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Burkina Faso: course contre la montre pour sauver huit mineurs coincés à 700 m de profondeur

 

Surpris par les eaux suite à de fortes pluies, huit mineurs sont portés disparus depuis le 16 avril à la mine de zinc de Perkoa, dans la région du Centre-Ouest. Les familles s’inquiètent, car chaque jour qui passe voit la chance de les retrouver en vie diminuer. 

Avec notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani

Les opérations de sauvetage démarrées le 21 avril n’ont pas encore permis de retrouver huit mineurs piégés sous terre : six Burkinabè, un Zambien et un Tanzanien. 

« Les responsables de la mine ont promis l’arrivée de nouvelles machines à grande capacité de pompage. Ce qui pourrait accélérer l’évacuation de l’eau », confie Antoine Bama, le représentant des familles.  

Selon les responsables du comité de crise, cités par le représentant des familles, l’équipe de sauvetage a pu accéder à la première chambre de refuge, mais personne n’y était. La deuxième chambre est pour l’heure inaccessible.   

« Les refuges peuvent supporter certaines conditions de vie pendant deux semaines. Il y a de l’eau et de l’oxygène mais pour l’alimentation nous ne sommes pas certains », fait savoir Roland Djebré, secrétaire général du syndicat des travailleurs de la géologie, des mines et des hydrocarbures.

Au moins quatre sociétés minières participent aux travaux de pompage. Mais, les familles commencent à perdre espoir, vu la lenteur de l’opération. « Ils ont fait des efforts, mais ce n’est pas suffisant, car c’est lent. Ils auraient dû demander de l’aide sur le plan international », lance Antoine Bama, le porte-parole des familles des portés disparus.

En Algérie, Karim Tabbou, l'une des figures du mouvement démocratique, a été arrêté

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[Photo d’illustration] Le 2 juillet 2020, Karim Tabbou, l’une des figures les plus emblématiques du Hirak en Algérie, lors de sa libération provisoire de la prison à Koléa, à 56 kilomètres d’Alger. © Ryad KRAMDI / AFP

 

La Ligue algérienne des droits de l'homme dit ignorer pour l'instant les raisons de cette nouvelle arrestation, vendredi soir 29 avril à son domicile. Il avait déjà été emprisonné en mars 2020 pendant un an.

Il était 19 heures ce vendredi lorsque la police est venu arrêter Karim Tabbou à son domicile d'Alger. Selon un membre de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme, il a été conduit à commissariat du quartier de Châteauneuf. Mais on ignore encore les raisons de cette nouvelle arrestation d'un des visages les plus populaires du mouvement démocratique du Hirak, alors que Comité national pour la libération des détenus compte environ 300 prisonniers politiques dans le pays.

Chef d'un petit parti d'opposition, Karim Tabbou avait l'année dernière terminé de purger une peine d'un an de prison pour une publication sur sa page Facebook en 2020, critiquant l'implication de l'armée dans les affaires politiques en Algérie.

En début de semaine, il avait publié un « hommage à Hakim Debbazi », un détenu politique de 55 ans, père de famille d'une petite ville de l'ouest, mort en détention d'une crise cardiaque. Il s'était personnellement rendu aux obsèques de celui qu'il avait qualifié d'« enfant du peuple » qui avait « pris sur ses frêles épaules tout le poids des revendications exprimées dans le Hirak », pouvait-on lire dans son texte. Et il avait accusé « le pouvoir » d'être « le seul et unique responsable » de sa mort.

Cédéao: une stratégie face au changement climatique en passe d'être définie

 

Quelle « stratégie régionale climat » pour l’Afrique de l’Ouest ? La Commission de la Cédéao pilote depuis plus d’un an son élaboration, avec l’aide de l’Union européenne, pour que le climat soit au centre de l’action politique des États membres. Ce plan ouest-africain doit être validé vendredi 29 avril par les ministres de l’Environnement de la Cédéao, à l’issue de deux journées d’ateliers qui ont débuté mardi à Accra, la capitale du Ghana. 

Le changement climatique « détruit les infrastructures, barrages, ponts, routes, toute la croissance bâtie au cours des années », a alerté Kwaku Afriyie, le ministre de l’Environnement du Ghana, pays qui préside actuellement la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) et qui héberge donc les ateliers sur la « stratégie régionale climat » de l’organisation régionale.

