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[Infographie] Chine-Afrique : les nouvelles routes de la soie, un projet pharaonique

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De par les montants en jeu et le nombre de pays concernés, la Belt and Road Initiative - les « nouvelles routes de la soie » - est la stratégie la plus ambitieuse jamais lancée par la Chine. Avec un objectif : remodeler le contexte géopolitique.

Dévoilée en septembre 2013 lors d’un discours prononcé par Xi Jinping à Astana, au Kazakhstan, la Belt and Road Initiative (BRI), dernière dénomination des « nouvelles routes de la soie » lancées par les prédécesseurs du président chinois à travers le continent eurasien, constitue le cadre de référence mis en place par la Chine pour, tout au long des prochaines décennies, sécuriser ses approvisionnements et partager son développement avec le reste du monde.

Afin de favoriser cette prospérité mutuelle, Pékin veut multiplier les connectivités avec ses pays partenaires. Ces nouvelles routes sont donc terrestres (autoroutes, voies ferrées, gazoducs…), maritimes et aériennes, mais aussi numériques, énergétiques, financières et juridiques.

Remodeler le contexte géopolitique

Cependant, les objectifs de l’empire du Milieu ne sont pas qu’économiques. La Belt and Road Initiative doit également remédier au déficit d’image de la Chine dans le monde. Elle comporte donc un large versant culturel constitué de voies d’échanges scientifiques et éducatifs, ainsi qu’artistiques et touristiques.

De par les montants en jeu et le nombre de pays concernés, cette initiative est la plus ambitieuse jamais lancée par la Chine, voire la plus importante dans l’histoire mondiale. Son budget est dix fois plus élevé que celui du plan Marshall mis en place par les États-Unis au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour participer à la reconstruction de l’Europe – et sans aucune contrepartie idéologique ou militaire, aiment à insister les Chinois.

La Belt and Road Initiative promet déjà de remodeler le contexte géopolitique pour une longue période, en faisant de la Chine un acteur majeur de la mondialisation en marche.

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[Chronique] Qui veut terrasser la lutte sénégalaise ?

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Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

Crime de lèse-sénégalitude ? Certains voudraient interdire la lutte avec frappe, après le K.-O., ce week-end, du champion Eumeu Sène…

Selon plusieurs médias sénégalais et internautes, c’est vers la case « hôpital » que le « Roi des Arènes » sortant aurait quitté le stade Léopold Sédar Senghor de Dakar, ce dimanche 28 juillet. Terrassé par deux violents uppercuts de Modou Lô, après 7 minutes de combat, le lutteur Eumeu Sène devrait même la vie à l’arbitre du jour. Ce dernier aurait empêché le vaincu d’avaler sa langue.

Si la star de ce sport de combat a rapidement démenti la gravité présumée de son état de santé, il n’a pas déminé la polémique qui entoure la violence de cette discipline. En évoquant un possible recours auprès du Comité national de gestion de la lutte, pour un coup irrégulier à la gorge, le champion de l’école Tay Shinger a même dénoncé certaines dérives. Et des observateurs de réclamer des amendements du règlement concernant certains coups ou le port de protections comme le protège-dents.

Une fabrication du colonialisme ?

Peut-on vraiment mettre à l’index la « làmb » (lutte en wolof) dans un pays où ce sport traditionnel semble incarner l’identité nationale ? C’est parce que la lutte sénégalaise a largement intégré les principes de la boxe qu’elle est appelée « lutte avec frappe » et qu’elle apparaît comme spécifique au Sénégal et à la Gambie. Ses dimensions culturelles, dramaturgiques, folkloriques, commerciales et même mystiques tendraient à la rendre intouchable. Pourtant, la boîte de Pandore de la polémique a été ouverte bien avant le combat de ce dimanche…

Pour Souleymane Bachir Diagne, la lutte avec frappe est la création d’un « colon particulièrement terrifiant »

Depuis des années, le philosophe sénégalais Souleymane Bachir Diagne titille les tenants de la tradition en démontant la théorie de l’authenticité sénégalaise de ce sport. Pour ce professeur de l’université Columbia, la lutte avec frappe est la création d’un « colon particulièrement terrifiant qui aimait beaucoup faire se battre entre eux les Africains » et qui trouvait que la lutte classique devait être « épicée ».

Depuis le combat du week-end dernier, une conférence de Diagne a refait surface, prestation enregistrée en juin 2017 à l’École polytechnique de Thiès. Pas de chance : sur la vidéo, le philosophe s’attaque à l’authenticité de l’autre pilier du pays de la Teranga : le tieboudienne. Il rappelle que « manger du riz est une fabrication du colonialisme ». À quelle « sénégalitude » se vouer ?…

Togo-France : Dussey et Le Drian évoquent à Paris
les négociations UE-ACP

| Par Jeune Afrique

Lors d'une rencontre à Paris fin juillet, Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, et Robert Dussey, son homologue togolais, ont notamment évoqué les négociations UE-ACP.

Le 24 juillet, Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères, a reçu Robert Dussey, son homologue togolais. En présence de leurs collaborateurs, ils ont évoqué les négociations UE-ACP (dont Dussey est le négociateur en chef), mais n’ont pas dit un mot sur les relations plutôt fraîches qu’entretiennent Emmanuel Macron et Faure Gnassingbé.

Bientôt à l’Élysée ?

Cette question a, de toute évidence, été abordée lors de leur tête-à-tête, qui a duré une demi-heure. Faure, qui n’a jamais été reçu à l’Élysée dans un cadre bilatéral, sera-t-il bientôt invité ? Le sujet est d’autant plus sensible qu’il pourrait briguer un nouveau mandat présidentiel, en 2020.

