Vu au Sud - Vu du Sud

Tchad: 23 morts dans une attaque
de Boko Haram contre l'armée tchadienne

Soldats tchadiens déployés dans le cadre de la force militaire mixte contre Boko Haram, au Nigeria, en février 2015. (Photo d'illustration)
© REUTERS/Emmanuel Braun

L’armée tchadienne a été attaquée la nuit dernière dans la région du lac Tchad par des éléments de Boko Haram. Une attaque qui a fait 23 morts et 4 blessés.

L’attaque a eu lieu au milieu de la nuit, vers 1h du matin alors qu’une grande partie du détachement de l’armée tchadienne déployée à Dangdala, petite bourgade située près de Ngouboua, dormait.

Aux premières heures de ce vendredi, on dénombrait 23 morts et 4 blessés dans les rangs de l'armée tchadienne. Les assaillants ont aussi emporté du matériel militaire. Une course-poursuite a été lancée en direction du Niger où sont repartis les assaillants.

Limogeage du chef d'état-major

L’armée tchadienne n’a toujours pas communiqué sur les suites de cette attaque, alors que l’équipe de l’état-major général des armées a été remplacée. Taher Erda, un proche du président, a été nommé chef d’état-major général des armées à la place de Brahim Mahamat Saleh en poste depuis six ans.

La débâcle de l’armée tchadienne à Dangdala, qui serait une des causes du limogeage du général Brahim Mahamat Saleh, pose cependant un problème de fond. Il s’agit de la gestion des effectifs de l’armée tchadienne, dont la plupart des soldats est en opération de façon continue depuis de très longues années.

Un village nigérien attaqué

Le groupe jihadiste aurait également frappé le Niger voisin, dans une attaque menée dans le village de Déwa (commune de Gueskérou), près de Diffa, dans le sud-est nigérien, a indiqué un élu local. De source officielle, un bilan provisoire fait état de huit civils tués dont une femme.

Selon nos informations, les assaillants étaient une trentaine et sont arrivés à dos de cheval. L'armée nigérienne a été dépêchée sur place ce matin ainsi que le préfet du département. Aucune revendication pour l'instant mais le mode opératoire rappelle celui du groupe Boko Haram.

Menace terroriste

L’imminence d’une attaque des éléments de Boko Haram était dans l’air depuis que les éléments tchadiens de la force multinationale chargée de la lutte contre le mouvement terroriste ont été redéployés au nord du Nigeria pour déloger les islamistes qui y ont gagné du terrain.

Il y a deux jours, les ambassades occidentales et le système des Nations unies ont envoyé des alertes appelant à la plus grande vigilance face aux risques d’attentats.

[Édito] Affrontons les vraies difficultés !

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Frédéric Maury est directeur éditorial à Jeune Afrique Media Group. Auparavant rédacteur en chef du pôle économie de Jeune Afrique, il pilote les programmes et contenus éditoriaux du pôle conférences, notamment ceux du Africa CEO Forum.

Il est curieux que, à l’heure où la Chine et les États-Unis s’affrontent, où l’économie mondiale se désintègre et où les traités commerciaux se défont, le continent le moins intégré de la planète ait choisi de bâtir ce qui sera peut-être un jour la plus grande zone de libre-échange mondiale.

Pourtant, c’est bien le chemin que semble avoir emprunté l’Afrique le 21 mars 2018 lorsque 49 pays ont signé l’accord de création de la Zone de libre-échange continentale (Zlec).

Un an plus tard, d’autres les ont rejoints, dont l’Afrique du Sud, ne laissant à ce jour qu’une grande économie en dehors du processus : le Nigeria. Et, d’ici quelques semaines, le seuil des 22 ratifications nécessaires à la création effective de la Zlec sera vraisemblablement atteint. Ce sera une nouvelle étape plutôt qu’un aboutissement : le processus sera loin d’être déterminé, et il faudra sans doute encore une dizaine d’années avant que l’ensemble des négociations tarifaires ne soit achevé.

