Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Bitcoin, akoin, ubuntu… L’Afrique peut-elle faire confiance aux cryptomonnaies ?

| Par 
La monnaie virtuelle, une alternative financière à portée de clic.

La monnaie virtuelle, une alternative financière à portée de clic. © Temilade Adelaja/REUTERS

La faible bancarisation, le besoin d’épargner, l’envie de spéculation, mais aussi la possibilité de réaliser des transactions internationales moins onéreuses expliquent le décollage de ces nouvelles monnaies sur le continent.

Le bitcoin jouit d’un véritable moment de grâce en ce début 2021. Tesla et BlackRock ont investi dans cette cryptomonnaie, Visa, Mastercard et PayPal commencent doucement à intégrer celle-ci dans leurs moyens de paiement, et quelques unes des plus grosses banques mondiales, comme Morgan Stanley, JP Morgan ou BNY Mellon, autrefois très réfractaires, s’y sont très récemment ouvertes.

Des signaux encourageants qui ont participé à l’envolée de la première des cryptomonnaies, qui a atteint en avril une valeur record de plus de 63 000 dollars. Et avec elle, l’ensemble de ces devises d’un nouveau genre en profitent.

Un élan qui n’échappe pas aux Africains. Selon le cabinet américain Chainalysis, les transferts mensuels de moins de 10 000 dollars en cryptomonnaies vers et depuis le continent ont bondi de 55 % entre juin 2019 et juin 2020, pour s’élever alors à 316 millions de dollars.

Le faible taux de bancarisation du continent et la forte pénétration de la téléphonie mobile font de l’Afrique un terreau fertile pour une adoption de ces nouvelles devises numériques. Mais cet essor au printemps 2020 est principalement à attribuer à une nouvelle dévaluation, en mars, du naira, la monnaie du Nigeria, pays qui représente 8 % des transactions mondiales de cryptomonnaies.

« Le cours du naira est très volatile, notamment à cause de l’existence d’un véritable marché noir », indique Daniel Ouedraogo, enseignant-chercheur en économie à l’Université Paris-Dauphine. « L’inflation y est actuellement de 17 %, ce qui implique que le pouvoir d’achat des Nigérians ne cessent de baisser, complète son collègue Jérôme Mathis. Il y a donc une volonté de la population, jeune, urbaine et ne jouissant pas d’un accès au dollar ou à l’euro, de s’affranchir de cette politique inflationniste, ce que les cryptomonnaies peuvent permettre. »

Épargne et cybercriminalité

Selon Jérôme Mathis, les Nigérians utilisent les cryptomonnaies, et le bitcoin en particulier, pour « mettre à l’abri leur épargne et, parfois, spéculer » mais aussi, et c’est beaucoup plus récent, « pour échanger des biens et des services, même si cette activité reste encore marginale ». Timi Ajiboye, fondateur et PDG de la plateforme nigériane BuyCoins, affirmait en septembre à Reuters que les échanges de cryptomonnaies y avaient triplé, après la dévaluation du naira, pour atteindre 21 millions de dollars en juin 2020.

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« LES PETITS ACTEURS DE L’EXTORSION DE FONDS, NOMBREUX AU NIGERIA, ONT SOUVENT RECOURS AU BITCOIN »

Le Nigeria n’est pas seul dans cette situation. D’autres populations africaines souffrant d’une monnaie à la valeur volatile, comme les Kényans, les Ghanéens, les Égyptiens ou les Zimbabwéens, ont recours aux monnaies virtuelles.

Mais le Nigeria est un pays de cryptomonnaies pour une autre raison majeure : « Elles y sont aussi utilisées à des fins de cybercriminalité, assure Jérôme Mathis. Si les grandes organisations mafieuses et terroristes n’utilisent plus le bitcoin, comme beaucoup le croient encore, lui préférant des cryptomonnaies plus anonymes comme le Zcash, les petits acteurs de l’extorsion de fonds, nombreux au Nigeria, ont souvent recours, eux, au bitcoin », détaille le chercheur.

