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Mali : qui est derrière le Collectif de défense des militaires, mouvement anti-France et pro-junte ?

Communiqués incendiaires visant l’Hexagone, la Cedeao ou les médias occidentaux, manifestations d’encouragement aux Forces armées maliennes… Depuis des mois, le CDM s’est placé aux avant-postes des combats pour la « souveraineté » du pays et le soutien au régime d’Assimi Goïta.

Mis à jour le 19 mai 2022 à 19:05
 

 

Plusieurs centaines de Maliens se sont rassemblés à Bamako pour soutenir la junte, l’armée et la coopération militaire avec les Russes, le 13 mai 2022. © OUSMANE MAKAVELI/AFP

 

En ce vendredi 13 mai, le boulevard de l’Indépendance de Bamako est animé. Des barricades ont été dressées par les forces de l’ordre pour empêcher l’accès au lieu, qui fut l’épicentre de la contestation qui a précédé la chute d’Ibrahim Boubacar Keita. Sous la tente qui trône devant le monument, des baffles crachent les notes de reggae du morceau Armée française d’Alpha Blondy.

Brandissant des drapeaux aux couleurs du Mali ou de la Russie, entonnant des slogans hostiles à la France ou à la Cedeao, des manifestants arborent les couleurs d’une initiative qui prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux depuis quelques semaines : « Opération Espoir Tous Fama ». Une opération de soutien à l’armée malienne, lancée par le Collectif pour la défense des militaires (CDM), nébuleuse qui a une influence grandissante au sein du microcosme bamakois.

CDM : trois lettres, derrière lesquelles se cache une organisation érigée en défenseuse inconditionnelle des autorités de transition et des forces armées maliennes (Fama). De ce collectif, on ne sait presque rien. Même la date de sa naissance donne lieu à des réponses divergentes de la part de ses membres. Son président et co-fondateur, Sanoussi Tangara, fait remonter sa création à 2016, avec un début d’activité en 2018. Pour Mohamed Dembélé, porte-parole du collectif, les débuts dateraient plutôt du 15 mars 2020.

Contre les « ennemis du Mali »

Fraîchement créé ou non, c’est à partir de mai 2021, à la suite du second coup d’État qui installe le colonel Assimi Goïta au pouvoir, que le collectif, bâti autour d’un bureau de 17 membres, gagne en vigueur. Véritable sniper verbal, le CDM pointe à tour de bras les « ennemis internes et externes du Mali ». RFI, France 24 et leurs journalistes, figurent parmi les premiers dans son viseur. À grand renfort de communiqués explosifs, le CDM dénonce un « acharnement contre [les] forces armées » et des « ​​informations sans fondement » visant à « terroriser » les Fama, suite à la diffusion de reportages relayant des accusations d’exactions.

Puis le 14 mars, vient une menace. Le CDM donne « jusqu’au 31 mars à France 24 et RFI pour quitter le sol malien. [Passé] ce délai, le peuple souverain du Mali prendra toutes ses responsabilités ». « France 24 et RFI ont publié des reportages accusant l’armée d’avoir calciné des civils à Diabaly, sans aucune preuve. Nous avons enquêté dans la zone avec des journalistes sur place et des membres du CDM qui vivent dans la région, nous avons même envoyé des huissiers : personne n’a eu connaissance de ce massacre », justifie Sassouni Tangara, dit Baba, président du collectif qui se présente comme un commerçant.

Trois jours après le communiqué, la sentence tombe : les deux médias hexagonaux sont suspendus par les autorités. Avec eux, dans le collimateur du CDM, apparaissent pêle-mêle l’opération Barkhane, la France et ses « provocations », la Cedeao, la Minusma ou encore les groupes armés signataires de l’Accord de paix, dont le collectif désapprouve les communications « terroristes ».

Dernier coup d’éclat dont le collectif se prévaut : la dissolution par la cour d’appel, jeudi 17 mai, du parti Mouvement pour la République (MR) d’Ainea Ibrahim Camara, qui s’était autoproclamé président de la transition en février dernier. Une mesure qui était réclamée par le CDM depuis des mois.

