Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Sahel : les secrets de la résilience sécuritaire du Niger

Confronté à la menace jihadiste sur toutes ses frontières, le Niger est jusqu’à présent parvenu à empêcher les groupes terroristes de s’installer sur son territoire. Comment et avec quels moyens ? Décryptage.

Mis à jour le 26 juin 2022 à 10:51
 
Seidik Abba
 

Par Seidik Abba

Journaliste et écrivain

 

Les Forces armées nigériennes (FAN) en patrouille près de Ouallam, dans la région de Tillabéri, le 6 juillet 2021. © Media Coulibaly/REUTERS

 

« Consolider et avancer » : le slogan de campagne de Mohamed Bazoum aura trouvé sa meilleure illustration en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme. En s’installant, le 2 avril 2021, dans le fauteuil de son prédécesseur Mahamadou Issoufou, le président nigérien a hérité d’un pays qui affiche une résilience surprenante face à des menaces exceptionnelles dans le contexte sahélien.

De tous ses voisins immédiats, voire de tous les États sahéliens, le Niger est le seul à devoir juguler une insécurité prégnante sur trois frontières : sud-est avec le Nigeria (Boko Haram), nord-ouest avec le Burkina et le Mali (les groupes jihadistes) et nord avec la Libye (État islamique et faillite de l’État libyen). Et pourtant, à l’exception des îles nigériennes du lac Tchad, aucun pan du territoire national n’est occupé en permanence par les groupes terroristes qui écument le Sahel. Cette situation contraste fortement avec celle de ses voisins burkinabè et malien.

Épreuves du feu

La résilience nigérienne vient, notamment, de l’aguerrissement de son armée forgé par de nombreuses rébellions, dont celle de 1991 à 1995 achevée par la signature de l’accord de paix de Ouagadougou, le 24 avril 1995, et celle du Mouvement des Nigériens pour la justice (MNJ), déclenchée en 2007 et matée par le président Mamadou Tandja.

À LIRENiger – Mohamed Bazoum : quel chef de guerre pour un casse-tête sécuritaire ?

De ces nombreuses épreuves, les forces armées nigériennes (FAN) ont acquis une expérience du combat qu’elles mobilisent aujourd’hui avec une certaine efficacité face à Boko Haram, à la Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap, en anglais, aile dissidente de Boko Haram), au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et à l’État islamique au Grand Sahara (EIGS).

Des “épreuves du feu” qui ont conféré sa réputation et sa légitimité au général Salifou Modi, patron de l’armée nigérienne, rappelé en urgence en janvier 2020 pour prendre la tête d’un corps qui venait de subir le plus grand revers de son histoire à Chinégodar, près de la frontière avec le Mali, lors d’une attaque terroriste qui avait fait près de 90 victimes dans ses rangs.

DEPUIS PLUSIEURS ANNÉES, LE NIGER AFFECTE 15 % DE SON BUDGET AUX DÉPENSES MILITAIRES ET SÉCURITAIRES

Cependant, l’aguerrissement des troupes n’aurait pas suffi s’il n’avait été soutenu par un effort sans précédent en équipement et en formation. Depuis plusieurs années, le Niger affecte pas moins de 15 % de son budget annuel aux dépenses militaires et sécuritaires. Selon le décompte de la société civile nigérienne – qui ne se prive pas, au passage, de déplorer des scandales de détournements de fonds -, près de 1 700 milliard de F CFA (plus de 2,58 milliards d’euros) ont été décaissés ces dix dernières années en faveur du secteur de la sécurité et de la défense.

À LIREMohamed Bazoum : « Comment nous éradiquerons le terrorisme »

La résilience nigérienne repose aussi sur une stratégie de défense opérationnelle du territoire qui convoque armée nationale et forces de sécurité intérieure : la garde nationale, la gendarmerie nationale, la police nationale, ainsi que les autres forces paramilitaires (eaux et forêts, douanes, etc.).

