Témoignages

 

Sika Kaboré, Ana Dias Lourenço, Claudine Talon : ces premières dames africaines qui sont expertes en économie et en business

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Mis à jour le 20 août 2021 à 12h09
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Connues généralement du grand public pour leurs actions humanitaires, plusieurs premières dames africaines ont aussi une grande expertise dans l’analyse économique, les stratégies de développement et le secteur privé. Tour d’horizon.

Ana Dias Lourenço, l’experte en politique économique

Ana Afonso Dias Lourenço est née le 13 avril 1957 à Luanda en Angola. Avant de devenir première dame du pays avec l’ascension au pouvoir de son mari en 2017, elle a eu une longue et distinguée carrière dans la conduite des politiques économiques. 

Économiste de formation, elle obtient son diplôme à l’Université Agostinho Neto en 1979 et démarre sa carrière en 1983 comme cheffe du département des investissements au ministère du Plan et puis comme responsable des programmes de Développement dans la capitale provinciale de Benguela.

Forte de ces premières expériences dans la planification économique, elle devient présidente du Conseil national des statistiques, puis coordinatrice locale des fonds FED (Fonds européens de développement).

L’Angolaise exerce ensuite pendant de longues années des responsabilités au sein du gouvernement comme vice-ministre et ministre du Plan de 1997 à 2012.

Elle met ensuite son expertise financière au service de la Banque mondiale pendant quatre ans en tant que représentante de l’Angola, du Nigeria et de l’Afrique du Sud.

Autant d’expériences qui font de la première dame angolaise un atout pour son époux confronté à une conjoncture difficile et à sa promesse de réformer l’économie angolaise.

Sika Kaboré, une ancienne de la Chambre de commerce burkinabè

Adjoavi Sika Kaboré (née Vovor) est depuis décembre 2015, Première dame du Burkina Faso. La septuagénaire, née le 20 Octobre 1950 est togolaise d’origine et juriste de formation.

Elle décroche une maîtrise de droit privé à l’université de Lomé puis rejoint l’Université de Bourgogne à Dijon en France où elle obtient en 1980 un certificat en administration des entreprises.

C’est à Dijon qu’elle rencontre son futur conjoint Roch Marc Christian Kaboré.

Tandis que ce dernier commence une carrière à la Banque internationale du Burkina, elle occupe des postes à plusieurs niveaux de responsabilités à la Chambre de commerce et d’industrie (CCI-BF) du Burkina Faso d’abord comme Chargée d’études juridiques puis conseillère technique du directeur général et enfin chargée de l’administration des commissions consulaires et de l’organisation de la représentation de la Chambre dans les instances nationales et internationales.

© La Première Dame du Bénin Claudine Talon a accompagné son mari dans sa carrière de businessman avant qu’il accède au pouvoir


Claudine Talon, une partenaire d’affaires

Claudine Talon, épouse du président de la République du Bénin, est devenue Première dame en avril 2016. Elle est diplômée d’économie et d’informatique de l’université de Dakar, où son époux a suivi des cours en maths et en sciences physiques.

Leur rencontre se fait en France alors qu’il fait ses premiers pas dans le domaine des exportations à destination du continent.

Leurs ambitions se nourrissant mutuellement, la Béninoise poursuit sa trajectoire professionnelle aux côtés de son mari et l’accompagne dans la création de sa société spécialisée en fourniture d’intrants agricoles aux producteurs du coton.

Selon sa biographie officielle, elle a participé à la construction de l’empire Talon, et elle est une très proche conseillère de celui qui est devenu l’un des plus riches patrons d’Afrique francophone subsaharienne avant de devenir président du Bénin.

Jane Masisi (Botswana), l’atout new-yorkais

Neo Jane Masisi, née en 1971 à Francistown, est Première Dame de la République du Botswana depuis 2018.

Comptable passée par Debswana Accountancy Training Centre, entreprise d’exploitation minière et un des premiers producteurs de diamants dans le monde. Elle affine son expérience chez De Beers Jwaneng, Bemco et KBL avant de reprendre ses études en 2001 et décrocher trois ans plus tard un MBA à la Montfort University au Royaume-Uni.

En 2004, elle rejoint les Nations unies, travaillant d’abord au siège de l’organisation à New York, puis à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique à Addis-Abeba. Elle a également travaillé pour l’ONU en République centrafricaine et en Éthiopie.

