Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

L'ONU adopte le principe d'un traité contre la pollution plastique

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À Nairobi, l'ONU a adopté ce mercredi 2 mars le principe d'un traité international « juridiquement contraignant » contre la pollution plastique, une avancée qualifiée d'historique pour lutter contre ce fléau qui menace la biodiversité mondiale.

L'assemblée pour l'environnement de l'ONU, plus haute instance internationale sur ces sujets, réunie dans la capitale kényane Nairobi, a adopté une motion créant un « Comité intergouvernemental de négociation » chargé d'élaborer un texte d'ici à 2024. « Je ne vois pas d'objections, il en est ainsi décidé », a lancé avec émotion sous les applaudissements le ministre norvégien de l'Environnement Espen Barth Eide, qui présidait l'Assemblée. « Aujourd'hui, nous écrivons l'Histoire. Vous pouvez être fiers » a-t-il continué.

► À lire aussi : Pollution plastique: «La situation au Kenya est critique», selon Hamisa Zaja

Le mandat de négociations couvre un très large spectre de sujets prenant en compte « le cycle de vie entier du plastique », de la production et de l'utilisation « durable » à la gestion des déchets, la réutilisation ou le recyclage. Il inclut les pollutions terrestre et marine, et aussi bien les plastiques que les microplastiques, causées par leur utilisation ou la dégradation des déchets de ces produits fabriqués à partir d'hydrocarbures fossiles et responsables selon l'OCDE de près de 3,5% des émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique.

« La pollution plastique est une crise planétaire. Et nous allons travailler pour y apporter une réponse unifiée pour agir sur l’ensemble du cycle de vie du plastique, de la production à la distribution en passant par la gestion et l'élimination », se félicite Jeanne d’Arc Mujawamariya, ministre de l’Environnement du Rwanda, l’un des premiers pays à avoir porté ce projet.

Encourager l'action de toutes les parties prenantes

Les négociations devront également porter sur la fixation d'objectifs et définir des mesures qui pourront être « contraignantes » ou « volontaires » au niveau mondial. Le traité pourra aussi prévoir des plans nationaux de lutte, tout en prenant en compte les « circonstances » spécifiques des différents pays. Le mandat prévoit aussi d'élaborer des mécanismes de contrôle de la mise en œuvre des objectifs ainsi que de financements pour les pays pauvres.

« Après la noce vient le mariage. C’est maintenant que le véritable travail commence pour négocier un traité juridiquement contraignant dans le même d'équipe et de coopération pour atteindre notre objectif ultime », rappelle Kwaku Afriyie, ministre ghanéen de l’Environnement.

Au Gabon, des bouteilles récupérées et transformées en objets du quotidien

Le texte recommande en outre « d'encourager l'action de toutes les parties prenantes, y compris le secteur privé », dans un secteur qui pèse des milliards. Le comité devra commencer ses travaux au second semestre 2022, après une première réunion préparatoire, avec « l'ambition d'achever ses travaux pour la fin 2024 ».

Quelque 460 millions de tonnes de plastiques ont été produites en 2019 dans le monde, générant 353 millions de tonnes de déchets, dont moins de 10% sont actuellement recyclées et 22% sont abandonnées dans des décharges sauvages, brûlées à ciel ouvert ou rejetées dans l'environnement, selon les dernières estimations de l'OCDE.

► Sur le site de la décharge de Dandora, situé à l'Est de Nairobi, l’une des plus grandes d’Afrique. 

La majorité des plastiques pourraient être recyclés s'ils étaient traités correctement.

A Nairobi, la décharge de Dandora

(Avec AFP)

Mali: le HCUA inquiet pour l'accord de paix de 2015

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Le HCUA, l’un des groupes armés du nord du Mali signataire de l’accord de paix de 2015, s’inquiète des intentions des autorités de transition quant au respect de l’accord.

Suite aux propos tenus par plusieurs membres du gouvernement de transition, le Haut conseil pour l’unicité de l’Azawad s’est donc réuni en session extraordinaire, dans son fief de Kidal. « Ce qui nous a choqués, ce sont les propos du Premier ministre, sur Kidal, qui était le fief de la CEMA, et que, pendant deux ans, les terroristes se sont préparés dans cette ville pour relancer les attaques sur le reste du Mali. Ce sont des contre-vérités », estime Almou Ag Mohamed, le porte-parole du HCUA.

