Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

 

MESSAGE DU PAPE
FRANÇOIS
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA
50e JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX

1er JANVIER 2017

 

«La non-violence: style d'une politique pour la paix»

1. Au début de cette nouvelle année, je présente mes vœux sincères de paix aux peuples et aux nations du monde, aux Chefs d’État et de Gouvernement, ainsi qu’aux responsables des communautés religieuses et des diverses expressions de la société civile. Je souhaite la paix à chaque homme, à chaque femme ainsi qu’à chaque enfant et je prie pour que l’image et la ressemblance de Dieu dans chaque personne nous permettent de nous reconnaître mutuellement comme des dons sacrés dotés d’une immense dignité. Surtout dans les situations de conflit, respectons cette « dignité la plus profonde »[1] et faisons de la non-violence active notre style de vie.

Voilà le Message pour la 50ème Journée Mondiale de la Paix. Dans le premier, le bienheureux Pape Paul VI s’est adressé à tous les peuples, non seulement aux catholiques, par des paroles sans équivoque : « Finalement [a] émergé d'une manière très claire le fait que la paix était l'unique et vraie ligne du progrès humain (et non les tensions des nationalismes ambitieux, non les conquêtes violentes, non les répressions créatrices d'un faux ordre civil) ». Il mettait en garde contre le « péril de croire que les controverses internationales ne peuvent se résoudre par les voies de la raison, à savoir par des pourparlers fondés sur le droit, la justice et l'équité, mais seulement au moyen des forces qui sèment la terreur et le meurtre ». Au contraire, en citant Pacem in terris de son prédécesseur saint Jean XXIII, il exaltait « le sens et l'amour de la paix, fondée sur la vérité, sur la justice, sur la liberté, sur l'amour »[2]. L’actualité de ces paroles, qui aujourd’hui ne sont pas moins importantes et pressantes qu’il y a cinquante ans, est frappante.

À cette occasion, je souhaite m’arrêter sur la non-violence comme style d’une politique de paix et je demande à Dieu de nous aider tous à puiser à la non-violence dans les profondeurs de nos sentiments et de nos valeurs personnelles. Que ce soient la charité et la non-violence qui guident la manière dont nous nous traitons les uns les autres dans les relations interpersonnelles, dans les relations sociales et dans les relations internationales. Lorsqu’elles savent résister à la tentation de la vengeance, les victimes de la violence peuvent être les protagonistes les plus crédibles de processus non-violents de construction de la paix. Depuis le niveau local et quotidien jusqu’à celui de l’ordre mondial, puisse la non-violence devenir le style caractéristique de nos décisions, de nos relations, de nos actions, de la politique sous toutes ses formes !

Un monde en morceaux

2. Le siècle dernier a été ravagé par deux guerres mondiales meurtrières ; il a connu la menace de la guerre nucléaire et un grand nombre d’autres conflits, tandis qu’aujourd’hui, malheureusement, nous sommes aux prises avec une terrible guerre mondiale par morceaux. Il n’est pas facile de savoir si le monde est actuellement plus ou moins violent qu’il l’a été hier, ni si les moyens de communication modernes et la mobilité qui caractérise notre époque nous rendent conscients de la violence ou plus habitués à elle.

De toute façon, cette violence qui s’exerce par ‘‘morceaux’’, de manières et à des niveaux différents, provoque d’énormes souffrances dont nous sommes bien conscients : guerres dans différents pays et continents ; terrorisme, criminalité et attaques armées imprévisibles ; les abus subis par les migrants et par les victimes de la traite ; la dévastation de l’environnement. À quelle fin ? La violence permet-elle d’atteindre des objectifs de valeur durable ? Tout ce qu’elle obtient n’est-ce pas plutôt de déchaîner des représailles et des spirales de conflits mortels qui ne profitent qu’à un petit nombre de ‘‘seigneurs de la guerre’’ ?

La violence n’est pas le remède pour notre monde en morceaux. Répondre à la violence par la violence conduit, dans la meilleure des hypothèses, à des migrations forcées et à d’effroyables souffrances, puisque d’importantes quantités de ressources sont destinées à des fins militaires et soustraites aux exigences quotidiennes des jeunes, des familles en difficulté, des personnes âgées, des malades, de la grande majorité des habitants du monde. Dans le pire des cas, elle peut conduire à la mort, physique et spirituelle, de beaucoup, voire de tous.

