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Niger : l'opposant Hama Amadou en France pour des contrôles médicaux

L'opposant Hama Amadou (centre) à Niamey au Niger, le 15 juin 2014.
L'opposant Hama Amadou (centre) à Niamey au Niger, le 15 juin 2014. BOUREIMA HAMA / AFP

L'opposant nigérien Hama Amadou est en soins en France pour quelques jours. Incarcéré depuis l'annonce des résultats du premier tour de la présidentielle en février dernier, il a été autorisé par la justice du Niger à sortir de prison pour prendre l'avion pour Paris. Hama Amadou est arrivé en France mercredi matin, nous a confirmé son entourage vendredi 9 avril, pour y subir une série de contrôles médicaux à l'hôpital américain de Paris.

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Selon le conseiller en communication d'Hama Amadou, Abdou Rafa, ce contrôle médical était prévu de longue date. L'ancien Premier ministre fait l'objet d'un suivi depuis plusieurs années, et dois effectuer ces contrôles tous les trois mois. Mais il ne s'y était pas rendu depuis avril 2020

C'est à ce titre qu'une demande a été déposée en début de semaine pour une durée de quinze jours, renouvelable une fois. Selon son entourage, il est probable que son séjour soit effectivement prolongé, en raison de son état de fatigue avancé. 

En mars 2016, Hama Amadou avait déjà bénéficié d'une telle autorisation de soins par la justice nigérienne, alors qu'il était emprisonné préventivement dans une affaire de trafic de bébé. À l'époque il était resté plus de 3 ans en France, puis au Bénin, avant de retourner dans son pays en novembre 2019 pour purger la peine à laquelle il avait été condamné entre-temps. 

Cette fois, pas question d'exil, explique son entourage et son conseiller, Hama Amadou regagnera de lui-même sa prison à l'issue de ses soins. Mais en attendant, nous a-t-on expliqué, et s'il le souhaite, une demande de liberté provisoire pourrait être déposée.

Exclusif – Les 50 personnalités qui font l’Afrique numérique en 2021

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Mis à jour le 06 avril 2021 à 13h30
Afrique Digitale

Encore accélérée à la faveur de la pandémie, la révolution technologique en marche sur le continent réunit un écosystème de plus en plus riche. Pour la première fois, JA, qui la suit depuis ses débuts, propose un palmarès des 50 personnalités qui incarnent le mieux cette effervescence.

S’il est une industrie qui a toujours dépassé les attentes en Afrique, c’est sans conteste celle des télécoms. Aujourd’hui, le continent compte plus de 500 millions d’utilisateurs de téléphones mobiles. Presqu’un Africain sur deux.

Bien au-delà de ce qu’aurait pu imaginer en 1987 le Rwando-Congolais Miko Rwayitare, créateur en RDC du premier réseau mobile du continent. À l’époque, l’entrepreneur ne visait que quelques milliers de « happy few », et ses téléphones, qui ne permettaient même pas d’envoyer un SMS, avaient encore la taille d’une brique.

Essentiels

En trois décennies, les opérateurs ont traversé toutes les crises sans trembler. Leurs services étaient trop basiques pour être frappés par l’éclatement de la bulle internet de 2001, puis ils sont devenus trop essentiels pour endurer la crise financière de 2008 ou frémir au moment de l’effondrement des cours du pétrole en 2014. La pandémie de Covid ne les aura pas plus ébranlés, au contraire.

Mais à la différence des bouleversements précédents, l’industrie des télécoms n’est plus la seule à porter la révolution numérique africaine. Après le développement des réseaux 2G, puis 3 et 4G, des câbles sous-marins, du paiement mobile, le continent a entamé un nouveau saut technologique, celui de l’économie des plateformes.

Dans les domaines du e-commerce d’abord, depuis quelques années, mais aussi des services financiers, de l’accès à l’énergie, de l’agriculture, de la santé ou de l’éducation. Même les États s’y sont mis avec l’espoir de réconcilier administrés et administration, tout en améliorant leur gouvernance.

