[En direct] Présidentielle en Côte d’Ivoire : un scrutin sous tension

| Par Jeune Afrique - Baudelaire Mieu, Florence Richard, Vincent Duhem et Benjamin Roger
Mis à jour le 31 octobre 2020 à 16h26
Une femme vote, à Abidjan, lors de la présidentielle ivoirienne du 31 octobre 2020.

Une femme vote, à Abidjan, lors de la présidentielle ivoirienne du 31 octobre 2020. © Leo Correa/AP/SIPA

Après une campagne tendue, les Ivoiriens sont appelés aux urnes ce samedi. Face à Alassane Ouattara, candidat à un troisième mandat, Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan ont appelé au « boycott actif », tandis que Kouadio Konan Bertin a décidé de ne pas quitter le processus électoral. Suivez en direct cette journée de vote.

Suivez l’évolution de la situation en direct, avec nos correspondants en Côte d’Ivoire (les heures sont données en GMT). Pour réactualiser la page, cliquez ici

• Quatre candidats officiellement en lice : Alassane Ouattara, Henri Konan Bédié, Pascal Affi N’Guessan et Kouadio Konan Bertin sont les quatre candidats retenus par le Conseil constitutionnel, qui a écarté les dossiers de Laurent Gbagbo, Guillaume Soro, Marcel Amon Tanoh ou Albert Mabri Toikeusse.  

• « Boycott actif » de deux candidats : Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan ont lancé un appel au « boycott actif » du vote, et demandé à leurs militants  « d’empêcher la tenue de toute opération liée au scrutin ». 

• 7,5 millions : c’est le nombre d’électeurs appelés aux urnes. Mais, selon la Commission électorale indépendante (CEI), au terme de la période officielle de distribution des cartes d’électeurs, à peine plus de 41 % d’entre elles avaient été retirées (les électeurs peuvent encore le faire aujourd’hui, dans leurs bureaux de vote respectifs).

• Violences meurtrières : les dernières semaines de campagne ont donné lieu à des affrontements dans plusieurs villes du pays, où les violences politiques sur fond de tensions intercommunautaires ont fait, depuis le mois d’août, une trentaine de victimes.


15h25 – 10 000 observateurs dans les bureaux de vote

Pas moins de 10 000 observateurs sont déployés dans tout le pays par des organisations ivoiriennes et internationales pour suivre le déroulement de cette présidentielle.

La mission d’observation électorale de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), dirigée par l’ex-Premier ministre sénégalais Cheikh Hadjibou Soumaré, en a envoyé quatre-vingt dix. L’Union africaine (UA), l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et la Fondation Carter ont aussi envoyé des délégations à Abidjan.

14h55 – De Bakayoko à Bacongo, ces ministres qui sont allés voter

À l’image du Premier ministre, Hamed Bakayoko, qui a glissé son bulletin dans l’urne ce samedi matin à Abidjan, plusieurs ministres s’affichent au sortir des urnes sur les réseaux sociaux.

C’est le cas de Sidi Tiémoko Touré, le porte-parole du gouvernement, qui a voté à Béoumi, non loin de Bouaké (Centre). Mamadou Touré, le porte-parole adjoint du gouvernement et ministre de la Promotion des jeunes, a lui voté à Daloa (Centre-Ouest). Ibrahim Cissé Bacongo, ministre auprès de la Présidence, a de son côté voté à Koumassi, commune d’Abidjan dont il est le maire.

14h35 – Bédié et Affi N’Guessan vont prendre la parole à 16h GMT 

Henri Konan Bédié et Pascal Affi N'Guessan, le 15 octobre 2020 à Abidjan.
Henri Konan Bédié et Pascal Affi N'Guessan, le 15 octobre 2020 à Abidjan. © Vincent Duhem pour JA

Les deux candidats de l’opposition dont les candidatures ont été officiellement retenues mais qui ont appelé à un « boycott actif » du scrutin ont convoqué la presse pour une « importante déclaration », ce samedi à 16h GMT.

Henri Konan Bédié (PDCI) et Pascal Affi N’Guessan (FPI) ont prévu de prendre la parole à la résidence du leader du PDCI, dans le quartier Cocody, à Abidjan.

