Témoignages

 

Macron à Cotonou : le grain de pili-pili de l’opposition française

Alors qu’Emmanuel Macron arrivait au Bénin, une lettre de députés français l’invitait à ne pas « servir de caution » à un régime aux « dérives autoritaires ».

Mis à jour le 27 juillet 2022 à 17:09
 
Damien Glez
 

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

 

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© Damien Glez

 

Un président voyageur doit surveiller ses arrières tout autant que ses « avants ». Si c’est à son point de destination camerounaise qu’Emmanuel Macron recevait, en début de semaine, un topo de défenseurs des droits humains sur l’emprisonnement de « leaders séparatistes et opposants », c’est de la France qu’il recevait un courrier, au moment où il posait les pieds au Bénin, ce mercredi 27 juillet.

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« Nous souhaitons attirer votre attention sur la situation politique dans ce pays » où « la situation des opposants politiques au régime » est « de plus en plus alarmante », avec des « parodies de procès », notamment ceux de l’ancienne garde des Sceaux Reckya Madougou et du constitutionnaliste Joël Aïvo : datée du 26 juillet, la lettre qui dénonce des « dérives autoritaires » du régime de Patrice Talon est signée par près de 80 députés français. Ces élus craignent que le faste du déplacement présidentiel serve de caution à un pays dont la réputation de Quartier latin de l’Afrique semble un peu ternie par les récentes déconvenues de l’opposition. Et ceci même si un air de décrispation semble souffler, ces dernières semaines, sur l’ex-Dahomey.

Fronde domestique ?

Certainement blasé, le chef de l’État français sait que les missives écrites sous les lambris de son Assemblée nationale ont une vocation… nationale. Nombre des signataires de la lettre sont membres de la « Nupes », cette coalition de gauche que mena Jean-Luc Mélenchon et qui entend animer la nouvelle législature : l’initiateur écologiste Hubert Julien-Laferrière, membre de la commission des Affaires étrangères, les écologistes très en vue Julien Bayou et Sandrine Rousseau, les communistes Fabien Roussel et André Chassaigne, les socialistes Olivier Faure et Jérôme Guedj ou encore l’insoumise Clémentine Autain. À l’heure où le bloc législatif macronien s’est réduit comme peau de chagrin – passé de majorité absolue à majorité relative –, il est plus inquiétant que certains signataires de la lettre appartiennent à une formation politique qui évolue toujours dans le giron de ladite majorité : le parti « En commun ! » de l’ancienne ministre de Macron Barbara Pompili.

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À propos du Bénin, le secrétaire d’État français auprès de la ministre de l’Europe et des Affaires étrangères s’est contenté de rappeler les sujets du déplacement élyséen : la lutte antiterroriste, la sécurité alimentaire et la coopération artistique et culturelle. Plus globalement, sur la nouvelle stratégie d’Emmanuel Macron en Afrique – le traitement du nouvel « illibéralisme » politique africain par des échanges directs avec ses homologues –, l’Élysée a déjà balayé du revers de la main toute « injonction médiatique ». Même publiée dans la presse, une lettre d’élus est un peu plus que « médiatique ».

Commission épiscopale Justice et Paix de Banfora : l’aurevoir du père Macaire SANDOUIDI


Commission épiscopale Justice et Paix de Banfora : l’aurevoir du père Macaire SANDOUIDI

 

Trois années, c’est le temps que le père Macaire SANDOUIDI aura passé à la tête de la Coordination diocésaine Justice et Paix de Banfora (CDJP). Aujourd’hui envoyé en mission d’études à Rome en Italie, il a dit aurevoir à toutes les personnes physiques et morales qui n’ont eu de cesse d’accompagner la CDJP. C’était à l’occasion d’une messe d’action de grâce célébrée le 24 juillet 2022 à Banfora en présence d’autorités administratives, coutumières et religieuses de la région.

L’émotion était au rendez-vous ce 24 juillet 2022 à l’occasion de la messe d’action de grâce pour les trois années que le père Macaire SANDOUIDI a passé à Banfora en tant que non seulement Coordonnateur diocésain de la Commission épiscopale Justice et Paix, mais aussi respectivement curé de la paroisse Saint Viateur et directeur de l’établissement Louis Querbes.