Autour de MTN, Vodacom, Orange et les autres, ce sont donc des milliers de startupers, d’investisseurs, d’incubateurs, d’opérateurs de réseaux en fibre optique ou de datacenters et d’influenceurs, qui ont enrichi l’écosystème. Cette profusion d’acteurs nous a poussé à établir, pour la première fois, le classement des 50 personnalités qui font l’Afrique numérique, avec l’envie de le reproduire chaque année.

Start-up devenues licornes

Une entreprise ambitieuse, qui mêle dans un même palmarès des dirigeants d’opérateurs télécoms aux centaines de millions d’abonnés, des patrons de fonds d’investissements spécialisés dont les plus importants approchent 100 millions d’euros, des entrepreneurs à la recherche de financements, des fondateurs de start-up devenues licornes, mais aussi des représentants des Gafam, ces sociétés tentaculaires aux moyens presque illimités, et enfin quelques décideurs publics.

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DES CANDIDATS CHOISIS PARMI UNE LISTE DE PLUS DE 300 NOMS

Avec beaucoup d’humilité, nous rendons compte au travers de cette sélection de la place que chacun occupe à nos yeux dans une effervescence, qui s’est encore accentuée à la faveur de la crise sanitaire, sous la pression de populations confinées avides de ses nouveaux services numériques.

Pour étalonner nos candidats, choisis parmi une liste de plus de 300 noms, nous avons retenu une série de critères, qui vont de la capacité d’innovation, en passant par la puissance financière, le montant des levées de fonds réalisés, le leadership et la notoriété, en valorisant au premier chef les événements survenus au cours de la période 2020/2021.  Bien sûr, ce palmarès ne saurait prétendre à une vérité absolue, mais il présente la vision de JA d’une révolution que nous suivons depuis ses débuts.

Nous aurions pu d’emblée y placer les dix premiers opérateurs télécoms sans lesquels rien ne serait possible, mais nous voulions aussi mettre en évidence l’adoption du e-commerce, l’explosion des fintechs, notamment au Nigeria, plus que jamais dans le viseur de groupes mondiaux tels Visa ou Mastercard, l’intérêt grandissant pour les services d’accès à l’énergie, le développement des datacenters et les premiers projets vraiment significatifs des Gafam, notamment dans le domaine des infrastructures.

Absence des acteurs des pays du Maghreb

Réduire la liste à 50 noms nous a aussi amenés à exclure pour cette édition les grandes institutions financières comme IFC ou CDC, qui jouent pourtant un rôle important, et à constater l’absence des acteurs des pays du Maghreb parmi les projets les plus ambitieux

Pour finir, on notera que les femmes sont, dans cet écosystème, encore peu nombreuses à occuper les tous premiers rôles. Elles sont pourtant loin d’être absentes.

On peut citer, en plus des personnalités figurant dans notre sélection, Odunayo Eweniyi, cofondatrice de la start-up Piggyvest, Coura Carine Sene, qui dirige Wave Sénégal, Fatoumata Ba, dont le fonds n’est pas encore totalement opérationnel ou Andreatta Muforo, partner de la société d’investissement TLCom, représentée dans le classement par son fondateur. Des figures féminines qui, souhaitons-le, parviendront à se faire une place plus importante dans les prochaines éditions de notre top 50.

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L’heure de Pâques  

 

L’heure de Pâques

 

Comme l’année dernière, les communautés chrétiennes doivent adapter leurs horaires aux contraintes qui leur sont imposées en raison de la pandémie. Elles doivent notamment décaler la Vigile pascale, moment phare de toute l’année liturgique. Or le Missel romain stipule qu’elle se célèbre « entièrement de nuit. Elle ne peut commencer qu’après la tombée de la nuit ; elle doit être achevée avant l’aube du dimanche ».

On comprend aisément le sens de cette prescription. La célébration de nuit met en valeur le Christ « lumière du monde » qui, par sa résurrection, délivre l’humanité de la mort et des ténèbres. En veillant, le chrétien attend de voir resurgir le Christ glorieux, victorieux des enfers, symbolisé par le feu pascal flambant au-dehors. La transmission de la flamme d’un cierge à l’autre témoigne de l’espérance de toute une communauté en Celui qui a définitivement vaincu le mal et mis fin aux désespérances du monde.