En 2017, elle retourne à New York pour travailler au service de l’ONU sur Umoja, un système logiciel de planification des ressources d’entreprises qui sera utilisé par les entités des Nations unies dans le monde entier. Elle quitte l’organisation en 2018 lorsque son mari devient président du Botswana.


Le président burundais Évariste Ndayishimiye et la première dame Angélique Ndayubaha à Gitega, le 18 juin 2020.

Angeline Ndayishimiye (Burundi), parcours aérien

Angeline Ndayishimiye est née en 1976 et elle est Première dame du Burundi depuis le 18 juin 2020. Passée par l’École technique commerciale et administrative (ETCA) à Kamenge, situé à moins de 100 km de la capitale politique Gitega, elle a occupé – selon sa biographie officielle – plusieurs postes au sein d’entreprises publiques. Elle travaille d’abord chez la Sobugea (Société burundaise de gestion des entrepôts et d’assistance des avions en escale) de 2005 à 2010 comme responsable du fret, puis elle devient responsable du service administration et ressources humaines. En 2012 elle est promue directrice administrative et financière et elle occupera le même poste en 2014 chez Air Burundi. Comme plusieurs de ses consœurs, elle a arrêté sa carrière pour se consacrer à l’élection de son conjoint et à son mandat électoral.

Afrique du Sud: Charlotte Maxeke, la mère de la liberté noire

Photo d'archive de Charlotte Makhomo Manye, 17 ans. Illustration pour The Illustrated London News, 29 août 1891.
Photo d'archive de Charlotte Makhomo Manye, 17 ans. Illustration pour The Illustrated London News, 29 août 1891. © Wikimedia Commons

L'Afrique du Sud célèbre les 150 ans de la naissance de Charlotte Maxeke. Née en 1871 et décédée en 1939. Elle est parfois considérée comme la « mère de la liberté noire ». Cette femme s'est battue pour défendre les minorités au début du 20ᵉ siècle. Elle fait partie des membres fondateurs de l'actuel parti présidentiel, l'ANC lors d'un congrès en 1912. Alors que l'histoire de la lutte contre l'apartheid entre 1949 et 1994 domine le récit national, la vie de Charlotte Maxeke raconte un autre chapitre : les racines d'un combat et l'émancipation par l'éducation.

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De notre correspondant à Johannesburg, 

« Mon père n'est pas allé à l'école, mais il nous a toujours encouragés, moi et mes frères et mes sœurs, à tirer le meilleur de nous-mêmes »

C'est Charlotte Maxeke qui s'adresse à nous dans cette reconstitution. Née en 1871, fille d'une famille noire sans éducation, dans une région rurale d'Afrique du Sud. Pour la fin du 19ᵉ siècle, on peut parler d'obstacles... qu'elle surmontera grâce à l'éducation et la religion.

L’Église permet à Charlotte d'intégrer un chœur qui se produit à l'étranger. En Angleterre, elle croise le chemin des suffragettes, ces militantes qui se battent pour le droit de vote des femmes. Aux États-Unis, Charlotte Maxeke décide de poser ses valises et de s'inscrire à l'université.

« Je suis devenue la première sud-africaine noire à obtenir un diplôme universitaire. »

Que de chemin parcouru à l'âge de 30 ans. C'est de cette ténacité dont il faut s'inspirer aujourd'hui, note l'historienne Thozama April-Maduma

« L'héritage de Maxeke nous permet d'imaginer l'inconcevable. Quand on regarde sa vie via le prisme de l'apartheid, cela paraît impossible pour une femme noire de son âge et à cette période, et pourtant elle l'a fait. C'est cette capacité, ce désir, cette quête de connaissance. »

Riche de ce voyage initiatique aux États-Unis, Charlotte Maxeke rentre en Afrique du Sud pour se consacrer aux autres. Les minorités, les laissés pour compte. Elle s'engage en politique en participant au premier congrès de l'ANC, le parti au pouvoir en 1912. En avril, le président Cyril Ramaphosa célébrait « sa détermination à réussir pour obtenir une éducation et devenir à son tour une éducatrice, une missionnaire, une travailleuse sociale, une militante, une communiste et une militante anti-coloniale. »

Charlotte Maxeke n'a jamais été une star et malgré quelques bâtiments baptisés en son nom, son histoire est peu connue. C'est pourtant un modèle pour Zulaikha Patel, auteur jeunesse de 18 ans et ambassadrice de l'Institut Charlotte Maxeke

« Je la vois comme un géant, un membre fondateur des luttes d’émancipations dans ce pays. Si peu de personnes la connaissent, c'est parce que la place des femmes noires a été éradiquée de notre histoire », explique-t-elle.

