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Réforme du CFA : un nouveau calendrier pour la future monnaie commune

| Par - à Ouagadougou
Mis à jour le 27 juillet 2021 à 14h28
59e session ordinaire de la CEDEAO-71, le 19 juin 2021, à Accra.

Les dirigeants ouest-africains ont trouvé un compromis pour relancer la monnaie unique de la Cedeao, censée entrer en vigueur dès 2027. Décryptage.

La monnaie commune de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se fixe un nouvel horizon. Lors du dernier sommet de l’institution régionale à Accra fin juin 2021, le comité ministériel présidé par le ministre ghanéen des Finances, Ken Ofori-Atta, a avalisé une nouvelle feuille de route pour le lancement de l’eco, appellation choisie pour la future monnaie unique, désormais prévue pour 2027.

En attendant cette perspective et alors que la Communauté reste mobilisée pour éviter les dérapages budgétaires liés à l’impact de la pandémie de Covid-19 sur les performances macroéconomiques des États, ceux-ci ont été dispensés pour cette année du respect des critères de convergence.

Interrogé par Jeune Afrique, un économiste ouest-africain bien informé des discussions souligne « l’effort accompli pour rapprocher les positions des protagonistes », en l’occurrence les anglophones d’un côté et les membres de la zone franc de l’autre, et fournir « un cahier des charges détaillé pour la création de la monnaie unique ». Mais il craint que « les reports successifs, depuis 1987, ne nuisent à la crédibilité du projet ».

Quelle majorité pour décider ?

Ken Ofori-Atta paraît pourtant bien décidé à permettre à la monnaie unique de voir le jour. À Accra, il a exhorté les décideurs politiques à affiner les outils de gestion économique et à assurer la création de cette devise dans les nouveaux délais proposés.

Mais, si le projet de Pacte a bien fait l’objet d’intenses débats fin juin 2021, d’importants points restent encore à trancher. Aucun consensus ne s’est, par exemple, dégagé sur la notion de majorité pouvant valider les décisions. Quatre options étaient soumises à la décision du comité ministériel : la majorité simple de l’ensemble de la zone (soit huit États), celle des membres États constituée d’au moins 50 % des huit pays de l’Uemoa et de 50 % de ceux de la ZMAO (Gambie, Ghana, Guinée, Liberia, Nigeria et Sierra Leone), une majorité qualifiée de huit États avec une contribution moyenne au produit intérieur brut (PIB) régional d’au moins 71 % et, enfin, une majorité qualifiée de huit États pesant au moins 51 % du PIB.

Selon le rapport du comité technique, consulté par JA, ce point fera l’objet d’un acte additionnel et ne devrait pas empêcher que le projet soit soumis aux chefs d’État.

Une feuille de route technique à 18 millions de dollars

Autre point crucial : le régime de change. Si la question semblait tranchée – les pays de la Cedeao avaient acté depuis la précédente feuille de route 2015-2019 le principe d’un régime de change flexible pour leur monnaie commune –, la feuille de route révisée insiste sur le lien entre l’entrée en phase de stabilité et le lancement de la future monnaie.

Cette feuille de route, dont le coût de mise en œuvre est estimé à environ 18 millions de dollars (15,26 millions d’euros), comporte dix programmes prenant en compte l’ensemble des activités indispensables à la mise en service de la monnaie, dont le renforcement du mécanisme de surveillance au sein de la Cedeao, la création d’un fonds de solidarité et de stabilisation communautaire, ou encore l’harmonisation des statistiques de la balance des paiements.

La future banque centrale – dont le pays hôte doit encore être fixé – est censée débuter ses opérations en 2025.

L’intégration en question

Saluant « un travail technique appréciable », l’économiste togolais Kako Nubukpo note « des questions en suspens auxquelles nous avons essayé de répondre au cours des états généraux de Lomé », à commencer par la vision de l’intégration économique voulue.

« S’agira-t-il d’un fédéralisme ou d’une simple coordination des politiques économiques ? », se demande-t-il, précisant que « si le fédéralisme est choisi, il faudra assumer une grande solidarité budgétaire ». Et l’économiste de rappeler la forte hétérogénéité au sein des États de la Cedeao, « où le PIB annuel de la Gambie est l’équivalent de 23 heures de celui du Nigeria ».

         LE NOUVEL ECO EN CINQ DATES

        2021-2022 : détermination de la taille du capital de la Banque centrale d’Afrique de l’Ouest (BCAO), puis mise en commun des réserves.

        Fin 2023 : signature de l’accord créant la BCAO et désignation du pays hôte du siège de l’institution.

        Début 2025 : démarrage des activités de la BCAO.

        2027 : lancement officiel de l’eco.

Burkina Faso: le nombre de personnes fuyant les violences atteint un niveau sans précédent

Des déplacés internes venus du nord de Burkina Faso autour d'une pompe à eau, à Kaya, le 22 janvier 2020.(Photo d'illustration).
Des déplacés internes venus du nord de Burkina Faso autour d'une pompe à eau, à Kaya, le 22 janvier 2020.(Photo d'illustration). OLYMPIA DE MAISMONT / AFP

Au Burkina Faso, le nombre de personnes forcées de fuir les violences s’accélère et atteint un niveau sans précédent, selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés. L'organisation humanitaire réitère son appel à une action concertée pour la paix et la stabilité dans ce pays. 

Jointe par RFI, Fatoumata Sinkoun Kaba, porte-parole du HCR pour l'Afrique centrale et de l'Ouest, fait état d’un nombre de plus en plus élevé de personnes déplacées à l’intérieur du Burkina Faso mais aussi de personnes obligées de se réfugier dans les pays voisins.

