Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Hassoumi Massaoudou: au Mali, pour la Cédéao, «les élections sont notre priorité»

L'actuel ministre des Affaires étrangères nigérien, Hassoumi Massaoudou, en février 2016. Il était à l'époque ministre de l'Intérieur du Niger.

L'actuel ministre des Affaires étrangères nigérien, Hassoumi Massaoudou, en février 2016. Il était à l'époque ministre de l'Intérieur du Niger.
 © ISSOUF SANOGO / AFP

« Si les militaires maliens ne rendent pas le pouvoir en février prochain, les sanctions internationales contre Bamako seront sévères », annonce le ministre des Affaires étrangères du Niger, Hassoumi Massaoudou, à l'issue du sommet extraordinaire de la Cédéao qui s'est tenu jeudi 16 septembre à Accra. Le chef de la diplomatie du Niger dénonce aussi avec force tout projet de faire  venir des mercenaires russes au Mali. Au micro de Christophe Boisbouvier, le ministre nigérien s'exprime en premier lieu sur la mort du chef du groupe terroriste EIGS, annoncée jeudi par le président français.  

RFI : Comment réagissez-vous à l’annonce de la mort d’Adnan Abou Walid al-Sahraoui ?

Hassoumi Massaoudou : Nous sommes bien sûr contents, nous sommes satisfaits de cette annonce, parce que cela va désorganiser l’EIGS, Daesh, dans cette région-là. Cela va l’affaiblir considérablement. C’est une grande victoire, c’est très important, ce qui s’est passé. Et c’est le début de la fin pour l’EIGS. Donc, il y a lieu de saluer les forces armées françaises et de voir les effets importants du sommet de Pau, parce que c’est au sommet de Pau qu’il a été décidé de concentrer les efforts sur cette zone, sur l’EIGS et je crois que les résultats sont plus que satisfaisants. C’est un grand criminel qui est mort et c’est une grande joie pour nous. Et je pense qu’il y a lieu de saluer la coopération entre nos forces et les forces françaises. C’est avec soulagement que nous accueillons sa mort.

Est-ce que le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), le groupe armé de Iyad Ag Ghali pourrait en profiter ?

Je pense que, quand l’un est affaibli, ce n’est pas évident que ce soit le renforcement de l’autre. Dans un premier temps, je  ne sais pas, mais il se peut que le GSIM puisse considérer qu’un de ses adversaires est mort. Mais de toute façon, il y a un continuum entre les deux : l’affaiblissement de l’un ne renforce pas l’autre. Ce n’est pas des vases communicants.

À l’issue de ce sommet extraordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), quelles sont les décisions ?

Les décisions, c’est la volonté réaffirmée et encore renforcée de la Cédéao de lutter contre ces prises de pouvoir de manière non-constitutionelle, par la force, notamment en Guinée. On demande une transition très courte et la libération immédiate d’Alpha Condé. Donc, on renforce les décisions qui ont été prises. En ce qui concerne le Mali, il y a un renforcement de la volonté de mettre ces militaires-là au ban de la société. Nous considérons que l’évolution actuelle de la situation au Mali ne préjuge rien de bon, parce qu’ils marquent leur volonté, lorsqu’ils disent que les élections ne sont pas leur priorité. Pour la Cédéao, et cela a été réaffirmé : les élections, c’est notre priorité. En février 2022, les élections doivent avoir lieu, sinon nous allons associer l’ensemble de la communauté internationale aux sanctions contre les militaires maliens. Donc, nous exigeons une feuille de route claire pour qu’on aille aux élections. Deuxièmement, nous n’acceptons pas que, dans notre sous-région, des mercenaires viennent s’impliquer, viennent dégrader davantage encore la situation sécuritaire. Donc, par conséquent, la Cédéao condamne cette velléité de vouloir signer un accord avec cette société Wagner de mercenaires russes. Cela est très clair. Donc, là aussi, on tire la sonnette d’alarme. Nous ne pouvons pas accepter que les militaires maliens nous amènent un autre élément hétérogène constitué de mercenaires étrangers dans notre zone. Donc, la Cédéao tient à ce que des mercenaires russes ne soient pas dans notre région pour dégrader davantage la situation sécuritaire.

