Témoignages

 

Les priorités de Christian Yoka, nouveau patron Afrique de l’AFD

| Par 
Christian Yoka travaille à l’AFD depuis vingt ans, il en est le nouveau directeur Afrique.
Christian Yoka travaille à l'AFD depuis vingt ans, il en est le nouveau directeur Afrique. © African Guarantee Fund

Tout juste vingt ans après avoir intégré l’Agence française de développement, Christian Yoka a pris les rênes du département Afrique, qui représente a lui seul plus de 40 % des engagements de l’Agence. C’est le premier dirigeant d’origine subsaharienne nommé à ce poste. Portrait.

Christian Yoka est désormais à la tête d’un pôle composé de 500 personnes, depuis sa nomination le 6 juillet dernier aux commandes du département Afrique de l’Agence française de développement (AFD), dirigée par Rémy Rioux.

Le quinquagénaire d’origine congolaise (RDC) dit avoir accepté ce nouveau poste avec beaucoup « d’honneur et d’humilité. D’humilité parce que l’Afrique est une priorité de l’action de la France qui se traduit en un axe d’intervention central pour l’AFD. Je suis également honoré parce que c’est une tâche extrêmement motivante ». « Je l’ai pris comme une marque de reconnaissance de mon parcours », confie-t-il à Jeune Afrique.

https://www.jeuneafrique.com/wp-content/themes/ja-3.0.x/assets/img/mondial2018/quote-article.png") left top no-repeat;">

TRAVAILLER À L’AFD EST UNE CHANCE INOUÏE

Plusieurs milliards d’euros d’engagements en Afrique

Sous la supervision du directeur exécutif des opérations de l’AFD, Jean-Pierre Marcelli, le directeur Afrique doit s’assurer – en coopération avec les représentants sur le terrain – que les priorités fixées par l’Agence se réalisent. « Il s’agit également de nous assurer que les ressources sont bien mises à disposition des équipes », précise Christian Yoka.

« Nous avons un certain nombre de secteurs prioritaires sur le continent, du soutien à la politique du genre aux enjeux climatiques », détaille Christian Yoka. Il met notamment l’accent sur la jeunesse africaine et les questions d’éducation et d’emploi qui en découlent. En 2020, 261 millions d’euros de financement de l’AFD dans le secteur de l’éducation sont allés à des projets africains, c’est 90 % du total mondial annuel de l’agence. À titre de comparaison, la même année, 136 millions d’euros ont été engagés dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, et 455 millions dans le secteur de l’agriculture.

« Travailler à l’AFD est une chance inouïe parce que les problématiques auxquelles nous nous attaquons sont des défis mondiaux. À mon modeste niveau, je suis très heureux de pouvoir participer, contribuer et essayer d’apporter des réponses à ces défis », souligne le directeur Afrique.

L’AFRIQUE, ZONE PRIORITAIRE D’ACTIVITÉS DANS LE PORTEFEUILLE DE L’AFD

Fondé en 2018 à la suite de la fusion du département Afrique du Nord et Afrique subsaharienne, le département Afrique est au cœur de l’action de l’AFD. Aujourd’hui, l’Agence mène des projets dans 44 des 54 pays africains. En 2020, l’institution française a engagé 4,4 milliards d’euros sur le continent (36 % du total de 12,1 milliards d’euros), auxquels s’ajoutent plusieurs centaines de millions d’euros d’engagements transversaux. Au total, 3,7 milliards d’euros de décaissements ont été autorisés l’an dernier en faveur de l’Afrique, en recul d’un quart (-26 %) sur un an, en raison notamment de la pandémie de Covid-19. Mais cela représente 1,2 milliard d’euros de plus que la deuxième zone d’intervention, l’Orient (2,4 milliards), et deux fois les financements approuvés en 2020 pour l’Amérique latine (1,7 milliard d’euros). Dans l’ensemble, près de 30 % des engagements de l’AFD vont au financement d’infrastructures et au développement urbain, contre 13 % pour le secteur productif (soutien aux entreprises privées), 12 % pour la santé, 9 % pour le climat et l’environnement, suivent la gouvernance (7 %), l’eau et l’assainissement (7 %), ainsi que l’éducation (3 %) et l’agriculture et la sécurité alimentaire (3 %), le reliquat allant à des initiatives multisectorielles. 

