Témoignages

 

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L'hebdomadaire de la paroisse de Nioro du Sahel n°44 du dimanche de la pentecôte 2022 : L’Esprit Saint communique à notre conscience les vertus d’une nouvelle humanité, gage d’une authentique filiation divine (Une réflexion du Père Vincent KIYE)
Textes du jour :
Première Lecture :   Actes 2 1–11
Deuxième Lecture :  Romains 8 8–17 
Évangile :  Jean 14 15–26
«Je demanderai au Père de vous donner un autre Protecteur qui sera pour toujours avec vous.…» (Jn 14, 16-17). 
Bien-aimés dans le Seigneur, que Jésus promette l’envoie d’un autre Protecteur, l’Esprit de Vérité qui sera avec ses amis pour toujours, était une évidence, au regard de la fragilité humaine, que Saint Paul renchérit dans la deuxième lecture tirée de l’épitre aux Romains lorsqu’il dit : « L’Esprit assiste notre esprit et lui redit que nous sommes enfants de Dieu. » (Rm 8, 16). Nous comprenons ici, tout le bénéfice que l’intervention de l’Esprit Saint apporte à l’homme pour une vie agréable à Dieu. Il ravive en nous la conscience active d’être enfant de Dieu et communique en nous des énergies nouvelles qui nous poussent à agir pour la gloire de Dieu. L’Esprit Saint communique à notre conscience les vertus d’une nouvelle humanité, gage d’une authentique filiation divine.
Ordinairement, devant une preuve de faiblesse, l’homme  sollicite sans cesse, le secours d’une force supplémentaire pour défier la force en face. Homme comme nous mais aussi et surtout différent de nous, Jésus aurait certes, conscience de cela. Connaissant la fragilité humaine et son inclination au péché, Jésus sollicite pour ses apôtres et pour chacun de nous aujourd’hui, un Protecteur et un Défenseur à jamais lorsqu’il leur dit : «Moi, de mon côté, je demanderai au Père de vous donner un autre Protecteur qui sera pour toujours avec vous.» (Jn 14, 16). L’Esprit Paraclet est donné ici à l’Église comme principe inépuisable de grâces multiples dont les sept dons de l’Esprit. Cet Esprit qui procède du Père et du Fils, dont il est le vivant amour mutuel, est donc communiqué désormais au peuple de l’Alliance nouvelle, aux âmes disponibles à son action intime. Voilà pourquoi Jésus dit : « C’est l’Esprit de Vérité que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas…» (Jean 14,17). 
Dans la première lecture de ce jour nous lisons que « lorsque arriva la fête de la Pentecôte, ils étaient tous réunis. Et soudain se fit entendre un bruit dans le ciel, comme une violente rafale, et il remplit toute la maison où ils se trouvaient. Ils virent comme un feu qui se divisait, et sur chacun d’eux se posait une des langues de ce feu » (Ac 2, 1-3). Voilà la disposition que les hommes doivent observer pour bénéficier des dons de l’Esprit que Jésus a promis. Cela exige de la part de l’homme une conscience réelle de son action dans le monde et dans la vie des hommes, disposant ainsi l’homme, à mobiliser toutes ses énergies à l’attente de cet Esprit Saint comme le firent les apôtres. Avons-nous conscience de son action dans le monde et dans notre vie, laquelle conscience nous prédisposerait à le désirer par-dessus tout ? Dieu accorde toujours des dons pour servir son peuple, pour l’édification de son Eglise. Posons-nous la question de savoir si nous vivons concentrés comme les apôtres qui attendaient l’Esprit Consolateur ou bien nous sommes dans les distractions et/ou les désordres de la chair ? C’est pourquoi dans la deuxième lecture, Saint Paul nous dit de rompre avec la chair, de ne plus vivre selon la chair mais de nous disposer à la mouvance de l’Esprit. Car dira-t-il, « ceux qui en restent à la chair ne peuvent pas plaire à Dieu.»(Rm 8,8). L’Esprit assiste notre esprit et lui redit que nous sommes enfants de Dieu et devons par ce fait, être en quête des attitudes et des comportements qui confirment en nous, cette identité des enfants de Dieu.
Pour comprendre l’impérieux rôle que l’Esprit Saint joue dans la vie des hommes, Jésus l’envoie à deux reprises, aux apôtres. D’abord lors des apparitions du Christ, au Cénacle, d’une façon presque « privée ». Là, c’est dans le silence et le calme que, par deux fois, résonne la voix du Crucifié : La Paix soit avec vous ! (Luc 24, 36). Puis, cinquante jours plus tard, lors de la fête de la pentecôte dans le même Cénacle. Pour cette deuxième fois, l’Esprit se manifeste de façon « publique », sous la forme de langue de feu. « Un bruit soudain se fit entendre dans le ciel, comme une violente rafale, et il remplit toute la maison où ils se trouvaient…Tous furent remplis de l’Esprit Saint et ils se mirent à parler en d’autres langues dans lesquelles l’Esprit leur donnait de s’exprimer. » (Ac 2, 2-4). L’Esprit promis par le Christ et que le Père envoie aux amis du Christ est un Esprit d’Amour et d’Unité comme nous pouvons le lire dans ce verset, les disposant à parler d’autres langues pour témoigner effectivement de cette unité. La victoire pascale devient ici une nouvelle création dans la  Paix, l’amour et l’unité en Dieu.
 Que Dieu nous donne de toujours nous disposer à recevoir l’Esprit Saint qui fait des hommes, des nouvelles créatures, témoins de paix, d’amour et de l’unité. Amen
Le Seigneur soit avec vous !
✍🏾 Père KIYE M. Vincent, Missionnaire d’Afrique
Paroisse de Nioro du Sahel dans le diocèse de Kayes au Mali 
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Whatsapp : +223 72 65 74 82
 
