Dialogue interreligieux

« Lorsque nous travaillons pour les âmes, nous ne pouvons user que de persuasion et d'amour... Nous ne pouvons rien faire tant que nous n'avons pas persuadé les gens autour de nous qu'ils sont aimés... » (Cardinal Lavigerie, 1885)

« Nous croyons qu'en toute religion il y a une secrète présence de Dieu, des semences du Verbe qui reflètent un rayon de sa lumière... » (Chapitre 1967)

« Nous célébrons et partageons cette vie avec Dieu lorsque nous allons à la rencontre des cultures et des religions... nous réjouissant de la foi vivante de ces croyants et les rejoignant dans leur quête de la Vérité, cette Vérité qui nous rend tous libres. » (Chapitre 1998)

Missionnaires, nous sommes appelés à faire les premiers pas pour rencontrer les personnes, qu'elles que soient leurs convictions, leur religion.

Au Burkina Faso, cette réalité se traduit surtout dans la rencontre respectueuse et évangélique avec les adeptes des religions traditionnelles et avec les musulmans.

Dans cette rubrique, nous étudierons divers aspects de ces religions, particulièrement de l'islam.

Sénégal : de Karim Wade à Khalifa Sall, quand les confréries musulmanes
se posent en médiatrices

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Au lendemain de la libération de Khalifa Sall et du rapprochement affiché entre Macky Sall et Abdoulaye Wade, nombre de commentateurs soulignent l'importance des médiations menées par les responsables religieux, notamment confrériques. Le politologue Papa Fara Diallo revient sur les principaux faits d'armes de ces acteurs incontournables de la vie politique sénégalaise.

À peine libéré de la prison de Rebeuss, après deux ans et demi passés derrière les barreaux pour escroquerie aux deniers publics, l’ancien maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, quittait Dakar, au milieu de la nuit, pour se rendre à Tivaouane, la ville saint de la confrérie tidiane – à laquelle il appartient.

Une visite qui ne surprend pas dans le contexte sénégalais, où les confréries jouent un rôle qui dépasse de loin le seul périmètre spirituel. En politique, les chefs religieux ont ainsi joué régulièrement les médiateurs entre le pouvoir et les différentes composantes de l’opposition.

L’intervention du huitième khalife général des mourides, Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, aurait d’ailleurs conduit à la grâce accordée le 29 septembre à Khalifa Sall et à deux de ses coaccusés par le président Macky Sall. C’est du moins ce qu’estime Papa Fara Diallo, enseignant-chercheur en sciences politiques à l’Université Gaston Berger (Saint-Louis), qui voit dans ces actions de médiation une manière, pour les leaders religieux, de conserver leur pouvoir symbolique.

Jeune Afrique : Macky Sall a pris tout le monde de court en graciant Khalifa Sall, dimanche 29 septembre. Pourquoi a-t-il pris le risque de laisser l’opposition se restructurer en vue des prochaines élections locales et législatives ?

Papa Fara Diallo : On peut émettre trois hypothèses. D’abord, il est possible que Macky Sall ait pris cette décision parce qu’il n’a pas trouvé de dauphin potentiel au sein de son propre camp. Sa logique serait donc très différente de ce qu’elle pouvait être à la veille de la présidentielle, puisqu’en 2024 lui-même n’est pas censé être candidat.

La seconde – la moins probable selon moi -, c’est que le président veut donner des gages de bonne volonté afin d’apaiser le climat politique et de sortir par la grande porte au terme de son second mandat.

La troisième hypothèse consiste à dire que la pression du khalife général des mourides, lors de l’inauguration de la mosquée Massalikoul Jinaan, à Dakar, a été telle que le président ne pouvait pas refuser d’accéder à sa demande.

N’oublions pas que Khalifa Sall a été condamné aux côtés de Yaya Bodian et Mbaye Touré. Or ce dernier est très proche du khalife général de Touba, qui était d’ailleurs allé lui rendre visite en prison. Il est donc possible que son rôle, lors d’une journée chargée de symboles, ait été décisif.

