Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Burkina Faso : ce que Kaboré compte faire de sa liberté retrouvée

En « liberté totale » selon un communiqué du gouvernement, l’ex-président burkinabè, dont le sort alimente les spéculations depuis des semaines, va rester chez lui à Ouagadougou. Il pourrait également passer un contrôle médical à l’étranger.

Mis à jour le 4 juillet 2022 à 14:55
 

 

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré à Abuja, le 21 décembre 2019 © KOLA SULAIMON/AFP

 

Son sort était un sujet de discussion récurrent entre Ouagadougou et la Cedeao. Dans un communiqué publié le 2 juillet, à la veille du sommet de l’organisation sous-régionale à Accra, en partie consacré à la situation au Burkina Faso, le gouvernement burkinabè a « réaffirmé » que Roch Marc Christian Kaboré bénéficie d’une « liberté totale ».

« Réaffirmé » et non « annoncé » : la nuance lexicale a son importance car, aux yeux des autorités de transition, l’ancien chef de l’État est en liberté depuis le 6 avril dernier, date à laquelle il a rejoint son domicile ouagalais de la Patte d’Oie, après avoir passé plus de deux mois en résidence surveillée dans une villa ministérielle de Ouaga 2000. Une version contestée par ses proches et partisans, selon lesquels Kaboré n’a jamais vraiment été libéré, malgré son retour chez lui.

Visite d’Issoufou à Kaboré

Lors de son entretien avec le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba au palais de Kosyam, le 21 juin, l’ex-président avait clairement indiqué à son tombeur qu’il ne pouvait rester dans cette situation, à moins que des récriminations claires lui soient signifiées. Le 2 juillet, c’était au tour de Mahamadou Issoufou, le médiateur de la Cedeao pour le Burkina Faso, d’évoquer le sujet avec le président de transition burkinabè, lors de son passage à Ouagadougou. Dans la foulée de cet entretien à Kosyam, l’ancien président nigérien était allé rendre visite à Kaboré à son domicile.

À LIREBurkina Faso : dans les coulisses de la rencontre entre Kaboré et Damiba

« Nous avons utilisé cette expression de “liberté totale” car c’est celle que tout le monde – à commencer par la Cedeao – voulait entendre. Mais en réalité, le président Kaboré est totalement libre depuis le 6 avril. Certains instrumentalisent la situation en disant qu’ils ne peuvent pas le voir, alors que c’est juste lui qui ne veut pas les recevoir », affirme un proche de Paul-Henri Sandaogo Damiba. Ce que contestent certains de ses proches qui, depuis l’annonce du gouvernement, sont allés chez lui mais n’ont pas pu le voir.

Séjour médical à l’étranger ?

Si le principe d’une liberté totale de mouvement semble désormais acquise, quelques détails restent encore à régler. Kaboré devrait continuer à vivre à son domicile de la Patte d’Oie, avec la sécurité que lui confère son statut d’ancien chef de l’État. Il n’a pas manifesté le souhait de rejoindre sa seconde villa, située à Ouaga 2000 et où réside son épouse Sika. Il devrait théoriquement pouvoir recevoir qui il souhaite, sans complications liées aux autorisations que ses visiteurs devaient jusqu’à présent obtenir.

À LIRE[Enquête] Le Burkina Faso dans le viseur de Wagner 

Sur les conseils de son médecin personnel, l’ex-président pourrait ensuite s’envoler à l’étranger dans les semaines à venir pour y passer un contrôle – probablement en France, où se trouvent ses autres médecins. Ces derniers mois, sa santé alimente toutes les rumeurs. Une chose est sûre : il a perdu beaucoup de poids, et est apparu encore amaigri le 21 juin lors de son entretien avec Damiba. Selon l’un de ses intimes, Kaboré, qui est suivi depuis longtemps pour des problèmes cardiaques, s’astreint à un régime draconien pour ne pas dépasser un certain poids. Chaque jour, il fait deux heures de sport, notamment sur un vélo d’appartement, et il reçoit la visite régulière d’un kinésithérapeute.

