Histoire

Nigeria: Funmilayo Ransome-Kuti, une Yoruba fière et sans peur

Funmilayo Ransome-Kuti.
Funmilayo Ransome-Kuti. © CC-BY-SA-3.0/Unesco

Funmilayo Ransome-Kuti était la première figure féministe du Nigeria pendant la première moitié du XXe siècle. Leader politique, elle s'est levée contre les injustices faites aux femmes de sa région avant d'œuvrer à l'indépendance de son pays. Mariée à un enseignant et révérend anglican, Funmilayo Ransome-Kuti s'affranchit des conventions de l'époque. Elle devient un personnage public tout en élevant ses quatre enfants, dont le fameux musicien et chanteur Fela.

« Savoir se faire respecter. » Ce slogan résume la vie de Funmilayo Ransome-Kuti. Née en 1900, cette Yoruba est la première fille de la colonie du Nigeria à être scolarisée. Après des études en Angleterre, Funmilayo Ransome-Kuti lance les premières organisations politiques féminines. Pour Nike Ransome-Kuti, sa grand-mère reste un modèle. « Je crois qu'elle était féministe mais pas dans le sens le plus moderne. Vous savez qu'elle était juste une femme et chez le Yoruba, les femmes sont des personnalités très fortes. Ma grand-mère était un personnage fort. Elle était disciplinée, courageuse, forte d'esprit et avec une volonté de fer. Elle était prête à mourir pour ses idées. »

Funmilayo Ransome-Kuti dénonce la taxe spéciale frappant les vendeuses du marché de sa ville Abeokuta. Décembre 1947, à la tête de dizaines de milliers de femmes, Funmilayo assiège le Palais de l'Alake, le chef traditionnel. Oba Ladipo Ademola II abdique malgré le soutien des Britanniques. « Dans la culture traditionnelle Yoruba, vous vous agenouillez pour saluer une personne âgée, poursuit Nike Ransome-Kuti.. Si vous êtes une femme ou si vous êtes un [jeune] homme, vous êtes censé vous allonger sur le sol. On appelle ce geste "Idobale". Elle était contre. Et elle m'avait dit à l'époque qu'elle ne s'agenouillait devant personne parce qu'elle estimait que nous étions tous égaux, et se prosterner était une façon de se soumettre à la volonté de quelqu'un. »

La voix de Funmilayo Ransome-Kuti a du poids. Grâce à elle, les Nigérianes obtiennent le droit de vote en 1951. Puis le Nigeria acquiert son indépendance en 1960. En 1977, son fils, le chanteur Fela, défie la dictature d’Olusegun Obasanjo. 1 000 soldats encerclent puis attaquent la maison familiale des Kuti. Funmilayo est molestée puis défenestrée du deuxième étage du bâtiment. La matriarche succombe à ses blessures l’année suivante.

« Lors de la levée de son corps, il y avait des centaines de personnes à la morgue, raconte Yeni Lawson Kuti, la fille aînée de Fela. Moi, je pensais que c'était à cause de mon père. Mais quand nous sommes arrivés à Abeokuta, les vendeuses du marché étaient toutes debout, elles patientaient devant les portes d'Abeokuta. Elles furent des milliers, des milliers à marcher et accompagner le cercueil de ma grand-mère jusqu'à l'école où s'est tenue la veillée funéraire. »

L'Église catholique et les défis de son temps au Mozambique


José Pampalk dans le webinaire de l’institut IESE à Maputo le 15.7.2021
Merci à l'IESE, au professeur Eric Morier-Genoud et au père Joâo de Deus Bukuru d'avoir rendu possible ce webinaire, si riche de sens et de promesses. Un merci spécial à tous les Pères Blancs qui en 1971 ont pris cette décision commune et en particulier aux prophètes défunts, toujours pas encore reconnus, le Superieur Général Père Theo van Asten et l'évêque Msgr. Manuel Vieira Pinto.

