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Niger: quatorze militaires tués lors d'une embuscade dans la région de Tillabéri

Des soldats nigériens en patrouille (photo d'illustration).
© ISSOUF SANOGO / AFP

L’armée nigérienne est à nouveau endeuillée, suite à une attaque survenue mercredi dans la région de Tillabéri, dans l’ouest du pays. Selon les autorités, quatorze militaires ont été tués dans une attaque menée par « des terroristes lourdement armés ».

Des agents de la Commission électorale indépendante (Céni) rentraient d’une opération d’enrôlement auprès de villages reculés, en vue des élections présidentielles et législatives de l’année prochaine. Mais sur son chemin, l’escorte qui encadre cette équipe est tombée sur une embuscade, tendue par « des terroristes lourdement armés », selon le communiqué du ministère de l’Intérieur.

S’ensuit, selon les autorités, « une bataille acharnée ». On compte plusieurs victimes : sept gendarmes et sept gardes nationaux ont perdu la vie. Un garde est porté disparu. De nombreux assaillants auraient été tués, assure le ministère de l’Intérieur, sans pour autant préciser le nombre exact de victimes.

Si les agents civils de la Céni sont eux, rentrés sains et saufs dans la localité de Sanam, cet épisode met en lumière un problème : « cela démontre les difficultés auxquelles les autorités locales sont confrontées pour organiser les scrutins de 2020 », constate un observateur, qui s’interroge « sera-t-on en mesure d’enrôler l’ensemble des électeurs ? »

« Cette nouvelle attaque démontre la puissance des groupes terroristes, qui veulent s’imposer dans la zone des trois frontières », explique Baba Dakono, chercheur à l’Institut d’études et de sécurité. Et ce, au risque de voir les questions sécuritaires occulter des thèmes comme celui des droits de l’homme et la crise sociale, au moment des scrutins de l’année prochaine.

Cette nouvelle attaque intervient quelques jours seulement après que le président nigérien a plaidé pour « plus de Barkhane » dans le Sahel pour faire face à des groupes terroristes mieux équipés.

Avec l’eco, Alassane Ouattara et Emmanuel Macron
ont-ils réellement annoncé la fin du franc CFA ?

| Par et - à Abidjan
Le président ivoirien Alassane Ouattara accueillant son homologue français Emmanuel Macron, le vendredi 20 décembre 2019 à Abidjan.

Le chef d’État ivoirien et son homologue français ont annoncé samedi 21 décembre une grande réforme du franc CFA. La monnaie utilisée par les pays de l’UEMOA changera notamment de nom pour épouser celui de la future monnaie unique de la Cedeao : l’eco. Mais en attendant cette étape-là, c’est un eco à parité fixe et garanti par la France qui servira de transition.

C’est la fin d’une époque. Le franc CFA (franc de la Communauté financière en Afrique) tel qu’il fut conçu il y a 46 ans va disparaître. L’annonce a été faite samedi 21 décembre par Alassane Ouattara et Emmanuel Macron lors de la visite officielle du président français en Côte d’Ivoire. « En accord avec les autres chefs d’État de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest africaine), nous avons décidé de faire une réforme du franc CFA », a annoncé Alassane Ouattara, en sa qualité de président en exercice de l’UEMOA, qui comprend le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo.

Dans le courant de l’année 2020, l’eco, nom de la future monnaie unique de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), sera ainsi adopté dans ces huit pays.

Cela peut prendre des années

Néanmoins, si l’année 2020 marquera l’acte de naissance de cette monnaie, le franc CFA ne va pas disparaître pour autant. Ce dernier continuera à être utilisé jusqu’à la mise en circulation de l’eco, cette fois à l’échelle des 15 États membres de la Cedeao. « Cela peut prendre des années », précise un ministre ouest-africain.

Des mesures à effets immédiats

En revanche, plusieurs mesures de la réforme s’appliquent dès maintenant. C’est le cas avec la centralisation des réserves de change en France, qui prend fin, et avec la fermeture du compte d’opérations auprès du Trésor français. Ainsi, l’obligation imposée à la BCEAO d’y déposer 50 % de ses réserves de changes est supprimée.