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Le médiateur de la Cédéao, Mahamadou Issoufou, en visite au Burkina Faso

 

Le médiateur de la Cédéao, Mahamadou Issoufou est en visite au Burkina Faso avec un programme très chargé. Il a prévu pour plusieurs rencontres au cours de son séjour de moins de 48h. Avec les autorités de la transition, les discussions vont porter sur les délais de la transition, la situation de l’ex-président Roch Marc Christian Kaboré et du mécanisme d’évaluation et de suivi du processus. En attendant de rencontrer le président du Faso, le lieutenant-colonel Paul Henri Damiba, il a échangé avec de nombreux autres acteurs.

Avec notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani

À peine descendu de l’avion  Mahamadou Issoufou s’est rendu au premier ministère pour sa première séance de travail avec le chef du gouvernement, les ministres de la Défense, de la Sécurité, et de l’Action humanitaire. Une rencontre consacrée à la durée de la transition, au chronogramme et à la situation de l’ex président Roch Marc Christian Kaboré et du mécanisme de suivi et d’évaluation du processus.

Durant toute une partie de la soirée, le facilitateur de la Cédéao a eu plusieurs entretiens, avec les représentants des partis politiques et les responsables religieux.

Selon le docteur Ablassé Ouédraogo du parti le Faso Autrement, la transition s’est fixée comme objectif, la sécurisation d’au moins 75% du territoire burkinabè afin que des élections justes et transparentes puissent se tenir

Abdoulaye Soma, président de l’ex-ONA (opposition non alignée) soutient que l’ex-président nigérien invite les burkinabè a trouvé un compromis avec la Cédéao sur le chronogramme pour éviter des sanctions. 

Tel est également le vœu des partis membres de l’ancienne majorité présidentielle qui ont demandé au facilitateur d’user de son poids afin que la Cédéao maintienne cette dynamique du dialogue avec le gouvernement et tous les autres acteurs pour une sortie de crise.

Sénégal : l’opposition calme le jeu, la majorité étouffe ses divisions internes

Face aux vives tensions à l’approche des législatives du 31 juillet, la principale coalition de l’opposition a décidé d’annuler les manifestations prévues le 29 juin. Mais le pouvoir, lui, n’en a pas fini avec les « démons » de la divergence en son sein

Mis à jour le 30 juin 2022 à 19:07
 

 

Heurts entre des manifestants et les forces de l’ordre à Dakar, le 17 juin 2022. © ZOHRA BENSEMRA/REUTERS

 

La journée s’annonçait mouvementée, mais aucun manifestant n’a finalement convergé, le 29 juin, vers la place de l’Obélisque, lieu emblématique de la contestation au cœur de Dakar. De fait, les leaders de Yewwi Askan Wi (YAW), la principale coalition de l’opposition, ont annoncé le report « à une date ultérieure » des manifestations qui avaient été interdites, la veille, par les préfets de Dakar et de plusieurs villes de l’intérieur du pays.

L’opposition semble vouloir jouer la carte de l’apaisement, répondant ainsi à l’appel de plusieurs autorités religieuses qui plaidaient en faveur d’une décrispation de la situation, alors que se préparent les festivités de la Tabaski, prévues le 9 juillet, et que doivent se tenir des examens scolaires de fin d’année. « L’autre raison qui a motivé ce renvoi, c’est que nous sommes aussi en période de pèlerinage [à la Mecque] », a affirmé Aïda Mbodj, députée et membre de YAW, s’empressant d’ajouter que ce ne sont pas « les interdictions des préfets » qui ont douché l’enthousiasme des manifestants.

À LIRELégislatives au Sénégal : à qui profitera le bras de fer entre Ousmane Sonko et Macky Sall ?

