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Guinée: les principaux partis ont boycotté la rencontre sur les propositions de calendrier

 

Quand les civils reviendront-ils au pouvoir en Guinée ? La question semble bien difficile à trancher tant la méthode pour s’accorder sur un calendrier suscite des clivages et des débats. Des propositions de calendrier ont bien été rendues, mais cette rencontre a été boycottée par les partis politiques les plus influents

Le ministre de l’Administration du territoire a présenté vendredi 29 avril les propositions de calendrier recueillies ces dernières semaines auprès des coalitions de partis politiques, de la société civile et des centrales syndicales :

Le ministre de l’Administration du territoire indique avoir reçu 54 propositions de calendrier. Chaque proposition liste des réformes institutionnelles à réaliser avant d’organiser une élection présidentielle. La fourchette est large : selon toutes ces propositions, la transition pourrait durer entre 18 mois et 5 ans, selon les tâches à effectuer. Les propositions les plus longues prévoient un recensement général de la population. Cette synthèse a été transmise au CNRD.   

Reste à voir quelle est la valeur de cette première rencontre du « cadre de concertation inclusif ». Un rendez-vous marqué par l’absence des principales coalitions de partis politiques, qui rejettent le format de cette rencontre : l'UFDG de Cellou Dalein Diallo, le RPG d'Alpha Condé, l'UFR de Sidya Touré... et aussi le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC).

« Les discussions sur le chronogramme doivent se faire dans un cadre plus restreint, avec des partis politiques représentatifs », souligne un militant de l’UFDG, qui s’étonne que les consultations s’étendent aux syndicats et à la société civile en général. « On ignore qui est consulté, nous rejetons le contenu de cette synthèse », affirme un autre leader de l’opposition.

Le FNDC, qui prône une transition de deux ans, estime que la démarche des autorités ne cadre pas avec l’esprit de la Charte de la Transition.

Sekou Koundouno, responsable de la stratégie et de la planification du FNDC

Le FNDC exige le respect de l’article 77 de la Charte de la transition, qui stipule que le chronogramme est déterminé d’un « commun accord » entre le CNRD au pouvoir et les Forces vives de la Nation. 

Huile de palme : en Côte d’Ivoire, la hausse des cours fait aussi des heureux

La flambée du cours des matières premières, dont celui de l’huile de palme, donne de l’air aux producteurs locaux en Afrique de l’Ouest, notamment à Palmci, la filiale du groupe ivoirien Sifca.

Mis à jour le 29 avril 2022 à 17:33
 

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Plantations d’huiles de palme par Sifca à Irobo, dans le sud de la Côte d’Ivoire. © Nabil ZORKOT pour J

 

Après des années difficiles, l’heure est aux bons résultats pour les producteurs d’huile de palme ouest-africains. La preuve avec Palmci, filiale du groupe ivoirien Sifca, qui vient de publier de bons états financiers pour 2021. La société, dirigée depuis 2013 par Christophe Koreki, a ainsi réalisé un chiffre d’affaires de 195,6 milliards de F CFA (environ 297 millions d’euros) en hausse de 63 % sur un an. La performance est encore plus significative au niveau du résultat net, à 42,4 milliards de F CFA, en augmentation de 1 106 % sur un an.

Et cela devrait durer. Palmci, qui a vu son chiffre d’affaires croître de 42 % et son résultat net de 53 % au premier trimestre de 2022 par rapport à la même période en 2021, table sur un « résultat net 2022 aux alentours de celui de 2021 ». Cet essor est porté par un solide niveau de production et, surtout, par la flambée des cours de l’huile de palme. La quantité d’huile de palme brute vendue a augmenté de 13 % au premier trimestre de2022 quand les cours ont, eux, bondi de 24 % sur la même période, a précisé Palmci.

Prix record

Ces deux dernières années, porté par la reprise économique post-pandémie de Covid-19 et la hausse globale des cours des matières premières, le prix de l’huile ne cesse d’augmenter. Début mars, le prix de l’huile de palme a atteint un record depuis plus de dix ans à 8 720 ringgits (1 900 euros) la tonne à la Bourse de Kuala Lumpur, la référence pour cette matière première dont la Malaisie et l’Indonésie sont les principaux producteurs et fournisseurs mondiaux. Annoncée le 27 avril, la décision de l’Indonésie de suspendre ses exportations devrait encore renforcer la hausse des prix en réduisant la disponibilité de l’offre au niveau international.

