Témoignages

 

Mali : dix choses à savoir sur le chérif de Nioro, le chef religieux qui veut prolonger la transition

Mis à jour le 20 octobre 2021 à 09:30


chérif de Nioro, en septembre 2020. © MICHELE CATTANI / AFP

 

Chef des hamallistes, Mohamed Ould Checkne, dit « Bouye », est une figure importante de la scène politico-religieuse malienne. Depuis quelques mois, cet imam demande que l’élection présidentielle de février 2022 soit repoussée.

1. Fils d’un résistant

Né en 1937, Mohamed Ould Cheikh Hamahoullah, dit « Bouye », est le huitième d’une fratrie de dix enfants. À Nioro du Sahel, il dirige la famille Hamahoullah. Dans Chérif Hamahoullah, homme de foi et résistant (Éd. L’Harmattan), l’historien mauritanien Alioune Traoré dit de lui qu’il « est réputé pour sa piété ». Son père, Cheikh Hamahoullah, était un mystique soufi et un résistant à l’administration coloniale française qui le considérait comme « dangereux » et « anti-français », selon le journaliste et historien Seidina Oumar Dicko dans Hamallah, le protégé de Dieu (Éd. Al Bustane). Figure importante de l’islam en Afrique de l’Ouest, Cheikh Hamahoullah a fondé le hamallisme, un mouvement d’obédience tidjani dont le berceau est Nioro du Sahel, dans la région de Kayes, à l’ouest du Mali.

2. Chef spirituel…

Depuis 1966, seul enfant vivant de Cheikh Hamahoullah, Bouye dirige la zawiya hamalliste de Nioro du Sahel. Cette position lui confère un rôle incontournable sur la scène politico-religieuse malienne.

Certains n’hésitent pas à appeler Nioro du Sahel – où plusieurs obédiences de la Tidjaniya coexistent – le « Qom malien », en comparaison à cette ville iranienne qui a vu naître les premières secousses de la révolution islamique et ville sainte des chiites.

3. … Et commerçant

Le chérif de Nioro n’est pas seulement un guide religieux. C’est aussi un grand commerçant, importateur de produits alimentaires, qui a la réputation de pratiquer des prix relativement bas. Il bénéficierait d’un système de dégrèvement fiscal de la part des autorités. « Ces exonérations permettent aux populations d’accéder à des produits de moindre coût, ce qui consolide davantage l’assise du chérif de Nioro », confie un anthropologue originaire de Nioro du Sahel.

Il est issu d’une lignée de négociants. Son grand-père était commerçant à Kamba (Ségou), où est également né son père. Le développement des activités économiques a été « impulsé par les commerçants et hauts fonctionnaires membres de la confrérie », explique le journaliste mauritanien Lemine Ould Mohamed Salem, fin connaisseur de la région. Elles ont pour but premier de « mettre fin à l’isolement économique de Nioro et de faire vivre la région qui était par le passé un grand carrefour commercial, mais a perdu cette position depuis l’indépendance », ajoute Lemine Ould Salem.

4. Partisan d’IBK

Il s’est distingué dans la sphère religieuse par son positionnement partisan. En 2013, lors des élections présidentielles, il n’a pas hésité à donner une consigne de vote en faveur d’Ibrahim Boubacar Keïta, dit « IBK », candidat du Rassemblement pour le Mali (RPM), qui a raflé la mise au second tour avec 77,6 % des suffrages. Il avait même publiquement annoncé avoir mis la main à la poche pour financer la campagne de ce dernier, à hauteur de 100 millions de francs CFA (environ 152 000 euros). Cinq ans plus tard, le chérif de Nioro, soutenu par l’influent imam Mahmoud Dicko, n’a pas hésité à déclarer publiquement sa « déception » vis-à-vis d’IBK, alors candidat à sa propre succession.

Pourtant, en pleine contestation du Mouvement du 5 juin–Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), il était apparu en soutien d’IBK. Un retournement qui lui avait valu des accusations de trahison de la part des partisans du M5-RFP dont l’autorité morale n’était autre que… Mahmoud Dicko.