LE PAYS AFFICHE UN MAILLAGE DE POSTES OPÉRATIONNELS AVANCÉS QUI FAIT PÂLIR DE JALOUSIE SON PUISSANT VOISIN NIGÉRIAN

Résultat : malgré son immense superficie (1,267 million de kilomètres carrés) qui en fait le plus vaste pays d’Afrique de l’Ouest, le Niger dispose d’un bon maillage de son territoire en matière de défense et de sécurité. Sur sa frontière sud-est, commune avec le Nigeria, le pays affiche même un important réseau de postes opérationnels avancés mobiles et statiques qui fait pâlir de jalousie son puissant voisin.

La fin d’un tabou

Désireux de consolider les acquis de l’ère Issoufou mais, surtout, d’adapter la réponse de son pays à l’évolution de la menace, le président Bazoum, qui se défend toutefois de toute rupture avec son mentor, a brisé le tabou du dialogue entre l’État nigérien et les jihadistes. Une hypothèse qui avait toujours été balayée d’un revers de la main pendant les deux mandats de son prédécesseur.

Lors d’une rencontre avec les cadres nationaux en février dernier, le chef de l’État nigérien a indiqué qu’il avait ordonné la libération de certains jihadistes détenus à la prison de haute sécurité de Koutoukalé, à 50 km au nord-ouest de Niamey. Il avait également assuré que l’État était entré en contact avec les parents de certains jeunes engagés dans les groupes terroristes, inscrivant ces deux initiatives dans sa volonté d’explorer des solutions non militaires.

À LIRENiger : les plans de Mohamed Bazoum après le retrait de Barkhane du Mali

Le nouveau président a également décidé de convaincre les déplacés internes de la région de Diffa (Sud-Est, frontalier avec le Nigeria) et des régions de Tillabéri et de Tahoua (Nord-Ouest) de retourner dans leurs villages.

À condition que l’État y mette tous les moyens, la stratégie de retour des déplacés intérieurs pourrait rapidement porter ses fruits : elle réhabilite la dignité de populations réduites à l’assistance humanitaire et contrarie l’agenda d’annexion territoriale des groupes terroristes.

L’aléa de la coopération avec le Mali

Mis ensemble, le changement de paradigme et les nouveaux efforts en équipement, dont l’acquisition des drones Bayraktar TB2 et d’avions de reconnaissance Hürkus turcs, devraient permettre au Niger de préserver sa résilience sécuritaire. Toutefois, les efforts nationaux ne suffiront pas pour contenir la menace tant qu’ils ne sont pas associés à la recherche d’une mutualisation avec les États voisins, particulièrement avec le Mali, d’où le terrorisme s’est exporté au Niger et au Burkina Faso avant d’arriver aujourd’hui aux portes du golfe de Guinée.

À LIRENiger – Mohamed Bazoum : « Les dirigeants maliens ont tout intérêt à nous écouter »

L’espoir de la construction d’une réponse commune avec son voisin malien s’est éloigné depuis le coup d’État dans le coup d’État perpétré en mai 2021 à Bamako, où s’est installée une junte militaire qui a fait le pari risqué de s’adjoindre les services de la société de sécurité privée russe Wagner.

Il n’est un secret pour personne que Mohamed Bazoum et Assimi Goïta entretiennent des relations exécrables. En se retirant du G5 Sahel – organisation de coopération avec le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad -, le Mali rend impossible la montée en puissance d’une stratégie régionale de réponse à la menace sécuritaire, particulièrement dans la zone des trois frontières. Or, la solution à l’insécurité au Sahel sera régionale ou ne sera pas. La résilience nigérienne ne pourra rien sans une volonté partagée avec le voisin malien.

————————

Mali-Sahel, notre Afghanistan à nous ? Seidik Abba, Impacts éditions, 150 pages, 15 euros.

Togo : la DMK s’insurge contre l’interdiction de son meeting par le gouvernement

 

Le gouvernement togolais a une nouvelle fois interdit un meeting de l'opposition, invoquant cette fois des raisons « sécuritaires » contre un rassemblement prévu pour samedi à Lomé, selon un communiqué du ministre de la Sécurité, le général Yark Damehame. La Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) - qui regroupe sept partis politiques de l'opposition et six organisations de la société civile - a appelé à ce meeting pour dénoncer notamment la vie chère, la mauvaise gouvernance et l'impunité.