 

L’hebdomadaire de la paroisse de Nioro du Sahel n•45 du vendredi 10 juin 2022 : Approche de l’intentionnalité d’Edmund Husserl (Une réflexion du Père Vincent KIYE, Mafr)

Textes du jour :

1ère lecture : 1Rois 19 12-13

Evangile : (Mt 5, 27-32)

« Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère » (Mt 5, 27-32)

Hier nous faisions une approche analytique de la colère, partant de l’interpellation de Jésus. Aujourd’hui, Jésus poursuit sa série des reproches en évoquant une autre interpellation, celle relative à l’adultère. Mais qu’est-ce que Jésus fustige en tout cela ?

Pour bien comprendre cette série d’interpellations de Jésus, nous avons voulu faire un rapprochement entre l’évangile du jour et la phénoménologie du philosophe Autrichien, Edmund Husserl dans son approche de l’intentionnalité. D’après Husserl, « toute conscience ou intention est toujours conscience de quelque chose dans ce sens que les états mentaux, tels que percevoir, croire, désirer, craindre, et avoir une intention (pris au sens courant), se réfèrent toujours à quelque chose. » Ainsi donc, l’intention avec laquelle u regarde cette femme X est déjà l’intention de quelque chose que tu te représentes déjà en toi et pour laquelle tu es prêt à mobiliser des énergies ou multiplier des stratégies pour l’obtenir à tout prix. Ce qui ouvre grandement la voie au péché. S’il est vrai que toute intention est intention de quelque chose, nous comprenons combien nos intentions portent en elles, la réalité qu’elles se représentent. Voilà pourquoi Jésus précise en disant : « Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère »  Ailleurs il dira «c'est ce qui souille l'homme.» (Mt 15, 11). Ton silence peut être plus meurtrier que le logos du monsieur lamda. De-même, la colère et l’adultère, même sans les extérioriser, peuvent constituer un grand danger en ce qu’ils sont des énergies non contrôlables et difficiles à canaliser. Lorsqu’un jeune homme exprime son intention vis-à-vis d’une jeune dame, cela peut déjà être une thérapie contre le péché de l’agression ou d’un acte sexuel non consentant, en ce sens que la jeune dame peut se munir de prudence à son égard pour éviter le pire en l’empêchant par ce fait de commettre le forfait. Par contre, la désirer sans l’extérioriser expose ce dernier à guetter les occasions favorables pour commettre l’irréparable. Jésus nous invite pour ce faire à être vrais, à purifier nos intentions, surtout vis-à-vis des femmes.

 Bien-aimés dans le Seigneur, les paroles du Christ de cet évangile sont une louange, bien méritée, à la femme. Pour le chrétien, disciple du Christ, la femme est la co-créatrice car élevée par le Christ à la dignité de mère de Dieu, puisqu’elle a donné corps à Dieu. La femme, admirable compagne et complément de l’homme, parfait les qualités de tendresse, de patience, d’écoute, d’accueil, d’abnégation, de courage et de générosité dont l’humanité a tant besoin. La femme, réceptacle de la vie. La femme, première, est montée au ciel avec son corps.

Quelle atteinte à sa dignité, quelle insulte que de la considérer comme un simple objet de plaisir, que l’on rejette délibérément quand on en est lassé, ou comme une bonne à tout faire ! Depuis que Dieu avait porté son regard sur Marie devenant « une image de proue », de notre foi, notre regard sur la femme devra changer, se munissant de respect, de pureté et de gratitude. La femme, doit être aimée et appréciée dans sa totalité. Cet amour et ce désir portent alors l’expression de la tendresse de Dieu. On comprend alors pourquoi une femme ne saurait être répudiée ni regardée comme objet de plaisir sinon comme réel partenaire existentiel. La fragilité de la femme cache Dieu comme le murmure d’un souffle léger dans le récit du prophète Elie de la première lecture, lorsqu’il se couvrit le visage avec son manteau et une voix se fit entendre.