Palmci est loin d’être le seul à tirer profit d’une situation qui favorise l’ensemble des producteurs du continent. « La liste des plus importants détenteurs de plantations en Afrique en termes de surface inclut Socfin, Wilmar, Olam et SIAT », soulignait Fitch Solutions dans une note publiée au début de 2021. Si les groupes singapouriens Wilmar et Olam ne communiquent pas le détail de leurs résultats africains, Socfin, détenu à 54 % par l’homme d’affaires belge Hubert Fabri et à 39 % par le groupe français Bolloré, avec un siège social au Luxembourg, a lui aussi enregistré des résultats positifs en 2021.

CES MESURES RISQUENT DE PERTURBER LES CHAÎNES D’APPROVISIONNEMENT

Présent dans huit pays (Sierra Leone, Liberia, Côte d’Ivoire, Ghana, Nigeria, Cameroun, RDC et São Tomé), il a déclaré pour ses activités africaines un bénéfice de 6,5 millions d’euros en 2021, contre une perte de 28,6 millions d’euros l’année précédente.

Dépendance aux importations

Cet impact doit toutefois être nuancé en raison des mesures de lutte contre l’inflation prises par de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, dont la limitation de la hausse du prix de l’huile vendue au consommateur final. « Dans ce contexte, les producteurs de graines de palme sont clairement gagnants, pointe Pierre Ricau, analyste de marchés chez Nitidæ. C’est moins le cas pour les industriels locaux, qui transforment les graines en huile et la vendent soit sur leur marché, soit dans la sous-région. Ces derniers et les clients qu’ils fournissent ne peuvent en effet pas répercuter la totalité de la hausse des cours. »

« Ces mesures, dont il faut vérifier qu’elles protègent effectivement le pouvoir d’achat, risquent par ailleurs de perturber les chaînes d’approvisionnement et, in fine, de renforcer la rareté des stocks d’huile dans la région », reprend l’analyste, rappelant que la Côte d’Ivoire et le Cameroun sont les deux seuls exportateurs nets d’huile de palme dans la zone. La majorité des pays, dont le Nigeria mais aussi le Bénin et le Togo, entre autres, sont largement dépendants des importations pour assurer leur consommation.

Afrique subsaharienne : « Une augmentation du coût de la vie et du taux de pauvreté sont à craindre »

Selon les récentes estimations du FMI, la crise ukrainienne a entraîné un « essoufflement » de la croissance au sud du Sahara. Un choc qui ne pouvait survenir à moment plus délicat pour les États et les populations de la région. Les explications de Papa N’Diaye, du département Afrique du Fonds.

Mis à jour le 28 avril 2022 à 17:24
 
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Un commerçant se sert d’une calculatrice pour évaluer le montant d’un paiement sur un marché de Lagos, au Nigeria, le 22 avril 2022. L’étranglement des chaînes d’approvisionnement, dû en partie à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et l’augmentation de près de 100 % des prix de l’essence cette année, exercent une pression à la hausse sur la plus grande économie d’Afrique. © Damilola Onafuwa/Bloomberg/Getty

 

Après un rebond de l’activité économique plus fort que prévu au cours des derniers mois de 2021, l’Afrique subsaharienne subit depuis la fin de février le contrechoc de la crise ukrainienne, dont les effets se font ressentir autant dans les comptes des Banques centrales que dans le « panier de la ménagère ». Pour ne rien arranger, cela se produit alors que les capacités d’intervention des pays de la région sont déjà exsangues, après deux ans de lutte contre la pandémie de Covid-19 – crise à la fois sanitaire et économique – qui ont pesé sur les finances publiques et aggravé l’endettement des États.

Quelles réponses peuvent apporter les gouvernements africains ? Sur quelle aide peuvent-ils compter ? Est-ce le retour de « l’austérité budgétaire » dans la région ? Pour réponse à ces questions, Jeune Afrique a interrogé Papa N’Diaye, chef de division au sein du département Afrique du FMI, qui a notamment supervisé la nouvelle édition du rapport « Perspectives économiques régionales » sur l’Afrique subsaharienne, sous-titré « Un nouveau choc et une faible marge de manœuvre », qui vient d’être rendu public.

