Témoignages

 

Côte d’Ivoire : comment Nady Bamba joue les intermédiaires en faveur de Laurent Gbagbo

| Par Jeune Afrique
L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et son épouse Nady Bamba s’expriment après une rencontre avec l’ancien président ivoirien Henri Konan Bédié dans le village de Bediekro, près de Daoukro, en Côte d’Ivoire, le 11 juillet 2021.
L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo et son épouse Nady Bamba s'expriment après une rencontre
avec l'ancien président ivoirien Henri Konan Bédié dans le village de Bediekro,
près de Daoukro, en Côte d'Ivoire, le 11 juillet 2021. © ISSOUF SANOGO/AFP

Nadiana Bamba, alias Nady, la compagne de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, multiplie les entretiens, notamment avec certains proches d’Alassane Ouattara. Jeune Afrique livre les détails de ce discret activisme.

Tandis que Laurent Gbagbo a annoncé son intention de créer un nouveau parti, sa compagne, Nady Bamba, est elle aussi active. En coulisses, elle a entrepris de multiplier les rendez-vous dans le milieu politique ivoirien, et notamment au cœur du pouvoir et des réseaux proches du président Alassane Ouattara.

Selon nos informations, Nady Bamba est régulièrement en contact téléphonique avec Adama Bictogo, le directeur exécutif du parti présidentiel, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Elle l’a en outre rencontré en personne au début du mois d’août à Abidjan, lui transmettant un message de Laurent Gbagbo sur la volonté sincère de l’ancien président de participer à un environnement politique apaisé.

Une prochaine rencontre avec Dominique Ouattara ?

Nady Bamba s’est également entretenue au téléphone avec la première dame, Dominique Ouattara. Selon nos sources, une rencontre discrète entre les deux femmes n’est pas exclue au cours des prochaines semaines. Le 18 juin, au lendemain du retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, Nady Bamba avait aussi contacté un proche d’Alassane Ouattara de la part de son compagnon afin de solliciter une audience auprès du chef de l’État.

Nady Bamba, dont les échanges avec l’omniprésent Adama Bictogo sont parfois mal perçus, à la présidence et auprès de certains pro-Gbagbo, souhaite surtout rassurer ses interlocuteurs sur les bonnes intentions de son compagnon. Mais ce dernier a également un autre dossier plus matériel en tête, à savoir le déblocage des indemnités d’ancien chef d’État dont il pourrait bénéficier.

Selon nos informations, la somme en jeu est estimée à plus de 780 millions de francs CFA. Alassane Ouattara, relancé à plusieurs reprises par Laurent Gbagbo lui-même ainsi que par ses émissaires, n’y est a priori pas hostile. Mais le chef de l’État préfère se donner du temps et décider en fonction des disponibilités budgétaires de la présidence.

Burkina Faso: le médaillé olympique Hugues Fabrice Zango accueilli en héros à Ouagadougou

Le Burkinabè Hugues Fabrice Zango en finale des Jeux olympiques de Tokyo 2021.

Accueilli comme un fils prodigue, Hugues Fabrice Zango, premier médaillé olympique de toute l'histoire du Burkina Faso, a atterri dimanche 8 août dans la soirée à Ouagadougou. Il est de retour de Tokyo où il a décroché le bronze sur le triple saut. 

Avec notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani

C'est aux cris de « Bravo Zango ! Bravo champion ! » que l'athlète burkinabè a été accueilli par des centaines de supporters et d'amis à l'aéroport international de Ouagadougou. Il a été accueilli par les officiels et il a eu le droit à un bain de foule. Il a salué la mobilisation autour de lui.

« Hugues Fabrice Zango Merci ! Nous sommes fiers d'être Burkinabè » était écrit sur la grande banderole installée à l'entrée du salon d'honneur de l'aéroport à l'occasion de son arrivée. De nombreux supporters étaient habillés dans des tee-shirts à l'effigie du médaillé de bronze et ont salué sa performance aux Jeux olympiques de Tokyo.

« Dire merci à un digne fils »

« Nous sommes là pour dire merci à Hugues Fabrice Zango. Nous sommes fiers de lui ! », lance une femme venue le féliciter. « Nous sommes là pour [lui donner ndlr] un accueil chaleureux et un accueil triomphal. Pour dire merci à un digne fils qui revient de Tokyo avec une médaille », scande un autre supporter. 

