuté de 18,9 % dans le Merseyside. Parallèlement, les tweets antimusulmans des supporters sont passés de 7,2 % à 3,4 %.

Selon les chercheurs, ce n’est pas seulement grâce au talent de cet attaquant. « L’étude suggère que ces résultats pourraient être motivés par une familiarité accrue avec l’islam », car Mohamed Salah n’a jamais caché son attachement profond à sa religion.… Lire la suite: A Liverpool, un effet Mohamed Salah contre l’islamophobie, Lina Farelli, 05.06.19.

Aïd el Fitr
  Le mois de Ramadan se termine par la "petite fête", l'Aïd el Fithr, la fête de la rupture du jeûne.

Comment se prépare l'Aïd dans les pays musulmans ?

L'Aïd El Fitr est de loin la fête la plus populaire de l'Islam.


Elle est précédée, la nuit du 26 au 27 Ramadan, par Lailat al qadr, "la nuit du destin" : célébration de la révélation du Coran à Mohammed.
" En vérité nous l'avons révélé en la nuit de la destinée ! - c'est une nuit de paix jusqu'au lever du jour".
(Sourate 97)
C'est une "nuit bénie", une nuit de grande ferveur religieuse que les musulmans pieux passent à la mosquée en psalmodiant le texte coranique.

Vous verrez aussi qu'en cette période de l'année un vent de solidarité souffle sur le monde musulman.

Au Maghreb, par exemple, voisins, cousins et amis, se réunissent pour mettre la main à la pâte et préparer des gâteaux ! Enfants et maris aident aux préparatifs en amenant les immenses plateaux remplis de pâtisseries orientales dans les grandes boulangeries de quartier qui louent leurs fours. Par ailleurs, les hommes sont chargés de faire les courses (amande, miel, farine pistache...) et supervisent les opérations entre deux parties de dominos sur le trottoir de l'épicier du quartier !


Mosquée de BobodioulassoEn Afrique Occidentale, au Burkina Faso par exemple, où vivent en paix les 40% de musulmans que compte la population avec les 20% de chrétiens et les 40% de religion traditionnelle, les musulmans envoient des plats de nourriture aux familles amies, chrétiennes ou autres, et celles-ci viennent les saluer pour leur souhaiter «  Bonne Fête ».

Les enfants musulmans se promènent tout l’après-midi, visitent d’autres familles, de toute religion, chantent une petite chanson et reçoivent quelques sous ou friandises.

L’Evêque du lieu écrit une lettre de félicitations et, avec une délégation, va la remettre au grand Imam.


La fête commence par des prières en commun tôt le matin à la mosquée. Elle sont suivies par un sermon prononcé par l'Imam.

Puis après cette longue période de jeûne, c'est l'occasion de faire des repas plus abondants, en famille, de visiter les siens pour leur présenter ses vœux.

C'est aussi la fête des enfants qui arborent des habits neufs et à qui l'on offre des cadeaux.
Toute la vie sociale se colore alors de gaieté et de joie.

Il est aussi du devoir religieux de tout musulman de penser à la part du pauvre en aumône (Zakat) et en nourriture.
 


Texte et photos pris du site Lavigerie .org