Puisse Dieu nous donner de purifier nos intentions pour avoir des bonnes attitudes qui créent une bonne ambiance autour de nous. 

 

Le Seigneur soit avec vous !

Père KIYE M. Vincent, Missionnaire d’Afrique

Paroisse de Nioro du Sahel dans le diocèse de Kayes au Mali

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Macky Sall : « Mon travail de président est loin d’être achevé »

Impact de la guerre en Ukraine, coups d’État en Afrique de l’Ouest, relations avec ses opposants… Pour Jeune Afrique, le chef de l’État sénégalais évoque son bilan, à quelques semaines des législatives et à moins de deux ans de la présidentielle.

Par  - envoyé spécial à Dakar
Mis à jour le 30 mai 2022 à 12:21
 

 



Macky Sall dans les jardins du palais présidentiel, à Dakar, en décembre 2018. © Présidence du Sénégal

 

Macky Sall est sur tous les fronts… Le chef de l’État sénégalais, qui assume par ailleurs la présidence de l’Union africaine (UA) jusqu’en février prochain, n’a guère le loisir de se poser. Entre la préparation (et la validation) des listes de sa coalition pour les législatives de juillet et la gestion des conséquences des crises (Covid-19, guerre en Ukraine), entre les urgences locales et les dossiers brûlants, qu’ils soient africains ou internationaux, l’agenda présidentiel a des allures de tonneau des Danaïdes. Chaque jour, de potron-minet jusque tard dans la soirée, il se remplit sans fin, provoquant sueurs et migraines parmi les membres de son cabinet ou au sein de son service du protocole.

Réélu en février 2019 avec 58 % des suffrages, « Macky », comme l’appellent ses compatriotes, entend frapper un grand coup lors des législatives. Ultime test électoral avant la présidentielle de 2024, ce scrutin a été préparé avec minutie par le président lui-même, contrairement aux élections locales de janvier dernier, qui ont vu l’opposition glaner quelques victoires hautement symboliques, notamment à Dakar. Le chef de Benno Bokk Yakaar (BBY) veut une large majorité à l’Assemblée, avoir les coudées franches, faire une démonstration de force politique. Et travailler, dès août prochain, avec un Premier ministre issu des rangs de sa coalition.

Le chef de l’État nous a reçu au palais présidentiel, dans l’un des salons du rez-de-chaussée, le 12 mai, deux semaines avant que le terrible incendie survenu à l’hôpital de Tivaouane ne le contraigne à écourter un déplacement en Guinée équatoriale, où il devait présider un sommet de l’UA, et à limoger son ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr.

Guère adepte – c’est un euphémisme – de l’exercice de l’interview , il a tenté d’y surseoir, prétextant l’arrivée imminente de l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan et proposant en lieu et place une discussion à bâtons rompus. Il a fallu lui promettre que l’entretien ne durerait pas. Au fil de nos questions, qu’il s’agisse de l’UA ou du Sénégal, il s’est pris au jeu, soucieux d’expliquer son action et ses ambitions. La séance aura finalement duré plus d’une heure. Et Goodluck Jonathan a donc dû faire preuve de patience…

Jeune Afrique : Vous présidez l’UA jusqu’en février 2023. Alors que l’on pensait que votre principale mission serait la relance post-Covid, voire la gestion d’un certain nombre de crises spécifiques (coups d’État au Mali, en Guinée et au Burkina, terrorisme dans le Sahel, dossier éthiopien…), la guerre en Ukraine, lourde de conséquences, a éclaté. Quelles sont vos priorités ?

Macky Sall : Elles sont, hélas, nombreuses. En l’espace de deux ans, la pandémie de Covid-19 a engendré une situation économique particulièrement préoccupante, qui s’est traduite par une baisse importante de la croissance africaine, voire, dans certains cas, par des récessions.

Au moment où nous commencions enfin à sortir la tête de l’eau, la guerre en Ukraine a éclaté. Avec pour conséquence une très forte hausse du cours des produits pétroliers, une augmentation sensible du prix des denrées alimentaires – notamment du blé –, le renchérissement du prix des fertilisants et des semences, etc. Tout cela a un très fort impact sur le coût de la vie, sur le pouvoir d’achat des Africains. En outre, si nous ne parvenons pas à nous approvisionner en fertilisants ou en céréales, une famine peut survenir. L’Afrique, tout en étant géographiquement éloignée de ce conflit, en est l’une des premières victimes. C’est pourquoi nous mettons tout en œuvre pour un retour rapide à la paix.

Vous avez eu un échange téléphonique avec Vladimir Poutine le 9 mars. Que vous êtes-vous dit ?

