Vu au Sud - Vu du Sud

La semaine dernière, nous avons fait un rêve : celui de voir tous les Burkinabè, mieux, tous les africains, enfin unis pour dire qu’ils étaient fatigués de dormir sur la natte des autres. Aujourd’hui, nous allons essayer de décrire une voie qui nous conduirait, dans un avenir pas trop éloigné, à dormir sur notre propre natte !

Alors qu’en Europe on se bat pour défendre son pouvoir d’achat, en Afrique, on manifeste contre la vie chère. Il n’y a pas besoin d’aller loin pour se rendre compte que la machine économique est déréglée. Il suffit d’aller voir le boutiquier du coin, ou d’échanger avec ses voisins. Les pauvres, qui mettent la quasi totalité de leurs ressources dans l’alimentation, sont obligés de sauter un repas par jour, de se passer de viande, de consommer du lait concentré sucré qui n’a de lait que le nom (les matières grasses du lait ont été remplacées par de la graisse végétale).

Depuis que nous avons assisté à la naissance de l’Union Nationale des Mini laiteries et des Producteurs de lait du Burkina Faso, nous nous intéressons davantage aux performances laitières des vaches de races locales. Nous avons également fait quelques recherches sur les possibilités qui s’offrent à un éleveur qui veut améliorer l’alimentation de ses animaux. Et nous avons été de surprise en surprise.

Cela coûte cher d’être pauvre ! Il est plus facile de lutter contre la vie chère quand on est riche que lorsque l’on est pauvre. Cela vaut pour les individus comme pour les gouvernements. Le gouvernement burkinabè en fait aujourd’hui la triste expérience. Mais gouverner, c’est prévoir !

Le Père Maurice Oudet s'est arrêté à Boni, dans la zone cotonnière de la province du Tuy. La nuit, il a pu bavarder avec quelques paysans et constater que les producteurs de coton étaient en plein désarroi.