« Des changements profonds sont nécessaires », a de son côté martelé Sekou Sangaré, le commissaire de la Cédéao à l’Environnement, car « l’Afrique de l’Ouest et le Sahel se réchauffent plus vite que les autres régions du monde, que ce soit dans l’océan ou sur terre ». Les ressources en eau s’amenuisent, de même que les récoltes ou la taille des poissons. D’où la nécessité d’accélérer et d’amplifier l’action régionale contre un changement climatique qui n’a pas de frontière.

Cette première stratégie climat de la Cédéao, qui a reçu l’appui technique et un financement de 12 millions d’euros de l’Union européenne, est une sorte de cadre pour permettre aux 15 États membres de renforcer leurs compétences et de mieux collaborer entre eux dans la lutte et l’adaptation au réchauffement, secteur par secteur : eau, agriculture, énergie, transports, pour l’instant à horizon 2030.

Afrique de l’Ouest : Goïta, Doumbouya, Damiba… Le temps des colonels  

Au Burkina comme en Guinée, et comme cela avait auparavant été le cas au Mali, les ultimatums fixés par la Cedeao ont expiré sans que les militaires au pouvoir n’infléchissent leurs positions. Assimi Goïta, Mamadi Doumbouya et Paul-Henri Sandaogo Damiba… Portraits croisés de putschistes décomplexés.

 

Mis à jour le 26 avril 2022 à 10:44
 
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De g. à d. : le Malien Assimi Goïta, le Burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba et le Guinéen Mamadi Doumbouya. © MONTAGE JA : Francis Kokoroko/REUTERS ; ANNE MIMAULT/REUTERS ; JOHN WESSELS/AFP

Beaucoup s’accordaient pour le dire. Plus d’un demi-siècle après les indépendances, l’Afrique de l’Ouest semblait bien engagée sur la voie de la démocratie. Alternances dans plusieurs pays, reconnaissance de leur défaite par les perdants, participation importante des citoyens… Certes, tout n’était pas parfait – loin de là -, mais les élections étaient devenues la routine. Le temps des coups d’État, à son apogée entre les années 1960 et le début des années 1990, semblait révolu. Et les images de militaires déboulant en armes dans les palais, puis annonçant à la télévision nationale la mise en place d’un comité à l’acronyme à rallonge, appartenir au passé.

En septembre 2015, le général Gilbert Diendéré ratait son coup contre les autorités de transition au Burkina Faso et rendait le pouvoir, en s’excusant, une semaine seulement après l’avoir pris par la force. Après ce « coup d’État le plus bête du monde », plusieurs observateurs faisaient la même analyse : les putschs militaires ne passent plus en Afrique de l’Ouest.

Et pourtant. Cinq ans plus tard, une série de coups d’État dans des capitales francophones ébranle ce constat.

 

Sueurs froides

Premier épisode au Mali, le 18 août 2020. Ce jour-là, le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), de plus en plus contesté malgré sa réélection deux ans plus tôt, est renversé en quelques heures par l’armée sous les vivats des Bamakois. Dans leurs palais, plusieurs présidents commencent à avoir des sueurs froides et craignent que ce coup réussi et populaire fasse des émules dans leurs propres états-majors. Il en fera.

Le 5 septembre 2021, en Guinée, c’est au tour d’Alpha Condé, vivement critiqué pour son troisième mandat, d’être arrêté par des militaires. Là encore, tout Conakry applaudit. Cette fois, la question devient brûlante : qui sera le prochain sur la liste ? Réponse : Roch Marc Christian Kaboré qui, tout juste réélu mais contesté pour son incapacité à endiguer l’insécurité au Burkina Faso, démissionne sous la pression de l’armée le 24 janvier 2022. Là encore, nombre de Ouagalais saluent sa destitution par les militaires.

 

Anciens enfants de troupes

Tous ces putschs ont pour point commun d’avoir été menés par de “jeunes” quadragénaires, colonels ou lieutenants-colonels, aux profils relativement similaires : le Malien Assimi Goïta, le Guinéen Mamadi Doumbouya et le Burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba. Tous ont été formés à l’étranger et ont dirigé des forces spéciales ou d’élite.

Goïta et Damiba, longtemps à la tête de troupes sur le terrain face aux groupes jihadistes, ont aussi pour caractéristique commune d’être des anciens enfants de troupes, passés respectivement par le prytanée militaire de Kati et le prytanée militaire de Kadiogo, avant de poursuivre des formations d’officier.

Tous partagent également une forme de patriotisme et de souverainisme, ce qui fait oser à certains la comparaison avec d’illustres aînés qui ont marqué l’histoire du continent : les capitaines Thomas Sankara et Jerry John Rawlings.