Objectifs communs avec la junte

Autant de cibles qui recoupent celles des autorités de Bamako. Faut-il pour autant y voir une forme de collusion ? « Au sein du CDM, il n’y a que des civils. On n’accepterait pas qu’un militaire soit parmi nous, parce que nous souhaitons être libres de nos mouvements », balaie Sassouni Toungara.

« Nous ne sommes pas de mèche avec les autorités. Beaucoup pensent que nous sommes des militaires ou que ce sont ces derniers qui sont derrière. Nous partageons avec les militaires les mêmes idéaux de la défense et de la restauration de la patrie. Mais le CDM est composé à 99 % de civils. Je suis, par exemple, professeur d’enseignement secondaire général », renchérit Mohamed Dembélé, habitant de Kati, ville garnison surplombant Bamako d’où sont partis la plupart des coups d’État de ces dernières années. « Des civils qui défendent des militaires. Du jamais-vu », commente, ironique, un jeune bamakois habitué des manifestations sur le boulevard de l’Indépendance.

« On est la branche politique des militaires, des forces de défense et de sécurité », clame pourtant un panéliste, non identifié, lors d’une conférence de presse du CDM. « Nous ne sommes pas un mouvement politique et n’avons pas vocation à devenir un parti politique. Nous nous concentrons uniquement sur la défense des militaires », rétorque le président du collectif.

Et qu’importe si Mohamed Dembélé détaille des objectifs un brin plus politiques tels que la « défense des droits humains », la lutte contre le « changement climatique » ou celle « contre le terrorisme et tous les maux qui minent le Sahel ».

Les « petits » d’Ismaël Wagué ?

Selon une source, le collectif serait déjà en proie à des turbulences. « Ils traversent une crise de leadership : chacun veut se faire bien voir auprès du commanditaire, ce qui a poussé Yerewolo à prendre ses distances », confie notre interlocuteur, selon lequel le collectif panafricaniste Yerewolo-Debout sur les remparts, dirigé par Adama Diarra, dit « Ben le cerveau », ferait partie des initiateurs du CDM.

Quel serait ce mystérieux « commanditaire » ? Quelques indiscrétions pointent en direction du colonel-major Ismaël Wagué, ministre de la Réconciliation et ancien porte-parole charismatique de l’ex-Comité national pour le salut du peuple (CNSP), tombeur d’Ibrahim Boubacar Keïta en août 2020. « Wagué est le colonel qui a le moins d’influence. Comme Yerewolo est proche de Sadio Camara, il essaie de rassembler le CDM afin d’avoir plus de poids. C’est lui qui est derrière l’opération Espoir tous Fama, portée par le CDM », croit savoir notre source.

Des allégations impossibles à vérifier et vivement contestées par le CDM. « Il n’y a rien qui nous lie à Wagué, balaie Mohamed Dembélé, porte-parole du collectif. Même si nous sommes là pour les porteurs d’uniformes, l’initiative d’Espoir tous Fama est venue de nous. »

Une indépendance sur laquelle insiste également le président Sanoussi Tangara. « Nous n’avons aucun lien avec les militaires au pouvoir et ne sommes financés que par les cotisations de nos 3 000 membres. La preuve : nos activités sont parfois annulées et je dirais que les autorités ne mènent à bien que 20 % de nos combats, comme ce fut le cas pour RFI et France 24 », assure-t-il.

Armée de journalistes

Aux côtés de Sanoussi Tangara, Mohamed Dembélé et Younouss Soumaré, secrétaire général du collectif en charge des relations extérieures, les journalistes devenus les porte-voix du collectif, sans pour autant en être membres, sont légion. Parmi eux, le très actif Boubou Mabel Diawara. Un temps président par intérim de l’Association des médias sociaux du Mali (AMS), Diawara fut le secrétaire général de la section Commune VI de l’Asma-CFP, parti de feu Soumeylou Boubeye Maïga (SBM). Ce journaliste au parcours « illisible et opportuniste », selon un ancien collaborateur de SBM, aurait démissionné de l’Asma-CFP au début du mois de mai, quelques mois après l’avoir « complètement lâché afin de s’aligner sur la transition ».

