Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Nouvelle statistique sur la diversité selon l’origine en Belgique | Statbel — Désormais 20% de la population belge est d’origine étrangère et les Marocains sont plus nombreux que les Italiens |Rtbf

Statbel, l’office belge de statistique, publie une nouvelle statistique sur l’origine de la population belge. Au 01/01/2020, la population belge se composait comme suit: 67,9 % de Belges d’origine belge, 19,7 % de Belges d’origine étrangère et 12,4 % de non-Belges. En 2011, ces pourcentages étaient de 74,3 %, 15,5 % et 10,2 %, respectivement.

POURQUOI ET COMMENT?

La Belgique est un pays d’une grande diversité et cette diversité s’accroît. La demande de chiffres sur la diversité de la population augmente d’année en année, tant dans le monde académique que chez les décideurs politiques. Pour répondre à cette demande, Statbel a décidé de créer ces tableaux sur la population belge selon l’origine. Une série chronologique de 2010 à 2020 permet d’étudier l’évolution de la diversité selon l’origine.

Lors de l’élaboration de cette nouvelle statistique, Statbel a largement consulté d’autres partenaires, tant des experts en démographie chez les partenaires régionaux que certains experts dans le domaine des migrations internationales. La classification en groupes d’origine et la dénomination des différents groupes ont été testées et ont abouti au consensus suivant.

Source : Origine | Statbel, 13.01.21, à consulter pour voir les répartitions et tableaux explicatifs.

Pour préserver les écosystèmes marins, pêcheurs et ONG sur la même ligne

Les faits 

Écologie. Professionnels de la pêche et ONG environnementales, avec l’appui des scientifiques, cherchent à définir ensemble les critères d’une pêche plus durable.

  • Raphaël Baldos, correspondant régional à Rennes, 

Lecture en 1 min.

Pour préserver les écosystèmes marins, pêcheurs et ONG sur la même ligne

Grâce aux données scientifiques des chercheurs, les professionnels de la pêche et les ONG ont identifié, durant un an d’ateliers, 38 critères de durabilité.COLIN GILDAS/SIPA

Des pêcheurs, des représentants de la grande distribution, des chercheurs et des ONG, assis autour d’une même table pour réfléchir à une pêche durable… Cette image, longtemps improbable, est désormais une réa­li­té. Après plusieurs années de relations tendues, l’association France Filière pêche (FFP), fédération des professionnels de la filière, a souhaité renouer le dialogue avec les organisations environnementales, telles que le WWF, France nature environnement ou Oceana.

Des organismes de recherche nationaux (Institut Agro, Ifremer, IRD, universités de Nantes et Brest) ont apporté leur expertise pour aider les participants à définir des objectifs communs d’une pêche durable et des indicateurs environnementaux, économiques et sociaux.

« La politique européenne des pêches repose encore sur la notion dépassée de rendement maximum durable (RMD), destiné à calculer les volumes maximums de capture assurant le renouvellement des espèces », explique Didier Gascuel, professeur en écologie marine à l’Institut Agro de Rennes, et pilote de l’étude scientifique accompagnant la concertation. « Cette approche ne tient pas compte des interactions avec les captures de mammifères marins, les impacts des engins sur le fond, et toutes les dimensions économiques et sociales », souligne-t-il.

38 critères de durabilité

Grâce aux données scientifiques des chercheurs, les professionnels de la pêche et les ONG ont identifié, durant un an d’ateliers, 38 critères de durabilité. Impacts des chaluts sur les fonds marins, empreinte carbone, captures accidentelles de mammifères marins, vertus sociales de la pêche pour un territoire côtier… « Les critères retenus pour la dimension environnementale vont assez loin, et incluent une approche écosystémique », se réjouit Nicolas Fournier, de l’ONG internationale Oceana. Sollicitée par La Croix, la FFP n’a pas souhaité s’exprimer.

