Dialogue interreligieux

« Lorsque nous travaillons pour les âmes, nous ne pouvons user que de persuasion et d'amour... Nous ne pouvons rien faire tant que nous n'avons pas persuadé les gens autour de nous qu'ils sont aimés... » (Cardinal Lavigerie, 1885)

« Nous croyons qu'en toute religion il y a une secrète présence de Dieu, des semences du Verbe qui reflètent un rayon de sa lumière... » (Chapitre 1967)

« Nous célébrons et partageons cette vie avec Dieu lorsque nous allons à la rencontre des cultures et des religions... nous réjouissant de la foi vivante de ces croyants et les rejoignant dans leur quête de la Vérité, cette Vérité qui nous rend tous libres. » (Chapitre 1998)

Missionnaires, nous sommes appelés à faire les premiers pas pour rencontrer les personnes, qu'elles que soient leurs convictions, leur religion.

Au Burkina Faso, cette réalité se traduit surtout dans la rencontre respectueuse et évangélique avec les adeptes des religions traditionnelles et avec les musulmans.

Dans cette rubrique, nous étudierons divers aspects de ces religions, particulièrement de l'islam.

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SAINT-LARY Maud

Titre : « Réislamisation au Burkina Faso

 Editeur :   Karthala 2019 – 276 pages – 25 €

Collection :   Religions contemporaines

 

Maud Saint-Lary est anthropologue rattachée à l’Institut des Mondes Africains (IMAf). Elle effectue depuis de nombreuses années des recherches sur les dynamiques de l’islam subsaharien et plus particulièrement au Burkina Faso. Elle est également membre et cofondatrice du Laboratoire de Sciences Sociales Appliquées (LaSSA) à Marseille.

Voici un livre abondant de 276 pages dont l’auteur est assez méconnu du grand public jusqu’à présent. Le titre est tout d’abord un peu ambigu. Réislamisation fait trop penser à l’islamisme sectaire. En fait à la lecture du livre il serait plus juste de parler de « réveil » ou de « renouveau » de l’islam au Burkina Faso. Car en fait l’Islam était entré il y a longtemps au Burkina par le biais des « Tariqua » ou confréries soufi. Tout va changer par la venue du pouvoir colonial et la confrontation à la modernité.

Du temps de la colonisation française, l’Islam était connu et respecté mais n’avait pas sa place dans les structures communautaires du pays.
Il y avait alors une « hégémonie » des Eglises chrétiennes, spécialement catholique. Les écoles primaires étaient pour la majorité des anciens villageois « l’école du blanc ». A partir des années 70, l’Islam va se décomplexer et prendre sa propre place dans la nation burkinabe ; ceci grâce à la présence et l’action d’universitaires de religion islamique. En 12 années, ce sont 600 mosquées qui vont être construite. Et déjà aujourd’hui sur les 40 radios locales que nous y trouvons, 11 sont islamiques. L’ensemble est nourri grâce à une « massification des écrits islamiques. » ainsi qu’une certaine arabisation de la culture. Tous ces changements vont être guidés et soutenus par l’engagement d’universitaires musulmans organisés en association. Nous avons ainsi :

AEEMB ou Association des Elèves et Etudiants Musulmans du Burkina

CERFI ou Cercle d’Etudes et Recherche de Formation Islamique

OFEMB ou Organisation des Femmes Musulmanes du Burkina

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Avec l’auteure nous entrons dans le concret et même l’intime de la culture locale. D’une part, il y a un travail sur les écoles primaires pour qu’elles ne soient plus « école du blanc », mais école de tous où les musulmans auront leur place en parité avec les chrétiens.

D’autre part, nous avons une présentation des mariages traditionnels présentant la relation homme/femme face aux effets de la modernité. Comme toujours la médiation des « sages » doit intervenir. Il y avait depuis toujours les « sages » traditionnels. Mais maintenant les « sages » religieux, musulmans ou chrétiens selon les cas seront consultés.

Malheureusement, l’auteure se limite aux contributions et médiations musulmanes. Il aurait été bon de mettre en parallèle les différents types de médiations et d’expliciter un peu plus les risques de concurrence interconfessionnelles

Un livre intéressant à lire par tous ceux et celles qui ont un intérêt pour l’interreligieux ou pour l’Afrique sahélienne.