I. (Dans le passé - églises d'état et églises prophétiques)


L'ordre d'expulsion nous a été transmis le 25 mai 1971, avec l'obligation de prévenir les confrères des missions de brousse. Le 26 mai, j’ai fait en van les 500 km à Lundo et entre Tambara et Lundo j'ai fait une rencontre inoubliable avec une vieille inconnue : quand elle a entendu parler du motif de mon voyage, elle répondait: „il y a deux façons de se laver le visage : en le frottant avec les mains de haut en bas ou - de bas en haut, c'est-à-dire en ouvrant les yeux, comme je le ferai désormais !“Ce webinaire-ci est le moment de vérité, notre défi et notre kairós. Aujourd'hui est le grand jour pour faire ce que dit cette vieille dame : se frotter le visage de bas en haut, ouvrir les yeux et - sans accuser les autres - prendre sincèrement conscience du fait que nous parlons ici de différentes manières historiques de comprendre l'église.Même le Pape François a admis (lors de son 80ème anniversaire en décembre 2016) qu'il est confronté quotidiennement à ces mentalités opposées dans l'église
- une seule église, qui cherche à suivre les traces de Jésus de Nazareth et
- une autre église, attachée aux anciens rois de Constantinople, qui imite les princes féodaux qui monopolisent tout le pouvoir, se placent au-dessus du peuple et lui coupe la parole.Le défunt artiste Alberto Chissano a exprimé cette réalité avec la sculpture (photo !) intitulée "Qui me coupe les lèvres (qui me coupe la parole) ?". Le peuple Nyungwe exprime la même réalité avec le conte "les oiseaux et la tortue", (que je résume : en temps de famine, les oiseaux ont décidé de voler vers les montagnes et de demander de la nourriture à leurs proches. La tortue voulait partir avec eux, mais comme elle ne savait pas voler, elle demanda à chaque oiseau une plume pour se faire des ailes et pouvoir voler. Les proches des oiseaux leur ont généreusement apporté leur aide. Mais sur le vol de retour, la tortue réclama la présidence et toute la nourriture pour elle avec une telle obstination et intimidation, que finalement chaque oiseau lui arracha la plume qu'il avait empruntée, zash, la tortue tomba à terre et sa carapace se brisa...).Les arts plastiques et lyriques illustrent ainsi notre situation actuelle et montrent comment dans la manière du ‚leadersip‘, tant religieuse que politique, les eaux se divisent.

J'illustrerai ces différentes façons de voir par quelques exemples quotidiens de l'époque :

- En 1967, lors de l'ouverture du Centre de formation à Inhamizwa-Beira, nous avons cherché un nom pour le lieu et avons choisi "Nazareth", explicitement pour nous guider sur les traces de Jésus qui, dans l'Évangile de Luca 4:18, dit "l'Esprit m'a envoyé porter la bonne nouvelle aux pauvres, rendre la vue aux aveugles et la liberté aux opprimés".

- Mais en mai 1971, lorsque nous avons protesté contre le fait que l'église continue à s'allier aux injustices coloniales, le président de la Conférence épiscopale et évêque de Quelimane, Francisco Nunes Teixeira, a qualifié cette position de contraire à l'Evangile. Et le ministre des affaires étrangères du Portugal a traité notre Père Général Theo van Asten de rassiste, pour ne pas vouloir que les noirs deviennent des portugais, selon le Patronage Papal de 500 ans et le Concordat de 1940.

Combien l'Évangile a été chamboulé et instrumentalisé, j'ai découvert dans les expériences avec les évêques de cette époque :

- 1965 à Mutarara après le début de la guerre d'indépendance, l'évêque de Tete demand à la mission de Charre d’ouvrir une école à la frontière avec le Malawi. Peu après, notre catéchiste Francisco Siri a été arrêté par la PIDE. J'ai pris le train pour Tete et j'ai parlé à l'évêque Felix Niza Ribeiro pour faire libérer le catéchiste innocent. Au terme d'une conversation sérieuse et calme, il est apparu clairement : dans une situation aussi injuste, ne rien faire - cela signifierait que l'Église se place du côté de l'oppresseur. L'évêque a compris, mais il s'est mis à pleurer devant moi et - n'a rien fait.

En 1967, après la mort de Mgr Sebastiâo Resende, Mgr Manuel Ferreira Cabral est arrivé à Beira, sans connaître grand-chose de l'Afrique ni du Concile. J'ai eu l'occasion de le conduire de Chimoio à Beira et de lui parler pendant deux heures du plan de Nazareth visant à former des couples responsables de communautés chrétiennes. Quand, à la fin du voyage, le nouvel évêque est descendu de la voiture, il a répété son mythe du Luso-tropicalisme.

En 1969, lors d'une semaine pastorale à Maputo, alors que j'étais hébergé à l'archevêché, le vicaire général, le chanoine Nogueira, m'a dit que l'archevêque et le PIDE espionnaient les séminaristes de Namaacha, je cite littéralement "nous donnons à ces ânes de la paille à manger, jusqu'à ce qu'ils éclatent". Au cours des années suivantes, le même archevêque Custodio Alvim Pereira a nié à plusieurs reprises les massacres commis par les troupes coloniales, affirmant que les rapports de Mocumbura, Wiriyamu ou Inhaminga avaient été inventés par des missionnaires étrangers.

Tout ceci illustre la manière dominante de voir l'église à l'époque. Bien sûr, il y avait aussi d'autres façons de voir les choses, il fallait donc qu'il y ait un conflit. Parce qu'au lieu d'être un réseau de communautés inspirées et unies par l'Évangile et responsables du bien d'autrui, l'Église catholique est devenue l'Église de l'État, les évêques étant choisis et payés par le gouvernement, donc plus liés à lui qu'au peuple adulte mais opprimé, et soupçonnant les missionnaires d'être des traîtres, lorsqu'ils utilisaient les langues locales ou avaient l'audace de critiquer les injustices et de défendre les victimes.

