Témoignages

 

Migrants de retour en Côte d'Ivoire (3/6):
le récit de Junior, 9 ans

Migrants au large des côtes libyennes, le 19 juin 2017. (Image d'illustration)
© REUTERS/Stefano Rellandini
 

RFI vous propose une série de reportages sur ces Ivoiriens qui ont tenté de migrer vers l’Europe en partant de la grande ville de l’Ouest de la Côte d'Ivoire, Daloa. Si le phénomène a un peu ralenti aujourd’hui, il y a encore deux ans, ce sont des centaines de personnes qui tentaient chaque mois de prendre la très dangereuse route de la Libye dans l’espoir d’embarquer sur un radeau en direction de l’Italie. Des hommes, des femmes, et même des enfants, souvent seuls. Junior avait neuf ans quand il a tenté de rejoindre l’Europe avec le rêve de devenir ingénieur.

Junior a désormais onze ans et un regard d’acier. Dans son quartier, tout le monde le considère comme un petit génie de l’électronique. Quand il est parti, il n’avait que neuf ans. L’aventure a duré douze mois. Son âge ne lui a pas épargné la faim, la soif, les coups ou la captivité. Ni même d’assister à des meurtres pour rien ou presque. « Il y a le désert, pour le traverser aussi c’était dur. On peut venir là, prendre une lame, te tuer parce que tu as bu l'eau ou bien parce que tu as payé le pain et mangé. On peut arracher ton argent, prendre une lame, te tuer...  »

Un beau matin, Junior a volé l’argent que cachait son père et est parti sans le dire à personne. Direction l’Europe pour devenir ingénieur. « Si j'avais réussi, j'aurais pu aider ma famille, parce que j’ai des petits frères. Il y a beaucoup de mes amis qui sont partis, c’est pour ça que j’ai pris la route. Je peux partir, si je vois que ça ne va pas encore. Je peux retenter. Ou bien je prends une autre route, si je vois qu’il y a une autre route, je peux prendre ça. Ma famille n’a rien, je peux l'aider. »

« Tu partais pour aller faire quoi là-bas, à ton âge ? »

Vendeur de pneus rechapés, M. Amossa, le père de junior, a des yeux pleins d’admiration pour ce petit garçon qui lui a donné des mois d’angoisse. « Quand il est revenu, je lui ai demandé : "Tu partais pour aller faire quoi là-bas, à ton âge ?" Il m’a répondu qu’il partait pour développer sa connaissance. Comme lui-même, il aime faire les fabrications. S'il y a délestage, il y a des trucs qu’il fabrique, il donne à sa grand-mère et puis ça alimente la maison. Je ne sais pas comment il a fabriqué tout ça. Au début, c’est vrai, je lui ai dit de rester tranquille, de continuer son étude… S’il veut aller à l’aventure pour se chercher, ça viendra avec le temps. »

Père Bernard Fagnon

1930 - - 2019

...Bernard est né le 22 novembre 1930 à Paris. Son père, Charles était électricien, sa mère Germaine, couturière. Par la suite deux filles viennent compléter le foyer. En 1937, la famille déménage en banlieue parisienne, à Antony. Voulant répondre à une vocation missionnaire, en 1945, après quelques années au Lycée, Bernard gagne le Petit Séminaire des Pères Blancs à Saint Laurent d'Olt en classe de 4è, et continue au Séminaire de Bonnelles en 1946 pour les classes du second cycle. En 1950 il est à Kerlois en Bretagne pour la philosophie. Après son service militaire en Allemagne il rejoint en Algérie, le noviciat de Maison Carrée. Il est envoyé à s'Heerenberg aux Pays-Bas puis à Monteviot en Ecosse pour la théologie en anglais. Le 29 Juin 1958, il est ordonné prêtre à Bonnelles par Monseigneur André Dupont, évêque de Bobo-Dioulasso où Bernard vient d'être nommé.

Ses formateurs sont unanimes pour signaler chez lui " une nature très active, travaillant avec ordre et méthode, une volonté forte, énergique ; ce qui le caractérise c'est un grand dévouement ! "

Au Burkina Faso : Bernard arrive en Haute-Volta (qui deviendra le Burkina Faso en 1984). Il y est présent de 1958 à 2003, avec une interruption de 4 années pour l'animation missionnaire en France de 1965 à 1969. Il est aussitôt nommé professeur d'Anglais au Petit Séminaire de Nasso : à Monteviot on avait écrit : " il parle anglais couramment, mais avec un accent français assez fort ! " C'était suffisant pour une nomination de professeur, sans autre préparation. Il s'en tira d'ailleurs très bien ; il fut même choisi comme examinateur officiel lors des épreuves orales d'anglais au baccalauréat.

