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Tchad: les évêques critiques envers le pouvoir en place dans leur lettre de Noël

Une vue de Ndjamena, capitale du Tchad (image d'illustration).
© Xaume Olleros / AFP

Au Tchad, la conférence des évêques a présenté le 13 décembre sa lettre de Noël, un texte publié habituellement à la veille des fêtes de fin d’année dans lequel les hommes d’Église évoquent l’état de la nation. Cette année, la gouvernance du pays a été particulièrement critiquée.

Dans leur lettre de Noël publiée le 13 décembre, les évêques ont passé au crible l’état de la nation tchadienne et constaté qu’en l’état actuel des choses, le projet politique du pouvoir en place ne correspondait pas à la réalité.

Ils prennent l’exemple de l’éducation, comme le constate l’abbé Yves Alladoumngué, secrétaire général de la conférence épiscopale du Tchad. « Est-ce que chaque famille prend le temps de s’assoir pour évaluer ce que son enfant a appris à l’école ? demande-t-il. En période de grève, nous préparons un avenir très dangereux pour cette génération qui sera la citoyenne future de notre pays ».

Serment confessionnel

Avec l’avènement de la Quatrième République, un serment confessionnel a aussi été imposé à toutes personnes nommées aux charges publiques. Mais à l’évidence, le serment n’a servi à rien. « Tous ceux qui ont prêté ce serment, il y en a qui sont déjà dans des affaires, déplore monseigneur Joachim Kouraleyo Tarounga, un des membres de la conférence épiscopale du Tchad. Mais ma conviction à moi : un serment professionnel n’a pas sa place dans un pays qui se dit laïque ».

Un autre évêque demande également si on peut utiliser la religion pour contraindre dans une République. Le vrai problème est que le pouvoir préfère promouvoir des personnalités militantes, une option qui renforce la politique mais pas la bonne gouvernance.

Tchad : les évêques interpellent les autorités

 

[Analyse] Algérie : la présidentielle de la discorde

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Journaliste à Jeune Afrique depuis de nombreuses années, Farid Alilat est spécialiste de l'Algérie.

Des étudiantes manifestant contre la tenue de l'élection présidentielle, mardi 10 décembre 2019 à Alger (image d'illustration).

Alors que 24 millions d’électeurs algériens sont appelés aux urnes ce jeudi pour donner un successeur au président Abdelaziz Bouteflika, poussé à la démission en avril dernier, le pays est plus divisé que jamais entre ceux qui estiment que le scrutin est la seule porte de sortie, et ceux qui le contestent et le considèrent illégitime.

De mémoire de journaliste qui a couvert cinq scrutins présidentiels depuis celui du 16 novembre 1995, remporté par le général Liamine Zéroual, aucun ne ressemble au premier tour qui se tient ce jeudi. Tout a concouru et tout concours à faire de cette élection un événement exceptionnel et déterminant pour l’avenir de ce pays de 41 millions d’habitants.

Tout d’abord, le contexte dans lequel le scrutin se déroule. Premier sans Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir sans discontinuer de 1999 au 2 avril dernier, il intervient dix mois après le début de la révolution de rue qui a chassé du pouvoir l’ancien chef de l’État – ainsi qu’une bonne partie des ex-caciques que l’opinion publique désigne sous le vocable d’issaba (bande mafieuse). Déclenché pour contester la candidature du raïs à un cinquième mandat, la contestation ne faiblit guère. Bien au contraire. À l’exigence du départ des symboles de l’ancien régime et de la fin du système se greffe depuis plusieurs semaines le rejet massif de la présidentielle.

Non seulement des centaines de milliers de personnes continuent de manifester chaque vendredi pour marteler ces exigences, mais les revendications ne se limitent pas à un simple boycott, comme ce fut le cas lors des précédents rendez-vous électoraux. Dans plusieurs villes du pays, des protestataires occupent les espaces publics, tiennent des sit-in et promettent d’empêcher pacifiquement les électeurs de mettre leur bulletin dans l’urne.

Les opérations de vote qui se sont déroulées à l’étranger – les ressortissants algériens votent une semaine en amont – ont donné un aperçu de ce rejet. En France, en Belgique ou au Canada, des rassemblements se sont formés devant les permanences électorales, les votants faisant l’objet de stigmatisations, de moqueries ou d’agressions verbales.