Dans le gouvernement restreint mis en place par Ibrahim Boubacar Keïta et dirigé par Boubou Cissé, Abdoulaye Daffe, ministre de l’Économie et des Finances, arrêté par les putschistes en août 2020, est présenté comme l’un des protégés du chérif. Ce dernier s’était absenté lors du premier Conseil des ministres pour se rendre chez le chérif de Nioro. Il aurait également, à cette époque, proposé Choguel Maïga au poste de ministre de l’Administration territoriale.

5. « Directeur de conscience » de Mahmoud Dicko

Le chef des hamallistes est présenté comme le « directeur de conscience » de l’imam Dicko, qui s’est toujours aligné sur ses positions et décisions. Ce fut notamment le cas en 2018 lorsque le chérif a retiré son soutien au président Keïta, qu’il avait pourtant soutenu en 2013.

Dans sa thèse intitulée Les Formes d’articulation de l’islam et de la politique au Mali (2015), Boubacar Haidara écrit : « Si idéologiquement chérif Bouye Haïdara est naturellement plus proche de chérif Ousmane Madani Haïdara, du fait de leur appartenance commune au soufisme, il semble toutefois partager les aspirations politiques de Mahmoud Dicko. Cette cause commune les a ainsi réunis autour de Sabati 2012 [un mouvement de jeunes musulmans, ndlr]. »

Cependant, si le chérif de Nioro et l’imam Dicko ont un positionnement commun sur les questions de gouvernance et de politique, Gilles Holder, anthropologue au CNRS et spécialiste des dynamiques sociales de l’islam, a émis des doutes quant à la pérennité de cette alliance.

6. Après IBK, Aliou Boubacar Diallo

En 2018, lorsque le chérif de Nioro retire son soutien à IBK, il appelle à voter pour Aliou Boubacar Diallo, riche entrepreneur minier, lui-même ancien soutien financier d’IBK, et par ailleurs descendant d’un compagnon du fondateur du mouvement hamalliste.

7. La tête de Boubeye

À Bamako, le 10 février 2019, un meeting est organisé au stade du 26-mars par le Haut conseil islamique du Mali, alors dirigé par l’imam Mahmoud Dicko. La mauvaise gouvernance, l’instabilité sécuritaire ou encore la présence française sont la cible des orateurs. À la tribune, l’envoyé de Bouye a une cible privilégiée : « Le chérif de Nioro exige la démission du Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga. Cette démission peut atténuer le différend qui oppose le chérif au président. » Une prise de position qui intervient en pleine polémique sur le contenu de manuels scolaires sur l’éducation sexuelle. Soumeylou Boubeye Maïga finira par rendre son tablier quelques semaines plus tard.

8. Brouille avec Karim Keïta

En 2013, après l’accession d’IBK au pouvoir, le fils de ce dernier, Karim, ambitionnait de se porter candidat aux élections législatives en commune II du district de Bamako. Mais son président de père s’y opposa fermement. Le chérif de Nioro est alors intervenu pour convaincre Ibrahim Boubacar Keïta de changer d’avis.

Depuis, les relations entre les deux hommes ont radicalement changé. Lorsque le Premier ministre Boubou Cissé avait rendu visite au chérif de Nioro pour lui demander de plaider auprès du M5-RFP afin de convaincre les cadres du mouvement de renoncer à la marche du 29 juin, celui-ci lui avait fait passer le message qu’il fallait écarter Karim Keïta du pouvoir. Quelques mois plus tard, après la chute du président malien, il avait expressément appelé les militaires putschistes à ne pas collaborer avec le fils de l’ancien président.

9. Il soutient les militaires, mais…

Dans les mois qui ont suivi l’installation des autorités de transition, en 2020, le chérif de Nioro s’est d’abord montré critique envers les nouveaux maîtres de Bamako, bien qu’il se soit publiquement prononcé en faveur des militaires pour diriger la transition.

Lors de ses sermons du vendredi, dans sa zawiya de Nioro du Sahel, il a plusieurs fois dénoncé sa mise à l’écart par les nouvelles autorités, regrettant notamment de ne pas avoir été consulté lors de la mise en place du Conseil national de transition (CNT), l’organe législatif de la transition.

Début 2021, il réclame le limogeage de Bintou Founé Samaké, la ministre de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille du gouvernement de Moctar Ouane. Sa faute ? Avoir voulu faire passer un avant-projet de loi sur les violences basées sur le genre, considéré comme un « projet de l’Occident » par le Haut conseil islamique du Mali.