Du droit au management opérationnel

Juriste de formation, Christian Yoka obtient un diplôme de droit et de fiscalité de l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne en 1997. « J’ai d’abord travaillé comme juriste en France dans une filiale créée par la Banque française de commerce extérieur et la Banque Rothschild ».

Puis, il décide de franchir l’Atlantique pour se spécialiser en droit bancaire et financier à l’Université de Boston, dont il sort diplômé d’un LLM (Master of Laws) en 1999. « Lorsque je suis revenu des États-Unis, un chasseur de tête du cabinet Michael Page m’a approché et m’a fait cette proposition de rejoindre l’AFD, que j’ai acceptée avec enthousiasme », explique l’intéressé.

https://www.jeuneafrique.com/wp-content/themes/ja-3.0.x/assets/img/mondial2018/quote-article.png") left top no-repeat;">

LE DROIT MÈNE À TOUT À CONDITION DE SAVOIR EN SORTIR

Ce passionné d’opéra et de sport dit aujourd’hui devoir sa carrière à des concours de circonstances. « J’ai intégré l’AFD en 2001 en tant que juriste opérationnel, donc je couvrais un portefeuille de pays. Cela m’a amené à travailler sur la zone Afrique mais également sur d’autres régions du monde telles que l’Asie ou les territoires d’outre-mer. Je me suis ensuite intéressé à la genèse de projets et aux problématiques de développement. Puis, je suis passé de l’autre côté de la barrière », explique le quinquagénaire.

La décision de passer du droit à l’opérationnel a été motivée par la volonté d’avoir une vision plus transversale du métier. « Comme le disait un de mes profs de droit, le droit mène à tout à condition de savoir en sortir », confie Christian Yoka à Jeune Afrique.

Vingt ans d’expérience sur le terrain

La récente promotion de Christian Yoka intervient après une quinzaine d’années d’activités opérationnelles consacrées aux pays africains, à rebours de sa prédécesseuse à ce poste Rima Le Coguic, spécialiste des infrastructures (énergie, transport, digital), désormais directrice exécutive adjointe d’Expertise France.

https://www.jeuneafrique.com/wp-content/themes/ja-3.0.x/assets/img/mondial2018/quote-article.png") left top no-repeat;">

J’AI LE SENTIMENT D’AVOIR EU PLUSIEURS VIES PROFESSIONNELLES

Durant sa carrière, il se trouve successivement au poste de directeur pays pour la RDC de 2009 à 2013 – période durant laquelle l’agence approuve pas moins de 19 millions d’euros de subvention pour des projets dans ce pays – puis de directeur régional pour l’Éthiopie, le Soudan, le Sud-Soudan, l’Érythrée et la Somalie de 2013 à 2016. Sous sa direction, il approuve notamment un projet d’interconnexion électrique entre le Kenya et l’Ethiopie d’un montant de 91 millions d’euros (2013), ou encore un projet de développement géothermique dans la région d’Afar en Éthiopie de 90 millions d’euros en 2015.