Comme ces missions dépendaient du Secrétariat d'État du Vatican, qui avait une vision féodale similaire de l'Église et était liée au Concordat, toute protestation devait être adressée à la fois aux évêques et à la Curie Romaine, qui préférait le status quo et ne voulait pas agir malgré de nombreux avertissements - bien que Paul VI ait parlé du droit des peuples à l'autonomie. Finalement, le P.Theo van Asten, donne au Cardinal Villot un délai de trois mois et, comme rien ne se passe, il prend la décision historique du retrait des Pères Blancs et la publie le 15 mai 1971.

Dans la mentalité absolutiste évoquée plus haut, le cardinal Villot a pris cela comme une offense et a blâmé personnellement le père van Asten. Même en 1974, lorsqu'il a terminé sa fonction de supérieur et qu'il devait prendre la direction du nouveau secrétariat de liaison entre l'union des supérieurs généraux et la conférence panafricaine des évêques, la Curie s'y est opposée. Dans ses mémoires "le Maverick", le Père Theo van Asten dit avoir été rejeté par l'Eglise...

Il n’était par surprennant qu'après sa victoire, les mouvements de libération de l'Angola, du Mozambique et de la Guinée, aient adopté à l'égard de l'église une attitude correspondant à l'attitude non-évangélique - comme ils en avaient averti le Pape Paul dans une lettre en 1969...

Mais l'institution hiérarchique n'a jamais admis une erreur, ni reconnu avoir collaboré avec le colonialisme. Au Mozambique, aucun évêque ne s'est excusé de son silence, comme l'a fait l'archevêque du Cap, Stephen Brislin, 20 ans après la fin de l'apartheid. Si nos dirigeants n'ont pas le courage et la grandeur d'admettre leurs erreurs - n'est-ce pas au détriment de leur crédibilité ?

Lorsque Mgr Manuel Vieira Pinto a été expulsé de Nampula, 11 jours avant le 25 avril 1974 (putsch militaire), aucun autre évêque au Mozambique ni au Portugal n'a eu le courage de protester...

Lorsque des campagnes et des menaces ont été menées contre l'evêque Luiz Fernando de Pemba ces dernières années, quelle a été la voix d'un évêque en sa faveur ou pour le défendre ???

Et le Vatican ? Avant 1974 avait-il nommé un évêque africain? Mais après que les anciens évêques aient fui le pays, il y en avait soudainement une douzaine. Un grand progrès, oui, - mais cela ne sent pas l'opportunisme ! Le seul changement de couleur suffira-t-il à regagner la crédibilité aus yeux ouverts de la célèbre vieille dame de Tambara ?

Une femme chrétienne disait "le sanglier n'est pas dupe du son" et exigeait de l'église, de remplacer la vieille mentalité impériale-autocratique par une nouvelle mentalité et de se mettre franchement du côté du peuple souffrant injustement et engagé pour la justice, tant en 1971 comme en 2021.

II. Au présent : témoignage de laïcs relevant les nouveaux défis


Quel est le défi d'aujourd'hui ?
N'est-ce pas détecter et reconnaître l'influence continue des anciennes façons de voir (cf. message nostalgique d'une métropole lors de la consécration d'un évêque à Tete en 2019)? N'est-ce pas opter pour une nouvelle vision créative de l'Église, basée sur des communautés identifiées au bien du pays et responsables du développement commun, unissant leurs efforts avec un plein droit de parole et dépassant ainsi désespoir, peur, et surtout faim des uns et „cabritismo“-courruption des autres?

Vous avez été témoins en février de cette année 2021 de l'expulsion - "transfert" - de Mgr Luiz Fernando de Pemba vers le Brésil. Ceux qui devaient parler sont restés silencieux, mais une vingtaine d'organisations de la société civile ont exprimé publiquement leur solidarité...

Lorsque les Pères Blancs ont été expulsés en 1971, des prêtres et surtout les laïcs ont réagi en :

1) en assumant pleinement leur responsabilité d'être l'Église dans chaque lieu et

2) prennant courageusement conscience de leur mission prophétique, auparavant niée ou occultée.

Et vous-mêmes connaissez certainement dans toutes les paroisses des couples-témoins, je me réfère à certains, en particulier les catéchistes et les anciens des communautés de base, par exemple :

À Gorongosa : spécialement Celestino Sacaune ; à Murraça : Gonçalo Phumbe, Lucas Bizeque et Baptista Mavava ; José et Rosa Njinga à Inhaminga ; Joâo Sozinho et Maria Imaculada à Lundo et Marromeu ; à Dombe Sebastiâo et Matilde ; à Charre Francisco Siri, Mateus Tomucene et Beatriz ; à Inhangoma : Joaquim ; à Moatize Fortunato ; à Coalane : Maulana ; à Nauela : Manuel Pereira et Maria da Luz. ..