14h00 – À Port-Bouët, deux bureaux de vote, deux ambiances

Dans le bureau de vote de l'école Selmek, à Port-Bouët, dimanche 31 octobre 2020.
Dans le bureau de vote de l'école Selmek, à Port-Bouët, dimanche 31 octobre 2020. © Florence Richard Pour JA

Dans le centre de vote Abattoir-BAD de Port-Bouët, « les électeurs se sont mobilisés », affirme Sita Koné, une observatrice du RHDP. « Les gens sont venus tôt pour voter », dit-elle près d’un bureau de vote devant lequel patiente une dizaine de personnes. Plus de 3 300 personnes sont inscrites ici. « Nous avons dû ouvrir deux bureaux de vote de plus rapport à 2015 car nous avons beaucoup de nouveaux inscrits, des jeunes », précise un autre observateur.

Autre ambiance dans le groupe scolaire Selmek. Dans l’un des bureaux de vote, pas plus d’une trentaine de bulletins dans l’urne sur plus de 400 inscrits. « Les gens vont se déplacer cet après-midi », assure Mohamed, assesseur.

13h40 – « Le vote a bel et bien lieu sur toute l’étendue du territoire », selon la CEI

Ibrahime Kuibiert-Coulibaly, le président de la Commission électorale indépendante (CEI), a glissé son bulletin dans l’urne à la mi-journée, dans un bureau de vote du lycée Sainte-Marie de la commune de Cocody, et lui aussi s’est voulu rassurant.

« Je voudrais annoncer à la ville et au monde que le président de la commission électorale a voté. J’ai voté et j’ai encore tous mes doigts », a-t-il lancé aux journalistes, en allusion au fait que l’opposition avait promis de perturber le déroulement du scrutin.

« Le vote a bel et bien lieu sur toute l’étendue du territoire, a-t-il ajouté. Nous avons 10 815 lieux de vote et 22 381 bureaux de vote. Il y a des zones qui ont connu des troubles mais ce sont de troubles mineurs. À peine 30 à 40 bureaux de vote ont été saccagés. Quand vous faites le ratio, c’est insignifiant. »

13h01 – L’armée au centre de toutes les attentions

Des soldats ivoiriens durant la cérémonie d’adieu à Amadou Gon Coulibaly, le 14 juillet 2020.
Des soldats ivoiriens durant la cérémonie d’adieu à Amadou Gon Coulibaly, le 14 juillet 2020. © Luc Gnago/REUTERS

En 2000 et 2010, alors que violences et tensions accompagnaient les élections, l’armée ivoirienne a joué un rôle majeur.

« Le contexte actuel n’est pas le même qu’en 2010. Mais si la situation devient intenable, il ne faut pas exclure que des militaires puissent être tentés de prendre leurs responsabilités et de jouer leur propre carte », analyse un bon connaisseur de l’armée ivoirienne.

12h50 – Tension dans plusieurs quartiers de Yamoussoukro

Selon plusieurs témoignages, la situation se tend dans certains quartiers de Yamoussoukro, la capitale, où des incidents ont eu lieu vendredi. Des barricades, enlevées par les forces de l’ordre dans la matinée, sont de nouveau installées.

La police a fait usage de gaz lacrymogène dans le quartier de Morofé. « Il y a du monde dans les gares de transport. Sur l’artère principale de la ville, certains jeunes sont armés de gourdins », témoigne un habitant.

12h35 – Situation contrastée à Koumassi

D’un lieu de vote à l’autre, l’affluence est contrastée à la mi-journée à Koumassi. À l’école Saint-Thérèse, les bureaux de vote sont déserts. Dans l’un d’eux, seuls une vingtaine de votants sur 400 inscrits ont fait le déplacement.

Mais la situation est très différente à l’école Mondon, qui est aussi le plus important centre de vote de la commune. Sur 4 000 inscrits, la moitié aurait voté à la mi-journée selon Abdourahmane Guindo, conseiller municipal RHDP.

Lors de l'élection présidentielle ivoirienne, le 31 octobre 2020, à l’école Mondon, plus important centre de vote de Koumassi, à Abidjan.
Lors de l'élection présidentielle ivoirienne, le 31 octobre 2020, à l’école Mondon, plus important centre de vote de Koumassi, à Abidjan. © Florence Richard pour JA

12h23 – Faible affluence à Anono (Cocody)

Ces dernières semaines, le quartier d’Anono, situé dans la commune de Cocody, a été le théâtre de violences sporadiques. Ce samedi, l’affluence est faible. À la mi-journée, le bureau numéro 8 de l’EPP Sogofiha n’avait reçu que 11 électeurs sur les 450 inscrits.