Tout son apostolat au Burkina fut axé sur la jeunesse. Il fut à plusieurs reprises professeur d'anglais au Petit Séminaire de Nasso, puis aumônier des Lycées et Collèges dans les différentes missions où il fut affecté : Bobo-Dioulasso, Toussiana, Tounouma, Orodara, Ban fora, Niangoloko. Grâce à sa connaissance du scoutisme pratiqué pendant sa jeunesse, de 1937 à 1945, il fut nommé aumônier national des Scouts et des Guides du Burkina. Les jeunes l'appréciaient beaucoup. C'est pourquoi, lors de son décès, certains qui résidaient dans la région parisienne ont tenu à venir assister à ses funérailles à Bry-sur-Marne. Vu son riche passé comme professeur et aumônier des jeunes, il s'intéressait surtout aux enseignants et aux élèves.

Pendant son séjour à Niangoloko, il entretint une correspondance régulière avec sa paroisse Saint Saturnin d'Antony pour les intéresser à la mission. Cela lui permit d'établir un jumelage entre les deux paroisses apportant un soutien financier appréciable aux œuvres de Niangoloko.

En France : En 2003, il est nommé en France pour prendre la responsabilité à Paris, de l'accueil à la rue Friant. charge à laquelle il ajouta plusieurs activités : la visite aux malades originaires du Burkina, l'accompagnement d'une équipe Foyer Notre-Dame, et un service de librairie qui lui permit d'envoyer plus de 1.000 sacs postaux de livres pour des communautés dans une douzaine de pays africains en particulier au Burkina, au Mali et en Côte d'Ivoire. Il assura aussi quelques petits travaux dans la communauté : poubelle, sacristie . . .

Il continuait à s'intéresser à la vie du Burkina grâce aux visiteurs de la maison d'accueil de Friant et à une correspondance suivie avec les confrères et les chrétiens du Burkina.

En septembre 2018, il arrive à la maison de retraite de Bry-sur-Marne. Sans attendre il prend quelques initiatives: l'entretien du parc, l'accompagnement de malades, l'acheminement du courrier… Malheureusement son séjour y fut très bref, interrompu brutalement par un incident à une station de métro (resté coincé dans un tourniquet) alors qu'il revenait d'une rencontre avec une équipe du Foyer Notre-Dame à Paris. Rentré à Bry, ne se sentant pas bien et après une visite aux urgences où rien ne fut diagnostiqué, les complications se sont très vite enchaînées. Amené en urgence à l'hôpital Mondor de Créteil, il y décède le 5 février 2019 après trois journées en réanimation.

Les funérailles de Bernard se sont déroulées dans notre chapelle à Bry avec la présence de ses deux sœurs et de son neveu. Le Père Michel Girard dans son homélie a brossé merveilleusement la personnalité de Bernard. L'ambassade du Burkina avait envoyé une nombreuse délégation. Dans son intervention, Madame la Consul a souligné l'œuvre de Bernard en faveur du Burkina pendant ses quinze années passées à Paris, ce qui lui a valu de recevoir la décoration du Mérite.

Il repose maintenant au cimetière municipal de Bry-sur-Marne, à côté des nombreux confrères qui l'y ont précédé. Dieu a pu l'accueillir avec joie en lui disant : " Bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton Seigneur ! "

François Jaquinod

Ce confrère qui a vécu la mission en Tunisie, en Mauritanie et au Mali, et qui était dans notre communauté de Billère en France, est décédé le 11 mars 2019

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Présentation du dernier livre écrit par le frère Emmmanuel Duprez, qui a passé tant d'années au Burkina Faso,et qui vient de rentrrer en France pour des raisons de santé fin février 2019. Cet article a été publié dans le dernier Mini-Lien du 1er mars 2019.

 

Frère Emmanuel Duprez

FRERE PARMI MES FRERES

ET L'AUTO-PRISE EN CHARGE

DES EGLISES EN AFRIQUE

 

Préface du Cardinal Philippe OUEDRAOGO

 

Ce livre est composé de trois parties.

La première c'est naturellement la poursuite du premier livre qui retraçait ma vocation de Frère Missionnaire et en gros mes 25 premières années en Afrique. Donc maintenant ce sont mes 25 autres années : soit six ans comme économe de France et seize ans comme économe de la Conférence Episcopale Burkina — Niger.