Avec notre correspondant à Lomé, Peter Sassou Dogbe

Le gouvernement a interdit le meeting de la Dynamique Monseigneur Kpodzro, prévue pour le 25 juin contre toute attente. La Dynamique Monseigneur Kpodzro a soutenu la candidature de Gabriel Agbéyomé Kodjo et qui continue de contester les résultats des présidentielles de février 2020, tire les conséquences de cette interdiction de se rassembler et ne compte pas baisser les bras.

Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, coordinatrice de la Dynamique Monseigneur Kpodzro (DMK) : « Dans ce pays, nous pourrons bientôt exercer notre droit d’organiser des meetings, notre droit d’organiser des marches ou toutes formes d’activités pour manifester notre mécontentement. Nous avons reprogrammé le meeting pour le samedi 16 juillet prochain et il aura toujours lieu dans le Golfe 1, à Bè Kondjindji. Jamais nous ne laisserons nous supprimer le droit d’organiser des activités politiques. On se croirait dans une République bananière et de penser que notre sort est entre les mains de ce gouvernement, je vous assure que cela inquiète beaucoup de Togolais. Nous n’entendons plus laisser ceux qui se sont imposés à la tête de ce pays continuer tranquillement à dormir, à ne pas du tout s’occuper sinon que de détourner les ressources, et de prendre des décisions inadéquates qui ne font que souffrir les Togolais ».

Dans un communiqué publié mercredi 22 juin au soir, le général Damehame a jugé que « l'organisation d'une telle manifestation dans un contexte sécuritaire sous-régional et national actuel très préoccupant (était) de nature à compromettre les efforts pour préserver l'ordre public et la sécurité nationale ».

L’inquiétude grandit sur la hausse des prix

vu du Sénégal

Dépendant du blé russe, le Sénégal subit les contrecoups de la guerre en Ukraine qui se répercutent sur le prix du pain.

  • Clémence Cluzel, 

 

L’inquiétude grandit sur la hausse des prix

Dakar (Sénégal)

 

De notre correspondante

Dans son kiosque de tôle logé dans une ruelle de Dakar, Amy vend des sandwichs, base des petits-déjeuners sénégalais. Depuis plusieurs semaines, cette maman de 24 ans constate l’inflation des prix. « Tout augmente, c’est dur. Je proposais des steaks, du poulet mais maintenant je fais juste des sandwichs », explique-t-elle. « Pour gagner un petit quelque chose », elle a augmenté leur prix : 200 francs CFA contre 150 (0,30 contre 0,22 €). « Les clients sont moins nombreux et certains se plaignent. Avec la Tabaski (Aïd-El-Kébir, NDLR), début juillet, ils font aussi deséconomies », ajoute-t-elle. « Certains Sénégalais ont supprimé le petit-déjeuner à cause de l’effritement du pouvoir d’achat », confirme Momar Ndao, président de l’Association des consommateurs du Sénégal. Si l’inflation (7,4 % en juin) touche tous les produits, le blé est particulièrement concerné, le Sénégal dépendant entièrement des importations pour ses approvisionnements.

 

Chaque année, plus de 700 000 tonnes sont importées, dont 60 % en provenance de Russie et d’Ukraine, selon l’Agence nationale de la statistique. Depuis décembre, la baguette (200 g) est passée de 150 à 175 francs CFA (0,22 à 0,26 €). Or « le pain est un produit social, le deuxième poste de dépenses des ménages », rappelle Amadou Gaye, le président de la Fédération des boulangers du Sénégal. Déjà au dernier trimestre 2021, la région Afrique de l’Ouest et centrale était en alerte avec la hausse des denrées de première nécessité liée à la reprise post-Covid mais aussi à l’augmentation du fret et aux mauvaises conditions météorologiques. Des mesures avaient été prises par le gouvernement, dès décembre, pour subventionner le sucre, le riz, l’huile et le blé et stabiliser leurs prix. Mais les sept minoteries du pays attendent toujours le règlement de cette dette d’un peu plus de 4 milliards de francs CFA (quelque 6 millions d’euros). «On tire le diable par la queue, les gens sont essoufflés », confesse Claude Demba Diop, président de l’Association des meuniers industriels du Sénégal (Amis).