La Banque centrale pourra dorénavant placer ses réserves partout dans le monde, auprès d’institutions financières, que ce soit en Europe, en Asie ou aux États-Unis. Autre évolution significative avec effet immédiat : le retrait des représentants de la France de tous les organes de gestion monétaire au sein de l’UEMOA. Ces derniers bénéficiaient d’un droit de veto.

En revanche, l’eco conservera pour le moment une parité fixe avec l’euro et sa garantie de convertibilité sera toujours assurée par la Banque de France. Un choix fait par les dirigeants de l’organisation monétaire ouest-africaine, a précisé Emmanuel Macron. La parité fixe est l’une des caractéristiques du CFA  critiquées par certains économistes africains. Selon eux, l’arrimage à l’euro, monnaie forte, désavantage les économies de la région, beaucoup moins compétitives.

L’intégration des pays de l’UEMOA à l’eco se fera selon le calendrier établi par la Cedeao

Bien que les pays de l’UEMOA continueront d’accumuler des stocks d’or pour maintenir la solidité de la nouvelle monnaie, aucune précision n’a été apportée sur le nouveau mécanisme qui permettra à la France de continuer à assurer la garantie de la convertibilité.

L’eco-UEMOA, à parité fixe et garantie… avant l’eco-Cedeao, à changes flexibles

La réforme annoncée du CFA anticipe le projet de monnaie unique régionale. « Il y a un concours de circonstances entre d’une part l’agenda de la Cedeao sur la monnaie unique et la volonté de l’Uemoa réformer le CFA. L’intégration des pays de l’UEMOA à l’eco se fera selon le calendrier établi par la Cedeao », explique Romuald Wadagni, ministre béninois de l’Économie.

L’Uemoa estime en effet que ses membres respecteront d’ici à la fin du premier trimestre 2020 les critères de convergence établis par la Cedeao pour intégrer l’eco. Mais si la monnaie issue de la réforme du CFA porte le nom de la futur monnaie unique, elle n’appliquera pas immédiatement toutes ses dispositions.

Le projet élaboré par la Cedeao prévoit notamment que la future Banque centrale soit structurée sur un modèle fédéral et que régime de change soit flexible avec un ciblage de l’inflation globale comme cadre de politique monétaire. Ces dispositions ne seront mises en application que lorsque le dernier pays de la zone aura intégré l’eco.

Le franc CFA, un vestige du passé colonial devenu pesant

« La question du franc CFA cristallise de nombreuses critiques et de nombreux débats sur le rôle supposé de la France en Afrique. J’ai entendu les critiques, je vois les réseaux sociaux et je vois votre jeunesse qui nous reproche de continuer une relation économique et monétaire qu’elle juge post-coloniale. Donc rompons les amarres », a déclaré le chef de l’État français. « C’est une décision prise en toute souveraineté. Elle prend en compte notre volonté de construire notre future de manière responsable », a précisé Alassane Ouattara, tout en tenant à rappeler que « le franc CFA a été un outil essentiel du développement de nos pays ».

Les discussions autour d’une réforme du CFA ont débuté en 2017. Sous la pression de leur opinion publique, plusieurs pays de l’UEMOA ont alors mandaté Alassane Ouattara pour plancher sur la question. Le but est de débarrasser le CFA de la charge émotionnelle du passé colonial. Le chef d’État ivoirien a donc confié le dossier à son vice-président Daniel Kablan Duncan, un ancien de la BCEAO. Les tractations se sont intensifiées en parallèle de l’avancée du projet de monnaie unique de la Cedeao, avant d’être finalisée en toute discrétion au cours des six derniers mois.

Au sein de l’UEMOA, outre la Côte d’Ivoire, deux autres pays ont porté la réforme : le Sénégal de Macky Sall et le Bénin de Patrice Talon, dont le ministre des Finances préside le conseil de ministres de l’organisation économique sous-régionale.

Ces derniers mois, l’ancien homme d’affaires s’étaient ainsi discrètement rendu plusieurs fois à Paris pour y rencontrer des représentants du Trésor français à Paris. Son implication ne s’est pas faite sans couac. Le 7 novembre dernier, ce dernier déclare sur RFI que la réforme du franc CFA vise « très rapidement à ce que les pays membres de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ne garderont plus de réserves de change auprès du Trésor français ». Cela a provoqué la colère d’Alassane Ouattara. « Il était alors déjà prévu que l’annonce de la réforme se fasse lors de la visite de Macron. Talon n’a pas respecté le calendrier », explique un proche du chef de l’État ivoirien.