Le mouvement s’inquiète des intentions réelles des autorités de transition quant à la mise en œuvre de l’accord de paix de 2015. « On a écouté aussi les propos du ministre des Affaires étrangères, qui déclarait l’impossibilité de la mise en œuvre de l’accord en l’état, qu’il fallait le revoir.

Nous avons considéré, depuis l’avènement de la transition, que c’était une opportunité pour mettre en œuvre ce qu’on n’a pas pu mettre en œuvre sous l’ancien régime. Mais de plus en plus, nous constatons un éloignement des autorités de transition de la mise en œuvre de l’accord », rajoute le porte-parole.

Une remise en cause de l'accord ?

Il demande aujourd’hui aux autorités de transition des clarifications sur la remise en question, voire même la possibilité que la junte souhaite sortir de l’accord de paix signé en 2015. « Il y a une sorte de mi-figue, mi-raisin qui ne dit pas son nom et c’est surtout cela qu’on craint, l’enlisement actuel. Ça ne peut plus continuer. Ce qu’on attend des autorités, c’est un engagement clair pour une mise en œuvre diligente et intégrale de l’accord », conclut Almou Ag Mohamed.

Les assises nationales sur la transition débutent au Burkina Faso

 

Au Burkina Faso, ce lundi 28 février se tiennent les assises nationales sur la transition. Une rencontre au cours de laquelle seront débattues les propositions de la commission technique mise en place par la junte pour réfléchir sur la charte et l’agenda de la transition. La rencontre devra déboucher sur l’adoption de cette charte et la feuille de route de la transition.

Avec notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani

Dès l'ouverture des débats, le lieutenant-colonel Evrard Somda, représentant du chef de l’État, a exhorté les participants à examiner en profondeur et sans complaisance les projets de texte et d’agenda de la transition. « L’objectif de ces assises nationales est principalement d’apporter des amendements aux propositions faites par la commission technique et de valider le texte et le calendrier, qui serviront de guide aux actions à entreprendre pour conduire notre pays vers des élections inclusives, libres et transparentes », a-t-il déclaré.

Les différents délégués sont arrivés dans la salle avec leurs suggestions sous le bras. Plusieurs sujets sont à l’ordre du jour, comme la sécurité. Mme Ouédraogo, née Compaoré Sabine, présidente de la coordination régionale des organisations féminines du Sahel estime que la reconquête des localités assiégées est plus qu’urgente. « Ils ont parlé de ramener l’administration. Mais les périodes qu’ils ont indiquées, j’ai trouvé qu'elles étaient tardives. Donc, moi, je pense que ce sont des actions fortes qu’on doit commencer en 2022 et non attendre l’année prochaine », estime-t-elle.

Pour certains, c’est la durée de la transition et le nombre de ministres proposés pour le futur gouvernement par la commission technique qui n’est pas réaliste. « C’est vrai qu’on dit qu’il faut un gouvernement resserré. Quand on dit vingt ministres ça peut passer, mais ça ne pourra pas bien faire le boulot non plus », déclare le docteur Arouna Louré du mouvement des Révoltés.

La charte et l'agenda de la transition devraient être fixés

Au total, près de 350 personnes issues des différentes couches socio-professionnelles du pays participent à cette rencontre: les représentants de toute la classe politique sont aussi conviés à ces assises, tout comme les organisations de la société civile, les autorités traditionnelles et religieuses, les femmes, les jeunes, les forces de défense et de sécurité, les représentants des personnes déplacées internes... 

« C’est une démarche consensuelle et inclusive voulue par le chef de l’État, en vue de prendre en compte les aspirations profondes du peuple et impliquer tous les Burkinabè au processus », selon le lieutenant-colonel Daba Naon, du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration.

Les travaux de ces assises doivent mener à l’adoption de plusieurs documents issus des travaux de la commission technique mise en place par le président du Burkina Faso, le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba. Dans le document final, censé être divulqué en fin de journée ce lundi, devrait figurer la charte, l’agenda et la charte des valeurs qui devront guider l’action des personnes chargées de conduire la transition.