Avec la coordination diocésaine, ce sont essentiellement des actions en faveur de la cohésion sociale qui ont été développées ce, grâce à la forte mobilisation de différents acteurs. « Durant ces années, nous avons travaillé ensemble, nous avons appris à nous connaitre, à nous accepter et à nous aimer. A travers la Coordination Justice et Paix, nous avons initié beaucoup de choses pour la cohésion sociale et la paix dans notre région », a rappelé le père Macaire SANDOUIDI.

 

 

Le père Macaire a salué l’accompagnement des différents acteurs à la Commission épiscopale Justice et Paix

Il n’a donc pas manqué de réitérer ces remerciements aux premières autorités de la région dont le gouverneur des Cascades, le Haut-commissaire de la province de la Comoé, les préfets des départements de Banfora et de Tiéfora, aux membres des délégations spéciales, et aux chefs religieux et coutumiers. Il les a aussi invitées à continuer dans cette dynamique de recherche de la paix comme elles l’ont déjà fait à travers les deux premières éditions de la journée des communautés initiée par la Coordination diocésaine Justice et Paix.

Présents à cette messe d’action de grâce, le Haut-Commissaire de la province de la Comoé, le préfet du département de Tiéfora et les chefs de Terre de Banfora et de Corona ont unanimement salué un homme très proche des communautés qui a beaucoup œuvré pour la paix et la cohésion sociale dans la région. « C’est grâce à lui que j’ai connu la Commission Justice et Paix, pas seulement à Banfora, mais aussi pour ce qu’ils font à travers le pays », a confié Madame Aminata SORGHO/GOUBA, Haut-commissaire de la Comoé.

Quant au père Macaire SANDOUIDI, il a rassuré que même s’il s’en va, la Commission épiscopale Justice et Paix demeure et les actions qui ont été entreprises continueront. Pour terminer, il a émis le souhait de voir la journée des communautés devenir une activité phare dans la région des Cascades qui regroupe les groupes ethniques et les communautés sœurs du Burkina Faso vivant dans la région, pour témoigner que le vivre-ensemble est possible dans la différence.

 

 
photo de famille avec l’ensemble de ses collaborateurs

Ouattara, Gbagbo, Bédié : et s’ils nous surprenaient ? par Marwane Ben Yahmed

Les trois monstres sacrés de la politique ivoirienne vont-ils renoncer à jouer le match retour en 2025 ? On se prend à rêver…

Mis à jour le 25 juillet 2022 à 15:15
 
Marwane Ben Yahmed
 

Par Marwane Ben Yahmed

Directeur de publication de Jeune Afrique.

 

 

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© De g. à dr. : Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, à Abidjan, le 14 juillet 2022.

 

Abidjan, jeudi 14 juillet, en fin d’après-midi. Sur le perron du petit palais de la Présidence, le protocole est sur le qui-vive. Pour la première fois depuis la fin de 2010, Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié ont rendez-vous pour une rencontre au sommet. Une rencontre historique selon la plupart des observateurs et des médias locaux, minutieusement préparée par les états-majors respectifs des trois monstres sacrés de la politique ivoirienne.

Décrispation

L’atmosphère est particulièrement détendue. Le chef de l’État et les deux anciens présidents se donnent l’accolade, sourient, se tiennent par la main comme d’anciens copains d’école qui ne se sont pas vus depuis des lustres et prennent plaisir à se retrouver pour évoquer le bon vieux temps. « La rencontre de ce jour a été une rencontre de retrouvailles destinée à renouer le contact et à échanger dans la vérité sur toutes les grandes questions. Le président de la République et ses deux prédécesseurs ont exprimé leur volonté de faire de ce premier rendez-vous un levier de décrispation du climat politique et social en Côte d’Ivoire », a expliqué le benjamin, Laurent Gbagbo, au sortir de leur entrevue, qui a duré plus d’une heure et au cours de laquelle les sujets de la cherté de la vie, des grands chantiers en cours ou des conséquences de la guerre en Ukraine ont été abordés.

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« Les uns et les autres considèrent qu’il s’agit d’une réunion extraordinaire. Mais on doit considérer qu’elle est ordinaire et qu’elle se répétera régulièrement. À chaque fois que mes prédécesseurs auront le temps de reprendre ces échanges, je ferai appel à eux pour recueillir leurs avis et recommandations. Ce sera une bonne chose pour la nation de les entendre et de les écouter, [en raison de] leur connaissance du pays, [de] leur expérience et [du] poids politique qu’ils représentent », a ajouté Alassane Ouattara.