Chroniqueur, journaliste, animateur radio et chantre des Fama, Boubou Mabel Diawara intervient très régulièrement sur les plateaux de médias maliens tels que Gandhi Malien ou Bamada.net, où il discute essentiellement de l’actualité militaire et politique. Sollicité par Jeune Afrique, il n’a pas donné suite. Avec lui, les journalistes Amadou Niambélé et Brahima Dembélé sont régulièrement « sollicités afin de véhiculer les vraies informations », fait savoir Mohamed Dembélé.

De « vraies informations » en opposition à la « propagande » et aux « manipulations » des médias occidentaux régulièrement dénoncées par Bamako. Initiative autonome ou cheville ouvrière de la communication gouvernementale, le Collectif pour la défense des militaires est devenu, en quelques mois seulement, la vitrine du « journalisme patriotique » appelé de ses vœux par les autorités maliennes.

Burkina Faso: dans le village de Perkoa, le sort des mineurs disparus a tout figé

 

Le temps semble s’être arrêté à Perkoa, le village qui abrite le site de la mine de zinc où huit personnes sont toujours portées disparues. Toutes les activités récréatives sont suspendues. Tous les regards sont tournés vers la mine, d'où tout le monde attend des nouvelles. Dans les écoles, les enseignants doivent faire face aux questions de leurs élèves. 

Avec notre correspondant au Burkina Faso, Yaya Boudani

À Perkoa, le village qui abrite la mine de zinc, la vie tourne au ralenti depuis le 16 avril, quand une inondation s'est produite, bloquant à près de 720 mètres de profondeur huit mineurs : six Burkinabè, un Tanzanien et un Zambien. Dans le village, plus de réjouissance ni d’activités récréatives.

À l’école, les enseignants font face aux questions des élèves sur la situation des mineurs portés disparus. Madame Tondé, née Assita Sangaré, enseignante, confie : « C'est la désolation. Nous sommes dans le cadre scolaire. D'une manière ou d'une autre, cet événement ne peut pas ne pas jouer sur le travail. On essaie de leur remonter le moral, de faire revenir les esprits en classe parce que ce n'est pas encore la fin de l'année. »

► À lire aussi : Burkina Faso : émotion et colère au village des mineurs disparus de Perkoa

Pour les personnes très âgées habitant les villages autour de la mine, c’est la première fois qu’un tel drame se produit sur un site d’exploitation de minerais. Philipe Bayala, l'un d'eux, explique : « L’inondation nous a surpris. On a été vraiment surpris. Il peut y avoir des éboulements, des explosions sur les sites miniers. Mais c’est la première fois que nous assistons à un tel phénomène, même nos ancêtres ne l’ont jamais vécu. » 

Qu’elles soient de Perkoa, Sanguié ou Bonyolo, les populations attendent toujours des réponses. Pendant ce temps, l’évacuation de l’eau se poursuit du côté de la mine, où les secours ont retrouvé une chambre de refuge vide mardi 17 mai.

 

perkoa


Localisation de la mine de Perkoa
 

 

New World TV, le groupe togolais qui fait trembler les géants de l’audiovisuel

Depuis qu’elle a acquis les droits de diffusion en Afrique francophone de la Coupe du monde 2022, cette chaîne à péage créée à Lomé alimente tous les fantasmes. Promoteurs, financement, stratégie… Jeune Afrique a mené l’enquête.