Le 28 juin, Ousmane Sonko, principal opposant au président Macky Sall, avait déjà laissé entrevoir la possibilité d’un dégel. Dans une publication en français et en wolof sur sa page Facebook, le maire de Ziguinchor demandait « à tous les militants qui comptaient venir passer une nuit de veille devant [sa] maison d’y renoncer et à ceux qui sont déjà là de retourner se reposer chez eux ». « Je suis très touché par cet engagement, mais je les rassure : il n’y a rien à craindre ce soir, ni demain », ajoutait-il.

Prison avec sursis pour des élus

Ces annonces interviennent après que plusieurs figures de l’opposition ont été condamnées, en début de semaine, pour regroupement non autorisé lors des manifestations du 17 juin, qui ont fait trois morts. Le député Déthié Fall a ainsi écopé de six mois de prison avec sursis et Ahmed Aïdara, qui dirige la commune de Guédiawaye (banlieue de Dakar), d’un mois de prison avec sursis. La députée Mame Diarra Fam et 82 coaccusés ont en revanche été relaxés en raison « de faits insuffisamment établis ».

À LIRELégislatives au Sénégal : « On transforme le dépôt de candidature en épreuve olympique »

Les tensions sont vives entre le pouvoir et l’opposition depuis le 3 juin et la confirmation par le Conseil constitutionnel de l’invalidation de la liste nationale des candidats titulaires de YAW pour les législatives du 31 juillet. Cette décision revient à mettre hors course Ousmane Sonko, arrivé troisième à la présidentielle de 2019. Mais si Benno Bokk Yakaar (BBY, au pouvoir) s’est défendu d’instrumentaliser la justice et de contrôler les « sages » de la plus haute instance judiciaire du pays, plusieurs voix de la majorité présidentielle sont montées au créneau pour dénoncer le déroulé du processus électoral.

Divergences

De passage le 20 juin à Diourbel en pays mouride, Aminata Tall, l’ancienne présidente du Conseil économique, social et environnemental (Cese), a jeté un pavé dans la mare. « Ces législatives, vous pouvez les appeler comme vous voulez, mais ce ne sont pas des élections, a-t-elle déclaré face à la presse. Casser la logique des listes majoritaires et proportionnelles, puis décréter que l’une ne compétira qu’avec des suppléants et que l’autre ne le fera qu’avec des titulaires, ça n’existe nulle part dans le monde. Tout cela est dépourvu de toute logique élémentaire. »

Un manifestant de l’opposition sénégalaise, le 22 juin 2022, à Dakar. © REUTERS/Zohra Bensemra.
REUTERS/Zohra Bensemra.

Abondant dans le même sens sur le réseau social Twitter le lendemain, Mankeur Ndiaye, l’ancien ministre des Affaires étrangères, a salué « la lucidité et le courage politique » de sa « sœur femme d’État » tout en lui signifiant son soutien. « Travaillons pour les consensus pour la paix civile et des élections inclusives », a-t-il ajouté.

CES PRISES DE PAROLE SONT RÉVÉLATRICES DE CERTAINES DISSENSIONS AU SEIN DE LA MAJORITÉ

Des propos que d’autres membres de la coalition au pouvoir ont peu appréciés – Mankeur Ndiaye a d’ailleurs soutenu avoir reçu des injures et des menaces. « Les sorties médiatiques d’Aminata Tall et de Mankeur Ndiaye sont malheureuses et malhonnêtes. Ces deux personnalités institutionnelles et politiques montrent aux Sénégalais qu’elles sont de mauvaise foi, tacle Thierno Amadou Sy, cadre de l’Alliance pour la République (APR), le parti présidentiel. Mankeur Ndiaye doit tout à Macky Sall. Il a gravi les échelons jusqu’à devenir ministre. Et maintenant qu’il a fini son mandat aux Nations unies, il fait un peu d’agitation pour montrer qu’il existe encore. »