La prochaine étape, début 2021, visera à tester ces indicateurs en les appliquant à des flottilles de pêche tests. « On ne préjuge pas de ce que deviendra la démarche, on y va progressivement, tempère Didier Gascuel. Un nombre croissant de pêcheurs se rendent compte que la durabilité n’est pas une option mais une obligation vis-à-vis des attentes de la société. »

« Portée politique »

Nicolas Fournier, lui, mise désormais sur « la portée politique » de cette confrontation des points de vue : « Nous avons conditionné notre participation à la rédaction d’un livre blanc de recommandations, endossé par le gouvernement français. » Car l’enjeu, c’est aussi la redéfinition de la politique européenne des pêches à l’horizon de 2023.

 

Des chiffres et renseignements fournis par la Caritas

 

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[Tribune] Les territoires insoupçonnés du jihadisme africain

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Par  Bakary Sambe

Directeur du Timbuktu Institute et professeur à l'université Gaston-Berger de Saint-Louis (Sénégal)

Exercice de commando de parachutistes du Burkina Faso, sous la supervision des forces spéciales néerlandaises, lors de l’exercice annuel de lutte contre le terrorisme mené par l’armée américaine à Thiès, au Sénégal, le 18 février 2020.

Exercice de commando de parachutistes du Burkina Faso, sous la supervision des forces spéciales néerlandaises,
lors de l'exercice annuel de lutte contre le terrorisme mené par l'armée américaine à Thiès, au Sénégal,
le 18 février 2020. © CHEIKH A.T SY/AP/SIPA

 

En Afrique de l’Ouest comme au Mozambique ou dans la région des Grands lacs, on assiste aujourd’hui à une progression des groupes jihadistes qui se nourrit des erreurs d’analyses commises depuis plusieurs années. Rien de permet de croire à une victoire rapide.

La progression de l’hydre jihadiste sur le continent ne fait aujourd’hui plus débat. Mais il est intéressant malgré tout de réfléchir à certains points dont l’importance a été sous-estimée et, peut-être aussi, à certaines erreurs qui ont été commises au fil des années.

Commençons par l’Afrique de l’Ouest. Les pays de la sous-région savent qu’ils ne sont pas à l’abri et que, progressant vers le sud, le péril a déjà franchi leurs frontières. Aucun n’a oublié l’attentat qui a ensanglanté Grand-Bassam (Côte d’Ivoire) en mars 2016, ou l’attaque qui a visé des touristes étrangers dans le parc de la Pendjari (Bénin), en mai 2019. Leurs services de renseignements ont redoublé de vigilance mais aucun ne s’illusionne au point de croire que cela suffira à pallier la porosité des frontières.

Ils savent que la menace d’une radicalisation locale reste pour l’heure limitée. Mais ils n’ignorent pas que les recrutements ponctuels se multiplient. On sait, par exemple, que de nombreux jeunes Ghanéens ont rejoint Daech dès 2015 et que la situation ne s’est pas améliorée depuis. Au Burkina Faso, plusieurs cellules terroristes ont été démantelées, et, au Togo, les arrestations d’individus armés sont désormais monnaie courante.

Déjà trop tard ?

Ces pays ont-ils sous-estimé la dangerosité des liens entre le crime organisé et les organisations terroristes ? Même si les deux phénomènes sont complexes, même s’ils évoluent chacun de leur côté dans l’espace et dans le temps, l’on observe déjà des points de convergence et parfois même de coopération. Les connexions entre réseaux terroristes et cartels sud-américains, depuis les couloirs sahéliens, font ainsi planer le risque d’une aggravation de l’insécurité.

Sollicités par les pays côtiers, les États-Unis aussi bien que l’Union européenne ont commencé un travail de prévention. Mais n’est-il pas déjà trop tard ? D’autant que – et c’est un facteur aggravant – les conflits armés qui ont déchiré la Sierra Leone ou le Liberia ont permis à des acteurs transnationaux très mobiles de mettre en circulation d’importants arsenaux de guerre.