Mis à jour le 17 mai 2022 à 18:0
 

 

 

Le PDG de New World TV, Nimonka Kolani et la ministre togolaise des Sports, Lidi Bessi-Kama, Passage du trophée Jules Rimet à Lomé, le 6 septembre 2021 © New World TV

 

En mars 2021, New World TV (NWT) a réalisé une entrée remarquée dans le petit monde des diffuseurs de manifestations sportives en acquérant, pour environ 15 millions d’euros, les droits de diffusion en Afrique francophone de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Et depuis, la chaîne à péage créée en 2015 à Lomé continue de faire ses courses dans ce marché très fermé. Elle s’est en effet octroyé les droits UEFA de la Nations League, la dernière-née des compétitions de football européennes, pour les éditions de 2022 à 2028, ainsi que les droits de diffusion en Afrique francophone de l’Euro 2024 et 2028.

Se positionnant en télévision premium, la chaîne a embauché l’ex-présentateur vedette de TF1 Christian Jeanpierre, futur manitou de l’éditorial, et une brochette de consultants pour assurer le commentaire des matchs diffusés en français mais, aussi, en langue locale.

La curiosité des milieux d’affaires se cristallise non seulement sur la personnalité de ses promoteurs, mais surtout sur le financement de la chaîne, qui semble disposer de larges marges de manœuvres.

Une équipe à Paris

« Il n’y a pas du tout d’argent public dans New World TV », assurent les proches du directeur général, Kolani Nimonka. Cet avocat de 54 ans, titulaire d’un master en droit des affaires obtenu à l’université de Lomé, est passé par la division juridique de la Banque populaire pour l’épargne et le crédit (BPEC). Il est surtout le visage de New World TV, dont le promoteur est Marc Adissou, un ingénieur en télécommunications de 46 ans, directeur général et principal actionnaire depuis 2016 de SKA Telecom, également détenue par Rotimi Matthias Ibrahim et Olugbenga Omeiza Adebayo. SKA Telecom est par ailleurs le principal partenaire technique de NWT.

Au cœur de la stratégie se trouve une équipe basée à Paris, avenue de la Grande armée, dirigée par un avocat, Louis Biyao, spécialisé dans le droit de la propriété intellectuelle. Ce dernier a recruté un partenaire technique pour le montage des dossiers d’appels d’offres, le cabinet londonien Media Business Solutions (MBS), fondé en 2012 par Richard Dimosi, un ancien journaliste franco-congolais.

Financement de l’État togolais ?

Depuis que la chaîne a invité, en marge du passage du trophée Jules Rimet à Lomé en septembre dernier, plusieurs anciennes gloires du football (Emmanuel Petit, Marcel Desailly, Emmanuel Adebayor et Basile Boli) avec le concours logistique et sécuritaire de l’État togolais, des rumeurs associent ce dernier au financement de l’essor de la jeune entreprise. Les promoteurs eux, assurent bénéficier du concours de plusieurs banques locales, dont la filiale togolaise du groupe burkinabè Coris Bank International.

S’agissant de son plan de développement, NWT ambitionne de s’implanter dans toute l’Afrique subsaharienne. Mais pour aller titiller le géant français Canal+ International, elle joue sur la solidité de son offre (un bouquet composé d’une centaine de chaînes dont celles des Français M6, TF1 et France Télévisions et celle du Chinois Startimes) et sur la diffusion en langues locales de la Ligue 1 française déjà commentée en evé, en kotokoli et en kabyè. Elle mise aussi sur ses coûts d’abonnement (de 3000 à 7000 F CFA), plus bas que ceux de ses concurrents. Revendiquant un parc de 100 000 abonnés au Togo, elle vise dans les trois prochaines années 7 à 10 millions d’abonnés en Afrique subsaharienne.

Côte d’Ivoire : fidèles, ministres, lobbyistes… Qui épaule le Premier ministre Patrick Achi ?

Pilier du système Ouattara, le chef du gouvernement a toujours cultivé une certaine discrétion. Jeune Afrique lève le voile sur ceux qui l’entourent

au cœur du pouvoir ivoirien.