Au Sénégal, jusqu’où remonte ce lien très fort entre les pouvoirs religieux et politique ?

À la crise du 7 décembre 1962 entre le président Léopold Sédar Senghor et le président du Conseil Mamadou Dia, qui se partageaient la tête de l’exécutif. Dans un pays composé à 95 % de musulmans, c’est pourtant Senghor, le catholique, qui a bénéficié du soutien des quatre principales confréries, ce qui lui a permis de rester au pouvoir pendant 20 ans.

Il avait mis en place un contrat social tripartite composé des religieux, des disciples citoyens et de l’État central. L’État a donné aux confréries le moyen d’accéder à de nombreuses ressources – octroi de terres agricoles, recrutement de dignitaires… En retour, les khalifes généraux faisaient appel au soutien de leurs disciples à travers les ndiguël, les consignes de vote.

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Le jour de sa sortie de prison, le fils du khalife général des mourides était présent à la résidence de Madické Niang,
où le fils de l'ancien président s'est rendu pour le rencontrer avant de s'envoler pour le Qatar. © DR

 

Le dernier ndiguël électoral remonte au règne d’Abdou Diouf. Les « médiations » dans le champ politique sont-elles un moyen pour les confréries de conserver leur influence sur la vie politique sénégalaise ?

Bien sûr. À partir de la vague de démocratisation des années 1990, une jeunesse urbaine faisant une distinction nette entre vie privée et vie de citoyen a commencé à émerger. Certes, les ndiguël ne sont plus opératoires, mais les confréries n’ont rien perdu de leur pouvoir symbolique.

Chaque personne qui cherche à entrer en politique ou à présenter sa candidature doit faire le tour des confréries. Avec cette fonction légitimatrice quasi mystique, celles-ci conservent un rôle décisif dans la vie politique.

Il arrive aussi que cela s’étende aux conflits sociaux…

Au début du mandat de Macky Sall, entre 2012 et 2013, les syndicats étaient engagés dans un bras de fer avec le gouvernement. Ils se sont alors rapprochés des chefs religieux pour obtenir gain de cause. Le khalife général des tidianes les a reçus et a joué un rôle décisif qui a, en partie, permis de dénouer cette crise.

Quel rôle ont-ils joué lors des campagnes électorales, qui correspondent à des moments de tension politique exacerbées ?

Après les élections locales de 1996, qui correspondaient à un moment très tendu de la vie politique sénégalaise, les khalifes généraux s’étaient exprimés publiquement à la télévision pour demander à ce que le président intervienne. Abdou Diouf avait alors décidé de faire revoter les citoyens dans les circonscriptions les plus litigieuses.

Et en 1998, il créait l’Observatoire national des élections (Onel), dirigé à l’époque par le général Niang.

Les médiations politiques sensibles ne sont pas pour autant l’apanage des confréries…

À l’issue des présidentielles et législatives de 1988, extrêmement chaotiques et contestées par l’opposition, le président Abdou Diouf avait convoqué une table ronde nationale, confiée au juge Kéba Mbaye et à un professeur de droit. Celle-ci a permis d’adopter à l’unanimité un nouveau code électoral, lequel a mené le pays à sa toute première alternance, en 2000.

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Le jour de sa sortie de prison, le fils du khalife général des mourides était présent à la résidence de Madické Niang,
où le fils de l'ancien président s'est rendu pour le rencontrer avant de s'envoler pour le Qatar. © DR

 

Le khalife général des mourides a eu à jouer un rôle important dans la libération de Karim Wade

Abdoulaye Wade avait été critiqué après sa première élection, en 2000, lorsqu’il était allé se prosterner devant Serigne Saliou Mbacké à Touba. Cet acte lui a-t-il été bénéfique ?