Mais qu’importe… La Zlec a replacé le sujet de l’intégration économique au cœur des débats, politiques comme économiques. Ce que l’Africa CEO Forum ne pouvait éluder, il a donc décidé d’en faire le sujet principal des deux jours de conférences qui s’ouvriront à Kigali le 25 mars. Selon le « Baromètre des CEO africains » qui y sera publié, 81 % des dirigeants d’entreprise interrogés sont convaincus que la création de ce marché unique aura un impact déterminant sur leur stratégie. Mais ils sont aussi presque autant à se dire insuffisamment informés sur ce sujet et sur ses conséquences.

Améliorer les compétences pour gagner en compétitivité

Qui seront les perdants et les gagnants ? Quels seront les secteurs qui bénéficieront le plus de la Zlec ? Alors que la fenêtre d’industrialisation du monde ouverte par la libéralisation des échanges se referme petit à petit, le secteur manufacturier africain trouvera-t-il réellement dans ce nouveau marché l’élément nécessaire à sa renaissance ? Les entreprises du continent y trouveront-elles leur compte ? Pourquoi certains leaders du secteur privé demeurent-ils hostiles à la Zlec ?


>> À LIRE – Marcel Alain de Souza : « L’idéal serait de créer une zone de libre-échange entre blocs régionaux »


S’il est fort probable que, comme souvent, beaucoup de prédictions se révèlent fausses, quelques éléments réels et concrets ne peuvent, eux, être ignorés : il reste deux fois plus coûteux d’acheminer un conteneur d’Abidjan à Ouagadougou que de Shanghai au port ivoirien, malgré un parcours seize fois plus court ; les paiements intra-africains restent plus chers et complexes que les règlements effectués dans le reste du monde ; l’aéroport de Lagos est mieux relié à celui de Londres qu’à celui de Johannesburg…

La baisse des tarifs douaniers ne suffira pas à changer la donne

Sans multiplier les exemples, une chose est certaine : si la baisse, voire la suppression, des tarifs douaniers est un élément nécessaire à la poursuite de l’intégration économique, elle ne suffira pas à elle seule à changer la donne. Les pays africains ont, aujourd’hui, trop peu d’intérêt à échanger entre eux. Trop de barrières les séparent.

C’est cette réalité qu’il faut s’employer à faire évoluer sans attendre qu’un vaste marché commun se mette réellement en place. Les recettes sont connues : moderniser la logistique intra-africaine, faciliter les investissements et les mouvements de personnes, multiplier les rapprochements éducatifs et culturels, faire naître davantage de groupes régionaux et panafricains. Mais tout cela reste largement à faire.

Les 25 et 26 mars, l’Africa CEO Forum tentera – modestement – de faire avancer les choses. Pour qu’enfin les vraies difficultés commencent à être prises en compte.

Plus d’informations sur le site : https://www.theafricaceoforum.com/fr/.

Côte d’Ivoire : les travaux du cinquième pont d’Abidjan sont lancés, livraison prévue en 2021

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Les travaux du Pont de Cocody à Abidjan ont officiellement été lancés vendredi par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. D'un montant de 77,5 milliards de F CFA, les travaux devraient durer vingt-quatre mois.

Le Chef du gouvernement ivoirien, Amadou Gon Coulibaly, a procédé au lancement des travaux du nouveau du Pont de Codody, cinquième pont d’Abidjan, qui reliera la commune présidentielle de Cocody au quartier administratif et d’affaires du Plateau. Le chantier de 77,5 milliards F CFA durera environ vingt quatre mois.

C’est le groupe chinois China Road and Bridge Corporation (CRBC) qui exécutera les travaux pour lesquels la Banque islamique de développement (BID) a prêté les 77,5 milliards F CFA à l’État ivoirien. Avec les constructions adjacentes – échangeurs, deux viaducs et haubans – le coût global des investissements est de 105 milliards FCFA.

Démembrement du Projet de sauvegarde et de valorisation de la baie de Cocody, la maîtrise d’ouvrage de ce cinquième pont de la capitale économique ivoirienne est assurée par le groupe Pierre Fakhoury Africa (PFO), qui a conçu l’ouvrage en sous-traitance avec le bureau d’architecture et de design Arcadis.

