Témoignages

 

 
Suite à la dernière lettre, celle du 24 décembre, cette réaction que je partage à tout le monde
Pierre Béné
 
Bonjour,
 
À mon tour acceptez que je vous présente mes meilleurs vœux en ce jour béni de l'avènement de cet homme d'amour et de bien comme tous les autres prophètes.
 
Acceptez que je vous offre aussi cet écrit d'un ami (Labter Lazhari) qui a pensé en particulier aux chrétiens d’Égypte et du Moyen Orient ainsi que tous ceux qui sont une minorité dans le monde.
 
Chikhi Ferid 
 
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EN CES JOURS DE FÊTES DE NOËL ET DU RÉVEILLON, MES PENSÉES VONT…
 
En ces jours de fêtes de Noël et du Réveillon, mes pensées vont à toutes les minorités chrétiennes de toutes les chapelles d’Orient, notamment en Égypte, en Syrie, en Irak, au Liban, qui dans la plupart de ces pays, à des degrés divers, souffrent de l’intolérance, de la ségrégation, des assassinats, des exodes, des interdits de pratiquer leur religion, de construire des églises ou de sonner les cloches.
 
Aux chrétiens du Maghreb où les conditions de pratique de leur foi sont meilleures mais souvent difficiles.

Aux victimes de l'horrible attaque terroriste contre le marché de Noël de Berlin, les privant eux et leurs familles des fêtes de Noël et du Réveillon.
 
En ces jours de fêtes de Noël et du Réveillon, nous gagnerons tous, musulmans, chrétiens, juifs ou sans religion à méditer ces sages paroles de Omar Khayyam et d’Ibn Arabi qui prône tous les deux la Religion de l'Amour :
 
« Oui, nous sommes bienfaisants plus que toi mufti austère
Et plus que toi tempérants dans notre ivresse ordinaire
Toi, tu bois le sang des hommes et nous celui de la vigne ;
Je te fais juge, examine lequel est plus sanguinaire.

Elle passe bien vite cette caravane de notre vie
Ne perds rien des doux moments de notre vie
Ne pense pas au lendemain de cette nuit
Prends du vin, il faut saisir les doux moments de notre vie. »
 
« Mon cœur est devenu capable
D’accueillir toute forme.
Il est pâturage pour gazelles
Et abbaye pour moines !
Il est un temple pour idoles
Et la Ka’ba pour qui en fait le tour,
Il est les tables de la Thora
Et aussi les feuillets du Coran !
 
La religion que je professe
Est celle de l’Amour.
Partout où ses montures se tournent
L’amour est ma religion et ma foi. »

Poésie mystique: Izara Batres lauréate du Prix Fernando Rielo

Izara Bartes

Izara Bartes ©revistaecclesia.com

Docteur en littérature de l’Université Complutense (Madrid), la lauréate a déjà à son actif plusieurs prix littéraires, cinq livres publiés ainsi que des poèmes dans plusieurs anthologies. Son œuvre inédite Triptyque l’a emporté sur les neuf autres finalistes.

Selon le jury, « à travers un langage poétique efficace, sans rien de superflu, nu, transparent, cette œuvre transfigure l’expérience de la douleur, pour la transformer en lieu de rencontre avec un Dieu auquel l’auteur s’attache fébrilement :

Il a fallu mourir dans l’amour / et la douleur / pour te voir, pour me voir, / pour savoir qui j’étais’.

« La voix lyrique maintient un ton ferme, énergique, sincère, mais sans tomber dans la lamentation ni le désespoir, car l’épreuve de la douleur la fait devenir expression suppliante et confiante de l’amour :

Je sens ta main douce et bleue sur ma blessure’.

« À la fin, la tendresse de l’amour l’emporte sur la douleur et la purification, dans une pure et lumineuse extase :

Je cherche le ciel de ta vertu dans l’éblouissante tendresse / du printemps / qui naît en tes mains’’

« Elle fait participer le lecteur à l’expérience intime de la grâce :

Je sais que Dieu dicte mes vers, / je sais que tu es là / et au-delà de ce corps et de ce pouls qui bat, le lien impose son sens, / je te sens dans l’âme’. »

Lire l’article Poésie mystique: Izara Batres lauréate du Prix Fernando Rielo dans Zenit, 17/12/16

La main tendue vers les enfants du Burkina Faso

Saly Hema dirige une association qui apporte une aide à plus de 1 500 enfants et 500 familles à Bobo Dioulasso, la deuxième ville du Burkina Faso.