Le président Wade n’a jamais caché son appartenance indéfectible à la confrérie mouride. C’est à Touba qu’il a réservé son premier déplacement après son élection. Il a forcément joué de cette proximité pour que son fils puisse être gracié et libéré, en 2016, puisqu’il n’y avait plus de voie de recours légal possible.

Le khalife général des mourides a eu à jouer un rôle important dans la libération de Karim Wade. D’ailleurs, le jour de sa sortie, le fils du khalife était présent à la résidence de Madické Niang, où le fils de l’ancien président s’est rendu exprès pour le voir avant de quitter Dakar pour le Qatar.

Pourtant, Abdoulaye Wade n’a pas toujours bénéficié du soutien de la communauté mouride…

Lors de l’élection présidentielle de 1993, qui a généré un climat délétère dans le pays, Abdoulaye Wade et d’autres membres de l’opposition avaient été emprisonnés à l’issue de la proclamation des résultats. C’était une manière pour le pouvoir d’empêcher une mobilisation massive de la jeunesse.

Le front social était alors en ébullition. Une bonne partie de la société civile et certains religieux sont sortis dans les rues. Serigne Moustapha Sy, un dignitaire des moustarchidines, liés aux tidiane, avait été mis en prison pendant plus d’un an suite à une manifestation.

Les mourides, eux, étaient beaucoup plus en phase avec le gouvernement. C’est quand il est devenu président de la République, en 2000, que cette allégeance mouride est devenue favorable à Abdoulaye Wade.

Avant son élection, il n’avait jamais remporté d’élection à Touba. Ce n’est qu’après 2000, et même après sa défaite en 2012, qu’il a gagné de l’influence en pays mouride. Certes, il entretient une relation d’affinité avec la confrérie. Mais elle ne lui a été bénéfique qu’une fois qu’il a pu financer des projets pour la région de Touba. Il connaissait les rouages du système de clientélisme initialement mis en place par Léopold Sédar Senghor pour obtenir le soutien des autres confréries. Il n’a fait que perpétuer cette tradition.

Aujourd’hui, un leader politique pourrait-il se passer des confréries ?

Ousmane Sonko [arrivé troisième de la présidentielle] affiche un discours et un style novateurs, lui qui affirme vouloir faire la politique différemment. Il a toutefois fait le tour des confréries avant d’annoncer sa candidature à la présidentielle. Et lorsque les travaux de la mosquée Massalikoul Jinaan ont été achevés et que le khalife général des mourides est arrivé à Dakar en vue de l’inauguration, il a été l’un des premiers à lui rendre visite. C’est bien la preuve qu’aujourd’hui encore, quelle que soit la volonté de rupture affichée par les hommes politiques, ils restent conscients du poids sociologique et symbolique des confréries.

OSCE : le respect de la liberté de religion un test
de «la santé d’une démocratie» | ZENIT – Français

 

Intervention de Mgr Wachowski à Varsovie

« Dans le contexte actuel de sociétés multiculturelles, le respect de la liberté de religion est l’un des facteurs fondamentaux permettant d’évaluer la santé d’une démocratie donnée comme un véritable foyer pour tous », affirme Mgr Miroslaw S. Wachowski, responsable de la mission du Saint-Siège à l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

Il est intervenu à la séance du travail sur les libertés fondamentales et, plus particulièrement, sur la liberté de pensée, de conscience, de religion ou de conviction tenue à Varsovie (Pologne), le 19 septembre 2019.

« La liberté de religion, a déclaré Mgr Wachowski, est comme un baromètre qui indique avec précision le véritable niveau de liberté dans une société. » Notre délégation, a-t-il dit en citant les paroles de Mgr Gallagher, secrétaire aux relations avec les États, a « le devoir d’insister sur la centralité de la liberté de religion ou de conviction, non pas parce qu’elle ignore d’autres libertés, mais parce que la liberté de religion ou de conviction est le test ultime pour le respect de tous les autres droits de l’homme et libertés fondamentales ».