Est-ce que l’arrivée d’un groupe militaire Wagner au Mali pourrait remettre en cause la Coalition du G5 Sahel ?

Mais certainement. Puisque nous n’acceptons pas la présence de ces gens-là. Et les militaires maliens doivent renoncer sans délai, si cela s’avère, à ce type d’accord, parce que nous n’accepterons pas que des irréguliers étrangers, des mercenaires viennent dans notre sous-région pour davantage dégrader la situation sécuritaire qui est déjà assez grave.

Les autorités de la transition malienne affirment qu’il faut organiser des assises nationales avant d’aller aux élections ?

Non, non… Justement, nous n’acceptons pas. La Cédéao refuse tout autre agenda qui ne soit pas l’organisation des élections pour la fin février 2022. Donc, c’est très clair, tout autre agenda de diversion, parce qu’il s’agit pour nous d’une diversion, et en cela, nous pensons la même chose que la plupart des forces politiques du Mali, nous n’acceptons pas de diversion pour détourner les objectifs qui sont bien assignés à cette transition : la fin des élections à fin février. C’est très clair. Cette diversion ne sera pas acceptée.

Et sur la Guinée. Toujours pas de sanctions économiques. Vous restez sur une position a minimum, juste la suspension…

Elle n’est pas seulement a minimum, elle est juste une transition très courte de six mois. Sinon, nous allons associer, aussi bien pour la Guinée que pour le Mali, toute la communauté internationale et les bailleurs de fonds multilatéraux, les organisations de l’Union européenne, la Banque mondiale, le FMI [Fonds monétaire international], nous allons associer toute la communauté internationale pour qu’elle s’associe à des sanctions sévères contre les contrevenants, contre la volonté de se maintenir au pouvoir, qu’il s’agisse de la Guinée ou qu’il s’agisse du Mali. Donc, cette fois-ci, c’est cela le message, il est beaucoup plus fort. Ensuite, il y a une troisième décision importante, c’est que ce sommet de la Cédéao a décidé de revisiter l’acte additionnel sur la bonne gouvernance de la Cédéao pour prendre en compte toutes ces autres formes de prise de pouvoir, de maintien au pouvoir de manière anticonstitutionnelle.

Et si Alpha Condé est libéré. Dans quel pays d’accueil pourrait-il se retrouver ?

Je n‘en sais rien. Il y a plein de pays qui sont prêts à l’accueillir. Il y a déjà beaucoup de pays qui ont déjà annoncé qu’ils sont prêts à l’accueillir. La question n’est pas celle-là. La question, c’est qu’il soit immédiatement libéré et je pense qu’il n’y aura pas de problème pour l’accueillir. Tous les pays sont prêts pour l’accueillir a priori.

British American Tobacco : corruption sans filtre en Afrique ?

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Mis à jour le 17 septembre 2021 à 11h53



Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Damien Glez

Une ONG américaine accuse le géant du tabac d’avoir abusivement influencé les politiques de santé d’une dizaine de pays africains, en distribuant plus de 600 000 dollars…

Dur, dur d’être un cigarettier au XXIe siècle ! Quand des soupçons de maltraitance sociale dans les plantations ne déstabilisent pas les manufacteurs de nicotine et quand le sponsoring d’activités sportives censément antinomiques avec la consommation de cigarettes ne crispent pas les gestionnaires de la jeunesse, les géants de la tige à fumer sont accusés de profiter de politiques de prévention laxistes dans de nombreux pays africains. Ceci pour compenser le marasme de leur business dans l’Occident hygiéniste. Et si les géants du tabac ne faisaient pas que profiter des législations ?