 Gilles Mathorel

 Missionnaire d'Afrique demeurant à Parie

En Allemagne, les religions du monde entier ont rendez-vous pour le bien commun | Vatican News

 

À Lindau (Allemagne), s'est tenue du 20 au 23 août la 10e Assemblée mondiale de Religions pour la Paix, une conférence mondiale de représentants des religions dédiée à la promotion de la paix. Plusieurs centaines de représentants de différentes confessions religieuses y participent.

Francesca Sabatinelli – Cité du Vatican

C’est une rencontre qui a lieu tous les 6 ans. La dernière s’était tenue à Vienne, en Autriche. Cette année, la 10e Assemblée mondiale de Religions pour la Paix rassemble à Lindau près de 800 participants, qu’ils soient chefs religieux, représentants gouvernementaux, membres d’ONG et de groupes de la société civile. Différents axes de travail ont été fixés pour ces journées: réfléchir à la manière de construire un consensus face à divers défis contemporains, promouvoir des actions interreligieuses communes à travers le réseau Religions pour la Paix et au-delà, procéder à des élections au sein de l’association.

«Prendre soin de notre avenir commun» est le thème de cette dixième édition.

Lire la suite:  En Allemagne, les religions du monde entier ont rendez-vous pour le bien commun – Vatican News, 20.08.19.

Soudan: une femme chrétienne nommée au sein du Conseil de transition – Vatican News

 

[…] Cette chrétienne copte, Rayaa Nicol Abdel Masih, a été choisie par consensus par les militaires et les représentants des Forces pour la liberté et le changement (FLC) comme onzième membre du Conseil souverain, qui doit superviser la transition. C’est une première, et cela est présenté comme un signe d’ouverture et de tolérance pour ce pays qui avait vu la minorité chrétienne perdre de son influence après la sécession du Soudan du Sud, en 2011.[…]

Lire l’article complet : Soudan: une femme chrétienne nommée au sein du Conseil de transition – Vatican News, 21.08.19.

Calendrier interreligieux: septembre 2019

 

Dim. 1 

Début de l’année liturgique orthodoxe L’année liturgique des Églises orthodoxes s’ouvre en septembre et s’achève quinze jours après la fête de la Dormition de Marie, mère du Christ.

Lun. 2 

Ganesha Chaturthi En souvenir de la naissance du dieu Ganesha, reconnaissable à sa tête d’éléphant.

Lun. 2 

Fête du Travail (1er mai: international; 2 septembre: Canada) Fête internationale du travail et de la lutte syndicale (origine: Chicago, 1886). Toujours célébrée aujourd’hui par les partis de gauche et les syndicats, la fête du Travail demeure un jour de manifestations et de revendications sociales. Son origine remonte à la fin du XIXe siècle. Aux États-Unis, un mouvement social revendique alors la journée de huit heures. Certains patrons l’acceptent, d’autres non. Grèves et manifestations s’enchaînent; notamment, à partir du 1er mai 1886, à Chicago où la confrontation avec les forces de l’ordre finit dans le sang, le 4 mai. En souvenir, la IIe Internationale socialiste décide en 1889 d’instaurer chaque 1er mai comme date de manifestation en faveur de la journée de huit heures. Dès 1890, la mobilisation est suivie dans de nombreux pays. Après la Première Guerre mondiale, sous l’impulsion de l’URSS, la fête du Travail devient un jour férié national dans beaucoup de pays.

Mar. 3 

Samvatsari Jour le plus sacré de l’année jaïne, celui du repentir, du pardon et de l’abandon de toute haine ou méchanceté.

Dim. 8 

Nativité de Marie (8 septembre: cal. grégorien; 21 septembre: cal. julien) Fête catholique et orthodoxe de la naissance de Marie, mère du Christ. Très ancienne, cette fête était déjà célébrée par l’Église de Constantinople, au VIe siècle; une tradition qui, probablement venue de l’Église de Jérusalem, a gagné l’Église de Rome au VIIe siècle. Elle s’est répandue, durant le Moyen Âge, dans tout le christianisme occidental, sans toutefois y prendre la place qu’elle a dans le christianisme oriental. Pour les catholiques, la fête de la Nativité de Marie a ainsi moins d’importance que les deux grandes fêtes de l’Assomption et de l’Immaculée conception. Les messes sont moins solennelles, les processions publiques plus rares. En ce jour, les textes de la liturgie, les prières et les chants invitent les fidèles à méditer sur la vie de Marie, mère de Dieu, la plus sainte de tous les saints par son plein consentement à la vie divine.