« La liberté de religion ou de conviction englobe non seulement le droit de manifester sa religion ou sa conviction, aux niveaux individuel et collectif, par le biais du culte, de l’enseignement, de la pratique et de l’observance », a-t-il ajouté, mais aussi les droits « de suivre sa conscience en matière religieuse et de vivre de manière cohérente en manifestant ses convictions en public, sans être obligé de les cacher ». « Toutes les restrictions à la liberté de religion entraînent un affaiblissement de la société », a déclaré aussi le responsable de la mission du Saint-Siège.

L’enregistrement des communautés religieuses

« Ma délégation, a dit Mgr Wachowski, accueille … avec satisfaction les directives sur la personnalité juridique des communautés religieuses ou de conviction, qui constituent un document de référence » pour les personnes « qui participent à la rédaction, à la révision et à l’application de la législation pertinente ».

Il a cependant invité à surveiller « la mise en place de mécanismes d’enregistrement des communautés religieuses » : les États-membres de l’OSCE, a-t-il dit, « devraient veiller à ce que ces mécanismes ne deviennent pas en eux-mêmes une violation de la liberté de religion ou de conviction ».

« La conséquence concrète d’un manque de compréhension de la liberté de religion ou de conviction », a expliqué le responsable de la mission du Saint-Siège, est « la présence toujours croissante d’une approche réductionniste ». « Ce phénomène inquiétant cherche à limiter la liberté de religion ou de conviction », a-t-il affirmé.

Reconnaître les communautés religieuses comme des sujets

« Une société qui accorde la liberté de religion ou de conviction est une société qui libère à son profit le potentiel d’un engagement actif et constructif », a aussi souligné Mgr Wachowski. Cela permet « aux communautés religieuses de contribuer activement au débat démocratique et à la promotion d’une culture commune des droits de l’homme ».

« Valoriser la société civile signifie accepter sa nature multiforme, a-t-il conclu : pour chaque religion, cela signifie reconnaître la liberté des autres religions, ainsi que celle des hommes et des femmes qui ne reconnaissent pas le transcendant ; pour la société, cela implique de reconnaître les communautés religieuses comme des sujets participant, avec tous les droits, à la construction de cette même société. »

Source : OSCE : le respect de la liberté de religion un test de «la santé d’une démocratie» – ZENIT – Francais, , 25.09.19.

OSCE : la discrimination religieuse, «une préoccupation commune»
ZENIT – Français

 

Mgr Grech invite à la mise en oeuvre du document de Bâle

« Le point de départ de toute réponse à l’intolérance et à la discrimination fondée sur la religion devrait être la reconnaissance du fait que ces défis sont une préoccupation commune », a déclaré Mgr Joseph Grech, conseiller de la Mission permanente du Saint-Siège auprès des organisations internationales à Vienne (Autriche): « le problème doit être reconnu et traité par l’ensemble de nos sociétés », a-t-il ajouté.

Mgr Grech est intervenu, le 24 septembre 2019, à la séance de travail sur la tolérance et non-discrimination, y compris la lutte contre le racisme, la xénophobie et la discrimination de la réunion sur la mise en œuvre de la dimension humaine (HDIM 2019) qui se tient à Varsovie (Pologne), du 16 au 27 septembre.

Prévenir et combattre l’intolérance religieuse

« Aucune partie de la région de l’OSCE – de Vancouver à Vladivostok – n’est à l’abri d’actes d’intolérance et de discrimination, y compris de crimes de haine contre les chrétiens et les membres d’autres religions », a déclaré Mgr Grech. « Les chrétiens, a-t-il rappelé, sont visés à la fois dans les pays où ils sont minoritaires et dans lesquels ils représentent la majorité. Par conséquent, toutes les attaques doivent faire l’objet d’une attention égale, qu’elles soient dirigées contre le groupe majoritaire ou minoritaire, en évitant toute approche partielle ou sélective. »

Le conseiller de la Mission permanente du Saint-Siège a déclaré que les « efforts pour prévenir et combattre l’intolérance religieuse et la non-discrimination » ne devraient pas « être séparés des engagements pris de longue date par l’OSCE en matière de liberté de religion ou de conviction ».