Par Jeune Afrique
Mis à jour le 15 mai 2022 à 16:15



Les proches de Patrick Achi. © Montage JA

Longtemps pilier du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et proche d’Henri Konan Bédié, Patrick Achi, 66 ans, a su se faire une place dans le premier cercle d’Alassane Ouattara (ADO), devenant l’un de ses plus proches collaborateurs, alors qu’il ne fait pas partie de son entourage issu du Rassemblement des Républicains (RDR). Il est aussi très apprécié de la Première dame, Dominique Ouattara. Si certains le voyaient déjà vice-président, le chef de l’État l’a reconduit dans ses fonctions le 19 avril, à la tête d’un gouvernement resserré. Les deux hommes travaillent ensemble depuis l’arrivée au pouvoir d’ADO, en 2011.

Ministre des Infrastructures jusqu’en 2017, Patrick Achi a ensuite été nommé secrétaire général de la présidence, avant de devenir Premier ministre en mars 2021, après le décès d’Hamed Bakayoko. Ce fils de député a un profil qu’Alassane Ouattara apprécie : c’est un technocrate, réputé travailleur.

Ancien étudiant de l’Université Stanford, il a très jeune côtoyé l’élite américaine. Et tout au long de sa carrière – dans le privé, où il a débuté, comme dans la sphère politique –, il s’est constitué un solide réseau. Il peut donc aujourd’hui compter sur une fidèle équipe de collaborateurs et de conseillers.

Abdourahmane Cissé

Lorsque l’actuel secrétaire général de la présidence quitte la banque d’affaires londonienne Goldman Sachs International, en 2012, Patrick Achi est l’un des premiers politiques ivoiriens qu’il rencontre. Au départ, Abdourahmane Cissé devait être son conseiller au ministère des Infrastructures économiques. Mais le polytechnicien rejoint finalement la présidence en tant que conseiller spécial chargé des finances, auprès d’Alassane Ouattara et du secrétaire général de l’époque, Amadou Gon Coulibaly, aujourd’hui décédé.

En 2013, il devient ministre du Budget – et le plus jeune membre du gouvernement – avant de revenir au palais en tant que conseiller spécial chargé des affaires économiques et financières. À partir de 2017, il pilote avec Patrick Achi, qui a succédé à Amadou Gon Coulibaly, plusieurs dossiers, dont celui de la réforme du franc CFA. L’année suivante, Cissé est nommé ministre du Pétrole, poste qu’il occupera jusqu’à ce qu’ADO le rappelle à nouveau.

Masséré Touré-Koné

Patrick Achi a connu l’actuelle secrétaire générale adjointe et directrice de la communication de la présidence sous Laurent Gbagbo. À cette époque, les deux opposants discutaient de la stratégie à adopter : Achi pour le compte de Henri Konan Bédié, le président du PDCI et Masséré-Touré Koné, pour celui de son oncle, Alassane Ouattara, alors patron du RDR (devenu RHDP).

Tous deux s’apprécient et se vouent un respect mutuel. Ils se sont particulièrement rapprochés pendant la crise post-électorale, lorsqu’ils étaient reclus au Golf Hôtel de Cocody. Et ils ont renforcé leur collaboration lorsque Patrick Achi a été nommé secrétaire général de la présidence.

Karim Traoré

Il n’était pas le favori. En avril, ce technocrate de 45 ans a été choisi, à la surprise générale, pour occuper les fonctions de directeur de cabinet de la primature. Il était, depuis juillet 2021, directeur de cabinet adjoint chargé de la gouvernance économique et des infrastructures.

Karim Traoré a été conseiller au ministère de l’Économie puis, de 2014 à 2018, directeur de cabinet du ministre du Budget d’alors, Abdourahmane Cissé, puis de Moussa Sanogo, toujours détenteur du portefeuille. Il a également officié quatre ans au FMI en tant qu’économiste, avant d’être rappelé par le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, dont il était proche. Il a alors occupé le poste de coordonnateur du programme social du gouvernement.

Georges Koffi Bolamo

Cet ancien gestionnaire de fonds d’investissements a rejoint Patrick Achi à la présidence en 2017. Alors secrétaire général, ce dernier l’a nommé directeur de son cabinet. Georges Koffi Bolamo gère de nombreux dossiers, comme le Millennium Challenge Corporation (MCC) ou encore, l’aménagement de la baie de Cocody. 

