Dialogue interreligieux

« Lorsque nous travaillons pour les âmes, nous ne pouvons user que de persuasion et d'amour... Nous ne pouvons rien faire tant que nous n'avons pas persuadé les gens autour de nous qu'ils sont aimés... » (Cardinal Lavigerie, 1885)

« Nous croyons qu'en toute religion il y a une secrète présence de Dieu, des semences du Verbe qui reflètent un rayon de sa lumière... » (Chapitre 1967)

« Nous célébrons et partageons cette vie avec Dieu lorsque nous allons à la rencontre des cultures et des religions... nous réjouissant de la foi vivante de ces croyants et les rejoignant dans leur quête de la Vérité, cette Vérité qui nous rend tous libres. » (Chapitre 1998)

Missionnaires, nous sommes appelés à faire les premiers pas pour rencontrer les personnes, qu'elles que soient leurs convictions, leur religion.

Au Burkina Faso, cette réalité se traduit surtout dans la rencontre respectueuse et évangélique avec les adeptes des religions traditionnelles et avec les musulmans.

Dans cette rubrique, nous étudierons divers aspects de ces religions, particulièrement de l'islam.

Calendrier interreligieux: septembre 2019

 

Dim. 1 

Début de l’année liturgique orthodoxe L’année liturgique des Églises orthodoxes s’ouvre en septembre et s’achève quinze jours après la fête de la Dormition de Marie, mère du Christ.

Lun. 2 

Ganesha Chaturthi En souvenir de la naissance du dieu Ganesha, reconnaissable à sa tête d’éléphant.

Lun. 2 

Fête du Travail (1er mai: international; 2 septembre: Canada) Fête internationale du travail et de la lutte syndicale (origine: Chicago, 1886). Toujours célébrée aujourd’hui par les partis de gauche et les syndicats, la fête du Travail demeure un jour de manifestations et de revendications sociales. Son origine remonte à la fin du XIXe siècle. Aux États-Unis, un mouvement social revendique alors la journée de huit heures. Certains patrons l’acceptent, d’autres non. Grèves et manifestations s’enchaînent; notamment, à partir du 1er mai 1886, à Chicago où la confrontation avec les forces de l’ordre finit dans le sang, le 4 mai. En souvenir, la IIe Internationale socialiste décide en 1889 d’instaurer chaque 1er mai comme date de manifestation en faveur de la journée de huit heures. Dès 1890, la mobilisation est suivie dans de nombreux pays. Après la Première Guerre mondiale, sous l’impulsion de l’URSS, la fête du Travail devient un jour férié national dans beaucoup de pays.

Mar. 3 

Samvatsari Jour le plus sacré de l’année jaïne, celui du repentir, du pardon et de l’abandon de toute haine ou méchanceté.

Dim. 8 

Nativité de Marie (8 septembre: cal. grégorien; 21 septembre: cal. julien) Fête catholique et orthodoxe de la naissance de Marie, mère du Christ. Très ancienne, cette fête était déjà célébrée par l’Église de Constantinople, au VIe siècle; une tradition qui, probablement venue de l’Église de Jérusalem, a gagné l’Église de Rome au VIIe siècle. Elle s’est répandue, durant le Moyen Âge, dans tout le christianisme occidental, sans toutefois y prendre la place qu’elle a dans le christianisme oriental. Pour les catholiques, la fête de la Nativité de Marie a ainsi moins d’importance que les deux grandes fêtes de l’Assomption et de l’Immaculée conception. Les messes sont moins solennelles, les processions publiques plus rares. En ce jour, les textes de la liturgie, les prières et les chants invitent les fidèles à méditer sur la vie de Marie, mère de Dieu, la plus sainte de tous les saints par son plein consentement à la vie divine.

Lun. 9 

Achoura * La plus importante des fêtes chiites en souvenir du martyre de Hussein, petit-fils du Prophète. Elle est suivie de 40 jours de deuil, conclus par les commémorations de l’Arbaïn. Pour les sunnites, jour de jeûne. * Date variable (1 à 2 jours) en fonction de l’observation de la lune. Achoura commémore le martyre de Hussein, petit-fils du Prophète et troisième imam des chiites, lors de la bataille de Kerbala qui, en 680, l’avait opposé, avec ses 72 hommes, à la puissante armée du calife omeyyade Yazid Ier. Des rituels d’auto-flagellation, lors de grandes manifestations populaires, sont organisés au sein des communautés chiites. Le martyre de Hussein marque la rupture entre les chiites et les sunnites.