Malheureusement la fête a été ternie par l'attaque de deux villages dans la journée du 4 août, ce qui a poussé les supporters à ne pas organiser des animations sur place. Mais dans les prochains jours, le ministère des Sports prévoient une grande fête à l'honneur d'Hugues Fabrice Zango à Ouagadougou. Dominique Nana, le ministre des Sports a souligné que c’est avec une immense fierté que le Burkina Faso accueille cette médaille, dans un contexte sécuritaire tendu où le pays est endeuillé par les attaques terroristes.

►À lire aussi : Entretien - Hugues Fabrice Zango: « Je marque l’histoire du Burkina Faso aux Jeux »

Seydou Mamadou Coulibaly, le futur Patrice Talon du Mali ?

| Par - à Bamako
Mis à jour le 06 août 2021 à 12h23
Seydou Mamadou Coulibaly, à Bamako le 5 août 2021.
Seydou Mamadou Coulibaly, à Bamako le 5 août 2021. © Boubacar Diarra DFA Communication

Patron en vue dans les cercles économiques du Mali, souvent proche des pouvoirs, il a connu une carrière fulgurante. Au point de se voir aujourd’hui prendre la présidence.

À Hamdallaye-ACI, quartier d’affaires de Bamako, il est impossible de rater l’immense bâtisse bordée d’arbres sur la route qui mène à l’ambassade des États-Unis. C’est le siège de CIRA SAS (Conseil, ingénierie et recherche appliquée), un bureau d’études privé considéré comme l’un des meilleurs de la place. La réputation de discrétion de son patron, Seydou Mamadou Coulibaly, contraste avec le rayonnement continental de son entreprise. Mais aussi avec l’ambition présidentielle qui est la sienne, et dont il ne fait désormais plus mystère.

Depuis plusieurs mois, on ne compte plus les articles qui paraissent dans la presse locale. Les uns lui tressent des lauriers, les autres éreintent la figure du patron qui veut se lancer en politique. Il ne laisse, en tout cas, personne indifférent. Et dans le cercle proche de cet homme d’affaires qui a décidé, à 56 ans, de se tourner vers la politique, on ne boude pas son plaisir de voir ce « buzz » se construire autour du patron-candidat.

« L’exemple, c’est Talon »

Et tant qu’à assumer l’image du businessman devenu politicien, l’un de ses conseillers n’hésite pas à le comparer à Patrice Talon, l’ex-roi du coton devenu président du Bénin. « L’exemple, c’est Talon. Quand il s’est lancé, Patrice Talon a considéré que le moment était venu de mettre son génie au service de son peuple. C’est l’état d’esprit de Seydou Mamadou Coulibaly », confie ce proche de l’homme d’affaires.

Lorsqu’il nous reçoit dans son spacieux bureau, au deuxième étage du bâtiment d’Hamdallaye-ACI, Seydou Mamadou Coulibaly se montre sympathique, mais compte ses mots. L’homme est peu bavard, y compris sur son propre parcours. Pour se raconter, il se lance dans une longue plongée dans un passé pas si lointain, au début des années 1990. Jeune diplômé en génie civil – option hydraulique – de l’École nationale d’ingénieurs (ENI) de Bamako, Seydou Coulibaly, alors âgé de 33 ans, est chef de projets au sein de l’ONG Plan international, au Burkina Faso

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SON GROUPE RÉALISE AUJOURD’HUI UN CHIFFRE D’AFFAIRES GLOBAL DE 20 MILLIARDS DE FRANCS CFA

En septembre 1991, l’ambition chevillée au cœur, il lance son bureau d’études. Son camarade de l’ENI et associé, Lassina Diallo, en est le seul employé à temps plein. « Ce n’était pas forcément par vocation, se souvient Seydou Coulibaly. Les jeunes diplômés n’étaient pas recrutés dans la fonction publique, le secteur privé n’était pas assez développé. Les offres d’emploi exigeaient cinq ans d’expérience… Le seul moyen de nous en sortir, c’était de nous auto-employer. »

Réussite fulgurante

Le bureau d’études, devenu Groupe CIRA Holding SAS, qui a fêté ses 30 ans cette année, compte désormais plus de 1 100 collaborateurs de 16 nationalités. Aujourd’hui présent dans 26 pays en Afrique, le groupe réalise un chiffre d’affaires global de 20 milliards de francs CFA, en « prestations intellectuelles », précise Coulibaly, et soumissionne dans 30 pays dans les secteurs des infrastructures de transport, de l’hydraulique, du bâtiment…

