Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

 

Lutte contre les faux médicaments: Brazzaville veut prendre des initiatives

Le trafic de faux médicaments est un véritable enjeu de santé publique en Afrique. (Photo d'illustration)
© ISSOUF SANOGO / AFP

Le sommet sur la lutte contre les faux médicaments se termine, ce samedi 18 janvier, à Lomé, au Togo. Le président congolais, Denis Sassou-Nguesso, figure parmi les dirigeants africains qui prennent part au sommet.

Le Congo-Brazzaville, en raison, entre autres, de la porosité des frontières, est confronté au phénomène des faux médicaments qui sont proposés aux consommateurs, parfois à ciel ouvert. Le gouvernement prend des initiatives pour endiguer le commerce et la circulation des médicaments contrefaits.

A Brazzaville, devant la station-service du célèbre marché Total, Hermann Stéphane Masamba, un jeune diplômé sans emploi âgé de 25 ans, vend des médicaments dont il ignore la provenance et qui ne répondent à aucune norme de conservation. Cependant, il les juge tout de même efficaces. « Pour moi qui suis vendeur de ces produits-là, je peux vous dire qu’ils soignent comme les autres produits qu’on trouve en pharmacie ou ailleurs », affirme-t-il.

« Souvent on n'a pas d'argent »

Son voisin, marchand d’articles scolaires, est également convaincu des produits exposés dans la rue. Pour lui, la pharmacie n’est pas ouverte à toutes les bourses. « Je préfère acheter dans la rue parce qu’en pharmacie, souvent on n’a pas d’argent. En pharmacie on va juste demander les prix des produits sur les ordonnances prescrites car l’argent ne répond pas. Donc, pardonnez-nous, nous qui achetons dans la rue », dit-il.

De son côté, Dany Massamba, un autre diplômé sans emploi, pense que les médicaments vendus à ciel ouvert sont les plus dangereux. « Ce n’est pas bon de vendre les médicaments en pleine route. En pharmacie, ils sont bien conservés. Pour garder ma vie et ma santé, je préfère acheter en pharmacie parce qu’en pleine route, c’est pas du tout bon », explique-t-il.

Convaincu que les faux médicaments ont gagné le marché congolais, le ministère de la Santé se propose d’intégrer le système de pharmacovigilance initié par l’OMS pour détecter et surveiller les médicaments contrefaits.

Insister sur la sensibilisation des populations

Au Togo, des instruments juridiques encadrent la lutte contre les faux médicaments et les peines encourues sont très élevées allant jusqu'à dix ans d'emprisonnement et trente millions d'amendes.

Joint par RFI, le colonel Yao Kondi, directeur de l'Office central de répression du trafic illicite des drogues et du blanchiment, explique qu’il faut insister sur la sensibilisation des populations : « Je pense qu’au Togo, ce qui pourrait manquer, c’est la compréhension et la sensibilisation de la population parce que c’est celle-ci qui demande beaucoup de ces produits. C’est elle qui est sollicitée ou qui est induite en erreur par les commerçants véreux qui se lancent dans ce business. C’est aussi la sensibilisation des personnes qui veulent se lancer dans les opportunités d’affaires. C’est très fréquent d’entendre des personnes, lorsque nous les interpellons après saisies, qui nous disent : « Oui, je ne savais pas parce que je voulais me lancer dans les affaires. On m’a dit que ça rapporte beaucoup, que ça rapporte très rapidement ». Effectivement, ça rapporte mais il faut voir ce qu’on crée pour soi-même, pour sa famille, pour sa société et pour le genre humain en général », précise-t-il enfin.

[Infographie] Combien ont coûté les coupures d’internet aux pays africains en 2019 ?

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En 2019, les coupures d'internet ont coûté plusieurs milliards de dollars aux États africains (photo d'illustration).

Le continent est la deuxième région au monde la plus touchée par les coupures volontaires d’internet. En 2019, ces dernières ont coûté plusieurs milliards de dollars dans les douze pays concernés. Les détails en une infographie.