Pots-de-vin et financements électoraux

Si l’on en croît l’ONG Stopping Tobacco Organizations and Products (STOP), un délit politique pourrait s’ajouter aux indélicatesses sociales et sanitaires. Dans un rapport publié ce 14 septembre, l’organisation créée par l’ancien maire de New York Michael Bloomberg accuse le géant mondial British American Tobacco d’avoir mis en place un véritable système d’influence illégitime des politiques de santé en Afrique. Bien au-delà du lobbying, la distribution douteuse de 600 000 dollars, dans dix pays africains, entre 2008 et 2013, s’apparenterait à de la corruption…

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CES LARGESSES AURAIENT ÉTÉ SAUPOUDRÉES AU BURUNDI, EN RDC, AU RWANDA, AU SOUDAN…

Ces largesses auraient été saupoudrées au Burundi, aux Comores, en RDC, au Kenya, au Malawi, au Rwanda, au Soudan, en Tanzanie, en Ouganda et en Zambie, sous forme d’espèces sonnantes et trébuchantes, mais aussi de voitures ou de dons lors de campagnes électorales.

Les bénéficiaires seraient des responsables politiques, des employés d’entreprises concurrentes ou des fonctionnaires chargés de réguler l’industrie du tabac. Le présumé corrupteur aurait eu accès à des projets de lois qu’il aurait influencé en suscitant secrètement des amendements.

L’ONG STOP emboîte le pas aux productions journalistiques, notamment celle de la BBC et d’un consortium de journalistes britanniques qui accuse le même cigarettier d’avoir payé, en 2013, 500 000 dollars de pots-de-vin au parti de l’ancien président zimbawéen Robert Mugabe. Pour l’heure, British American Tobacco nie, mettant en avant les résultats d’une récente enquête de l’organisme britannique anti-fraude qui avait classé sans suite une procédure pour suspicion de corruption.

L’Afrique, nouvel eldorado

Corruption ou pas ? De nos jours, le groupe des sixties The Nashville Teens écrirait sans doute son titre Tobacco Road en Afrique. Un rapport de l’OMS démontre que l’Afrique, depuis deux décennies, est le nouvel eldorado des cigarettiers. La production de feuilles de tabac y est croissante, notamment en Afrique de l’Est, alors même qu’elle recule à l’échelle mondiale. Entre 2000 et 2018, le nombre de fumeurs africains est passé de 64 à 73 millions, alors qu’il diminuait de 60 millions à travers le monde.

Les pratiques marketing agressives de l’industrie de la cigarette ont beau jeu de surfer sur cette tendance qui s’appuie de surcroît sur la croissance démographique du continent. Tant qu’elles ne franchissent pas la frontière de la corruption…

Ressources naturelles : comment éviter une nouvelle « ruée vers l’Afrique »

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Par  Rabah Arezki

Économiste en chef et vice-président chargé de la gouvernance économique et de la gestion des connaissances de la BAD

Mine de Phosphate dans le sud du Togo.

Mine de Phosphate dans le sud du Togo. © Jacques Torregano pour Jeune Afrique

Une nouvelle course vers les ressources naturelles du continent s’annonce, à l’orée des transitions énergétiques et numériques en cours. Aussi, un autre mode de gouvernance mondiale s’impose.

Les ressources naturelles, qu’elles proviennent de l’eau, de la terre, du sous-sol ou de l’air, doivent être considérées comme des biens communs, destinés à être partagés par tous. Cela signifie que leurs mécanismes de gouvernance doivent être harmonisés à tous les niveaux – local, national, régional et mondial – pour garantir une exploitation durable, respectueuse de l’environnement et des personnes qui en dépendent. Mais cela s’est avéré très complexe.

Des transitions simultanées

La course aux ressources naturelles pour alimenter les transitions énergétiques et numériques simultanées que connaît le monde fait rage parmi les grandes puissances. Ces deux transitions reposent fortement sur des technologies qui nécessitent des ressources telles que les terres rares pour les semi-conducteurs, le cobalt pour les batteries et l’uranium pour l’énergie nucléaire.

Mais ces évolutions signifient également que les ressources naturelles historiquement précieuses et leurs investissements associés – principalement liés au pétrole et à d’autres combustibles fossiles – finiront par se retrouver bloquées avec de graves conséquences pour les pays qui dépendent presque totalement de ces actifs, en particulier ceux dans lesquels les capacités de l’État sont faibles.