Les commémorations autour de la naissance de Charlotte Maxeke se poursuivent toute l'année. Un documentaire sur sa vie sera mis en ligne le 16 octobre.

Extraits reconstitution issus du Charlotte Maxeke-Mannya Institute.

Extraits musicaux issus de « The African Choir 1891 Re-imagined » par Philip Miller et Thuthuka Sibisi (2017)

Témoignage que je viens de rédiger. Je ne peux plus me taire.

Cécile Murray, le mardi 10 août 2021.


Partagez si le cœur vous en dit.


Je suis choquée d’apprendre le meurtre d’un homme, qui était prêtre et qui tendait la main aux personnes dans le besoin. Je veux lui dire merci.
Je suis bouleversée pour cet homme qui a tendu la main à Emmanuel.
Et je suis bouleversée parce que Emmanuel, le suspect, était mon élève et mon ami depuis 2013.

Et pour cette raison, je ressens vraiment le besoin en lisant tout ce qu’il se dit sur les réseaux de donner mon témoignage, qui j’espère clarifiera et aidera à mieux comprendre cette tragique situation.
Peut être pourra il aider à ne pas juger trop vite.

Je ne crois pas, comme beaucoup le déclarent, qu’il s’agisse d’un incident terroriste ou radical.
Madame Le Pen, non, ne faites pas l’erreur de vous emparer trop vite de cette histoire tragique. Car cette histoire nous ramène bien avant l’incendie, bien avant ce meurtre terrible.

J’avais 24 ans lorsque j’ai connu Emmanuel. Aujourd’hui j’en ai 32. Emmanuel a mangé à notre table, nous avons été au musée ensemble, plusieurs fois je l’ai conduit ici ou là en voiture, seule, parce qu’Emmanuel était un homme bon et doux, profondément respectueux, avec lequel on se sentait en sécurité. Il a offert à la naissance de mon premier fils une peluche que nous avons toujours. Il a joué avec mes enfants.
Il a été hébergé par des membres de ma famille plusieurs mois, lorsqu’il n’avait nulle part où aller. Il était discret, gentil, était aimé de tous. Bref, vous l’avez compris, je connais bien cet homme.

Il avait la confiance de beaucoup de personnes, avant l’incendie à la cathedrale. Il était benevole, tous le décrivaient comme calme, paisible, plutôt timide et discret. Il bégayait un peu. De tous les réfugiés que je connais (et on emploie le terme “réfugié” à tort parce que justement, il ne l’était pas), il était que j’aurais placé en dernier sur la liste de ceux qui pourraient un jour faire du mal à autrui.
Je précise, avec regret mais je m’y sens forcée vu les commentaires lus aujourdui, qu’il n’était pas musulman. Il était chrétien, catholique.
Et il s’est beaucoup investi bénévolement au service de l’Eglise Catholique.

En 2013 j’ai lu en long et en large Les documents qu’il a reçus oú sa demande d’asile était refusée. Nous étions assis dans ma salle à manger, je lisais en silence le courrier de l’OFPRA (office français de protection des réfugiés et apatrides), essayant de rester calme. Emmanuel pleurait, impuissant. Dans ce dossier, il y avait la transcription de son interview à l’OFPRA, et donc de son histoire. J’ai tout lu en ravalant mes larmes et j’ai attendu qu’il reparte de chez moi pour m’effondrer. C’était la première fois que je lisais les détails de son histoire. Je me demandais comment il pouvait tenir si calmement, sans suivi psychiatrique après ces horreurs. Il me faudrait, si je traversais ça, un suivi psychiatrique de plusieurs années pour m’en remettre !
Non seulement il avait besoin d’un suivi psy, comme de nombreux demandeurs d’asile d’ailleurs, qui vivent hantés par leurs souvenirs et les traumas... mais en plus, puisque le refus de ‘OFPRA doit toujours être argumenté, on lui disait que son histoire n’était pas la vérité. On remettait en question la véracité des documents qu’il avait fournis, par exemple. Tant de personnes vivent ça. Ça serait tellement plus sain pour ceux qui racontent la vérité d’entendre qu’on ne peut pas accueillir davantage de personnes en France. S’entendre dire qu’on ment n’est pas facile pour tout le monde. J’ai vu ce jour là commencer pour cet homme qui avait déjà vécu la torture (au premier degré) une torture psychologique. L’angoisse, la peur, le sentiment d’injustice. Ce dossier est confidentiel et j’espère qu’un jour il sera relu, afin qu’on puisse réaliser non seulement l’horreur que cet homme a traversé, mais aussi la brutalité et l’indifférence avec laquelle on répond à une personne sur un sujet si délicat que l’histoire de sa vie, surtout parsemée de tels traumas.