C’est en décembre 2018 que les premières manifestations contre le prix du pain s’organisent au Soudan. Elles mèneront à la chute du régime d’Omar el-Béchir en avril 2019. Ces mois de contestations seront filmés, photographiés, twittés, commentés et partagés en masse sur les réseaux sociaux, faisant éclore dans les médias occidentaux quelques figures symboliques de la révolution comme Ala’a Salah, une étudiante soudanaise prise en photo déclamant des poèmes de révolte et devenue depuis l’icône du soulèvement.

Chères coupures

Comment tant d’images ont pu filtrer de ces multiples rassemblements de protestation, tant le gouvernement a eu recours à des coupures d’internet ? En 2019, le Soudan est en effet le pays africain qui a eu le plus usé de cette pratique, avec au total 36 jours de coupure selon les estimations d’un rapport publié récemment par Top10VPN, un comparateur de systèmes de contournement de la censure appelés réseaux virtuels privés ou VPN.

Pour parvenir à ces conclusions, l’entreprise a agrégé les données de plusieurs organisations, dont celles de l’ONG américaine Netblocks qui répertorie en temps réel toutes les coupures de réseau en cours sur le globe et de l’Internet Society, qui calcule chaque année, le coût de ces débranchements.

Au-delà de l’atteinte à la liberté d’expression, le recours aux coupures du principal outil de communication mondial impacte également l’économie des pays qui l’utilisent. Pour l’État soudanais, qui compte 12,5 millions d’internautes, le coût des « shutdowns » est estimé à près de 1,9 milliard de dollars (environ 1,7 milliards d’euros) en 2019. La somme représente près de 17 % du budget 2020, fixé à 11,4 milliards de dollars et voté fin décembre par le gouvernement de transition.

Des réseaux sociaux inaccessibles au Tchad

Comme son voisin frontalier, le Tchad détient lui aussi un record de coupure. Depuis 2016, le pays présidé par Idriss Deby Itno restreint régulièrement l’accès aux réseaux sociaux à son million d’internautes. L’an passé, des services comme WhatsApp, Facebook ou Twitter ont été bloqués pendant 4 728 heures, soit 197 jours. Selon Top10VPN, l’opération aurait coûté 125,9 millions de dollars à l’État sahélien.

Deux « shutdowns » en Algérie

Au Maghreb, l’Algérie qui a connu de long mois de protestation ayant mené à la démission d’Abdelaziz Bouteflika en avril 2019, a elle aussi rompu la connexion à Internet par deux fois. D’abord en juin, pendant les examens des étudiants (une pratique mise en place depuis trois ans) puis en septembre, lors de l’annonce de la date officielle des élections présidentielles. Au total, l’Algérie a opéré quarante-sept heures de coupure totale et trois heures de restrictions de réseaux sociaux. Coût de l’interdiction : 200 millions de dollars.

Le nombre de coupure d’internet est en forte hausse à l’échelle mondiale depuis quatre ans. En 2016, l’organisme indépendant Access Now a répertorié 75 coupures d’internet contre 196 en 2018 dans 25 pays. Avec 122 coupures dans 21 pays, l’année 2019 aura donc connu une légère baisse, mais la plus de la moitié des restrictions ont concerné des pays africains.

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Égalité hommes-femmes, quels pays africains ont le plus progressé ?

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Des femmes ivoiriennes (photo d'illustration).

Accéder au marché du travail, bénéficier d’un congé de maternité payé ou encore gérer soi-même ses propres biens… Autant d’éléments passés au crible de la Banque mondiale qui souligne les réformes mises oeuvre au cours des deux dernières années.

Dans « Les femmes, l’entreprise et le droit », un rapport rendu public le 14 janvier, la Banque mondiale s’est penchée sur la manière dont les lois affectent les femmes aux différentes étapes de leur vie professionnelle dans 190 économies. Ces dernières se sont vues attribuer un score en fonction d’une trentaine de critères, allant des modalités de retraite à la mobilité.