Depuis quelques mois, ces critiques ont cependant cédé la place à des appels récurrents à soutenir la transition.

10. Pour la prolongation

Le vendredi 23 juillet, à la fin de la prière, le chérif de Nioro, s’est clairement exprimé : « Si vous voulez qu’on avance, donnons-nous du temps. Nous, Maliens, devons œuvrer à ce que cette transition soit prolongée. Si nous avons l’espoir et l’ultime conviction que les autorités actuelles de la transition peuvent mieux faire, je demande une prolongation de 2 à 3 ans de la transition », a-t-il déclaré, dans des propos qui ont ensuite été confirmés par son chargé de communication.

kiye2021
L'hebdomadaire de la paroisse de Nioro du Sahel n°13 du jeudi 21 octobre 2021:  "Opter pour la vie en Dieu c'est se faire détester  par les antichrists. Voilà le sens de la division. "  
Textes du jour :
Rm 6, 19-23
Lc 12, 49-53
Bien-aimés dans le Seigneur, recevez nos salutations depuis la paroisse de Nioro du Sahel dans le diocèse de Kayes au Mali. 
« Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, je vous le dis, mais bien plutôt la division » (Lc 12, 49-53)
Bien-aimés dans le Seigneur, vivre les exigences de la vérité n'est pas un plat que l'on retrouve sur toutes les tables à la noce. La recherche des plaisirs de ce monde, nous pousse souvent à taire la vérité pour obtenir le bien de ce monde, sans penser au trésor qui ne connaîtra ni souillure ni vieillesse dans le Royaume des Cieux. Mais, disons nous, est-ce facile de prendre librement une position contraire à l'idéologie de sa famille biologique, religieuse ou politique ou à un autre groupe donné auquel on appartient lorsque l'on est conscient que c'est ce que Jésus attend de nous ? Bien souvent nous sombrons dans un fanatisme aveugle par peur du regard des hommes ou par peur de perdre tel ou tel avantage. Nous jonglons entre les vérité et nous croyons que c'est cela être sage. À la manière du monde, oui. Malheureusement cela nous fait  perdre gros devant Dieu.
Frères et sœurs en Christ, le choix de la vie en Dieu n'est jamais facile. Il nous coupe généralement du monde et personne ne nous comprendra. Nous serons traités de durs, de mauvais, de méchants parce que notre approche est différente des autres. Que cela ne nous déconcerte pas. Si l'on a traité ainsi le bois vert que fut Jésus-Christ lui-même, qu'en sera-t-il du bois sec que nous sommes ?
Oui bien-aimés dans le Seigneur, que jésus nous certifie qu'il était venu apporter non pas la paix mais la division sur terre n'a de sens que par rapport à l'option préférentielle entre ceux qui acceptent de vivre dans la vérité qu'il incarne et par-là ', perdent les avantages de ce monde et ceux qui optent pour les avantages du monde. Conscient que nul n' est parfait même lorsque l'on opte pour la vie en Dieu,  nous voulons ici insister sur l'effort à faire pour vivre la vie en Dieu. Et cet effort n'est possible que par une opération mentale qui nous permet d'évaluer les actes que nous posons dans la société surtout envers les autres. Il nous arrive de voir que tel acte posé, ne rume en rien, ne lui ôte jamais ce qu'il a de fondamentalement humain: sa dignité d'enfant de Dieu. Et lorsque j'y réfléchis en moi-même, cela m'ispire la honte de l'avoir commis surtout s'il n'est même pas au courant. C'est ce que Saint Paul clarifie dans la première lecture, en employant un langage humain, dit-il, adapté à notre faiblesse lorsqu'il dit:
"Qu’avez-vous récolté alors, à commettre des actes dont vous avez honte maintenant ?" (Rm 6, 19-23) Nous pouvons renchérir en disant : Qu'avez-vous récolté commettant telle injustice, en trompant votre partenaire, en salissant la réputation de votre frère ou de votre sœur par des mensonges grossiers ? Qu'avez-vous gagné en falcifiant le dossier de votre collègue, en vous livrant à la débauche pour avoir du travail ou une promotion? Qu'avez-vous gagné , en favorisant X en lieu et place de Y ? Peine perdue. 
 Par contre vivre dans la vérité de Dieu nous garantit la vie. La vie en Dieu nous rend libres de toutes pesenteurs existentielles. Nous ne serons esclaves d'aucune idéologie partisane. Et au finish, nous garantit l'héritage impérissable : la vie éternelle. 
Le Seigneur soit avec vous !
✍🏾Père KIYE M. Vincent, Missionnaire d'Afrique
Paroisse de Nioro du Sahel
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Mali : libération de l’otage colombienne sœur Gloria Cecilia Narvaez