À LIRESénégal : Macky Sall visé par Olivier Faure, le chef du PS français

Quant à Aminata Tall, ses critiques à l’encontre du chef de l’État sénégalais révèlent un « manque d’élégance et de courtoisie [de la part de quelqu’un] à qui le président Sall a tout donné dans sa gouvernance depuis 2012 », vitupère dans une tribune un autre militant du parti au pouvoir. « Ces deux personnalités, quand elles étaient encore aux affaires, n’ont jamais rien dit, abonde un observateur de la vie politique locale. Pourquoi le font-elles maintenant ? Cela laisse penser qu’elles veulent juste se rappeler au bon souvenir de Macky Sall, alors qu’elles ne représentent plus rien politiquement. »

Aminata Tall, 73 ans, n’a plus en effet de fonction politique depuis qu’elle a été remplacée par Mimi Touré à la tête du Cese en 2019. Et Mankeur Ndiaye, 62 ans, s’était éloigné du devant de la scène pour embrasser une carrière internationale. Il a été nommé en 2019 représentant spécial du secrétaire général de l’ONU en Centrafrique, mais ses fonctions ont pris fin en février 2022. Contactés par Jeune Afrique, ils n’ont pas souhaité répondre à nos sollicitations.

À LIRESénégal : Mimi Touré, la dame de pique de Macky Sall

Ces prises de parole sont malgré tout révélatrices de certaines dissensions au sein de la majorité présidentielle. Des dissensions sur lesquelles on ne souhaite pas s’appesantir dans le camp de Macky Sall. « Ils auraient dû faire preuve de responsabilités et faire part de leurs observations au chef de l’État uniquement, tance Mamoudou Wane, cadre du Parti socialiste (PS), formation alliée à la majorité présidentielle. Là, [Mankeur Ndiaye et Aminata Tall] ont tout faux. »

Ghana: une manifestation contre la vie chère dégénère à Accra

 

Au Ghana, une manifestation a dégénéré dans la soirée du 28 juin. Vingt-neuf personnes ont été arrêtées, selon les autorités, après des affrontements entre des participants à la marche et la police. L’événement s’est tenu dans le centre de la capitale, Accra. Il s’agissait de protester contre l’inflation et notamment la hausse du prix de l’essence. Mais en fin de journée, la manifestation a tourné au face-à-face violent avec les forces de l’ordre.

« Nous avons faim », « le gouvernement nous a trompés », « il faut changer les prix des biens et des services ». Les pancartes brandies par les manifestants à Accra, la capitale du Ghana, étaient on ne peut plus claires. Plusieurs personnalités politiques et de la société civile s’étaient jointes au cortège pour dénoncer l’inflation et l’inaction du gouvernement face à la hausse des prix.

Selon l’activiste Bernard Mornah, « les Ghanéens ordinaires s’enfoncent dans la pauvreté. Nous souffrons. Mais les autorités ne s’intéressent pas au problème », a-t-il déclaré durant la marche. « Cette manifestation est nécessaire vu le niveau de frustration. Le gouvernement doit écouter », a ajouté Hamilton Biney, chef du parti NDC.

Gaz lacrymogènes

Vers Obra Spot, dans le centre-ville, les forces de sécurité ont commencé à accuser des manifestants de jeter des pierres. Après l’arrivée de renforts vers 16h30, les policiers ont alors tenté de disperser la foule à l’aide de gaz lacrymogène, causant la panique. Des gens ont fui, des commerces ont fermé et les autorités ont lancé une vague d’arrestations. 

« Ces gens ont été interpellés pour leur participation à des violences et des attaques contre la police, des civils, notamment des écoliers », ont indiqué les forces de l’ordre. Selon Grace Ansah-Akrofi, « des vidéos ont été visionnées, toute personne identifiée pour avoir participé ou incité aux débordements sera interpellée et traînée en justice », a promis la directrice des affaires publiques. Les organisateurs de la marche, eux, sont d’ailleurs recherchés.

►À écouter aussi : Invité Afrique - Rabah Arezki : « Dans de nombreux pays africains, l'inflation est à deux chiffres »