Témoignages

 

Face au terrorisme, l’esthétique du désastre

L’artiste franco-camerounaise Osvalde Lewat a choisi de montrer la force et la fierté de femmes rescapées d’attaques terroristes. Une approche qui n’est pas forcément comprise par tout le monde…

Mis à jour le 7 janvier 2023 à 16:00

 

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Écrivaine, réalisatrice et photographe.

 tribune

 

 

« Comment photographie-t-on des Personnes Déplacées Internes, surtout quand ces personnes sont des femmes ? » s’est demandé Osvalde Lewat, écrivaine et réalisatrice franco-camerounaise. (Extrait de l’exposition « FACE » sur le Burkina.) © Osvalde Lewat

 

 

En juillet 2022, sous l’impulsion des artistes burkinabè Odile Sankara et Aristide Tarnagda, je décidai de me rendre à cent kilomètres de Ouagadougou pour photographier des rescapées, des femmes contraintes de fuir le terrorisme qui fragmente leur pays, de se protéger des hommes qui ont attaqué leurs villages, massacré leurs proches.

Du temps de l’ordinaire de leur vie enfuie, elles étaient connues par leurs prénoms et leurs noms. Aujourd’hui déchues de ce passé, réfugiées dans des camps, des familles d’accueil, des marchés où elles squattent de spartiates boutiques désaffectées, elles sont devenues des déplacées internes. Prénoms et patronymes subtilisés, effacés par l’accablante actualité. Comment photographie-t-on des «personnes déplacées internes», surtout quand ces personnes sont des femmes ? Comment ne devient-on pas complice de l’objectivation – après tout, une photo est bien un objet – d’êtres de chair et de destin dont l’identité, la relation au monde, le rôle social se trouvent dorénavant figés dans une sorte d’antonomase malheureuse ?

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L’antonomase, cette figure de style qui opère la mue du nom commun en nom propre, et inversement, neutralise ici les trajectoires personnelles, les fortunes singulières, la précieuse individuation. Alors j’ai désiré que mes photos reflètent ce que je voyais de ces femmes qui paient leur traversée terrestre en monnaie de sang et de douleur. Loin des tentes du HCR, de l’ONU, sans paupières baissées ni échine courbée, le menton relevé, le regard visant l’objectif de l’appareil, grandes, fortes, elles ont posé. Joué aussi. Avec un foulard, des bougies allumées dans l’obscurité, une bassine d’eau, une natte, l’ocre d’un mur, la brique de terre rouge d’une façade de maison, de la paille, des arbres.

Dignité, identité, féminité

Lors de l’accrochage des œuvres, elles ont découvert, incrédules, leur double sur des tirages hauts et larges de plus de deux mètres. Dirigeant un doigt hésitant et pudique vers sa propre photo, l’une d’elles me demanda : « C’est qui ? » Dans La Chambre claire, Roland Barthes postule : « La photographie, c’est l’avènement de moi-même comme un autre : une dissociation retorse de la conscience d’identité. » Aristide et Odile, qui plus tard s’entretinrent avec elles, me confirmèrent qu’elles se redécouvraient, se déprenaient de l’idée qu’elles avaient fini par se faire d’elles-mêmes. Par le biais de leur double de photo, elles se sentaient restaurées dans leur dignité, leur identité, leur féminité ; et échappaient à la stigmatisation qui naît de la confusion entre heurt ponctuel de la vie et accident permanent.

Même si ces photos ne suffiront jamais, à elles seules, à rétablir définitivement une image de soi écornée, il n’est pas excessif d’avancer que j’ai été témoin d’une forme de remontée en humanité que le premier mouvement qui m’avait conduite à éviter les sempiternelles photos misérabilistes de déplacés internes, de réfugiés, de foyers d’instabilité dans le monde, n’aurait pu me laisser entrevoir. C’est qu’il s’agissait, avec Face ( le titre de l’exposition et de la série de photos), de divorcer de cette abstraction nommée «déplacées internes», cette brume humaine qui ne figure rien.