Au centre du Mali, des militaires s’installent dans les bâtiments d’une école

Les bâtiments du 2e cycle à Ouenkoro, au centre du Mali, ont été réquisitionnés et 200 élèves environ ont déménagé à 500m.
© Getty Images

Des militaires maliens ont été déployés il y a quelques mois dans la commune de Ouenkoro. L’objectif ? Sécuriser cette zone rurale gangrénée par la présence de groupes armés. Par manque d’infrastructure, les Fama ont installé leur camp militaire dans les bâtiments d’une école. Le second cycle de Ouenkoro a déménagé.

Depuis deux ans, le maire de Ouenkoro réclamait l’arrivée de militaires maliens. Dans cette commune située à la frontière avec le Burkina Faso, chasseurs, milices, jihadistes, les groupes armés s’affrontent et tuent parmi les populations civiles. « Rien que le 13 novembre, l’attaque du village de Peh a couté la vie à 20 personnes », affirme Harouna Sankaré.

L’été dernier, les Fama ont finalement été envoyés pour sécuriser la zone et se sont installés à l’école. « Ils n’avaient pas d’emplacement », justifie le maire. Les bâtiments du 2e cycle ont été réquisitionnés et 200 élèves environ ont déménagé à 500 m « avec le premier cycle dans d’anciennes salles de classe », explique un syndicaliste. « Les cours sont perturbés », ajoute une autre source au niveau de l’éducation.

Risques pour les élèves en cas d'attaques

Si le gouverneur de la région de Mopti n’était pas ce mercredi 18 décembre en mesure de répondre aux questions de RFI, les autorités nationales ont été alertées, affirment plusieurs sources, sur les risques sécuritaires que pourraient courir les élèves et les enseignants en cas d’attaques. En mars 2018, Bamako a signé la déclaration internationale de sécurité pour les écoles.

À lire aussi: Mali: où en est-on du programme de désarmement ?

 

« INTENTIONS GENERALES ET MISSIONNAIRES POUR 2020 »


VATICAN - Les Intentions confiées à l’Apostolat de la prière pour l’année 2020 Cité du Vatican (Agence Fides) -

 

JANVIER

Favoriser la paix dans le monde : Prions pour que les disciples de Jésus, les croyants et les personnes de bonne volonté favorisent ensemble la paix et la justice dans le monde.

 

FÉVRIER

Entendre le cri des migrants : Prions pour que le cri de tant de migrants victimes de trafics criminels soit entendu et pris en compte : ils sont nos frères et sœurs en humanité.

 

MARS

Les Catholiques en Chine : Que l’Eglise en Chine persévère dans la fidélité à l’Évangile et grandisse dans l’unité.

 

AVRIL

La libération des addictions : Prions pour toutes les personnes sous l’emprise d’addictions afin qu’elles soient soutenues sur leur chemin de libération.

 

MAI

Pour les diacres : Prions pour les diacres, fidèles à leur charisme au service de la Parole et des pauvres, soient un signe stimulant pour toute l’Eglise.

 

JUIN

Le chemin du cœur : Pour que ceux qui souffrent trouvent des chemins de vie en se laissant toucher par le Cœur de Jésus.

 

JUILLET

Nos familles : Prions pour que les familles d’aujourd’hui soient accompagnées avec amour, respect et conseil.

 

AOÛT

Le monde de la mer : Prions pour les personnes qui travaillent et vivent du monde de la mer, parmi eux les marins, les pêcheurs et leur famille.

 

SEPTEMBRE

Respect des ressources de la planète : Prions pour que les ressources de la planète ne soient pas pillées, mais soient partagées de manière équitable et respectueuse.

 

OCTOBRE

La mission des laïcs dans l’Eglise : Prions pour qu’en vertu du baptême, les fidèles laïcs, en particulier les femmes, participent plus aux instances de responsabilité de l’Eglise.

 

NOVEMBRE

L’intelligence artificielle : Prions pour que les progrès de la robotique et de l’intelligence artificielle soient toujours au service de l’être humain.