Il fait partie des fidèles de l’actuel Premier ministre, qui est, comme lui, un ancien du cabinet PwC. Beaucoup pensaient même qu’il succéderait à Emmanuel Ahoutou Koffi au poste de directeur de cabinet. Si Patrick Achi lui a finalement préféré Karim Traoré, il ne l’a pas pour autant oublié. Georges Koffi Bolamo a ainsi été maintenu au poste de directeur de cabinet adjoint chargé du développement du secteur privé.

Sidy Cissé

Depuis le premier quinquennat d’Alassane Ouattara (2010-2015), ce polytechnicien compte dans le dispositif du chef de l’État. En 2011, Sidy Cissé a intégré en tant que conseiller le cabinet de Patrick Achi au ministère des Infrastructures économiques, avant de devenir le directeur de cabinet adjoint d’Abdourahmane Cissé au Budget.

Amadou Gon Coulibaly lui a ensuite offert le même poste à la primature, et il l’a conservé lorsque Patrick Achi a pris ses fonctions. Ses bonnes relations avec ce dernier en font l’un des piliers de son équipe. Avant de rejoindre la sphère politique, Sidy Cissé a fait carrière dans le privé : il a été, entre autres, ingénieur chez Schlumberger.

Coralie Sissoko-Tailly

Elle est surnommée « l’ombre de Patrick Achi », dont elle est la cheffe de cabinet. À ce titre, Coralie Sissoko Tailly gère l’agenda et les affaires réservées. En 2010, alors qu’elle est auditrice chez Ernst & Young à Paris, il la fait rentrer à Abidjan et la nomme coordinatrice du pool des grands projets au ministère des Infrastructures économiques. Puis, en 2017, lorsqu’il est nommé secrétaire général de la présidence, elle le suit.

Coralie Sissoko-Tailly est la fille de Madeleine Oulai, une cacique du PDCI dans l’ouest du pays qui a rejoint le RHDP, le parti présidentiel.

Pierre N’Gou Dimba

Il est l’un des fidèles de Patrick Achi depuis l’époque où ce dernier était ministre des Infrastructures économiques. Pierre N’Gou Dimba a notamment géré le Projet de renaissance des infrastructures de Côte d’Ivoire (PRICI), cofinancé par l’État ivoirien et la Banque mondiale.

En 2017, cet ingénieur du génie civil est nommé directeur général de l’Ageroute, une société publique chargée de la réalisation des routes dans le pays. Puis, en avril 2021, quand Patrick Achi devient chef du gouvernement, il est nommé ministre de la Santé.

Pierre N’Gou Dimba est par ailleurs le président du conseil régional de l’Agnéby-Tiassa, voisine de la région de La Mé, d’où est originaire Patrick Achi.

Jean-Luc Assi

Ce proche des réseaux de la Grande loge de Côte d’Ivoire (GLCI) est député de la circonscription d’Akoupé, près d’Adzopé, le fief de Patrick Achi. Et ce dernier n’est pas étranger à sa nomination comme ministre de l’Environnement. Jean-Luc Assi fait d’ailleurs partie du cercle restreint des membres du gouvernement qui fréquentent le Premier ministre en dehors du bureau.

Il a passé une grande partie de sa carrière dans les entreprises publiques, dont la Société de gestion des stocks pétroliers de Côte d’Ivoire (Gestoci) ou l’Office national de l’eau potable (Onep), dont Patrick Achi assurait la tutelle lorsqu’il était le ministre des Infrastructures économiques.

Jacques Attali

Patrick Achi s’est récemment attaché les services de l’économiste français, qu’il côtoie depuis quelques années. Fin janvier, il l’a invité à venir à participer à une série de réunions à Abidjan. Et le 26, il l’a convié à un dîner dans sa résidence privée, située à Cocody Beverly Hills.