Éléphants et fourmis

Qu’il est loin le temps de la guerre, des crises postélectorales, des parties de poker menteur, des tensions et des menaces de coups d’État ! L’heure est à l’apaisement et au mantra en vigueur depuis plus d’une décennie : la réconciliation. Mieux, les o­uailles, mais aussi les concurrents de nos trois ténors, n’ont plus aucune raison de plastronner ni de s’écharper. Leurs désaccords ou leur entente dictent depuis près de trente ans le climat politique national. Quand les éléphants ne se battent plus, les fourmis cessent de mourir…

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On ne peut que se féliciter de cette initiative et de la décrispation qui en découle. Attention cependant, ce n’est qu’un premier pas tant les sujets de contentieux sont nombreux et restent sur la table : amnistie de prisonniers, retour des exilés, réforme de la Commission électorale nationale indépendante, découpage électoral, recouvrement des avantages liés au statut d’ancien chef de l’État de Laurent Gbagbo ou au statut d’un certain nombre de ses proches… Espérons que les fruits passent la promesse des fleurs.

Renouvellement générationnel

Si l’heure n’est plus à l’inquiétude, du moins en attendant les élections locales de 2023, il n’est pas interdit de rêver et d’attendre davantage de Ouattara, Bédié et Gbagbo, qui auront respectivement 83, 91 et 80 ans à l’orée de la prochaine présidentielle, à la fin de 2025. Soyons fous : ils pourraient tous trois, à l’occasion d’une prochaine réunion tripartite, nous annoncer de concert qu’ils renoncent définitivement à « jouer le match retour », donc à concourir.

Ils désigneraient chacun celui ou celle appelé à reprendre le flambeau au sein de leur formation, quitte à ce qu’eux-mêmes en conservent les rênes dans un premier temps. Vœu pieux ? Ce serait en tout cas un geste symbolique fort et inédit, qui concrétiserait leur volonté de réconciliation et démontrerait qu’ils se préoccupent davantage de l’avenir du pays que de régler leurs comptes personnels. Cela illustrerait, surtout, le renouvellement générationnel tant attendu des Ivoiriens. À condition qu’ils prennent ensemble cette décision et la mettent en pratique concomitamment. C’est, après tout, le sens de leur histoire commune : leur affrontement accapare la scène politique ivoirienne depuis si longtemps qu’ils ne peuvent la quitter sans crainte que tous les trois en même temps.

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Huit sœurs de la congrégation des Sœurs de l’Immaculée Conception de Ouagadougou (SICO) ont professé leurs vœux perpétuels ce samedi 16 juillet 2022.

Cet évènement très spécial pour la congrégation a été célébré dans la cour du noviciat des Sœurs de l’Immaculée Conception situé à Pabré.

La cérémonie de profession de vœux perpétuels a été présidée par Monseigneur Prosper KONTIEBO (évêque de Tenkodogo).

 

 

Les Sœurs de l’Immaculée Conception de Ouagadougou vivent une semaine très spéciale en ce mois de juillet. Après la profession des vœux temporaires de 7 sœurs vendredi 15 juillet 2022, c’est au tour de 8 sœurs de prononcer leurs vœux perpétuels ce samedi 16 juillet.

L’enceinte du noviciat des SICO à Pabré était noire de monde aux environs de 9 heures. En effet, plusieurs fidèles chrétiens et autorités de la localité ont effectué le déplacement pour honorer de leur présence la célébration des professions de vœux perpétuels de 8 sœurs des SICO.

Les 8 Sœurs se sont engagées définitivement par profession perpétuelle des conseils évangéliques de chasteté, pauvreté et obéissance à la suite du Christ.

Elles ont prononcé leurs vœux perpétuels en ces termes : «Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit Amen. En présence de la très Sainte Trinité, moi Sœur X., devant vous excellence Mgr Prosper KONTIEBO et devant cette assemblée qui représente l’Église, et entre vos mains Révérende Mère Pauline SAWADOGO, je fais vœu de Chasteté, Pauvreté, et Obéissance pour toujours selon les constitutions des Sœurs de l’immaculée Conception de Ouagadougou. Je m’engage à vivre la vie communautaire avec mes sœurs et à travailler aux œuvres apostoliques de l’Église auxquelles je serai envoyée par mes supérieures, à la plus grande gloire de Dieu. Ô Marie Immaculée, à toi je me confie, sois avec moi chaque jour».