Fluidifier le trafic

abidjan

DR / Primature Côte d’Ivoire

À la fin des travaux, le pont de Cocody doit permettre de fluidifier le trafic dans cette partie d’Abidjan et verra circuler entre 29 000 à 35 000 véhicules par jour. Long de 1,5 kilomètre, l’ouvrage comprend un pont (634 m), un viaduc (260 m), deux échangeurs, leurs bretelles de liaison, les voies d’accès et l’adaptation des voies existantes.

CRBC en est à son deuxième grand chantier dans le pays, après celui de l’autoroute Tiébissou-Bouaké (95 kilomètres), dans le centre du pays, pour un budget de 162 milliards F CFA sur un financement de la banque chinoise Eximbank.

En juillet 2018, Amadou Gon Coulibaly avait lancé les travaux du quatrième pont d’Abidjan, devant relier le quartier populaire de Yopougon au Plateau. C’est une autre société chinoise, la China state engineering corporation qui avait remporté l’appel d’offres, pour un montant total de 142 milliards F CFA. Les travaux devraient être terminé en août 2020.

Comment le djihad armé se diffuse au Sahel
The Conversation

 

Ceux qui s’intéressent à la guerre qui sévit au Mali depuis 2012 ont entendu plusieurs fois le même récit : lorsque les djihadistes sont venus d’Algérie au Mali, au début des années 2000, ils n’étaient qu’une poignée et étaient hautement vulnérables.

Yvan Guichaoua, University of Kent

Leur première base était située dans la région de Tombouctou. Ils ont depuis prospéré militairement et financièrement, au point d’occuper les trois grandes provinces du nord du Mali – Kidal, Gao, Tombouctou – pendant l’essentiel de l’année 2012.

L’intervention militaire française Serval les a chassés des centres urbains. Mais ils ont essaimé dans les espaces ruraux, au-delà même des zones qu’ils tenaient en 2012. Aujourd’hui, les mouvements historiquement issus d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (AQMI) ont pris pied dans le centre du Mali ; ils opèrent au Burkina Faso, et, plus sporadiquement, au Niger. L’expansion géographique de leurs actions militaires est spectaculaire.

Les mouvements djihadistes en question sont les suivants : Al-Qaeda au Maghreb islamique, Ansar Dine, Mouvement pour l’unicité du jihad en Afrique de l’Ouest, Al-Morabitoune, Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, État islamique au Grand Sahara, Ansaroul Islam. DR, Author provided

« Présence » ne signifie pas « contrôle »

Commençons par quelques précisions méthodologiques. Premièrement, la localisation des actions armées, par laquelle on mesure l’expansion géographique des mouvements djihadistes, n’est qu’un reflet imparfait des zones où ils sont de fait présents.

Leurs attaques sont parfois éloignées de leurs bases, de même qu’ils ne commettent pas forcément d’action violente là où ils trouvent refuge. Il peut exister des « cellules dormantes » clandestines dans des endroits n’ayant pas connu d’incidents sécuritaires. Ces cellules dormantes sont, par définition, impossibles à placer sur une carte.

Deuxièmement, « présence » ne signifie pas « contrôle ». Entre la présence clandestine et le contrôle effectif, il existe un continuum de relations variées entre un mouvement armé et son environnement local, physique et social.

Dépasser les explications traditionnelles

Deux types d’explications dominent pour rendre compte de la diffusion de l’activité djihadiste armée au Sahel. L’un s’intéresse aux flux de recrutement des mouvements, l’autre s’appesantit sur des variables d’ordre tactique.

La question du recrutement est généralement traitée sous l’angle de la radicalisation, c’est-à-dire des processus qui conduisent des individus à rejoindre les mouvements armés et commettre des actes violents en leur nom. L’accent est alternativement mis sur les dispositions sociologiques ou psychologiques de ces individus et sur les stratégies qu’adoptent les groupes armés pour les enrôler. Les dimensions territoriale et collective – et donc spécifiquement politique – de ces processus sont généralement reléguées à l’arrière-plan.

L’autre angle d’approche de la diffusion géographique de l’insurrection armée est familier des militaires. Il fait la part belle à la topographie du théâtre de guerre. Les insurgés vont là où ils ont le moins de chance d’être atteints par les forces contre-terroristes, dans les montagnes, les marécages ou les forêts denses. Exemple désormais connu : le prosopis juliflora est devenu un allié de choix de Boko Haram.