Nous nous sommes effectivement parlé – à mon initiative, en tant que président de l’UA. Je lui ai dit que l’Afrique, qui se retrouvait entre le marteau et l’enclume, souhaitait un cessez-le-feu en Ukraine. Le continent est touché par les conséquences de la guerre elle-même comme par les sanctions qui frappent la Russie. À l’époque, Vladimir Poutine avait indiqué qu’il était prêt à discuter avec les Ukrainiens. Mais nous voyons bien que ce n’est pas évident. C’est « un pas en avant, deux pas en arrière ».

À la suite de l’invitation du président russe à me rendre à Moscou, l’UA m’a donné mandat pour demander l’arrêt des hostilités, ainsi que la possibilité de laisser l’Ukraine et la Russie exporter les céréales et les matières premières dont le monde a besoin. Après deux années de pandémie de Covid-19, la situation devient intenable.

Autre motif de préoccupation, qui concerne l’Afrique de l’Ouest en particulier : les coups d’État (au Mali, en Guinée, au Burkina), et ces transitions à durée indéterminée, qui se multiplient…

Tout cela est le reflet de la crise profonde qui frappe ces pays. Les coups d’État ne sont pas pour autant une solution. Ce n’est pas acceptable. Nous avons essayé, dans le cadre de la Cedeao, d’accompagner ces pays afin que leurs périodes de transition soient de courte durée. Une transition, par définition, n’a pas vocation à s’éterniser, il faut être raisonnable.

Bien sûr, si les institutions africaines rencontrent des difficultés avec la Guinée, le Mali et le Burkina, c’est parce que ces pays représentent des enjeux géostratégiques pour l’Est comme pour l’Ouest. La compétition entre grandes puissances rend les solutions difficiles à trouver.

Au Mali, les putschistes sont au pouvoir depuis vingt mois déjà. Nous acceptions de leur laisser seize mois de plus. La junte, elle, a parlé de [rester encore] vingt-quatre mois. J’estime que, en prenant surtout en considération les souffrances du peuple malien, nous pouvons nous mettre d’accord sur une échéance qui serait comprise entre seize et vingt-quatre mois.

Pour la Guinée, la Cedeao va devoir prendre des mesures. Nous étions tout à fait disposés à collaborer avec les nouvelles autorités pour accompagner la transition. Réponse sans appel de la junte : ce sera trente-neuf mois ! C’est impensable. Le Burkina, lui, semble plus raisonnable dans ses discussions avec l’organisation ouest-africaine.

JE DÉSIGNERAI UN PREMIER MINISTRE APRÈS LES LÉGISLATIVES DE JUILLET, CELA ME SEMBLE PLUS LOGIQUE

Comment avez-vous vécu et analysé la présidentielle française d’avril ?

Cette élection a été très disputée entre le président sortant et les autres candidats, qui aspiraient à gouverner la France. Pour le reste, je me garderai bien d’en commenter les résultats.

Si la candidate d’extrême droite Marine Le Pen l’avait emporté, cela aurait-il modifié les relations bilatérales entre le Sénégal et la France ?

Tout dépend de la manière dont elle aurait entendu mener cette relation. La France a besoin de l’Afrique, et l’Afrique a besoin de la France. Si le chef de l’État français, quel qu’il soit, considère que l’Afrique est un partenaire, nous travaillerons ensemble. Si, en revanche, il considère que l’Afrique n’est pas une priorité, les Africains appliqueront le principe de réciprocité.

Pour le moment, nous avons d’excellentes relations avec Paris. Je suis convaincu que, quels que soient les régimes en place, nos relations ne devraient pas pâtir de la couleur politique des dirigeants.

Au début de décembre 2021, à votre demande, l’Assemblée nationale a rétabli le poste de Premier ministre. Vous aviez justifié cette décision par la charge que représentait la présidence de l’UA. Six mois plus tard, le Sénégal n’a toujours pas de Premier ministre. Pourquoi ?

Parce que, les élections locales passées, nous avons encore un scrutin : les législatives de juillet. Il m’a paru plus logique d’attendre leurs résultats pour désigner le Premier ministre qui sera issu de la formation qui les aura remportées.

Avez-vous en tête un profil particulier ?

Les profils, cela ne signifie pas grand-chose. Inutile de faire des projections. Le moment venu, un Premier ministre compétent sera nommé et il se mettra immédiatement au travail.

MÊME DANS LES PAYS DÉVELOPPÉS, UNE COHABITATION EST RAREMENT UNE RÉUSSITE

Ces législatives représentent le dernier grand test électoral avant la présidentielle de 2024. Qu’en attendez-vous ?

Une nette victoire. C’est avant tout une question de cohérence vis-à-vis des choix du peuple sénégalais, qui m’a réélu. Nous avons mis en place un programme économique et social extrêmement exigeant, le Plan Sénégal émergent, qui a donné des résultats incontestables à tous égards.