Ven. 13 

Zhongqiu Fête de la mi-automne en l’honneur de la Lune. On y mange des gâteaux de lune (yuebing).

Sam. 14 

Exaltation de la Croix (14 septembre: cal. grégorien; 27 septembre: cal. julien) Grande fête orthodoxe en souvenir de la découverte de la Croix par Hélène en 326. Comme son nom l’indique, cette fête honore la croix sur laquelle Jésus a été mis à mort. Pour les chrétiens, cet instrument de supplice est devenu, par la résurrection du Christ, le symbole de l’amour infini de Dieu et du salut ainsi offert à l’humanité: celui de la vie éternelle. Également célébrée par l’Église catholique, l’Exaltation de la Croix est une fête majeure de l’Église orthodoxe. Elle a pour origine une tradition, déjà établie dans l’Église de Jérusalem au Ve siècle, commémorant deux événements très présents dans l’iconographie et la liturgie. Le premier est l’apparition de la sainte Croix à Constantin au moment où il va, soutenu par ce symbole divin, prendre la tête de l’Empire romain (312). Le second, rapporté dès la fin du Ve siècle par différents écrits plus ou moins légendaires, est la découverte de la «vraie Croix» par sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, lors de son pèlerinage à Jérusalem en 326. Authentifiée par un miracle, la Croix est alors présentée à l’adoration du peuple par l’évêque saint Macaire. Le principal rite de ce jour de fête est ainsi l’élévation de la sainte Croix par le prêtre au-dessus des fidèles qu’il bénit en se tournant vers les quatre points cardinaux pour souligner l’universalité du message chrétien.

Dim. 15 

Jeûne fédéral Jour de reconnaissance et de solidarité en Suisse. La coutume veut que l’on mange une tarte aux pruneaux. Dans les années 1790, alors que les mouvements révolutionnaires gagnent la Suisse, le canton de Berne propose la création d’une fête réunissant protestants et catholiques pour renforcer les liens entre Confédérés. Mais l’officialisation du Jeûne fédéral n’intervient qu’en 1832. Seul le canton de Genève ne s’est pas mis à l’unisson confédéral: le Jeûne genevois est, aujourd’hui encore, fêté un jeudi, dix jours avant le Jeûne fédéral.

Sam. 21 

Journée internationale de la paix (instituée par l’ONU en 1981) Journée dédiée à la non-violence, durant laquelle tous les peuples et pays sont invités à cesser les hostilités.

Mer. 25 

Naissance de Confucius * (-551 à -479) Vénéré sous le nom de maître Kong, son enseignement a donné naissance à la tradition confucéenne en Chine. * Sous réserve de confirmation officielle.

Dim. 29 

Navaratri / Durga Puja (du 29 septembre au 7 octobre) Célébration de la Déesse dans ses différentes manifestations: Durga, Kali, Uma, Sarasvati… L’année hindoue connaît quatre séries de neuf nuits (navaratra) propices au culte (puja) de la Déesse. Celle de l’automne est la plus propice de toutes et de nos jours, la plus célébrée. Au Bengale c’est à la déesse Durga – celle à qui tous les dieux confient la périlleuse mission de tuer le démon-buffle Mahisasura – que l’on rend hommage. Pendant plusieurs jours, la Déesse, représentée dans sa forme guerrière, fait l’objet de célébration dans les nombreuses structures (pandals) temporaires qui accueillent son image divine. Lors de la «victoire du dixième jour» (vijayadashami), cette dernière est portée au point d’eau (l’étang ou le Gange) le plus proche où elle est immergée sous les acclamations : «Victoire à la mère!».

Lun. 30 

Roch ha-Chanah * (30 septembre et 1er octobre) Nouvel An (1er Tishri) 5780, rappel de la création du monde et de la souveraineté de Dieu. * Les fêtes juives débutent toujours la veille à la tombée de la nuit. Cette fête, qui marque le début de l’année juive, célèbre la création du monde. Elle est aussi «jour du jugement»: «À Roch-ha-Chanah, dit le Talmud, le monde entier défile devant Dieu comme un troupeau de moutons.» Les fidèles sont invités, durant cette commémoration qui dure deux jours, à faire le bilan de leurs actions pendant l’année écoulée. Ils cherchent à réparer leurs fautes et à obtenir le pardon de ceux qu’ils ont heurtés.

