Témoignages

 

Côte d’Ivoire – Meiway : « L’entêtement de nos présidents est la cause des putschs »

L’ACTU VUE PAR… Chaque samedi, Jeune Afrique invite une personnalité à décrypter les sujets d’actualité. Cette semaine, l’artiste et producteur ivoirien Désiré Frédéric Ehui, alias Meiway, s’exprime sur la politique en Côte d’Ivoire et sur les récents coups d’État en Afrique de l’Ouest.

Mis à jour le 23 juillet 2022 à 11:07.
 
meiway 
 
 
Le chanteur ivoirien Meiway. © Facebook Meiway

 

Depuis plus de trente ans, Meiway enflamme les pistes de danse, en Côte d’Ivoire comme à l’étranger. La promotion de son dernier album, Légende, sorti en 2019, a été interrompue par la crise du Covid-19. Mais l’artiste, qui prépare actuellement un clip pour le titre Tu te prends pour qui ?, s’apprête à reprendre la route pour donner des concerts dans son pays et en Europe dans les prochains mois.

S’il est surtout connu du public pour sa musique, le chanteur n’hésite pas s’exprimer sur des sujets politiques. Ainsi, en août 2020, dans une vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube, il avait interpellé Alassane Ouattara, lui reprochant de briguer un troisième mandat présidentiel. À quelques semaines du scrutin, cette initiative avait eu un fort retentissement.

Désormais, le climat est à l’apaisement et, le 14 juillet, Alassane Ouattara a reçu ses prédécesseurs, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo. Meiway n’a toutefois rien perdu de son franc-parler. L’artiste, qui vit entre Paris et Abidjan, nous a accordé une interview.

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Jeune Afrique : En tant qu’artiste estimez-vous qu’il est important de s’engager sur les questions de société ?

Meiway : Tout dépend de ce que l’on entend par « engagement ». Un artiste est toujours engagé. Quel que soit le sujet que l’on aborde, on prend position pour un fait de société ou pour un thème particulier.

S’agissant de la politique, j’estime que nous avons le droit de nous prononcer car nous sommes à la fois le reflet et le relais du peuple. Toutes les chansons que nous écrivons s’inspirent du quotidien de nos voisins, de ces gens qu’on rencontre dans les bars, dans les maquis, sur les marchés. Ce sont eux qui nous inspirent. Pourvu que nos dirigeants nous écoutent !

Pourquoi, en 2020, avez-vous pris la parole pour critiquer la volonté d’Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat, pour évoquer le sort des exilés et des prisonniers ?

Parce que je savais ce qui allait en découler. Lorsque j’ai fait cette mise au point, j’ai bien dit au président qu'[en briguant un troisième mandat] il prenait le risque qu’on lui manque de respect. C’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui. On le critique beaucoup.

En 2020, lors de l’élection présidentielle, le climat était tendu. Aujourd’hui, il est bien plus apaisé et l’opposition ne conteste pas la légitimité du chef de l’État…

Ceux qui se rallient aujourd’hui à lui ne le font pas par conviction. Ils le font parce qu’ils ont faim.

Lors du concours Miss Côte d’Ivoire, l’artiste Bebi Philip a interpellé les autorités au sujet du coût de la vie. Qu’avez-vous pensé de son intervention ?

Elle était légitime. Quand on a la possibilité de s’adresser à un large auditoire, comme c’était le cas lors de ce concours, on doit saisir cette occasion. Lorsque les salaires stagnent et que le coût de la vie augmente, c’est inacceptable, et il faut le dire.

Cet engagement se traduit-il aussi dans votre musique ?

Dans mes chansons, je parle [dans] mon patois, le nzema, plus communément appelé appolo. Quand on traduit les paroles, on comprend que je fais passer des messages, même lorsque je chante Miss Lolo et que je rends hommage à la poitrine de la femme.

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Le 14 juillet, Alassane Ouattara a reçu les anciens présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo. C’était une rencontre historique. Qu’attendez-vous de ce type de rendez-vous ?

