Droit de ne pas porter le voile? | Books

 

Si Books a choisi de consacrer son centième numéro à la pensée critique, c’est parce qu’elle semble aujourd’hui mise à mal. En témoigne Nasrin Sotoudeh, une avocate iranienne actuellement emprisonnée à Téhéran pour avoir osé défendre le droit de ne pas porter le foulard islamique. Dans le numéro 100, nous publierons la lettre qu’elle a écrite en prison et adressée au barreau de Paris. En voici un extrait :

« Vous connaissez les motifs de mon accusation. Il s’agit de la défense des droits des jeunes femmes de l’avenue Enghelab qui contestaient le port obligatoire du voile et qui ont manifesté leur contestation par des moyens pacifiques et ouverts. Après mon arrestation, mon mari et un ami ont aussi été arrêtés pour avoir distribué des badges indiquant « Je conteste le voile obligatoire » et chacun d’eux a été condamné à 6 ans de prison. De mon côté, j’ai été condamnée à 148 coups de fouet et 38 ans et demi d’emprisonnement, dont 12 ans d’emprisonnement pour la défense des jeunes femmes de l’avenue Enghelab. […] J’aimerais profiter de cette occasion pour dire que, parfois, certains de mes compatriotes profitent de leur liberté de parole pour dire que, dans le contexte actuel, la question de la liberté de se vêtir n’est pas le sujet le plus important à aborder. Toutefois, tout en respectant leur avis et en les soutenant dans l’exercice de leurs droits et en respectant leur humanité, je souhaite leur dire que la liberté de se vêtir pour les femmes fait partie des libertés fondamentales et que le développement de la démocratie dans la société est conditionné au développement des droits des femmes. Tant que ce droit de se vêtir librement n’est pas assuré, les autres droits ne seront pas respectés ».
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