Quelle que soit l’heure où il nous sera donné de vivre la joie de Pâques cette année, le Christ, seul maître des temps, sera bien présent au rendez-vous. Pour nous faire passer des ténèbres à la lumière qui ne s’éteint pas. Joyeuses Pâques.

[Infographie] Niger, Mali, Burkina : la stratégie de Barkhane a-t-elle atteint ses limites ?

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Mis à jour le 26 mars 2021 à 09h25
Attaques attribuées à l’EIGS depuis 2015 selon l’ACLED
Attaques attribuées à l'EIGS depuis 2015 selon l'ACLED ©

 

Les attaques de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) dans « la zone des trois frontières » s’intensifient. Malgré plusieurs offensives, les forces de Barkhane et du G5 Sahel ne semblent toujours pas parvenir à contenir l’avancée des jihadistes. Retour sur l’expansion du groupe en cartes.

« L’objectif militaire c’est “la zone des trois frontières” entre le Mali, le Burkina et le Niger, comme cela a été rappelé. La priorité c’est l’État islamique au Grand Sahara. » Un peu plus d’un an après ces déclarations du président français Emmanuel Macron à l’issue du sommet de Pau lors duquel il avait réuni, le 13 janvier 2020, les chefs d’État du G5 Sahel, la force Barkhane se targue d’avoir largement affaibli l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) et semble à nouveau se concentrer sur les groupes affiliés à al-Qaïda, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et la katiba Macina, dans le centre du Mali.

Pourtant, le groupe désigné comme l’ennemi numéro un de la lutte antiterroriste menée par Barkhane et les forces armées des pays du G5 Sahel dans cette région paraît plus actif et meurtrier que jamais. Pis, il semble désormais avoir pris pour stratégie principale de cibler en priorité les civils. Les attaques qui ont endeuillé le Niger en sont la preuve la plus récente. Le 15 mars, au moins 66 personnes – des civils – ont été tuées lors d’un raid mené contre plusieurs villages de la commune de Tillia, dans le Tillabéri, près de la frontière avec le Mali. Dimanche 21 mars, ce sont au moins 137 victimes qui ont perdu la vie dans des attaques visant des villages de la région voisine de Tahoua.

Depuis que l’EIGS, né en 2015 d’une scission avec le groupe jihadiste Al-Mourabitoune, sévit dans cette région du Sahel, il a mené plus de 800 attaques. Face à cet ennemi qui demeure insaisissable, plusieurs stratégies ont été adoptées. Aucune n’est pour l’heure parvenue à en terminer avec cette menace. État des lieux en infographies.

En septembre 2016, un an et demi après avoir prêté allégeance à l’État islamique, l’EIGS revendique sa première attaque contre le poste de douane de Markoye, au Burkina Faso. Un douanier et un civil sont tués. Le mouvement dirigé par Al-Sahraoui, encore isolé dans une zone dominée par al-Qaïda, commence cependant à faire parler de lui en multipliant les offensives. Selon l’Institut français des relations internationales, il ne serait composé que de quelques dizaines de combattants actifs, essentiellement des Maliens situés dans la région de Gao.

À la mi-2017, l’EIGS est réellement considéré comme une menace. Le mouvement se concentre alors à la frontière entre le Niger et le Mali. L’armée nigérienne et les forces françaises de Barkhane lancent une offensive dans la région, avec l’aide du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA) et du Groupe autodéfense touareg imghad et alliés (Gatia), des groupes armés alliés à Bamako. Les jihadistes reculent, mais les massacres intercommunautaires se multiplient et le nombre de victimes civiles augmente. Dans le même temps, l’EIGS, s’appuyant notamment sur les conflits intercommunautaires, recrute de nouveaux alliés.

En juillet 2018, devant l’escalade des attaques dont les bilans ne cessent de s’alourdir, Niamey rompt son alliance avec les groupes armés maliens et Barkhane en fait autant de son côté peu après. Dans le même temps, Mahamadou Issoufou met en place une stratégie de sensibilisation des communautés sous l’égide de la Haute Autorité à la consolidation de la paix (HACP) dans le but de regagner la confiance des populations. Mais les attaques de l’EIGS ne font qu’empirer, le groupe prenant notamment pour cibles des responsables locaux proches du gouvernement. Fin 2019, Issoufou revient à une approche militaire plus appuyée, menant des opérations massives avec le soutien de la France. Le nombre de victimes augmente encore. Les civils, victimes d’exactions de la part des jihadistes comme des militaires, paient un lourd tribut.