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Pourtant, certains visiteurs de l’exposition se sont trouvés incommodés par les yeux grands ouverts de ces femmes, leur regard frontal, clair, vif, perçant et bien réel. J’ai essuyé des remarques : « Ces pauvres femmes, vous les montrez fières, conquérantes ; ce n’est pas ainsi que le financement des actions liées aux personnes déplacées internes sera encouragé. Vos photos empêchent qu’on les prenne en pitié. Et puis, ce regard droit sur nous, on dirait qu’il nous juge. » Oserai-je dire que la réflexion émanait de la compagne d’un… bailleur de fonds ? Sur un mode plus trivial, un artiste local s’est exclamé : « Walaï ! Ces femmes souffrent ? On dirait des pachas, dèh ! »

La part réelle de vies en souffrance

Ces observations me firent songer à Devant la douleur des autres, l’essai de Susan Sontag qui réfléchit sur ce que doit être une appréhension éthique des photographies de la violence, de la barbarie. Avec l’exposition Face, il était donc question de compassion empêchée, de générosité du récepteur neutralisée par des images qui ne claquaient pas le drame, la souffrance, la misère. Est-il moral de décevoir l’attente des récepteurs en ne disant rien de la tragédie vécue par des personnes dont le rôle social est de faire l’objet de la commisération collective ?

Malgré la croissante indifférence aux victimes, conséquence d’une saturation d’images terrifiantes qui désormais se neutralisent, il semble que nous ne soyons pas encore repus de la vision de la déchéance des autres. L’exercice qui consiste, en proposant une iconographie de rupture, à heurter l’horizon visuel du public n’a, en soi, rien de novateur. Cependant, dans mon geste, il s’agissait moins de reformuler une esthétique artistique du désastre que de convoquer la part réelle et oblitérée de ces vies en souffrance.

On pourrait penser que choisir de réaliser des photos où le sujet photographié met à distance, le temps d’un moment, son assignation identitaire pour faire émerger ce qu’il est, ce qu’il fut, c’est renforcer « l’Image manquante » du rescapé, qui est au cœur de l’œuvre de Rithy Panh. Il s’agit au contraire d’élargir cette image, d’exhausser le champ de lecture de l’état de rescapé. Toute photographie est segment, elle recèle un hors-champ secret dont nous sommes toujours orphelins. Au fond, ce qui m’intéresse dans la photographie, c’est l’élucidation de ce hors-champ. Photographier des femmes debout, majestueuses, le regard fier, des femmes dites déplacées internes y concourt indubitablement.

Bola Tinubu, l’ancien chauffeur de taxi qui rêvait de devenir président du Nigeria

Homme politique prospère aussi controversé qu’influent, il portera les couleurs du parti au pouvoir lors de la présidentielle du 25 février, dont il figure, avec son ancien allié devenu rival Atiku Abubakar, parmi les grands favoris.

Mis à jour le 5 janvier 2023 à 12:42
 
 
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Bola Tinubu se présente sous les couleurs du All Progressive Congress (APC) pour briguer la magistrature suprême. © Kola Sulaimon / AFP.

 

Bola Tinubu aura été bien des choses dans sa vie. Chauffeur de taxi aux États-Unis, cadre chez Mobil, sénateur, ardent défenseur de la démocratie pendant la dictature militaire, gouverneur de Lagos, faiseur de roi et maintenant candidat à la magistrature suprême… Peut-il aller au bout de son rêve et succéder à Muhammadu Buhari à l’issue de l’élection présidentielle du 25 février ? Candidat du parti au pouvoir, le All Progressives Congress (APC), il exerce en tout cas une très forte influence sur la scène politique nigériane – qui a longtemps bénéficié de sa prodigalité – et fait indéniablement partie des favoris.


