Guinée: marée rouge à Conakry pour protester contre le président Condé

Les manifestants sont descendus dans les rues de Conakry, jeudi 7 novembre, à l'appel du FNDC, qui regroupe l’essentiel de la société civile et de l’opposition politique.
© CELLOU BINANI / AFP

Une nouvelle manifestation à l’appel du Front national de défense de la Constitution (FNDC) a déferlé dans la capitale guinéenne, jeudi, pour protester contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé.

Une foule impressionnante et colorée de rouge a parcouru la dizaine de kilomètres séparant le rond-point de la Tannerie de l’esplanade du Stade du 28-Septembre, jeudi. Les bras se lèvent à perte de vue lorsque retentit l’hymne national. L’esplanade, le point d’arrivée de la marche, n’est visiblement pas assez grande pour contenir cette foule venue manifester une nouvelle fois contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé.

Les principaux leaders de la société civile et de l’opposition, ovationnés, prennent malgré tout la parole. Sidya Touré fait observer une minute de silence en la mémoire des victimes des dernières manifestations, avant d’exiger la « libération immédiate » des leaders du Front national de défense de la Constitution (FNDC) condamnés fin octobre à des peines de prison ferme.

« Alpha Condé a perdu la raison »

« Alpha Condé a perdu la raison, lance Cellou Dalein Diallo, mais nous lui ferons tout de même comprendre que la Guinée ne veut pas de troisième mandat ».

« Il doit renoncer à ce projet machiavélique », conclut Foniké Menguè, coordinateur du FNDC. « Nous allons continuer ce combat jusqu’à la victoire finale ».

Les images aériennes – fournies par l’opposition – sont édifiantes : on y voit une véritable « marée rouge », la couleur du FNDC, envahir les rues de Conakry. « Nous ferons encore mieux la semaine prochaine », promettent les organisateurs. Dans la soirée, les organisateurs ne disposaient pas de chiffres concernant la participation, mais ils étaient certainement plus nombreux que lors de leur dernière marche, le 24 octobre dernier.

De son côté, dans un communiqué, le gouvernement s'est « félicité du professionnalisme des agents des forces de l’ordre déployés tout au long du parcours », sans donner cette fois aucun chiffre sur la mobilisation. D’importantes manifestations ont également eu lieu dans les villes de Mamou et Boké, dans l’intérieur du pays.