Jeune Afrique : La nouvelle édition de « Perspectives économiques régionales » consacrée à l’Afrique subsaharienne et publiée aujourd’hui, 28 avril 2022, présente des résultats paradoxaux. D’un côté, une réévaluation à la hausse des indicateurs économiques pour 2021 et, de l’autre, une estimation des perspectives qui semble plus pessimiste pour cette année. Comment l’expliquez-vous ?

Papa N’Diaye : Le conflit en Ukraine a stoppé l’élan de croissance que la région Afrique subsaharienne a connu durant la deuxième moitié de 2021. Les taux de croissance actuels dans la sous-région pour 2021 sont estimés à 4,5 %, comparé à une progression annuelle anticipée à 3,7 % en octobre dernier. La surprise positive liée à la croissance et la dynamique très forte qui ont pris place aux alentours de la fin de 2021 se sont essoufflées. Nous anticipons une baisse à 3,8 % du taux de croissance annuel en 2022 pour la région. En octobre 2021, nous anticipions au contraire une amélioration des perspectives économiques en 2022.

 

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Papa N’Diaye est chef de division au département Afrique du FMI. © IMF

 

Concrètement, comment sont affectés les pays subsahariens par cette crise ?

Avec la guerre en Ukraine, les prix des matières premières (aliments, énergie, secteur minier…) se sont envolés. Il y a eu également beaucoup de volatilité sur les marchés financiers ainsi qu’une augmentation de l’incertitude vis-à-vis du climat des affaires.

Toutefois, l’impact de la crise sera différencié à travers les 45 pays subsahariens. Certains, qui sont exportateurs de pétrole, vont bénéficier de l’augmentation des prix de l’or noir, et cela va constituer une manne financière assez significative s’ils arrivent à épargner une part de ces recettes. Or, beaucoup d’entre eux distribuent des subventions qui peuvent engendrer des coûts supplémentaires.

LA HAUSSE DES PRIX DES DENRÉES ALIMENTAIRES VA AFFECTER TOUS LES PAYS

Les 37 autres pays, qui eux importent du pétrole, vont subir les effets négatifs de l’augmentation des coûts du pétrole et de ceux des denrées alimentaires, qui vont engendrer une détérioration des termes de l’échange, affectant à la fois la balance de paiements et les bilans budgétaires. Cela constitue un frein à la croissance pour ces pays.

 

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Révisions des taux de croissance en Afrique subsaharienne. © FMI ; avril 2022

 

Restons sur la question des prix alimentaires. Au-delà des grands indicateurs macroéconomiques, quels seront les effets de leur hausse pour les populations africaines ?

Il faut d’abord noter que la hausse des prix des denrées alimentaires va affecter tous les pays, qu’ils soient importateurs ou exportateurs de pétrole. Il en découle un certain nombre d’inquiétudes. Il y a le risque d’une dégradation de la situation macroéconomique dans certains pays et d’exacerbation des vulnérabilités sociales. Le renchérissement du coût de la vie et l’augmentation du taux de pauvreté sont également à craindre.

De plus, ces événements arrivent à un moment où la région espérait sortir de la pandémie, guérir les maux de la crise sanitaire, et alors que les pays d’Afrique subsaharienne ont une marge de manœuvre très limitée. Ils ont en effet peu d’espace en matière de politique fiscale et guère de possibilités de soutenir la croissance, en raison des vulnérabilités liées à la dette publique, qui étaient déjà patentes avant, pendant et après la pandémie.

IL FAUDRA DISTRIBUER DES SUBVENTIONS LIMITÉES DANS LE TEMPS ET CIRCONSCRITES AUX DENRÉES ALIMENTAIRES

Dans ce cas, quelles peuvent bien être les réponses des gouvernements ?

Premièrement, les États d’Afrique subsaharienne doivent apporter des aides aux populations les plus vulnérables pour surmonter cette période de hausse marquée des prix alimentaires, mais cela doit se faire sans trop dégrader la situation de la dette, déjà vulnérable. D’où notre recommandation : une aide ciblée. Pour ceux de ces pays ayant encore une marge budgétaire, cela se traduira par des déficits supplémentaires. Pour les autres, qui font déjà face ou sont près d’une crise de surendettement, il faudra surtout insister sur la mobilisation des ressources domestiques et améliorer l’efficience des dépenses. Il faudra également une aide de la communauté internationale pour toute la région.