Nous avons réduit le taux de pauvreté de cinq points et amélioré sensiblement tous les indicateurs macroéconomiques, malgré la crise liée au Covid-19 et, aujourd’hui, la guerre en Ukraine. Pour protéger la population, nous avons bloqué les prix afin qu’elle puisse faire face à la hausse des prix de l’énergie, des denrées alimentaires, etc.. Ce qui, pour cette seule année 2022, coûtera à l’État près de 657 milliards de F CFA, soit près de 1 milliard d’euros, de soutien aux ménages. Sans parler de l’augmentation des salaires dans la fonction publique, de la transformation structurelle de l’économie, de la transition énergétique, du développement des infrastructures…

Pour que cette politique puisse se poursuivre, le gouvernement doit avoir une majorité qui lui permette de ne pas perdre de temps. L’opposition veut une cohabitation ? Vous savez très bien que, même dans les pays développés, c’est rarement une réussite. Je ne peux imaginer un tel scénario au Sénégal. Nous sommes sous un régime présidentiel : on élit un président et on lui donne, dans la foulée, une majorité pour gouverner. Le passage du septennat au quinquennat a modifié l’ordre des choses, mais ne change rien sur le fond : le Sénégal, comme l’Afrique, a besoin de stabilité.

Quels rapports entretenez-vous avec vos opposants ? Certains, comme Ousmane Sonko ou Barthélémy Dias, ne vous ménagent guère…

Chacun a sa manière de s’opposer. Je ne m’attarde pas outre mesure sur mes adversaires. L’essentiel, c’est que, dans une démocratie, il y ait une opposition forte. Tant que l’opposition – quelle que soit la façon dont elle se comporte – est républicaine, cela ne me pose pas de problème. J’ai moi-même été opposant, je n’ai jamais eu un mot déplacé à l’égard de ceux qui étaient au pouvoir. Cela ne m’a pas empêché de gagner les élections. Chacun son tempérament.

 

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Les opposants Barthélémy Dias (au centre, chemise grise) et Ousmane Sonko (à dr., chemise bleue), à Dakar. © DR

 

Les Sénégalais se perdent en conjectures sur vos intentions pour la présidentielle de 2024, mais aussi sur le fait que vous pourrez ou non solliciter un nouveau mandat. Or vous ne vous exprimez guère sur le sujet. Que comptez-vous faire ?

Je répondrai à cette question après les législatives. Il sera alors temps de fixer le cap de 2024. En attendant, nous avons du travail, et guère le loisir de nous disperser.

En mars 2021, après l’arrestation d’Ousmane Sonko, de violentes émeutes ont ébranlé le Sénégal, en particulier Dakar. Comment expliquez-vous cette subite et inattendue explosion de colère ?

Cet événement judiciaire a été un déclencheur. Il faut remettre cette colère, naturelle, dans le contexte de l’époque, celui de la crise du Covid-19, du confinement et de toutes les privations endurées.

Depuis lors, nous avons mis en place un programme très important, de 450 milliards de F CFA sur trois ans, visant à créer 65 000 emplois et à financer l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes. Ces emplois ont été créés, 5 000 enseignants ont été recrutés. En 2012, la fonction publique comptait 91 000 travailleurs. Aujourd’hui, ils sont 163 000.

Beaucoup a été fait, mais ce n’est pas suffisant parce que la population croît très vite et que l’État ne peut tout assumer. Nous devons donc développer l’entrepreneuriat, la formation professionnelle et, surtout, les financements afin que ces entreprises puissent prospérer, être sources de création d’emplois.

ON NE PEUT PAS, SUR LES RÉSEAUX SOCIAUX, PASSER SON TEMPS À PORTER ATTEINTE À L’HONORABILITÉ DES CITOYENS DANS L’ANONYMAT LE PLUS TOTAL

Le 3 mai, Journée internationale de la liberté de la presse, vous avez annoncé vouloir lutter contre les dérives d’internet et réguler les réseaux sociaux, qualifiés de « cancer des sociétés modernes ». Qu’entendez-vous par là ?

Tout le monde en convient aujourd’hui : les dérives d’internet ne sont plus acceptables. On ne peut pas, au nom de je ne sais quelle liberté, passer son temps à porter atteinte à l’honorabilité des citoyens dans l’anonymat le plus total et à créer les conditions d’une rupture des équilibres qui garantissent la stabilité de nos sociétés. Nous ne pouvons pas laisser un outil aussi puissant que les réseaux sociaux faire fi de toutes les lois, et les fake news gouverner le monde.

Il faut réguler cette activité et faire en sorte que les grandes plateformes qui incarnent ces réseaux soient elles aussi responsables des contenus qu’elles véhiculent. Beaucoup profitent de ces supports : les terroristes, les délinquants, les trafiquants en tout genre, les cybercriminels… Il faut faire preuve de responsabilité.