Vous vous direz peut être : si ils ont jugé que son histoire n’est pas recevable, ils sont experts, nous devons faire confiance.
C’est là que les choses se compliquent : ces 9 dernières années au contact de demandeurs d’asile m’ont appris que, bien au delà de l’histoire de la personne, il y a des enjeux politiques et des accords entre les pays, voire même l’implication de notre pays dans certains conflits qui font que certains demandeurs d’asile ayant vraiment vécu atrocités et danger de mort ne sont pas reconnus réfugiés en France. Pour le Rwanda, la France considère que le genocide est terminé. Elle ne reconnaît pas les représailles qui ont pu avoir lieu après le genocide. Or un genocide et la haine ne se termine pas du jour au lendemain. Ça se saurait. Je me retiens de parler du Tchad et de la position de la France, et tellement d’autres exemples qui peuvent nous faire tellement honte, nous citoyens français.

Personnellement, je n’ai jamais réussi à m’imaginer dans la peau d’Emmanuel.
Il a fui la violence, pour finalement vivre un autre cauchemar de plusieurs années, sans toit, sans futur, sans être cru. Une fragilité psychologique s’est progressivement installée.. une impuissance terrible.

Il a essayé de croire, essayé de positiver. Plusieurs fois, nous avons prié. Il était croyant, catholique. Il essayait de placer sa confiance en Dieu. Il passait du temps d’ailleurs à l’église. Il a même été rencontré le Pape et était très fier d’une photo de lui qui lui serrait la main. L’Eglise, c’était sa bouffée d’oxygène.
Mais récépissés, OQTF se sont enchaînés. Les montagnes russes. Le désespoir revenait souvent. On ne peut pas ce que c’est. Pendant 8 ans, errer sans toit, dépendre de la bienveillance de certains qui t’accueillent. Tu ne peux pas travailler. Tu n’es pas réfugié. Tu ne peux pas retourner au pays, parce même si la France veut pas te croire pour ses raisons à elle qui dépasse de loin l’échelle des individus concernés, toi tu as connu la torture et l’horreur. Mais on te dit que tu mens. Malgré ce que le docteur qui a inspecté ton corps a écrit. Malgré les preuves que tu fournis.Aucune issue.

Il y a eu un tournant, dans la santé mentale d’Emmanuel. C’était en hiver 2019 (?) il me semble. Ça faisait déjà longtemps qu’on ne s’était pas revus. Emmanuel est venu chez nous, balafré à la joue, ses lunettes cassées, dans un état de panique, il était confus, il pleurait, il n’arrivait pas à s’exprimer. Le regard dans le vide, il répétait qu’il ne comprenait pas pourquoi il avait été attaqué. Quelques jours plus tôt, sur le parvis de la cathédrale, il avait été attaqué. Je lui ai mis de la crème sur la joue, je lui ai donné le tube. Je devais partir faire je ne sais quoi avec mes enfants, je n’ai pas pris le temps qu’il fallait. Je n’ai pas mesuré ce qu’il se passait. Je crois que ce jour la, il a vécu un trauma de plus, un trauma de trop. Peut être qu’à cette attaque, des traumas sont remontés...

Il y a quelques mois, je parlais avec un jeune qui était dans ma classe de francais, avec Emmanuel. B. avait 16 ans quand il est arrivé. Lui aussi avait eu un OQTF (obligation de quitter le territoire français ) et lui aussi je l’avais vu pleurer, dans notre salon. Sa maman lui manquait. Il n’était qu’un ado, après tout ! Il ne savait pas où il allait. Mais parce qu’il était mineur, il a bénéficié de la protection de l’enfance et après une année de galère et de détresse, il a reçu ses papiers. Aujourd’hui iil a fait des études, il travaille et il conduit. Alors que je lui donnais la terrible nouvelle de l’incendie de la cathedrale, voici ce qu’il a dit: « Si les problèmes avaient duré 8 ans pour moi, moi aussi je serais devenu fou, c’est invivable, intenable. Je suis désolé pour Emmanuel.»
...
Comprenons nous ?