La Bonne Nouvelle

3. Jésus aussi a vécu en des temps de violence. Il a enseigné que le vrai champ de bataille, sur lequel s’affrontent la violence et la paix, est le cœur de l’homme : « C’est du dedans, du cœur de l’homme, que sortent les pensées perverses » (Mc 7, 21). Mais le message du Christ, face à cette réalité, offre la réponse radicalement positive : il a prêché inlassablement l’amour inconditionnel de Dieu qui accueille et pardonne et il a enseigné à ses disciples à aimer les ennemis (cf. Mt 5, 44) et à tendre l’autre joue (cf. Mt 5, 39). Lorsqu’il a empêché ceux qui accusaient la femme adultère de la lapider (cf. Jn 8, 1-11) et lorsque, la nuit d’avant sa mort, il a dit à Pierre de remettre son épée au fourreau (cf. Mt 26, 52), Jésus a tracé la voie de la non-violence, qu’il a parcourue jusqu’au bout, jusqu’à la croix, par laquelle il a réalisé la paix et détruit l’inimitié (cf. Ep 2, 14-16). C’est pourquoi, celui qui accueille la Bonne Nouvelle de Jésus sait reconnaître la violence qu’il porte en lui-même et se laisse guérir par la miséricorde de Dieu, en devenant ainsi, à son tour, un instrument de réconciliation, selon l’exhortation de saint François d’Assise : « La paix que vos bouches annoncent, ayez-la plus encore en vos cœurs »[3].

Être aujourd’hui de vrais disciples de Jésus signifie adhérer également à sa proposition de non-violence. Comme l’a affirmé mon prédécesseur Benoît XVI, elle « est réaliste, car elle tient compte du fait que dans le monde il règne trop de violence, trop d'injustice, et que par conséquent, on ne peut surmonter cette situation qu'en lui opposant un supplément d'amour, un supplément de bonté. Ce ‘‘supplément’’ vient de Dieu »[4]. Et il ajoutait avec une grande force : « Pour les chrétiens, la non-violence n'est pas un simple comportement tactique, mais bien une manière d'être de la personne, l'attitude de celui qui est tellement convaincu de l'amour de Dieu et de sa puissance, qu'il n'a pas peur d'affronter le mal avec les seules armes de l'amour et de la vérité. L'amour de l'ennemi constitue le noyau de la ‘‘révolution chrétienne’’ »[5]. Justement, l’évangile du aimez vos ennemis (cf. Lc 6, 27) est considéré comme «la magna charta de la non-violence chrétienne » ; il ne consiste pas « à se résigner au mal […] mais à répondre au mal par le bien (cf. Rm 12, 17-21), en brisant ainsi la chaîne de l'injustice »[6].

Plus puissante que la violence

4. La non-violence est parfois comprise dans le sens de capitulation, de désengagement et de passivité, mais en réalité il n’en est pas ainsi. Lorsque Mère Térésa a reçu le Prix Nobel de la Paix en 1979, elle a livré clairement son message de non-violence active : « Dans notre famille, nous n’avons pas besoin de bombes et d’armes, de détruire pour apporter la paix, mais uniquement d’être ensemble, de nous aimer les uns les autres […]. Et nous pourrons vaincre tout le mal qu’il y a dans le monde »[7]. Car, la force des armes est trompeuse. « Tandis que les trafiquants d’armes font leur travail, il y a les pauvres artisans de paix qui, seulement pour aider une personne, une autre, puis une autre, puis une autre, donnent leur vie » ; pour ces artisans de paix, Mère Térésa est « un symbole, une icône de notre temps »[8]. En septembre dernier, j’ai eu la grande joie de la proclamer sainte. J’ai loué sa disponibilité envers tous par « l’accueil et la défense de la vie humaine, de la vie dans le sein maternel [et] de la vie abandonnée et rejetée. […] Elle s’est penchée sur les personnes abattues qu’on laisse mourir au bord des routes, en reconnaissant la dignité que Dieu leur a donnée ; elle a fait entendre sa voix aux puissants de la terre, afin qu’ils reconnaissent leurs fautes face aux crimes – face aux crimes - de la pauvreté qu’ils ont créée eux-mêmes »[9]. En réponse, sa mission – et en cela, elle représente des milliers, voire des millions de personnes – est d’aller à la rencontre des victimes avec générosité et dévouement, en touchant et en pansant tout corps blessé, en guérissant toute vie brisée.