« Dans ces trois pays, les chefs étaient devenus totalement illégitimes. En les déposant, les colonels ont en quelque sorte restauré la légitimité de l’État », analyse un diplomate ouest-africain. IBK, au Mali, et Roch Marc Christian Kaboré, au Burkina Faso, étaient perçus, malgré leurs réélections, comme incapables de contrer l’offensive des groupes jihadistes qui gangrenaient leurs pays. Et, en Guinée, Alpha Condé n’était plus respecté depuis le tripatouillage constitutionnel qui lui a permis de briguer un troisième mandat en octobre 2020.

DANS CES TROIS PAYS, LES CHEFS ÉTAIENT DEVENUS TOTALEMENT ILLÉGITIMES

« Si IBK, Kaboré et Condé étaient aussi critiqués par leurs compatriotes, c’est aussi parce qu’ils ont été incapables de tenir leurs promesses respectives, poursuit notre interlocuteur. Les deux premiers sur le retour de la sécurité et de l’autorité de l’État, le troisième sur l’instauration de la démocratie, qu’il a honteusement bafouée après s’en être fait le héraut pendant des années. »

 

Grandes déceptions

De ces promesses non tenues sont nées de grandes déceptions parmi les populations. Alimentant au passage la défiance grandissante à l’égard des dirigeants, déjà considérés comme corrompus et coupés des dures réalités quotidiennes dans leurs tours d’ivoire. « En Afrique de l’Ouest, il y a un discrédit total de la classe politique et, in fine, de la démocratie, estime une source française qui suit la région. Les opinions publiques, bien souvent jeunes, n’y croient plus. Dans ce contexte, l’armée incarne la seule forme d’alternance à peu près solide et structurée. Et nous nous retrouvons alors avec des colonels au pouvoir, sans qu’ils y soient vraiment préparés. »

Une fois installés dans le fauteuil des chefs qu’ils ont démis, Goïta, Doumbouya et Damiba ont repris les vieilles antiennes que des cohortes de putschistes avaient répétées avant eux : concertations des “forces vives” de la nation, mise en place de nouvelles institutions, refondation de l’État… À ceci près que, là où il y a encore quelques années les transitions duraient douze mois ou à peine plus, les jeunes colonels réclament désormais des baux bien plus longs. Cinq ans pour Goïta (soit l’équivalent d’un mandat présidentiel au Mali), trois pour Damiba… Quant à Doumbouya, plus de six mois après son arrivée au pouvoir, il n’a toujours pas donné d’indications sur la durée de sa présence au palais de Sékhoutouréya. « Quand on les entend demander ça, il est difficile de ne pas penser qu’ils ont un appétit pour le pouvoir, souffle notre diplomate ouest-africain. L’agenda des transitions n’est rassurant dans aucun de ces pays. »

LA CEDEAO FAIT DU MALI UN CAS D’ÉCOLE CAR, S’IL EST MAL GÉRÉ, CE SERA ENCORE PLUS COMPLIQUÉ AVEC LA GUINÉE ET LE BURKINA FASO

Face à cette nouvelle génération de putschistes décomplexés, la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), souvent accusée d’être un syndicat de chefs d’État défendant leurs privilèges, semble impuissante. Par principe, elle a condamné ces trois putschs et a immédiatement suspendu le Mali, la Guinée et le Burkina Faso de ses instances. Puis des missions de médiation sont intervenues et des « chronogrammes » ont été réclamés, demandant l’organisation d’élections dans un « délai raisonnable ». Le tout sans grand effet.

 

Dérives autoritaires

Mais si Doumbouya et Damiba ont jusqu’à présent bénéficié d’une certaine clémence, ce n’est pas le cas pour Goïta. Depuis son second coup d’État, le 24 mai 2021, qui lui a permis d’avoir les pleins pouvoirs à Bamako, la junte malienne réclame une transition de cinq ans. Une position inacceptable pour les présidents des pays membres de la Cedeao. Le 9 janvier, ils ont adopté des sanctions économiques et financières très dures contre le Mali, qui vit depuis sous un sévère embargo. « La Cedeao fait du Mali un cas d’école car, s’il est mal géré, ce sera encore plus compliqué avec la Guinée et le Burkina Faso. Nous avons affaire à de jeunes officiers, tous colonels, qui ont une vision pour leur pays. Il faut les aider à ce que cette vision soit celle qui réponde au désir réel des peuples », estime Robert Dussey, le ministre des Affaires étrangères du Togo, qui plaide pour des compromis “au cas par cas”.