Voilà donc un tableau bien sombre. Mais les cryptomonnaies pourraient aussi servir à faciliter les transferts vers et depuis l’étranger, afin de remplacer « les frais de transactions confiscatoires, montant parfois jusqu’à 20 %, des sociétés comme Western Union, MoneyGram ou WorldRemit », estime Jérôme Mathis. Les transferts extra-africains sont encore assez peu répandus sur le continent mais certains services pourraient bien changer la donne, comme la plateforme BitPesa au Kenya ou la banque virtuelle KDBox, projet lancé par la start-up KodePay en Tunisie et au Kenya.

Monnaie des élites

Dans certains pays à la monnaie plus stable, comme en zone CFA, l’usage des devises numériques reste, toujours selon Mathis, « réservée à une élite aisée souhaitant diversifier ses actifs ». Malgré cette adoption limitée, les pays africains francophones voient émerger nombre d’initiatives de cryptomonnaies locales ou régionales, liées à des projets technologiques – comme l’akoin, future monnaie de la smart city du rappeur sénégalo-américain Akon, à quelques kilomètres de Dakar –, ou politiques, comme l’ubuntu pour moraliser la finance en Côte d’Ivoire ou encore l’ambacoin, pour les séparatistes des régions anglophones du Cameroun.

Les réponses des autorités monétaires africaines sont d’ailleurs tout aussi dispersées que l’engouement des Africains pour les cryptos. Certains pays, comme l’Algérie, le Maroc ou le Zimbabwe, les bannissent purement et simplement. La banque centrale du Nigeria, elle, a réitéré en février dernier une interdiction promulguée en 2017 pour les banques de participer à la conversion de cryptomonnaies en devises courantes.

Celle du Kenya, en revanche, a récemment affirmé qu’elle envisageait de se procurer des cryptomonnaies, « un pied de nez au FMI, qui y est très hostile et qui prétend toujours que le shilling est surévalué, argue Jérôme Mathis. Je pense que beaucoup d’États africains voudraient engager leur pays sur des projets de blockchain, voire de stablecoins [cryptomonnaies au cours stable, NDLR], mais se heurtent à la réticence de leurs banques centrales », conclut le spécialiste, qui prône une régulation des cryptomonnaies plutôt que leur interdiction.

Franc CFA : Ousmane Sonko, Carlos Lopes, Lionel Zinsou…
Ces VIP qui vont débattre à Lomé 

 | Par Jeune Afrique
Kako Nubukpo.

 

À l’invitation de l’économiste Kako Nubukpo, des intellectuels, politiques et économistes vont se retrouver à Lomé, les 26, 27 et 28 mai, pour plancher sur l’avenir du franc CFA, alors que la réforme de cette monnaie patine. Voici le programme.

Kako Nubukpo, ex-doyen de la faculté des Sciences économiques et de gestion de l’Université de Lomé et désormais commissaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) chargé du département Agriculture, ressources en eau et environnement, est à l’initiative des « États généraux de l’Eco », qui se tiendront les 26, 27 et 28 mai dans la capitale togolaise.

Parmi les personnalités attendues, le Sénégalais Ousmane Sonko, qui avait pris position contre le franc CFA lorsqu’il briguait la magistrature suprême dans son pays, en 2019. Selon nos informations, l’opposant, qui est sous le coup d’une procédure judiciaire, a dû demander une autorisation de sortie du territoire sénégalais pour se rendre à Lomé.

Économistes de renom

Ousmane Sonko y retrouvera des économistes de renom, comme la Cap-Verdienne Cristina Duarte, conseillère spéciale pour l’Afrique du secrétaire général des Nations unies, le Bissau-Guinéen Carlos Lopes, le Béninois Lionel Zinsou, connu pour ses positions favorables au franc CFA, ou encore le chef des économistes pays de la Banque africaine de développement (BAD), Emmanuel Pinto Moreira.

L’ancien Premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo, retenu à Kinshasa où il doit répondre à la justice de son pays, devrait apporter ses analyses par visioconférence. Le Franco-Béninois Wilfrid Lauriano Do Rego, président du Conseil présidentiel pour l’Afrique (CPA d’Emmanuel Macron), qui avait organisé une série de débats en amont de la réforme annoncée en décembre 2019 à Abidjan, est également convié. L’historien camerounais Achille Mbembe fait aussi partie des invités.

