Témoignages

 

Société des Missionnaires d'Afrique

Le Père Luc Kola, Provincial d’Afrique de l’Ouest,
vous fait part du retour au Seigneur du Père

Dariusz Zielinski

le mardi 12 novembre 2019 à Ouagadougou (Burkina Faso)
à l’âge de 53 ans dont 20 ans de vie missionnaire
en Algérie, au Mali, en Pologne et au Burkina Faso.

Prions pour lui et pour ceux qui lui étaient chers.

Jalons de vie du Père Dariusz Zielinski

Né à Torun
le 25/03/1966
Année spirituelle Serment missionnaire Ordination sacerdotale
dans le diocèse de Warmia 11/11/1990  09/12/1995  06/07/1996 
 Nationalité :  Polonais  Fribourg
(Suisse) 
 Toulouse
(France)
Kwidzyn
(Pologne) 
01/03/1996 Première nomination Maghreb
01/09/1996 Etudes au Pisai Roma, Maison Gén. Italie
01/07/1998 Nommé Mgh.(P.E.98/6) Tizi-Ouzou Algérie
01/02/2002 Responsable Tizi-Ouzou Algérie
01/10/2003 Etude Langue CEL Falaje Mali
05/11/2003 Nommé (PE 10/03) Mali
01/04/2004 Vicaire Kolongotomo Mali
01/09/2005 Resp. et Curé Kolongotomo Mali
01/07/2006 Nommé Mgh.(PE 6/06)
01/10/2006 Tizi-Ouzou Algérie
10/01/2007 Elu Conseiller Algérie
01/05/2010 Animation Lublin Polska
01/06/2010 Nommé PEP (PE 07/10) Polska
01/07/2014 Nommé PAO (PE 7/14)
01/09/2014 CFR et supérieur Bamako,Hamdallaye Mali
01/06/2015 Vicaire Dyou-Kadiolo Mali
01/09/2016 Economat Provincial Ouagadougou Burkina Faso
12/11/2019 Retour auprès du Père Ouagadougou Burkina Faso

Abraham : un patriarche, trois héritages? |Sciences humaines

 

Judaïsme, christianisme et islam font d’Abraham leur ancêtre. Mais ils portent sur lui des regards différents.

Abraham, dont le nom signifie littéralement « père d’une multitude », est perçu comme un personnage fondamental dans les textes sacrés des trois religions monothéistes que sont le judaïsme, le christianisme et l’islam. Le patriarche serait né en 1948 après la création du monde selon la tradition juive, soit vers 1812 avant notre ère. Il est dit originaire d’Ur en Chaldée, région située entre le Tigre et l’Euphrate, aujourd’hui en Irak.

Il n’existe aucune trace archéologique de l’homme. Il est néanmoins probable qu’à l’origine, les traditions relatives à Abraham, son fils Isaac et son petit-fils Jacob aient été indépendantes les unes des autres avant d’être assemblées en un récit à la généalogie commune à une époque nettement postérieure aux événements, vraisemblablement au 7e siècle avant notre ère.

Abraham, un nouveau départ de l’histoire humaine

L’histoire d’Abraham est emblématique et singulière. Il représente le choix d’une foi monothéiste dans un monde qui ne l’était pas. La vie d’Abram (« père exalté ») est ainsi marquée par la redécouverte du monothéisme d’Adam, et un appel divin (Genèse 12, 1-3) où Dieu lui demande d’abandonner les siens pour un pays inconnu en échange d’une descendance innombrable et d’une gloire pérenne – par son intermédiaire seront bénies toutes les nations du monde. Le récit se présente donc comme un nouveau départ de l’histoire humaine dans sa relation avec Dieu après l’échec de la tour de Babel. Après avoir scellé cette alliance avec Dieu par la promesse de circoncire tous les mâles de sa maison (Genèse 17, 5), Abram devient Abraham, « père d’une multitude de nations », et dans la tradition juive, le premier Hébreu.

La promesse sera tenue puisque ses enfants prospèrent. L’un d’entre eux, Jésus-Christ, est présenté comme directement issu de sa semence (Évangiles, Galates 3, 16). L’apôtre Paul se réfère au patriarche comme métaphore du croyant chrétien, parce qu’Abraham a eu foi en Dieu et a été fidèle à sa loi, avant même que celle-ci fût révélée à Moïse. Ainsi, par la foi, les païens peuvent devenir « fils d’Abraham » (Galates 3, 7). Les théologiens chrétiens feront d’Abraham le type même de l’homme juste aux yeux de Dieu, le précurseur de Jésus.