CAN 2019 : l’Algérie accueille dans la liesse ses héros

| Par AFP

Place à la grande fête après presque 30 ans d'attente: l'Algérie a accueilli samedi ses héros, qui ont conquis la deuxième Coupe d'Afrique des nations de son histoire, en battant la veille le Sénégal (1-0) au Caire.

Les Fennecs, médailles de champions au cou, sont arrivés en début d’après-midi à l’aéroport d’Alger où les attendait une délégation conduite par le Premier ministre Noureddine Bedoui.

Le capitaine Ryad Mahrez était le premier à sortir de l’appareil, en brandissant le trophée, avec le sélectionneur Djamel Belmadi.

Sur le tarmac, les pompiers leur ont offert un « water salute », un arc réalisé avec des lances à eau, selon des images retransmises en direct par la télévision nationale.

Les joueurs ont ensuite parcouru un tapis rouge jusqu’au salon d’honneur de l’aéroport. Ils sont ensuite montés à bord d’un car spécialement aménagé pour parader dans les rues d’Alger, où les attendait depuis des heures une foule sous un soleil de plomb.

Sur leur passage, les Algériens, certains drapés du drapeau national, saluaient leurs champions. Installés en haut du bus à impériale, les joueurs faisaient des signes de la main à la foule.

L’épopée des Verts –au fond du trou il y a deux ans avec une élimination sans gloire dès le 1er tour de la CAN-2017 et une instabilité chronique autour du poste de sélectionneur– a été inattendue.

Ils ont gagné 1-0 vendredi soir contre le Sénégal au Caire, lors d’une finale à laquelle ont assisté près de 20.000 supporters algériens, dont le président par interim Abdelkader Bensalah.

Les Fennecs ont remporté le titre 29 ans après celui de 1990. Si elle était arrivée sur la pointe des pieds en Egypte, l’équipe de Riyad Mahrez s’est révélée jusqu’à devenir la maîtresse du Continent, en toute logique. En plein mouvement de protestation contre l’élite politique au pays, ce sacre prend une dimension particulière.

« Un moment très particulier »

« Toute l’Algérie va être dans la rue, cela va être incroyable. Je l’ai vécu en 2014 (après le premier 8e de finale de Coupe du monde de l’histoire de la sélection algérienne, NDLR), c’était incroyable. Mais là, ça va être pire ! », avait indiqué plus tôt le N.10 algérien Sofiane Feghouli.

D’Oran, la ville natale du buteur décisif Baghdad Bounedjah, à Paris et Marseille, où il y a une importante diaspora, les supporters des Fennecs ont célébré la victoire toute la nuit dans une ambiance festive dans l’ensemble, malgré quelques incidents.

La deuxième étoile africaine des Fennecs arrive dans « un moment très particulier », souligne le président de la fédération algérienne, alors que le pays connaît un mouvement de contestation politique inédit depuis fin février.

« Cette victoire va très certainement insuffler un souffle nouveau », a-t-il estimé, ajoutant que la prestation de ses joueurs s’est aussi réalisée « sous l’impulsion de cet extraordinaire élan populaire qui est en train d’emmener l’Algérie vers des jours meilleurs ».

Si les joueurs ont unanimement reconnu l’importance du « hirak » dans leur épopée, un nom est sur toutes les lèvres pour expliquer la raison de cette renaissance sportive: Djamel Belmadi. L’homme qui a transformé, en moins d’un an, une équipe moribonde, absente du Mondial-2018, en une machine à gagner.

Hommage à Belmadi

« Il mérite tous les éloges, c’est grâce à lui qu’on en est là. Il nous a suivi depuis le début. Il a reconstruit l’équipe, il a tout fait ! C’est sûr que les acteurs, ce sont nous, mais autour tout était parfait. Il faut lui rendre hommage parce qu’il en est pour beaucoup », a déclaré Riyad Mahrez.

« C’est magnifique ce qu’ont fait les garçons, il faut les féliciter vraiment. Ils ont été à la hauteur des attentes du peuple », a dit vendredi Djamel Belmadi, dans une joie intense mais contenue.

Symbole de la transformation des Fennecs, Mahrez, auteur d’un coup franc d’anthologie en demi-finale, a semblé devenir un autre joueur depuis qu’il a hérité du brassard de capitaine: « J’ai toujours eu beaucoup de responsabilités en sélection. Mais en ayant le brassard, il m’a donné beaucoup de confiance ».

Avec des jeunes talents comme Ismaël Bennacer, élu meilleur joueur du tournoi à seulement 21 ans, ou Youcef Atal, l’avenir de la sélection algérienne s’annonce radieux. D’autant plus qu’elle ne s’appuie plus exclusivement sur les Binationaux, qui représentent encore 14 joueurs sur 23, mais aussi sur une vague de talents locaux comme Youcef Belaïli et Baghdad Bounedjah.

Côte d’Ivoire : le RHDP en kiosque avec le quotidien « Le Matin »

| Par Jeune Afrique

Le RHDP du président ivoirien Alassane Ouattara a désormais son propre journal quotidien. Intitulé « Le Matin », il est dirigé par les journalistes Patrice Yao et Hervé Ahoussi.

Alassane Ouattara a validé la création d’un journal quotidien du RHDP intitulé Le Matin, dont le premier numéro a été lancé le 15 juillet.

Un projet encadré par Massere Touré, directrice de la communication de la présidence, Abdoulaye Sangaré, directeur de la Radio de la paix (ex-Onuci FM), et par Amadou Coulibaly (dit Am’s), chef des renseignements extérieurs. Malgré ses fonctions, ce dernier est toujours resté proche des communicants du RHDP.

La publication est dirigée par les journalistes Patrice Yao et Hervé Ahoussi – qui ont démissionné du Nouveau réveil, proche du PDCI.