Lun. 9 

Achoura * La plus importante des fêtes chiites en souvenir du martyre de Hussein, petit-fils du Prophète. Elle est suivie de 40 jours de deuil, conclus par les commémorations de l’Arbaïn. Pour les sunnites, jour de jeûne. * Date variable (1 à 2 jours) en fonction de l’observation de la lune. Achoura commémore le martyre de Hussein, petit-fils du Prophète et troisième imam des chiites, lors de la bataille de Kerbala qui, en 680, l’avait opposé, avec ses 72 hommes, à la puissante armée du calife omeyyade Yazid Ier. Des rituels d’auto-flagellation, lors de grandes manifestations populaires, sont organisés au sein des communautés chiites. Le martyre de Hussein marque la rupture entre les chiites et les sunnites.

Ven. 13 

Zhongqiu Fête de la mi-automne en l’honneur de la Lune. On y mange des gâteaux de lune (yuebing).

Sam. 14 

Exaltation de la Croix (14 septembre: cal. grégorien; 27 septembre: cal. julien) Grande fête orthodoxe en souvenir de la découverte de la Croix par Hélène en 326. Comme son nom l’indique, cette fête honore la croix sur laquelle Jésus a été mis à mort. Pour les chrétiens, cet instrument de supplice est devenu, par la résurrection du Christ, le symbole de l’amour infini de Dieu et du salut ainsi offert à l’humanité: celui de la vie éternelle. Également célébrée par l’Église catholique, l’Exaltation de la Croix est une fête majeure de l’Église orthodoxe. Elle a pour origine une tradition, déjà établie dans l’Église de Jérusalem au Ve siècle, commémorant deux événements très présents dans l’iconographie et la liturgie. Le premier est l’apparition de la sainte Croix à Constantin au moment où il va, soutenu par ce symbole divin, prendre la tête de l’Empire romain (312). Le second, rapporté dès la fin du Ve siècle par différents écrits plus ou moins légendaires, est la découverte de la «vraie Croix» par sainte Hélène, mère de l’empereur Constantin, lors de son pèlerinage à Jérusalem en 326. Authentifiée par un miracle, la Croix est alors présentée à l’adoration du peuple par l’évêque saint Macaire. Le principal rite de ce jour de fête est ainsi l’élévation de la sainte Croix par le prêtre au-dessus des fidèles qu’il bénit en se tournant vers les quatre points cardinaux pour souligner l’universalité du message chrétien.

Dim. 15 

Jeûne fédéral Jour de reconnaissance et de solidarité en Suisse. La coutume veut que l’on mange une tarte aux pruneaux. Dans les années 1790, alors que les mouvements révolutionnaires gagnent la Suisse, le canton de Berne propose la création d’une fête réunissant protestants et catholiques pour renforcer les liens entre Confédérés. Mais l’officialisation du Jeûne fédéral n’intervient qu’en 1832. Seul le canton de Genève ne s’est pas mis à l’unisson confédéral: le Jeûne genevois est, aujourd’hui encore, fêté un jeudi, dix jours avant le Jeûne fédéral.

Sam. 21 

Journée internationale de la paix (instituée par l’ONU en 1981) Journée dédiée à la non-violence, durant laquelle tous les peuples et pays sont invités à cesser les hostilités.

Mer. 25 

Naissance de Confucius * (-551 à -479) Vénéré sous le nom de maître Kong, son enseignement a donné naissance à la tradition confucéenne en Chine. * Sous réserve de confirmation officielle.

Dim. 29 

Navaratri / Durga Puja (du 29 septembre au 7 octobre) Célébration de la Déesse dans ses différentes manifestations: Durga, Kali, Uma, Sarasvati… L’année hindoue connaît quatre séries de neuf nuits (navaratra) propices au culte (puja) de la Déesse. Celle de l’automne est la plus propice de toutes et de nos jours, la plus célébrée. Au Bengale c’est à la déesse Durga – celle à qui tous les dieux confient la périlleuse mission de tuer le démon-buffle Mahisasura – que l’on rend hommage. Pendant plusieurs jours, la Déesse, représentée dans sa forme guerrière, fait l’objet de célébration dans les nombreuses structures (pandals) temporaires qui accueillent son image divine. Lors de la «victoire du dixième jour» (vijayadashami), cette dernière est portée au point d’eau (l’étang ou le Gange) le plus proche où elle est immergée sous les acclamations : «Victoire à la mère!».