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NUL NE SAIT MIEUX QUE LES THÉORICIENS DE DAECH JOUER DES SYMBOLES OU DES NARRATIONS DE CONQUÊTE

Intéressons-nous maintenant au Mozambique. De la même manière que, dans les années 1980, l’on a commis l’erreur de dissocier les espaces subsahariens et nord-sahariens, on a semblé négliger le fait que l’Afrique de l’Est et l’Afrique du Sud sont, depuis le Moyen-Âge, les terres de prédilection des conquêtes et des incursions musulmanes. On s’étonne aujourd’hui de voir la province de Cabo Delgado devenir le théâtre d’une insurrection qui n’en est qu’à ses débuts. Mais c’est oublier qu’à l’époque de Vasco de Gama, c’est un certain Mussa Bin Bique qui a donné son nom au sultanat musulman de l’île de Mozambique, puis au pays tout entier, bien avant l’établissement tardif des Portugais… en 1544.

Points de vue divergents

Nul ne sait mieux que les théoriciens de Daech jouer des symboles ou des narrations de conquête. L’organe de propagande de l’État islamique (EI), Al-Naba, fait état, dans ses récentes parutions consacrées à l’Afrique, de l’insurrection au Cabo Delgado, qu’il présente comme le nouveau refuge des groupes terroristes vaincus ou affaiblis au Levant.

Ni le Mozambique ni la communauté internationale n’avaient prévu une telle insurrection avec une charge religieuse catalysant revendications et frustrations de divers ordres. Surpris par l’ampleur du phénomène, les analystes tentent d’en identifier l’origine, mais les points de vue divergent. Certains désignent les Shebab, tandis que d’autres signalent un afflux de ressortissants des pays d’Afrique de l’Ouest. La situation est d’autant plus complexe que le Cabo Delgado attire même des éléments d’anciennes rébellions, dont certaines ont sévi au Burundi ou dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

L’EI cherchant à s’ancrer plus solidement dans la région et à nouer des alliances au sein des populations, ses théoriciens vont continuer à surfer sur la rhétorique de communautés musulmanes « opprimées » dans des pays de forte « culture chrétienne » – ce qu’est précisément le Mozambique.

Vers une africanisation du jihad

Dans la région, certains pays ont connu, bien avant le Mozambique, des attentats et des incursions périodiques des Shebab – c’est le cas par exemple de la Tanzanie. Mais ils ont beau sembler préoccupés par la dégradation de la situation sécuritaire, ils ne veulent pas être le théâtre d’une intervention régionale ou internationale.

Déjà en proie à d’interminables conflits, la région des Grands Lacs n’est pas en reste. Les Forces démocratiques alliées (ADF, en anglais), un groupe armé originaire de l’Ouganda établi dans la province du Nord-Kivu depuis le milieu des années 1990, a prêté allégeance à l’EI. Des attaques ont été menées à la frontière congolo-ougandaise, et l’EI, qui compte bien s’étaler du Mali à la Somalie, a annoncé la naissance de l’une de ses branches africaines, baptisée « Province d’Afrique centrale ».

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CETTE DYNAMIQUE INAUGURE UNE NOUVELLE ÈRE, CELLE DE LA TRANSFORMATION PROGRESSIVE DE CES ZONES DE CONFLIT EN ELDORADOS DU FINANCEMENT DU TERRORISME MONDIAL

L’arrestation, en 2018, des Kényans Walid Zein et Halima Adan, qui ont établi à partir de la région un réseau complexe de facilitation financière pour le compte de l’EI couvrant l’Europe, le Moyen-Orient, les Amériques et l’Afrique de l’Est, montre elle aussi que cette région est en train de devenir une plateforme incontournable du terrorisme international.

Cette dynamique sans commune mesure inaugure une nouvelle ère : la transformation progressive des zones de conflit d’Afrique centrale, riches en minerais et politiquement instables, en eldorados du financement du terrorisme mondial. Une africanisation du jihad, à l’heure d’une mondialisation des vulnérabilités dans un contexte post-Covid-19, avec son lot de populisme et de surenchères identitaires, qui n’augurent en rien d’un retour à la stabilité, encore moins d’une hypothétique victoire contre le terrorisme international.