Une réussite fulgurante pour ce natif de natif de Markala, à 35 km de Ségou, qui bénéficie dans la sphère économique d’une réputation d’homme d’affaires doté d’une intelligence stratégique supérieure. Et il semble que ce soit de famille. Dans sa fratrie, tous ont fait de brillantes études. Un de ses frères, Hamidou Coulibaly, passe pour l’un des meilleurs architectes du pays. Un autre, Alioune Coulibaly, est le directeur général de la Banque malienne de solidarité (BMS-SA).

Après un DESS en aménagements hydro-agricoles au Burkina Faso, Seydou Mamadou Coulibaly passera, lui, par l’École polytechnique de Lausanne et l’École nationale d’administration du Québec.

S’ensuit une irrésistible ascension dans le monde des affaires, qui l’amènera notamment à s’engager dans les instances paritaires, en tant que premier vice-président de l’organisation patronale malienne, alors présidée par Mamadou Sinsy Coulibaly.

« Ne pas regarder le pays se détruire sans réagir »

Mais Seydou Mamadou Coulibaly est un insatiable. Désormais, c’est vers la sphère politique qu’il tourne son regard. Après avoir déroulé son impressionnant CV, ce jour-là, il coupe d’ailleurs court à notre premier entretien : il doit partir sur l’heure rejoindre les militants du Benkan (Pacte citoyen), un mouvement politique lancé en avril dernier à Mopti.

Le choix de cette région pour lancer le mouvement est tout sauf anodin. C’était un moyen de « marquer sa solidarité avec les populations du Centre, terre de brassage communautaire et poumon économique du pays », explique un conseiller. « On n’est pas encore entré de plein pied dans la politique, précise ce proche. Pour l’instant, Benkan est une association politique et non un parti. »

Une association politique qui fait la part belle aux acteurs économiques. Parmi les vice-présidents du mouvement, on compte plusieurs noms bien connus dans le microcosme des affaires à Bamako : Amadou Sankaré, dit « Diadié », président du Conseil national du patronat et patron de SAER Group, Modibo Keïta (Novec Mali SA) ou encore Moustapha Diop (patron de DFA communication). Le bureau de Benkan compte aussi Oussouby Sacko, président de l’université japonaise de Kyoto Seika.

« Il s’agit d’un rassemblement d’hommes d’affaires enrichis à travers les marchés d’État et qui essaient de mettre la main sur l’appareil d’État », tacle le politiste Lamine Savané. « Quand on a le capital économique, il manque le capital politique. C’est ce qu’ils vont chercher. La technique, c’est de phagocyter les partis, affaiblis, à travers certaines sections. Il n’y a aucune base idéologique. L’argent pervertit le système démocratique », poursuit le chercheur.

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ON LUI PRÊTE UNE FORTE PROXIMITÉ AVEC IBRAHIM BOUBACAR KEÏTA ET SON FILS KARIM

Une union des hommes d’affaires pour prendre le pouvoir et défendre leurs propres intérêts ? Seydou Mamadou Coulibaly s’inscrit en faux : « Benkan est un groupe de personnes. Le premier groupe qui a réfléchi, ce sont des hommes d’affaires. Les grandes entreprises ne sont pas versées dans la politique, qu’elles considèrent comme une activité subalterne. Mais on se rend compte que les entreprises prospèrent dans un environnement qui sombre. Il faut s’organiser pour voir dans quelle mesure jouer notre partition dans le renouveau du Mali. » Selon lui, la « mal-gouvernance politique est le fond du problème au Mali », qu’il faut corriger pour « installer la confiance entre les acteurs ».

Les opérateurs économiques se sont réunis dans ce mouvement pour « ne pas regarder le pays se détruire sans réagir ». Et Seydou Mamadou Coulibaly d’ajouter dans un demi-sourire qu’il « laisse la porte ouverte à des politiques ». De fait, au cours de ces derniers mois, des personnalités politiques ont rallié le mouvement, parmi lesquels d’anciens ministres d’Ibrahim Boubacar Keïta tels que Moulaye Ahmed Boubacar – démissionnaire du Rassemblement pour le Mali (RPM, le parti d’IBK) – et Mohamed Moustapha Sidibé, ou d’anciens députés, comme Oumar Traoré.