J’en attends le meilleur, car le pire, nous l’avons déjà vécu. La Côte d’Ivoire a déjà trop souffert. Ces trois dirigeants sont tous en partie responsables des affres que le pays a vécu. J’espère qu’ils vont oublier leurs désaccords et passer le flambeau.

Le député de Tiassalé, Assalé Tiémoko, a proposé une loi qui instaurerait un âge limite (75 ans) pour être candidat à la présidentielle, ce qui disqualifierait ces trois hommes. Est-ce la solution ?

Je trouve quand même dommage qu’un député en vienne à proposer une telle loi car eux-mêmes auraient dû le comprendre tout seuls. Ils sont presque octogénaires, ils ont des enfants et des petits-enfants.. Il faut qu’ils leur laissent la place.

Je ne leur dis pas qu’ils doivent partir parce qu’ils ont mal travaillé. Non, ils ont bien travaillé. Et ils ont fait des enfants compétents, qui attendent d’exercer le pouvoir à leur tour.

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Comment réconcilier les Ivoiriens ?

Il faut jouer franc-jeu. Il y a encore des Ivoiriens en exil ou emprisonnés injustement en raison de leurs choix politiques. Tous ceux-là doivent être libérés pour qu’il y ait une réconciliation véritable.

 

Pour certains, cela reviendrait à empêcher la justice de faire son travail…

Ce sont des propos truffés de stratégie politique. On sait qu’il y a énormément de personnes injustement emprisonnées. Si la justice jouait véritablement son rôle, elles devraient être libres. La réconciliation ne doit pas avoir d’entrave. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas du même parti qu’on est ennemis.

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Mali, Burkina Faso, Guinée… Plusieurs pays ouest-africains sont dirigés par des militaires arrivés au pouvoir à la suite d’un coup d’État. Assistons-nous à un recul de la démocratie dans la région ?

Les régimes défaillants, les présidents qui renouvellent sans cesse leur mandat, leur entêtement, sont la cause de ces putschs.

On ne souhaite évidemment pas que la Côte d’Ivoire connaisse le même sort. Pour que cela n’arrive plus, encore faut-il que nos gouvernants nous écoutent : le peuple souffre et pleure. Il faut entendre cela, sous peine d’être surpris à l’avenir.

Je me demande pourquoi ces mots ont le même nombre de lettres :*

 

1- Bénédiction = 11
2- Malédiction = 11

1- Richesse = 8
2- Pauvreté = 8

1- Positif = 7
2- Négatif = 7

1- Prendre = 7
2- Laisser = 7

1- Naitre = 6
2- Mourir = 6

1- Amour = 5
2- Haine = 5

1- Homme = 5
2- Femme = 5

1- Grand = 5
2- Petit = 5

1- Vieux = 5
2- Jeune = 5

1- Jour = 4
2- Nuit = 4

1- Près = 4
2- Loin = 4

1- Vrai = 4
2- Faux = 4

1- Oui = 3
2- Non = 3.

 

Bonne réflexion

Cette réflexion m' a inspirée ce matin:

Tout ce que nous touchons, nous y laissons des empreintes:

Si nous touchons la vie d'autres personnes, nous laissons notre identité en eux.
La vie est bonne quand on est heureux mais elle est encore meilleure quand d'autres sont heureux grâce à nous.
Sois fidèle en touchant le cœur des autres. Sois pour eux une inspiration, une bénédiction.
Rien dans la nature ne vit pour soi-même.

- Les rivières ne boivent pas de leurs eaux.

- Les arbres ne mangent pas leurs fruits.

- Le soleil ne brille pas pour lui même.

- Les fleurs ne répandent pas leur odeur sur elles-mêmes.

Vivre pour les autres est une règle de la nature.
Nous sommes tous nés pour nous aider les uns les autres.
Quelle que soit la situation dans laquelle tu te trouves, continue à être une bénédiction pour les autres.