>>> Lire cet article en anglais sur The Africa Report : Nigeria 2023: Bola Tinubu – From taxi driver to President? <<<


Il est aujourd’hui âgé de 70 ans, mais ses premières années ont fait l’objet de nombreuses controverses ces deux dernières décennies. Sa détermination, son obstination même et sa capacité à s’extirper des situations les plus délicates – plusieurs fois accusé de corruption, il n’a jamais été condamné – ne font en revanche aucun doute.

Une arme pointée sur lui

Dans une rare interview accordée au magazine The News en 2012, Bola Tinubu est pour la première fois revenu sur ses débuts et sur la manière dont il est arrivé aux États-Unis avec quelques amis, dans les années 1970, pour y enchaîner les petits boulots. Au journaliste qui l’interroge, il raconte avoir travaillé comme chauffeur de taxi et avoir même été giflé un jour par un soldat qui lui reprochait de s’être trompé dans les tarifs. « Une autre fois, j’ai pris un type dont je ne savais pas qu’il était ivre. Lorsque je suis arrivé devant chez lui, il a pointé une arme sur moi et, au lieu de payer la course, il a pris ma veste en cuir et m’a dit : “Monte dans ta voiture et va-t’en.” Il n’a pas payé. »

Il officia aussi en tant qu’agent de sécurité et concède avoir été renvoyé pour avoir s’être endormi pendant son service. Mais aucune de ces péripéties ne l’empêcha d’être diplômé avec mention de l’université d’État de Chicago – il y étudiait la comptabilité. Il travaillera par la suite pour certaines des entreprises les plus en vue de la place.

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Au début des années 1980, il décide toutefois de rentrer au Nigeria. « Il est venu nous voir à la fin de 1983 à Mobil Oil Nigeria pour passer un entretien pour un poste d’auditeur. Il a obtenu d’excellents résultats et nous n’avons eu d’autre choix que de lui offrir le poste. Plus tard, ses performances se sont révélées excellentes. C’est un travailleur acharné », témoigne Pius Akinyelure, un ancien directeur de Mobil qui était également le supérieur de Tinubu.

Au début des années 1990, son nom apparaît dans le cadre d’une enquête pour trafic d’héroïne présumé – les policiers américains s’intéressent aux années qu’il a passées outre-Atlantique et obtiennent le gel de ses comptes bancaires. Il finit par conclure un accord avec les autorités fédérales, y laissant au passage près de 460 000 dollars.

Entrée en politique

En 1992, Bola Tinubu prend une décision qui changera le cours de sa vie. « Il est venu nous dire qu’il voulait faire de la politique, se souvient Pius Akinyelure. Nous avons été surpris. En fait, il était pressenti pour le poste de directeur financier, mais il n’a rien voulu entendre et nous l’avons laissé partir. Nous lui avons proposé, s’il ne réussissait pas en politique, de revenir et de reprendre son travail. Mais il est parti et le reste appartient à l’histoire. »

Un câble diplomatique confidentiel des États-Unis daté du 21 février 2003, divulgué par Wikileaks, indique que c’est Atiku Abubakar – dont le hasard veut qu’il soit aujourd’hui son principal concurrent dans la course à la présidentielle – qui l’a convaincu de se lancer en politique. « Tinubu attribue son entrée en politique aux encouragements personnels d’Atiku », précise en effet l’auteur du câble.

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Bola Tinubu commence par rejoindre un groupe connu sous le nom de Primrose (People Resolved Irrevocably to Maximise the Resources of the State for Excellence), qui rassemble plusieurs poids lourds de la politique nigériane. Ses membres font également partie du Social Democratic Party (SDP), dirigé par le général Shehu Musa Yar’Adua, l’un des auteurs du coup d’État qui, en juillet 1975, a chassé Yakubu Gowon du pouvoir.

Tinubu brigue un poste de sénateur à Lagos, l’obtient en 1992 et tente de faire en sorte que Yar’Adua devienne le candidat du SDP pour l’élection présidentielle de l’année suivante, sans y parvenir. La suite est connue : le scrutin finalement organisé en juin 1993 est remporté par MKO Abiola, mais est aussitôt annulé par Ibrahim Babangida et, en novembre de la même année, c’est Sani Abacha qui parvient à s’imposer à la tête du pays.