L’équilibre entre ce contrôle que vous appelez de vos vœux et la liberté est précaire et difficile à trouver….

Tout dépend de ce que l’on veut. On ne peut pas ériger en règle intangible l’injure, le mensonge, la diffamation au motif que « c’est sur internet ». Quand vous vous comportez de la sorte dans des médias traditionnels, comme la télévision ou la radio, la justice s’applique. Il faut donc qu’elle s’applique également sur les réseaux sociaux et que la loi y soit respectée. C’est tout ce que les gens demandent.

JE N’AI AUCUN SOUCI AVEC ABDOULAYE WADE. IL EST DÉSORMAIS UN HOMME ÂGÉ

Quelles sont vos relations avec votre prédécesseur, Abdoulaye Wade ? Vous avez été adversaires, en 2012. Il vous reproche l’emprisonnement de son fils, Karim, et ne vous a guère ménagé à son retour au Sénégal. Pourtant, vous venez de donner son nom au stade olympique de Diamniadio. La hache de guerre est-elle enterrée ?

Je n’ai aucun souci avec lui. Je me suis opposé à lui, après dix-huit ou dix-neuf ans de compagnonnage, car nous avions un différend. Cela arrive, en politique. Je l’ai battu à la présidentielle. Il est devenu mon opposant, je l’accepte tout naturellement. Aujourd’hui, tout cela est derrière nous. Notamment parce que le président Wade est désormais un homme âgé.

Il l’était déjà en 2012…

Certes, et donc encore plus aujourd’hui. Par principe, je ne me battrai pas contre un homme âgé. Je devais trouver un nom à ce stade, il m’a semblé que, pour honorer son engagement politique et son travail à la tête du Sénégal, donner le sien à un temple du sport et de la jeunesse était une bonne idée. J’ai fait ce que j’avais à faire. Le reste, maintenant, c’est de la politique.

 

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Macky Sall recevant son prédécesseur, Abdoulaye Wade, au palais présidentiel, à Dakar, le 12 octobre 2019. © Présidence du Sénégal

 

Qu’est-ce que l’exploitation du gaz et du pétrole, découverts il y a maintenant quatre ans, va concrètement changer pour le pays ?

D’abord, la manière dont le Sénégal sera perçu sur les marchés financiers. Quand vous êtes producteur de pétrole et de gaz, on vous prend beaucoup plus au sérieux. J’ai déjà fait voter toutes les lois d’encadrement, dont celle portant sur la répartition des revenus futurs, celle, aussi, sur le contenu local, destinée à accompagner les entreprises privées sénégalaises dans tout ce qui relève des activités parapétrolières. Nous avons mis en place des dispositifs d’encadrement, très rigoureux, notamment avec le Comité d’orientation stratégique du pétrole et du gaz [COS Petrogaz].

C’est surtout là que le Sénégal peut gagner, non pas tant grâce aux revenus que nous tirerons du sous-sol, certes appréciables pour notre budget, mais grâce à tous les services qui pourront être développés dans l’environnement pétrolier et gazier. Cela étant, nous devons poursuivre les discussions, parfois difficiles, avec les compagnies pétrolières pour défendre nos intérêts stratégiques – ce que nous faisons en bonne intelligence avec le gouvernement mauritanien [le champ gazier de Grand Tortue Ahmeyim s’étend de part et d’autre de la frontière maritime entre les deux pays] et qui est capital.

LE TRAFIC DU BOIS A PRIS UNE AMPLEUR INOUÏE EN CASAMANCE. L’ÉTAT SÉNÉGALAIS NE POUVAIT PAS RESTER LES BRAS CROISÉS

Dans le sud du Sénégal, la situation est toujours aussi floue. Depuis des années, vous négociez avec les rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Pourtant, l’armée sénégalaise vient de mener des opérations d’envergure. Peut-on encore croire à la paix ?

Évidemment. Il ne faut pas tout confondre. Depuis dix ans, la perspective d’un règlement du conflit était réelle. Le trafic de bois a cependant atteint une ampleur inouïe, au point de décimer la forêt de Casamance. L’État ne pouvait rester les bras croisés, d’autant que, dans le cadre de cette lutte contre le trafic de bois mais aussi contre le trafic de drogue, un détachement sénégalais de la Cedeao positionné en Gambie a été pris en otage par des rebelles. Je ne pouvais l’accepter.

L’armée a donc démantelé toutes les bases que nous avions laissé prospérer depuis trop longtemps. Nous avons d’ailleurs découvert des quantités industrielles de culture de chanvre indien… À ceux qui ne s’adonnent pas à ces trafics, nous avons dit : « On dépose les armes, on fait la paix et on vous réinsère. » Nous sommes toujours dans cette disposition d’esprit. On ne cherche pas un vainqueur ou un vaincu. Je l’ai déjà dit : la Casamance, c’est le Sénégal. Nous tendons la main à tous les membres du MFDC qui ont le courage et la volonté de faire la paix.