Sous la direction de Saly Hema, l’association Dispensaire Trottoir a développé trois axes : la santé, l’éducation et l’alimentation.
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Sous la direction de Saly Hema, l’association Dispensaire Trottoir a développé trois axes : la santé, l’éducation et l’alimentation. / Corinne Renou-Nativel

« On m’a tendu la main. À mon tour, je tends la main vers les enfants et les jeunes qui en ont besoin. » Pour Saly Hema, l’engagement envers les plus démunis est une affaire personnelle. Sa mère, une orpheline de Côte d’Ivoire livrée à elle-même, l’a conçue avec un Vendéen en coopération qui n’a ensuite jamais reconnu leur bébé.

Lorsque Saly a 6 ans, sa mère la confie, dénutrie et sans acte de naissance, à un oncle installé à Bobo Dioulasso, au Burkina Faso ; lui et sa femme française adoptent la fillette. « J’ai été la cinquième enfant de cette famille, explique-t-elle. Sans mon grand-oncle et sa femme, j’aurais été à la rue, peut-être prostituée ou, comme ma petite sœur restée avec ma mère, morte de maladie faute de nourriture et de soins. »

Un engagement auprès des plus pauvres

Bac littéraire en poche, Saly obtient un diplôme d’éducatrice spécialisée auprès des enfants de la rue. Elle épouse un ingénieur, métis comme elle, orphelin de père sauvé de la misère par l’Église catholique. En 1994, quand leur première fille entre en maternelle, Saly propose son aide à une Réunionnaise qui a fondé un an plus tôt une association, Dispensaire Trottoir. Sans local, elle offre alors des soins et des repas aux plus pauvres près de la cathédrale de Bobo Dioulasso.

D’abord bénévole pendant un an et demi, Saly Hema reçoit enfin, comme les autres éducateurs, un salaire à partir de 1996 grâce à l’implication d’Asmae-association Sœur-Emmanuelle. Envisageant de rentrer en France, la fondatrice de Dispensaire Trottoir propose alors à Saly Hema de devenir directrice afin de la former et l’épauler avant son départ.

« Prendre les commandes m’a plu parce que j’ai un caractère fort et qu’être devant me permet d’aller à mon allure, c’est-à-dire vite. Les débuts ont été difficiles parce que j’encadrais des hommes qui ne voyaient pas pourquoi une femme les dirigerait – une Blanche oui, mais pas une Noire. »

La santé, l’éducation et l’alimentation érigés en priorités

Avoir une double culture africaine et européenne (par sa mère adoptive) aide Saly Hema à mener le travail sur le terrain tout en défendant l’association auprès d’organismes étrangers qui financent l’essentiel des activités, comme Asmae et, depuis 2002, l’association de parrainage d’enfants Partage.

Sous l’impulsion de sa nouvelle directrice, Dispensaire Trottoir continue de s’étoffer avec l’acquisition d’un terrain, la construction d’un local, le développement de trois axes : la santé, l’éducation et l’alimentation. Des consultations gratuites sont proposées aux femmes enceintes et aux bébés avec pesée et suivi vaccinal. Un planning familial aide les jeunes mères à sortir de la fatalité de grossesses très rapprochées. Les soins sont ouverts gratuitement à toute la population.

« Les personnes prises en charge par l’association reçoivent les médicaments gratuitement, les autres les paient, ce qui assure des revenus à Dispensaire Trottoir », explique sa directrice. Avant l’entrée au primaire, la maternelle associative donne à 150 enfants des bases comme le français, la langue d’enseignement que personne ne parle à la maison. « L’éducation d’un enfant permet l’amélioration de ses conditions de vie et le développement du pays », rappelle Saly Hema.

« Je dois trouver et former la relève »

Plus de 900 enfants de familles pauvres sont parrainés pour poursuivre leur scolarité. Une bibliothèque ouverte à tous et une classe d’alphabétisation pour les 8-13 ans complètent l’offre éducative. Enfin, petit déjeuner et déjeuner sont donnés à 260 enfants par jour, et un centre de récupération nutritionnelle accueille bébés, enfants et femmes qui ont un cancer ou le VIH. Les huit hectares cultivés par l’association assurent ces repas quatre mois par an.

« Avec mon histoire, devenir responsable d’une structure qui soutient plus de 1 500 enfants et 500 familles, c’est la grâce de Dieu, estime Saly Hema, musulmane. Le seigneur a mis la main sur moi. » L’association a une place essentielle dans sa vie et celle de sa famille – ses trois filles ont donné un coup de main à Dispensaire Trottoir pendant leurs vacances scolaires.