La non-violence pratiquée avec détermination et cohérence a donné des résultats impressionnants. Les succès obtenus par le Mahatma Gandhi et Khan Abdul Ghaffar Khan dans la libération de l’Inde, et par Martin Luther King Jr contre la discrimination raciale ne seront jamais oubliés. Les femmes, en particulier, sont souvent des leaders de non-violence, comme par exemple, Leymah Gbowee et des milliers de femmes libériennes, qui ont organisé des rencontres de prière et une protestation non-violente (pray-ins) obtenant des négociations de haut niveau pour la fin de la deuxième grande guerre civile au Libéria.

Nous ne pouvons pas non plus oublier la décennie historique qui s’est conclue par la chute des régimes communistes en Europe. Les communautés chrétiennes ont apporté leur contribution par la prière insistante et l’action courageuse. Le ministère et le magistère de saint Jean-Paul II ont exercé une influence particulière. En réfléchissant sur les événements de 1989 dans l’Encyclique Centesimus annus (1991), mon prédécesseur soulignait qu’un changement historique dans la vie des peuples, des nations et des États se réalise « par une lutte pacifique, qui [utilise] les seules armes de la vérité et de la justice »[10]. Ce parcours de transition politique vers la paix a été rendu possible en partie « par l'action non violente d'hommes qui, alors qu'ils avaient toujours refusé de céder au pouvoir de la force, ont su trouver dans chaque cas la manière efficace de rendre témoignage à la vérité ». Et il concluait : « Puissent les hommes apprendre à lutter sans violence pour la justice, en renonçant à la lutte des classes dans les controverses internes et à la guerre dans les controverses internationales »[11].

L’Église s’est engagée pour la réalisation de stratégies non-violentes de promotion de la paix dans beaucoup de pays, en sollicitant même les acteurs les plus violents dans des efforts pour construire une paix juste et durable.

Cet engagement en faveur des victimes de l’injustice et de la violence n’est pas un patrimoine exclusif de l’Église catholique, mais est propre à de nombreuses traditions religieuses pour lesquelles « la compassion et la non-violence sont essentielles et indiquent la voie de la vie »[12]. Je le réaffirme avec force : « Aucune religion n’est terroriste »[13]. La violence est une profanation du nom de Dieu[14]. Ne nous lassons jamais de le répéter : « Jamais le nom de Dieu ne peut justifier la violence. Seule la paix est sainte. Seule la paix est sainte, pas la guerre ! »[15].

La racine domestique d’une politique non-violente

5. Si l’origine dont émane la violence est le cœur des hommes, il est alors fondamental de parcourir le sentier de la non-violence en premier lieu à l’intérieur de la famille. C’est une composante de cette joie de l’amour que j’ai présentée, en mars dernier, dans l’Exhortation apostolique Amoris laetitia, en conclusion de deux ans de réflexion de la part de l’Église sur le mariage et la famille. La famille est le creuset indispensable dans lequel époux, parents et enfants, frères et sœurs apprennent à communiquer et à prendre soin les uns des autres de manière désintéressée, et où les frictions, voire les conflits doivent être surmontés non pas par la force, mais par le dialogue, le respect, la recherche du bien de l’autre, la miséricorde et le pardon[16]. De l’intérieur de la famille, la joie de l’amour se propage dans le monde et rayonne dans toute la société[17]. D’autre part, une éthique de fraternité et de coexistence pacifique entre les personnes et entre les peuples ne peut se fonder sur la logique de la peur, de la violence et de la fermeture, mais sur la responsabilité, sur le respect et sur le dialogue sincère. En ce sens, j’adresse un appel en faveur du désarmement, ainsi que de la prohibition et de l’abolition des armes nucléaires : la dissuasion nucléaire et la menace de la destruction réciproque assurée ne peuvent pas fonder ce genre d’éthique[18]. Avec la même urgence, je supplie que cessent la violence domestique et les abus envers les femmes et les enfants.