Déjà l’année dernière à l’incendie de la cathédrale, de nombreuses personnes ont crié à l’attaque terroriste. Cette cathédrale, Emmanuel l’aimait beaucoup. C’était son lieu de travail et son lieu de recueillement. En quelque sorte, c’était chez lui. Il ne s’agit pas d’un homme qui est entré dans une cathédrale pour y mettre le feu! Il s’agit d’un homme qui n’en pouvait plus et qui a foutu le feu à l’endroit qu’il connaissait peut être le mieux. Nous qui connaissons Emmanuel savons que c’était bien plus profond. Il aimait vraiment servir à l’église, ça lui permettait de penser à autre chose. Il aimait vraiment l’église. Sauf que même l’Eglise n’avait pu l’aider à hauteur du besoin. Le soutenir comme il l’aurait fallu. Parce qu’un homme a qui on refuse de vivre comme un homme, à un moment, ne peut plus tenir. Malgré le vrai soutien qu’il a reçu de la part de plusieurs personnes et de l’Eglise.

Je voudrais dire à Madame Le pen que oui, oui, il fallait accueillir cet homme menacé de mort au Rwanda. Oui il fallait l’accueillir. Mais ce n’est pas ce que nous avons fait. Il n’a pas été accueilli par la France, on lui a refusé l’asile suite à une interview, on lui a dit qu’il mentait, et pour des raisons qui dépassent son histoire et qui concernent la France et ses accords politiques, et cela malgré son intégration, son bénévolat, ses grands efforts, sa claire envie de s’en sortir, toutes les attestations que nous autres avons fournies, sa motivation à travailler, on l’a laissé survivre seul, sans ressources, sans toit, sans futur et sans perspective d’avenir. On l’a laissé la nuit revivre l’horreur de son passé dans ses cauchemars et le jour, faire face au cauchemar que vit l’homme débouté du droit d’asile. L’homme qui ne peut vivre comme un homme. On la laissé dans une détresse psychologique telle qu’un homme pourtant si doux, et encore une fois je ne suis pas la seule à le dire, se retrouve aujourd’hui tellement perturbé psychologiquement qu’il a tué celui qui lui tendait la main. Sans parler de la prison depuis l’acte terrible d’incendier la Cathédrale. L’Unité psychiatrique de la prison. Il ne mangeait plus pendant un temps. Il ne parlait plus. L’avez vous visité? avez vous cherché ce qui a pu le pousser à déclencher un incendie dans la cathédrale?

On a fait vivre un cauchemar à ce pauvre homme, pendant de nombreuses annees. Aujourd’hui, je pense qu’Emmanuel souffre de troubles psychiatriques graves qui ont fait de lui, hier, lundi 9 août 2021, un criminel. Il a tué cet homme qui lui tendait la main. C’est un acte d’une gravité énorme, et un acte incompréhensible qui, pour moi et à la lumière de ce que je sais de cette histoire, ne s’explique que par le trouble psychiatrique. Un trouble psychiatrique qui doit être reconnu. Un trouble psychiatrique installé par des années d’angoisse, dû à l’indifférence et la survie que vivent les déboutés du droit d’asile.
Et ce sont des citoyens, des religieux, des missionnaires, qui dans l’ombre prennent soin de ces gens qui sont là sans être là. Peu d’associations le font puisqu’il n’y a pas de financement pour ce public la. Qui sont les fantômes de notre République des droits de l’homme. Qui bossent au black dans notre pays.

Aujourd’hui je peux dire que mon ami Emmanuel est devenu un meurtrier, lui qui avait fui son pays et tout risqué pour ne pas l’être. Il est devenu un meurtrier.
Mais jamais je n’oublierais qu’avant hier, lundi, il était d’abord une victime, une victime du Rwanda, et une victime d’une France qui ne lui a pas tendu la main alors qu’il avait besoin de secours, pendant de longues années.

Madame Le Pen se permet de s’emparer du sujet en le reliant à un acte terroriste, disant que cet homme n’aurait jamais dû venir en France. Elle se saisit d’une histoire qu’elle ne connaît pas comme d’un argument pour faire pencher la balance en sa faveur.