000000000000000000000000000000000000000000000000

La situation s’est aggravée avec la guerre en Ukraine, accentuée par l’embargo sur les exportations de blé en Inde, deuxième producteur mondial, en mai 2022. Le cours du blé s’est envolé à 500€ la tonne contre 325 € en janvier. Le Sénégal a aussitôt pris de nouvelles mesures en subventionnant l’importation sur le blé pour un montant de 15 milliards de francs CFA (22 millions d’euros). «L’État veut maintenir le pouvoir d’achat des ménages, mais la situation perdure sans qu’on sache quand cela prendra fin », dit, inquiet, Claude Demba Diop. Le prix du sac de 50 kg de farine de blé pourrait aller jusqu’à 27 000 francs CFA (41 €). La spirale inflationniste touche également les autres produits de base : 20 % d’augmentation sur le bidon de 20 litres d’huile, tandis que les stocks de sucre local se terminent à la fin du mois, rendant obligatoires les importations. «Ce n’est pas notre guerre, mais on la subit. On ne peut pas en vouloir aux Occidentaux car tout le monde souffre », souffle Amy. Pour l’heure, cette inquiétude de la population ne s’est pas traduite par une grogne sociale, mais le gouvernement reste sur le qui-vive avant les élections législatives de la fin juillet.

Conscient de cette fragilité, le président sénégalais Macky Sall a appelé, début avril, à « produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons » pour « gagner la bataille de la souveraineté alimentaire ». L’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), qui travaille sur la culture du blé dans la vallée du fleuve Sénégal (Nord), a homologué en 2020 huit variétés, pour la boulangerie et des pâtes alimentaires. Si la culture locale est possible sous certaines conditions, elle nécessite surtout un programme de soutien étatique pour son développement. Les céréales locales (mil, sorgho, niébé), très riches en protéines, offrent une alternative de choix au blé. «Le patriotisme économique doit prévaloir. Les céréales locales pourraient être une solution de sortie de crise. Mais elles ont besoin d’être subventionnées », rappelle Amadou Gaye.

Bénin: encore trop d'enfants sans état civil, alerte Amnesty International

 

L'ONG mène actuellement une campagne de lutte contre l'apatridie, en partenariat avec le HCR, le Haut-commissariat pour les réfugiés. L'organisation sensibilise les populations des communes de Karimama et de Ouidah à l'importance d'enregistrer leurs enfants à la naissance pour qu'ils puissent avoir une nationalité et bénéficier de tous leurs droits.

« Enregistrer une naissance est le premier pas pour éviter à l'enfant de devenir apatride, et lui assurer ainsi la jouissance de tous ses droits », peut-on lire sur une affiche d'Amnesty International. Dans les communes de Ouidah et de Karimama, à la frontière avec le Niger, Amnesty distribue gratuitement des actes de naissance. Un document de base qui permet à toute personne d'avoir une existence légale et une nationalité. 

L'organisation fait aussi de la sensibilisation auprès des populations. À Karimama, à la frontière avec le Niger, ces actions sont nécessaires en raison de la ruralité de la zone, explique Pricilia Acapovi, responsable administration d'Amnesty International Bénin.

« Déjà on vous dira : " les filles ce n’est pas la peine qu’elles aillent à l’école " ou " on préfère envoyer les enfants dans les champs ", du coup on ne ressent pas vraiment l’importance de faire enregistrer. Je pense qu’en grande partie, ce ne sont pas des personnes qui vont systématiquement dans les hôpitaux pour se faire accoucher. On ne trouve pas l’importance d’aller déclarer, d’avoir un document qui ne servira plus tard », explique-t-elle.