Il fut également directeur régional pour la zone Cameroun, République centrafricaine et Guinée équatoriale de 2016 à 2018. « J’ai le sentiment d’avoir eu plusieurs vies professionnelles », confie Christian Yoka, qui se dit épanoui par son parcours à l’AFD. Parmi les projets approuvés sous sa direction, l’un des plus notables est celui contribuant à la création d’emplois pour les jeunes au Cameroun (2017).

https://www.jeuneafrique.com/wp-content/themes/ja-3.0.x/assets/img/mondial2018/quote-article.png") left top no-repeat;">

IL FAUT TOUJOURS VEILLER À CE QU’IL Y AIT UNE BONNE ARTICULATION ENTRE LE SIÈGE ET LE TERRAIN

Enfin, entre 2018 et 2021, il est directeur régional pour l’Afrique de l’Est, qui couvre onze pays [le Burundi, Djibouti, l’Érythrée, l’Éthiopie, le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, la Somalie, le Soudan, le Soudan du Sud et la Tanzanie]. Le financement le plus important accordé sous sa direction est celui du système de traitement des eaux de Mwache à Mombasa au Kenya de 120 millions d’euros en 2018.

Mission au Sahel

Désormais basé à Paris – « j’ai pris ma carte Navigo il y a deux jours » –,  le directeur du département Afrique ne compte pas abandonner le terrain pour autant. « L’idée, c’est de toujours veiller à ce qu’il y ait une bonne articulation entre le siège et le terrain, et tout cela passe par des visites ».

https://www.jeuneafrique.com/wp-content/themes/ja-3.0.x/assets/img/mondial2018/quote-article.png") left top no-repeat;">

SI JE N’ÉTAIS PAS OPTIMISTE JE DEVRAIS CHANGER DE MÉTIER

Bien qu’encore en discussion, le prochain voyage devrait se faire au Sahel – l’une des priorités d’action du groupe. Pour rappel, l’AFD fait partie de « l’Alliance Sahel », une plateforme réunissant les principaux bailleurs de fonds de la zone créée en 2017. L’AFD a également engagé 511 millions d’euros pour le G5 Sahel en 2020 [cadre de coopération pour la sécurité et le développement entre la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad].

Grand optimiste – « si je n’étais pas optimiste je devrais changer de métier » –, Christian Yoka puise ses inspirations auprès de ses rencontres. « Les personnes qui m’inspirent au quotidien ne sont pas forcément des personnes connues ou des leaders. On peut être inspiré à chaque fois qu’on a le sentiment d’avoir rencontré une personne qui vous paraît équilibrée, ou qui pose des actes qui donnent à réfléchir sur le sens de notre présence en ce monde. Et de ce point de vue-là, on peut être inspiré par monsieur Tout-le-monde ».

Kiye 2020
L’hebdomadaire de la paroisse de Nioro du Sahel n°6 du lundi 06 septembre 2021: Rendez-vous avec les amis de Dieu

Textes du jour :

Première Lecture : Col. 1, 24-2 3

Évangile : Luc 6, 6–11

 

Bien-aimés dans le Seigneur, recevez nos salutations fraternelles depuis la paroisse de Nioro du Sahel où le Seigneur nous envoie pour que là aussi nous allions témoigner de son évangile. Car c’est pour cela qu’il nous a fait missionnaire.

 « Les maîtres de la Loi et les Pharisiens l’épiaient pour voir s’il allait le guérir un jour de sabbat : ils auraient alors un motif pour l’accuser. » (Lc 6, 6–11)

 Bien-aimés dans le Seigneur, qu’il me plaise de vous convier à cette double interrogation traditionnelle qui ouvre et guide souvent mes méditations: celle de savoir qu’est-ce que ce texte nous révèle de Dieu et qu'est-ce qu'il nous révèle de l’homme.

En effet, lorsque nous lisons cet évangile de ce jour, il est clair que la miséricorde et la bonté de Dieu sautent aux yeux. Ce Dieu toujours prêt à sauver l’homme quel que soit son état de pécheur. Ce Dieu toujours prêt à venir en aide à l’homme dans sa souffrance pour lui apporter le soulagement, le réconfort. Un Dieu qui veut toujours que l’homme défiguré par la souffrance, retrouve la dignité des fils de Dieu pour le servir dans la joie. Un Dieu tourné vers l’homme et c’est là tout le sens de l’incarnation. Cet amour pour l’homme le porte à risquer sa sécurité vis-à-vis de la tradition des hommes, des traditions qui bien souvent, teintées d’intérêts partisans, se moquent de la dignité humaine. Voilà ce que cet évangile nous révèle de l’homme.