Candidat en 2022 ?

Ces derniers mois, il se dit et s’écrit beaucoup de choses sur les liens de Coulibaly avec les cercles de pouvoir. « C’est ATT [Amadou Toumani Touré] qui l’a vraiment lancé. Il est devenu l’argentier. Il se disait qu’il travaillait avec l’argent d’ATT et de Lobbo », confie un homme politique. On lui prête également une forte proximité avec Ibrahim Boubacar Keïta et son fils Karim. « En réalité, il n’est proche de personne, c’est l’homme des dirigeants de l’heure », glisse notre source.

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SI LES HOMMES D’AFFAIRES ONT LES BONNES IDÉES, POURQUOI NE PAS LEUR CONFIER LA GESTION DU PAYS ? »

« Dans quel pays atteint-on ce niveau sans être proche des hommes au pouvoir ? Il a été proche d’ATT, d’IBK et d’autres hommes d’État d’autres pays », rétorque Moulaye Ahmed Boubacar, l’un des vice-présidents de Benkan. Ce dernier affirme juger Seydou Coulibaly en « fonction de ses qualités d’homme de gestion ». « Il a la conviction que nous avons juste un problème de gouvernance politique, et offre un autre cadre, différent de celui des partis politiques. Si les hommes d’affaires ont les bonnes idées, pourquoi ne pas leur confier la gestion du pays ? »

« L’homme d’affaires est toujours conscient de ses limites. Ils auraient pu rester entre eux. Cette volonté de s’ouvrir montre qu’ils vont avoir besoin de compétences externes. Ils n’ont pas la prétention de venir changer les choses avec des recettes d’une entreprise », ajoute Moulaye Ahmed Boubacar. Coulibaly, dont on dit qu’il a aussi ses entrées auprès des chefs d’État de la sous-région, sera-t-il candidat à la présidentielle prévue pour 2022 ? « Il y aura un candidat de notre mouvement. Il appartient aux adhérents et à l’organe politique de décider qui ce sera », se contente-t-il de répondre.

Jeux olympiques: Hugues Zango offre au Burkina Faso une médaille historique

Le Burkinabè Hugues Fabrice Zango en finale des Jeux olympiques de Tokyo 2021.
Le Burkinabè Hugues Fabrice Zango en finale des Jeux olympiques de Tokyo 2021. REUTERS - ALEKSANDRA SZMIGIEL

Hugues Fabrice Zango est entré dans l’histoire du sport du Burkina Faso, ce 5 août aux Jeux de Tokyo. Le Burkinabè a offert la toute première médaille olympique de son pays en glanant le bronze en triple saut, derrière le Portugais Pedro Pichardo et le Chinois Yaming Zhu. 

De notre envoyé spécial à Tokyo, et avec notre correspondant à Ouagadougou, Yaya Boudani

Ce n’était pas la médaille dont il rêvait. Pourtant, elle est historique, car inédite pour le Burkina Faso. Ce 5 août 2021 à Tokyo, Hugues Fabrice Zango est entré dans la légende du sport burkinabè en décrochant la toute première médaille de son pays aux Jeux olympiques. Le triple sauteur a pris le bronze lors de la finale des JO 2021.

Crispé, comme en qualifications, l’athlète de 28 ans a d’abord bondi à 15 mètres 91 et 16 mètres 93. Des marques très éloignées de son record d’Afrique en extérieur (17 mètres 82). À sa troisième tentative, Hugues Fabrice Zango a atterri à 17 mètres 47. Il ne fera pas mieux ensuite (17 m 31 et 17 m 43). Malgré la menace que font peser ses poursuivants – l’Algérien Yasser Triki, notamment, finit 5e – le Burkinabè s’accroche au podium. Il termine derrière le Portugais Pedro Pichardo (17 m 98) et le Chinois Yaming Zhu (17 m 57).

Comme aux Championnats du monde 2019, Hugues Fabrice Zango finit troisième. Du bronze qui vaut de l’or pour le pays des hommes intègres. 

► Tokyo 2021 : Calendrier des épreuves, résultats, tableau des médailles

À Ouagadougou, les Burkinabè ont veillé pour suivre la performance de leur compatriote.

Entre inquiétude et encouragement, les Burkinabè ont cru en leur chance jusqu’à la fin de la compétition.