Lorsque vous quitterez le pouvoir, laquelle de vos réalisations ou de vos réformes aimeriez-vous que les Sénégalais retiennent ?

Beaucoup me tiennent à cœur. J’ai créé une nouvelle ville, sortie de nulle part : Diamniadio. Le train express régional, le TER, est un autre motif de fierté car c’est un projet structurant, qui révolutionne nos transports publics et nous projette vers la modernité. Il y a aussi tout ce qui a été fait en milieu rural, dont on ne parle pas souvent mais qui a changé fondamentalement la vie dans ces territoires : l’accès à l’eau potable et à l’électricité, la couverture sanitaire universelle… C’est moins visible qu’un pont ou qu’une autoroute, mais c’est le fondement de notre politique sociale.

En matière de santé, nous avons fait un bond qualitatif important, notamment en matière de plateaux médicaux. Pendant la pandémie de Covid-19, la construction du Centre des maladies infectieuses et tropicales a été une très belle réalisation : c’est « un hôpital dans l’hôpital » qui pourra faire face à n’importe quelle pandémie.

Nous avons également développé, un peu partout, des universités modernes. Depuis l’indépendance jusqu’à mon élection, les résidences universitaires disposaient au maximum de 5 000 lits. Nous en sommes à 30 000. Mais reposez-moi la question au moment de mon départ, mon travail est loin d’être achevé !

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Mgr Richard Kuuia Baawobr, M.Afr., évêque de Wa (Ghana), créé cardinal


Bishop Richard Kuuia Baawobr created Cardinal


Le Pape François a annoncé aujourd’hui, dimanche 29 mai, fête de l’Ascension, qu’il créera 21 nouveaux cardinaux
lors d’un Consistoire spécial le samedi 27 août 2022.

Parmi les 21 nouveaux cardinaux il y a notre confrère, Mgr Richard Kuuia Baawobr, évêque de Wa (Ghana).

Le Pape François a ajouté : “Prions pour qu’ils m’aident dans ma mission d’évêque de Rome pour le bien de tout le peuple de Dieu”.

Avec notre prière, le Supérieur Général, le Père Stanley Lubungo et son Conseil, les 40 capitulants réunis ici et tous les confrères de la Maison Généralice
nous adressons à Mgr Richard K. Baawobr nos fraternelles félicitations et nos meilleurs vœux.

Rome, 29 mai 2022
Le P. André-L. Simonart, M.Afr.
Secrétaire général.

Saleh Kebzabo: «Il faut dénoncer les dérapages du gouvernement mais on ne peut pas tout lui imputer»

 

Comment sortir du bras de fer au Tchad ? Depuis la marche du 14 mai et les violences auxquelles elle a donné lieu, 6 responsables de l'opposition ont été inculpés et transférés dans la prison de Moussoro, à 300 km au nord-ouest de Ndjamena. Le principal syndicat du pays a lancé une « grève illimitée » pour demander leur « libération immédiate et sans condition ». Saleh Kebzabo, ancien chef de file de l’opposition tchadienne, est l'actuel vice-président du Comité d’organisation du dialogue national inclusif. Sur Twitter, l'homme politique a appelé les deux parties à se parler éventuellement avec l'aide de médiateurs. Qu'envisage-t-il précisément ? Il s'en explique sur RFI.

Dans le Tweet que vous avez publié ce jeudi matin, vous indiquez que des erreurs et des fautes ont été commises dans la gestion de la dernière manifestation. Quelles sont ces erreurs et ces fautes ?

Saleh Kebzabo : Du côté des pouvoirs publics par exemple, la procédure suivie n’a pas respecté les règles juridiques, tout comme l’interpellation de certaines personnes ne me semble pas f ondée. Cela donne l’impression d’un certain acharnement, alors que sur le fond, je pense que le gouvernement est fondé à faire respecter la loi et à faire respecter l’État de droit. En face, dans le camp des manifestants, j’ai comme l’impression que, parfois, on prend les choses à la légère. Demander à manifester suppose qu’on a la maîtrise des manifestants soi-même. Ils doivent donc se prémunir contre tout dérapage qui pourrait intervenir d’une façon ou d’une autre.