Oui chers frères et sœurs en Christ, lorsque nous recourons à des lois, à des règlements, à des processus administratifs, il est souhaitable que nous tenions surtout compte de l’homme, créé à l’image et à la ressemble de Dieu ; cet homme, enfant de Dieu, qui est corps et esprit. A ce point, nos mesures, nos lois destinées à l’homme pourront promouvoir son grand bien.

C’est tout l’enjeu de l’évangile de ce lundi 06 septembre 2021 de la 23 ème semaine du temps ordinaire. Voilà qu’un jour du sabbat, Jésus s’en va à la synagogue et il enseigne. Il y avait là un homme dont la main droite était paralysée. La main droite, comme d’aucuns ne l’ignorent, nous sert d’appui, à quelque exception près. L’en avoir paralysée est synonyme d’une réelle souffrance. Jésus est pris de pitié et veut lui redonner la dignité de fils de Dieu paralysée par cette infirmité. Cela trouve que c’est le jour de sabbat, strictement interdit par la tradition juive de faire quoi que ce soit, même pas une guérison. J’imagine que si un des maîtres de la loi ou un des siens se retrouvait dans cette situation, on trouverait une solution atténuante! C’est ce qui arrive dans notre vie.

Jésus voit avant tout en cet homme un enfant de Dieu, créé sain pour adorer son Créateur dans la paix et dans la joie. Le guérir par amour, peu importe le jour, serait l’accomplissement parfait de la loi. Il décide de lui restituer cette dignité. Mais comme toujours, le cœur de l'homme est habité par la haine, par la jalousie, la rancœur surtout quand les bonnes actions ne viennent pas de nous mais des autres. Cette jalousie peut nous faire recourir à une interprétation subjective et arbitraire de la loi, souvent dans l’intention de vouloir accuser l’autre. C’est ce qui arriva à Jésus lorsque ces maîtres de la Loi et les Pharisiens l’épiaient pour voir s’il allait le guérir un jour de sabbat : ils auraient alors un motif pour l’accuser. Et pourtant, nous dira saint Marc, comme nous l’avions entendu dans l’évangile d’hier, face à tout ce qu’il faisait, « les gens en étaient hors d’eux-mêmes et ils disaient : “Il a bien fait toutes choses…!”(Mc 7, 37) Cet émerveillement ne pas passer pas dans un cœur bourré de haine et de jalousie. Un tel cœur cherche par contre, des failles pour pouvoir accuser. Courage cher grand frère Jésus. Tu n’as jamais été hypocrite tout au long de ta vie. Nous reconnaissons en toi, un être authentiquement et original. Ton originalité dans ta façon de dire ouvertement les choses quand il le fallait et là où tout le monde murmure, surtout lorsque le bien que tu faisais élargissait ta renommée, attirant vers toi ceux qui reconnaissaient en toi le Messie de Dieu. Inspire-nous ces mêmes vertus dont tu as fait preuve afin que nous puissions nous aussi, et devant les épreuves de la vie, les accepter courageusement et dire  comme Saint Paul dans la première lettre de ce jour: « Et maintenant, mes souffrances pour vous sont ma joie ; je complète dans ma chair ce qui manque encore aux épreuves du Christ pour son corps qui est l’Église. J’en suis l’administrateur, du fait que Dieu m’a confié la charge de mettre en œuvre chez vous le projet de Dieu, son plan mystérieux caché depuis des siècles et des siècles. » (Col.1, 24-26), pour la plus grande gloire de Dieu. Amen

 Le Seigneur soit avec vous !