Le Jubilé de la Miséricorde, conclu en novembre dernier, a été une invitation à regarder dans les profondeurs de notre cœur et à y laisser entrer la miséricorde de Dieu. L’année jubilaire nous a fait prendre conscience du grand nombre et de la grande variété des personnes et des groupes sociaux qui sont traités avec indifférence, sont victimes d’injustice et subissent la violence. Ils font partie de notre ‘‘famille’’, ils sont nos frères et nos sœurs. C’est pourquoi les politiques de non-violence doivent commencer entre les murs de la maison pour se diffuser ensuite dans l’entière famille humaine. « L’exemple de sainte Thérèse de Lisieux nous invite à pratiquer la petite voie de l’amour, à ne pas perdre l’occasion d’un mot aimable, d’un sourire, de n’importe quel petit geste qui sème paix et amitié. Une écologie intégrale est aussi faite de simples gestes quotidiens par lesquels nous rompons la logique de la violence, de l’exploitation, de l’égoïsme. »[19].

Mon invitation

6. La construction de la paix au moyen de la non-violence active est un élément nécessaire et cohérent avec les efforts permanents de l’Église pour limiter l’utilisation de la force par les normes morales, par sa participation aux travaux des institutions internationales et grâce à la contribution compétente de nombreux chrétiens à l’élaboration de la législation à tous les niveaux. Jésus lui-même nous offre un ‘‘manuel’’ de cette stratégie de construction de la paix dans le Discours sur la montagne. Les huit béatitudes (cf. Mt 5, 3-10) tracent le profil de la personne que nous pouvons qualifier d’heureuse, de bonne et d’authentique. Heureux les doux – dit Jésus –, les miséricordieux, les artisans de paix, les cœurs purs, ceux qui ont faim et soif de justice.

C’est aussi un programme et un défi pour les leaders politiques et religieux, pour les responsables des institutions internationales et pour les dirigeants des entreprises et des media du monde entier : appliquer les Béatitudes dans leur manière d’exercer leurs responsabilités propres. Un défi à construire la société, la communauté ou l’entreprise dont ils sont responsables avec le style des artisans de paix ; à faire preuve de miséricorde en refusant de rejeter les personnes, d’endommager l’environnement et de vouloir vaincre à tout prix. Cela demande la disponibilité « [à] supporter le conflit, [à] le résoudre et [à] le transformer en un maillon d’un nouveau processus »[20]. Œuvrer de cette façon signifie choisir la solidarité comme style pour écrire l’histoire et construire l’amitié sociale. La non-violence active est une manière de montrer que l’unité est vraiment plus puissante et plus féconde que le conflit. Tout dans le monde est intimement lié[21]. Certes, il peut arriver que les différences créent des frictions : affrontons-les de manière constructive et non-violente, de façon que « les tensions, et les oppositions [puissent] atteindre une unité multiforme, unité qui engendre une nouvelle vie », en conservant « les précieuses potentialités des polarités en opposition »[22].

J’assure que l’Église catholique accompagnera toute tentative de construction de la paix, y compris par la non-violence active et créative. Le 1er janvier 2017 naît le nouveau Dicastère pour le Service du Développement humain intégral, qui aidera l’Église à promouvoir de manière toujours plus efficace les « biens incommensurables de la justice, de la paix et de la sauvegarde de la création » et de la sollicitude envers les migrants, « les personnes dans le besoin, les malades et les exclus, les personnes marginalisées et les victimes des conflits armés et des catastrophes naturelles, les détenus, les chômeurs et les victimes de toute forme d’esclavage et de torture »[23]. Chaque action dans cette direction, aussi modeste soit-elle, contribue à construire un monde libéré de la violence, premier pas vers la justice et la paix.

En conclusion

7. Conformément à la tradition, je signe ce Message le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie. Marie est la Reine de la Paix. À la naissance de son Fils, les anges glorifiaient Dieu et souhaitaient paix sur la terre aux hommes et aux femmes de bonne volonté (cf. Lc 2, 14). Demandons à la Vierge d’être notre guide.

« Tous nous désirons la paix ; beaucoup de personnes la construisent chaque jour par de petits gestes ; nombreux sont ceux qui souffrent et supportent patiemment les efforts de beaucoup de tentatives pour la construire »[24]. En 2017, engageons-nous, par la prière et par l’action, à devenir des personnes qui ont banni de leur cœur, de leurs paroles et de leurs gestes, la violence, et à construire des communautés non-violentes, qui prennent soin de la maison commune. « Rien n’est impossible si nous nous adressons à Dieu dans la prière. Tous nous pouvons être des artisans de paix »[25].

Du Vatican, le 8 décembre 2016

Franciscus

 

[1] Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 228.