Et plus récemment : Cipriano, l'ancien de la communauté de Matibane à Nampula, tué pour sauver la secrétaire du village ou à Pemba Damiâo Tangassi l'enseignant de Matambalale, décapité en novembre 2020....

Ces personnages exemplaires démontrent qu'ils se sont identifiés à leur peuple et que ‚Justice et Paix‘ font partie et sont une tâche essentielle des églises, qui ne se limitent pas seulement à leurs affaires religieuses, sans les relier aux droits de l'homme.

En outre : les communautés de base ont servi de levain et ont dynamisé la société civile, encourageant les paysans dans les unions de district et de province, ou les femmes et les activists dans les quartiers et dans les municipalités, donnant soutien et courage aux journalistes...

III. L’Avenir : s'appuyer sur vos potentiels et sur la solidarité mondiale

D. Sebastiâo a écrit en 1958 la lettre pastorale "Le Mozambique à la croisée des chemins".

Cette année 2021 est le lieu et le moment où les chemins se croisent ! Nous sommes confrontés à une grande crise. Nous devons " choisir entre deux chemins " (photo ! livrets de la collection du CJPI de Beira 2017) et choisir entre deux mentalités !

Face à ce choix entre deux voies, nous ne sommes pas seuls ou isolés :

Le Pape François appelle à un processus synodal à travers le monde, en commençant maintenant dans chaque diocèse du pays jusqu'à arriver en l'an 2023 au synode épiscopal mondial : il dit ouvertement que le vieux centralisme hérité nous éloigne de l'Évangile, la vieille mentalité féodale-autocratique, sans participation authentique, s'oppose à notre coresponsabilité commune pour ce monde, le nôtre et celui de nos petits-enfants !

Permettez-moi "tutti fratelli", frères et sœurs, de vous souhaiter deux choses inébranlables:

(1) la fierté et la gratitude pour ce que vous avez déjà accompli et

(2) la confiance pour ce que vous allez encore réaliser ensemble !

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(PS : commentaires de l'auteur pendant le débat)

En temps de danger, on a tendance à se retirer dans une église spiritualiste qui ne pense qu'à survivre. Deuxièmement, les guerres, avec leurs conséquences néfastes, ont favorisé les aspects caritatifs, basés sur une puissante assistance sociale venant de l'extérieur, par le biais de Caritas international, tandis que la mission prophétique de l'église et l'autonomisation et la vitalité des organisations de la société civile ont été moins privilégiées et prises en charge.

(Cf. les conséquences désastreuses pour les dirigeants politiques, lorsque la Banque mondiale a imposé la privatisation d'entreprises d'État et a accordé à cette fin des crédits aux dirigeants.... )

L’œcuménisme chrétien trop faible, les anciens évêques considéraient les protestants comme une monnaie d'échange à entraver, à discriminer moins parce qu'ils étaient hérétiques que parce qu'ils étaient contraires aux intérêts de l'empire, parce qu'ils formaient des personnes responsables - donc suspectées de favoriser l'indépendance. Étant moins attachées à l'ère coloniale, ces églises n'avaient pas tant d'erreurs à reconnaître et ont vécu la transition politique avec plus d'autosuffisance.

Ainsi, ces églises non-catholiques ont eu une expérience différente, leur condition et leur langage étaient différents après l'indépendance, bien que l'idéologie et la rhétorique marxistes, sans faire de distinction, accusaient tout le monde, et pas seulement les catholiques, d'obcurantistes et de réactionnaires.

Mais une mentalité et une structure claires de solidarité entre les églises chrétiennes faisaient défaut dans les communautés et dans les élites des églises. Il ne s'agit pas encore d'une longue tradition. La souffrance actuelle de la population exige une collaboration sérieuse et pratique, d'abord entre les églises chrétiennes, ensuite avec les musulmans et toutes les religions (la guerre dans le Nord appelle d'urgence une nouvelle collaboration, initiée par l'evêque catholique de Pemba Luiz Fernando Lisboa et l'évêque anglican de Niassa, Ernesto Manuel).

 

José Pampalk (Vienne, Autriche)

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Algérie-France : où en est le rapport d’Abdelmadjid Chikhi sur la période coloniale ?

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Mis à jour le 16 août 2021 à 09h02
Abdelmadjid Chikhi à Alger, en août 2020

Plus d’un an après la nomination du chargé des mémoires algérien, toujours aucun rapport sur le bureau d’Abdelmadjid Tebboune.

« Dommage, c’est tout ce que je peux dire ! » Lors d’une conférence en juillet dernier sur les coulisses de son rapport sur la réconciliation des mémoires entre la France et l’Algérie, l’historien français Benjamin Stora a confirmé l’absence de relations avec son confrère Abdelmadjid Chikhi et a regretté le silence de ce dernier.