Niger : Mohamed Bazoum libère des « terroristes » en vue d’ouvrir le dialogue

Par Jeune Afrique
Mis à jour le 27 février 2022 à 11:52
 

 

Mohamed Bazoum, au palais présidentiel, à Niamey, le 6 octobre 2021. © Vincent Fournier pour JA

 

Le chef de l’État a annoncé la libération de plusieurs « terroristes » détenus au Niger, dont des membres de Boko Haram. Une première dans le pays.

« J’ai identifié neuf chefs terroristes. On m’a conseillé de libérer des prisonniers que j’ai directement reçus (après leur libération) au palais de la présidence parce que je cherche la paix », a déclaré le président nigérien, vendredi soir, lors d’une réunion sur la situation sécuritaire du pays, selon une retransmission samedi par la télévision nationale.

« Je ne ménage aucun moyen. J’ai libéré sept à huit personnes détenues dans les prisons de Kollo (Sud), de Koutoukalé (prison de haute sécurité) et j’ai plein d’émissaires dans toutes les zones (…) j’ai essayé des réconciliations dans les villages, je me débrouille comme je peux », a ajouté Mohamed Bazoum.

Cette annonce confirme une information de Jeune Afrique, qui annonçait, en amont de cette réunion, que les équipes de la présidence travaillent depuis plusieurs mois à engager des discussions avec plusieurs chefs jihadistes opérant dans la région frontalière de Tillabéri.

« Ces libérations sont les premières du genre publiquement divulguées dans le cadre de la recherche et la restauration de la paix au Niger depuis le début des attaques terroristes en 1995 », a affirmé vendredi une source à la présidence. Ces libérations sont intervenues au cours des « trois derniers mois » et concernent « des membres de mouvements dont Boko Haram » dans une démarche « de la recherche de la paix », a confié un proche du président à l’issue du discours de ce dernier.

Bazoum sur deux fronts

Le Niger fait face à deux fronts jihadistes : dans le Sud-Est proche du Nigeria, où agissent le groupe nigérian Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap), sa branche dissidente et dans sa partie Ouest, proche du Mali, cible de groupes affiliés à l’État islamique (EI) et à Al-Qaïda. Ces mouvements jihadistes ont recruté « beaucoup de jeunes nigériens », selon des sources sécuritaires.

CES JEUNES GENS QUI SONT DANS LE TERRORISME QU’EST-CE QU’ILS VEULENT ?

« Depuis que je suis venu à la tête de l’État (en avril 2021), je me suis dit : “ces jeunes gens là qui sont dans le terrorisme qu’est-ce qu’ils veulent ?”. J’ai décidé de les aborder, j’ai cherché le parent biologique de chacun d’entre eux (…) je leur ai envoyé des émissaires », a indiqué le président Bazoum.

Il a dit avoir « parlé avec certains » et en a « reçu d’autres » et avoir relevé « une légère accalmie » dans les attaques jihadistes particulièrement dans le sud-est.

« L’esprit de Takuba »

Parallèlement, Mohamed Bazoum assure que quelque 12 000 soldats nigériens combattent « en permanence » dans une dizaine d’opérations anti-jihadistes dont la dernière « Niya » (volonté en langue locale) de 2 160 hommes a été « montée » en février dans le sud-ouest, proche du Burkina Faso.

En outre, le président nigérien a insisté sur le « nécessaire » appui de leurs alliés européens et américains contre les jihadistes. « Nous n’avons pas les moyens de garder tous nos villages. Mes militaires sont 12 000 dans des opérations, ils font quatre mois (sur le terrain) si à côté d’eux je peux placer 600, 700 Européens qui ont des hélicoptères qui vont travailler avec eux (…) c’est ça l’esprit de Takuba », la force européenne qui pourrait être redéployée dans la zone nigérienne de Tillabéri après son retrait du Mali.

Avec AFP

Niger : les plans de Mohamed Bazoum après le retrait de Barkhane du Mali

Par  - à Niamey
Mis à jour le 25 février 2022 à 16:22
 

 

Mohamed Bazoum (Niger), président de la Republique, dans son bureau du palais présidentiel, lors d’une interview accordée à Jeune Afrique, le 8 novemnre 2021. © Vincent FOURNIER pour JA.