Le Premier ministre s’est rapproché de Jacques Attali afin de bénéficier de son expérience dans la planification. Il lui a confié une mission d’accompagnement du gouvernement dans le cadre du plan Côte d’Ivoire-Vision 2030, qui vise à faire émerger de grands groupes privés ivoiriens.

Tony Blair

C’est dans le sillage d’Alassane Ouattara et du défunt Amadou Gon Coulibaly que Patrick Achi a connu Tony Blair. Initialement rattachée à la présidence, la cellule d’experts du Tony Blair Institute For Global Change (TBI) – qui a conclu un contrat avec l’État ivoirien – travaille désormais étroitement avec le cabinet de Patrick Achi. Chaque fois qu’il se rend à Abidjan, l’ex-Premier ministre britannique s’entretient avec le chef du gouvernement ivoirien, même si c’est avec le président qu’il entretient une véritable proximité.

Romain Vuillerminaz

Fondateur de l’agence de communication Républics et ancien du groupe Havas, Romain Vuillerminaz fréquente Patrick Achi depuis 2017. S’il n’apparaît pas officiellement dans l’organigramme de la primature, il joue un rôle important auprès du chef du gouvernement. Il a ainsi participé à des entretiens d’embauche.

Bien connu au sein du parti français Les Républicains, il a conseillé plusieurs de ses grandes figures, comme Jean-François Copé et Nathalie Kosciusko-Morizet.

Gregory Meeks

En mars dernier, Patrick Achi a rencontré à Washington le président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants. C’est le cabinet Atlantic Council qui a facilité ce rendez-vous. Lors de leur entretien, Gregory Meeks l’a assuré du soutien des États-Unis à la Côte d’Ivoire, essentiellement en matière de financement et de lutte anti-terroriste.

Si Abidjan dispose déjà d’un réseau impressionnant de lobbyistes aux États-Unis, cette rencontre entre les deux hommes ouvre la voie à de nouvelles relations.

Burkina Faso: des opérations de pompage difficiles pour sauver les mineurs à Perkoa

Au Burkina Faso, le niveau de l’eau baisse tout doucement dans la mine de Perkoa dans le centre-ouest, où huit personnes sont toujours portées disparues après une inondation. Il reste environ 5 mètres pour atteindre le toit de la chambre de refuge. Malgré les difficultés que rencontrent les sauveteurs, le dispositif de prise en charge se renforce chaque jour sur place. Yaya Boudani.

 

Pour remonter l’eau du fond de la mine à la surface, il faut plusieurs pompes sur une ligne, selon Sabo Boukari, le responsable de l’équipe technique : « C'est des relais avec plusieurs pompes qui sont installés pour pouvoir envoyer jusqu'à la surface. La difficulté est que si une seule pompe tombe en panne dans la chaine, tout le système est en arrêt. »

 Plusieurs techniciens sont mobilisés, comme le volontaire Babou Bama, un ex-travailleur à la retraite afin de remettre sur pied, les pompes en panne. « Il y a des pompes qui tombent en panne et comme c'est mon domaine, j'ai demandé si on peut me permettre d'aider ceux qui sont sur le terrain. Il y avait des vieilles pompes qu'ils utilisaient et des pompes qui ont été endommagés par une "noyade". Donc, nous sommes en train de les reviser pour les mettre en service dès la nuit. »

Toujours impossible de plonger

Les plongeurs attendent toujours le feu vert des laboratoires d’analyse d’eau. L’office nationale de l’eau a procédé à un nouveau prélèvement pour une contre-analyse. Le lieutenant Sidi Stephane Nana, coordonnateur de l’équipe des pompiers donne des explications : « Le problème de la visibilité n'est pas résolu puisque l'on n'a même pas les appareils qui permettent de voir dans l'eau, étant donné que c'est une eau boueuse. Et l'on ne sait pas ce que cela renferme en matière de produits chimiques. »

►À lire aussi : L'inquiétude des familles des mineurs piégés à Perkoa

Le niveau d’eau a encore baissé. L’équipe de prise en charge sanitaire a déjà installé son quartier général sur le site. Plusieurs ambulances sont sur place.