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UNE GOUVERNANCE TRANSNATIONALE EST ESSENTIELLE POUR PARVENIR À UNE EXPLOITATION ORDONNÉE, DURABLE ET INCLUSIVE

Le dernier « super-cycle » des prix du pétrole pourrait déjà être en cours, dont la fin pourrait annoncer une augmentation du nombre d’États en faillite.

Cette course s’est intensifiée à mesure que les grandes puissances sont entrées dans des rivalités stratégiques – en particulier entre les États-Unis et la Chine, mais aussi entre cette dernière et l’Europe. Cette fois, une gouvernance transnationale appropriée des ressources naturelles s’avère essentielle pour parvenir à une exploitation ordonnée, durable et inclusive afin que ces transitions ne laissent pas les gens de côté, en particulier ceux des pays en développement.

La volatilité, la perte de compétitivité, l’endettement excessif et même les conflits internes et externes sur l’accès aux ressources se sont révélés être à l’origine de la baisse de performance des pays qui en possèdent en abondance. La recherche a montré que les bonnes institutions, sans surprise, modèrent cette malédiction.

Il s’agit, d’une part, des politiques et des institutions qui régissent l’ouverture du secteur pour attirer les investissements et donc générer des revenus pour l’État. Et, d’autre part, des institutions de redistribution qui régissent la manière dont les produits de l’exploitation de ces ressources sont utilisés et profitent aux populations, y compris en matière de capital humain.

La mine de cuivre Frontier à Sakania, à la frontière avec la Zambie, à l’extrême sud-est de la province minière du Katanga,
en République démocratique du Congo, propriété de la multinationale d’origine kazakhe basée au Luxembourg ERG
(Eurasian Ressources Group), le 3 mars 2015

L’échec des réglementations nationales

Il se trouve que la réglementation au niveau national a souvent échoué à résoudre les problèmes de surexploitation des ressources naturelles ainsi que les problèmes de déplacement, de dégradation de l’environnement et de risque pour la biodiversité, qui sont souvent mieux traités au niveau local.

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LES CONSOMMATEURS DES ÉCONOMIES AVANCÉES SEMBLENT MODIFIER LEUR COMPORTEMENT VIS-À-VIS DE L’ENVIRONNEMENT

Certes, un certain nombre d’initiatives internationales axées principalement sur la transparence existent : l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) et la Charte des ressources naturelles. De même, plusieurs organisations non gouvernementales ont été très actives dans ce domaine. Enfin, la législation des États-Unis et de l’Union européenne s’efforce de responsabiliser leurs sociétés multinationales en exigeant qu’elles divulguent leurs pratiques dans leurs pays d’opération.

Les normes environnementales, sociales et de gouvernance d’entreprise (ESG) peuvent permettre aux investisseurs d’évaluer le comportement responsable d’une firme sur le plan environnemental. Mais on ne sait pas si les évaluations ESG sont suffisantes pour forcer les entreprises à internaliser les externalités – complexes à situer à différents niveaux – nécessaires pour parvenir à un comportement durable.

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DES TRANSFERTS DE TECHNOLOGIES DES ÉCONOMIES AVANCÉES VERS LES ÉCONOMIES EN DÉVELOPPEMENT SERONT NÉCESSAIRES

De plus, on ne sait pas non plus si et comment elles pourraient être appliquées. Par ailleurs, les consommateurs des économies avancées semblent modifier leur comportement vis-à-vis de l’environnement, ce qui est un signe encourageant.

Le défi de toutes ces initiatives est de surmonter la difficulté de les traduire dans le bon contexte et de favoriser l’appropriation, en particulier aux niveaux local et national. Il faut faire plus pour intégrer les acteurs locaux, nationaux, régionaux et mondiaux afin d’obtenir de meilleurs résultats.