Par Jeune Afrique
Mis à jour le 10 octobre 2021 à 10:29


Sœur Cecilia Narvaez Argoti, dans une vidéo rendue publique le 2 juillet 2017. © AFP

Cette religieuse franciscaine colombienne avait été enlevée en février 2017 par des jihadistes au Mali. La présidence malienne a annoncé samedi sa libération.

La présidence du Mali a salué dans un communiqué « le courage et la bravoure de la sœur », précisant que cette libération est « le couronnement de 4 ans et 8 mois d’efforts conjugués de plusieurs services de renseignements ».

« Je remercie les autorités maliennes, le président, toutes les autorités maliennes pour tous les efforts que vous avez fait pour me libérer. Que Dieu vous bénisse, que Dieu bénisse le Mali », a déclaré la religieuse à la télévision publique malienne.

Elle est apparue aux côtés du président par intérim, le colonel Assimi Goïta, est de l’archévêque de Bamako Mgr Jean Zerbo.

NOUS AVONS BEAUCOUP PRIÉ POUR SA LIBÉRATION

Mgr Zerbo a assuré à l’AFP que la religieuse « se porte bien ». « Nous avons beaucoup prié pour sa libération. Je remercie les autorités maliennes et les autres bonnes volontés qui ont permis cette libération », a-t-il dit.

Gloria Cecilia Narvaez fait partie des Franciscaines de Marie Immaculée, une congrégation d’origine suisse fondée en 1893 et présente dans 17 pays.

Elle avait été enlevée le 7 février 2017 près de Koutiala, à 400 km à l’est de Bamako. Elle travaillait alors comme missionnaire depuis six ans dans la paroisse de Karangasso avec trois autres religieuses.

Elle s’était volontairement livrée à ses ravisseurs

Selon une de ses collègues, sœur Carmen Isabel Valencia, sœur Gloria Cecilia Narvaez s’était volontairement livrée à ses ravisseurs alors qu’ils s’apprêtaient à enlever deux religieuses plus jeunes. « Je suis la supérieure, emmenez-moi », avait-elle dit, selon cette collègue.

Le frère de l’ex-otage s’est dit ému, après avoir eu confirmation de la libération. « Dieu merci, elle est en bonne santé, ils m’ont envoyé des photos et elle a l’air bien », a réagi Edgar Narvaez.

Le président de la Conférence épiscopale de Colombie, Mgr Mario de Jesús Álvarez Gómez, a pour sa part exprimé son « immense joie ».

« Je me réjouis énormément de la nouvelle de la libération au Mali de notre chère compatriote, la religieuse Gloria Cecilia Narváez, un objectif que nous nous étions fixé au sein du gouvernement national et pour lequel nous avons travaillé avec le président (colombien Ivan) Duque pendant de nombreux mois », a déclaré pour sa part dans un communiqué la ministre colombienne des Affaires étrangères, Marta Lucía Ramírez.

Mme Ramirez a également souligné les « efforts humanitaires du gouvernement français pour contribuer à cette réussite ».

Une source proche de la médiation a confié à l’AFP que la religieuse n’avait pas été maltraitée pendant sa détention et qu’elle a appris le Coran. « Nous ne dirons pas de détails. Les négociations ont duré des mois, des années », a souligné cette source.

Détenue par « un groupe du GSIM », lié à Al-Qaïda

Un responsable de l’aéroport de Bamako, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a indiqué à l’AFP que Gloria était arrivée samedi soir dans la capitale malienne d’où elle doit prendre l’avion pour Rome. Le départ de Bamako de la Colombienne a été confirmé par l’archevêché de la ville.

Dans une lettre transmise en juillet dernier par la Croix-Rouge à son frère, sœur Gloria Narvaez expliquait être détenue par « un groupe du GSIM », le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lié à Al-Qaïda.