Chargé en juillet 2020 par Emmanuel Macron de « dresser un état des lieux juste et précis » sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie, Benjamin Stora a rendu ses travaux en janvier 2021. Nommé à la même période par Abdelmadjid Tebboune au poste de conseiller chargé des archives et de la mémoire, et censé entreprendre une mission du même type, Abdelmadjid Chikhi n’a en revanche pas remis de rapport au président algérien pour le moment.

« Je ne sais pas ce qu’il se passe »

En octobre 2020, Abdelmadjid Chikhi avait indiqué à l’agence de presse officielle APS que le travail bilatéral sur la restitution des archives algériennes transférées en France « n’[avait] pas encore débuté du fait de la propagation de la pandémie Covid-19 » mais avait réaffirmé la volonté politique de faire avancer ce dossier de part et d’autre de la Méditerranée. Mais dix mois plus tard, « je ne sais pas du tout ce qu’il se passe du côté algérien, affirme Benjamin Stora, contacté par Jeune Afrique. Je suis les déclarations dans la presse. »

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IL AVAIT DÉFRAYÉ LA CHRONIQUE EN AFFIRMANT QUE LES TROUPES COLONIALES FRANÇAISES AVAIENT EXTERMINÉ LES ALGÉRIENS LETTRÉS

Selon une source élyséenne, le suivi de la mise en œuvre des préconisations du rapport Stora se fait « en lien étroit avec l’ambassade de France à Alger et son service culturel ». Certains dossiers, comme celui de l’ouverture des archives sur la guerre d’Algérie ou celui de la restitution des restes humains, sont gérés par des commissions d’experts des deux pays. Une réunion du groupe de travail chargé du dossier des essais nucléaires – qu’Emmanuel Macron a remis sous les projecteurs en déclarant que la France avait une dette envers la Polynésie – a d’ailleurs eu lieu les 19 et 20 mai derniers, sans toutefois que la teneur de leurs échanges et l’identité des experts rassemblés ne soient communiqués.

Certaines autres préconisations ne nécessitent en revanche pas de coopération avec l’Algérie, notamment la création d’un musée de l’histoire de la France et de l’Algérie, pour lequel la ville de Montpellier s’est proposée.

Rapport « franco-français »

Alors que l’année 2022 marquera les soixante ans des accords d’Évian qui mirent fin à la guerre d’indépendance algérienne, les questions de mémoire entre Paris et Alger sont toujours aussi sensibles. Différentes déclarations d’Abdelmadjid Chikhi le montrent bien. Celui qui avait défrayé la chronique en mars dernier en affirmant que les troupes coloniales françaises avaient exterminé les Algériens lettrés a qualifié le rapport Stora de « franco-français ». Il a aussi déclaré que « la France coloniale a œuvré pour répandre l’analphabétisme en Algérie ».

Réputé intransigeant, Abdelmadjid Chichi réclame la restitution de toutes les « archives nationales détenues par la France ». En octobre 2020, interrogée par le site d’information français Mediapart, Karima Dirèche, directrice de recherches au CNRS, voyait sa nomination comme une démonstration du manque de volonté de l’Algérie d’ouvrir les archives. « Il est le prototype de l’apparatchik, la caricature de l’oligarque qui n’a aucune envie de débattre de l’état historiographique avec les Français », estimait cette spécialiste du Maghreb.

« Nous souhaitons que les deux historiens accomplissent leur travail dans la vérité, la sérénité et l’apaisement », avait pourtant déclaré le président Tebboune à la télévision algérienne le 19 juillet 2020, au moment de la nomination de son conseiller.

Le Tchad accède à l’indépendance le 11 août 1960 avec François Tombalbaye

Photo non datée de François Tombalbaye, le premier président tchadien, à Ndjamena.
Photo non datée de François Tombalbaye, le premier président tchadien, à Ndjamena. © AFP Photo

Le parcours du Tchad pour accéder à la souveraineté nationale ressemble à celui de plusieurs autres colonies françaises d'Afrique, celui d'une entente avec la puissance coloniale. Le Parti progressiste tchadien (PPT) de Gabriel Lisette, puis de François Tombalbaye, y joue un rôle central. 

Le 11 août 1960, sur le perron de l’hôtel de ville de Fort-Lamy, François Tombalbaye, Premier ministre prononce le discours d’indépendance du Tchad aux côtés d’André Malraux, représentant du général de Gaulle et de la France. Dans la cour de l’hôtel de ville, les convives composés essentiellement de l’élite locale, des fonctionnaires, des politiciens, notables et commerçants assistent debout au discours quand, soudain, une coupure d’électricité survient. L’ancien Premier ministre Alingué Jean Bawoyeu, jeune fonctionnaire à l’époque, se souvient : « Il y a eu ce petit incident quand la lumière s’est éteinte. Mais en bon enseignant, Tombalbaye, qui avait sans doute une bonne partie de son discours en tête, s’est débrouillé avant que le ministre Malraux ne l’aide avec une lampe torche ».  

