Dialogue interreligieux

« Lorsque nous travaillons pour les âmes, nous ne pouvons user que de persuasion et d'amour... Nous ne pouvons rien faire tant que nous n'avons pas persuadé les gens autour de nous qu'ils sont aimés... » (Cardinal Lavigerie, 1885)

« Nous croyons qu'en toute religion il y a une secrète présence de Dieu, des semences du Verbe qui reflètent un rayon de sa lumière... » (Chapitre 1967)

« Nous célébrons et partageons cette vie avec Dieu lorsque nous allons à la rencontre des cultures et des religions... nous réjouissant de la foi vivante de ces croyants et les rejoignant dans leur quête de la Vérité, cette Vérité qui nous rend tous libres. » (Chapitre 1998)

Missionnaires, nous sommes appelés à faire les premiers pas pour rencontrer les personnes, qu'elles que soient leurs convictions, leur religion.

Au Burkina Faso, cette réalité se traduit surtout dans la rencontre respectueuse et évangélique avec les adeptes des religions traditionnelles et avec les musulmans.

Dans cette rubrique, nous étudierons divers aspects de ces religions, particulièrement de l'islam.

Cette semaine se tient du 18 au 25 janvier 2020

POur plus de détails, aller sur le site du Vatican :

http://www.peresblancs.org/semaine_oecumenique_de_prieres_2020.pdf

Luther face à l’islam|Saphir News

 

Comment le père de la Réforme protestante percevait l’islam

Martin Luther (1483-1546) est considéré comme l’un des pères du protestantisme. Ce moine devenu théologien est l’auteur de « 95 thèses » (1517) à l’origine de la Réforme protestante, dans lequel il critique ouvertement le commerce des indulgences instauré par le Vatican, qui consiste à verser de l’argent contre la rémission partielle ou totale de ses péchés. L’homme, qui fut ordonné prêtre en 1507, finit par être excommunié par le pape Léon X en 1521 mais ses idées ont su se développer à travers l’Europe, avec l’aide de protecteurs, grâce à l’imprimerie. Martin Luther n’a eu de cesse de critiquer très durement le pape et ses partisans. Mais que disait-il de l’islam et de ses fidèles alors ? Réponses avec Malik Bezouh.

Table:

  • Le mahométisme, cette « abomination »
  • Ce que les pères du protestantisme reprochent à l’islam
  • Aucun soutien pour autant à la croisade contre l’islam
  • La lutte contre le « papisme » avant tout
  • Ce que disent les catholiques des protestantsDepuis Luther, un rapport infiniment plus apaisé des églises protestantes à l’islam

Lire : Luther face à l’islam, Malik Bezouh, SaphirNews, 17.12.19.

Au delà du dialogue – le film |Focolari

 

Le 6 janvier 2020, sur KTOTV, a eu lieu la diffusion du film documentaire Au delà du dialogue, présentant l’expérience étonnante du mouvement chrétien des Focolari, implanté en Algérie, et dont la majorité de ses membres sont musulmans. Revoir l’émission sur KTO 

Fabio habite à Lyon, et fait partie du mouvement des Focolari depuis 40 ans. Sa rencontre avec Rassim, un jeune algérien, musulman, engagé aussi dans ce mouvement, fait naître le désir de se rendre en Algérie pour voir de près l’étonnante expérience que chrétiens et musulmans vivent dans ce pays, partageant la même spiritualité de communion aux sources profondément chrétiennes.

C’est le départ d’un film documentaire qui, dans un voyage à travers l’Algérie, nous fait rencontrer des communautés où des chrétiens et des musulmans partagent une expérience spirituelle commune, et s’engagent pour construire une culture de fraternité autour d’eux.

La « Mariapolis » est le rendez-vous le plus important de l’année. Pendant les vacances d’été, on y converge des 4 coins du pays. Les membres du mouvement s’y retrouvent et invitent aussi des amis, des parents, des collègues : pendant quelques jours, au fil des jeux, des ateliers, des conférences et des échanges, on oublie petit à petit qui est chrétien, qui est musulman, qui doute et qui ne croit pas, pour se reconnaître amis, frères en humanité.

Lire la suite : Au delà du dialogue – le film

« La Controverse. Dialogue sur l’islam», de Rémi Brague et Souleymane Bachir Diagne:

la raison, l’islam et le christianisme | Les cahiers de l’islam

L’intellectuel catholique et le philosophe se livrent à un débat théologique vivant et fécond.
Par Meryem Sebti, CNRS

« La Controverse. Dialogue sur l’islam », de Rémi Brague et Souleymane Bachir Diagne, entretiens menés par Michel Eltchaninoff, Stock/Philosophie Magazine Editeur, « Les essais », 192 p., 18 €.

L’initiative à l’origine de cet ouvrage vaut d’être saluée. Le philosophe Michel Eltchaninoff a mis en présence deux intellectuels dont les voix comptent sur la scène publique internationale, pour débattre des « questions qui fâchent » autour de l’islam.