Et ce qui s’est passé lors de la dernière marche dite pacifique, c’est que personne n’avait le contrôle de quelque manifestant que ce soit. Donc, les dérapages qu’on a vus, il fallait s’y attendre, forcément. Mais je crois que les initiateurs de la march e se sont laissés débordés par d’autres qui sont venus s’ajouter à eux, qui ont amené une forme de violence qui n’était pas dans les options premières de Wakit Tama [coalition d’opposition]. Il y a quand même eu une certaine conjonction d’intérêts divergents, voire contradictoires, qui ont amené une manifestation monstre. Et ça, à l’extérieur, les gens ne le comprennent peut-être pas. C’est pour cela que je crois que de part et d’autre, il y a des dérapages, il y a plus que des dérapages qui parfois ont été commis, et qu’il faut mettre un peu d’eau dans le vin pour ne pas connaître une radicalisation extrême qui ne profiterait à personne. 

Vous dites qu’on a assisté à une certaine « conjonction d’intérêts contradictoires, voire divergents » lors de cette marche du 14 mai. À quoi pensez-vous quand vous dites cela ?

Aujourd’hui, je ne pense pas que le thème anti-Français par exemple soit vraiment un thème très mobilisateur au Tchad. Ce n’est pas vrai. Quand on ausculte très bien notre politique depuis l’indépendance, il y a certains activistes, des hommes politiques tchadiens qui, déjà à l’époque, étaient anti-Français ou francophobes et qui, aujourd’hui, ont vu leurs rangs se grossir dans certaines régions du pays.Et malheureusement une certaine arabophonie, liée à un islamisme qui ne dit pas son nom, constitue ce lot commun pour certains Tchadiens de demander le départ de la France. Je ne pense pas que cette idée-là soit majoritairement partagée par les Tchadiens. Je crois qu’il y a une amplification comme ça se fait outre mesure, mais je ne pense que ça puisse être aujourd’hui, un problème fondamental que puissent diviser le s Tchadiens.

Vous dites justement qu’il faut sortir de l’imbroglio et sauver le Tchad dans la tolérance. Vous êtes inquiet ?

Je suis mesurément inquiet. J’entends par là que les revendications de toutes ces organisations sont les mêmes que tous les autres Tchadiens portent. Moi-même qui vous parle, je ne suis pas ici en défenseur du gouvernement. Il y a des dérapages commis par le gouvernement qu’il faut en effet dénoncer. Il y  a un comportement de la part du gouvernement qu’on ne peut pas, qu’on ne doit pas soutenir, mais ce n’est pas une raison non plus pour se liguer comme ce gouvernement et vouloir lui impliquer toutes les fautes que nous vivons en voulant engager une insurrection pour le renverser. Dans le même temps, il y a beaucoup de choses qui se passent dans le pays et à l’extérieur du pays, sous des formes tout à fait négatives. Des affrontements dits intercommunautaires, pour être terre-à-terre ce sont des affrontements intertribaux, qui ne devraient pas être de mise en plein 21è siècle où on est aujourd’hui. Tout comme aujourd’hui, on constate que les conflits dans certains pays voisins, principalement au Soudan, risquent de s’exporter dans notre pays comme ce qui s’est passé il y a quelques jours à Kouri-Bougoudi [plusieurs dizaines de morts dans des affrontements entre orpailleurs dans l’extrême nord du pays, près de la frontière libyenne le 25 mai]. Les Tchadiens doivent donc s’interroger sur tout ça avant de poser tout acte irrémédiable, tout acte qui peut porter atteinte à notre propre unité.

Vous appelez à la désignation de médiateurs. Quel pourrait être le rôle de ces médiateurs ?

Il pourrait avoir aujourd’hui des hommes de bonne volonté individuellement ou collectivement qui peuvent se dire  ‘attention c’est l’avenir de notre pays qui est en jeu de cette façon-là’. Peut-être que tout le monde n’en a pas conscience, y compris au gouvernement. Et dans ce cas-là, certains seraient bien fondés à offrir leurs bons offices parce que vous avez là,  des antagonistes qui peuvent vouloir se défendre jusqu’au bout.

À titre personnel, que préconisez-vous au sujet des 6 responsables de l’opposition qui sont inculpés, dont Max Loalngar, le porte-parole de Wakit Tama, suite à cette manifestation et qui sont actuellement détenus à la prison de Moussoro ?

Je dis qu’il faut engager des discussions. Il faut qu’on s’entende avec eux. Nul n’a le droit de porter atteinte aux biens publics ou privés. Là-dessus, nous sommes tous d’accord. Maintenant  que cela est fait, que doit-on faire ? Qui va indemniser les entreprises qui en ont été victimes ? Est-ce que vous allons faire jouer le droit à fond jusqu’au bout ? Je crois qu’on est en politique et que, en politique, toute solution pacifique est toujours la bienvenue. Et que je ne pense pas que c’est en les maintenant en prison ou en les condamnant qu’on aura réglé au fond le problème.

Ce confrère canadien revenu il y a peu  au Burkina a célébré ses 50 ans de sacredoce

dans la paroisse Jean XXIII à Ouagadougou

 

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