Le lendemain matin, dans la cour de la résidence de Gabriel Lisette, ancien Premier ministre qui fut administrateur des colonies, une scène surréaliste survient. François Tombalbaye, Pierre Toura Ngaba et Gabriel Lisette se disputent des bouts de tissus. Il s’agit des trois couleurs qui devraient composer le drapeau du jeune État. « On avait commandé des rouleaux des trois couleurs. Au moment de constituer le drapeau, les trois leaders du parti progressiste tchadien (PPT/RDA) se battaient pour avoir l’honneur de composer le drapeau.  Finalement, Tombalbaye a envoyé chercher Seïna Mani, un grand commerçant qui a soutenu le PPT/RDA pour lui demander de composer le premier drapeau du Tchad », raconte l’homme politique Issakha Ramat Allahamdou.  

Plus tard, commence le défilé des différentes délégations conviées aux festivités. Une jeune fille superbement habillée, perchée sur un char, ouvre le défilé. À sa suite, des chevaux harnachés, des ballets de musiciens traditionnels jouant ici de la flûte, là du tambour, agrémentent le premier défilé de l’indépendance du Tchad. Mais la fête n’est pas du goût des premières autorités qui programment les vraies festivités pour la fin de l’hiver, en janvier 1961, pour permettre à toutes les provinces de participer.   

La longue marche vers l’indépendance 

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Avant d’arriver à l’indépendance, le Tchad, colonie de la France, est marqué par la participation de ses ressortissants aux deux guerres mondiales (1914-1918 et 1939-1945). C’est surtout au cours de la Seconde Guerre mondiale que le Tchad s’illustrera en devenant le premier territoire d’outre-mer à rallier la France libre du général de Gaulle. Partie de Fort-Lamy, la colonne dirigée par le général Leclerc participera activement à la victoire des Alliés en 1945.  

► À lire aussi : Tchad, le souvenir de la France libre

La fin de la Seconde Guerre mondiale marque aussi le début du mouvement d’émancipation des peuples colonisés. Dès 1947, un Conseil représentatif de 30 membres est mis sur pied, avec des pouvoirs limités. Il évoluera pour devenir une Assemblée nationale en 1952. Le 23 juin 1956, la  loi-cadre Defferre est adoptée. Cette loi va accélérer la marche du Tchad vers l’indépendance. Une semi-autonomie est accordée aux colonies qui se dotent de gouvernements et de Parlements. Le 28 novembre 1958, le Tchad, qui dispose d’un conseil de gouvernement et d’une assemblée législative, devient une République autonome tout en restant dans la communauté française. Mais l’exécutif en place prépare d’ores et déjà l’accession à l’indépendance. Le 31 mars 1959, une nouvelle Constitution est adoptée. Après la mise en place du Parlement, un premier ministre est élu.

► À écouter :Tchad: ils racontent l'indépendance

Pendant ce temps, les discussions avec la France pour préparer l’indépendance se poursuivent pour aboutir à la proclamation de l’indépendance le 11 août 1960 par François Tombalbaye, qui représente la majorité parlementaire de l’époque. Il écarte rapidement Gabriel Lisette. Dès 1962, ne supportant pas le régime parlementaire, il change les règles du jeu. En septembre 1963, des leaders tels que Koulamallah, Jean Baptiste et Kerallah sont mis en prison. C'est le début des tensions qui aboutiront à la jacquerie de Mangalmé en 1965.

Côte d’Ivoire: la marche à reculons vers l’indépendance


Le Premier ministre de la Côte d'Ivoire, Felix Houphouet-Boigny en avril 1960.

Le Premier ministre de la Côte d'Ivoire, Felix Houphouet-Boigny en avril 1960.
 © Keystone-France / Gamma-Keystone via Getty Images

Colonisée par la France depuis le XIXe siècle, la Côte d’Ivoire accéda à l’indépendance le 7 août 1960, sous l’égide de son leader historique Félix Houphouët-Boigny, qui deviendra le premier président du pays. Considéré comme l’homme de la France en Afrique, ce dernier conduisit une politique de coopération étroite avec l’ancienne puissance coloniale, arrimant son pays solidement au bloc occidental. 

La colonie française de la Côte d’Ivoire est officiellement née le 10 mars 1893. Son premier administrateur était un certain Louis-Gustave Binger, un officier de marine, qui était passé par Dakar où il avait servi comme officier d’ordonnance du général Faidherbe. L’homme s’était également distingué par ses missions de reconnaissance des territoires inconnus de la boucle du Niger. Il donnera son nom à la deuxième capitale de la Côte d’Ivoire, Bingerville, qui supplanta Bassam en 1900, avant de céder à son tour sa place de première ville du pays à Abidjan, en 1934.