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Évolution du PIB réel par habitant en Afrique subsaharienne et dans les pays développés. © FMI ; avril 2022

 

 

La question du « ciblage » de l’aide et des subventions est évoquée depuis de nombreuses années, sans que l’on n’observe d’avancées réelles dans leur mise en œuvre.

Pendant la pandémie, de nombreuses approches innovantes ont été mises en place par les États d’Afrique subsaharienne. C’est le cas notamment du Togo, avec l’utilisation des nouvelles technologies pour cibler les populations et procéder aux transferts de fonds ciblés. Il en va de même du Rwanda. Bien entendu, certains pays n’ont pas l’infrastructure nécessaire pour mettre en place des filets sociaux et un ciblage efficace. Il faudra dans ces cas trouver un moyen bien défini de distribuer des subventions limitées dans le temps et circonscrites aux denrées alimentaires, et non pas mettre en place des subventions ou des réductions d’impôts qui se transformeront plus tard en déficit beaucoup trop larges et qui aggraveront les vulnérabilités liées à la dette.

LES BANQUES CENTRALES DEVRONT MAINTENIR UN CADRE DE POLITIQUE MONÉTAIRE BIEN DÉFINI

La politique monétaire est également une autre priorité. Il faudra mener un jeu d’équilibrage assez serré entre le soutien à la croissance et la réduction des pressions inflationnistes. Nous prévoyons une hausse généralisée de l’inflation dans la région en raison, notamment, de l’augmentation du prix des denrées alimentaires et des prix de l’énergie.

Comment juguler les effets de cette inflation ?

Les Banques centrales qui ont une politique indépendante devront être prêtes à relever leurs taux directeurs ou à réduire l’accès au crédit pour contenir ces pressions inflationnistes. Elles devront aussi faire vraiment attention aux anticipations d’inflation des ménages, des entreprises et des autres agents économiques. Pour réussir, il faudra promouvoir l’indépendance de ces banques et maintenir un cadre de politique monétaire bien défini, crédible.

Vous évoquez les ajustements de politique monétaire à mettre en place. De quelles options disposent les pays de la région, notamment dans l’Uemoa et la Cemac, qui ont connu historiquement des taux d’inflation faibles et sont soumis à des régimes de taux de change fixes ?

La priorité est de maintenir la viabilité du régime de change. La politique monétaire sera dictée par l’évolution de la balance externe, et l’ajustement macroéconomique en tant que tel devra se faire à travers les politiques fiscales.

IL Y A TROIS FOIS PLUS DE TEMPÊTES ET SEPT FOIS PLUS D’INONDATIONS DANS LA RÉGION DEPUIS VINGT ANS

Ne s’agit-il pas tout simplement d’un retour des politiques d’austérité en Afrique subsaharienne ?

C’est un exercice d’équilibrage difficile. Ce que nous recommandons, c’est que les populations les plus vulnérables soient aidées pour surmonter cette période difficile, avec une inflation élevée au niveau des denrées alimentaires. On l’a dit dans le passé et on le répète, les gouvernements de la région font face à un trilemme : vulnérabilités de la dette, besoin de réaliser les objectifs de développements et difficultés à augmenter les taxes. Ce qu’ils devront faire en général– cela variera selon la conjoncture propre à chaque pays –, c’est de mobiliser d’avantage de ressources, d’augmenter l’efficience des dépenses publiques et des réformes transformatives qui vont promouvoir le secteur privé.

Cela représente beaucoup d’efforts à mener en un temps limité…

Je voudrais insister sur le fait que la communauté internationale devra aider les pays de la région à traverser cet épisode difficile. L’aide déjà apportée par le FMI – nous avons pourvu 13 fois plus de prêts que la moyenne annuelle depuis le début de la crise du Covid-19. Il y a eu la remise de dettes à travers le CCRT et la nouvelle allocation des Droits de tirage spéciaux (23 milliards de dollars aux pays d’Afrique subsaharienne). Récemment, en mars, le FMI a introduit un nouveau Fonds de résilience et de soutenabilité pour aider les pays qui en ont besoin : deux tiers des pays membres pourront en bénéficier pour lutter contre les pandémies futures et s’adapter au changement climatique.