Fils de Terah (Gn. 11, 26), un idolâtre vendeur d’idoles, et d’Amtlaï (selon la tradition orale reprise par le Talmud), Abraham est celui qui reconnaît l’existence d’un Dieu unique par sa seule raison, dans les trois traditions, juive, chrétienne et musulmane. La Aggadah, partie non juridique des textes rabbiniques, fait même le récit d’un adolescent audacieux, rebelle à l’idée du polythéisme jusqu’à détruire toutes les idoles façonnées par son père, sauf une à laquelle il donne un bâton. Quand il annonce à son père que cette dernière est la responsable de la destruction, Terah s’exaspère et souligne qu’il est impossible qu’une statue ait détruit toutes les autres. « Tes oreilles entendent-elles les paroles que ta bouche profère ? », lui répond son fils. Ce récit est repris par le Coran (37, 83-98), qui voit en Abraham le premier des monothéistes et « l’ami de Dieu ».

Si le christianisme inclut le judaïsme et l’islam quand il parle de « religion d’Abraham », se référant à un ancêtre commun, ce n’est en fait pas le cas pour la plupart des musulmans. Selon eux, le Coran réinterprète plutôt qu’il ne reprend le récit biblique. Ainsi Ibrahim, comme l’écrit le Coran où il est cité 69 fois dans plus de 245 versets, n’est ni juif, ni chrétien, mais vrai croyant et musulman (hanif et muslim – Coran, 3, 67). Le texte sacré a préservé les révélations faites aux prophètes qui ont précédé Mahomet, corrigeant ce qui aurait été déformé par les traditions juives ou chrétiennes.

Au cœur du débat, une difficile question de filiation et du fameux sacrifice d’un bélier immolé en lieu et place du fils préféré, Isaac pour les juifs et les chrétiens, Ismaël pour la tradition musulmane – le Coran reste muet sur l’identité du fils choisi. La stérilité de sa femme, Saraï, et le fait qu’Abraham ait alors plus de 80 ans, la pousse à donner à son mari sa servante égyptienne Hagar, qui met au monde un fils, Ismaël. Dieu démontre sa puissance, renommant Saraï en Sarah et la faisant enfanter à 90 ans alors qu’Abraham a 100 ans, d’un fils, Isaac. Pour éviter toute dispute d’héritage, Hagar et Ismaël sont abandonnés dans le désert où ils ne survivent qu’avec l’aide de Dieu. Isaac succède ainsi matériellement et spirituellement à son père pour le judaïsme et le christianisme. En revanche, chez les musulmans, c’est Ibrahim qui reçoit l’ordre de construire une maison pour adorer Allah, la Ka’ba à La Mecque, et c’est avec son fils Ismaël qu’il inaugure un pèlerinage à cet endroit.

Abraham est ainsi présenté comme le fondateur lointain de l’islam. Quant aux chrétiens, ils insistent sur la foi inébranlable du patriarche plus que sur son élection ou son ethnicité. Les juifs perçoivent Abraham comme le père du peuple juif, et le premier des prophètes qui transmirent la volonté divine au peuple hébreu. Abraham est en conséquence à la fois le plus consensuel des personnages bibliques et coraniques, mais aussi le plus petit dénominateur commun entre les trois grandes religions. Chacune s’y reconnaît et s’en revendique sans forcément s’accorder sur la figure concrète du patriarche et sur ce qu’il représente.

David Vauclair

Historien, auteur de Judaïsme, christianisme, islam. Points communs et divergences, Eyrolles, 2016.

Source : Abraham : un patriarche, trois héritages ?, Daivd Vauclair, Sciences humaines, Grands Dossiers Hors-série N° 5 – décembre 2016 – janvier-février 2017- Les monothéismes – 8€50

Au Mali, décès de Mgr Jean Gabriel Diarra, évêque de San| La Croix Africa

Lundi 28 octobre, Mgr Jean Gabriel Diarra, évêque de San, dans le sud du Mali, est décédé.