D’un côté, Rémi Brague, qui se définit lui-même comme « intellectuel et catholique ». Grand érudit, éminent spécialiste de philosophie antique et médiévale – juive, arabe et latine –, qu’il a longtemps enseignée, c’est un penseur influent. Connu pour son regard très critique sur la religion musulmane, il définit les sources de l’Europe comme romaines et chrétiennes. Face à lui, ­Souleymane Bachir Diagne, philosophe, historien des sciences, enseignant à l’université Columbia (New York), auteur d’une œuvre riche et complexe, défend la possibilité d’un islam rationnel, dynamique, ­ancré dans une spiritualité authentique.

L’ouvrage s’intitule La Controverse et mérite ce titre au singulier. En apparence, les questions abordées sont très diverses – trop, car cette structure vivante, propre à la discussion, donne lieu à un florilège de réponses souvent bien courtes et contenant, dans la plupart des cas, des références savantes qui échapperont au lecteur non spécialiste.

Mais le débat, d’ordre théologique, touche en réalité à un point de dogme fondamental de l’islam. La conviction de Rémi Brague est que le Coran, considéré par les musulmans comme parole de Dieu, fixe un code légis­latif immuable, une « orthopraxie », que l’homme ne peut ni interroger ni modifier. Face à ce Dieu tout-puissant, l’homme n’aurait aucune liberté réelle. Il serait « soumis », dépouillé de ce qui constitue son essence même : sa capacité de penser et de participer par sa propre raison à l’ordre du monde voulu par Dieu. A l’inverse, le christianisme, en posant que Dieu est Verbe, serait une ­religion pleinement rationnelle, qui favoriserait chez l’homme l’élan de la raison. Rémi Brague met ainsi en avant sa « foi d’intellectuel » ancrée dans l’essence même du christianisme.
Face à cette ­conviction, qui se révèle implacable tout au long de l’échange, Souleymane Bachir Diagne déploie toutes les ressources de son érudition et de son expérience spirituelle personnelles pour étayer une autre représentation du dogme musulman : il rappelle la complexité des débats théologiques autour de la question de la liberté humaine et du dogme du Coran incréé, comme les multiples niveaux d’interprétation du Coran mis en œuvre au cours de l’histoire, ou la place privilégiée de l’homme – désigné dans le Texte révélé comme le lieutenant de Dieu sur Terre – au sein de la Création.
 
« La Controverse. Dialogue sur l’islam », de Rémi Brague et Souleymane Bachir Diagne : la raison, l’islam et le christianisme
 

La position de Rémi Brague en ce qui concerne l’irrationalité ­intrinsèque de l’islam a un redoutable corrélat. Etant fondamen­talement irrationnel, l’islam serait violent par essence. Cette conception a des racines lointaines et profondes en Europe. Elle apparaît en filigrane dans le discours de Ratisbonne du pape Benoît XVI (2006). Elle se révèle dévastatrice tant elle oppose une fin de non-recevoir à toute prétention intellectuelle ou spirituelle de l’islam. Si d’aventure un philo­sophe se révèle fécond, c’est qu’il s’est placé « hors de l’islam » pour penser.
C’est néanmoins avec raison que Rémi Brague fait référence dans sa postface à la disputatio, débat qui voyait notamment s’opposer chrétiens et juifs au sein des universités médiévales. Un espace de rencontre est ouvert avec cet ouvrage, et il ­convient de lui reconnaître ce mérite, qui n’est pas mince.

Source : « La Controverse. Dialogue sur l’islam », de Rémi Brague et Souleymane Bachir Diagne : la raison, l’islam et le christianisme, Meryem Sebti, Les cahiers de l’islam, 06.12.19.

À Kouki, le cardinal Nzapalainga réunit musulmans et catholiques
pour l’inauguration d’une mosquée | La Croix Africa

 

Jeudi 12 décembre, à Kouki, dans la commune de Nana-Bakassa, dans le nord-est de la Centrafrique, la communauté musulmane a inauguré sa nouvelle mosquée en présence de l’archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga et de l’évêque de Bossangoa (nord), Mgr Nestor-Désiré Nongo-Aziagbia.

« Nous avons attendu que le cardinal Nzapalainga soit présent pour inaugurer notre nouvelle mosquée. La précédente a été brûlée, explique l’imam de Kouki, dans le nord-est de la Centrafrique, Abdou Samat Mohamed Ousmane. Nous avons souhaité qu’il soit présent parce que c’est un homme de paix qui a toujours œuvré pour l’unité du pays. Nous voulions lui montrer notre bonne foi et l’encourager à poursuivre ses efforts. »

Lire la suite : À Kouki, le cardinal Nzapalainga réunit musulmans et catholiques pour l’inauguration d’une mosquée – La Croix Africa, Lucie Sarr, 13.12.19.