 ✍🏽 Père KIYE M. Vincent, Mafr

Paroisse de Nioro du Sahel dans le Diocèse de Kayès au Mali

E-mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Whatsapp : (+223) 72 65 74 82

 PORTRAITS DE MARCHEURS

Compostelle, Rome, Lourdes… Ces trois pèlerinages qui ont changé leurs vies

À l’occasion du Pèlerinage national à Lourdes, du 11 au 16 août, trois pèlerins – une famille, une grand-mère,

un célibataire – nous racontent ce moment fort qui a changé leur regard sur la vie.

Mis à jour le 23 août 2021 à 3:40

Publié le 23 août 2021 à 3:40

 
Compostelle bâton de marche
Lors du pèlerinage de Compostelle devant la cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle. © Stock Adobe
 

« Un long chemin pour modifier le cours de ma vie »

Julien, célibataire et auteur de Compostelle Therapy, sur le chemin de Compostelle

Julien Charles Compostelle
© Magali Delporte pour Le Pèlerin

« Je n’avais jamais pensé emprunter ce chemin », lance Julien, 39 ans, ancien responsable de communication d’une grande marque de luxe. Mais un jour de 2007, une carte postale l’invitant à se tourner si besoin vers Compostelle glisse d’un livre, offert par sa mère. Alors quand sa vie parisienne lui semble si encombrée de fausses rencontres et de valeurs truquées, il se lance sur les pas de saint Jacques. « J’expérimentais ce que les pèlerins disent souvent : “Quelqu’un m’a amené sur le chemin” », confie-t-il. Face à face avec lui-même, beaucoup de souvenirs, souvent désagréables, reviennent à sa conscience. « Mais je n’avais plus personne pour me plaindre ! » s’amuse-t-il. Au fur et à mesure, les rencontres avec des gens disponibles et ouverts, la proximité avec la nature et la marche, qui fait aller de l’avant, lui procurent un sentiment d’allègement. « J’ai accepté de rompre avec certaines habitudes ou traits psychologiques pour faire de la place à une vie plus centrée sur l’essentiel, plus profonde », souligne-t-il. De nouvelles perspectives se dessinent. Il comprend l’importance des vraies rencontres, de l’ouverture aux autres, de l’émerveillement… Se rend disponible au pardon. Entreprend une formation de psychothérapeute, métier qu’il exerce aujourd’hui. Et renoue avec une foi laissée de côté.

« L’amour que j’avais pour les autres s’est réveillé et a trouvé du sens », dit-il joliment. Aujourd’hui, le chemin se poursuit, différemment. Le sac à dos qui l’a accompagné est sagement rangé mais Julien a toujours un œil sur lui. « Il me semble être une belle métaphore de la vie : qu’est-ce que je suis capable de porter ? Qu’est-ce qui m’est nécessaire ? De quoi dois-je m’alléger pour pouvoir continuer à avancer ? »

« Ce pèlerinage m’a rapproché de mes petits-enfants »

Sophie, grand-mère de six petits-enfants, en pèlerinage à Rome

Sophie de Villeneuve et ses petits-enfantspèlerinage
© Quentin Top pour Le Pèlerin

À la Toussaint 2020, Sophie a inauguré le « pèlerinage des dix ans » avec deux de ses petits-enfants. Cette jeune grand-mère a en effet jugé cet âge opportun pour emmener les deux aînés de ses six petits-enfants sur les pas des premiers chrétiens, à Rome. « Je les ai prévenus que ce n’était pas un voyage touristique mais un pèlerinage en groupe, avec des temps de prière chaque jour. » Sophie partait avec le souci de témoigner de la richesse de cette histoire commune. Mais au fur et à mesure de la semaine, le voyage s’est révélé un peu différent de ce qu’elle avait prévu. D’abord, les enfants ont vite rompu la glace avec les autres pèlerins. « Je me suis alors mise à leur diapason, j’ai compris qu’il ne fallait pas trop appuyer les références, je les ai beaucoup regardés, écoutés, laissé poser des questions. J’avais l’impression de les voir s’épanouir devant moi », s’émerveille cette grand-mère vive et dynamique.