Le diocèse de San, dans le sud du Mali, a perdu, lundi 28 octobre son évêque, Mgr Jean Gabriel Diarra. À 75 ans, l’évêque était absent de son diocèse depuis déjà quelques mois pour des raisons de santé, renseigne le site de la Conférence épiscopale du Mali …Lire la suite:  Au Mali, décès de Mgr Jean Gabriel Diarra, évêque de San – La Croix Africa, 31.10.19

(cliquer sur le lien ci dessus pour voir la photo de l'évêque et quelques commentaires)

 

Une fois sur le site de "La Croix Africa" on trouve aussi d'autres informations sur l'Eglise d'Afrique.

Kiye2019
Hebdomadaire de l'aumônerie des Jeunes de la paroisse de Dyou : Rendez-vous du Père Vincent KIYE avec les jeunes, n°37 du 04/11/2019
"... quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour  : cela te sera rendu à la résurrection des justes." ( LC 14, 12-14)
Bien aimés dans le Seigneur,
Recevez nos salutations fraternelles depuis la Paroisse de Dyou au Mali.
En cette nouvelle semaine du 04 novembre 2019, nous sommes invites à méditater sur l'exigence d'un amour tout centré sur l'homme et non sur des intérêts terrestres et éphémères. Se faire ami des pauvres qui n'ont rien à nous offrir comme confort matériel. Comment est-ce possible en ce monde moderne où nous vivons un capitalisme aveugle et moutonnier et où le paraître, l'être plus et l'avoir sont devenus la règle d'or et la cause de toute motivation.
L'Évangile de ce lundi, tiré de saint Luc nous invite à la gratuité du service mieux,  à un  amour désintéressé parce que tout acte bon que nous posons à l'endroit des autres est une grâce de Dieu. Il vient de la motion de l'esprit Saint. Ainsi, posons-nous la question de savoir
Qu'est-ce qui motive mon engagement chrétien, professionnel et/ou missionnaire ? Est-ce le paraître ? L'être plus ou l'avoir? Être vu des hommes ou pour qu'un jour ma gloire éclate dans le Royaume des cieux ?
Malheureusement, aujourd'hui plusque jamais, tout est centré vers trois pôles : le paraître ( faire ceci pour qu'on me voit ), l'être plus( pour qu'on sache que  je suis intelligent, chef, patron, riche etc), pour avoir plus( gagner la confiance des supérieurs, des fans, des chrétiens, de l'argent etc). 
Et la conséquence est que nous sommes tous prisonniers d'une idéologie capitaliste aveugle. Pour nous marier ou tisser d'amitié, nous regardons de quelle famille est-il ou est-elle. Que vais-je gagner en retour?
 Nous regardons les provenances pour nommer à tel ou tel poste, pour poser un acte à l'endroit de tel ou tel autre? 
Est-ce pour la gloire de Dieu que nous agissons ainsi ou pour nos propres intérêts lesquels intérêts ne peuvent jamais nous garantir la éternelle. Notre charité n'est plus inventive. Elle est idéologique.
Ce matin, l'Évangile nous interpelle et nous demande de ne pas comptabiliser nos bonnes actions. Elles sont une grâce de Dieu. Et  l'amour de Dieu qui est notre destinée, est universel. Aimer sans calculer, sans regarder la provenance, ni la classe sociale. Aimer et rendre service à un enfant de Dieu. Cette gratuité fera que notre gloire éclate un jour dans le Royaume céleste.
 Amen.
Le Seigneur soit avec vous!
 
 
 
 
 
 
 

Hebdomadaire de l’aumônerie des jeunes de la paroisse de Dyou : Rendez-vous avec les jeunes, n°38 du 11/11/2019

Bien aimés dans le Seigneur,

Recevez nos salutations depuis la paroisse de Dyou au Mali!

« Jésus dit à ses disciples : “Il est impossible qu’il n’y ait pas de scandales, mais malheur à celui par qui il arrive… » Poursuivant son exhortation, il dit encore : « Surveillez-vous de très près ! Si ton frère pèche contre toi, reprends-le, et s’il regrette, pardonne-lui.» ( Luc 17 1–6

Voilà deux attitudes dignes du missionnaire que nous sommes tous, de par notre baptême et auxquelles le Christ nous convie tous. C’est autour de ces deux attitudes missionnaires du chrétien que s’articule notre méditation de ce matin. Jésus commence par nous aviser sur un fait réel : les scandales dans la vie ordinaire, lesquels sont dus à l’état de la finitude de l’homme. « Il est impossible qu’il n’y ait pas de scandales ». En même temps il reconnaît également que baptisés dans l’Esprit, nous avons reçu une force, une lumière, celle de l’Esprit Saint, capable de nous porter vers le haut, de désirer les réalités d’en haut dont l’attention et le pardon mutuel : « Surveillez-vous de très près ! Si ton frère pèche contre toi, reprends-le, et s’il regrette, pardonne-lui.»