Les enlèvements sont courants au Mali, pays sahélien pris dans la tourmente depuis le déclenchement d’insurrections indépendantiste et jihadiste dans le nord en 2012. Le conflit a fait des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés, malgré l’intervention de forces onusiennes, françaises et africaines.

Un journaliste français, Olivier Dubois, a été enlevé début avril dans le Nord du Mali par des jihadistes affiliés à Al-Qaïda.

 

 

Libération de sœur Gloria : les proches des otages maliens se réjouissent mais s’interrogent

Plusieurs otages, dont une dizaine de Maliens, sont encore aux mains des jihadistes du GSIM (« Jnim »), le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans, dirigé par Iyad Ag Ghali. (Illustration)

Plusieurs otages, dont une dizaine de Maliens, sont encore aux mains des jihadistes du GSIM (« Jnim »), le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans, dirigé par Iyad Ag Ghali. (Illustration)
 AFP - HANDOUT

La religieuse colombienne sœur Gloria Cécilia Narvaez a été libérée samedi 9 octobre après quatre années et huit mois de captivité. Mais les jihadistes détiennent encore plusieurs otages, dont au moins une dizaine de Maliens.

Sœur Gloria Narvaez était détenue par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou Jnim), dirigé par Iyad Ag Ghali. Sa libération a été obtenue au terme de négociations menées par les autorités maliennes de transition et par l’association chrétienne Sant’Egidio, à la demande du Vatican.  

Une libération qui ne doit pas faire oublier les autres otages toujours aux mains du Jnim, parmi lesquels le journaliste français Olivier Dubois, détenu depuis plus de six mois, parmi lesquels également au moins une dizaine de Maliens –tous les cas ne sont pas publics-, dont beaucoup de représentants de l’État, enlevés précisément pour cette raison.  

Sakouba Mady Dembele, le secrétaire général adjoint du Syltmat, le Syndicat libre des travailleurs du ministère de l'Administration territoriale, est mobilisé pour la libération de ses collègues. « Les syndicats du ministère de l’Administration territoriale se réjouissent de la libération de sœur Gloria, nous avons toujours compati à sa douleur. Mais chez nous, les collègues Drissa Sanogo préfet de Gourma-Rharous, le sous-préfet Ali Cissé, ont été enlevés dans l’exercice de leurs fonctions. Il y a aussi des agents de collectivité, des régisseurs et mêmes des enseignants qui sont aux mains des ravisseurs, et il y a longtemps de cela. Nous apprécions la libération de sœur Gloria, mais nous attendons la libération de nos collègues depuis des années. »

► À lire aussi : Le Mali annonce la libération de la religieuse colombienne Gloria Narvaez enlevée en 2017

À cette occasion, le président de la transition Assimi Goïta a précisé que des actions étaient toujours en cours pour faire libérer tous les otages détenus, étrangers et maliens. « Les plus hautes autorités du Mali nous ont fait comprendre qu’elles sont à pied d’œuvre, admet le secrétaire général adjoint du Syltmat, avant de nuancer : Mais pour le moment, nous sommes dans l’attente et il n’y a rien de concret. »

Si Sakouba Mady Dembele se réjouit bien évidemment de la libération de sœur Gloria, elle a également pour lui un goût amer. « C’est avec stupéfaction qu’on a appris la libération de sœur Gloria sans nos collègues. Je pense que s’il y a la volonté, les hautes autorités pouvaient le faire. Mais nous restons optimistes : tous les Maliens en otage vont être libérés. Il est important pour soulager les familles qu’elles sentent les efforts des hautes autorités. Donc communiquer, au moins avec les familles, pour qu’elles sachent à quel niveau ils sont dans la recherche de solution dans la libération de ces otages. »

Le représentant du Syltmat précise que depuis la libération de sœur Gloria, il n’a eu aucun contact avec les autorités. Il espère néanmoins pouvoir discuter de la situation avec elles bientôt. « Dans les jours qui viennent, nous souhaitons les rencontrer pour savoir ce qu’il s’est passé, qu’est-ce qui a empêché la libération de nos collègues et des autres maliens ? On s’interroge sur la sincérité des propos qu’on nous tient. Est-ce que, réellement, on est en train de faire quelque chose pour la libération de nos otages ? »

► A lire aussi : Mali: deux hauts fonctionnaires retenus en otage apparaissent dans une vidéo du GSIM

Sommet Afrique-France : Amah Akodéwou, une jeune tête chercheuse togolaise

Portrait 

À l’occasion du sommet Afrique-France qui se déroule à Montpellier ce 8 octobre, Amah Akodéwou est l’un des nombreux invités à être consulté sur l’écologie en Afrique. Ingénieur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), il est particulièrement inquiet par la perte de la biodiversité.