Au-delà des moments de recueillement, elle a fait de la place à la joie partagée – ils ont beaucoup ri ensemble, notamment à propos des menus. Ou aux préoccupations de ses petits-enfants. « Nous avons passé des heures à chercher des souvenirs pour leurs frères et sœurs et leurs parents, c’était très important pour eux, car cela rendait présents ceux qui n’étaient pas du voyage. » « Une grande affection est passée entre nous », confie Sophie, avec pudeur. « Je crois qu’ils ont compris qu’ils étaient très aimés : par moi, et par Dieu ! »

« Notre engagement envers les plus fragiles est devenu celui de toute la famille »

Hélène et Paul-Emmanuel, Agathe (13 ans), Guillaume (11 ans), Arthur (7 ans) et Clothilde (2 ans), au Pèlerinage national à Lourdes

C’est Paul-Emmanuel qui, le premier, a initié la tradition. «J’ai rejoint le “Pélé espoir” au sein du Pèlerinage national après une expérience aux Journées mondiales de la jeunesse, car je voulais retrouver cet esprit fort et collectif ». Le Pélé espoir regroupe des pèlerins valides et de jeunes handicapés mentaux. Après une pause, Paul-Emmanuel et Hélène se sont réinscrits il y a quatre ans. « Notre démarche était alors éducative : nous voulions initier nos enfants à la fragilité et éveiller chez eux l’importance du soin aux autres », explique Paul- Emmanuel. « Nous voulions aussi partager un engagement avec eux, de façon concrète », ajoute Hélène.

Famille Margueritte
© Pablo Chignard pour Le Pèlerin

Tout s’est bien passé, et au-delà de leurs espoirs. Le pèlerinage est devenu un pilier de leur vie de famille. « Toute la famille s’est fait happer ! » s’amuse Paul-Emmanuel. Même la nécessité de préparer les repas pour six personnes durant une semaine ou de transbahuter dans sa poussette la petite dernière âgée de 4 mois ne les a pas découragés. « Au contraire, souligne Hélène, les enfants ont toute leur place dans ce groupe, très fraternel. » Lorsque Arthur, 7 ans, a failli être contraint de renoncer parce qu’il s’était engagé ailleurs, sa déception était perceptible. Les deux parents sont admiratifs : « Les enfants vont spontanément vers les personnes handicapées, sans aucune appréhension. » « Nous pensions montrer notre engagement à nos enfants, ils en sont devenus une partie intégrante. Partager avec eux cette humanité diverse et vivante, tous ces visages de Dieu, est une expérience incroyable », conclut Paul-Emmanuel, comme encore tout étonné d’avoir tant appris de ses enfants.

>> À lire aussi sur Lepelerin.com : Alain Soleilhac, malvoyant, effectue la voie du Puy-en-Velay en tandem

La messe des funérailles d'Edouard sera célébrée en l’église St-François Xavier

50 av. Lalanne, 64140 Billère

le lundi 06 septembre 2021 à 15h00

 

duclos0001

duclos0002

Kad Merad : « Je reçois autant que je donne »                                                                                                                

Receveur des postes dans Bienvenue chez les Ch’tis, papa du Petit Nicolas, chef d’État dans la série Baron noir… Éclectique, l’acteur revient au cinéma dans la peau d’un vibrant animateur d’atelier théâtre en prison. Confidences en toute sincérité.

 

Publié le 24 août 2021 à 9:02

Kad Merad est un acteur, humoriste, réalisateur et scénariste franco-algérien.

Né d’un père algérien et d’une mère berrichonne, Kad Merad apprécie la richesse que lui apporte sa double culture. © Philippe Quaisse pour Le Pèlerin

Vous êtes à l’affiche de Un triomphe, programmé en salles ce 1er septembre alors qu’il devait sortir en 2020. Comment avez-vous vécu cette si longue attente ?