Une élection à marche forcée

En Kabylie, région traditionnellement rebelle et réfractaire aux élections, les entrées de nombreuses sous-préfectures et mairies ont été emmurées. Des urnes ont été détruites, alors que des affrontements mineurs ont opposés gendarmes et manifestants à Bouira, à 110 km au sud-est d’Alger.

La tension dans la capitale pourrait être encore plus vive vendredi 13 décembre, après l’annonce des résultats

À Béjaïa et Tizi Ouzou, les deux plus importantes villes de Kabylie, des rassemblements nocturnes ont réuni mercredi soir des milliers de personnes qui s’opposent au vote. À Alger, où se déroule chaque vendredi une imposante marche, des milliers de personnes se sont retrouvées mercredi 11 décembre dans le centre-ville. La manifestation a été émaillée d’incidents au moment où les services de sécurité ont tenté de les empêcher.

La tension dans la capitale pourrait être encore plus vive vendredi 13 décembre, après l’annonce – vraisemblablement par l’Autorité nationale indépendante pour les élections (Anie) et non par le ministère de l’Intérieur – des résultats de ce scrutin imposé par le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, devenu le véritable décideur de la période post-Bouteflika.

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Les bulletins de vote pour les cinq candidats dans un bureau d'Alger, jeudi 12 décembre 2019. © Fateh Guidoum/AP/SIPA

 

Cinq candidats du « système » ?

Le profil des cinq candidats en lice a cristallisé encore davantage le rejet de cette présidentielle de la part d’une bonne partie de leurs compatriotes. S’il y a une revendication sur laquelle les manifestants ne comptent faire aucune concession, c’est bien le départ des symboles de l’ancien régime et la fin de ce système jugé monolithique, obsolète et réfractaire à toute possibilité de changement et d’alternance. Or, les cinq prétendants à la magistrature suprême ont tous été, à des degrés et à des périodes différentes, liés à l’ère Bouteflika.

Ancien chef de cabinet à la présidence et chef du gouvernement entre 2000 et 2003, Ali Benflis, 75 ans, a été un proche collaborateur du président déchu, avant de devenir l’un de ses principaux opposants et rival lors des élections de 2004 et 2014. Abdelmadjid Tebboune, 74 ans, a fait un éphémère passage au Premier ministère en 2017, après avoir occupé des postes ministériels sous la présidence de Bouteflika. Ses détracteurs lui reprochent d’avoir juré de défendre becs et ongles hier encore le programme de ce dernier.

Abdelkader Bengrina, 57 ans, ancien ministre du Tourisme entre 1997 et 1999, était un fervent partisan de la reconduction de Bouteflika pour un cinquième mandat. Azzedine Mihoubi, 60 ans, ex-ministre de la Culture, est le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), qui formait avec le FLN l’ancienne alliance présidentielle. Lui aussi était un farouche avocat du maintien du zaïm à la tête de l’État. Quant à Abdelaziz Belaïd, 56 ans, il est un ex-député FLN qui a longtemps dirigé l’Union nationale de la jeunesse algérienne (UNJA), une organisation satellite de l’ex-parti unique.

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Les cinq candidats à l'élection présidentielle algérienne (de gauche à droite, Azzedine Mihoubi, Abdelmadjid Tebboune,
Abdelkader Bengrina, Ali Benflis et Abdelaziz Belaïd), en octobre 2019 à Alger. © Fateh Guidoum/AP/SIPA

Un nouveau président, et après ?

L’ancien patron du RND et mentor de Mihoubi, l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, vient d’être condamné par le tribunal d’Alger à quinze ans de prison ferme pour corruption et abus d’autorité. Pour les Algériens, ces cinq candidats représentent non seulement le symbole de cette issaba dont ils veulent se débarrasser, mais aussi le continuum de ce système qu’ils entendent abattre pacifiquement. On les désigne d’ailleurs par le surnom de « bébés de Bouteflika », bien qu’il soit injuste et pas tout à fait vrai de mettre les cinq concurrents dans le même sac.