[2] Message pour la célébration de la 1ère Journée de la Paix, 1er janvier 1968.

[3] « Légende des trois compagnons », n. 58, Sources franciscaines, Cerf/Éditions franciscaines, 2010, p. 1146.

[4] Angelus, 18 février 2007.

[5] Ibid.

[6] Ibid.

[7] Mère Térésa, Discours pour le Prix Nobel, 11 décembre 1979.

[8] Méditation « La route de la paix », Chapelle de la Domus Sanctae Marthae, 19 novembre 2015.

[9] Homélie pour la canonisation de la bienheureuse Mère Térésa de Calcutta, 4 septembre 2016.

[10] N. 23.

[11] Ibid.

[12] Discours lors de l’Audience interreligieuse, 3 novembre 2016.

[13] Discours à la 3ème Rencontre mondiale des mouvements populaires, 5 novembre 2016.

[14] Cf. Discours lors de la Rencontre avec le Cheikh des Musulmans du Caucase et avec des Représentants des autres communautés religieuses, Bakou, 2 octobre 2016.

[15] Discours, Assise, 20 septembre 2016.

[16] Cf. Exhort. ap. postsyn. Amoris laetitia, nn. 90-130.

[17] Cf. Ibid., nn. 133.194.234.

[18] Cf. Message à l’occasion de la Conférence sur l’impact humanitaire des armes nucléaires, 7 décembre 2014.

[19] Lett. enc. Laudato si’, n. 230.

[20] Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 227.

[21] Cf. Lett. enc. Laudato si’, nn. 16.117.138.

[22] Exhort. ap. Evangelii gaudium, n. 228.

[23] Lettre apostolique sous forme de ‘‘Motu proprio’’ par laquelle est institué le Dicastère pour le Service du Développement humain intégral, 17 août 2016.

[24] Regina Caeli, Bethléem, 25 mai 2014.

[25] Appel, Assise, 20 septembre 2016.

 

 


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Enfants manipulés et sacrifiés par Daech

bandera daesh«  Il y a quelques jours, l’ambassadeur de Syrie à l’ONU a rappelé aux médias occidentaux qui ont négligé ce fait que les terroristes ont utilisé une fillette de 7 ans pour commettre un attentat suicide activé par télécommande contre un poste de police à Damas. […] Le recours aux enfants, en particulier les petites filles, pour commettre des attentats kamikazes se répand. Daech les appelle «oiseaux du paradis» et «petits lions du califat». En mars dernier, un rapport de la fondation britannique Quilliam, Children of The Islamic State* (Enfants de l’Etat islamique), approuvée par l’ONU, a révélé qu’un grand nombre d’enfants, dont une cinquantaine de britanniques, sont endoctrinés par le groupe terroriste Daech.’ Lire l’article de Houari Achouri: « Kamikazes malgré eux : ces enfants que les terroristes font exploser au nom de l’islam« , sur Algérie patriotique, 27/12/16

Les recherches continuent pour retrouver la Française enlevée au Mali

Des soldats maliens dans une rue de Gao (photo d'archives).
© RFI/David Baché
 

Au Mali, les recherches se poursuivent pour retrouver la ressortissante française enlevée samedi 24 décembre dans l’après-midi. Sophie Pétronin, travailleuse humanitaire, a été enlevée par des hommes armés dans la ville de Gao, au nord du Mali. Pour l’heure, l’enlèvement n’est pas revendiqué, mais il a été confirmé dimanche par le ministère français des Affaires étrangères.

Sophie Pétronin, Française de 66 ans, spécialisée dans l’assistance aux enfants mal nourris, vivait depuis le début des années 2000 à Gao. Elle est très connue sur place.

Le rapt a été annoncé dès samedi soir par le ministère malien de la Sécurité. Selon des sources locales, la Française est enlevée à 17h par un groupe d’hommes armés dans le 7e arrondissement de Gao, un quartier populaire de la ville. Elle a ensuite été emmenée à bord d’un pick-up kaki et sable, sans immatriculation et avec des vitres teintées, indique le gouverneur de Gao.