Si quelqu'un se moque de ta vie, sache qu'il peut te trahir
S'il te vole...il peut te tuer
S'il te ment...il peut t'empoisonner
S'il te conseille...il t'aime
S'il te raisonne...il te considère
S'il te réprimande...il veut ton bien
S'il t'enseigne...il veut ton succès
S'il te fait des blagues, c'est que t'es spéciale pour lui
S'il se soucie de toi...il t'admire
S'il t'écrit...il pense à toi
S'il te salue...il te respecte

Sache désormais comment et avec qui vivre

 

Pensée du jour!!!

Lorsque les frères de Joseph l'ont vendu, ils ont cru que c'était fini pour lui. Mais, ils l'ont retrouvé en habits de Gouverneur en Egypte!

Te concernant, tes ennemis pensent t'avoir anéanti. Mais DIEU utilise leurs actions pour t'élever!
Je t'annonce que malgré leurs attaques, tu seras une source de bénédictions, car tu es né(e) pour être un sujet de gloire!!!🙏🏽🙏🏽🙏🏽

```N'efface pas ce message tant que tu ne l'as envoyé dans un autre groupe que tu veux voir réussir.

Dieu est Grand et il nous aime

Votre frère Mathieu 7. 7

 
kiye2021
 
L'hebdomadaire de la paroisse de Nioro du Sahel n°49 du lundi 18 juillet 2022: pour vivre heureux et longtemps, sois attentif à ce que le Seigneur réclame de toi (Une réflexion du Père Vincent KIYE, Mafr)
1ère lecture : Mi 6, 1-4.6-8
Évangile : Mt 12, 38-42
« Cette génération mauvaise et adultère réclame un signe,mais, en fait de signe,il ne lui sera donné que le signe du prophète Jonas. » (Mt 12, 38-42)
Bien-aimés dans le Seigneur, chaque fois que vous recevez ce quotidien,  réjouissez-vous et lisez cela sachant que ce n'est pas du temps perdu mais une grâce que le seigneur nous a faite de nous familiariser avec sa parole. 
Il nous parle toujours et nous révèle sans cesse le secret de la vie heureuse et pourquoi pas de la vie éternelle qui commence déjà ici bas. Voilà une raison de joie. 
Que nous dit-il en ce lundi 18 juillet 2022 par la bouche du prophète Michée ainsi que dans l'Évangile de Saint Matthieu ? Que peut-on retenir en bref?
Disons que depuis la création,  Dieu a toujours voulu que ses enfants que nous sommes, vivions heureux,  en paix pour bien le servir. Voilà pourquoi par la bouche de ses prophètes d'hier et d'aujourd'hui, il ne cesse de nous révéler sa volonté pour que nous vivions en lui. Ce que le prophète Michée reprend dans la première lecture de ce jour lorsqu'il dit: « Homme ...,on t’a fait connaître ce qui est bien, ce que le Seigneur réclame de toi : rien d’autre que respecter le droit, aimer la fidélité, et t’appliquer à marcher avec ton Dieu. » voilà le secret de la vie. Respectons-nous le droit ? Sommes-nous fidèles à nos engagements ?
Agir ou vivre en dehors de ces catégories c'est aller à sa propre perdition, c'est signer sa propre condamnation. C'est synonyme de mourir. Ecoute et suis la loi du Seigneur pour que tu vives longtemps. 

Voilà ce que le Seigneur attend de chacun de nous. Malheureusement,  nous le cherchons ailleurs. Nous le cherchons dans les signes grandioses, dans l'immédiateté, dans l'impatience de notre perception. Dieu attend de nous que nous puissions nous convertir et revenions vers lui.
C'est le péché que ces scribes ont commis dans l'Évangile,  demandant un signe à Jésus. Et la réponse de Jésus n'a pas tardé.  C'est la réponse qu'il donne à chacun de nous aujourd’hui. Dieu s'est pleinement révélé à nous et attend de nous que nous puissions saisir cette main qu'il nous tend et communier à sa nature divine pour vivre et mourir centenaire. Malheureusement, nous continuons à le chercher dans les actions plausibles, dans l'irrationnel et dans l'inimaginable. Non. C'est se tromper de piste. Pour ce faire, le prophète Michée nous interpelle en nous rappelant ce que le Seigneur attend de nous lorsqu'il dit: « On t’a fait connaître ce qui est bien, ce que le Seigneur réclame de toi » (Mi 6, 1)