La deuxième partie, ce sont mes idées sur l'auto-prise en charge des Eglises en Afrique, sous entendu de l'Afrique de l'Ouest. C'est pour moi la partie la plus importante. J'ai tenu à la faire d'une façon concrète, pratico pratique, car déjà beaucoup en ont parlé mais sans trop toujours entrer dans le concret. Et c'est aussi pour moi, comme une sorte de testament, pas spirituel certes, mais retraçant une nouvelle étape de ma vie, avant ma vie de retraité qui j'espère sera longue, et pouvoir communiquer ainsi aux autres mes idées en ce domaine de l'auto-prise en charge, moi qui quasiment toute ma vie durant ai du gérer d'abord les finances d'un diocèse, soit mes vingt sept années sur Nouna, puis mes six années comme économe de France pour les Missionnaires d'Afrique et enfin mes seize années à la Conférence Episcopale.

Oui, cette auto-prise en charge aura été mon cheval de bataille de toute ma vie professionnelle, avec des réussites et des échecs malheureusement, et avoir pu rassembler ainsi mes idées et donc les partager avec tous ceux qui le souhaitent, cela me donne une profonde joie.

La troisième partie reprend une dizaine de mes lettres de fin d'année qui complètent à la fois l'histoire de ma vie et veulent montrer à bien des personnes l'importance de parler de sa vie, de son travail, de sa mission.

Mais il me doit de vous faire un petit mot sur la préface de mon livre, écrite par le Cardinal Philippe Ouédraogo, archevêque de Ouagadougou. Nous nous connaissons depuis longtemps. Il a écrit sa préface sous forme d'une lettre adressée à un ami.

Ce livre est pour le moment imprimé par l'imprimerie des « Presses Africaines » de l'archidiocèse de Ouagadougou, avec un premier tirage de deux mille exemplaires, qui seront largement distribués. Je n'en fais surtout pas une affaire commerciale, souhaitant seulement que beaucoup me lisent, même si tous ne seront pas d'accord avec moi, mais déjà de me lire et de ne pas être d'accord avec moi sera signe qu'ils y réfléchissent et apportent leurs contributions en ce domaine.

Alois Blatz, R.I.P.

Le Père Rudi Pint, Délégué Provincial du secteur d’Allemagne,
vous fait part du retour au Seigneur du Frère

Alois Blatz

le vendredi 22 février 2018 à l’hôpital St. Vinzenz à Cologne (Allemagne)
à l’âge de 73 ans dont 44 ans de vie missionnaire
au Mali, au Tchad, en Tanzanie, en RD Congo et en Allemagne.

Prions pour lui et pour ceux qui lui étaient chers.

Téléchargez ici l’annonce du décès du Frère Alois Blatz

Jalons de vie du Frère Alois Blatz

Alois est né le 15 août 1945 à Ober-Mörlen, dans le diocèse de Mainz en Allemagne. Il fut admis au noviciat des Pères Blancs (Missionnaires d’Afrique) le 2 février 1967 à Hörstel, en Allemagne. Il prononça son serment missionnaire temporaire comme « frère » le 10 août 1974 à Mopti, au Mali, puis son serment définitif le 9 mai 1976 dans sa ville natale de Ober-Mörlen.

19/09/1972 Centre d’Animation Rurale Tominian Mali
05/05/1974 Menuiserie + Mécanique Mopti Mali
01/09/1979 Etudes: Maître d’agriculture Würzburg Deutschland
14/07/1980 Travail avec Jeunes Mopti Mali
01/11/1980 Stage de langue Falaje CELA Mali
01/04/1981 Ateliers avec Jeunes Mopti, Paroisse Mali
24/03/1988 Nommé Econome Köln Deutschland
27/09/1988 Session-Retraite Jérusalem Israël / Palestine
01/01/1989 Suite année sabbatique Köln Deutschland
28/02/1989 Econome Köln Deutschland
01/07/1993 Nommé au Burkina Doiti, Diocèse Moundou Tchad
15/10/1993 Animation Ecole de Catéchistes   Tchad
01/09/1996 Sabbatical   Deutschland
10/01/1997 English Cursus >15.06 Dublin Ireland
29/10/1997 Session Midlife Roma Italia
19/05/1998 Child in the Sun Mbezi, Diocese Dar es Salaam Tanzania
01/07/1998 Nommé Tnz.(P.E.98/6)   Tanzania
03/06/2003 Retour   Deutschland
01/10/2004 Ecole de la Foi Fribourg Suisse
18/05/2005 Nommé (PE2005/06)   Deutschland
09/09/2005 Econome Goma, Foyer G.Ngongo RD Congo
25/10/2005 Nommé (PE 05/10)   RD Congo
01/07/2006 Econome Goma, Maison Lavigerie RD Congo
01/07/2012 Nommé PEP (PE 7/12)   Deutschland
01/07/2012 Accueil Köln Deutschland
22/02/2019 Retour auprès du Père Köln Deutschland

Sous-catégories

Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)