Lun. 30 

Roch ha-Chanah * (30 septembre et 1er octobre) Nouvel An (1er Tishri) 5780, rappel de la création du monde et de la souveraineté de Dieu. * Les fêtes juives débutent toujours la veille à la tombée de la nuit. Cette fête, qui marque le début de l’année juive, célèbre la création du monde. Elle est aussi «jour du jugement»: «À Roch-ha-Chanah, dit le Talmud, le monde entier défile devant Dieu comme un troupeau de moutons.» Les fidèles sont invités, durant cette commémoration qui dure deux jours, à faire le bilan de leurs actions pendant l’année écoulée. Ils cherchent à réparer leurs fautes et à obtenir le pardon de ceux qu’ils ont heurtés.

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                    Le Pape saluant les fidèles lors de l'audience générale du mercredi 21 août 2019.  (Vatican Media)

Audience générale: le Pape rappelle les exigences de la communion fraternelle

En poursuivant sa série de catéchèses sur les Actes des Apôtres, le Pape François s’est arrêté ce mercredi matin sur la notion de communion fraternelle. Cette audience tenue en Salle Paul VI a été l’occasion pour le Pape d’expliquer que le partage du temps et des biens matériels n’est pas une simple option, mais une condition indispensable de l’appartenance à la communauté chrétienne.

Cyprien Viet – Cité du Vatican

«Si vous voulez être de bons chrétiens vous devez prier, chercher à vous rapprocher de la communion, du sacrement de la réconciliation», a expliqué le Pape François. Mais ce qui détermine l’appartenance à la communauté chrétienne, ce qui prouve la sincérité de la conversion, c’est la capacité à mettre en jeu ses biens pour aider les pauvres, car c’est la «solidarité qui édifie l’Église comme famille de Dieu».

Le Pape a développé la notion de koinonia, un terme grec qui signifie «mettre en communion», «mettre en commun». C’est dans la cohérence entre la vie eucharistique, les prières, la prédication et l’expérience d’une communion vécue concrètement que les apôtres ont pu construire les premières communautés chrétiennes. Et toute l’histoire du christianisme témoigne de personnes qui ont su se dépouiller des choses qu’elles avaient pour les donner aux autres. «Et pas seulement de l’argent: aussi du temps», a insisté le Pape, en donnant l’exemple des nombreux Italiens, dont beaucoup ont des revenus très modestes, qui donnent du temps aux autres à travers le volontariat.

Une nouvelle forme de relation aux autres

Dans les récits des Actes des Apôtres, la communion devient «la nouvelle modalité de relation entre les disciples du Seigneur». Cette nouvelle façon «d’être entre eux, de se comporter», a pu amener certains témoins extérieurs à se dire: «regardez comme ils s’aiment». Avec un «amour concret», quand les plus forts aident les plus faibles, «personne n’expérimente l’indigence qui humilie et défigure la dignité humaine». L’évangélisation suppose donc «de ne pas oublier les pauvres», «pas seulement les pauvres matériels, mais aussi les pauvres spirituels, les gens qui ont des problèmes et qui ont besoin de notre proximité».

Les chrétiens ne doivent pas être des touristes, mais «des frères les uns pour les autres». Ceux qui cherchent leur propre intérêt risquent de glisser vers la mort intérieure. Sortant de son texte, le Pape a lancé cet avertissement: «Beaucoup de personnes se disent proches de l’Église, amies des prêtres, des évêques, alors qu’elles ne cherchent que leur propre intérêt. Ce sont les hypocrisies qui détruisent l’Église.»

Le Pape a donc conclu en espérant que le Seigneur puisse «reverser sur nous son Esprit de tendresse, qui vainc toute hypocrisie et met en circulation cette vérité qui nourrit la solidarité chrétienne, qui loin d’être une activité d’assistance sociale, est l’expression indispensable de la nature de l’Église, très tendre mère de tous, spécialement des plus pauvres».