Le classement qui en résulte fait la part belle à l’Europe du Nord et au Canada, tandis que Maurice, le premier pays africain, s’affiche à la 33e place, ex-æquo avec le Kosovo.

Au-delà d’un simple état des lieux, l’institution internationale a étudié les réformes mises en place au cours des deux dernières années dans le domaine de l’émancipation économique des femmes, et souligne « les progrès considérables » enregistrés au Moyen-Orient et en Afrique, qui représentent neuf des dix pays ayant fait le plus d’efforts – une liste complétée par le Népal. La zone Moyen-Orient/Afrique du Nord reste cependant celle où l’index est le plus faible, les femmes étant bien loin de bénéficier des mêmes droits économiques que les hommes.

En outre, cette étude se basant sur le cadre réglementaire, elle ne prend pas en compte le marché informel, où les inégalités de fait restent nombreuses.

Les progrès de la RDC, de la Tunisie et de Djibouti salués

En Afrique, c’est le Sud-Soudan qui a le plus progressé, améliorant son score de plus de 18 points (sur 100) grâce à de nouvelles mesures de lutte contre la discrimination sexuelle à l’embauche et le harcèlement sexuel au travail, l’instauration d’un congé payé de paternité de 10 jours, la levée des restrictions d’accès des femmes à des emplois de nuit ou réputés dangereux ou encore à la mise avant du principe « à travail égal, salaire égal ».

La RDC, quant à elle, a réformé les bases du congé de maternité, désormais payé par l’État et non plus par l’employeur – ce qui pouvait être source de discrimination. Kinshasa a également égalisé l’âge de départ à la retraite (à 60 ans) pour les deux sexes, tout en prévoyant des pensions spécifiques pour les périodes ayant été consacrées aux enfants.

Djibouti s’illustre également par l’instauration de sanctions pénales en cas de harcèlement sexuel au travail, et la mise en œuvre plus générale d’une législation contre les violences faites aux femmes, tout comme la Tunisie.

Parmi les autres pays africains ayant adopté des mesures en faveur de l’égalité économique entre les hommes et les femmes, le Burkina Faso, eSwatini, le Liberia et le Maroc, qui ont adopté des lois contre les violences domestiques ; la Côte d’Ivoire, qui a garanti aux époux l’égalité des droits administratifs sur les biens acquis durant le mariage ; le Mali, qui a interdit les discriminations sexuelles à l’embauche et a légiféré sur le principe de travail égal – salaire égal ; le Niger, qui a levé les restrictions à l’emploi des femmes dans les secteurs des mines, de la construction et de l’industrie, ainsi que l’Ouganda, qui ont simplifié les démarches administratives des femmes pour l’obtention d’un passeport, les rendant identiques à celles des hommes.

Manifestations en Guinée: la situation inquiète Human Rights Watch

Des policiers guinéens encadrent un manifestant arrêté. Le 14 novembre 2019.
© CELLOU BINANI/AFP

Les manifestations continuent en Guinée contre le projet de nouvelle Constitution proposé par le président guinéen. Au moins trois personnes ont trouvé la mort depuis le lundi 13 janvier pendant les mobilisations. Human Rights Watch dénonce une répression croissante des libertés de réunion et d'expression en 2019. Des critiques rejetées par le gouvernement.

Human Rights Watch l'affirme dans son dernier rapport mondial sur les droits humains : il y a une répression croissante des libertés de réunion et d'expression en 2019 en Guinée. En juillet dernier, l’Assemblée nationale a adopté une loi sur l’usage de la force par la gendarmerie. Un pas de plus envers l'impunité des forces de l'ordre, selon Jim Wormington, chercheur pour Human Rights Watch : « L’impunité pour les actes commis par les forces de sécurité en Guinée, surtout pendant les manifestations, est prioritaire pour le gouvernement. Donc, on n’a presque pas d’espoir, si l’on est manifestant blessé ou tué, qu’il y aura des enquêtes crédibles et que les forces de sécurité responsables soient punis. Il y a un seul cas d’un policier ou gendarme qui a été condamné pour la mort d’un manifestant en avril 2019. Donc, on voit un contexte qui risque de continuer à paralyser le pays et à mettre en danger de plus en plus la vie des Guinéens ».

