Actualités

Présidentielle au Togo: paroles de candidats

 

Publié le :

Vue de Lomé, capitale du Togo.

Vue de Lomé, capitale du Togo. Creative commons Flickr CC BY-NC 2.0 Joshua Turner/Climate Centr

La présidentielle au Togo aura lieu le 22 février prochain. Au pouvoir depuis 2005, Faure Gnassingbé est candidat à un quatrième mandat. Pour ce scrutin désormais à deux tours et ouvert à la diaspora, six candidats font face au président sortant. RFI leur a donné la parole avant l'ouverture de la campagne ce 6 février.

Publicité

Le président sortant, Faure Gnassingbé, brigue un quatrième mandat avec sa formation, l'Union pour la République (Unir). RFI a reçu son représentant, le ministre des droits de l'Homme Christian Trimua.

Christian Trimua: au Togo, «le 22 février, les électeurs choisiront la jeunesse»

Jean-Pierre Fabre est président de l'Alliance nationale pour le Changement. En 2015, il avait été le principal challenger de Faure Gnassingbé avec 35% des suffrages.

J-P Fabre: «Les conditions de transparence et d’équité ne sont pas encore réunies

Ancien vice-recteur de l'Université du Bénin à Lomé, Aimé Tchabouré Gogué est candidat pour la deuxième fois à la présidentielle togolaise pour l'Alliance pour la démocratie et le développement intégral (ADDI). En 2015, il avait rassemblé 4,3 % des voix. Son conseiller politique, François Kampatib, a accepté de répondre aux questions de RFI en son nom.

Présidentielle au Togo: entretien avec François Kampatib

Komi Wolou est le secrétaire national du Pacte socialiste pour le renouveau (PSR), plusieurs fois porte-parole des regroupements politiques. Il est également professeur des universités et tente, pour la première fois, sa chance pour la présidentielle.

Présidentielle au Togo: entretien avec Komi Wolou

Mohamed Tchassona Traoré, président du Mouvement citoyen pour la démocratie et le développement (MCD), a été candidat malheureux au scrutin présidentiel de 2015 avec seulement 0,9 % des suffrages. Il se présente pour la deuxième fois.

Présidentielle au Togo: entretien avec Mohamed Tchassona Traoré

Avant de passer à l'opposition, Agbéyomé Kodjo a été le Premier ministre de Gnassingbé Eyadema. Il est désormais à la tête du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD).

Agbéyomé Kodjo: au Togo, «je sais comment fonctionne le système»

Ancien membre de la coalition d'opposition C14, Georges-William Assiongbon Kouessan est pharmacien. Président du parti Santé du peuple, il tente la bataille à la présidentielle pour la première fois. Il pense qu'il faut une transition de trois ans pour remettre le Togo sur la voie démocratique.

► Présidentielle au Togo: entretien avec Georges-William Assiongbon Kouessan

Agbéyomé Kodjo: au Togo, «je sais comment fonctionne le système»

Burkina Faso : le français Urbasolar démarre les travaux
d’une centrale solaire de 30 mégawatts à Pâ

| Par - à Ouagadougou
Dans un parc photovoltaïque, en Afrique du Sud, en mars 2016 (photo d'illustration).

Le Premier ministre burkinabè, Christophe Dabiré, inaugurera, le 1er février, les travaux de la centrale solaire de Pâ, d’une capacité de 30 mégawatts, dans l’Ouest du pays. Le constructeur de la centrale affirme vouloir se positionner pour participer au développement énergétique de l’Afrique de l’Ouest.

C’est parti pour la construction de la centrale solaire de Pâ, située à environ 250 km à l’Ouest de Ouagadougou. Dotée d’une puissance de 33 mégawatts, cette installation sera la deuxième du pays par son envergure, après celle de Zagtouli, forte également de 33 mégawatts et en cours d’extension à 50 mégawatts. Profitant d’un rayonnement solaire d’environ 5,5 kilowatt-heure (kWh) par mètre carré et par jour, le Burkina multiplie les projets solaires pour accroître production énergétique.

Celle-ci a doublé sur la période 2015-2020 pour s’établir à une puissance de 630 mégawatts. « Nous comptons dépasser le cap de 1 000 mégawatts grâce aux projets solaires en cours. Cela nous permet d’envisager une sortie du cycle des délestages », a déclaré le ministre burkinabè de l’Énergie, Ismael Bachir Ouédraogo. Le fournisseur public d’électricité, la Sonabel indique avoir plus d’un million d’abonnés, dans un pays où le taux d’électrification est de 45 %.