Mais les stricts déterminismes géographiques ne suffisent pas à expliquer l’implantation d’un mouvement armé. Les montagnes offrent de nombreuses cachettes, encore faut-il y être approvisionné en carburant, nourriture, connaître les passages protégés entre deux abris, etc. Tout choix d’implantation géographique implique nécessairement une insertion sociale locale, des connexions humaines opérationnellement utiles.

Des cheminements collectifs

Dans l’intervalle situé entre processus individuels de radicalisation et choix tactiques façonnés par les caractéristiques physiques des théâtres armés, il existe un espace sous-étudié au Sahel, celui de l’interaction collective entre les mouvements armés et leur environnement social immédiat. Rejoindre les groupes armés ou coopérer avec eux est aussi le produit de cheminements collectifs.

Il n’existe pas, à notre connaissance, de revue systématique des raisons pour lesquelles, au Sahel, des groupes humains se rangent ensemble derrière la bannière djihadiste. Il existe, en revanche, beaucoup d’éléments empiriques pavant la route d’une telle démarche. C’est le cas du travail de Tor Benjaminsen et Boubacar Ba qui montre comment des segments des sociétés pastorales du centre du Mali embrassent la cause djihadiste pour des raisons d’accès à la terre, de défiance vis-à-vis des politiques étatiques, mais aussi pour subvertir les hiérarchies rigides de leur propre communauté.

Un précédent article consacré à la région de Tillabéry, au Niger, exposait comment le djihad sert de véhicule à des rivalités communautaires alimentées par du vol de bétail.

Ailleurs, comme dans le sud-ouest du Burkina Faso, ce sont des groupes criminels qui rejoignent les rangs djihadistes.

Déstabiliser l’ennemi

Sur un plan strictement tactique, les états-majors connaissent le coût exorbitant que fait peser sur les dispositifs anti-terroristes l’expansion géographique des actions armées. Des sommes colossales doivent être engagées pour déployer des moyens militaires sur des zones auparavant épargnées par les violences. Plus l’étendue à couvrir par les armées régulières est grande, plus les ressources de l’entreprise contre-terroriste sont mises sous tension. Les hommes et le matériel souffrent. Les budgets de la défense ne sont pas illimités.

Les armées du G5 Sahel – l’organisation régionale censée assurer la sécurité des frontières communes du Tchad, du Niger, du Burkina Faso du Mali et de la Mauritanie – ne sont pas prêtes. La France, via l’opération Barkhane et ses forces spéciales, dispose de la seule force régionale véritablement efficace et remporte d’incontestables victoires tactiques, éliminant un à un les commandants djihadistes.

Mais elle s’expose aussi de plus en plus aux accusations d’ingérence. Étirer l’étendue du champ de bataille est le plus sûr moyen pour les djihadistes de déstabiliser leur ennemi. Cette tactique permet aussi d’activer dans de nouveaux endroits des réseaux antérieurement constitués par les djihadistes déjà enrôlés et originaires de ces zones.

Armer les clivages locaux

Au plan politique, le « succès » des djihadistes tient dans leur capacité à faire percoler des griefs collectifs hétéroclites. Ils arment, littéralement, les clivages locaux existants, préalablement exprimés de manière non violente ou restés silencieux du fait d’un rapport de forces défavorable, puis les re-labellisent en tant que djihad armé. Ils utilisent souvent la coercition et l’intimidation.

Mais ils s’efforcent aussi de persuader, patiemment, par le bas, les communautés de la supériorité de leurs normes de gouvernance là où l’État n’a généralement pas brillé par sa compétence ni son impartialité.

En somme, ils font de la politique au plus près des acteurs. Ces approches ne marchent pas à chaque fois, loin s’en faut. Aucune communauté n’est monolithique et ne s’offre sans conditions ni déchirements internes douloureux aux hommes en armes. Ne pas abandonner ces communautés est une responsabilité essentielle des États de la région.

Les djihadistes, de bons sociologues ?