« Ce matin, des jeunes ont tenté d’empêcher les opérations. Le responsable de la CEI sur place a été agressé. Nous avons dû attendre l’arrivée des forces de l’ordre », explique un représentant de la commission électorale. Plusieurs policiers ont depuis été déployés pour sécuriser le vote.

12h10 – Alassane Ouattara a voté à Cocody

Alassane Ouattara vient de voter, le 31 octobre 2020, lors de la présidentielle ivoirienne.
Alassane Ouattara vient de voter, le 31 octobre 2020, lors de la présidentielle ivoirienne. © JA

Le président Alassane Ouattara, candidat à sa propre succession, a voté ce matin au bureau de vote de Sainte-Marie, dans la commune de Cocody (Abidjan), aux environs de 11h30 GMT. Il était accompagné de son épouse et a prononcé une brève déclaration face aux journalistes présents.

« Le vote se déroule bien et les Ivoiriens sont sortis nombreux pour voter, a-t-il assuré. Je viens d’accomplir mon devoir civique et je demande à tous mes concitoyens épris de paix et de patriotisme d’aller voter. C’est un jour important pour la démocratie. »

Et d’ajouter : « J’en appelle à ceux qui ont lancé ce mot d’ordre de désobéissance civile, qui a conduit à des morts d’hommes : [il faut] qu’ils arrêtent parce que la Côte d’Ivoire a besoin de paix. Ce sont des actes criminels et il faut que cela cesse. [Il faut] dire à nos jeunes de ne pas se laisser manipuler car il s’agit de leur avenir. »

12h01 – « Le scrutin se passe normalement », affirme Hamed Bakayoko

« Sur l’ensemble du pays, il y a un vote massif, c’est ça qui est important, a déclaré le Premier ministre, Hamed Bakayoko, en fin de matinée. Nous veillerons à ce que le scrutin se déroule dans les meilleurs conditions possibles et à ce que le dépouillement ne puisse souffrir d’aucune obstruction ».

Le Premier ministre ivoirien, Hamed Bakayoko, lors de la présidentielle du 31 octobre 2020, à Abidjan.
Le Premier ministre ivoirien, Hamed Bakayoko, lors de la présidentielle du 31 octobre 2020, à Abidjan. © Baudelaire Mieu

« Nous avons insisté auprès de nos hommes pour que la gestion des foules se fasse avec retenue. On a bien compris l’enjeu : il s’agit de nous provoquer pour avoir des bilans de morts qui entachent le scrutin. Mais il n’en est rien et le scrutin se passe normalement sur l’ensemble du territoire, en dehors de quelques points qui sont localisés et qui sont les fiefs de l’opposition », a-t-il ajouté.

11h30 – Kouadio Konan Bertin a voté à Lakota

KKB, seul candidat à avoir fait campagne face à Alassane Ouattara après avoir refusé de rallier le « boycott actif » de l’opposition, a voté dans son fief de Lakota, dans le sud-ouest de la Côte d’Ivoire.

11h18 – Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié, les éternels rivaux

Rivaux depuis trente ans, Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié auraient dû s’affronter ce samedi pour la magistrature suprême. Mais mi-octobre, le président du PDCI s’est retiré de la compétition, affirmant que le processus électoral en cours était vicié.

Il n’a pour autant pas renoncé à en découdre avec son vieil ennemi et ni lui ni le reste de l’opposition n’ont l’intention de reconnaître la légitimité du président sortant s’il est réélu.

Retrouvez dans cette série les temps forts de leur histoire commune, dont les contours épousent celle de la Côte d’Ivoire indépendante.

10h59 – La mise en garde de la CPI

Inquiète des violences préélectorales ayant fait une trentaine de morts ces dernières semaines, la procureure générale de la Cour pénale internationale (CPI) a publié mercredi un communiqué en forme de mise en garde. Fatou Bensouda s’est dite « profondément préoccupée par les rapports publics faisant état d’une recrudescence de violences graves depuis plusieurs jours ».

« Je déplore particulièrement les allégations de violences intercommunautaires qui auraient causé la mort de plusieurs personnes, des blessés et des atteintes graves aux biens de la population civile. Ces actes pourraient constituer des crimes relevant de la compétence de la CPI », avertit-elle.