Cependant, a-t-il noté, « les éléments de la législation antidiscriminatoire de certains États participants semblent aller à l’encontre des engagements pertinents de l’OSCE, car ils ne prennent pas en compte et ne garantissent pas l’autonomie des communautés chrétiennes, les empêchant de s’organiser et d’agir de manière indépendante ».

Il a plaidé pour une reconnaissance du rôle positif des religions dans la société. Mgr Grech a souligné un autre « fait » «particulièrement préoccupant » : « dans toute la région de l’OSCE, une ligne de démarcation nette semble avoir été tracée entre croyance religieuse et pratique religieuse ». « La fausse idée, a-t-il dit, selon laquelle les religions ont un impact négatif et représentent une menace pour le bien-être de nos sociétés se développe. »

Il a souligné l’importance du dialogue social: « Conformément à nos engagements, a-t-il rappelé, l’OSCE et ses États participants devraient engager des consultations avec les communautés religieuses et promouvoir la participation de ces communautés au dialogue public. » Les États participants, a poursuivi Mgr Grech, sont « invités à accueillir et à encourager les représentants des communautés religieuses à donner leur point de vue – fondé sur les convictions morales découlant de leur foi – de la vie quotidienne ».

Les négociations de Bâle

Enfin, Mgr Grech a souhaité « rappeler l’une des lacunes flagrantes » dans le travail des membres de l’OSCE, à savoir « la tâche encore incomplète de Bâle ». Il s’agit de la déclaration n ° 8/14, dans laquelle les ministres des Affaires étrangères de l’OSCE ont exprimé leur accord sur le fait que les États participants devraient « élaborer des déclarations du Conseil ministériel sur le renforcement des efforts de lutte contre l’intolérance et la discrimination, notamment à l’égard des musulmans, des chrétiens et des membres d’autres religions», a expliqué Mgr Grech.

« Nous regrettons, a-t-il dit, que les négociations des quatre dernières années aient été infructueuses et parfois très inutiles. » Cependant « des progrès lents – mais indéniables – ont été accomplis » pour ce qui est de « sensibiliser le public à la question ».

« Le Saint-Siège, a conclu Mgr Grech, reste donc confiant sur le fait qu’il sera possible – plus tôt que plus tard – de parvenir à un consensus sur les Déclarations du Conseil ministériel visant à renforcer les efforts de lutte contre l’intolérance et la discrimination, notamment à l’encontre des musulmans, des chrétiens et des membres d’autres religions, afin de mettre en oeuvre la décision prise et articulée à Bâle. »

Source : OSCE : la discrimination religieuse, «une préoccupation commune» – ZENIT – Francais, , 26.09.19.

Inauguration à Dakar de la plus grande mosquée d'Afrique de l'Ouest

La Grande Mosquée des mourides à Dakar a été inaugurée le 27 septembre 2019.
© Adrien BARBIER / AFP

Au Sénégal, l’inauguration de la mosquée « Massalikul Jinaan » (les chemins du paradis), gigantesque mosquée de la confrérie mouride à Dakar a eu lieu ce vendredi 27 septembre. Événement religieux et politique, puisque le président Macky Sall et l’ex-chef de l’État Abdoulaye Wade, en rupture depuis la condamnation de Karim Wade, ont participé ensemble à la grande prière. L’ouverture officielle a fait la Une de toute la presse, et rassemblé des milliers de fidèles venus de tout le pays.