Relire : En Afrique, les « tanties » au secours des jeunes mamans

Appelée « tantie » par tous, Saly Hema envisage pourtant de passer la main en décembre 2018, juste après le 25e anniversaire de l’association. « Je ne veux plus faire des insomnies à m’inquiéter pour le financement des trente salaires et des prestations. Et, surtout, je veux laisser la place comme on l’a laissée pour moi. Je dois trouver et former la relève. Il faut savoir partir à temps. »

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« Des hommes et des femmes respectables »

« Lorsque je vois les enfants que nous avons aidés qui sont devenus infirmiers, enseignants, sages-femmes, forestiers, policiers ou magistrats, cela donne l’envie de se lever tous les matins et le courage de continuer à avancer. Ils risquaient de finir dans la rue et ils sont devenus des hommes et des femmes respectables. Certains prennent aussi les enfants de l’association en apprentissage. Je suis également motivée par les parrains et marraines français qui parfois se privent pour permettre à des enfants burkinabés d’être scolarisés. »

Corinne Renou-Nativel

« Les religions peuvent être exploitées comme force positive innée » (Mgr Gallagher)

 
Mgr Gallagher

 

 

 

Mgr Paul Richard Gallagher (Wikimedia Commons)

Lors du 23e sommet ministériel de l’OSCE le 8 déc. 2016 à Hambourg (Allemagne).Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les États, a souligné le « rôle constructif » des religions dans la promotion de la paix.  Il assuré que les religions peuvent agir efficacement pour « la prévention de la guerre…, la réconciliation, la réhabilitation et la reconstruction de sociétés post-conflit », tout en dénonçant  « l’idée diffuse et fausse que les religions soient seulement un facteur négatif dans la société » : « Il est important que les États participants créent un climat de respect et d’estime pour toutes les croyances et toutes les religions, permettant aux communautés religieuses et confessionnelles de s’engager dans un dialogue plein et fécond entre elles et avec les États ». Lire la traduction intégrale de son intervention par constance Roques dans Zenit: « OSCE: Mgr Gallagher souligne le rôle des religions dans la promotion de la paix« , 13/12/16.

.Dans le journal "La Croix" du 3 décembre.

En Terre sainte, héritiers de Charles de Foucauld

Croire. Charles de Foucauld a été assassiné il y a 100 ans. En Israël et Palestine, vingt-cinq Petits frères et sœurs de Jésus marchent encore dans les pas de « Frère Charles ».

À Nazareth, les Petites Sœurs de Jésus confectionnent des chapelets pour les pèlerins.
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À Nazareth, les Petites Sœurs de Jésus confectionnent des chapelets pour les pèlerins. / Neal Badache/Cosmos pour la Croix.

Nazareth (Israël)

De notre correspondante

Animée par la dissonante mélodie des klaxons et la clameur des commerçants postés devant leurs boutiques aux devantures criardes, Nazareth n’est plus la paisible bourgade galiléenne qui plut tant à Charles de Foucauld à l’aube du XXe siècle. À l’époque, la ville où a grandi le Christ abritait à peine 6 000 habitants, dont deux tiers de chrétiens et un tiers de musulmans. Les Nazaréens sont aujourd’hui 76 000, dont 30 % de chrétiens et 70 % de musulmans. La plupart de ces Arabes israéliens ignorent tout de l’étonnant religieux français qui séjourna dans leur ville entre 1897 et 1900, comme un ermite, après l’avoir découverte au cours d’un premier pèlerinage début 1889.

Cent ans après sa mort, l’héritage de « Frère Charles » perdure modestement en Terre sainte, où vivent encore 25 religieux de sa famille spirituelle, dont 18 femmes. Aussi bien côté israélien que palestinien, ces Petits frères et sœurs de Jésus assurent depuis le début des années 1950 une présence aimante, respectueuse et détachée de toute ambition prosélyte. Ils restent en ce sens fidèles à la vocation de discrétion de Charles de Foucauld – une dimension qu’il a particulièrement explorée au cours des trois années passées chez les clarisses de Nazareth. Car cette ville de Galilée était pour lui synonyme de l’existence encore anonyme du Christ, le « divin ouvrier ». Avant sa « vie au désert » et sa « vie publique », Nazareth avait été le théâtre de la « vie cachée » de Jésus jusqu’à ses 30 ans.