Cet homme comme tant d’autres est venu trouver refuge en France parce que nous sommes le pays des Droits de L’Homme. Mais nous ne lui avons pas donné refuge. Nous l’avons laissé dans la misère et sa souffrance a pris le dessus. Hier il a commis le pire.

Aucun de nous ne peut savoir s’il aurait supporté les souffrances d’Emmanuel. Celles du Rwanda, et celles de ces 9 dernières années en France. Moi, je ne pense pas que j’aurais pu les supporter. Déjà les lire dans un dossier c’était trop. Alors les vivre, non.

Au prêtre décédé hier, tué par l’ami qu’il hébergeait, avec l’espoir de le voir aller mieux : merci du fond de mon cœur ♥️ il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous avez tendu la main que la France n’a pas tendu à cet homme.

A tous, que celui qui a déjà vécu une vie comme celle d’Emmanuel lui jette la première pierre.

Moi, fille de fils d’immigré d’Algerie, j’ai eu la chance d’apprendre à écrire. Aujourd’hui je tenais à ce que ma plume témoigne de l’histoire d’un exilé, qui n’a lui pas eu la même chance que ma famille en France. Un exilé qui a été ignoré lorsqu’il tenait bon, et qui aujourd’hui est connu parce qu’il est tombé.

Voila, merci de m’avoir lue.
Cécile Issaad Murray
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Ma tante, Odile Brousse, qui a hébergé Emmanuel plusieurs mois, tient à dire qu’elle co-signe cette lettre.

Vous pouvez partager, et largement si le cœur vous en dit.

Kiye2019
L'hebdomadaire de la paroisse de Nioro du Sahel n°5 du mardi 17 août 2021: rendez-vous avec les amis de Dieu
Textes du jour :
Juges 6, 11-24
Ps 84 (85)
Matthieu 19, 23-30
« Il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume des Cieux » (Mt 19, 23-30)
Comme nous pouvons le remarquer, l'évangile de ce mardi 17 août fait suite à celui d'hier, sur le dialogue entre Jésus et le jeune homme riche. 
La suite de cet évangile est une conséquence logique de l'attitude de ce jeune riche qui terminait l'évangile d'hier et qui représente chacun de nous, chaque fois que nous présentons des résistances dans le processus de conversion. 
Il arrive que nous tenions tellement à certaines réalités du monde existentiel qui nous empêchent de nous ouvrir à la grâce de Dieu.
« Amen, je vous le dis:
il est plus facile à un chameau de passer par un trou d’aiguille
qu’à un riche d’entrer dans le royaume des Cieux. » Qui est ce riche dont parle Jésus dans l'évangile d'aujourd'hui?
 Eh ben, c'est toi, c'est moi, c'est chacun de nous lorsque nous nous accrochons à certains principes de vie, à certaines idées qui ne nous permettent pas d'atteindre la fin pour laquelle nous avons été créés. Là, nous ressemblons nous aussi au riche qui est attaché à ses biens et qui a du mal à s'en détacher. 
Oui, les paroles que le Seigneur adresse à ce jeune homme riche sont effectivement très dures, elles sont destinées à nous réveiller de nos sommeils sous toutes leurs formes, à nous inviter à la conversion, au détachement vis-à-vis des biens ou des plaisirs de ce monde.
« Et nous qui avons tout quitté pour te suivre : quelle sera donc notre part ? » répliquera l'apôtre Pierre. La réponse de Jésus qui est une certitude pour ceux qui recherchent  la volonté de Dieu toute leur vie, ne tardera pas: « Amen, je vous le dis :
lors du renouvellement du monde,
lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire,
vous qui m’avez suivi,
vous siégerez sur les douze tribus d'Israël.»
    Chers frères et sœurs en christ, il nous arrive d'avoir peur de perdre certains avantages terrestres que nous avons même si visiblement cela ne nous garantit pas la vie éternelle. Il nous arrive d'avoir peur de rompre avec certaines relations qui nous empêchent de vivre l'idéal de la chrétienne, simplement parceque ces personnes nous assuraient un certain confort terrestre, une certaines sécurité, éphémère pourtant. Il nous arrive de nous accrocher ou de nous mettre au service d'un pouvoir machiavélique, demoniaque, tyrannique etc pour nous tirer d'avantages terrestres. Erreur ! La vie en Jésus est la chose la meilleure qui puisse exister et qui garantit la vie éternelle. Voilà pourquoi il promet le vrai pouvoir à ceux qui s'attachent à lui, à ceux qui acceptent de tout quitter et de le suivre, lorsqu'il répond à ses disciples :
« Amen, je vous le dis :
lors du renouvellement du monde,
lorsque le Fils de l’homme siégera sur son trône de gloire,
vous qui m’avez suivi,
vous siégerez sur les douze tribus d'Israël.»
Demandons la grâce d'avoir de la nausée vis-à-vis des réalités du monde possible qui nous empêchent d'aimer, de servir le créateur de tout bien et par là, sauver notre vie.
Le Seigneur soit avec vous !
✍🏽 Père KIYE Mizumi Vincent, Mafr
Paroisse de Nioro du Sahel
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Whatsapp : (+223) 72657482