Exil à moto

Tinubu, lui, a rejoint la National Democratic Coalition (Nadeco), qui se bat pour la restauration de la démocratie et la reconnaissance de la victoire d’Abiola. Il est brièvement détenu par la junte puis, après sa libération, choisit l’exil. « Je me suis déguisé avec un énorme turban et un babanriga, et je me suis échappé sur une moto, racontait-il dans l’interview accordée en 2012. Un vieil ami haoussa m’a donné des vêtements et je suis parti vers le Bénin à 1 h du matin. À cette époque, j’ai continué à faire des allers-retours à Badagry [ville côtière du sud-ouest du Nigeria] pour transporter les gens, organiser et coordonner la lutte. C’était une période très difficile. »

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Il rentre au Nigeria après la mort d’Abacha, en 1998, se présente aux élections locales de janvier 1999 sous la bannière de l’Alliance for Democracy (AD) et est élu gouverneur de l’État de Lagos – fonction qu’il occupera pendant huit ans. Bola Tinubu en réorganise les finances, améliore le recouvrement des taxes et multiplie par dix les recettes de l’État. Il est en passant accusé de s’être enrichi, d’en avoir fait profiter ses amis et fait l’objet d’une enquête, qui durera plusieurs années.

Au moment où il s’apprête à quitter son bureau de gouverneur, en 2007, il choisit son directeur de cabinet, Babatunde Fashola, pour lui succéder. Au sein du parti, beaucoup n’apprécient pas la méthode et claquent la porte, mais qu’importe : Bola Tinubu est bien le « parrain de Lagos », ainsi qu’il est désormais surnommé.

Favori

En 2011, il soutient d’autres candidats au poste de gouverneur dans au moins cinq États voisins et étend son influence hors de Lagos. Politicien madré, il négocie avec Muhammadu Buhari et d’autres barons de la politique nigériane pour former l’APC en 2013. Deux ans plus tard, le parti remportera l’élection présidentielle.

Bola Tinubu s’imposera-t-il à la magistrature suprême ? Il a déjà battu à plate couture un vice-président en exercice, Yemi Osinbajo, mais aussi le président du Sénat, cinq gouverneurs, cinq anciens gouverneurs, et nombre de ministres qui tous briguaient l’investiture du parti. Devenir président ? C’est l’ambition de toute une vie, a-t-il lui-même confessé devant des journalistes.

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Dans sa quête, il peut compter sur le soutien du chef de l’État sortant, mais aussi sur celui d’une vingtaine de gouverneurs et sur un énorme trésor de guerre… Autant dire qu’il part largement favori. Mais il devra notamment affronter dans les urnes son vieil ami Atiku Abubakar, le candidat du Peoples Democratic Party (PDP) – celui-là même qui lui a mis le pied à l’étrier il y a trois décennies –, ainsi que Peter Obi, très populaire sur les réseaux sociaux et au sein de la classe moyenne.

La règle tacite qui veut qu’un président du Sud, majoritairement chrétien, succède à un président du Nord, majoritairement musulman, pourrait-il jouer en sa défaveur ? Tinubu est musulman, comme Buhari. Mais c’est un Yoruba, originaire du Sud et c’est pour cela qu’il s’est choisi un autre musulman comme colistier en la personne de Kashim Shettima, le gouverneur de l’État de Borno, dans l’espoir évident de convaincre l’électorat du Nord de lui apporter son soutien le 25 février. Mais dans la partie méridionale, l’establishment chrétien conservateur sera difficile à rallier à sa cause.