Conquête et pacification

Les Français avaient été présents dans les régions côtières du golfe de Guinée dès le XVIIe siècle. L’établissement du premier comptoir français à Assinie, situé à l’est d’Abidjan, date de 1687, mais c’est seulement au XIXe siècle que la présence française devint significative avec la création de comptoirs notamment à Grand-Bassam (1842) et à Dabou (1853). Cependant, lors de la constitution du territoire ivoirien en colonie française en 1893, Paris n’avait pas tout à fait le contrôle sur l’ensemble de l’espace ivoirien. 

Bien implantés dans le sud-est du pays, les Français se heurtèrent dans les premières années de la colonisation à de nombreuses résistances, en particulier dans les savanes islamisées du Nord où ils firent face aux troupes du redoutable Samory Touré. À l’issue d’une longue traque, le chef militaire et religieux fut finalement défait en 1898, capturé et déporté au Gabon où il mourut en captivité. La conquête de tout le territoire, rattaché à l’Afrique occidentale française (AOF) en 1905, aboutit très progressivement.

D’après les historiens de la colonisation, les résistances à la conquête furent nombreuses et prirent des formes diverses allant de la révolte à l’insubordination, en passant par la soustraction au travail et à l’impôt. « La conquête de ce qui deviendra la Côte d’Ivoire, écrit l’historien Fabio Vitti dans Cahier d’études africaines (1)a été, de par la résistance rencontrée, l’une des plus longues et sanglantes que la colonisation française ait eu à affronter en Afrique de l’Ouest. »

► À écouter aussi : Côte d’Ivoire: les opérations de renommage des rues d’Abidjan font-elles réfléchir les riverains ?

Mise en valeur des ressources ivoiriennes

En 1915, la pacification de la colonie est considérée comme à peu près achevée. C’est le début de l’exploitation de ses innombrables ressources naturelles dont la mise en valeur était assurée par quelques grandes compagnies. Les infrastructures furent construites pour permettre l’évacuation des produits d’exportation : café, cacao, bois, caoutchouc, huile de palme…

Dès 1904, la puissance occupante lança la construction d’un chemin de fer qui relia la côte Atlantique à Bouaké au centre du pays (dès 1912), puis à Bobo-Dioulasso, au sud du Burkina actuel (à partir de 1933). Les travaux d’aménagement du port d’Abidjan furent également engagés dès les premières années.

Fondée sur une économie de plantation, le développement rapide de la colonie pendant la période de l’entre-deux-guerres fit de ce pays le territoire le plus prospère de l’AOF. Ce développement profitait avant tout aux colons européens qui détenaient les rênes de l’économie et dictaient leurs lois à la métropole. Le développement permit aussi l’enrichissement d’une poignée de planteurs noirs qui avaient fondé leur prospérité sur le café et le cacao. Face sombre du développement, le travail forcé auquel était soumise la population autochtone, doublé de brutalités, de sévices et ségrégation raciale, avec une administration trop souvent complice de ces crimes. 

Discriminations et privilèges

Il va falloir attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale pour que la politique coloniale française évolue. Le signal du changement fut donné par la Conférence de Brazzaville organisée en 1944 à l’initiative du général de Gaulle. La Conférence accepta le principe de l’admission à la citoyenneté de tous les Africains et reconnut la nécessité de donner aux colonisés une plus grande voix dans la gestion politique de leurs pays.

Sur le terrain, en Côte d’Ivoire, encouragés par l’esprit nouveau qui soufflait sur l’administration, les planteurs africains créèrent en 1944 un syndicat agricole africain (SAA), avec pour objectif de mettre un terme aux discriminations économiques dont les paysans noirs étaient victimes. Pendant la guerre, les planteurs locaux avaient aussi vu leur production chuter, faute de main d’œuvre d’une part et à cause, d’autre part, des diverses astreintes auxquelles ils étaient soumis contrairement à leurs homologues métropolitains. Le travail forcé en vertu duquel les autochtones, y compris les planteurs, étaient obligés de quitter leur plantation pour aller travailler dans des plantations européennes était devenu la véritable plaie de la Côte d’Ivoire coloniale.

C’est en tant que président du SAA que Félix Houphouët, qui ne s’appelait pas encore Boigny, entra dans l’arène ivoirienne en 1944. Issu d’une riche famille de propriétaires terriens, le quadragénaire engagea immédiatement l’épreuve de force avec le camp puissant des colons. Au sein du SAA, il militait pour les droits des planteurs autochtones, mais aussi pour les droits des ouvriers agricoles humiliés par les pratiques abusives des colons.

Conscient de la complexité des rapports de force, Houphouët déplaça rapidement la bataille sur le terrain politique en se faisant élire à la fin de la guerre à l’Assemblée nationale à Paris. Il fit voter en 1946 la loi qui abolit le travail forcé dans les territoires d’outre-mer et qui porte son nom. Acclamé par son peuple qui lui conféra le titre de « Boigny » (« bélier » en baoulé), Houphouët le Bélier fonda alors son propre parti, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) et prit la tête du Rassemblement démocratique africain (RDA), un mouvement anticolonial panafricain, affilié au Parti communiste français.