Un investissement de 33 millions d’euros

Le lancement des travaux a lieu samedi 1er février, en présence du chef de l’exécutif burkinabè, Christophe Marie Joseph Dabiré, et d’Arnaud Mine, patron du groupe Urbasolar, spécialiste français du photovoltaïque. L’entreprise va exécuter le chantier, avec son partenaire local Projet production solaire, une PME spécialisée dans les énergies renouvelables, sous forme de partenariat public-privé avec l’État burkinabè.

Installée sur 35 hectares, la centrale va produire environ 155 gigawatts-heure par an. Le coût des travaux s’élève à 21,5 milliards de francs CFA (32,8 millions d’euros) apportés par Urbasolar via un pool financier parmi lequel figure Proparco ou encore la Banque ouest-africaine de développement.

Emmanuel Kaboré, directeur Afrique de l’Ouest du groupe français, assure que l’énergie produite par la centrale photovoltaïque fixe sera vendue à Sonabel « au moins deux fois moins cher que le coût du kilowattheure de la production thermique, estimé à 130 francs CFA ».

L’entreprise française travaille déjà au Sénégal, où elle construit une centrale électrique destinée à alimenter la cimenterie de la Sococim (groupe Vicat) à Rufisque, et annonce des projets au Niger, au Togo ou encore en Côte d’Ivoire.

Terrorisme au Burkina: à Ouaga, le peuple cherche les pistes pour faire face

Rassemblement au stade Joseph Issoufou Conombo, à Ouagadougou, en soutient aux forces de défense et de sécruité en lutte contre le terrorisme, le 26 octobre 2019.
Rassemblement au stade Joseph Issoufou Conombo, à Ouagadougou, en soutient aux forces de défense et de sécruité en lutte contre le terrorisme, le 26 octobre 2019. Olympia de Maismont / AFP

Depuis plusieurs semaines, les civils sont visés par des attaques terroristes en recrudescence. Les bilans sont parfois lourds. Les forces de sécurité également subissent des attaques. Au sein de la population, c’est l’indignation et la colère.

Publicité

À la retraite, Abdouramane Compaoré se dit très affecté par les attaques récurrentes contre les populations civiles, sans défense. « On ne peut pas tuer les populations comme ça. C'est trop triste. On est découragé. »

Les forces de défense et de sécurité sont sur plusieurs lignes de front. Régions du Sahel, du centre-nord, de l’est, du nord, et de la boucle du Mouhoun. Certains habitants de la capitale encouragent cette option militaire contre les groupes armés terroristes. « On propose que l'État mise beaucoup plus sur l'armée, on ne peut pas négocier avec un terroriste. Il faut que l'on trouve des solutions pour les nettoyer, on ne peut pas négocier avec eux. »

L’option militaire doit s’accompagner d’un volet développement. Pour un résultat durable, il faut offrir d’autres possibilités aux jeunes des régions à risque, propose Ando Ilboudo. « Il faut continuer avec la riposte tout en tenant compte des problèmes sociaux dans la région. Il faut qu'il y ait des routes, des hôpitaux, du travail. Créer des débouchés pour la jeunesse. Cela doit se faire en même temps », estime-t-il.

Pour Mariam Tapsoba, restauratrice à Ouagadougou, il faut prendre langue avec les groupes armés. Elle souligne que la négociation pourrait être une voie à explorer. « On peut essayer de négocier avec eux pour savoir ce qu'ils veulent. On peut trouver un terrain d'entente. Nous sommes des innocents, nous sommes au courant de rien, mais c'est nous qui mourrons. »

Pour toutes ces personnes rencontrées, quelle que soit l’option choisie par les autorités, le Burkina Faso ne devra aucunement céder une partie de son territoire.

► À lire aussi : La guerre contre les jihadistes peut-elle s’étendre en Afrique de l’Ouest? (2/2)

Burkina Faso: attaque contre des civils dans le village de Silgadji

Silgadji, dans la province du Soum.