Aucune revendication pour l’instant

Personne n’a revendiqué l’enlèvement pour l’instant. Les recherches sont toujours en cours pour retrouver la travailleuse humanitaire et ses ravisseurs. Elles se poursuivent d’abord à l’intérieur de Gao. « On ne sait jamais », explique une autorité locale. L'hypothèse d'une diversion, avec le départ en trombe d'un véhicule pour faire penser que la ressortissante française était à bord alors que les ravisseurs l’ont peut-être cachée en ville, n'est pas écartée

Mais les recherches se poursuivent également en dehors de Gao. Dimanche, un véhicule suspect a été intercepté et fouillé par les forces de sécurité, entre la localité de Gao et Djibok. Des recherches auxquelles participent également les soldats français de la force Barkhane postés à Gao.

Dimanche, en début d’après-midi, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête pour enlèvement et séquestration en bande organisée. L’enquête en flagrance a été confiée aux services de renseignement français, à la gendarmerie prévôtale et à la police judiciaire militaire auprès des Forces armées françaises à l’étranger.

Inquiétude des proches

Jean-Pierre Pétronin, le mari de Sophie Pétronin, vit en Haute-Savoie. Il est membre de l'association qu'elle a fondé à Gao et s'était rendu sur place avec elle en 2005. Il se dit inquiet, et surpris de ce qui est arrivé. « J’étais scotché. Elle était tellement bien connue sur Gao par toutes les autorités, etc, et c’est quelqu’un qui a beaucoup fait pour ces enfants de Gao. Elle a quand même un certain âge. J’ai toujours été admiratif de ce qu’elle faisait. Mais là, je suis un peu anéanti. Maintenant, voilà, c’est arrivé. On ne sait pas par qui, comment, on ne sait rien. »

Le manque d'information est préoccupant, confie Jean-Pierre Pétronin. « Elles [les autorités françaises, Ndlr] m’ont simplement confirmé que c’est Sophie Pétronin qui a été enlevée. Mais surtout, il y a absolument rien. J’ai pas de renseignement, j’ai rien du tout. Je suis membre aussi de l’association, je suis en contact avec la présidente. Et voilà, on sait rien, c’est ça le problème. On est un peu dans le néant. A part ce qui se passe dans les journaux télévisés où ils nous disent ce qu’on sait déjà. »

 

Pris sur le site de "Jeune Afrique", les divers éléments suivants

 

Algérie : 350 terroristes neutralisés en 2016 selon l’armée

L'armée algérienne a annoncé le bilan des opérations anti-terroristes menées depuis le début de l'année. Liquidations, arrestations, saisies d'armes : elle pourchasse les derniers vétérans des maquis et les groupuscules infiltrés de la Libye voisine.

« Trois cent cinquante terroristes ont été neutralisés par l’armée algérienne depuis début 2016 », selon un bilan tiré du dernier numéro de la revue El Djeich (L’armée) et repris par l’agence de presse officielle APS, dimanche 18 décembre.

Parmi ces 350 individus, selon la même source, 125 auraient été abattus au cours des différents opérations de ratissage et 225 arrêtés.

L’opération antiterroriste la plus spectaculaire de l’armée reste sans doute celle menée en juin dans les hauteurs de Médéa, à 80 km au sud d’Alger, et qui s’est soldée par l’élimination de 18 islamistes et l’arrestation de 4 autres. 

Des armes lourdes 

Le déploiement en force de l’armée algérienne a permis la saisie d’un important arsenal d’armes depuis le début de l’année : 668 Kalachnikovs, 48 fusils mitrailleurs, 35 fusils semi-automatiques dotés de lunettes de précision, 64 fusils semi-automatiques de type Simonov, ainsi que 792 grenades, 73 canons de fabrication artisanale et des produits chimiques pour fabriquer des explosifs.

L’armée algérienne, qui a livré dans le détail la nature des armes saisies, affirme avoir mis la main, durant la même période, sur 17 roquettes 57 mm hélicoptère, 338 roquettes pour RPG-7, 640 obus de mortier de différents calibres.

Dans le lot, on recenserait aussi des cartouches, des chargeurs de munitions et un important lot de véhicules.

Tensions aux frontières

Depuis le début de l’année, l’Algérie a déployé ses troupes en force sur sa frontière avec la Libye longue de 980 km. La surveillance est maximale autour des sites gaziers et pétroliers, particulièrement visés par les groupes armés. 

En mars, le site gazier de Krechba, à 200 km de la ville d’In Salah, a été la cible de tirs de roquettes à distance sans provoquer de victimes. 