Justement, le rapport évoque également le coût des catastrophes naturelles qui surviennent dans la région. Y a-t-il eu une accélération de l’occurrence de tels événements ?

La fréquence des catastrophes naturelles a augmenté – comme on l’a vu récemment avec les inondations à Durban et dans le KwaZulu-Natal en Afrique du Sud, qui ont provoqué la mort de plus de 400 personnes. Ces fléaux touchent de plus en plus la région.

En juin 2020, nous avons publié des données sur l’impact des changements climatiques. En termes de fréquence et d’intensité des chocs climatiques, il y a trois fois plus de tempêtes et sept fois plus d’inondations depuis vingt ans. La région est très vulnérable aux changements climatiques et dépend, en outre, de l’agriculture pluviale. Les chocs climatiques ont des effets significatifs sur la croissance des pays de la zone, lesquels ont un besoin réel d’adaptation au changement climatique.

LA RECRUDESCENCE DES CONFLITS DANS LA RÉGION A DES RÉPERCUSSIONS LOURDES SUR LE PIB DES ÉTATS

Cela demande un investissement substantiel dans les infrastructures et les cultures résilientes à la sécheresse, de l’ordre d’au moins 30 à 50 milliards de dollars par an (durant la COP-26 le montant de 100 milliards de dollars par an avait été évoqué). Ici aussi, pour que cette transition des pays subsahariens soit juste, il faudra l’aide de la communauté internationale.

 

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Fréquences des catastrophes en Afrique subsahariennes. © FMI ; avril 2022

 

 

L’impact du conflit en Ukraine vient s’ajouter à d’autres crises sécuritaires qui affectent déjà la région. Avez-vous des estimations de leurs conséquences ?

Au-delà des pertes de vies humaines, on observe un impact négatif de l’ordre de -1,5 % de PIB en termes de pertes économiques liées à la recrudescence des conflits dans la région. Avec la guerre en Ukraine et l’augmentation marquée de l’inflation, le renchérissement du coût de la vie, des denrées alimentaires et de l’énergie, les risques d’instabilité augmentent et touchent les populations les plus pauvres. Cela va augmenter les inégalités sociales, ce qui représente un véritable risque. De notre point de vue, nous sommes prêts à aider les pays membres, à leur fournir des prêts concessionnels pour les aider à supporter cette période.

Nous avons une nouvelle stratégie pour aider les pays qui sont en situation de fragilité. Elle vise à renforcer les efforts du FMI en vue de fournir un soutien solide, bien adapté et, à plus long terme, à aider ces pays vulnérables à atteindre la stabilité macroéconomique, à renforcer leur résilience, à promouvoir une croissance durable et inclusive et à sortir de la fragilité.

À quoi faut-il s’attendre, sur le moyen terme, au-delà de « l’essoufflement » actuel de la croissance ?

L’Afrique subsaharienne est soumise à un choc qui s’ajoute à celui de la pandémie. Il y des choix difficiles qui doivent être faits. Les populations les plus vulnérables devront être aidées avec le soutien de la communauté internationale. Mais, à moyen terme, cette région possède un potentiel énorme, ne serait-ce qu’en termes démographiques. C’est une opportunité majeure, encore faut-il parvenir à la faire fructifier. Cela demande une diversification de l’économie, la promotion du secteur privé et la nécessité d’avancer sur les réformes qui visent à lutter contre les changements climatiques.

Côte d’Ivoire : nouvelles révélations sur la saisie record de deux tonnes de cocaïne

Après la découverte d’une importante cargaison de drogue à Koumassi et à San Pedro, les autorités mettent au jour les ramifications d’un réseau international qui a fait de la Côte d’Ivoire une véritable plaque tournante.

Par Jeune Afrique
Mis à jour le 27 avril 2022 à 17:37
 

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Arrestation de l’Espagnol Miguel Angel Devesa Mera, l’un des responsables présumés du réseau © DR

 

Les faits exacts se font plus précis et on y voit désormais plus clair. Le vendredi 15 avril, à 11 h 47, la Direction de la police des stupéfiants et des drogues (DPSD) a été informée par le commissariat de police du XXème arrondissement de Koumassi de la découverte de 48 plaques de cocaïne dans un appartement de Koumassi Sopim.