  • Ysis Percq, 
Sommet Afrique-France : Amah Akodéwou, une jeune tête chercheuse togolaise
 


Devant le ministre français de l’agriculture Julien Denormandie, Amah Akodewou, doctorant togolais récemment embauché en tant qu’ingénieur au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) de Montpellier, ne se démonte pas.

→ EXPLICATION. Refonder une relation entre la France et l’Afrique grâce aux jeunes

Au micro, à l’occasion de l’événement universitaire Global Days en marge du sommet Afrique-France, il aborde la question de la déforestation, de l’intérêt d’écouter toutes les populations du continent africain, ou encore de l’utilisation de la télédétection par satellite.

Détermination pour remuer les mentalités

Sa détermination pour remuer les mentalités en faveur de la biodiversité est entière. « Je me suis très tôt, dans mon enfance au Togo, passionné pour les questions environnementales, témoigne le jeune doctorant âgé d’une quarantaine d’années. Je me suis toujours demandé comment, à ma petite échelle, contribuer à résoudre les problèmes environnementaux auxquels nous faisons face ? Cette question est le fil rouge de mon parcours. Mais pour résoudre un problème, il faut d’abord le comprendre. »

→ A LIRE. La crise climatique, la pire des crises sanitaires

Ainsi, après avoir suivi des études à l’Université de Lomé au Togo, puis obtenu un diplôme universitaire de gestion des aires protégées au Burkina Faso, Amah Akodéwou est venu en France pour soutenir une thèse sur les effets de l’anthropisation (1) sur les plantes envahissantes à l’échelle d’une zone protégée au Togo. Il a posé ses valises en 2015 à Montpellier sans s’imaginer qu’il s’y installerait. Dans quelques semaines, il deviendra père.

Expert en écologie et en télédétection

L’expertise en écologie mais aussi en télédétection du chercheur embauché au Cirad en 2020 profite à plusieurs missions menées en Afrique par cet organisme. Au Niger, pour le Cirad, Amah Akodéwou cartographie l’occupation des sols, estime les stocks de bois et accompagne la population dans l’aménagement de la gestion forestière. Au Cameroun, il scrute l’évolution des sols naturels vers les terres agricoles.

L’utilisation de la télédétection par satellite, conjuguée à un inventaire relevé directement sur le terrain ainsi qu’à l’historique d’occupation d’un lieu, permet au chercheur de conclure que les zones cultivées empêchent les espèces natives de se développer.

Si le changement climatique est au cœur des préoccupations mondiales, la perte de la biodiversité inquiète particulièrement le jeune chercheur. « La biodiversité permet de nourrir la population. Le changement climatique est extrêmement médiatisé alors que la perte de la biodiversité est bien plus concrète pour expliquer les conséquences de l’activité humaine », alerte-t-il.

Sensibilisation de la population

D’une mission à l’autre, d’un pays à l’autre, Amah Akodéwou rencontre, en Afrique, une population hétéroclite tout en aiguisant son regard sur la jeunesse africaine actuelle. Son constat est sans appel : les jeunes sont ne sont pas assez sensibilisés à l’écologie. « La jeunesse n’est malheureusement pas autant mobilisée qu’en Europe. La prise de conscience n’est pas encore là, estime-t-il. L’usage des herbicides reste encore abusif et incontrôlé, majoritairement par les agriculteurs qui ne sont pas suffisamment informés des conséquences et privilégient la facilité ».

Ainsi, sur le terrain, Amah Akodéwou s’attache à expliquer, démontrer, sensibiliser les habitants : « Je leur dis qu’ils ont l’avenir de leurs forêts entre leurs mains. Je ne tombe surtout pas dans un discours trop scientifique. Et peu à peu, à force d’informer, les choses changeront. »

(1) L’anthropisation est la modification d’un milieu dit « naturel » par les activités humaines.

Sous-catégories

Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)

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