 

Algérie : un scandale nommé RHB

Par Jeune Afrique
 
 

C’est la présidence de la République qui a ordonné de mettre le holà au scandale du complément alimentaire RHB, présenté depuis plusieurs semaines comme le remède miracle contre le diabète, dont souffrent quelque 5 millions d’Algériens.

Face au tollé provoqué par la commercialisation de ce produit et aux mises en garde des experts et des médecins, Abdelmalek Sellal, le Premier ministre, a sommé Abdelmalek Boudiaf, le ministre de la Santé, de s’exprimer sur une chaîne privée pour se démarquer de cette escroquerie.

Après avoir adoubé et encouragé le concepteur du RHB, un certain Toufik Zaibat, Boudiaf a fini par renier son amitié avec celui qui se faisait passer pour un diplômé de médecine de l’université de Lausanne. Les ministères de la Santé et du Commerce, qui avaient d’abord accordé des dérogations pour la vente de ce complément alimentaire, se sont rétractés et ont interdit sa production et son commerce.

Comment la crise des migrants a réveillé les solidarités

Dans le journal "La Croix" du 20 décembre 2016

Combattu parfois, l’accueil des migrants a aussi vu éclore, sur tout le territoire, une myriade d’initiatives solidaires. Tour d’horizon.

Burté, qui a fui la Mongolie avec sa mère, est hébergée à Ouroux-en-Morvan, chez Alastair Davidson (à gauche) et sa femme Kathleen.
ZOOM

Burté, qui a fui la Mongolie avec sa mère, est hébergée à Ouroux-en-Morvan, chez Alastair Davidson (à gauche) et sa femme Kathleen. / J.-L. Luyssen pour La Croix

Dans les montagnes du Trièves, dans le sud de l’Isère, tout a commencé dans deux ou trois salons en septembre 2015. C’était quelques jours après la diffusion de la photo du petit Aylan, cet enfant syrien échoué sur une plage turque après le naufrage d’une embarcation de migrants. « Cette photo, ça a été la goutte d’eau, le truc qui fait qu’on ne peut plus faire comme si de rien n’était », explique simplement Nadine Barbançon, qui, comme quelques autres, invite alors « des voisins et des copains à venir boire une bière, juste pour en parler, et se demander de façon très naïve : qu’est-ce qu’on peut faire ? » Quinze jours plus tard, une première réunion rassemble une cinquantaine de personnes, de tous âges et de tous horizons, dans la petite ville d’à côté, à Mens. « Au départ, poursuit Nadine, il n’y avait pas vraiment de projet, juste l’idée que beaucoup d’entre nous avions la chance d’avoir un habitat assez grand pour héberger des gens chez nous. Et très vite on s’est dit : on le fait ! » Quelques familles, qui, condition sine qua non, disposent d’une chambre de libre, se portent volontaires. Contact est alors pris avec Accueil demandeurs d’asile (ADA), une association grenobloise.

En novembre 2015, Léa, une jeune Congolaise, arrive chez un couple de retraités. Un an plus tard, ce qui est devenu lecollectif d’accueil pour les réfugiés en Trièves (Cart) a accueilli, de quelques jours à six mois, 34 demandeurs d’asile venus du Congo, du Pakistan ou encore d’Albanie. Depuis, tous ont obtenu leur statut. Et autour de ces réfugiés et des 16 familles accueillantes, pas moins de 150 personnes se sont mobilisées. Déployant toute une panoplie d’initiatives.

« On s’est rendu compte très vite que nos hébergés avaient besoin d’aller à Grenoble, à 40 km, pour leurs démarches, raconte Nadine. Alors on a mobilisé nos réseaux par SMS pour organiser du covoiturage au moins trois à quatre fois par semaine. » Pour soutenir financièrement les hébergeants qui en ont besoin, une caisse de soutien est mise en place dans les bistrots et des repas solidaires sont organisés. Pour parer aux éventuelles difficultés de communication, un « référent » est nommé pour chaque couple accueillant-accueilli. Parfois, le logiciel de traduction de Google est mis à contribution. Et le voisinage sollicité : « Il a pu y avoir un voisin qui invite à dîner le mardi soir, un autre qui emmène l’hébergé avec lui à son cours de sports collectifs », explique Nadine, qui, elle, a invité le jeune Déo à utiliser la Playstation de son fils. Et des relations ont été tissées avec les élus locaux. La mairie de Roissard a ainsi accueilli une cérémonie de parrainage républicain à l’automne. Et celle de Mens a mis à disposition un appartement qui devrait accueillir cinq personnes en janvier, au terme d’un chantier de remise en état qui aura mobilisé les bénévoles pendant deux mois.