Détracteurs du franc CFA

Sur le campus de l’Université de Lomé, ils devraient aussi croiser les fervents détracteurs du franc CFA que sont Mamadou Koulibaly, l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne, l’altermondialiste malienne Aminata Traoré ou l’activiste suisse d’origine camerounaise, Nathalie Yamb.

En France, l’Assemblée nationale a ratifié les changements dans la gestion du franc CFA dévoilés à Abidjan en décembre 2019. Bercy a annoncé la restitution prochaine de 5 milliards d’euros de réserves à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), actant ainsi la fermeture du controversé compte d’opération ouvert auprès du Trésor français pour garantir la convertibilité du franc CFA.

Mais jusqu’à présent, aucun Parlement africain n’a ratifié la réforme du franc CFA, qui prend la forme d’un nouvel accord de coopération monétaire entre la France et les huit pays de l’Uemoa.

[Tribune] La guerre du kilichi aura-t-elle lieu ?

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Par  Téguia Bogni

Chargé de recherche au Centre national d’éducation, ministère de la Recherche scientifique et de l’Innovation du Cameroun. A coordonné l’ouvrage collectif "La Cuisine camerounaise : mots, pratiques et patrimoine", préfacé par Bruno Gain (ancien ambassadeur de France au Cameroun) et paru chez L’Harmattan en 2019

Le kilichi, à base de viande séchée, est une spécialité culinaire haoussa.
Le kilichi, à base de viande séchée, est une spécialité culinaire haoussa. © DR

Le Niger et le Cameroun tentent de s’attribuer la paternité de cette fameuse escalope de viande séchée popularisée par les Haoussas. Seule sa reconnaissance transnationale pourrait permettre de désamorcer la crise qui couve.

Le kilichi est une très fine escalope de viande séchée, marinée, encore séchée et enfin grillée au feu de bois. Généralement fait à base de viande de bœuf, de chèvre, de dromadaire et d’une marinade composée de pâte d’arachide et d’épices, ce mets est une spécialité culinaire haoussa.

Les Haoussas sont un peuple d’Afrique centrale que l’on retrouve principalement au Nigeria et au Niger. Leurs qualités de grands commerçants se déplaçant sur de longues distances ont conduit, au long des siècles, à l’éparpillement d’importantes communautés au Cameroun, au Tchad, en Côte d’Ivoire, au Soudan, au Togo, au Burkina Faso, au Gabon, au Bénin et au Ghana. Cette dispersion de part et d’autre de l’Afrique a fortement contribué à ériger le haoussa en l’une des langues les plus véhiculaires du continent, selon l’Atlas des peuples, édition 2018.

Le mot kilichi vient de l’arabe qulūs, le pluriel de qals, qui signifie câble ou corde. On peut faire un rapprochement avec le khlii, un en-cas de viande, que l’on retrouve au Maroc. La piste d’une influence arabe est donc envisagée. Par ailleurs, plusieurs autres produits carnés de la gastronomie camerounaise, tels le marara, le soya, le siré ou encore le siré bakourou, viennent de la culture et de la langue haoussa. En effet, les Haoussas sont reconnus pour être d’excellents bouchers depuis plusieurs générations ; ils sont d’ailleurs au cœur de la gestion d’un grand nombre d’abattoirs.