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                    Le Pape saluant les fidèles lors de l'audience générale du mercredi 21 août 2019.  (Vatican Media)

Audience générale: le Pape rappelle les exigences de la communion fraternelle

En poursuivant sa série de catéchèses sur les Actes des Apôtres, le Pape François s’est arrêté ce mercredi matin sur la notion de communion fraternelle. Cette audience tenue en Salle Paul VI a été l’occasion pour le Pape d’expliquer que le partage du temps et des biens matériels n’est pas une simple option, mais une condition indispensable de l’appartenance à la communauté chrétienne.

Cyprien Viet – Cité du Vatican

«Si vous voulez être de bons chrétiens vous devez prier, chercher à vous rapprocher de la communion, du sacrement de la réconciliation», a expliqué le Pape François. Mais ce qui détermine l’appartenance à la communauté chrétienne, ce qui prouve la sincérité de la conversion, c’est la capacité à mettre en jeu ses biens pour aider les pauvres, car c’est la «solidarité qui édifie l’Église comme famille de Dieu».

Le Pape a développé la notion de koinonia, un terme grec qui signifie «mettre en communion», «mettre en commun». C’est dans la cohérence entre la vie eucharistique, les prières, la prédication et l’expérience d’une communion vécue concrètement que les apôtres ont pu construire les premières communautés chrétiennes. Et toute l’histoire du christianisme témoigne de personnes qui ont su se dépouiller des choses qu’elles avaient pour les donner aux autres. «Et pas seulement de l’argent: aussi du temps», a insisté le Pape, en donnant l’exemple des nombreux Italiens, dont beaucoup ont des revenus très modestes, qui donnent du temps aux autres à travers le volontariat.

Une nouvelle forme de relation aux autres

Dans les récits des Actes des Apôtres, la communion devient «la nouvelle modalité de relation entre les disciples du Seigneur». Cette nouvelle façon «d’être entre eux, de se comporter», a pu amener certains témoins extérieurs à se dire: «regardez comme ils s’aiment». Avec un «amour concret», quand les plus forts aident les plus faibles, «personne n’expérimente l’indigence qui humilie et défigure la dignité humaine». L’évangélisation suppose donc «de ne pas oublier les pauvres», «pas seulement les pauvres matériels, mais aussi les pauvres spirituels, les gens qui ont des problèmes et qui ont besoin de notre proximité».

Les chrétiens ne doivent pas être des touristes, mais «des frères les uns pour les autres». Ceux qui cherchent leur propre intérêt risquent de glisser vers la mort intérieure. Sortant de son texte, le Pape a lancé cet avertissement: «Beaucoup de personnes se disent proches de l’Église, amies des prêtres, des évêques, alors qu’elles ne cherchent que leur propre intérêt. Ce sont les hypocrisies qui détruisent l’Église.»

Le Pape a donc conclu en espérant que le Seigneur puisse «reverser sur nous son Esprit de tendresse, qui vainc toute hypocrisie et met en circulation cette vérité qui nourrit la solidarité chrétienne, qui loin d’être une activité d’assistance sociale, est l’expression indispensable de la nature de l’Église, très tendre mère de tous, spécialement des plus pauvres».

Les évêques du Nigeria demandent une révision de la réglementation sur les certificats de mariage | La Croix Africa

La récente décision du ministère de l’intérieur d’obliger les couples nigérians à se marier dans les seuls lieux de culte agréés, pose problème aux très nombreuses églises qui n’ont pas encore acquis cette autorisation légale.

Depuis le mercredi 24 juillet, le gouvernement nigérian a introduit un nouveau certificat pour tous les types de mariages contractés dans le pays.

Ce jour-là, la secrétaire permanente du ministère de l’intérieur, Georgina Ehuriah, a révélé que tous les couples désireux de se marier devaient veiller à ce que leurs mariages soient célébrés dans des lieux agréés par ce ministère. Et ce, a-t-elle expliqué, afin que « le mariage soit crédible et enregistré dans la base de données nationale des mariages légalement certifiés ».

« Si le certificat n’est pas imprimé et délivré par le greffier principal des mariages, alors le mariage est illégal et ne peut servir le but recherché », a encore déclaré Georgina Ehuriah. Quant aux couples déjà existants dont le certificat n’a pas été délivré par le ministère de l’intérieur, ils sont invités à « consulter le site Web du ministère afin de valider à nouveau leurs certificats de mariage ».