Exemplaire, l’initiative du Cart ? Peut-être. Dans une France où un sondage récent (1) affirme que 57 % des Français sont opposés « à ce que la France accueille une part de migrants et de réfugiés », il serait excessif de dire que la solidarité est la réaction la plus partagée. Mais « il est clair que la crise migratoire a réveillé quelque chose, estime Bernard Thibaud, secrétaire général du Secours catholique. Il y a eu l’effet de la photo du petit Aylan, puis, chez les catholiques, l’appel du pape à accueillir des migrants en septembre 2015, qui a eu un fort écho. »

Pourtant, l’accueil ne va pas toujours de soi. Quand il a annoncé, en 2015, son intention d’accueillir un centre pour migrants à Pessat-Villeneuve, village auvergnat de 550 habitants, le maire, Gérard Dubois, a « reçu plus de 200 coups de fils d’insulte à la mairie, des tonnes de lettres anonymes et sur les réseaux sociaux, c’était l’horreur absolue ». Aujourd’hui, l’ambiance s’est normalisée. Autour du centre, une cinquantaine de bénévoles sont toujours mobilisés pour enseigner le français, accompagner pour les courses, organiser des sorties culturelles, des randonnées, des matchs de foot… « Paradoxalement, depuis les attentats du 13 novembre, les choses se sont calmées, raconte le maire. Et puis, je pense qu’il y a eu des rencontres, les habitants ont vu que c’était juste des gens. »

Bref, dans une période où le risque terroriste est prégnant et où le contexte préélectoral peut prêter aux surenchères, « il se passe quelque chose de particulièrement intéressant puisqu’on assiste à une éclosion de manifestations assez spontanées, souvent dans des petites villes ou des zones rurales où ce n’était pas habituel », analyse Geneviève Jacques, présidente de la Cimade. Or, poursuit-elle, « si on compare à l’élan de solidarité observé envers les boat people ou les réfugiés des dictatures sud-américaines, où on avait affaire à une sorte de solidarité idéologique, là, ce qui s’exprime tient plutôt à de l’empathie vis-à-vis de gens qui ont souffert. Ça traduit une forme d’humanité fondamentale. Et je pense aussi que ça dit, concrètement, un refus d’une France peureuse, frileuse, aigrie. »

Pour expliquer le besoin qu’elle a ressenti de « ce premier engagement personnel concret », Pauline, 38 ans, n’emploie pas de grands mots. Parisienne, elle habite avec ses deux filles non loin de la place Jean-Jaurès où jusqu’en novembre, des milliers de migrants dormaient dans des tentes dans des conditions épouvantables. « Il y a eu un moment, qui coïncidait sans doute avec une période de changement personnel, où ça n’a plus été possible pour moi de passer devant eux comme s’ils n’existaient pas. » Au-delà du don de vêtements, et de la signature de pétitions, la jeune universitaire, ancien professeur de français langues étrangères, a décidé au printemps de donner des cours de français dans une bibliothèque de son quartier. Tout en s’excusant presque de ne pouvoir faire plus.

Ramzi Yacub lui, s’est engagé de toute son âme dans cet accueil. En 2008, peu après l’assassinat d’un évêque, ce chrétien d’Irak a fui son pays, avec son épouse et ses trois garçons. Et il se souvient bien de ce qu’il a ressenti en arrivant à Châteauroux. « J’étais en dessous de zéro, heureusement j’ai frappé à la porte de l’église et là j’ai trouvé des gens pour nous aider », raconte-t-il. Depuis, grâce au soutien de la paroisse et du Secours catholique, sa famille « a recommencé une nouvelle vie ». Depuis 2014, à Tours, la ville où il a déménagé, c’est désormais lui qui œuvre comme bénévole auprès des Irakiens accueillis par l’Ordre de Malte. « Dans toutes les étapes, je viens comme traducteur. On recense leurs besoins, on fait les démarches administratives. S’ils ont besoin de moi pour aller chez le docteur, je peux venir avec eux. On organise aussi des parrainages avec des familles françaises parce que les gens ont aussi besoin d’amis. J’ai aussi accompagné des pèlerinages à Lourdes. J’ai la joie de pouvoir redonner ce qu’on m’a donné. »

Nathalie Birchem