Silgadji, dans la province du Soum. RFI

Au Burkina Faso, une nouvelle attaque a eu lieu contre des civils dans le village de Silgadji, dans la province du Soum. Le bilan diverge selon les sources : entre 10 et 50 personnes tuées. Le marché du village a été attaqué samedi dernier dans l’après-midi par des hommes armés, mais ce n'est que ce lundi que l’information a été donnée.

Publicité
 

Avec notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani

Selon nos sources, c’est ce samedi entre 14h et 16h que l’attaque s’est déroulée. C’est au niveau du marché que les hommes armés ont attaqué les populations.

« Ils ont d’abord rassemblé tout le monde. Ensuite, ils ont séparé les femmes des hommes », explique une source gouvernementale. Tous les hommes ont été abattus et les femmes libérées.

 

Vérification des pièces d'identité

Selon un témoin cité par une autorité locale, les assaillants ont vérifié les pièces d’identité des hommes avant de les abattre comme s’ils recherchaient des catégories de personnes bien précises. « Les corps sont toujours au marché », dit notre interlocuteur.

Selon notre source sécuritaire, les assaillants ont saboté l’antenne qui servait de relais pour les communications téléphoniques, empêchant tout contact avec les autres localités.

Il est difficile de donner un bilan de cette attaque. Entre 10 et 50 personnes tuées, selon les sources. Mais ce bilan pourrait s’alourdir, car il y a des portés disparus, d'après une source sécuritaire qui a pu rencontrer des rescapés.

Engins explosifs

La zone a été isolée par les assaillants avant l’attaque. Selon une source gouvernementale, ces groupes armés ont posé des engins explosifs sur tous les axes qui conduisent à la localité. Difficile pour les forces de sécurité d’y accéder avec des véhicules. Un flux important de populations a commencé à fuir le village. Des dizaines de personnes se sont déjà réfugiées dans les communes environnantes.

Face à cette violence et à la multiplication des attaques, les Burkinabè sont partagés entre colère et inquiétude. Les populations, qui ont d’ailleurs salué la montée en puissance des forces de défense, se demandent aujourd’hui comment venir à bout de ces attaques. Malgré le recrutement annoncé de 2 000 soldats pour renforcer les effectifs, en plus des volontaires, la situation devient intenable pour les populations. Enfin, au Burkina Faso, il y a aussi des voix qui s’élèvent pour dire qu’il est temps de penser à la négociation avec certains groupes armés.

L’Afrique se prépare à faire face au coronavirus

Au Sénégal, à l'aéroport international Blaise Diagne, des caméras thermiques sont installées pour détecter la température des passagers.

Au Sénégal, à l'aéroport international Blaise Diagne, des caméras thermiques sont installées pour détecter la température des passagers. Charlotte Idrac/RFI

Pour le moment, aucun cas de coronavirus n'a été confirmé sur le continent africain malgré des suspicions, notamment en Côte d'Ivoire et au Kenya. Mais le directeur du Centre africain de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) se montre réaliste.

Publicité
 

Selon le docteur John Nkengasong, il est fort possible qu'il y ait des personnes porteuses du coronavirus en Afrique, mais qu'elles n'aient tout simplement pas été détectées.

Le spécialiste admet ainsi que les capacités de surveillance sont très variables selon les États du continent. Les contrôles ont été renforcés dans les principaux aéroports : Éthiopie, Kenya, Afrique du Sud, Maroc, Égypte, Rwanda et Maurice. Mais le bât blesse concernant les moyens de diagnostic.

« Il y a des kits de diagnostic, mais ils ne sont pas disponibles partout dans le monde, explique le médecin. C'est pourquoi le CDC et l'OMS travaillent de manière rapprochée avec les fabricants et la Chine pour les rendre disponibles sur le continent aussi vite que possible. »

Cette épidémie mondiale renforce la conviction du Dr Nkengasong de l'importance des liens entre pays, de la création de réseaux régionaux. C'est le cas d'ores et déjà en Afrique centrale : « S'il y a par exemple un cas suspect au Burundi, ils peuvent appeler le laboratoire au Gabon ou celui du professeur Muyembe en RDC et ils aideront, c'est tout l'intérêt d'un réseau régional. »

 
PUBLICITÉ
 
 

De manière générale, le continent est déjà sous alerte avec l'épidémie d'Ebola qui sévit dans l'est de la RDC. Il s'agit donc d'élever encore le niveau, mais pas de partir de zéro, selon le médecin en chef de l'UA.