Quel que soit celui qui sortira vainqueur des urnes, il souffrira d’un grave déficit de légitimité populaire et devra faire face à une contestation populaire sans doute encore plus forte et déterminée. Les manifestations du vendredi 13 donneront un aperçu de l’ampleur de la mobilisation à laquelle devra faire face le prochain locataire du Palais d’El Mouradia. La contestation qui ciblait le président par intérim, Abdelkader Bensalah, ainsi que le patron de l’armée, se focalisera désormais sur le nouveau chef de l’État, qu’une bonne partie de ses compatriotes tiendra pour illégitime.

Le contexte politique de l’après-scrutin pourrait être encore plus tendu en cas de fraudes ou de bourrages d’urnes

Le contexte politique de l’après-scrutin pourrait être encore plus tendu en cas de fraudes ou de bourrages d’urnes, notamment en faveur d’Abdelmadjid Tebboune et d’Azzedine Mihoubi, présentés ici et là comme les candidats du pouvoir ou de l’institution militaire.

Après avoir imposé cette présidentielle comme unique solution pour sortir de la crise de légitimité née de la démission forcée de Bouteflika, le patron de l’armée a compliqué encore davantage l’impasse politique. Jamais depuis l’annulation des élections législatives de décembre 1991, dont le premier tour avait été remporté par les islamistes du FIS, le pays ne s’est retrouvé aussi profondément divisé entre deux camps. Le pire dans cette situation est qu’aujourd’hui, presque autant qu’hier, les chances d’un possible consensus a minima entre partisans et opposants à cette présidentielle sont infimes, voire inexistantes.

Attaque d'Inates: les Nigériens entre tristesse, questionnement et colère

Des soldats nigériens en patrouille (photo d'illustration).
© ISSOUF SANOGO / AFP

C'est un véritable coup de massue qu'ont reçue les Nigériens en apprenant la mort des 71 soldats à Inates. Les Nigériens sont très remontés : beaucoup s'interrogent sur ce qui s'est produit et comment cela a pu arriver.

En s'inclinant devant la mémoire des soldats tombés à Inates au sortir de la réunion du Conseil national de sécurité, Mahamadou Issoufou écrit : « la plus belle des morts est la mort pour sa patrie, les armes à la main. »

Des propos salués par Yves Ali : « Ce sont aujourd'hui des héros que nous pleurons. Nos vaillants soldats sont morts pour une cause, pour la défense de la patrie. Ils sont allés jusqu'à faire le sacrifice suprême. »

Mais trop c'est trop pour El Hajj Idi, un militant de la société civile : « C'est une barbarie sans précédent dans notre pays. Cette fois-ci, c'en est trop. On a mis beaucoup de choses dans la défense, et nous n'avons que la mort et la désolation. »

Ce qui frustre le journaliste Amadou Garé, c'est la facilité avec laquelle les journalistes ont eu l'initiative du terrain. « Il est inconcevable pour un citoyen nigérien de comprendre que des colonnes puissent franchir des centaines de kilomètres, venir attaquer et repartir sain et sauf. C'est ça je pense l'objet de la frustration de l'ensemble des citoyens. »

Demande de comptes et de réponses

À Niamey, la coalition d'opposition Front patriotique a publié un communiqué dans lequel elle recommande au président de la République d'adopter une nouvelle approche plus offensive face à la crise sécuritaire. « Pour nous, il faut se mobiliser autour des forces de défense et de sécurité. Mais en même temps, le président de la République qui est le chef suprême des armées de par la Constitution doit rendre compte de la situation telle qu'elle se présente aujourd'hui devant les Nigériens. Il faut que l'on prenne la question sécuritaire en main ; il faut que les chefs politiques soient proches des hommes et de ce qui se passe sur le terrain et qu'ils soient concentrés sur ces questions-là. Aujourd'hui, l'ensemble des responsables au gouvernement qui s'occupent de la question de la sécurité, je ne crois pas qu'ils aient vraiment l'esprit concentré sur cette question », regrette le président du Front patriotique, l'ancien ministre Ibrahim Yacouba.