Seulement 314 lieux de culte autorisés

Georgina Ehuriah a précisé que, parmi « environ 4 689 lieux de culte agréés au Nigeria ayant mis à jour leurs registres avec le ministère de l’intérieur, 314 seulement ont renouvelé leur licence autorisant les mariages légaux ». Ce qui signifie que seuls les mariages contractés dans ces 314 centres de culte sont conformes à la loi sur le mariage.… Lire la suite: Les évêques du Nigeria demandent une révision de la réglementation sur les certificats de mariage – La Croix Africa, Claire Lesegretain, 12.08.19.

Au Bénin, le syncrétisme religieux au moment des épreuves | La Croix Africa

Au Bénin, selon les chiffres officiels, la majorité de la population est chrétienne (53 %) et le reste, soit musulmane (23 %) ou adepte des religions traditionnelles (18,1 %). Mais les faits sont moins tranchés, nombreux sont en effet ceux qui pratiquent le syncrétisme religieux.

Certains Béninois catholiques pratiquants, n’hésitent pas à avoir recours aux religions traditionnelles quand surviennent les épreuves. C’est le cas de John, 26 ans, étudiant à l’Université d’Abomey-Calavi, qui ne cache pas sa double appartenance : « Moi, je suis catholique mais j’ai des liens avec le Vodun. Il y a des situations de contraintes, des blocages, des problèmes de la vie face auxquels la prière ne suffit pas. On est en Afrique, vous savez », justifie-t-il.

Lire la suite:  Au Bénin, le syncrétisme religieux au moment des épreuves – La Croix Africa, Juste Hlannon, 13.08.19.

Pèlerinage à La Mecque : tensions en terre sacrée

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Cette année plus que les autres, le pèlerinage est perturbé par un contexte politique régional délicat.

#TheKingdomEmbraceTheWorld (« le royaume embrasse le monde ») : tel est le hashtag lancé sur les réseaux sociaux par le ministère saoudien du Hajj et de la Omra, quelques jours avant le début du grand pèlerinage à La Mecque, le 9 août. Pour sponsoriser l’événement, une vidéo a été diffusée. Qui commence par l’image du hall de l’aéroport international Roi-Abdelaziz, où trône une affiche géante du prince héritier Mohammed Ben Salman, nouvel homme fort du régime. C’est ce portrait qui accueille les pèlerins venant du monde entier. Ou presque.

Cette année, le hajj a lieu dans un contexte de grande instabilité. Dans le Golfe, les sabotages et les arraisonnements de tankers se multiplient. Et le risque s’accroît d’une bataille navale entre pro-Saoudiens et pro-Iraniens. L’événement religieux n’échappe pas à l’enjeu géopolitique. Une interrogation revient avec insistance dans le monde musulman : faut-il internationaliser La Mecque et Médine, ces lieux saints de l’Islam ? L’Arabie saoudite a fait savoir qu’il n’en était pas question. En attendant, les appels au boycott se multiplient.

« On nous dit de ne pas politiser le hajj ! Mais réaliser l’unité dans la région est une affaire politique. Soutenir et défendre les opprimés dans le monde musulman, à l’instar des nations palestinienne et yéménite, est une question polituelques jours avant le début du grand pèlerinage à La Mecque, le 9 août. Pour sponsoriser l’événement, une vidéo a été diffusée. Qui commence par l’image du hall de l’aéroport international Roi-Abdelaziz, où trône une affiche géante du prince héritier Mohammed Ben Salman, nouvel homme fort du régime. C’est ce portrait qui accueille les pèlerins venant du monde entier. Ou presque.

Blocus

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Malgré la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays depuis l’exécution en 2016 par Riyad du cheikh chiite Nimr Al Nimr, un accord conclu en décembre dernier entre le président de l’organisation iranienne du hajj, Alireza Rashidian, et le ministère saoudien responsable du pèlerinage permet aux Iraniens d’accomplir leur devoir religieux.

Fin juillet, 88 000 Iraniens ont atterri en Arabie saoudite. Un premier pas, quatre ans après le mouvement de foule qui avait provoqué la mort de 2 177 pèlerins, dont 464 Iraniens. L’accident avait immédiatement envenimé les relations déjà tendues entre Riyad et Téhéran. L’année suivante, aucun Iranien n’avait été autorisé à entrer dans le pays pour le hajj, l’un des cinq piliers de l’islam.