Les interactions entre l’Union européenne, l’Afrique et la Chine sont cruciales

Les relations de l’Union européenne avec l’Afrique et la Chine seront cruciales pour façonner la gouvernance transnationale des ressources naturelles. Pékin devra, entre autres, tenir compte des interdépendances liées à la paix et à la stabilité, à la santé mondiale et aux problèmes climatiques dans un monde de plus en plus organisé en blocs.

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IL FAUDRA DES MOYENS POUR GARANTIR QUE LES IDE FOURNISSENT DES CONTENUS LOCAUX ET DES EMPLOIS

Pour autant, si les « externalités doivent être internalisées », il faudra d’une part des transferts de technologies des économies avancées vers les économies en développement pour leur fournir les outils nécessaires face à la menace du changement climatique et pour atteindre les objectifs climatiques. De la même façon, un accès facilité aux marchés internationaux des capitaux pour ces économies sera nécessaire, via, entre autres, des obligations vertes, naturelles ou bleues au lieu de prêts opaques garantis par des ressources avec des créanciers non traditionnels tels que la Chine.

De plus, il faudra des moyens pour garantir que les investissements directs étrangers fournissent des contenus locaux et des emplois pour répondre au mécontentement croissant des jeunes de plus en plus éduqués et terriblement sous-employés dans les pays en développement.

En définitive, l’approfondissement de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) devrait s’accompagner d’arrangements cohérents au niveau régional sur les politiques fiscales, commerciales, de concurrence et financières. L’exemple de l’Union européenne montre l’importance de mettre l’accent sur les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et des ressources minérales en tant qu’éléments fondamentaux de cette intégration et de ce partenariat. Cela est nécessaire pour garantir la durabilité de ces investissements pour toutes les parties.

Une justice européenne aveugle aux crimes contre l’humanité?|Eurotopics

Un Iranien accusé d’avoir participé à des exécutions collectives en 1988 dans son pays a été traduit en justice à Stockholm. Il a été repéré et arrêté en 2019, alors qu’il était en vacances en Suède. La justice suédoise s’appuie sur le droit de sanctionner les crimes contre l’humanité dans n’importe quel pays du monde et sur leur imprescriptibilité. Les commentateurs espèrent que cette mise en accusation fera des émules.

La Suède montre ce qui est possible

Ce genre de coup de filet est bien trop rare dans l’UE, déplore Süddeutsche Zeitung :

«Le prince héritier saoudien qui ordonne au Yémen des crimes de guerre à la petite semaine possède un château en France, où il passe l’été à se reposer des tourments qu’il inflige à l’humanité le reste de l’année. Le roi de Thaïlande, qui fait passer à tabac, torturer et emprisonner les dissidents, jouit de plusieurs résidences en Bavière, notamment le Grand Hotel Sonnenbichl, à Garmisch. Les grands du régime iranien aiment venir à Hanovre quand ils ont besoin de soins médicaux. … Succombant au pouvoir séducteur de l’argent, l’Europe n’hésite pas à dérouler le tapis rouge aux personnages les plus douteux de la planète. En vertu du principe juridique dit de compétence universelle, rien n’empêcherait les Européens de traduire en justice bien plus souvent les auteurs de crimes contre l’humanité. La Suède nous en apporte la preuve. »

Un avertissement aux dictateurs de ce monde

Dagens Nyheter salue la demande de mise en accusation, dont elle souligne l’importance :

«Le mal est fait, et aucune accusation au monde ne saurait y changer quoi que ce soit. Mais toute plainte pour crime contre l’humanité qui aboutit équivaut à une prise de position importante en faveur des valeurs fondamentales de l’humanité. Du reste, l’accusation émet un signal fort à l’adresse des dictateurs actuels aux mains entachées de sang ainsi qu’à leurs larbins : vos crimes ne passent pas inaperçus. Un message qui s’adresse aussi au régime iranien actuel.»

Source: Steinke dans Eurotopics.net, 12.08.21

Même si le Mali ne ressemble pas à l'Afghanistan,

la France a choisi l'intransigeance du "tout sécuritaire".

Les autorités locales négocient avec les djihadistes


(un dossier pris dans le "Monde Diplomatique" du mois de septembre
2021)

 

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