Rivalités latentes

Si la cuisine peut apaiser les tensions, force est de constater que cette escalope d’exception est au cœur de rivalités latentes . En effet, Canal+ Afrique a diffusé le 16 mars 2021 l’émission « Rendez-vous : street food à Niamey ». On peut y voir, lors d’une séquence sur le kilichi, le chef Raoul Coly dire ou demander à son interlocutrice : « Et le kilichi, en fait, on le trouve qu’ici au Niger ? » Ce à quoi celle-ci répond : « Le savoir-faire vient du Niger. Même si les gens l’ont transporté dans d’autres pays, peu importe. Ce sont des Nigériens, des Haoussas qui partent et qui l’apportent avec eux. » Selon l’entendement de cette dame, les kilichis faits au Cameroun, au Nigeria et au Tchad, par exemple, seraient l’œuvre exclusive des Nigériens haoussas. À bien y regarder, ces propos sont problématiques à plus d’un titre. Car tous les Haoussas présents dans d’autres pays que le Niger ne sont pas forcément des Nigériens. Et le fait que ceux-ci se retrouvent dans autant de pays est consécutif aux frontières nationales établies après les indépendances. Alors, comment le kilichi pourrait-il appartenir à un seul pays plutôt qu’à l’ethnie haoussa, laquelle est par ailleurs transnationale ?

Appropriation culinaire

Y a-t-il une volonté du Niger de revendiquer l’appellation « kilichi » ? Visiblement, oui. Puisque Niamey cherche à obtenir une Indication géographique protégée (IGP) dénommée « Kilichi du Niger » auprès de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi). Cette initiative fait suite à un atelier sur les indications géographiques, tenu du 27 au 28 décembre 2019 à Niamey. Au vu des enjeux identitaires et économiques que revêt ce feuillet d’escalope, le Cameroun s’est lui aussi positionné avec l’inscription du kilichi, par arrêté ministériel le 21 février 2020, comme élément culturel immatériel au patrimoine national. La prochaine étape est, à coup sûr, son inscription sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’Unesco. En 2016, la création du label « kilichi de Ngaoundéré » avait déjà été évoquée.

Seule la reconnaissance transnationale de ce produit carné aux différentes communautés haoussas peut permettre de désamorcer le conflit d’appropriation culinaire qui pointe à l’horizon. Par ailleurs, l’organisation d’un concours international contribuerait à valoriser le kilichi et, par prolongement, à rapprocher ce grand peuple dispersé.

Pour la Journée mondiale du migrant, le pape demande aux catholiques
de « grandir en tant qu’Église »

Les faits 

Publié jeudi 6 mai par le Vatican, le message du pape François pour la Journée mondiale du migrant exhorte tout particulièrement les catholiques à faire l’union entre eux. Il rappelle que « nous sommes tous dans le même bateau » et qu’il est nécessaire de « faire tomber les murs ».

  • Xavier Le Normand, 

Lecture en 2 min.

Pour la Journée mondiale du migrant, le pape demande aux catholiques de « grandir en tant qu’Église »
  
Le pape François le 1er mai 2021.HARING/POOL/SPAZIANI/PICTURE-ALLIANCE/DPA/AP 

C’est une forme inhabituelle que le pape François a choisie pour son message à l’occasion de la 107e Journée mondiale du migrant et du réfugié, qui sera célébrée par l’Église catholique le 26 septembre prochain. Dévoilé jeudi 6 mai par le Saint-Siège, le message est divisé en un double appel, avec un premier adressé spécifiquement aux fidèles catholiques et un second au monde entier.

Derrière ce choix de François se lit une inquiétude vis-à-vis de la volonté des membres de l’Église catholique de s’engager « vers un nous toujours plus grand », thème de cette journée mondiale. L’histoire du salut, rappelle-t-il ainsi, s’adresse « à un nous destiné à inclure toute la famille humaine ». Et pourtant, ce « nous voulu par Dieu est brisé et fragmenté, blessé et défiguré ». En cause, les « nationalismes fermés et agressifs » ainsi que « l’individualisme radical » qui « émiettent ou divisent le nous, tant dans le monde qu’au sein de l’Église ».

→ À LIRE. Pour l’Église, l’accueil des migrants est un impératif moral

Pour « grandir en tant qu’Église », le pape invite à « faire communion dans la diversité, en harmonisant les différences sans jamais imposer une uniformité qui dépersonnalise ». Une attitude d’autant plus indispensable, rappelle catégoriquement le pape, que « chaque baptisé est un membre à part entière de la communauté ecclésiale locale, un membre de l’unique Église ». Pour le pape François, pour pouvoir « sortir dans les rues » et aller à la rencontre du migrant et du réfugié, les catholiques doivent faire l’unité entre eux.