Cette année, les critiques n’ont pas manqué en Iran. Lorsque la République islamique a annoncé qu’elle prenait en charge une partie des frais des pèlerins, certains lui ont reproché de soutenir indirectement l’Arabie saoudite dans sa guerre au Yémen et dans sa propagande anti-iranienne.

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Pour les Qataris, voyager en Arabie saoudite est tout simplement impossible, pèlerinage ou pas. La frontière terrestre, l’espace aérien et les ports restent fermés, conséquence du blocus qui frappe l’émirat depuis deux ans. Le gouvernement qatari accuse les autorités saoudiennes de discrimination et appelle à « lever toutes les restrictions pour les fidèles qataris ».

Les médias saoudiens avancent une tout autre version. Ils affirment que Doha continuerait à bloquer les sites internet grâce auxquels les citoyens qataris formulent leur demande de visa pour le hajj. Controverse picrocholine ? D’après la presse du royaume, quelques centaines de pèlerins ont tout de même pu entrer dans le pays. En toute discrétion. Sur les vidéos diffusées en ligne par des comptes saoudiens, les « présumés » Qataris cachent leur visage aux caméras.

Visas

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Au Proche-Orient, les Syriens et les Palestiniens exilés – c’est-à-dire qui vivent dans un pays tiers comme le Liban ou la Turquie – rencontrent beaucoup de difficultés pour obtenir un visa par l’intermédiaire des comités pour le hajj.

Cette année, pendant que les Saoudiens s’asseyaient à la même table que les Israéliens pour discuter du « deal du siècle » – le plan de Donald Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien –, les Palestiniens installés au Liban et en Syrie se voyaient refuser le précieux sésame. Les détenteurs d’un passeport temporaire jordanien ont connu la même déconvenue, comme beaucoup de résidents de Jérusalem-Est.

Depuis des années, plusieurs figures religieuses appellent donc les musulmans à boycotter le hajj

La position de l’Arabie saoudite sur le conflit israélo-palestinien est l’un des arguments les plus avancés par les partisans du boycott. La brutalité de la guerre au Yémen en est un autre. Le hashtag #boycotthajj compte désormais plus de 16 000 tweets, selon le chercheur irakien Ahmed Tawaij, auteur d’une tribune publiée sur le site de Foreign Policy, intitulée : « Mohammed Ben Salman pousse les musulmans à boycotter La Mecque ».

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Le mouvement part du principe que le hajj et la omra – le « petit » pèlerinage, qui peut être entrepris à tout moment de l’année – représentent un enjeu économique énorme pour le royaume. Prendre part à ces rassemblements conduit à participer indirectement aux politiques menées par l’Arabie saoudite. L’intérêt touristique du hajj est au cœur de Vision 2030, le programme de diversification des activités économiques du royaume. Ce plan vise à augmenter le nombre des pèlerins de 13 % d’ici à 2020, en investissant dans les services et en augmentant les emplois correspondants.

Péché

Depuis des années, plusieurs figures religieuses – pas seulement chiites – appellent donc les musulmans à boycotter le hajj. En avril, le grand mufti libyen Sadiq al-Ghariani a associé le voyage à La Mecque à un « péché plutôt qu’à une bonne action ». Le même a exhorté les fidèles à ne pas se rendre chez « ceux qui tuent leurs frères et sœurs musulmans. […] Cet argent contribue au massacre des Yéménites, des Libyens, des Soudanais, des Tunisiens et des Algériens ».

En 2018, Youssef al-Qaradawi, théologien qatari d’origine égyptienne, proche des Frères musulmans, avait également plaidé pour le boycott. Pour l’instant, ces appels sont restés lettre morte. Rares sont les pèlerins qui renoncent au hajj une fois le visa obtenu. Cette année, des millions de croyants ont encore afflué des quatre coins du monde pour effectuer les tours rituels autour de la Kaaba.


Pour les Yéménites, des visas uniquement accordés aux alliés

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Au Yémen, la guerre à outrance lancée en 2015 par le prince héritier MBS et ses alliés émiratis a tué plus de 70 000 personnes. Paradoxalement, contre tout principe d’impartialité, le roi Salman a également annoncé un quota de 2 000 visas disponibles, mais limités aux membres des familles des soldats fidèles au gouvernement du Yémen, appuyé par la coalition. Un peu plus tôt, le roi Salman avait publié une directive à l’intention de 200 membres de la famille des victimes de l’attentat terroriste de Christchurch, en Nouvelle-Zélande.