Mort de Benoît XVI: le pontificat du pape émérite a marqué l’Afrique

 

Benoît XVI est mort, samedi 31 décembre, à l'âge de 95 ans. Il y a quelques jours, son successeur, le pape François, avait fait savoir qu'il était « gravement malade » et avait appelé à prier pour lui. Pendant son pontificat, de 2005 à sa démission en 2013 pour des raisons de santé, Benoît XVI a entretenu les liens de l'Église avec le continent africain. Retour sur son action en Afrique.

 
 

En Afrique, fidèles et religieux se souviennent de Benoît XVI comme d'un pape engagé envers le continent. Avec 200 millions de catholiques, l'Afrique était, à ses yeux, « l'espérance de l'Église ».

Au Gabon, pays où environ 90% de la population est d’obédience chrétienne, les églises ont affiché salle comble à l’occasion de la célèbre messe de minuit qui consacre la fin de l’année et l’entrée dans le nouvel an. Entre échange des vœux, le décès du pape Benoit XVI était au cœur de toutes les célébrations. Notre correspondant à Libreville, Yves-Laurent Goma, a tendu son micro aux fidèles

Au Gabon, les fidèles prient pour la mémoire de Benoît XVI

Plusieurs voyages en Afrique

Benoît XVI s'est rendu dans trois pays catholiques importants du continent pendant ses sept années à la tête du Vatican : l'Angola, le Cameroun et le Bénin. Un signe d’un engagement particulier pour un souverain pontife qui voyageait peu.

Sa première visite, en mars 2009 au Cameroun et en Angola, fut toutefois précédée d'une controverse. Le pape avait déclaré qu'« on ne peut pas régler le problème du sida avec la distribution de préservatifs » et que leur « utilisation aggrave le problème ». Un an plus tard, il avait nuancé son propos, confiant que l'usage du préservatif « dans certains cas » permet d'éviter la contamination.

Les évêques du continent, eux, retiennent surtout le synode africain organisé à Rome, en Italie. À l'automne 2009, près de 300 responsables religieux africains furent reçus par le pape Benoît XVI.

Face aux conflits interreligieux et à la corruption, par exemple, le souverain pontife les avait invité à sortir du seul cadre religieux en s'engageant dans leur pays pour la justice sociale et la bonne gouvernance.

 

Ci-dessous :  le pape à Yaoundé 

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Un pape « attentif à la dimension sociale »

Joint par RFI, l'abbé Santedi, alors secrétaire général de la Conférence nationale épiscopale du Congo (Cenco), faisait partie des 300 responsables religieux africains reçus à Rome par Benoît XVI, à l'occasion de ce synode sur l'Afrique. Il se remémore ce moment :

« Je garde un souvenir vraiment vivant, vibrant dans mon cœur, du mot qu’il dit à l’ouverture de ce second synode des évêques sur l’Afrique : un synode d’espérance. J’y ai vu de l’engagement de toute l’Église en faveur de l’Afrique. Il a même demandé de renouveler le regard vers l’Afrique, un regard de foi, d’espérance pour aider ce continent à être lumière. »

« Alors, je rendrai l’hommage suivant à ce grand homme qui, au départ, était seulement dans la doctrine de la foi. J'ai découvert aussi un pape très attentif à la dimension sociale. Il a même dit que les victimes ont droit à la vérité et que la mission était aussi de nommer les bourreaux. Il est allé loin dans le domaine de la défense des droits humains, de la mission sociale de l’Église. »

« Ne privez pas vos peuples de l'espérance », demanda-t-il aux chefs d'États africains

Autre temps fort en 2011 quand, entouré de 60 000 Béninois, Benoît XVI célébra une messe géante au stade de l'Amitié de Cotonou. Il signa une l'exhortation apostolique Africae Munus, une « feuille de route » destinée à l'Église africaine pour les années à venir.  