Ne pas avoir été enregistré à la naissance pose pourtant de nombreux problèmes par la suite, assure Pricilia Acapovi. Il est difficile de prouver son appartenance à un pays, d'obtenir un document d'identité, de scolariser un enfant ou bien d'accéder à des soins. « Ça pose le souci d’inscription à l’école : par la suite pour participer un à examen il faut forcément une pièce d’identité. C’est aussi la preuve de l’appartenance à tel ou tel pays au monde », affirme la responsable administration d'Amnesty International Bénin, joint par Magali Lagrange du service Afrique.

Amnesty International insiste aussi sur l'importance d'aller chercher l'acte de naissance, une fois qu'il est établi. L'organisation doit poursuivre sa campagne jusqu'à la fin de l'année.

Guinée : comment Doumbouya entend renforcer sa coopération sécuritaire avec Paris

Figure de la junte au pouvoir depuis le 5 septembre 2021 et proche du président de la transition, le ministre délégué à la Défense, Aboubacar Sidiki Camara, dit Idi Amin, était à Paris du 14 au 18 juin dernier.

Mis à jour le 20 juin 2022 à 19:05
 

 

Mamadi Doumbouya. © JOHN WESSELS / AFP

 

Le général à la retraite Aboubacar Sidiki Camaradit Idi Amin, est arrivé lundi 14 juin à Paris. Officiellement, le ministre guinéen délégué à la Défense répondait à une invitation officielle de son homologue français à participer au salon Eurosatory. Cet évènement bisannuel d’exposition de matériel et d’équipement militaire, qui s’est tenu du 13 au 17 juin à Villepinte (région parisienne), est le premier salon dédié à l’armement terrestre dans le monde.

À LIREGuinée, Mali : les forces spéciales menacent-elles la démocratie ?

L’ancien ambassadeur de Guinée à Cuba, qui était rentré à Conakry au lendemain du coup d’État du 5 septembre, est un intime de Mamadi Doumbouya. C’est aussi un rouage clé de sa politique sécuritaire. Alors que le gouvernement guinéen achève sa tournée « immersive » à l’intérieur du pays, Idi Amin a donc quitté la Guinée pour Paris dans le but de renforcer la coopération militaire bilatérale.

Lutte contre le terrorisme

Le ministre a ainsi rencontré, le 14 juin au matin, le chef d’état-major des armées, le général Thierry Burkhard. Les deux hommes ont évoqué la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest et la contagion terroriste, du Sahel au golfe de Guinée. L’entretien a également porté sur la coopération bilatérale entre la Guinée et la France dans la lutte contre le terrorisme.

Thierry Burkhard, le chef d’état-major des armées et le ministre Aboubacar Sidiki Camara, à Paris, le 14 juin 2022. © Chef d’état major des armées/facebook

 

Thierry Burkhard, le chef d’état-major des armées et le ministre Aboubacar Sidiki Camara, à Paris, le 14 juin 2022. © Chef d’état major des armées/facebook

 

Le coup d’État du 5 septembre a eu peu d’effet sur la coopération sécuritaire entre la France et la junte de Mamadi Doumbouya – elle a d’ailleurs rapidement repris après le putsch. Des coopérants français sont ainsi intégrés aux structures de commandement de l’armée guinéenne, où ils dispensent des formations à leurs homologues, notamment en matière de gestion des ressources humaines.

Paris reste soucieux de préserver ses bonnes relations avec le président de la transition, plus fréquentable que son voisin malien Assimi Goïta, et tente de contrer l’offensive russe dans la sous-région.

À LIREGuinée : quand Mamadi Doumbouya critiquait l’« attitude hautaine » des militaires français

Diplômé de Saint-Cyr et de l’École de guerre de Paris, Idi Amin est bien connu des officiels de l’armée française – et apprécié. Le ministre a fait le choix de se déplacer uniquement avec son conseiller juridique Me Abdoulaye Touré. À Paris, le chargé d’affaires nommé après le départ de l’ancien ambassadeur Amara Camara, révoqué en février dernier, n’était pas informé de cette visite.