C'est le secret de la vie heureuse et longue. Dieu attend de nous que nous puissions abandonner le mal et soyons dès hommes et des femmes de bien, qui pratiquent le droit et la justice et vivent dans la fidélité à son nom. Prenons-en conscience et engageons-nous. C'est ce que ke Seigneur attend de nous.
Le Seigneur soit avec vous !
✍🏽 Père KIYE M. Vincent, Missionnaire d’Afrique 
Paroisse de Nioro du Sahel dans le diocèse de Kayes au Mali 
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L'hebdomadaire de la paroisse de Nioro du Sahel n°50 du dimanche 24 juillet 2022, 17ème dimanche de temps ordinaire de l’année C. Le monde tient uniquement par la miséricorde incommensurable de Dieu (Une réflexion du Père Vincent KIYE, Mafr)
Textes du jour :
1ère lecture : Genèse 18, 20–32
2ème lecture : Colossiens 2, 12–14
Évangile : Luc 11, 1–13
« Si vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants : combien plus alors le Père du ciel donnera-t-il un esprit saint à ceux qui le prient. » (Luc 11,13)
Qui donc est Dieu pour nous aimer ainsi ! Un Dieu qui se remet de sa colère et accorde son pardon inconditionnel à qui s’ouvre à lui et qui le cherche de tout cœur.
Bien-aimés dans la Seigneur, la liturgie de ce 17ème dimanche de temps ordinaire nous invite à méditer sur l’incommensurabilité de la bonté de Dieu envers nous, laquelle bonté prend en compte la miséricorde et la tolérance de Dieu, comme nous le révèle la première lecture de ce dimanche. Dans cet épisode où Abraham intercède pour le peuple de Sodome, Dieu nous révèle l’étendue de nos responsabilités envers le monde. Et cette responsabilité est celle d’intercéder pour le salut du monde pour le peu que nous avons trouvé grâce devant Dieu. Quelle audace chez Abraham que de plaider pour la cause d’un peuple aussi vicieux que le peuple de Sodome! Le « père des croyants » ose discuter avec son Dieu pour lui arracher le salut de la ville pécheresse. Abraham ne va pas contre la volonté divine certes. Il prend bien garde, au contraire, il s’inscrit dans la vision béatifique de Dieu pour son peuple. Il se montre audacieux parce qu’il a une idée sur le grand secret du Dieu de la Bible, ce Dieu qui aime et qui pardonne, qui offre son salut à tous les hommes. Mais encore faut-il que chaque être humain y consente personnellement. Ce que Jésus nous révèle dans l’évangile selon Saint Luc lorsqu’il nous dit que « Demandez et l’on vous donnera, cherchez et vous trouverez, frappez à la porte et l’on vous ouvrira.» (Luc 11,9)
Bien-aimés dans le Seigneur, par ce récit du livre de la genèse l’écrivain sacré nous révèle la réalité de notre monde. A bien d’égards, nous ressemblons à ce peuple de Sodome, menant une vie indigne qui nous coupe de Dieu. S’il est vrai que la miséricorde du Seigneur est sans mesure, elle exige de la part de l’homme un effort considérable, de s’ouvrir à Dieu son Père et cela, dans la confiance. D’où le sens de la prière que Jésus apprend à ses disciples d’hier et à nous aujourd’hui. Et pour mettre en relief l’incommensurabilité de la miséricorde de Dieu, Jésus recourt à cette comparaison existentielle, lorsqu’il dit : « Si vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants : combien plus alors le Père du ciel donnera-t-il un esprit saint à ceux qui le prient. » (Luc 11,13).
Si Abraham a porté le peuple de Sodome jusqu’à plaider pour leur cause, l’évangile nous présente Jésus comme le nouveau Abraham, lui par qui, Dieu nous pardonne tous nos péchés (Colossiens 2,13) Voilà tout le sens du ministère d’intercession pour les autres et surtout pour les pécheurs. En nous apprenant à prier, en nous offrant cette magnifique prière du « Notre Père », Jésus nous invite à la même grandeur d’âme, à être solidaires les uns des autres. Il nous révèle que nous ne pouvons pas vouloir notre salut personnel, sans penser à celui des autres. C’est pourquoi la prière chrétienne, même quand elle est dite dans le secret du cœur, s’adresse toujours à « notre Père », et non pas à « mon Père ». C’est cela, le mystère de la communion des saints. Que l’exemple d’Abraham et l’enseignement de Jésus nous fassent grandir dans la confiance en Dieu notre Père, et stimulent en nous le souci de nos frères !