Cette fois, « il n'a pas hésité à interpeller, sans les nommer, les chefs d'États » du continent, se souvient un ancien responsable de l'Église congolaise. « Il y a trop de scandales, de corruption et de mensonges qui conduisent à la misère », lança alors Benoît XVI. « Le peuple veut comprendre les choix politiques et économiques faits en son nom », poursuivit-il, avant d’appeler à leur responsabilité en déclarant : « Ne privez pas vos peuples de l'espérance. »

► À lire aussi : Le pape Benoît XVI demande aux dirigeants africains de servir leurs peuples avec honnêteté

Joint par RFI, le cardinal centrafricain Dieudonné Nzapalainga évoque ses souvenirs de Benoît XVI :« Un grand homme, grand prêtre, grand théologien. Il a tenu huit ans (sept ans et dix mois, ndlr) et avait beaucoup d’humilité. Il avait une mémoire vive et aussi une clarté dans ses pensées, pointilleux sur les mots. C’est aussi quelqu’un qui a dû répondre à des scandales dans l’Église. Je veux parler de la question de la pédophilie où il a eu à apprendre et a parlé de tolérance zéro. Il a demandé aussi pardon, au nom de l’Église, pour tous les égarements ou les erreurs commises. »

 

Mauritanie: l'ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz s'insurge d'être empêché de voyager

 

L'ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a été empêché de voyager à l'étranger, mercredi 4 janvier. Alors qu'il s'apprêtait à prendre un vol pour Paris, l'ancien président a été intercepté à l'aéroport de Nouakchott par la gendarmerie, qui lui a confisqué son passeport

« J’avais prévu de voyager ce soir sur Paris, je me suis présenté normalement et j’ai fait mes formalités, raconte l'ancien présidentMohamed Ould Abdel Aziz. Tout allait très bien jusqu’à l’arrivée de la gendarmerie. Les gendarmes m’ont demandé mon passeport. Je leur ai dit qu’ils n’étaient pas concernés par ça, parce que ce ne sont pas eux qui font les formalités. Une fois devant le guichet, j’ai présenté le passeport avec la carte d’embarquement, et puis ils m’ont dit : "On a reçu des instructions pour vous empêcher de voyager. Vous ne pouvez pas quitter le pays." Je leur ai demandé pourquoi, est-ce qu’ils ont un document quelconque pour justifier leur décision ? Ils m’ont dit non, ce sont les instructions, mon passeport est confisqué. »

Mohamed Ould Abdel Aziz est en attente d'être jugé pour des faits de corruption durant ses 10 années au pouvoir. L'ancien chef de l'État avait été mis sous contrôle judiciaire en 2021, puis incarcéré, assigné ensuite à résidence pour des raisons de santé, et enfin, libéré en septembre, suite à la fin de son contrôle judiciaire. Il s'est déjà rendu à Paris durant deux mois, le trimestre dernier.

« J’attends d’être jugé »

Il estime que les événements d'hier sont une sanction politique, sans fondement juridique : « Une mesure de la police politique de la dictature de mon pays, c’est tout ! Moi, je ne suis ni en contrôle judiciaire, ni en résidence surveillée. J’attends d’être jugé, donc je ne peux pas comprendre. À partir du moment où je suis chez moi, je ne sais pas si je suis en liberté parce que je suis poursuivi, pourchassé. Et ces derniers temps, j’ai beaucoup bougé, j’ai fait beaucoup de bruit, pour être en paix avec la police, et il ne faut pas trop bouger, il ne faut pas trop parler, il ne faut pas critiquer le système. Malheureusement, depuis trois ans, on vit ce système, on vit cette dictature cynique et sournoise. »

►À lire aussi : Invité Afrique - Mauritanie : « Non, je n'ai pas trahi Mohamed Ould Abdel Aziz », affirme le président Mohamed Ould Ghazouani (Entretien datant de 2021)