 

Le président nigérien a réuni ce 25 février une « conférence des cadres » à Niamey, pour évoquer la sécurité au Sahel. Il en a surtout profité pour préparer ses troupes au redéploiement à venir des forces françaises et européennes.

Son discours était très attendu, en témoigne l’affluence des députés, leaders de la société civile, chefs religieux et autres directeurs d’administration aux entrées du centre de conférences Mahatma Gandhi, à Niamey, ce 25 février. Le chef d’État nigérien Mohamed Bazoum avait convié les « cadres » de son pays afin de leur expliquer sa stratégie sécuritaire, après le retrait du Mali des forces française Barkhane et européenne Takuba.

Le président s’est exprimé pendant environ une heure et trente minutes. Pédagogue, il a répété être favorable à l’accueil d’unités de Barkhane et de Takuba en territoire nigérien. Plusieurs bases devraient ainsi être installées le long de la frontière avec le Mali, dans la région de Tillabéri. Le chef de l’État n’a cependant pas donné de détails concernant ces dispositifs, qui seront décidés conjointement par les responsables militaires nigériens et français.

S’assurer le vote à l’Assemblée

« C’est un exercice de pédagogie politique. [Mohamed Bazoum] aurait pu imposer sa décision par décret, mais a choisi de s’expliquer et d’impliquer les cadres », souligne un proche de la présidence. Le chef de l’État a réaffirmé qu’il craignait que le Mali ne devienne un sanctuaire pour les groupes jihadistes, après le départ des forces françaises et européennes du pays.

Il a surtout rappelé que l’armée nigérienne n’était à l’heure actuelle pas capable de faire face seule à la menace terroriste et que l’assistance de troupes étrangères au Niger était indispensable. Mohamed Bazoum a également mis en avant son expérience de la collaboration avec Français et Européens, notamment lorsqu’il occupait le ministère de l’Intérieur, sous son prédécesseur Mahamadou Issoufou.

Son objectif : assurer de sa détermination les députés présents face à lui, dont une majorité était issue de son parti, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS). Son gouvernement doit en effet présenter prochainement – aucune date n’a été donnée – un projet de loi officialisant l’accueil des forces françaises et européennes au Niger, lequel devra ensuite être voté à l’Assemblée.

Soutien de l’opinion

Si l’Assemblée est fortement dominée par le PNDS – le vote favorable ne faisant donc aucun doute –, Mohamed Bazoum souhaite aussi éviter de voir monter dans l’opinion des sentiments anti-français, comme au Mali voisin. Le chef de l’État avait d’ailleurs pris soin d’inviter au centre de conférences les principaux leaders religieux du pays, redoutant notamment que n’émerge une figure de proue telle que l’imam Mahmoud Dicko chez le voisin malien.

Pour les mêmes raisons, les principaux chefs de file de la société civile avaient été conviés. « Mohamed Bazoum est prudent. Il sait que le vote à l’Assemblée nationale ne pose pas de problème. Le PNDS et ses alliés sont suffisamment forts pour qu’il n’y ait pas de surprise. Mais il prend garde à l’opinion, que certains opposants essaient de manipuler via les réseaux sociaux », confie un des cadres présents sur place.

Dialogue avec les chefs jihadistes

Au-delà de l’option militaire, Mohamed Bazoum a également avancé ses pions sur le terrain d’un dialogue avec les jihadistes. Selon nos sources, les équipes de la présidence travaillent en effet depuis plusieurs mois à engager des discussions avec plusieurs chefs jihadistes opérant dans la région frontalière de Tillabéri. « L’idée est d’abord de nouer le contact et de comprendre quels sont leurs objectifs et quelles sont les possibilités de négociations », glisse un proche du dossier. Le président a d’ailleurs récemment ordonné plusieurs libérations de combattants jihadistes afin de favoriser la prise de contacts avec les leaders des groupes armés.

En septembre 2021, Mohamed Bazoum avait officialisé la nomination de Moustapha Ould Limam Chafi comme conseiller à la présidence. Le Mauritanien est connu pour ses précieux réseaux au sein des groupes jihadistes sahéliens. Selon nos informations, il pourrait être l’un des rouages de la stratégie de dialogue du chef d’État nigérien. D’après une source à la présidence, il ne prend toutefois pas part actuellement aux discussions avec les chefs jihadistes de la région frontalière de Tillabéri.