Réunis en janvier lors du sommet de Pau, en France, les chefs d’État des pays du G5 Sahel et leur homologue français décident de se concentrer sur l’EIGS. Emmanuel Macron envoie 600 militaires supplémentaires pour renforcer la force Barkhane, dont le contingent atteint 5 100 membres. Les opérations militaires Monclar et Bourrasque sont lancées conjointement avec les forces du G5 Sahel, mobilisant 8 000 hommes, dont 3 000 soldats sahéliens.

Dans le même temps, le GSIM et l’EIGS, qui avaient maintenu jusque-là une forme de modus vivendi, commencent à se disputer le contrôle du territoire. Ces affrontements entre groupes jihadistes vont faciliter les opérations menées par la force Barkhane, qui se targue d’avoir remporté des succès tactiques notables pendant la même période.

Après dix mois de campagne ciblant principalement l’EIGS, les forces françaises semblent se concentrer à nouveau sur le GSIM. Barkhane annonce avoir tué plusieurs hauts responsables de ce groupe. Lors du sommet du G5 Sahel à N’Djamena, ce 16 février, le président Idriss Déby Itno annonce l’envoi de 1 000 soldats tchadiens dans la zone. 

Les attaques ciblant les civils n’en continuent pas moins à monter en intensité, et les journées de deuil national à se répéter à un rythme inquiétant.

[Chronique] AstraZeneca, le nouveau Viagra ?

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Mis à jour le 25 mars 2021 à 16h08
 
 

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

Damien Glez

Au Togo, l’administration du vaccin AstraZeneca aurait entraîné une augmentation de la libido chez plusieurs patients. C’est ce qu’affirme le président du conseil scientifique de lutte contre le Covid-19.

Voilà au moins un argument qui réjouira les aficionados d’un vaccin anti-Covid en quête de réhabilitation populaire, après sa suspension temporaire dans plusieurs pays, notamment européens comme la Norvège ou la France, mais aussi africains comme la RDC, le Congo, le Cameroun, le Cap-Vert ou l’Eswatini. Les effets secondaires suspectés des doses d’AstraZeneca – des thromboses notamment – ne seraient pas tous indésirables.

Désir sexuel

Au Togo, une augmentation du désir sexuel aurait ainsi été observée chez certains vaccinés. Et dans ce pays où la grève du sexe est un instrument politique, la question des relations intimes n’est jamais classée au rang des sujets futiles…

Même si l’actualité de cette année de pandémie démontre que la détention d’une kyrielle de diplômes ne dispense pas d’être baroque, l’observateur de ce phénomène togolais post-vaccinal est loin d’être un farfelu. Président du conseil scientifique de lutte contre la Covid-19 au Togo, le docteur Didier K. Ekouevi s’est notamment vu remettre le prix Dedonder-Clayton 2018 des mains du professeur Françoise Barré-Sinoussi, Prix Nobel de médecine 2008.

Dans l’échantillon togolais de 1 520 professionnels de santé d’une enquête « flash », environ 70,6 % des personnes sondées ont évoqué des effets secondaires mineurs et passagers – s’estompant en moins de 24 heures dans 80 % des cas. Avec, parmi les dix symptômes physiques les plus fréquemment déclarés, l’augmentation de la libido.

Plus de maux de tête et de courbatures

Si cette information sanitaire diffuse, pour une fois, une joyeuse dose de légèreté, le lien de cause à effet est difficile à démontrer. Et les statistiques ne sont pas spectaculaires. Seuls 28 cas d’augmentation de la libido – 17 chez les hommes et 11 chez les femmes – ont été révélés par l’étude. Pour remettre cet appétit sexuel décuplé en perspective, cet effet secondaire représente ainsi 2,5 % des cas observés, contre 91,3 % pour les douleurs au point d’injection, 68,5 % pour les céphalées ou 55,3 % pour les courbatures. Pas de quoi inspirer aux vaccinés un week-end exclusivement consacré à l’exploration du Kâmasûtra…