 
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Les préjugés sur les autres nous empêchent d'un comportement chrétien à leur égard (Une réflexion du Père Vincent KIYE, Mafr dans le cadre de l'hebdomadaire de la paroisse de Nioro du Sahel)
Textes du jour :
1ère lecture :  1 Jn 3, 11-21
Evangile : Jn 1, 43-51
« Amen, amen, je vous le dis : vous verrez le ciel ouvert, et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »— Jn 1, 43-51
Que peut-on retenir de cet échange entre Nathanaël et Jésus qui aboutit par cette affirmation audacieuse de Jésus sur sa gloire à venir ? 
La pointe de l'épisode est intéressante. Elle nous invite à évangéliser notre regard et nos pensées sur les autres en vue d'un comportement chrétien. C'est là être humain. Autrement, nous commettons des graves injustices envers des peuples tout entier sans trop le savoir.  André rapporte un fait avéré à Nathanaël qui non seulement ne croit pas, mais aggrave encore son incrédulité en l'étendant à tout un peuple: « De Nazareth
peut-il sortir quelque chose de bon ? »
Quel dénigrement envers tout un peuple ! Quel déterminisme !
 
Croyez-vous que Dieu puisse être injuste jusqu'à ce point, condamnant d'un coup tout un peuple qu'il a créé par amour? 
Voilà le péché des préjugés dont plusieurs d'entre nous souffrent encore aujourd'hui. Peu importe nos préjugés sur les autres, la gloire que Dieu a prévu pour ses élus, personne ne peut l'empêcher de se manifester.
Le préjugé dans les rapports humains est une expression du manque d'amour qui nous rapproche de l'attitude de Caïn. Voilà pourquoi dans la première lecture, Saint Jean nous invite à l'amour mutuel qui se moque des préjugés lorsqu'il dit : "aimons-nous les uns les autres. Ne soyons pas comme Caïn : il appartenait au Mauvais et il égorgea son frère."
Oui bien-aimés dans le Seigneur, la liturgie de ce premier jeudi de l'année 2023 nous donne d'entrer réellement dans une nouvelle vision des choses, à repartir sur les nouvelles bases en mettant en _épochè_ toutes les mauvaises idées sur les autres nations ou peuple, nous empêchant par ce fait à leur faire du bien. Transcender ces préjugés c'est accepter de mourir en quittant ce vieil homme des préjugés pour un comportement humain envers les autres, parce que nous les aimons. Soyons humains.
Le Seigneur soit avec vous !
✍🏾 Père KIYE M. Vincent, Missionnaire d'Afrique
Paroisse de Nioro du Sahel
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Pour celui où celle qui a vécu dans le bien et en harmonie avec Dieu, la nature et le prochain, la mort est une entrée dans la vie et la vie éternelle.( Exhortation du Père Vincent KIYE à l'occasion de la messe d'action de grâce de sa maman Agnès KITUKU Mikany décédée le 24 déc 2022)
« Femme, que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue. » (Jn 2, 1-11)
Oh! Comme il était dur envers sa mère ! On aurait cru qu'il était insolent envers sa mère. Mais loin de là ! L'intention de Jésus n'est pas d'humilier sa mère ni de la déconsidérer. Le souci de Jésus dans cet extrait était de lui rappeler qu'il faut toujours chercher la volonté de Dieu en tout, laquelle volonté qu'il identifie ici à son heure. Et lorsque l'homme recherche cette volonté de Dieu dans sa vie, il trouve des réponses aux énigmes de la vie. L'eau se charge en vin et les gens retrouvent le sourire. Ce que Marie a vite compris, surtout l'exigence  de la mission du Christ pour le genre humain : celle de sauver le genre humain et de donner la vie en abondance. Pour cette raison, il ne peut pas ne pas donner satisfaction aux convives de noces, il ne peut pas les laisser sombrer dans la tristesse. Consciente de cela, Marie s'en va dire aux serviteurs: "Faites tout ce qu'il vous dira."
Quand la complicité entre la mère et le fils est au bon fixe, on retrouve le vin, synonyme de la joie. On retrouve la vie. Mais quand on ne fait pas confiance au fils, voyant en lui, un homme dur et on refuse de l'écouter, on périt. Le miracle ne s'accomplit pas. On meurt de soif, on meurt de faim, on meurt de maladie. Alléluia !