Togo : à Lomé, dolce vita balnéaire et branchitude cosmopolite

| Par - À Lomé
Terrasse sur la place du Monument, à Baguida, sur le littoral sud-est de Lomé, près du monument du Centenaire germano-togolais.
Terrasse sur la place du Monument, à Baguida, sur le littoral sud-est de Lomé,
près du monument du Centenaire germano-togolais. © Caroline Chauvet pour JA

Jadis périphériques, Baguida, dans le sud-est de la capitale togolaise, et Agoè, dans le nord-ouest, font désormais partie des communes les plus dynamiques du Grand Lomé. Boutiques, villas, restaurants, parcs de loisirs… Elles ont tout pour plaire.

Plage, troquets, hôtels, résidences secondaires : c’est l’image de Baguida, située sur le littoral et sur la route du Bénin. Dans le nord de Lomé, on se retrouve à Agoè, avec ses boutiques, ses restaurants, ses parcs… À l’opposé l’une de l’autre, ces communes gagnent en attractivité au fur et à mesure que la capitale s’étend. Les deux anciens cantons sont devenus deux des treize communes du district autonome du Grand Lomé, mis en place en 2019. Une décentralisation qui permet de mieux impliquer les populations locales dans le développement de leur cadre de vie. L’essor de Baguida et d’Agoè doit aussi beaucoup à l’aménagement du réseau routier, à commencer par la voie de contournement du centre-ville, pensée dès 2010.

Baguida : villas, villégiature…

Longeant la plage, dans l’est de Lomé, la commune de Baguida s’étend sur une superficie de 41 km2 et rassemble 11 villages. C’est un lieu historique. « De 1884 à 1893, le village de Baguida a été la première capitale du Togo sous l’administration coloniale allemande, à la suite du traité de protectorat signé entre le docteur Nachtigal et le roi Mlapa III de Togoville le 5 juillet 1884 », rappelle le maire de la commune, Jean-Baptiste Koffi Dagbovie.

Si Lomé lui a ravi le titre de capitale, Baguida tient sa revanche. Car elle regorge désormais de lieux de villégiature très prisés : hôtel, restaurants, bars, plages aménagées, centre aéré de la BCEAO… Les loisirs n’y manquent pas. Les Loméens et de nombreux touristes, en particulier béninois et ghanéens, viennent y passer le week-end. Les Togolais aisés, dont certains de la diaspora, ont choisi d’y construire leur résidence principale ou secondaire. Entre 2010 et 2021, la population de Baguida est passée de 117 000 à 166 000 habitants, sur un total de 1,8 million dans l’agglomération. En dehors de la population autochtone, Baguida a vu s’installer, entre autres, des Loméens désireux de s’exfiltrer de l’hypercentre de la capitale, des habitants d’Aného (ville du littoral, proche du Bénin), ainsi que nombre d’étrangers : Béninois, Ivoiriens, Nigérians, Libanais, Français et Indiens, détaille la mairie.

Blessing, 28 ans, habite la commune depuis une quinzaine d’années et ne s’en lasse pas. « J’aime la plage et ses bars, comme le Marcelo Beach ou Pure Plage », deux des lieux branchés les plus célèbres du bord de mer, où la jeunesse vient faire la fête.

