Dialogue interreligieux

« Lorsque nous travaillons pour les âmes, nous ne pouvons user que de persuasion et d'amour... Nous ne pouvons rien faire tant que nous n'avons pas persuadé les gens autour de nous qu'ils sont aimés... » (Cardinal Lavigerie, 1885)

« Nous croyons qu'en toute religion il y a une secrète présence de Dieu, des semences du Verbe qui reflètent un rayon de sa lumière... » (Chapitre 1967)

« Nous célébrons et partageons cette vie avec Dieu lorsque nous allons à la rencontre des cultures et des religions... nous réjouissant de la foi vivante de ces croyants et les rejoignant dans leur quête de la Vérité, cette Vérité qui nous rend tous libres. » (Chapitre 1998)

Missionnaires, nous sommes appelés à faire les premiers pas pour rencontrer les personnes, qu'elles que soient leurs convictions, leur religion.

Au Burkina Faso, cette réalité se traduit surtout dans la rencontre respectueuse et évangélique avec les adeptes des religions traditionnelles et avec les musulmans.

Dans cette rubrique, nous étudierons divers aspects de ces religions, particulièrement de l'islam.

Affiche interconfessionnelle sur la Règle d’or – offerte gratuitement en ligne

Chères amies, chers amis, cette affiche en français publiée par Scarboro Missions présente la Règle d’or telle qu’elle est exprimée par 13 religions. Veuillez transmettre ce message à vos amis et collègues et l’afficher sur vos sites Web et dans les médias sociaux. Pour visualiser, télécharger ou imprimer l’affiche gratuitement, cliquez ici : https://www.scarboromissions.ca/wp-content/uploads/2015/11/FR-GR-poster-22x29.pdf

Un nouveau livre sur l’interreligieux, préfacé par Rachid Benzine nous est présenté par SaphirNews

Seydi Diamil Niane, Moi, musulman, je n’ai pas à me justifier. Manifeste pour un islam retrouvé, Eyrolles, septembre 2017, 128 p., 13,90 €.

L’avis de Saphirnews
 
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Âgé d’à peine plus d’un quart de siècle, l’auteur franco-sénégalais a déjà un brillant parcours. Nourri à l’enseignement traditionnel en sciences islamiques dans son pays d’origine, initié à la voie soufie tijaniyya, il est actuellement doctorant à l’université de Strasbourg avec deux masters en poche d’islamologie et d’études arabes. Mais Seydi Diamil Niane ne vient pas ici pour étaler son savoir. Deux ans après les attentats de 2015, ce militant de l’interreligieux et de l’interconvictionnel, qui aime à citer Frantz Fanon, Abd al Malik et Amadou Hampâté Bâ, témoigne humblement et appelle dans ce manifeste à changer le monde avec humanisme et spiritualité.
Présentation de l’éditeur
Le cri d’indignation d’un jeune musulman face à l’extrémisme comme à la stigmatisation, aux idées reçues,amalgames et raccourcis auxquels il tord le cou.
Le plaidoyer, assorti de propositions pour un islam dans la cité -éclairé, humaniste et spirituel-, d’un militant engagé du vivre-ensemble dans le cadre de la laïcité et du dialogue interconvictionnel auquel il apporte une salutaire contribution.

Lire un extrait et la suite de la présentation: « Un nouveau livre sur l’interreligieux, préfacé par Rachid Benzine nous est présenté par SaphirNews« , 01/09/17, rédigé par HUE Trinh Nguyên.

Réflexions sur la laïcité arabe (Compte-rendu)

 

Couverture Reflexions laicitéMoulay-Bachir Belqaïd : Réflexions sur la laïcité arabe. Erikbonnier – 2017 – 188 pages – 20€ — EAN  978-236-760-0864

L’auteur de ce livre ne nous est pas très connu. Il est islamologue et essayiste. Par ce livre, il veut alimenter le débat, proposer des pistes de réflexion sans élaborer de thèses précises. Il dénonce les impostures intellectuelles selon lesquelles l’Islam et la laïcité sont incompatibles. Dans une première étape, l’auteur nous montre que le sécularisme était présent avant même la naissance de l’Islam car il est dans « la matrice » du religieux. Pour lui, le rationalisme n’est pas l’apanage de l’Occident (p.21). La laïcité a été présente dans la société arabe mais malheureusement toujours comme l’antithèse du religieux et jamais comme projet de société (p.23). Comment en est-on arrivé là ? Les raisons sont multiples et complexes.