Dans les conférences internationales sur la sécurité au Sahel mêlant militaires, diplomates ou analystes, peu de phrases sont plus ressassées que « nous ne gagnerons pas la guerre sans le concours des populations ». Peu de phrases sont aussi dramatiquement démenties par la pratique.

Ces derniers mois, le contre-terrorisme a emprunté des voies hautement dangereuses, couvrant des massacres contre les civils, entretenant des liens ambigus avec des milices coupables d’exactions, ou alimentant des amalgames à l’égard de communautés entières. Les exemples abondent, qu’il s’agisse du Mali, du Burkina Faso, ou, plus anciennement, du Nigéria. Ces pratiques sont autant d’arguments tendus sur un plateau aux djihadistes pour obtenir des soutiens locaux.

Les djihadistes apparaissent, pour l’heure, comme de meilleurs sociologues et politiciens que les représentants de l’État. Ne pas tirer les conséquences de ce constat, c’est gravement compromettre les chances de l’État de construire localement sa légitimité.


Les auteurs tiennent à remercier Jules Duhamel, auteur de la carte insérée dans cet article.

Yvan Guichaoua, Maître de conférences sur les conflits internationaux, University of Kent

This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.

Un projet ferroviaire pour désenclaver le Mali

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Le 14 février, la Chambre des mines du Mali a signé avec le bureau d’étude et de conseil en ingénierie et en recherche appliquée (Cira) une convention lui confiant des études de préfaisabilité sur un projet de voies ferrées sur 4 740 km, reliant Kidal à Conakry, Dakar et San Pedro.

Le projet arrivera un peu tard pour les 498 cheminots maliens de Transrail privés de salaire par la fermeture du chemin de fer Bamako-Dakar et surtout pour les sept morts que comptent leurs grévistes de la faim, mais il « fait rêver » Abdoulaye Pona, le président de la Chambre des mines du Mali : 4 740 km de nouvelles voies ferrées, dont 3 240 au Mali, pour relier Kidal aux ports de Conakry (Guinée), Dakar (Sénégal) et San Pedro (Côte d’Ivoire).

« Depuis trois ans, nous travaillons à désenclaver notre pays, qui regorge de matières premières comme l’aluminium, le fer ou l’uranium, assure Abdoulaye Pona. Ces voies ferrées permettraient d’exploiter de nouvelles mines et d’acheminer leur production vers les trois ports, mais aussi de transporter des marchandises et des passagers à 120 km/h. »

Un coût estimé à 14 milliards de dollars

Pour concrétiser ce « rêve », le 14 février, la Chambre des mines a signé avec le bureau d’étude et de conseil en ingénierie et en recherche appliquée (Cira), de Seydou Coulibaly, une convention confiant à celui-ci des études de préfaisabilité portant sur quatre axes. Le premier irait de Koulikoro à Dakar et desservirait Bamako, Kayes et Diboli.

Le second partirait de Bamako et descendrait vers le port de San Pedro, via Bougouni, Kadiolo, Odienné et Man – « ce projet est déjà soutenu par l’Uemoa », rappelle Abdoulaye Pona. Le troisième relierait Bamako à Conakry, via Bougouni et Kankan. Le quatrième irait de Bamako à Kidal, via Ségou, Djenné, Mopti, Tombouctou et Gao.


>> A LIRE – Dakar-Bamako Ferroviaire compte sur Dangote pour se remettre sur les rails


Nous ne voulons pas de sociétés chinoises qui imposent leur main-d’œuvre et leur technologie, et nous espérons que les entreprises françaises les plus compétentes se porteront candidates

Afin de ne pas dépendre d’un seul pays et de diversifier les ports qui exporteront les minerais, Abdoulaye Pona n’entend sacrifier aucun des quatre projets, et ce malgré leur prix.

« Nous cherchons des partenaires privés pour réaliser ces infrastructures, dont le coût est estimé à 14 milliards de dollars. Le retour sur investissement devrait être effectif en moins de vingt ans. Nous ne voulons pas de sociétés chinoises qui imposent leur main-d’œuvre et leur technologie, et nous espérons que les entreprises françaises les plus compétentes se porteront candidates », souligne le président de la chambre consulaire, qui vient de recevoir un premier candidat… Alors que les études de préfaisabilité ne seront bouclées que dans six mois.