Le centre de prévention de l'Union africaine rappelle les consignes élémentaires : en cas de forte toux et de forte fièvre, se couvrir la bouche et le nez et se rendre au centre de santé le plus proche en prévenant la première personne rencontrée afin de ne pas mettre en danger les autres patients ou le personnel et d'éviter au maximum la contagion.

À lire aussi : Coronavirus: le Nigeria relève le niveau de surveillance de ses aéroports.


Reportage : des mesures à l’aéroport de Dakar

Au Sénégal, aucun cas suspect n’a été identifié pour le moment. La surveillance épidémiologique est renforcée sur tout le territoire, et notamment aux frontières. À l’aéroport international Blaise Diagne, où il n’y a pas de vols directs en provenance de la Chine, des mesures de contrôles sont mises en place. Un exercice de simulation a été organisé mardi matin, et des caméras thermiques ont été installées. Reportage.

Le vol Air Côte d’Ivoire en provenance d’Abidjan vient d’arriver. Durant les trois heures de trajet, Cheikh Touré n’a pensé qu’à ça. « Nous sommes enfermés complètement dans un avion qui est contaminé et qui n’est pas décontaminé et, en plus, nous sommes en période de sécheresse de l’harmattan. Donc, nous toussons par-ci par-là. Je suis vraiment inquiet », dit-il.

Monsieur Touré ne l’avait pas remarqué, mais tous les passagers à l’arrivée sont surveillés par une caméra thermique placée au pied des escaliers roulants.

« C’est une stratégie pour détecter la fièvre, parce que c’est un signe de dépistage, commente le docteur Barnabé Gning, médecin-chef du contrôle sanitaire aux frontières aériennes. Et dans les diagnostics, la machine est paramétrée pour faire apparaître une coloration rouge sur l’écran lorsqu’une personne a une température supérieure ou égale à 38°.»

En cas de fièvre, le passager est isolé, examiné sur place et peut être, si nécessaire, transporté à l’hôpital. Il faut être vigilant, sans provoquer de panique.

« Notre devoir, bien sûr, est de préserver la santé de nos employés et de tous nos partenaires au cas où il y aurait des suspicions, mais aussi d'assurer la continuité de l’activité », explique Xavier Mary, directeur général de la société gestionnaire de l’aéroport international Blaise Diagne.

Malgré ces mesures, Anna Touré n’est pas complètement rassurée. « Déjà, pour désinfecter nos mains, on n’a rien trouvé », dit-elle.

Un peu partout dans l’aéroport, des affiches indiquent des conseils simples : se couvrir la bouche en toussant, ou se laver régulièrement les mains.


■ Au Togo, les autorités aéroportuaires en état d’alerte

Le Togo n’a pas encore connu de cas de coronavirus, mais les autorités aéroportuaires sont en état d’alerte. Mardi, tous les utilisateurs de la plate-forme aéroportuaire ont eu une réunion de sensibilisation pour anticiper les choses.

Outre les mesures d’hygiène préconisées par le ministère de la Santé et les dispositions prises aux points d’entrées terrestres, maritimes et aériens, il s'agissait de prendre des dispositions avec les compagnies aériennes pour lutter contre la propagation du coronavirus.

Pour le colonel Gnama Latta, directeur de l’Agence nationale de l’aviation civile, il est question d’anticiper et de prendre de nouvelles mesures pour faire face au virus si un cas se présentait : « L’une des actions premières, c’est la prise de température. Nous allons remettre la fiche à remplir. Nous allons créer donc ce que l'on appelle un comité de veille. »

Un centre d’isolement est mis en place à l’aéroport, une cellule d’opération de crise coordonnera les situations 24h/24 pour prendre les mesures préventives.

Le ministère de la Santé, qui vient d’actualiser les mesures de riposte, appuiera l’aéroport. « Il faudrait que dans les avions, les masques N95 soient disponibles pour que si quelqu’un qui manifeste surtout la toux, au moins lui doit porter ce masque », commente le docteur Tsidi Agbéko Tamékloe, directeur de la lutte contre les maladies au ministère de la Santé.

La maladie étant aéroportée, elle n’est pas encore totalement maîtrisée, souligne le Dr Agbéko Tsidi Tamékloe. C’est pourquoi toute la plate-forme aéroportuaire est appelée à une vigilance plus accrue.