L’enquête ouverte par la DPSD a permis de saisir dans le même appartement 97 autres plaques, soit un total de 145, ainsi que du matériel servant au conditionnement de la drogue. L’exploitation d’indices laissés sur les lieux a permis de se diriger vers San Pedro, où un nouveau stock a été saisi, le 21 avril, portant le bilan à 2,057 tonnes.

Chefs du réseau

Surtout, les enquêteurs ont pu identifier et interpeller les principaux membres du réseau, dont les Espagnols Picabea Carnes Aitor et Miguel Angel Devesa Mera. C’est au domicile de ce dernier, âgé de 51 ans et officiellement directeur financier, que la saisie de San Pedro a eu lieu.

 

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Également arrêté, l’Espagnol Picabea Carnes Aitor ferait également partie du réseau de trafic de stupéfiants © DR

 

Parmi ses lieutenants, figurent Gustavo Alberto Valencia Sepulveda, de nationalité colombienne, interpellé à Koumassi et José Maria Muniz Cadabal, un Espagnol de 47 ans. Ce dernier, connu sous le pseudonyme de « Virus » par les services français et espagnols, fut impliqué dans une tentative de transbordement de drogue au large du Golfe de Guinée à bord d’une embarcation dénommée « La civelle », appartenant à la société de Devesa Mera. Helbert Perez Garcia dit « Hector », un autre Colombien, a également été arrêté, ainsi que deux Ivoiriens.

Le premier se nomme Koné Dramane. C’est lui qui a géré la location de l’appartement et de la villa abritant la cocaïne et qui s’est procuré le matériel de conditionnement. Le rôle du second, César Ouattara, est plus flou. Tout juste sait-on qu’il était très proche de Devesa Mera, qu’il était présent sur les lieux à Koumassi et qu’il a fui lors de l’arrestation de ce dernier pour se rendre à San Pedro, où il a été arrêté.

D’autres interpellations sont en cours alors que les investigations, suivies de très près par le général Youssouf Kouyaté, directeur général de la police nationale, se poursuivent. Les enquêteurs cherchent notamment à savoir si ce réseau est également impliqué dans la saisie de 5,5 tonnes de cocaïne au Cap-Vert la semaine dernière.

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Le procureur Richard Adou et le général Youssouf Kouyaté, directeur généfal de la police nationale

Le Sénégal face à l'exploitation frauduleuse du sable du littoral

 

Le programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP) publie ce 26 avril un rapport sur la surexploitation du sable dans le monde. Au Sénégal, le pillage du sable du littoral est une véritable inquiétude. Le ministère des Mines et de la géologie tente de trouver des solutions qui répondent à la demande croissante pour la construction d’infrastructures et pour une exploitation durable de cette ressource dans le pays.

Avec notre correspondant à Dakar, Théa Ollivier

Le Sénégal, ce sont 700 kilomètres de côtes le long de l’océan atlantique. Mais depuis 2009, le code minier interdit toute extraction du sable marin, rappelle Roseline Mbaye Carlosse, directrice générale des Mines.

« Nous faisons face à l’érosion côtière, à l’avancée du niveau de la mer et l’exploitation du sable marin peut avoir un effet d’accélération dans les conséquences des changements climatiques, comme la perte d’habitat, la destruction des infrastructures, la modification des écosystèmes qui sont autour du littoral. »

La gendarmerie de l’environnement est chargée de lutter contre l’exploitation frauduleuse du sable sur le littoral. De son côté, le ministère des Mines fait des études régulièrement pour trouver de nouvelles carrières et des alternatives au sable marin.

« On a pu orienter les exploitants vers des sables de dune qui se trouvent sur le continent. Ce sable dont nous parlons, il y a beaucoup de pression liée au développement, à la construction des infrastructures, qui s‘accroit d’année en année. Il est donc important de trouver d’autres sites, mais toujours en dehors des écosystèmes marins, qui puissent répondre à ce besoin d’approvisionnement en sable pour le développement du Sénégal. »

Plus d’une soixantaine de carrières sont autorisées à l’intérieur du pays, qui ont produit 2 millions 500 mille mètres cubes de sable en 2021.