Bien-aimés dans le Seigneur, Marie savait qu'en Jésus, Dieu s'est fait homme pour sauver l'humanité de la dégradation universelle, pour nous montrer le chemin de la vie. Il agissait toujours dans le sens de la volonté de Dieu son père. Comme le dira le Pape Benoît XVI, "Jésus est descendu du ciel pour nous apprendre l'art de vivre".  Pour ce faire, il fallait l'écouter et faire ce qu'il nous dit pour vivre. Voilà pourquoi Marie l'écoutait et recourait à lui avec confiance. Et nous, que faisons-nous aujourd'hui ? Écoutons-nous le Fils présent au milieu de nous, à travers sa parole et ses ministres ou bien nous nous obstinons? Si nous voulons avoir le vin qui manque dans notre vie, écoutons ce que nous dit le Fils, le prêtre par excellence. Sinon nous périrons. Et Jésus nous parle aujourd'hui à travers plusieurs médiations dont nos frères et sœurs. Les écoutons-nous ?
Nous voici réunis aujourd'hui pour rendre grâce à Dieu pour le témoignage de vie chrétienne et humaine de maman Agnès KITUKU Mikany qui nous a quittés le 24 déc 2022. Que puis-je vous dire à cette circonstance, sinon, nous inviter à réfléchir sur un dilemme simple qui pour moi, vaut plus qu'une exhortation théologique à pareille circonstance.
La mort reste certes, une fatalité. OUI, toute âme goûtera à la mort. Et le psalmiste renchérit en disant, "aussi cher qu'il puisse payer, toute vie doit finir." Mais comment cette vie finira-t-elle?Quel sort le destin réservera-t-il à mon âme au soir de ma vie? 
Méditant sur le témoignage de vie de maman Agnès tout le temps qu'elle avait le pouvoir de guider la barque par elle-même, j'ai eu la certitude que j'ai partagée avec plus d'un, dans le mot de remerciement posté sur le réseau sociaux après le jour de son inhumation, que quittant cette terre des hommes le 24 déc, au moment où Jésus naissait sur terre, Y'Agnès elle, naissait au ciel. Applaudissez  pour vous-mêmes en raison de cette foi qui nous anime. Heureuse celle qui a cru. 
Oui, Y'Agnès était une femme de foi, au regard de ce que nous retenons d'elle ; hormis ce dont on ne peut parler. C'est le domaine de Dieu seul. S'y référant, voici deux choses à retenir pour nous qui sommes restés encore sur cette terre :
Pendant notre séjour ici sur terre, si nous vivons dans le bien, c'est -a-dire en relation équilibrée avec Dieu, avec le prochain et avec la nature, cherchant la paix et l'unité entre les hommes, bref, portant sans cesse en nous, le souci du renouveau de l'humanité, le jour où notre pèlerinage sur terre prendra fin, nous retournerons au Père Céleste et nous entrerons dans la vie. Nous ne mourrons pas. Ceux qui intègrent les valeurs du Royaume des cieux dans le quotidien de leur vie, ne meurent pas. Ils entrent dans la vie.
Par contre, si nous passons notre vie sur cette terre qui n'est pas notre patrie définitive mais l'empire des violents, des menteurs hors-norme, si nous y passons notre vie dans une indiscipline intolérable, sans pudeur et sans tenir compte des autres avec qui nous partageons certaines croyances, si nous passons notre vie sur cette terre dans le vol, le viol, la division, dans la recherche effrénée des plaisirs désordonnés, dans des rivalités, des jalousies les plus ridicules, bref dans des contre témoignages que la duperie du monde ironise en nous les présentant comme des valeurs d'une inventivité pressente, nous mourrons malheureux au soir de notre vie et le doute sur le sort de notre âme attristera les coeurs de nos proches.
Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu'il entende.
Le Seigneur soit avec vous !
✍🏾 Père KIYE M. Vincent, Missionnaire d'Afrique
Paroisse de Nioro du Sahel
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Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)