« Dans cette ville, le Christ vivait au milieu des gens et avait sûrement une relation personnelle avec chacun », avance Sœur Lucile, Petite sœur de Jésus à Nazareth. « Alors, comme Frère Charles, nous cherchons à l’imiter : comment le Christ agirait-il aujourd’hui ? C’était ça, l’intuition de Charles de Foucauld, vivre de l’Évangile pour devenir un Évangile vivant. » En Terre sainte depuis 1970, cette septuagénaire française vit avec deux sœurs, une Vietnamienne et une Sud-Coréenne. Elles habitent une petite maison du centre-ville de Nazareth où une pièce a été aménagée pour la chapelle. Comme tous les héritiers spirituels de Charles de Foucauld en Israël et dans les Territoires palestiniens, ces religieuses vivent dans une maison ordinaire, et non dans un monastère.

À une exception près : l’ancien couvent des clarisses de Nazareth. C’est là, dans un havre de verdure et de silence, à quelques enjambées de la basilique de l’Annonciation, que Frère Charles passa trois années de sa vie, de 39 à 42 ans. Logé dans une simple cabane de planches, il priait, lisait, écrivait et faisait des petits travaux domestiques. Un demi-siècle plus tard, en 1949, les clarisses ont à nouveau ouvert leurs portes, cette fois à Petite Sœur Madeleine, la fondatrice des Petites sœurs de Jésus. Elle a bientôt installé en ce lieu emblématique une fraternité, qui a néanmoins dû en partir en 1996 : les Petites sœurs n’étaient plus assez nombreuses pour faire vivre le couvent. Il est aujourd’hui occupé par trois Italiens, des Petits frères de Jésus Caritas (l’une des 18 familles spirituelles de Charles de Foucauld).

Faute de relève, nombreuses sont les fraternités à avoir fermé leurs portes ces dernières années : Béthanie, Ramallah, Gaza… « Mais l’essentiel n’est pas de se lamenter sur ce qui était », réagit vivement Sœur Bernadette. Cette Française est en Terre sainte depuis 1956 et vit aujourd’hui à Jérusalem-Est, dans un quartier palestinien traversé par le mur. Là, elle et ses sœurs mènent une « vie ordinaire », aidant notamment à la maison de retraite voisine, désireuses de vivre « des amitiés respectueuses de chacun ».

Si la maîtrise de la langue (que ce soit l’arabe ou l’hébreu) semble un prérequis indispensable à tous ces religieux, ceux-ci doivent aussi s’adapter aux coutumes locales. Les Petites sœurs de Jésus sont ainsi de rite oriental, grec-catholique. De son côté, Petit Frère Yohanan Elihai a été le premier prêtre à célébrer une messe latine en hébreu, dès 1957. Ce nonagénaire est arrivé en Israël il y a six décennies, par amour pour le peuple juif. Pour ne pas heurter ses amis israéliens, il a arrêté il y a longtemps de porter sa croix car celle-ci évoque encore, chez certains, le souvenir des persécutions. Ses voisins ne savent pas qu’il est prêtre, ni même chrétien… Côté palestinien, « les musulmans sont habitués à cohabiter avec des chrétiens, explique Sœur Bernadette à Jérusalem-Est. Alors notre habit n’est pas un obstacle à la rencontre, au contraire. »

Conscients d’être moins visibles que les autres ordres monastiques en Terre sainte, les Petits frères et sœurs de Jésus revendiquent cette discrétion, voire cette apparente « inutilité » chère à Charles de Foucauld. La prière occupe une place centrale dans la vie de ces contemplatifs qui ne possèdent aucune œuvre – ni école, ni orphelinat. S’ils ont toujours travaillé, c’est essentiellement au milieu des gens qu’ils étaient venus rencontrer, que ce soit à l’usine, aux champs, à l’hôpital ou à l’atelier. Frère Yohanan résume ainsi sa vocation : « Être quelqu’un qui prie et qui essaie d’aimer les gens autour de lui. » Or aimer, dans cette région déchirée par les murs de haine et d’incompréhension, cela peut vouloir dire créer des ponts : le religieux a passé sa vie à écrire des dictionnaires et des méthodes de langue hébreu-arabe palestinien. Difficile de ne pas penser à Charles de Foucauld qui, à Tamanrasset, s’obstina à apprendre le touareg et à en faire des dictionnaires.

Le 20 juillet 1898, ce dernier écrivit depuis sa cabane de planches du couvent des clarisses : « C’est votre vie de Nazareth, recueillie, silencieuse, pauvre, effacée, laborieuse… Faites-moi, ô Jésus, la mener parfaitement, en Vous, par Vous et pour Vous !… Faites la même grâce à tous vos enfants en vue de Vous ! »

Mélinée Le Priol

Sous-catégories

Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)