« Les déplacements de population au Burkina Faso tels qu’on le voit aujourd’hui, c’est du jamais vu. Nous avons franchi la barre des 1,3 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Leur déplacement se passe quasiment dans toutes les régions où il y a des attaques. Par exemple, rien que dans la première moitié de cette année, nous avons eu quand même plus de 237 000 personnes qui ont été obligées de fuir leur foyer. Nous avons aussi un nouveau phénomène qui s’élargit, c’est-à-dire des Burkinabè qui traversent la frontière pour aller dans les pays voisins se réfugier. Là, on en compte à peu près 38 000 dont près de la moitié au cours des quelques mois passés. Les Burkinabè n’avaient pas pour habitude de traverser la frontière. Nous avons vu la crise s’accentuer peu à peu depuis 2015 et s’aggraver, et c’est maintenant que nous observons des mouvements vers des pays voisins – pour l’instant, nous avons la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, mais aussi le Bénin – ce qui signale quand même une dégradation de la situation sécuritaire au Burkina. »

Le Burkina Faso est confronté depuis 2015 à des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières de la part notamment du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), et du groupe État islamique au Grand Sahara (EIGS).

 

À lire aussi: Conflits: les 10 pays les moins pacifiés au monde

Cocaïne, héroïne, tramadol… L’Afrique plus que jamais à l’épreuve du trafic de drogues

| Par 
Mis à jour le 22 juillet 2021 à 19h10
Jeune Afrique

Ces derniers mois, les saisies records de drogues se succèdent sur le continent. Malgré l’épidémie de Covid-19, le trafic s’est intensifié, de nouvelles routes se sont créées et, surtout, la consommation locale s’accroît. Décryptage en infographies.

Plaque tournante de la drogue depuis 20 ans, l’Afrique est confrontée en 2021 à une augmentation sans précédent du trafic de stupéfiants. Pour atteindre l’Europe, la cocaïne colombienne emprunte désormais presque systématiquement la route du Golfe de Guinée, avant de traverser le Sahel, où groupes jihadistes et milices ont la haute main sur tous les trafics. L’héroïne afghane, elle, emprunte la « route du Sud » plutôt que celle des Balkans, désormais plus sécurisée.

Si la majeure partie des drogues sont destinées aux marchés occidentaux, le commerce de produits dérivés – d’opioïdes notamment – pour la consommation locale explose. Alors que l’usage non-médical du Tramadol continue de faire des ravages en Afrique de l’Ouest, les héroïnomanes ont plus que triplé en Afrique de l’Est et australe et la consommation de cannabis reste toujours au dessus de la moyenne mondiale, avec un taux de prévalence d’environ 7 % chez les 15-65 ans.

Bombe à retardement

« Le nombre d’usagers de drogues devrait augmenter de plus de 40 % ces 10 prochaines années », alerte l’ONUDC dans son Rapport mondial sur la drogue 2021, publié fin juin. Ce chiffre est d’autant plus inquiétant qu’il se base sur le seul facteur d’évolution démographique, sans prendre en compte les conséquences de l’intensification du trafic ou celles de la crise du Covid-19, qui a mis à l’arrêt les rares centres de traitement et de prévention qui existent sur le continent. Le déficit criant de données disponibles sur le sujet fait en outre craindre que l’ampleur du phénomène est largement sous-estimée.

Nouvelles drogues de synthèses en Afrique du Sud, au Maghreb et au Nigeria, trafic de cocaïne, d’opiacés et de cannabis… Jeune Afrique a passé au crible les nouvelles tendances de ce commerce illicite, dont les conséquences économiques, sociales et sanitaires font craindre une véritable bombe à retardement pour l’Afrique.

 

 

Covid-19 : l’appel au secours lancé par la Tunisie à sa diaspora en France |Saphir News

La Tunisie appelle sa diaspora à l’aide. Dimanche 11 juillet, Tunis a demandé tout particulièrement aux Tunisiens installés en France, où ils sont les plus nombreux, de faire des dons pour contribuer au soutien de son système sanitaire, très éprouvé par la pandémie de la Covid-19.

« En vue d’appuyer l’effort national de lutte contre la propagation du Covid-19 en Tunisie, l’Ambassade de Tunisie en France exhorte les Tunisiens résidents en France, qu’ils soient des personnes physiques, morales, des associations ou des chefs d’entreprises ou autres à contribuer activement au soutien des établissements de santé en Tunisie à travers des dons en nature – équipement et matériel médical et paramédical – ou sous forme pécuniaire », a fait savoir via Facebook l’ambassade de Tunisie, soulignant avoir besoin d’équipements médicaux et paramédicaux mais aussi de dons financiers.

« L’Ambassade œuvrera à piloter l’opération de collecte des dons en France, sa facilitation et à assurer son acheminement, dans les plus brefs délais vers la Tunisie, avec l’option d’affréter un avion spécial à cet effet », a-t-elle assuré. « L’Ambassade met à disposition tous ses moyens humains et logistiques afin de garantir le succès de cette initiative de solidarité avec notre cher peuple, tout en insistant sur son approche ouverte, participative, transparente et en étroite association avec la société civile tunisienne en France qui a toujours été présente aux côtés des Tunisiens qu’ils soient en Tunisie ou en France. »

Jeudi 8 juillet, le ministère tunisien de la Santé a déploré une situation sanitaire « catastrophique » en raison d’une forte progression de la pandémie sur le territoire. « La situation sanitaire actuelle est catastrophique, (…) le taux de cas a augmenté énormément. Le système sanitaire s’est malheureusement effondré », avait d’ailleurs déclaré auprès d’une radio tunisienne la coordinatrice nationale pour le programme de lutte contre la Covid-19, Nissaf Ben Alaya.

Lire la suite dans Saphir News, 13.07.21