Nous osons croire que cette transition de la vie de scandale due à la finitude de l’homme à celle selon les réalités d’en haut n’est possible que lorsque nous prenons conscience que baptisés en Jésus-Christ et dans l’Esprit, nous avons été investis du pouvoir inaliénable de témoins des valeurs du Royaume des cieux, chacun dans le cadre qui est le sien. Cette conscience vive motiverait ainsi notre agir missionnaire l’un envers l’autre, de façon à poser des actes qui ne scandalisent pas l’autre mais qui le rend plus humain. L’homme envers sa femme, les aînés envers les petits, les patrons envers leurs ouvriers, toi et moi, etc. Si nos relations humaines à tous les niveaux s’avèrent fragiles et très temporaires, c’est parce que nous oublions que baptisés dans le Christ et dans l’Esprit, nous devons motoêtre des constants témoins des valeurs du Royaumes des cieux ; des personnes qui recherchent la sagesse en toute circonstance afin de bien agir. Pour cela, nous devons être vrais et disposés à accueillir la sagesse qui, «n’entre pas dans une âme mal disposée, n’habite pas dans un corps esclave du péché. L’Esprit saint qui nous éduque fuit la duplicité ; il refuse les pensées stupides et reste paralysé face à la méchanceté (Sg 1 1–7).

Demandons la grâce d’acquérir la sagesse qui nous fera désirer les réalités d’en haut à tout temps et en tout lieu. Amen.

Le Seigneur soit avec vous!

 

 

✍🏾Père KIYE M. Vincent, Mafr

Aumônier des jeunes de la paroisse de Dyou/ Kadiolo

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Whatsapp : +223 72657482

 

 

 

Le père Vincent sur sa moto

Alioune Diagne, l’art «figuro-abstro» d’un peintre sénégalais

 
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Alioune Diagne, artiste-peintre du « figuro-abstro » dans son exposition « Perceptions ». © Siegfried Forster / RFI

Sans filiation, ni réseaux, ni formation officielle véritable, Alioune Diagne est un self-made-man. « Perceptions », sa première exposition à Paris, met en scène le style « figuro-abstro » de cet artiste-peintre franco-sénégalais de 34 ans, qui navigue entre Dakar et Villeurbanne, le figuratif et l’abstraction, l’histoire et ses émotions. Entretien.

RFI : La perception se trouve-t-elle au cœur de votre travail ?

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Alioune Diagne : Oui, on peut le dire. Ma perception, c’est ma technique de peinture que j’appelle le « figuro-abstro ». C’est de ce point de vue que je crée mes tableaux.

Quelle est votre définition du « figuro-abstro » ?

En 2013, suite à des événements dans ma vie [la mort de son grand-père, maître coranique, en charge de la reproduction calligraphiée du Coran, NDLR], je me suis dit : pourquoi ne pas faire quelque chose qui est de mon univers, pourquoi ne pas construire des images figuratives à partir d’éléments abstraits. Du coup, le « figuro-abstro » est juste une construction d’images figuratives à partir d’éléments abstraits, des signes.

Comment devient-on peintre quand on est né à Fatick, une ville de 25 000 habitants au Sénégal ?

C’était très compliqué. Je me suis battu pour ça, parce que je savais qu’il y avait quelque chose en moi depuis que j'étais très petit. Dès l’âge de 13 ans, je ne faisais que dessiner. Mais au début, ma mère ne voulait pas que je devienne peintre. Je ne connaissais personne dans la peinture. C’était compliqué d’entrer dans le réseau. Donc, je me suis battu. Je suis parti à Kaffrine pour rejoindre mon père, que je ne connaissais pas, parce que j’étais très jeune quand mes parents ont divorcé. Après, je suis parti rejoindre ma mère à Dakar. En 2010, une opportunité s’est présentée pour m’installer en France.

Qu’est-ce qui a déclenché votre décision de partir en 2010 en France ?