10h48 – Des bureaux de vote fermés dans le fief de Bédié

Dans l’Iffou, nombre de bureaux de vote sont restés fermés ce matin. Cette région, située dans le centre du pays, est le fief du PDCI et de son président, Henri Konan Bédié, qui a appelé au boycott du scrutin.

Les accès aux localités de Daoukro, Ouellé, M’Bahiakro et Priori sont également fermés.

10h34 – « Ouattara peut faire 100 ans, je le soutiendrai ! »

Dans la commune de Yopougon (Abidjan), l’affluence varie en fonction des zones. À l’école Plateau, dans le quartier de Port-Bouët  2, de longues files d’attente se sont formées dès l’ouverture des bureaux de vote.

« Ici, il n’y a rien. ADO [Alassane Ouattara] peut faire 100 ans, je le soutiendrai encore », lance Diabaté Bazoumana, mécanicien de 53 ans.

10h20 – Abobo espère que tout se passera bien

« Ça ressemble à un jour de fête ». Assis dans un café près de la mairie d’Abobo, Moses se réjouit du calme dans la commune en cette journée de vote. « Il n’y aura rien, ça va bien se passer », renchérit Diomandé qui s’apprête à se rendre au collège Anador glisser son bulletin dans l’urne. Il a écouté l’interview de Laurent Gbagbo, diffusée jeudi sur TV5 Monde : « C’est normal qu’il parle. Il faut l’écouter pour savoir ce qu’il se passe, c’est normal d’écouter ses adversaires. »

Plus loin, à Abobo-Habitat, quartier proche de l’opposition dans ce fief RHDP, la situation est plus contrastée et de nombreux commerces sont fermés.

10h02 – Plusieurs incidents rapportés

Selon des sources sécuritaires contactées par JA, plusieurs incidents ont été relevés depuis ce matin. À Abidjan, notamment dans les quartiers de Riviera M’Badon, Aboboté ou encore Anono, des manifestants ont tenté de barrer des routes avant d’être dispersés par les forces de l’ordre.

À Yamoussoukro, la capitale, l’accès au quartier des 220 Logements, où des affrontements entre jeunes et policiers ont eu lieu vendredi, était toujours impossible. À Abengourou, dans l’est du pays, des manifestants ont tenté d’incendier le commissariat, mais le feu a été rapidement contenu. Et dans les villages environnants de Bebou, Nbasso et Eliassou, des individus s’en sont pris au matériel électoral.

9h53 – Calme à Yopougon

La commune de Yopougon est très calme. Devant une buvette du quartier Niagon, Claude Adjo discute avec quelques amis. Il a 50 ans et ne vote plus depuis 2005. Sa carte d’électeur est périmée. « Il y a un climat de peur ici. Avant hier, un jeune a été tué sous les yeux de la police », déplore-t-il.

Jeudi, il a écouté avec attention la prise de parole de Laurent Gbagbo. « J’ai vraiment aimé. Il a été juste. Mais il faudrait que tous ceux qui ont amené la crise dans le pays, Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié se retirent. » Il en veut particulièrement au chef de l’État : « On ne fait pas de troisième mandat en Côte d’Ivoire. C’est ça qui nous fatigue. Il y a des gens en prison à cause de ça. »

9h45 – Le plan B de la CEI

La Commission électorale indépendante (CEI) a assuré, ces derniers jours, que même si des incidents devaient perturber le scrutin, les bureaux de vote ne seraient pas réinstallés dans les commissariats ou les brigades de gendarmerie.

Seul aménagement envisagé : qu’ils soient par endroit relocalisés, si nécessaire, dans l’enceinte des préfectures et des sous-préfectures.

9h25 – Incidents dans le Moronou

À Mbatto, dans la région du Moronou (Centre-Est), fief de Pascal Affi Nguessan, des jeunes ont pénétré tôt ce matin dans les locaux de la gendarmerie et détruit les cartes d’électeurs qui y avait été entreposées pour des raisons de sécurité.

9h02 – « Allez voter, y a pas palabres ! »

A la sortie du bureau de vote du collège d’Anador (Abobo), le 31 octobre 2020.
A la sortie du bureau de vote du collège d’Anador (Abobo), le 31 octobre 2020. © Florence Richard pour JA

« Allez voter, y a pas palabres », lancent ces femmes à la sortie du bureau de vote du collège d’Anador (Abobo). Comme beaucoup ici, elles affichent clairement leur soutien au candidat Alassane Ouattara.

