L’ONU interpelle Nana Akufo-Addo après l’expulsion de réfugiés burkinabè par le Ghana

Un centre de transit a été mis en place à Ouessa pour accueillir ces déplacés. Le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés a demandé au gouvernement ghanéen de mettre fin à ces expulsions.

Par Jeune Afrique
Mis à jour le 13 juillet 2023 à 16:51
 
 
 
rfugis

 

 

Un camp de réfugiés burkinabè à Issakateng-Bausi, au nord du Ghana, le 7 décembre 2022. © Nipah Dennis / AFP

 

Plus de 200 Burkinabè, dont des femmes et des enfants, sont arrivés dans le sud-ouest du Burkina Faso après avoir été expulsés du Ghana voisin, a-t-on appris ce 13 juillet auprès du gouverneur de la région et de personnes rapatriées.

« Il y a une opération [d’expulsion] en cours chez nos voisins au Ghana, depuis le 11 juillet, on a commencé à enregistrer des compatriotes rapatriés du Ghana », a déclaré Boureima Sawadogo, le gouverneur du Sud-ouest, région frontalière du Ghana qui accueille les déplacés.

À LIREConfronté à la menace jihadiste, Nana Akufo-Addo tente de se rapprocher d’Ibrahim Traoré

Le 11 juillet, 54 personnes ont été reçues, selon le gouverneur qui précise qu’un recensement est encore en cours. « On est déjà à plus de 200 personnes accueillies au niveau de la commune de Ouessa », première ville après la frontière, où un centre de transit a été mis en place pour accueillir ces déplacés, a-t-il précisé le 13 juillet au matin.

Violation du principe de non-refoulement

Seydou Tall, un septuagénaire qui avait rejoint le Ghana trois mois plus tôt, a expliqué à des médias locaux avoir été prié mardi, avec d’autres, de quitter ce pays où certains vivaient depuis plus de dix ans. « Nous ne savons pas ce que l’on nous reproche », a-t-il déploré.

À LIREAu Burkina Faso, les drones turcs au cœur de la stratégie d’Ibrahim Traoré

« Préoccupée par les informations faisant état d’expulsions de centaines de citoyens burkinabè, principalement des femmes et des enfants », le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a appelé le 12 juillet dans un communiqué le gouvernement du Ghana à « mettre fin à ces expulsions qui constituent une violation du principe de non-refoulement, et à garantir l’accès au territoire et l’asile aux ressortissants du Burkina Faso en quête de protection internationale ».

Le Burkina Faso est confronté sur une grande partie de son territoire à des attaques jihadistes régulières qui poussent les populations à fuir.

« Processus de rapatriement »

Dans un communiqué publié le 13 juillet, le ministère ghanéen de la Sécurité nationale a réfuté ces allégations, expliquant qu’un centre d’accueil temporaire, d’une capacité de 2 100 personnes, a été mis en place dans la région frontalière du Burkina Faso et abrite environ 530 réfugiés burkinabè.

« Contrairement aux allégations selon lesquelles les déplacés burkinabè sont chassés du Ghana, un processus de rapatriement a été institué au centre d’accueil pour faciliter le mouvement des Burkinabè qui souhaitent retourner dans leur pays », souligné le communiqué.

(Avec AFP)