Vers l’indépendance « sans Cha Cha »

Désormais, l’histoire de la Côte d’Ivoire va se confondre totalement avec celle d’Houphouët-Boigny, même si les années 1950 verront ce dernier prendre ses distances par rapport aux luttes anticolonialistes de sa jeunesse. En 1951, le leader ivoirien rompt les amarres avec les communistes, choisissant de s’allier un temps avec la gauche modérée de la métropole représentée par le tandem René Pleven et François Mitterrand, avant de s’affirmer comme un pilier du gaullisme, à la faveur du retour du général de Gaulle aux affaires en 1958.

Calculs ou revirement idéologique sincère ? Difficile de répondre. Toujours est-il que cette fidélité exemplaire fut récompensée, avec la cooptation de l’Ivoirien dans tous les gouvernements français sans interruption entre 1956 et 1959. Cela faisait dire à l’intéressé lui-même, comme le rapporte le journaliste français Thomas Hofnung : « J’étais pris en otage, car chaque président du Conseil qui passait me laissait à son successeur » (2).

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Ces positions d’influence dans la plus haute sphère politique française permirent à Houphouët-Boigny de participer à l’élaboration des réformes qui aboutirent à la décolonisation. Selon les historiens, le président ivoirien ne voulait pas de cette indépendance pour la Côte d’Ivoire, du moins pas en 1960, estimant que son pays n’était pas prêt. « Son idéal était l’arrimage définitif de la Côte-d’Ivoire à la France », écrit Marcel Amondji, auteur d’une biographie critique du leader ivoirien (3). Houphouët fut en effet un ardent défenseur de la Communauté franco-africaine, projet mort-né d’une union entre la France et ses ex-colonies d’Afrique francophone, qui tomba définitivement à l’eau avec le « non » retentissant de la Guinée de Sékou Touré en 1958.

Ainsi, le 7 août 1960, la Côte d’Ivoire entra à son tour dans l’ère des indépendances sans que son leader historique Félix Houphouët Boigny l’ait vraiment souhaitée. Mais tout au long de sa longue présidence à la tête de son pays (1960-1993), l’Ivoirien restera fidèle à sa vision « françafricaine », jouant le jeu de la continuité et de l’alliance avec l’ancienne puissance coloniale. Il conduisit une politique de coopération étroite avec la France, permettant aux entreprises métropolitaines de contrôler une grande partie de l’économie. Avec 40 000 ressortissants résidant en Côte d’Ivoire au début des années 1980, la communauté française était la plus importante de l’Afrique. Longtemps après l’indépendance, les administrations ivoiriennes ont continué d’être gérées par des cadres et des coopérants venus de France. Jusqu’à la fin du règne d’Houphouët, la présidence elle-même comptait deux Français parmi les plus proches collaborateurs du président.

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Sur le plan géopolitique également, Abidjan était la pièce maîtresse du dispositif diplomatique pour l’affirmation par la France de sa prééminence tant en Afrique que dans les organisations multilatérales. Les liens d’Houphouët furent si étroits avec les dirigeants français, en particulier avec la cellule africaine de l’Élysée, sous notamment Jacques Foccart, le célèbre « Monsieur Afrique » des présidents français, que des observateurs se sont parfois demandé si le « Vieux » n’avait pas plus d’influence sur ses interlocuteurs du bord de la Seine qu’eux sur lui. Dans ces conditions, comment s’étonner que le terme « Françafrique » ait été inventé quelque part entre Abidjan et le village natal de l’ex-président ivoirien, Yamoussoukro ?

(1) Les massacres de Diapé et de Makoundié (Côte d’Ivoire, juin 1910), Fabio Vitti, in Cahier d’études africaines, n° 225, 2017

(2) La crise en Côte d’Ivoire, Thomas Hofnung, éditions La Découverte, 2005

(3) Félix Houphouët et la Côte-d’Ivoire : l’envers d’une légende, Marcel Amondji, éditions Karthala, 1984

Côte d’Ivoire : indépendance et après en 5 dates

7 août 1960 : Proclamation de l’indépendance de la République de Côte d’Ivoire.

20 septembre 1960 : Admission de la Côte d’Ivoire à l’ONU.

3 novembre 1960 : Promulgation de la Constitution qui établit un régime de type présidentiel.

27 novembre 1960 : Élection de Félix Houphouët-Boigny à la présidence de la République. Il instaure un régime de parti unique avec le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Il sera réélu en 1965, 1970, 1975, 1980, 1985 et 1990.

24 avril 1961 : Signature d’un traité de coopération entre la Côte d’Ivoire et la France. Ce traité comporte plusieurs volets : économique, monétaire, financier, éducatif et culturel. Les deux pays signeront le 24 avril 1962 un accord de défense et d’assistance militaire et technique.