Le Seigneur soit avec vous !
✍🏽 Père KIYE Mizumi Vincent, Mafr
Paroisse de Nioro du Sahel, diocèse de Kayes
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Whatsapp : (+223) 72 65 74 82
 
  
 

Civic tech au Mali : Fatouma Harber et Tidiani Togola partagent leur expérience

 

Pour L’atelier des médias, Raphaëlle Constant a tendu son micro à deux acteurs œuvrant dans le domaine des civic tech au Mali : Fatouma Harber et Tidiani Togola. 

Le premier forum civic tech en Afrique francophone s’est tenu à Abidjan, en Côte d’Ivoire, les 28 au 29 juin 2022. L’événement était organisé par CFI dans le cadre du projet Connexions citoyennes 2, un dispositif d’accompagnement, de développement et d’incubation de projets numériques d’action citoyenne. Ces deux jours de rencontres, préparés par Samsa Africa, ont réuni plus de 120 journalistes, activistes, experts et personnalités de la civic tech africaine. 

Raphaëlle Constant y était pour L’atelier des médias de RFI. Elle s'est entretenue sur place avec de nombreux acteurs des civic tech d'Afrique francophone. [Écoutez notre précédent podcast : Civic tech en Afrique : quand des connexions citoyennes œuvrent pour la démocratie]

Dans cette émission, gros plan sur deux Maliens, 

Fatouma Harber, est enseignante, blogueuse et militante pour les droits de l’homme à Tombouctou, dans le nord du Mali. Elle raconte son parcours dans le domaine des civic tech qui a débuté en 2012 lorsqu’elle a rejoint Mondoblog alors que le Mali était en pleine insurrection. Elle a créé Sankoré Labs, un tiers lieu créé pour réduire la fracture numérique devenu point de ralliement de la jeunesse de Tombouctou. Malgré les menaces, elle réussit à faire bouger les lignes pour un avenir meilleur dans sa ville et son pays. Membre du collectif Africtivistes, elle a reçu en 2021 le prix de l'engagement citoyen.  

Tidiani Togola, physicien et informaticien, est créateur de la fondation Tuwindi, basée à Bamako, explique pourquoi les civic tech et les médias doivent se développer ensemble, et en quoi le contexte malien comporte des défis spécifiques.

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L'Atelier des médias est disponible à l’écoute chaque samedi sur toutes les plateformes de podcasts : Apple PodcastsSpotifyDeezerPodcast AddictCastboxGoogle PodcastsTune In ou toute autre application en utilisant le flux RSS.

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Mondoblog audio est incarné par le blogueur malien Ousmane Makaveli.

Oleg Orlov, pacifiste russe indomptable

Ils ont choisi de se dresser dans l’époque en défendant les droits humains. Portrait de militants tentant, à leur échelle, de remettre le monde à l’endroit. Oleg Orlov manifeste depuis cinq mois contre la guerre menée par son pays en Ukraine. Dans l’espoir, un jour peut-être, de parler plus fort que le fracas des armes. « Les nouveaux Mandela ».

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  • Marie Boëton, 

 

Oleg Orlov, pacifiste russe indomptable
 
Le portrait d’Oleg Orlov, cofondateur de l’ONG « Memorial » qui manifeste depuis des mois contre la guerre menée par la Russie en Ukraine.OLIVIER BALEZ