« Deuxièmement, il faut une vraie politique de défense. Nous connaissons nos adversaires ; nous connaissons nos ennemis. C'est à nous d'aller leur infliger des pertes qui ne peuvent pas leur permettre de nous attaquer continuellement. Une politique de la défense doit être basée sur l'offensive, pas continuellement sur la défensive. »

Abdoulaye Sounaye est anthropologue, spécialiste des mouvements salafistes au Niger, chercheur affilié au Laboratoire d’études sur les dynamiques sociales (Lasdel) de Niamey. À ses yeux, l'attaque d'Inates soulève une multitude de questions. « On ne peut pas dire que cette région-là n'est pas surveillée par l'armée nigérienne et par ses partenaires. Comment est-ce que des colonnes peuvent se déplacer sans qu'on ne les voie. Ce sont des questions militaires, mais aussi politiques. Pourquoi cette attaque à ce moment précis, à quelques jours de la rencontre de Pau ? Pourquoi Inates ? Toutes ces questions-là méritent d'être posées et auxquelles beaucoup de Nigériens et aussi beaucoup de ressortissants de la sous-région attendent qu'on réponde. Du côté du Niger, une partie de la société civile demande des comptes au gouvernement, du point de vue de sa stratégie militaire. D'autant plus que c'est la deuxième fois. L'armée devrait être plus ou moins préparée. »

L'analyste Jérôme Pigné, du Réseau de réflexion stratégique sur la sécurité au Sahel, regrette que « les opérations militaires menées depuis (l'opération Serval en) 2013 n'aient jamais vraiment été accompagnées d'un projet politique et de développement en phase avec les besoins des populations ». C'est sur ce terreau que les groupes armés terroristes ont réussi à se regrouper et à recruter massivement parmi les populations de la sous région, selon lui.

La sous-région est restée dans des dynamiques très fragiles en matière de développement économique en terme d'éducation, en terme de santé, et donc cela veut dire qu'il y a un terreau relativement fertile, qu'il soit lié à des idéologies ou à des réalités beaucoup plus concrètes et court-termistes de la part des populations [...] La problématique dépasse très largement le carcan sécuritaire et militaire. Et là c'est un échec de gouvernance, c'est un échec politique de la part des États, mais aussi de la communauté internationale qui a parfois proposé certainement des projets de coopération qui n'étaient pas en phase avec les réalités et les besoins des populations

Jérôme Pigné
13-12-2019 - Par Liza Fabbian
 

Le Niger est en deuil national de trois jours à partir de ce vendredi.

Burkina Faso : après l’assaut armé, la mine d’or de la Semafo
restera fermée jusqu’à la fin de l’année

| Par Jeune Afrique avec AFP
Vue sur les installations de la mine de Boungou.

Le producteur d’or canadien Semafo a annoncé lundi qu’il ne prévoyait pas de rouvrir d’ici la fin de l’année sa mine de Boungou, au Burkina Faso, après une attaque contre des employés de l’entreprise qui a fait 39 morts il y a près d’un mois. L’exploitation de la mine est en cours de sécurisation.

« Nous n’anticipons pas reprendre les opérations à Boungou d’ici la fin de l’année », a indiqué le groupe minier Semafo dans un communiqué, près d’un mois après l’attaque d’un convoi transportant du personnel, des entrepreneurs et des fournisseurs.

« Tout plan de redémarrage impliquera nécessairement que le gouvernement renforce la sécurité sur la route publique menant à Boungou ainsi que dans la région en général », dans l’est du Burkina, a précisé la direction du groupe siégeant à Montréal.

Nous évaluons des scénarios où l’utilisation des routes publiques serait limitée

Exploitant la mine de Boungou depuis septembre 2018, la Semafo y a extrait 55 600 onces d’or au troisième trimestre 2019.

« Nous évaluons des scénarios où l’utilisation des routes publiques serait limitée, en transportant notamment nos gens par la voie des airs à partir de Fada », ville située à environ 200 km à l’est de Ouagadougou, a ajouté Semafo, qui exploite trois autres mines dans le pays.

Semafo ciblé dans une embuscade

Le président burkinabé Roch Marc Christian Kaboré avait attribué à des « terroristes » l’attaque armée du 6 novembre, la plus meurtrière qu’ait connue le Burkina Faso depuis le début de la spirale de violences jihadistes il y a près de cinq ans.