… et voie commerciale

Pour certains, c’est le bord de mer qui attire. Pour d’autres, c’est la position stratégique de la commune. Car Baguida est traversée par la route nationale 2 (RN 2), principal corridor commercial régional est-ouest – le Togo, c’est en effet 56 km de côtes entre le Ghana et le Bénin. Avant la pandémie de Covid-19, qui a entraîné la fermeture des frontières terrestres en mars 2020, les courses de taxis avec les pays frontaliers et allant même jusqu’en Côte d’Ivoire étaient très fréquentes. Aujourd’hui, seules les marchandises (et quelques fraudeurs) passent les frontières.

Baguida ne cesse de se développer. Un supermarché Champion vient d’ouvrir dans le centre de la commune. Son tout nouveau port de pêche est opérationnel. Elle accueille depuis le début de l’année la nouvelle centrale thermique de Kékéli. Une entreprise de cosmétiques et une usine d’assemblage de motos viennent de s’y installer.

Il reste cependant d’importants chantiers à mener à bien, en particulier pour développer les infrastructures et les services essentiels, comme l’accès à l’eau. Par ailleurs, cette zone est confrontée à l’érosion côtière. En cinquante ans, l’océan y a déjà englouti 250 mètres de côte et avalé deux routes littorales… sans compter les inondations récurrentes. « La commune doit être décrétée zone sinistrée », plaide le maire.

Agoè : l’inévitable extension vers le nord

Dans le nord-ouest de l’agglomération, l’ancien canton d’Agoè-Nyivé s’étend jusqu’à la localité d’Adétikopé, à 21 km du centre-ville de Lomé. Désormais commune du Grand Lomé, Agoè compte 480 000 habitants sur une superficie d’environ 200 km2. Extension naturelle de la capitale – limitée, à l’ouest, par la frontière avec le Ghana et, au sud, par l’océan –, la commune bénéficie aussi de l’aménagement de la route nationale 1 vers le nord et de sa situation sur l’axe Lomé-Ouagadougou – et donc Lomé-Bamako.

Porté par l’État togolais (35 %) et Arise IIP (65 %), la filiale d’Olam International, et Africa Finance Corporation (AFC), la nouvelle Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), inaugurée en juin 2021, qui doit permettre à terme la création de plus de 30 000 emplois, va contribuer à dynamiser le territoire… et à pérenniser le bon état de la route.

Comme dans les autres communes de la métropole, la population autochtone d’Agoè est d’origine éwé. S’y sont installés des Togolais arrivant du nord du pays, ainsi qu’une communauté de commerçants, majoritairement musulmans, qui avait été délogée du centre-ville de Lomé dans les années 1970, explique l’urbaniste Koffi Djeguema. « Les gens d’Agoè sont des commerçants », ajoute l’expert. Et, en effet, à Agoè plus qu’ailleurs dans l’agglomération, les commerces bordent les routes. Et l’on y trouve facilement des boutiques ouvertes jusque tard dans la nuit.

Du Royal Plaza au Funny Park

On y trouve aussi de plus en plus de lieux de sortie. Des restaurants se sont fait remarquer, qui ont tous ouvert il y a moins de cinq ans, tels que le Royal Plaza, l’Opéra Legbassito, le Bonici Africa et le tout nouveau New Tast-Ller, au carrefour Deux-Lions. Agoè est aussi devenue le nouveau quartier « hype » de la jeunesse loméenne, notamment en semaine. Même si, crise sanitaire oblige, les lieux de fête ont régulièrement dû fermer ces derniers mois. « J’aime sortir au Royal Plaza ou encore à Kékéli Parc, mais je trouve le quartier quand même calme. Et il y a de nouvelles constructions, des logements nickels », témoigne Conchita Abalo, 22 ans, qui a emménagé à Agoè il y a un peu plus d’un an.

Si tout est loin d’être parfait en matière d’aménagement – avec notamment des problèmes d’inondation liés à des constructions anarchiques dans le lit du fleuve Zio –, les services de base s’améliorent. « Les infrastructures sont plus modernes » et « la zone est de mieux en mieux desservie en eau et en électricité », confirme Désiré Benissan-Gbikpi, directeur du cabinet d’audit Palm’s, qui réside dans la commune depuis 2013. Pour lui, Agoè c’est avant tout une variété de restaurants de différents standings, des commerces, comme le marché d’Assiyéyé, et de nouveaux centres de loisirs pour les enfants, comme Funny Park.

Autant de services, de nouveautés et de possibilités qui devraient permettre à Agoè comme à Baguida de poursuivre leur dynamique et, en partie, de voler la vedette au centre-ville de Lomé.

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Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)