Avec ses chemises grises et sa moustache au cordeau, on s’imagine un personnage bien sage. Erreur : il n’y a pas plus frondeur qu’Oleg Orlov. Le 26 février dernier, deux jours après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, l’activiste se postait devant la Douma pour protester. Il était interpellé dans la foulée ; qu’importe, une heure plus tard la scène tournait en boucle sur les réseaux sociaux. Mission accomplie. Le pacifisme, chez lui, c’est la conviction d’une vie. En 1979, déjà, il dénonçait l’invasion russe en Afghanistan. Il s’était fabriqué, pour l’occasion, une petite imprimante et il distribuait ses tracts… Quatre décennies plus tard, Orlov continue de faire entendre sa dissidence. Depuis le début de la guerre en Ukraine, il en est à sa cinquième condamnation mais martèle sur tous les tons : « Je ne garderai pas le silence. Je vais continuer à parler, à écrire, à protester. »

Il n’est pas seul à manifester, mais il se démarque par ses pancartes particulièrement subversives. L’une d’elles, notamment, a irrité le pouvoir. Elle disait ceci : « L’URSS de 1945, un pays qui a vaincu le fascisme. La Russie de 2022, un pays vaincu par le fascisme. » Surtout, Orlov dénonce la censure actuelle, à l’heure où il est interdit de parler de « guerre en Ukraine » – les autorités utilisant pudiquement les termes « opération spéciale ». La formule, vrai euphémisme, aurait fait sourire George Orwell, lui qui traquait dans la langue tout ce qui visait « à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres ». On y est.

Bien décidé à nommer les choses, Orlov vient de publier, avec une poignée d’autres activistes, un manifeste dans lequel il évoque ouvertement l’agression de l’Ukraine et la mort de civils sur le terrain. Le texte s’achève par ces mots : « Notre devoir commun est d’arrêter la guerre, de protéger les vies, les droits et les libertés de tous, Ukrainiens et Russes. » Une phrase toute simple – presque convenue –, mais une phrase immense dans la Russie d’aujourd’hui.

« La société est malade »

Des prises de position qui lui doivent, sans surprise, des menaces accrues. Des inconnus ont récemment tagué un « Z » (symbole du soutien à l’armée russe en Ukraine) sur la porte de son appartement. De quoi lui inspirer des paroles pleines de brume : « Je n’ai jamais connu une période aussi sombre. » Orlov pourrait s’exiler ; les capitales occidentales accueilleraient à bras ouverts cette figure tutélaire des droits de l’homme – qui plus est lauréat du prix Sakharov. Il balaie l’idée : « J’ai toujours voulu vivre et mourir en Russie. C’est mon pays. » Un lien viscéral à la patrie n’empêche pas quelques coups de griffe envers ses compatriotes. « Une grande partie de la société est indifférente, dit-il. La société russe est profondément malade, et depuis longtemps. Et la maladie de l’indifférence, c’est sans doute la pire. »

À près de 70 ans, le militant s’autorise à sonder l’âme du pays et à dire ce qu’il pense du pouvoir, de ses concitoyens… mais aussi du passé. En 1990, avec d’autres, il a cofondé Memorial, une ONG visant à documenter les crimes du régime soviétique, mais aussi à enquêter sur ceux de l’époque contemporaine. Il a ainsi rédigé plusieurs rapports remarqués – dont l’un sur les exactions russes en Tchétchénie (qui préfigurent, de façon glaçante, les crimes de Boutcha, en Ukraine). Impossible de produire un rapport sur la guerre en cours, l’ONG vient d’être dissoute par Moscou… Le Kremlin verrouille désormais le récit national russe.

De cette nuit russe, Oleg Orlov tire pourtant un motif d’espoir. « Le fait, dit-il, qu’aucun point de vue alternatif ne soit autorisé prouve, à certains égards, la faiblesse du pouvoir. Sans doute redoute-t-il l’émergence d’une forme de protestation… ». Puisse l’avenir lui donner raison.

Retrouvez la chronique de Marie Boëton « Les nouveaux Mandela » sur France Inter tous les samedis à 6 h 56.

Sous-catégories

Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)