« Un enjeu très important à déterminer les violences »

De son côté, Damantang Albert Camara, le ministre guinéen de la Sécurité et de la Protection civile, s'étonne de certains éléments de ce rapport. Il affirme notamment que le droit de manifester est respecté en Guinée. « Lorsqu’en début de rapport, Human Rights Watch dit que les manifestations sont systématiquement interdites, cela jette un doute sur le sérieux qui a été fait, déclare le ministre. Que certaines manifestations, dans certaines circonstances, aient été redirigées ou réaménagées, oui. Parfois interdites, oui. Mais le principe, en Guinée, nous l’avons respecté, le droit de manifester, et il y en a eu plus de 530 en moins de huit ans. Donc, cela nous interpelle un peu. Pour le reste, nous sommes conscients qu’il y a un enjeu très important à déterminer les violences qui se déroulent pendant les manifestations, à rechercher les auteurs des crimes qui font aussi mal au gouvernement. […] Cette volonté, nous la partageons, à condition que cela se passe dans la sérénité et qu’il n’y ait pas, des fois, des prises de position qui ne se justifient pas ».

Jean-Yves Le Drian inquiet

Alors que la mobilisation de l’opposition se poursuit contre la réforme de la Constitution, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a donné mercredi à l’assemblée nationale son sentiment sur ce projet de réforme. Interrogé par la Commission des affaires étrangères, le chef de la diplomatie française n’a pas caché son inquiétude sur le processus en cours.

Nous sommes particulièrement soucieux de la situation en Guinée

Par ailleurs, la direction générale de la police nationale indique, dans une circulaire, avoir constaté le « comportement désobligeant » de certains de ses agents, à travers les réseaux sociaux. Le directeur général de la police nationale affirme qu'il met en place une commission d'enquête spéciale pour rechercher et identifier les auteurs.

 

OSCE: Mgr Gallagher dénonce la manipulation idéologique
des «droits de l’homme» | ZENIT – Francais

Penser aux jeunes d’aujourd’hui et de demain (traduction complète)

« Les droits de l’homme sont tels parce qu’ils sont inhérents à la dignité de la personne humaine » et ne peuvent donc pas être « définis, formulés et conférés par la société ou l’État », a affirmé avec force Mgr Paul Richard Gallagher, dénonçant une tendance de la société à les « manipuler » pour « faire avancer un programme politique, économique, militaire, culturel ou idéologique ».

Le secrétaire du Vatican pour les Relations avec les États, est en effet intervenu au cours du 26e Conseil ministériel de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe, à Bratislava, en Slovaquie, les 5 et 6 décembre 2019.

« Le langage des droits de l’homme, a-t-il poursuivi, et même les mécanismes de surveillance des droits de l’homme sont parfois (mal) utilisés pour faire avancer de nouveaux objectifs qui non seulement ne bénéficient pas d’un accord international, mais qui réinterprètent également les traités internationaux existants de manière contraire aux droits que les traités prétendaient défendre à l’origine ».

Le représentant du Saint-Siège a aussi rappelé le rôle de l’OSCE dans la construction et le maintien de la paix : « La dissuasion nucléaire et la menace d’une destruction mutuelle assurée ne peuvent être à la base d’une éthique de la fraternité et de la coexistence pacifique des peuples et des États ». Il a souligné que « les jeunes d’aujourd’hui et de demain méritent beaucoup plus. Ils méritent un ordre mondial pacifique fondé sur l’unité de la famille humaine, fondé sur le respect, la coopération, la solidarité et la compassion ».

Lire la traduction du discours complet: OSCE: Mgr Gallagher dénonce la manipulation idéologique des «droits de l’homme» – ZENIT – Francais, Hélène Ginabat, 12/12/19.