En Guinée, beaucoup commencent à s’interroger sur la lenteur de Doumbouya, qui a mis près de six mois à instaurer le Conseil national de transition (CNT), et son mode de gouvernance opaque. Au Mali et au Burkina Faso, l’arrivée des militaires au pouvoir n’a, sans surprise, pas mis un terme aux attaques meurtrières des groupes jihadistes, alors que l’une de leurs principales promesses était justement de rétablir un semblant de sécurité dans leurs pays. La junte malienne a aussi suscité une vague de réprobation, aussi bien en Afrique qu’en dehors du continent, en faisant le choix de recourir aux mercenaires de la nébuleuse russe Wagner.

LE PROBLÈME EST QUE CES GENS SONT CULTURELLEMENT PLUS RÉPRESSIFS QUE DES CIVILS

« Les nombreux problèmes auxquels ils sont confrontés ne peuvent évidemment pas se régler d’un coup de baguette magique, estime un responsable ouest-africain. Mais le temps passe et un certain scepticisme commence à émerger. Après avoir soulevé un espoir de changement, les colonels risquent de susciter, eux aussi, d’importantes déceptions. Le problème est que ces gens n’apprécient guère d’être contestés et qu’ils sont culturellement plus répressifs que des civils. »

De fait, la junte malienne est souvent pointée du doigt pour ses dérives autoritaires. Des opposants politiques ont été intimidés, d’autres arrêtés. Les journalistes, eux, sont quasiment réduits au silence. Le 17 mars, les autorités maliennes ont suspendu la diffusion de France 24 et RFI, accusés d’avoir diffusé de « fausses allégations » d’exactions commises par l’armée malienne.

En Guinée, les arrestations de proches d’Alpha Condé et les saisies des maisons de Sidya Touré et de Cellou Dalein Diallo, sous prétexte de récupération de ses domaines par l’État, ont aussi fait couler beaucoup d’encre.

Au Burkina Faso, le lieutenant-colonel Damiba, lui, ne s’est pas encore illustré dans ce domaine. Mais nul doute que, s’il venait à durcir son pouvoir, il serait confronté à la société civile et à la presse burkinabè qui figurent parmi les plus actives de la sous-région.

Guinée: la libération d'Alpha Condé par la junte fait débat

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La libération de l’ancien président Alpha Condé renversé par un coup d’Etat militaire le 5 septembre dernier par le colonel Mamadi Doumbouya, qui a été investi depuis lors chef de l’Etat guinéen, pose question. Cette libération à moins de 72 heures de la date fatidique du 25 avril - délai de rigueur imposé par la Cédéao à la junte pour produire un calendrier consensuel pour la restitution du pouvoir aux civils - est-elle politique ou judiciaire ?

Avec notre correspondant à Conakry, Mouctar Bah

Cette décision pose question au sein de la société civile entre ceux qui l'approuvent et ceux qui la condamnent. D'aucuns considèrent cette décision de la junte comme une manœuvre pour permettre à Alpha Condé, 84 ans, d’échapper à la justice de son pays.

Alsény Sall, porte-parole de l’Organisation guinéenne des droits de l’homme. « Pour nous, le premier travail que le CNRD devrait faire, c’est de soumettre son dossier à la justice qui est la seule habilité de décider des droits et libertés des citoyens. D’autant plus il y avait déjà des plaintes contre monsieur Alpha Condé, mais aussi contre certains de ses collaborateurs sur les cas de violations des droits de l’homme. C’est ce qui avait expliqué une adhésion totale des militants pro-démocratie au coup d’Etat ».

L'ultimatum de la Cédéao a peut-être contribué à la libération de l'ancien président. La réaction de Sékou Koundouno, responsable de la stratégie et planification du FNDC : « Il ne faudrait pas que le CNRD se trompe de stratégie. Nullement la Cédéao n’a fait cas de la libération d’Alpha Condé. S’ils le font, peut-être que c’est une stratégie de communication, mais ce n’est pas la demande de la Cédéao ».

 

Cet activiste de la société civile demande à la junte « de ne pas confondre un régime de transition à un régime issu des urnes ». « Nous sommes en période de transition, il faut le dialogue, poursuit-il, il faut la concertation entre l’ensemble des forces vives de la nation, par ce que en tout été de cause aucune entité aujourd’hui ne bénéficie d’une légitimité ».

Le RPG, l’ex-parti au pouvoir qui avait fait de la libération d’Alpha Condé l’une de ses exigences majeures avant de prendre part aux assises nationales et aux concertations politiques initiées par la junte, attend l’effectivité de cette libération pour réagir, a dit l’un de ses responsables.