Kad Merad : D’abord en étant frustré que le film n’ait pu défendre ses chances l’an passé au Festival de Cannes, l’édition 2020 ayant été annulée. Je n’ai donc pas connu ce petit moment de magie que constitue la présentation d’un film sur la Croisette, devant les professionnels du 7e art. Pour une fois que je m’y rendais, et pas seulement pour y montrer ma tête ! (rire) Heureusement, Un triomphe a tout de même pu être projeté, lors des festivals d’Angoulême et de Lyon, à un public ému et heureux de le découvrir. Mais les reports successifs de sa sortie m’ont fait passer par tous les états émotionnels. Je croise maintenant les doigts face aux risques d’une quatrième vague.

Le thème de l’attente figure justement au cœur de Un triomphe… C’est incroyable !

C’est vrai. Dans ce film, j’incarne Étienne, un comédien qui se lance le défi un peu fou de monter avec des détenus En attendant Godot, de Samuel Beckett. Tout comme les personnages de cette pièce espèrent l’arrivée de Godot, qui ne viendra jamais, on en est venu à se dire avec Emmanuel Courcol, le réalisateur, qu’Un triomphe ne sortirait peut-être jamais en salles… Le destin de notre film rejoindrait alors le texte de Beckett – un bijou de théâtre absurde que j’ai adoré lire et plus encore jouer – mais aussi la période surréaliste que l’on traverse.

Qu’est-ce qui vous a convaincu de vous lancer dans l’aventure ?

La rencontre avec Emmanuel Courcol. Je suis un acteur qui aime quand on le désire. Cela peut être présomptueux mais j’assume ce plaisir. Ce fut le cas avec Emmanuel, qui s’est intéressé à mon travail. De mon côté, j’ai été touché par son scénario, d’autant plus qu’il a tiré cette histoire de faits réels. Par ailleurs, il faut qu’à un moment du tournage, j’éprouve de la peur. La scène finale, névralgique pour mon personnage qui attend depuis si longtemps l’heure de son accomplissement, m’a particulièrement motivé. Complexe à tourner, elle s’est nourrie de tout ce que nous avions vécu durant le tournage, notamment la complicité nouée avec « la bande des Godot », mes partenaires de jeu. J’affectionne particulièrement la dimension de troupe et l’idée d’avoir partagé avec eux le souffle d’une aventure humaine aussi forte, inouïe. J’aime voir les gens heureux autour de moi. Associer Beckett à un film grand public, c’est quand même extraordinaire !

Vous auriez pu être ce personnage dans la vraie vie, durant vos années de galère ?

Je ne le crois pas : monter Beckett en prison, c’est un gros morceau. Je ne sais d’ailleurs pas comment je m’y serais pris pour donner des cours de théâtre, car je fonctionne plutôt à l’instinct. J’aime surtout témoigner de ma passion lors de master class ou d’invitations dans les écoles de théâtre, pour raconter la façon dont j’aborde mon métier. Les élèves comédiens me renvoient à mes jeunes années : quand on démarre, on est envahi de questions auxquelles on répond peu à peu par l’expérience.

Une partie du film a été tournée dans l’enceinte d’une vraie prison. Que retenez-vous de cette expérience ?

Avant de tourner sur place, nous avons visité le centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne) pour nous imprégner des lieux. J’ai été profondément marqué par le rituel des portes à franchir, leur bruit quand elles s’ouvrent et se referment brutalement sur vous, ce qu’on doit laisser à l’entrée… Ces sensations vertigineuses, inédites, m’ont aidé à habiter mon personnage qui, comme moi, n’avait jamais mis les pieds en prison.

Kad Merad est un acteur, humoriste, réalisateur et scénariste franco-algérien.


Les confinements successifs nous ont tous privés de liberté. Quel enseignement en tirez-vous, à la lumière de ce tournage si singulier ?