Il y a eu, tout au début, la démarche des Mutazilites qui s’est conclue par la fermeture de l’Ijtihad. Beaucoup plus tard, après des années de statu-quo, l’auteur nous signale l’échec de la rationalité occidentale « qui n’est pas arrivée à implanter hors de son contexte les valeurs qu’elle estime universelle. » (p.29) Les penseurs arabes étaient là mais ils n’ont pas réussi à aménager un espace laïque au sein de la société arabe si bien qu’on ne pourrait parler que d’une « potentialité laïque en Islam » (p.34) ; potentialité qui est restée lettre morte au moment des indépendances. Les nouveaux gouvernants se sont sentis concernés par la gestion du présent et ont abandonné la gestion de l’avenir entre les mains des Oulémas ; d’où le retour en force du religieux. (p.41)

Les sociétés arabo-musulmanes ne sont cependant pas en besoin de textes fondateurs. Un des premiers est « Le Miroir des Princes » qui porte sur l’art de gouverner (p.84). D’autres documents sont là pour nous montrer combien certains penseurs ont essayé de mettre en valeur la séparation du politique et du religieux. Pour cela, ils plaident pour un usage judicieux de la raison pourvu qu’elle reste au sein de la pensée religieuse et non pas en dehors ni contre elle. (p.101) C’est déjà un progrès mais c’est aussi comme barrer la route à l’autonomie de la rationalité arabo-musulmane. Le monde arabo-musulman a donc su aborder de front bien des domaines scientifiques, « mais les sciences politiques ont été négligées » – « Ce n’est donc pas l’islam (en tant que tel) qui s’opposerait à la laïcité, mais plutôt la lecture qui en a été faite. » (p.104)

Tout au long de son livre, notre auteur n’est pas toujours très tendre envers les pouvoirs coloniaux. S’ils ont amélioré le développement économique, il n’en a pas été de même concernant le développement intellectuel : « ils ont offert une modernisation sectorielle et minimale qui n’a pas conquis le fond du champ intellectuel arabo-musulman » (p.125) L’Europe a surtout contribué à l’émergence d’une nouvelle classe commerciale ; elle n’a pas innové au plan des rapports entre les civilisations autour de la Méditerranée. (p.124 & 126)

Ce livre nous propose donc des réflexions pour avancer vers une meilleure appréhension, une vision plus juste et équilibrée de la laïcité. Une des conditions fondamentales pour avance en ce domaine, ne sera pas tellement une meilleure interprétation du Coran ou de la Sunna, mais surtout une grosse amélioration des conditions d’éducation. (p.172)

Un livre relativement facile à lire et qui nous fait toucher du doigt toute la richesse de la pensée arabo-musulmane si l’on considère les 44 ouvrages d’auteurs musulmans, d’hier et d’aujourd’hui, cités en bibliographie.

Gilles Mathorel.

On pourra lire aussi: « Laïcité et monde arabe« , par Habib Moussali, dans la Revue Projet, 01/02/2002.

L'Ecole de la différence (projet initié par des Pères Blancs en 2011 en Algérie), a vécu sa 6ème édition à Oran du 12 au 20 août. 30 jeunes chrétiens et musulmans ont appris à mieux se connaître. Voici le lien pour visionner une courte vidéo: 
Pour en savoir plus visitez notre site: http://www.ecoledeladifference.com
 
Informations envoyées par le Père José Maria Cantal Rivas en Algérie

Message de son EMINENCE LE CARDINAL Philippe Ouedraogo

aux MUSULMANS du Burkina Faso

à l’occasion de la fête de l’Aïd el Kebir

 

Frères et sœurs de la Religion musulmane, la paix soit avec vous ‘Assalamu aleykum !

En ce jour de la Tabaski, je voudrais au nom de toute la communauté catholique de l’Archidiocèse de Ouagadougou, de l’ensemble de ses pasteurs et en mon nom personnel, vous adresser un cordial souhait de bonne fête. L’occasion nous est, une fois de plus, donnée de vous témoigner notre considération, notre solidarité et notre fraternité.

L’AÏD EL-KEBIR, qui commémore l’obéissance d’Abraham à la volonté de Dieu, nous donne de réaffirmer notre fraternité et notre commune appartenance au Dieu Tout-Puissant.

Nous sommes convaincus qu’en dépit de nos différences et de nos convictions religieuses, ce qui nous rapproche est et restera plus fort que ce qui pourrait nous diviser. Oeuvrons donc comme un seul homme, main dans la main, pour renforcer la fraternité, la cohésion sociale, la justice et la paix dans notre pays le Burkina Faso.

En ces moments difficiles que nous traversons, caractérisés par la succession des attaques terroristes contre notre Pays, nous devons ensemble et chacun dans sa Religion, redoubler d’ardeur dans la prière, afin que Dieu le Tout-Puissant, protège notre Pays.

Nous avons également le défi commun d’œuvrer pour l’instauration d’un climat de paix sociale qui passe par une véritable culture de l’amour du prochain, du pardon, de la tolérance, de la justice, du respect de la liberté et de la religion de l’autre…

J’exprime ma reconnaissance et celle de l’Eglise Catholique aux leaders musulmans qui, au quotidien, développent des initiatives en faveur de la promotion du dialogue interreligieux.

Ensemble, prions le Dieu Tout-Puissant de soutenir nos efforts communs de paix pour un mieux vivre-ensemble, en nous soumettant, à l’exemple d’Abraham, à la volonté de Dieu.

Bonne fête de l’AÏD EL-KEBIR et que Dieu Tout-Puissant et Miséricordieux agrée les prières de ce jour.

 

+ Philippe Cardinal OUEDRAOGO

Archevêque de Ouagadougou.