Début 2011, ce quartier très peuplé du nord d’Abidjan avait été l’épicentre de la crise postélectorale. Pendant des semaines, « insurgés » et forces fidèles à Laurent Gbagbo s’y étaient affrontés.

8h50 – Une élection sous haute surveillance

Près de 35 000 membres des forces de sécurité ont été déployés dans toute la Côte d’Ivoire pour assurer le bon déroulement des opérations de vote et contenir les éventuels dérapages. C’est l’opération « Barrissement de l’éléphant ».

Les bataillons des Forces spéciales ont notamment rejoint Abidjan, dès mercredi, pour soutenir les militaires et policiers déjà stationnés dans la capitale économique.

8h31 – À Yopougon, les électeurs arrivent au compte-goutte

A Abidjan, le 31 octobre 2020.
A Abidjan, le 31 octobre 2020. © Vincent Duhem pour JA

Le groupe scolaire William Ponty est le plus grand centre de vote de Yopougon, commune traditionnellement acquise à l’opposition. Ici, les opérations ont pris du retard et les premiers électeurs arrivent au compte-goutte. Aboubakar Dosso, analyste financier, attend de pouvoir accomplir son devoir de citoyen. Il ne cache pas son soutien à Alassane Ouattara mais appelle « les politiciens à être plus matures ». « Ils ont un patrimoine à gérer », insiste-t-il.

Des observateurs de la Cedeao et du corps diplomatique sont présents. Le bureau de vote est sécurisé par deux policiers et par une unité de la BAE, la Brigade anti-émeute.

8h23 – L’inconnue de la participation

Les Ivoiriens vont-ils aller voter ou respecter l’appel au boycott de l’opposition ? Lors de la présidentielle de 2015, 3 330 928 électeurs avaient glissé leur bulletin dans l’urne sur les 6 301 189 inscrits, soit un taux de participation de 54,63 %.

Des chiffres très inférieurs à ceux de 2010. Cette année-là, 5 784 490 électeurs étaient inscrits sur les listes. Au premier tour, 4 843 445 avaient voté, soit un taux de participation de 83,73 %. Au second, 4 689 366 avaient fait le déplacement, soit un taux de participation de 81,10%.

8h12 – Des files d’attente nourries à Abobo

Au collège Anador d’Abobo, le 31 octobre 2020.
WhatsApp Image 2020-10-31 at 08.47.03 © Au collège Anador d’Abobo, le 31 octobre 2020.

Au collège Anador d’Abobo, commune de plus d’un million d’habitants située dans le nord d’Abibjan, les électeurs sont nombreux avant même l’ouverture des bureaux de vote. Certains attendent depuis 6h du matin pour pouvoir glisser leur bulletin dans l’urne.
Il s’agit du plus important bureau de vote d’Abobo, commune traditionnellement acquise au RHDP et à son candidat, Alassane Ouattara, et des observateurs de la veille diplomatique de l’Union européenne (UE) et de ses États membres sont arrivés sur place pour suivre le déroulement du scrutin.

8h00 – Ouverture des bureaux de vote

Sept millions d’Ivoiriens sont appelés aux urnes, ce samedi 31 octobre, pour le premier tour de l’élection présidentielle. Les bureaux de vote ont ouvert à 8h GMT et le resteront jusqu’à 18h.

La journée s’annonce incertaine puisque deux des quatre candidats dont les dossiers ont été retenus mi-septembre, par le Conseil constitutionnel, ont appelé au « boycott actif ». Seuls le président sortant, Alassane Ouattara (RHDP), candidat à un troisième mandat, et Kouadio Konan Bertin (indépendant) auront donc fait campagne. Henri Konan Bédié (PDCI) et Pascal Affi N’Guessan ont appelé à la désobéissance civile et « à empêcher la tenue de toute opération liée au scrutin ». Leur mot d’ordre sera-t-il suivi ?

7h45 – Abidjan vide vendredi soir

Une ambiance de veillée d’armes régnait vendredi soir à Abidjan. Dès la tombée de la nuit, les rues ont commencé à se vider. Certains établissements ont fermé leurs portes un peu plus tôt que prévu, et n’ouvriront pas aujourd’hui.