Il n’y a pas de commune mesure entre prison et confinement. Même dans l’exiguïté d’un logement, on peut être entouré de l’affection des siens. Je me revois, pour les besoins du tournage, sortir de la prison en empruntant un parking d’une saleté repoussante et d’une tristesse infinie : il était néanmoins devenu pour moi le plus bel endroit au monde, ce lieu où je pouvais reprendre ma respiration quand d’autres continuaient leur vie contrainte, derrière les barreaux.

On vous sent philosophe. Avez-vous trouvé quelque vertu au confinement ?

J’ai bien sûr vécu cette période comme un empêchement, mais cela m’a permis de devenir un véritable homme d’intérieur : cuisiner pour la famille, aider aux devoirs… Je suis même passé maître dans l’art de nettoyer les vitres ! J’ai certes été peiné de voir ma pièce Amis interrompue en mars 2020, alors qu’une cinquantaine de dates étaient encore programmées. On ne l’a pas assez rodée sur scène et on va donc « flipper » comme des débutants en retrouvant les planches, mais ce trac m’est bénéfique. J’apprécie la vie dans tout ce qu’elle a de positif. « Un mal pour un bien », telle est ma devise.

Votre père est algérien et votre mère berrichonne. Des cinéastes comme Maïwenn, avec son film ADN, ont récemment mis à l’honneur leur double culture. Vous pourriez faire de même ?

J’ai toujours eu le fantasme de raconter la richesse, avec ses difficultés et ses plaisirs, d’avoir grandi dans une double culture –  comme l’a si bien relaté le cinéaste franco-arménien Henri Verneuil dans ses grandes fresques historiques (Mayrig ; 588, rue ParadisNDLR). Alors que mon père faisait tout pour s’intégrer et gommer ce qui pouvait rappeler l’Algérie, ma mère, par défi, par courage, a choisi que ses enfants portent des prénoms algériens. Pour l’instant, les rôles que j’incarne au cinéma me permettent d’adresser des petits clins d’œil à cette histoire familiale. Dans Citoyen d’honneur, que je viens de tourner, je joue un écrivain algérien, prix Nobel de littérature, installé depuis trente ans à Paris. Son retour au pays ne va pas se passer comme il l’imaginait.

Vous êtes l’une des personnalités préférées des Français. Comment vos parents ont-ils accueilli votre notoriété ?

Avec beaucoup de pudeur. Mes parents sont maintenant très âgés, et l’on a plutôt tendance à parler d’autre chose que de moi. J’ai pu sentir du côté de mon père une fierté démesurée et il a fallu que je calme cet élan-là en essayant de ne pas en rajouter. Mais j’ai des parents qui ont su rester eux-mêmes. Patients et compréhensifs, ils ne m’ont jamais empêché d’aller au bout de mes rêves. C’est ma mère qui m’a inscrit à mon premier cours de théâtre, m’a acheté ma première batterie….

Le fait d’être un acteur aussi populaire vous donne-t-il une responsabilité particulière ?

Je ne me sens pas l’âme d’un ambassadeur ou d’un porte-drapeau de quoi que ce soit. Mais il m’arrive de mettre ma notoriété – que j’ai connue tardivement –, au service d’une cause quand celle-ci me touche sincèrement. C’est le cas avec les Enfoirés. Cette troupe où se mêlent artistes, techniciens et bénévoles des Restos du cœur, qui s’investissent sans compter, est devenue pour moi une famille. Chaque concert est un moment de partage exceptionnel, durant lequel je reçois autant que je donne.

En coulisses

Emploi du temps minuté pour Kad Merad. Entre un tournage à Arcachon (L’année du requin) et un autre sur Paris (Oussekine, où il incarne l’avocat Georges Kiejman), nous saisissons l’acteur au vol, le temps d’une interview téléphonique, puis d’une séance photo au Festival de Cannes, où il fait un aller-retour express. Un homme à suivre, assurément !

Sous-catégories

Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)