Depuis 2008, j’étais à l’école des beaux-arts à Dakar. C’était une période difficile, parce qu’il y avait beaucoup de grèves. Moi, je voulais améliorer ma technicité. Comme ma femme était française, j’ai bâti un projet pour la France. Une fois arrivée, j’ai enchaîné avec mes études. Je me suis perfectionné, avec des cours particuliers avec des professeurs des beaux-arts de Lyon. Je me suis installé à Vienne, en Isère et je me suis dit : qu’est-ce que je vais faire avec tout cela ? Tout a été déjà fait. Donc, je voulais créer mon propre univers.

À lire aussi La joie radieuse du peintre congolais JP Mika

Dans vos tableaux, on pourrait voir tout simplement des milliers de signes, mais aussi de la calligraphie, du pointillisme, des photographies floues comme chez le peintre allemand Gerhard Richter. Quels sont vos modèles dans l’histoire de la peinture ?

J’ai appris et vu énormément de choses, mais je n’ai pas de maître. J’ai toujours été très curieux, regardé tous les artistes, aussi bien Léonard de Vinci que Picasso, mais je voulais faire sortir quelque chose de moi. Ainsi, vous voyez énormément de détails sur les tableaux, des milliers de signes, c’est ça qui donne le « figuro-abstro ». On ne peut pas le définir. Certains parlent de pointillisme, d’autres d’arabesques ou d’écritures éthiopiennes… Énormément de gens s’y retrouvent, chacun à sa manière et avec sa propre conception de l’art. Tout cela ensemble donne le « figuro-abstro ». C’est une sorte de langage universel où chacun peut s’y retrouver.

Parmi les grands thèmes abordés dans vos peintures, il y a l’enfance, les scènes de marché, le clair-obscur et la mémoire. S’agit-il de la mémoire de votre histoire personnelle, de l’histoire sénégalaise ?

Cette mémoire parle aussi de la vie de nos ancêtres. Il y a des scènes des années 1800 avec des images que j’ai retrouvées de cette époque. Quand je les ai vues, j’étais choqué, parce que je me suis aperçu qu’on n’a pas d’images de notre passé. Et avec ma technique, mon point de vue, avec mes couleurs, je redonne d’une manière contemporaine vie à cette histoire de nos ancêtres. Parce qu’on a peu d’images et peu d’archives.

Là [Cayor et femmes peulhes, NDLR], vous voyez un homme peul, avec ses deux femmes et un bébé dans les bras. Cela parle des accessoires, comment se comporter, comment s’habiller, des tresses, de la culture des Peuls au Sénégal. Je travaillais sur de vieilles images de 1800, des images en noir et blanc. Toutes les couleurs que vous voyez ici, c’est ma composition, faite d’une manière naturelle, spontanée. Avec le « figuro-abstro », tout est libre et exprime mes émotions.

Vous naviguez entre la France et le Sénégal, Villeurbanne et Dakar. Est-ce que cela influence votre création ?

Je fais des allers-retours pour retrouver cette inspiration et cette ambiance sénégalaises où j’entends le bruit des moutons et des voitures qui me donnent envie de travailler. Dans mon atelier, j’ai recréé mes propres ambiances du Sénégal.

Votre tableau Les trois Sénégalaises pourrait être interprété comme une allusion à l’art numérique… Quel est votre rapport avec les arts numériques ?

J’aime toucher à tout : à la vidéo, à la sculpture, à la peinture, à la photographie, à la sérigraphie. Je vis avec les arts de façon naturelle. Quand je me lève le matin et je veux faire de la vidéo, je le fais et je trouve les moyens de le faire. Il n’y a pas de barrières. Même mes habits que je porte sont tirés de mes tableaux.

C’est votre première exposition à Paris. Quelle est la réception de vos œuvres au Sénégal ?

Ce qui m’a surpris le plus, c’est comment ils ont réagi par rapport à ma technique. Au départ, la plupart des gens me suivaient sur mes réseaux sociaux : « Waouh, on est fier de toi ». Alors, je me suis dit : quelque chose se passe, je devrais revenir au Sénégal pour montrer mes tableaux. Récemment, il y avait une exposition en hommage à Fatmah Charfi à la Galerie nationale d’art à Dakar où l’on a présenté aussi un tableau de moi. Il y avait des gens qui sont venus juste pour voir un seul tableau de moi. Beaucoup étaient étonnés de découvrir ma technique. Depuis cette exposition, j’ai énormément de soutien venant du Sénégal.

► Alioune Diagne : Perceptions, exposition dans la galerie 80 rue de Turenne, 75003 Paris, du 29 octobre au 29 novembre.

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Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)