C’est dans la famille de l’athlète que des amis et journalistes ont suivi la compétition.

Sénégal : le Dakar culturel d’Aïsha Dème

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Par  Aïsha Dème

Cofondatrice du site web AgenDakar, directrice de Siriworo, agence d'ingénierie culturelle

Le centre culturel Guédiawaye Hip-Hop (GHipHop), en banlieue de Dakar, en novembre 2020.
Le centre culturel Guédiawaye Hip-Hop (GHipHop), en banlieue de Dakar, en novembre 2020. © Guillaume bassinet pour JA

Figure emblématique de la scène culturelle, la cofondatrice du mythique site agendakar.com, désormais directrice de l’agence Siriworo. passe en revue les lieux incontournables de la capitale.

C’est en 2009 que j’ai « basculé » dans la culture, en cofondant agendakar.com. Je l’ai quittée depuis, mais cette plateforme d’information a apporté une nouvelle manière de rendre la culture accessible, en particulier aux jeunes. À Yoff, l’un de mes lieux préférés est le « Village des arts », qui date de la présidence d’Abdou Diouf. Beaucoup de nos grands artistes y sont passés ou y œuvrent encore. J’adore me promener dans leurs ateliers, discuter avec eux,  les voir travailler…

Le cœur de la Médina abrite quant à lui une maison-galerie bouillonnante d’idées et de projets, l’Espace Médina, où l’on croise aussi nombre d’artistes, dont les disciples du défunt Joe Ouakam, mais aussi Selly Raby Kane, Douts ou Pascal.

Culture du partage

Outre le musée des Civilisations noires, près du centre-ville, et le musée Théodore-Monod d’art africain, que je fréquente assidûment, j’apprécie les rencontres amicales – expos, soirées gastronomiques… – que le photographe Antoine Tempé organise dans son loft, sur la terrasse d’un immeuble situé à la hauteur de la Médina.

J’ai aussi un faible pour la Raw Material Company, désormais installée Zone B. Sous l’impulsion de Koyo Kouoh, ce centre pour l’art contemporain est ancré dans la culture du partage : il invite de grands artistes de toutes origines, organise des résidences pour des jeunes en formation… En ce moment, sa bibliothèque – très fournie – accueille la Reading Room, une installation sur l’activisme au Sénégal.

Autres lieux de superbes expositions : Waru Studio, l’atelier de la cinéaste Fatou Kandé Senghor, à Mermoz-Sacré-Cœur, et la galerie OH d’Océane Harati, au Plateau, qui travaille avec Le Manège, la galerie dépendant de l’Institut français, où je me rends depuis mon plus jeune âge.

Scènes et salles obscures

Côté musique, j’adore la Cave de l’hôtel Djoloff (rue Nani-Fann-Hock). Réputé pour son acoustique, ce club de jazz a été décoré par des artistes et artisans sénégalais. Mais, pour moi, les meilleurs concerts restent ceux du Théâtre de verdure de l’Institut français (dont mon dernier avant la Covid, avec un Wasis Diop magistral).

Sans oublier la scène slam, très active à Dakar, dans le sillage des « Vendredi Slam », un projet initié par Diofel, que j’avais rejoint dès l’origine, en 2009. Nous y avons accueilli Souleymane Diamanka, Grand Corps malade… Beaucoup de collectifs de slameurs sont nés depuis lors, de la banlieue dakaroise à la Casamance.

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LE COMPLEXE OUSMANE SEMBÈNE S’EFFORCE DE METTRE EN VALEUR LE CINÉMA AFRICAIN, PAS SEULEMENT LES BLOCKBUSTERS

Le cinéma n’est pas en reste. Ces dernières années, les réalisateurs sénégalais ont remporté des prix prestigieux au Fespaco comme au festival de Cannes. À Grand Dakar, le centre culturel Yennenga forme les jeunes aux métiers du septième art, sur une initiative du réalisateur Alain Gomis. Et les salles locales, comme le complexe Ousmane Sembène (près du Magic Land), s’efforcent de mettre en valeur le cinéma africain, pas seulement les blockbusters internationaux.

Actuellement, je finalise Dakar, nid d’artistes (éd. Malika), un livre qui rend hommage aux artistes qui font vibrer notre capitale. À travers une série de promenades, ils évoquent, à leur tour, les lieux fétiches de leur Dakar.

Sous-catégories

Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)