Après l’émission des vœux, avec l’aide de leur Supérieure Générale, Mère Pauline SAWADOGO, elles ont porté chacune une alliance, symbole de leur alliance définitive avec Dieu.

Le célébrant principal Monseigneur Prosper KONTIEBO a prié le Seigneur pour les 8 Sœurs en lui demandant de mettre dans leur cœur le feu de l’Esprit-Saint pour qu’il rende plus ardent le projet de vie qu’il leur a inspiré.

«Dans la profession religieuse, l’âme consacrée devient la part de Dieu et Dieu devient son unique raison de vivre(…) les Sœurs sont mises à part pour le service de Dieu et des hommes. Vous avez choisi à la suite d’une expérience personnelle et profonde avec le christ de vous donner totalement à lui sans concession ni réserve, vous n’avez pas d’autre bonheur que le christ. Honorez Dieu par une vie de sainteté sans reproche. Toute la vie de la religieuse consiste à poursuivre la sainteté. La religieuse doit apprendre à se satisfaire de ce qu’elle a, à restreindre ses besoins», a-t-il expliqué aux professes.

Face à la presse, il a confié sa joie de vivre les professions religieuses. Selon lui, ces professions religieuses lui rappellent l’attention de Dieu pour son peuple. Il voudrait que ces professes puissent vivre leur engagement dans la vérité, dans la joie. «Il ne suffit pas de dire, il faut allier la parole aux actes. Nous prions Dieu pour que ces professes puissent vivre leur engagement dans la fidélité, pour la gloire de Dieu et le salut des hommes», a-t-il conclu.

La Supérieure Générale des SICO a exprimé sa joie devant les journalistes en ces termes : «nous rendons grâce à Dieu pour les vocations qu’il nous donne chaque année. Hier nous avons eu 7 jeunes pour la profession temporaire et aujourd’hui 8 sœurs pour les vœux perpétuels, ce sont des motifs d’action de grâce pour nous».

Alice ZOUNGRANA (paroisse de Mogtedo, archidiocèse de Koupèla) professe perpétuelle du jour s’est également confié aux journalistes : «J’ai le cœur rempli de joie car c’est une confiance renouvelée de la part du Seigneur et de la part de mes sœurs supérieures. Ma devise est : ‘‘je ne suis pas venu faire ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé».

Par ailleurs, en marge de cette célébration des vœux perpétuels, les SICO célèbrent également les 25 ans de vie religieuses de 8 sœurs et les 50 ans de vie religieuse de 5 sœurs ainées.

Côte d’Ivoire – Meiway : « L’entêtement de nos présidents est la cause des putschs »

L’ACTU VUE PAR… Chaque samedi, Jeune Afrique invite une personnalité à décrypter les sujets d’actualité. Cette semaine, l’artiste et producteur ivoirien Désiré Frédéric Ehui, alias Meiway, s’exprime sur la politique en Côte d’Ivoire et sur les récents coups d’État en Afrique de l’Ouest.

Mis à jour le 23 juillet 2022 à 11:07.
 
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Le chanteur ivoirien Meiway. © Facebook Meiway

 

Depuis plus de trente ans, Meiway enflamme les pistes de danse, en Côte d’Ivoire comme à l’étranger. La promotion de son dernier album, Légende, sorti en 2019, a été interrompue par la crise du Covid-19. Mais l’artiste, qui prépare actuellement un clip pour le titre Tu te prends pour qui ?, s’apprête à reprendre la route pour donner des concerts dans son pays et en Europe dans les prochains mois.

S’il est surtout connu du public pour sa musique, le chanteur n’hésite pas s’exprimer sur des sujets politiques. Ainsi, en août 2020, dans une vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube, il avait interpellé Alassane Ouattara, lui reprochant de briguer un troisième mandat présidentiel. À quelques semaines du scrutin, cette initiative avait eu un fort retentissement.

Désormais, le climat est à l’apaisement et, le 14 juillet, Alassane Ouattara a reçu ses prédécesseurs, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo. Meiway n’a toutefois rien perdu de son franc-parler. L’artiste, qui vit entre Paris et Abidjan, nous a accordé une interview.

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Jeune Afrique : En tant qu’artiste estimez-vous qu’il est important de s’engager sur les questions de société ?

Meiway : Tout dépend de ce que l’on entend par « engagement ». Un artiste est toujours engagé. Quel que soit le sujet que l’on aborde, on prend position pour un fait de société ou pour un thème particulier.