 

DÉCEMBRE

Pour une vie de prière : Prions pour que notre relation personnelle à Jésus-Christ soit nourrie de la Parole de Dieu et par une vie de prière.


Intentions de prière du pape François

Thème du MESSAGE
DU PAPE FRANCOIS
POUR LA CÉLÉBRATION DE LA

53ème JOURNÉE MONDIALE
DE LA PAIX

1er JANVIER 2020

« La bonne politique au service de la paix »,
thème de la Journée mondiale de la paix 2020

Lire l'intégralité du message du Pape François

LA PAIX, UN CHEMIN D’ESPÉRANCE :
DIALOGUE, RÉCONCILIATION ET CONVERSION ÉCOLOGIQUE

Le message du Pape François pour la Journée mondiale de la Paix, qui sera célébrée le 1er janvier 2020, a été rendu public ce jeudi 12 décembre. Dans ce texte intitulé “La paix, chemin d’espérance: dialogue, réconciliation et conversion écologique”, le Saint-Père donne des pistes pour parvenir à la paix. Celle-ci est possible à condition de l’espérer et d’ouvrir son cœur à des relations fraternelles et respectueuses.

Adélaïde Patrignani - Cité du Vatican

«La paix est un bien précieux, objet de notre espérance auquel aspire toute l’humanité», affirme le Saint-Père en ouverture de ce message signé le 8 décembre dernier. François souhaite d'abord montrer que la paix est un chemin d’espérance face aux obstacles et aux épreuves.

Contre une paix illusoire, fondée sur la méfiance et la peur de l’autre

Il évoque alors les nombreuses formes de violences qui déchirent actuellement l’humanité. «Toute guerre, en réalité, est un fratricide qui détruit le projet même de fraternité inscrit dans la vocation de la famille humaine», fait remarquer le Souverain Pontife. La guerre, rappelle-t-il, naît «de l’égoïsme et de l’orgueil, de la haine qui pousse à détruire, à renfermer l’autre dans une vision négative, à l’exclure et à le faire disparaître». Le monde connaît un paradoxe en cherchant à garantir la paix «sur la base d’une fausse sécurité soutenue par une mentalité de crainte et de méfiance».

Ce climat de peur renforce «la fragilité des rapports et le risque de violence, dans un cercle vicieux qui ne conduira jamais à une relation de paix». «En ce sens, la dissuasion nucléaire ne peut que créer une sécurité illusoire», dénonce le Pape, après avoir évoqué son récent voyage au Japon. À nouveau, le Saint-Père s’oppose fermement à l’arme nucléaire, expliquant que «nous ne pouvons pas prétendre maintenir la stabilité mondiale par la peur de l’anéantissement, dans un équilibre plus que jamais instable, suspendu au bord du gouffre nucléaire et enfermé dans les murs de l’indifférence».

Pour briser cette dynamique de la défiance, il faut «poursuivre une fraternité réelle, basée sur la commune origine divine et exercée dans le dialogue et la confiance réciproques». Et cela est possible car le «désir de paix est profondément inscrit dans le cœur de l’homme». L’espérance, quant à elle, «donne des ailes pour aller de l’avant, même quand les obstacles semblent insurmontables».

Parvenir à la paix, un processus long et nourri par la fraternité

Le Saint-Père parle ensuite de la paix comme d’un «chemin d’écoute basé sur la mémoire, sur la solidarité et sur la fraternité». La mémoire est le «service indispensable» rendu par les générations anciennes pour éviter de reproduite les erreurs du passé, elle est aussi l’«horizon de l’espérance»: «dans l’obscurité des guerres et des conflits, même le rappel d’un petit geste de solidarité reçu peut inspirer des choix courageux et même héroïques».

Mais le «complexe» chemin de la paix fait avant tout appel «à la conscience morale et à la volonté personnelle et politique». «Le monde n’a pas besoin de paroles creuses, mais de témoins convaincus, d’artisans de paix ouverts au dialogue sans exclusions ni manipulations», estime François, qui appelle à chercher la vérité «au-delà des idéologies et des opinions diverses». Par le dialogue et l’écoute, «la connaissance et l’estime de l’autre peuvent se développer jusqu’à reconnaître, dans l’ennemi, le visage d’un frère».