« Aucune distinction entre autochtones et étrangers »

L’appel au monde entier est dans la même tonalité, avec une exhortation à « vivre ensemble en harmonie et dans la paix ». Et le pape insiste : « Nous devons tous nous efforcer de faire tomber les murs qui nous séparent et de construire des ponts ». Dans cette dynamique, François appelle de ses vœux un « développement plus durable, équilibré et inclusif », qui ne fasse « aucune distinction entre autochtones et étrangers ». Sans oublier de « préserver [l] a création et de la rendre encore plus belle ».

→ RELIRE. Nouveau cri du pape contre « l’injustice » faite aux migrants

Pour le pape François, ces appels ne sont pas autant de vœux pieux, mais bien des nécessités impérieuses car « nous sommes tous dans le même bateau ». Et, prévient-il, la nécessité est d’autant plus grande que « le Seigneur nous demandera de rendre compte de nos actes ! ».

Afrique-France : dans les coulisses du sommet de Montpellier 

| Par Jeune Afrique
Emmanuel Macron, le 1er mai 2021.
Emmanuel Macron, le 1er mai 2021. © Jacques Witt/SIPA

Initialement prévu à Bordeaux en juin 2020, mais totalement repensé en raison de la crise du Covid-19, ce sommet se tiendra du 8 au 10 juillet. Emmanuel Macron y accueillera de nouvelles figures africaines et non des chefs d’État. Voici les premiers détails du programme.

Emmanuel Macron, qui recevra plusieurs de ses pairs africains le 18 mai pour un sommet sur les économies du continent à Paris, a souhaité faire de cet événement une vitrine des nouvelles relations qu’il entend faire émerger entre la France et l’Afrique. Aucun président du continent, donc, mais environ 1 000 civils seront présents à Montpellier, issus de tous les pays et de milieux variés : entreprenariat, culture, sport, enseignement supérieur et recherche…

Grande conférence sur l’entreprenariat

« Ce seront des participants non-institutionnels. L’idée n’est pas de faire un sommet des opposants, mais de convier des personnes qui portent les relations que nous souhaitons nouer », explique une source élyséenne. Peu de personnalités sont attendues, un des objectifs étant de faire émerger de nouvelles figures. Des représentants des diasporas africaines en France, sur lesquels Macron entend davantage s’appuyer, seront également présents.

Si l’organisation de ce sommet reste encore largement dépendante de l’évolution de la situation sanitaire, plusieurs évènements en lien avec des thématiques soulevées par le président français dans son discours à Ouagadougou, en 2017, seront organisés à travers la ville pendant trois jours.

Le 8 juillet, une grande conférence sur l’entreprenariat et l’initiative Choose Africa sera organisé au Corum, le palais des Congrès de Montpellier. Des ateliers mêlant entrepreneurs africains et français y auront notamment lieu. D’autres rendez-vous sont prévus, par exemple à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et au Cirad. De nombreux lieux culturels de la ville ont aussi planifié des évènements en lien avec l’Afrique dans le cadre d’un village ponctuel et d’une programmation spécifique s’étalant de juin à novembre.

Débats avec Achille Mbembe

Le maire Michaël Delafosse et la métropole sont très engagés dans ce projet. Un chargé de mission a été recruté en février en la personne d’Alexandre Magat, qui s’est occupé du dossier pendant deux ans au sein du comité bordelais. Depuis le départ à la retraite, mi-avril, d’Elisabeth Barbier, la secrétaire générale de ce sommet, l’évènement est piloté par Marie Audouard, conseillère Afrique adjointe à l’Élysée, et par une équipe au Quai d’Orsay.

L’écrivain camerounais Achille Mbembe a aussi été chargé, avec un comité d’intellectuels qu’il a mis en place, de réfléchir en amont aux relations entre l’Afrique et la France. Une série de débats consacrés à ce sujet seront organisés d’ici là dans une douzaine de pays du continent avec le soutien de leurs ambassades de France.