Ce jour-là, des hommes armés non identifiés avaient tendu une embuscade à un convoi de cinq cars, escorté par des militaires, transportant des travailleurs de la mine d’or de Boungou, à 40 km de la mine.

Semafo souligne que du personnel de sécurité supplémentaire est actuellement sur place à Boungou « afin d’assurer la sécurité du site et du petit nombre de personnes toujours sur place. L’usine de traitement est gérée de façon à assurer un redémarrage en douceur lorsque cela s’avérera possible. Dans le cadre de ce processus, l’or en voie de production sera récupéré pour une dernière livraison en décembre ».

Burkina Faso : 14 morts lors de l’attaque d’une église protestante

| Par AFP
Des soldats de l'armée burkinabè en patrouille dans la région de Soum, le 10 novembre 2019.

Une église protestante de Hantoukoura (à l’est du Burkina Faso) a été attaquée dimanche, pendant un service religieux. Quatorze fidèles, dont « des enfants », ont été tués par les assaillants.

« Une église protestante de Hantoukoura, dans le département de Foutouri, frontalière du Niger, province de la Komondjarie a été victime d’une attaque meurtrière perpétrée par des hommes armés non identifiés », a annoncé le gouvernorat de la région de Fada N’Gourma dans un communiqué. « Cette attaque a malheureusement occasionné 14 morts et de nombreux blessés ».

Cette attaque « signalée aux environs de 12 heures » a été perpétrée par une « dizaine d’individus lourdement armés », qui « ont exécuté froidement les fidèles, dont le pasteur de l’église et des enfants », selon une source sécuritaire.

Une autre source sécuritaire a parlé également d’un bilan de « 14 morts, tous de sexe masculin ». Une « opération de ratissage » a été lancée par le groupement militaire de Foutouri pour retrouver les « traces des assaillants » qui se sont « enfuis à bord de motocyclettes », selon cette source.

Dans son communiqué, le gouvernorat précise que « les forces de défense et de sécurité » se sont déployées « pour porter secours aux personne blessées ».

Le gouvernement « présente ses condoléance attristées aux familles éplorées et à la communauté religieuse protestante ».

Les attaques, attribuées à des groupes jihadistes, contre des églises ou des religieux chrétiens se sont multipliées récemment au Burkina Faso.

Succession d’attaques

Le 26 mai, quatre fidèles avaient été tués lors d’une attaque contre une église catholique à Toulfé, localité du nord du pays.

Le 13 mai, quatre catholiques avaient été tués lors d’une procession religieuse en honneur de la Vierge Marie à Zimtenga, toujours dans le nord.

La veille, six personnes dont un prêtre, avaient été tuées lors d’une attaque pendant la messe dans une église catholique à Dablo, une commune de la province du Sanmatenga, dans le nord du pays.

Le 29 avril, six personnes avaient été tuées lors de l’attaque de l’église protestante de Silgadji, dans le nord.

À la mi-mars, l’abbé Joël Yougbaré, curé de Djibo (nord) avait été enlevé par des individus armés. Le 15 février, le père César Fernandez, missionnaire salésien d’origine espagnole, avait été tué dans le centre du Burkina.

Plusieurs imams ont également été assassinés par les jihadistes dans le nord du Burkina depuis le début des attaques il y a quatre ans.

Par ailleurs, à l’autre bout du pays, dans l’ouest, à la frontière ivoirienne, « des individus armés ont attaqué le poste frontalier de Yendéré » samedi soir vers 22 heures, faisant « deux blessés parmi les passagers d’un car de transport en commun », a indiqué une source sécuritaire.

« Les assaillants, environ une vingtaine lourdement armés, ont incendié un véhicule et emporté plusieurs motocyclettes », a précisé une source policière. Un ratissage a été mené après cette attaque et les assaillants se sont « dispersés dans la forêt ».

Yendéré, située à une vingtaine de kilomètres de Niangoloko, le poste frontière principal entre le Burkina et la Côte d’Ivoire, a déjà été la cible de deux attaques, dont une avait fait trois morts en avril.