Le processus de paix est aussi «un engagement qui dure dans le temps», et qui ouvre peu à peu «à une espérance commune plus forte que la vengeance». Le Saint-Père développe alors le rôle de la démocratie, qui peut être un «paradigme significatif de ce processus». Il met également en garde contre les sociétés fracturées, où «l’accroissement des inégalités sociales et le refus d’utiliser les instruments en vue d’un développement humain intégral mettent en péril la poursuite du bien commun». L’Église participe au service de ce bien commun, à travers «la transmission des valeurs chrétiennes, l’enseignement moral et les œuvres sociales et éducatives».

Trouver la force de pardonner

Dans une troisième partie de ce message, le Pape donne en exemple la Bible, où de nombreux passages montrent que «l’autre ne doit jamais être enfermé dans ce qu’il a pu dire ou faire, mais il doit être considéré selon la promesse qu’il porte en lui». L’Écriture Sainte nous invite au respect, au pardon, à la réconciliation, attitudes permettant de «rompre la spirale de la vengeance et [d’] entreprendre le chemin de l’espérance». «Apprendre à vivre le pardon fait grandir notre capacité à devenir des femmes et des hommes de paix», peut-on lire. Le Saint-Père invite à une communion fraternelle s’inscrivant dans chaque domaine de l’existence, social, économique et politique. «Il n’y aura jamais de vraie paix tant que nous ne serons pas capables de construire un système économique plus juste», écrit-il avant de citer un passage de l’Encyclique de son prédécesseur, Caritas in veritate. Le Pape François s’attache alors à présenter la paix comme un «chemin de conversion écologique».

De nouvelles relations entre les hommes et avec la terre


Cette quatrième partie s’ouvre par une référence au Synode sur l’Amazonie, qui appelle «à une relation pacifique entre les communautés et la terre, entre le présent et la mémoire, entre les expériences et les espérances». Le Pape invite à nouveau à cesser l’exploitation abusive des ressources, à s’ouvrir «à la rencontre avec l’autre et à l’accueil du don de la création qui reflète la beauté et la sagesse de son Auteur». De cette attitude découle «une nouvelle manière d’habiter la maison commune, d’être présents les uns aux autres». Cette conversion écologique conduit «à avoir un nouveau regard sur la vie», et elle doit «être comprise de manière intégrale», en transformant toutes les relations de l’homme avec ce (et ceux) qui l’entoure. Pour un chrétien, il s’agit donc de «laisser jaillir toutes les conséquences de la rencontre avec Jésus-Christ sur les relations avec le monde» (Laudato Si’).

Recevoir le pardon du Seigneur pour devenir artisan de paix

Dans la dernière partie de ce texte dense, le Pape revient au thème qui l’avait ouvert: l’espérance. «On n’obtient pas la paix si on ne l’espère pas», souligne François, qui désigne la patience et la confiance comme soutiens. «Il s’agit avant tout de croire en la possibilité de la paix, de croire que l’autre a le même besoin de paix que nous. En cela, l’amour de Dieu pour chacun d’entre nous peut nous inspirer, un amour libérateur, sans limite, gratuit, inlassable», poursuit-il. Le Saint-Père invite à dépasser les «craintes humaines», à opter pour une «culture de la rencontre» et non pour «la culture de la menace». Ainsi, toute rencontre devient «une possibilité et un don de l’amour généreux de Dieu». Elle vise «à vivre la fraternité universelle comme enfants de l’unique Père céleste».

Aux chrétiens, le Pape indique le sacrement de la Réconciliation, qui incite à abandonner toute violence et à garder les yeux tournés vers le Seigneur, venu tout réconcilier par sa mort sur la Croix (Col 1, 20). Le pardon reçu du Christ nous met en chemin «afin de l’offrir aux hommes et aux femmes de notre temps». L’Esprit Saint nous inspire «pour que nous devenions des artisans de justice et de paix».

François conclut son message en invoquant Marie, qui sera fêtée le 1er janvier prochain, comme chaque année, en la Solennité de la Sainte Mère de Dieu. Il souhaite aussi que «toute personne venant en ce monde puisse connaître une existence paisible et développer pleinement la promesse d’amour et de vie qu’elle porte en elle».