S’agissant de la politique, j’estime que nous avons le droit de nous prononcer car nous sommes à la fois le reflet et le relais du peuple. Toutes les chansons que nous écrivons s’inspirent du quotidien de nos voisins, de ces gens qu’on rencontre dans les bars, dans les maquis, sur les marchés. Ce sont eux qui nous inspirent. Pourvu que nos dirigeants nous écoutent !

Pourquoi, en 2020, avez-vous pris la parole pour critiquer la volonté d’Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat, pour évoquer le sort des exilés et des prisonniers ?

Parce que je savais ce qui allait en découler. Lorsque j’ai fait cette mise au point, j’ai bien dit au président qu'[en briguant un troisième mandat] il prenait le risque qu’on lui manque de respect. C’est exactement ce qu’il se passe aujourd’hui. On le critique beaucoup.

En 2020, lors de l’élection présidentielle, le climat était tendu. Aujourd’hui, il est bien plus apaisé et l’opposition ne conteste pas la légitimité du chef de l’État…

Ceux qui se rallient aujourd’hui à lui ne le font pas par conviction. Ils le font parce qu’ils ont faim.

Lors du concours Miss Côte d’Ivoire, l’artiste Bebi Philip a interpellé les autorités au sujet du coût de la vie. Qu’avez-vous pensé de son intervention ?

Elle était légitime. Quand on a la possibilité de s’adresser à un large auditoire, comme c’était le cas lors de ce concours, on doit saisir cette occasion. Lorsque les salaires stagnent et que le coût de la vie augmente, c’est inacceptable, et il faut le dire.

Cet engagement se traduit-il aussi dans votre musique ?

Dans mes chansons, je parle [dans] mon patois, le nzema, plus communément appelé appolo. Quand on traduit les paroles, on comprend que je fais passer des messages, même lorsque je chante Miss Lolo et que je rends hommage à la poitrine de la femme.

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Le 14 juillet, Alassane Ouattara a reçu les anciens présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo. C’était une rencontre historique. Qu’attendez-vous de ce type de rendez-vous ?

J’en attends le meilleur, car le pire, nous l’avons déjà vécu. La Côte d’Ivoire a déjà trop souffert. Ces trois dirigeants sont tous en partie responsables des affres que le pays a vécu. J’espère qu’ils vont oublier leurs désaccords et passer le flambeau.

Le député de Tiassalé, Assalé Tiémoko, a proposé une loi qui instaurerait un âge limite (75 ans) pour être candidat à la présidentielle, ce qui disqualifierait ces trois hommes. Est-ce la solution ?

Je trouve quand même dommage qu’un député en vienne à proposer une telle loi car eux-mêmes auraient dû le comprendre tout seuls. Ils sont presque octogénaires, ils ont des enfants et des petits-enfants.. Il faut qu’ils leur laissent la place.

Je ne leur dis pas qu’ils doivent partir parce qu’ils ont mal travaillé. Non, ils ont bien travaillé. Et ils ont fait des enfants compétents, qui attendent d’exercer le pouvoir à leur tour.

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Comment réconcilier les Ivoiriens ?

Il faut jouer franc-jeu. Il y a encore des Ivoiriens en exil ou emprisonnés injustement en raison de leurs choix politiques. Tous ceux-là doivent être libérés pour qu’il y ait une réconciliation véritable.

 

Pour certains, cela reviendrait à empêcher la justice de faire son travail…

Ce sont des propos truffés de stratégie politique. On sait qu’il y a énormément de personnes injustement emprisonnées. Si la justice jouait véritablement son rôle, elles devraient être libres. La réconciliation ne doit pas avoir d’entrave. Ce n’est pas parce qu’on n’est pas du même parti qu’on est ennemis.

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Mali, Burkina Faso, Guinée… Plusieurs pays ouest-africains sont dirigés par des militaires arrivés au pouvoir à la suite d’un coup d’État. Assistons-nous à un recul de la démocratie dans la région ?

Les régimes défaillants, les présidents qui renouvellent sans cesse leur mandat, leur entêtement, sont la cause de ces putschs.

On ne souhaite évidemment pas que la Côte d’Ivoire connaisse le même sort. Pour que cela n’arrive plus, encore faut-il que nos gouvernants nous écoutent : le peuple souffre et pleure. Il faut entendre cela, sous peine d’être surpris à l’avenir.

Sous-catégories

Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)