On se presse on se bouscule, la foule est compacte. Certains ont passé la nuit à camper pour ne pas rater l’inauguration, d’autres ont bravé les embouteillages monstres dans la capitale. « Je suis arrivée à 5 heures du matin », nous confie une jeune femme. « C'était très difficile de rentrer », souligne un autre fidèle. « Nous sommes très fiers [de cette Grande Mosquée ], nous, les mourides », ajoute la jeune femme.

Une fierté pour les mourides, et un symbole de la puissance de la confrérie. Massalikul Jinaan (du nom du traité de soufisme écrit par le Cheikh Ahmadou Bamba MBacké, fondateur de la confrérie des mourides), c’est l’aboutissement de 7 ans de travaux. 5 minarets, une capacité totale de 30 000 fidèles. Beaucoup ont dû rester à l’extérieur aujourd’hui, des disciples qui ont financé l’édifice pour un budget évalué à 20 milliards de FCFA, plus de 30 millions d’euros.

Beaucoup de fidèles ont contribué au financement. Pour ces fidèles, pas question donc de rater cela, même si pour certains la journée a été longue. Une femme perd connaissance, elle est prise en charge par les pompiers. Et a rassemblement exceptionnel, dispositif sécuritaire renforcé : 1 600 policiers ont été mobilisés.

Inauguration de la plus grande mosquée d'Afrique de l'Ouest - reportage
27-09-2019 - Par Charlotte Idrac

« Je salue la ferveur nationale qui marque ce jour historique avec l’inauguration de la grande mosquée Massalikul Jinaan, cette merveille de Bamba. Il constitue un symbole indéniable de la puissance de la foi des disciples mourides, une victoire pour l’islam et tous les musulmans », a écrit sur Twitter le président sénégalais Macky Sall.

Pour Bakary Sambe, fondateur du « Timbuktu Institute » et professeur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, cette mosquée symbolise la puissance de la confrérie mouride, son influence politique, et une certaine forme de revanche.

Bakary Sambe, fondateur du « Timbuktu Institute » et professeur à l’université Gaston Berger de Saint-Louis
27-09-2019 - Par Charlotte Idrac
 

Les évêques catholiques des Églises orientales d’Europe
exhortés à l’unité |La Croix Africa

 

Réunis à Rome du 12 au 14 septembre, dans le cadre du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE), les quarante évêques et ordinaires pour les catholiques orientaux d’Europe ont été invités par le pape François à travailler à l’œcuménisme de la charité.

Dans le cadre de leur rencontre annuelle, sous l’égide du Conseil des conférences épiscopale d’Europe (CCEE), les quarante évêques catholiques des Églises Orientales d’Europe – et œuvrant pour les diasporas venues d’Ukraine, du Moyen-Orient ou d’Inde – étaient réunis à Rome, au Collège pontifical ukrainien, du jeudi 12 au samedi 14 septembre, pour réfléchir à leur mission œcuménique.

Participaient aussi à cette rencontre le cardinal Angelo Bagnasco, président du CCEE, le cardinal Kurt Koch, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité, et Mgr Sviatoslav Shevchuk, primat de l’Église gréco-catholique ukrainienne.

« Il est difficile de répondre à un défi œcuménique basé sur les discours, les programmes et les réunions, a expliqué le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation des Églises orientales. Le véritable œcuménisme auquel sont appelées les Églises catholiques orientales en Europe est celui de l’amour et de la charité », a-t-il poursuivi en citant en exemple les actions de la Caritas en Ukraine ou en Géorgie.

Une Europe minée par les divisions

Le cardinal Sandri a évoqué également « les initiatives lancées par Jean-Paul II après le tremblement de terre en Arménie en 1988 », qui ont contribué à rapprocher les différentes Églises. Selon lui, l’œcuménisme est un véritable défi dans une Europe minée par les divisions, et les Églises ont la responsabilité de le relever.… Lire la suite: Les évêques catholiques des Églises orientales d’Europe exhortés à l’unité – La Croix Africa,Claire Lesegretain (avec Cath.ch/Imedia), 17.09.19