Témoignages

 

Yaya Diomandé, premier lauréat du prix «Voix d'Afriques»

Audio 29:00
Yaya Diomandé, premier lauréat du prix «Voix d'Afriques».

Yaya Diomandé, premier lauréat du prix «Voix d'Afriques».
 © RFI/Pierre René-Worms

Yaya Diomandé, né en 1990, vit à Abidjan. Après des études supérieures, il a travaillé comme traducteur-interprète avant de créer un journal en ligne Investissements+. Il est le premier lauréat du prix littéraire «Voix d'Afriques», créé par RFI et les éditions JC Lattès avec le soutien de la Cité Internationale des Arts de Paris pour son roman Abobo Marley.

                           Couverture du premier prix littéraire Voix d'Afriques.
                           
                           Couverture du premier prix littéraire Voix d'Afriques.
 © JC Lattès

"Moussa est « balanceur » sur un gbaka à Abidjan, une fourgonnette qui chaque jour fait la liaison entre la commune d’Abobo et le centre commercial d’Adjamé. Accroché à la portière, il sillonne la ville. Mais il ne voit presque rien de ce qui l’entoure. Ses rêves sont ailleurs. Il les porte depuis son enfance dans le quartier de Marley. Moussa veut aller à Bengue, en Europe. Peu importe le prix à payer, il veut partir, et que sa réussite là-bas profite aux siens ici. Il sera cireur de chaussures, apprenti mécanicien, chauffeur de taxi, soldat de la rébellion, chef de bande, avant de réunir assez d’argent et tenter l’aventure. Pour quelle vie ?" (Présentation des éditions JC Lattès)

Le Mali rend un dernier hommage
à l’ancien président Moussa Traoré


L'ancien président malien, Moussa Traoré, le 31 décembre 1985.

L'ancien président malien, Moussa Traoré, le 31 décembre 1985.
 FRANCOIS ROJON / AFP
Texte par :RFISuivre
3 mn

Les obsèques de l'ancien président du Mali qui s’est éteint mardi ont eu lieu ce vendredi. Moussa Traoré a dirigé le pays de 1968 à 1991.

Avec notre envoyée spéciale à Bamako,  Florence Morice

C’est Assimi Goïta, le président du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) qui a présidé cet hommage officiel organisé au sein du 34e régiment du génie militaire des forces armées maliennes. Assimi Goïta, toujours en tenue de camouflage et béret vert, n’a pas pris la parole. C’est le grand chancelier des Ordres nationaux qui a porté au micro ses condoléances.

Avant lui, un représentant de la famille, un ancien collaborateur de Moussa Traoré ont rendu hommage à l’ancien président avant de s’incliner devant son cercueil recouvert d’un drapeau malien et devant un parterre de personnalités. Un hommage officiel donc pour Moussa Traoré qui certes, avait été condamné à deux reprises à la peine de mort, mais finalement gracié en 2002, et qui depuis sa libération avait revêtu la figure du vieux sage que chacun venait consulter, y compris ses anciens ennemis.

ATT présent à la cérémonie

Parmi les anciens chefs d’État présents ce matin, on notait d’ailleurs la présence d’Amadou Toumani Touré, dit ATT. C’est d’ailleurs lui qui l’avait renversé par un coup d’État en 1991 : « L’histoire en a décidé ainsi, mais je ne pouvais pas ne pas être là et ne pas apporter mes condoléances à sa famille », a déclaré l’ancien président à quelques journalistes à l’issue de la cérémonie.

En ce jour d’hommage et de deuil en tout cas, ce n’est pas le climat répressif qui a marqué la fin de la présidence de Moussa Traoré dont les Bamakois se souviennent.

Ce n’est pas non plus l’image de l’autocrate qui s’est accroché à son parti unique, mais bien le souvenir d’un patriote qui est évoqué, un homme qui avait su préserver l’intégrité territoriale du Mali, dit-on, auteur d’une modernisation de l’agriculture et du système éducatif. C’est l’image de celui que Assimi Goïta, le président du CNSP, s’est empressé d’aller consulter au lendemain du coup d’État du mois d’août.

Makalé Traoré : « Avec Alpha Condé, on a mis la barre trop haut »

| Par 
Mis à jour le 14 septembre 2020 à 11h06
Makalé Traoré, candidate à l'élection présidentielle du 18 octobre 2020 en Guinée

Makalé Traoré, candidate à l'élection présidentielle du 18 octobre 2020 en Guinée © DR

Ex-directrice de campagne d’Alpha Condé, elle est aujourd’hui candidate à la présidentielle face à lui. Entretien avec Makalé Traoré, qui s’attaque désormais au bilan de son ancien patron.

Elle se présente comme la « candidate des femmes ». Makalé Traoré, du Parti de l’action citoyenne par le travail (PACT), brigue pour la première fois la magistrature suprême. Elle fait montre d’optimisme et mise sur sa crédibilité au sein de la société civile pour porter sa candidature. Juriste et économiste de formation, Makalé Traoré n’est pourtant pas une novice en politique : elle a notamment été ministre de la Fonction publique en 2008 sous Lansana Conté.

Présidente du Réseau des femmes africaines, ministres et parlementaires de Guinée (REFAMP) et de la Coalition des femmes et filles de Guinée pour le dialogue et la construction de la paix et le développement (COFFIG), elle dénonce aujourd’hui la « mauvaise gouvernance » et les « injustices sociales » qui, selon elle, fragilisent son pays. C’est pourtant elle qui a contribué, en 2010, à mener Alpha Condé à la victoire en tant que directrice de campagne. Un compagnonnage auquel elle a mis fin d’elle-même, assure-t-elle à Jeune Afrique.

Jeune Afrique : Après avoir passé près de dix ans loin de la sphère politique, pourquoi avez-vous décidé de vous présenter à l’élection présidentielle ?

Makalé Traoré : Mon pays traverse des moments difficiles. J’ai eu une longue expérience dans le secteur privé, j’ai enseigné pendant des dizaines d’années et j’ai pu observer les souffrances des femmes, l’inadéquation du système éducatif, l’abandon de nos villages et de nos valeurs. Je connais la souffrance des Guinéens. Ce sont les femmes qui m’ont portée afin que j’accède à un poste de décision au sommet, pour pouvoir changer le cours des choses, dans un pays qui est dirigé sans elles. L’élément fondamental de mon programme est l’inclusion sociale, économique et financière, pour corriger ces injustices. Les Guinéens ont essayé plusieurs choses, et aujourd’hui, ils veulent essayer Makalé Traoré.

https://www.jeuneafrique.com/wp-content/themes/ja-3.0.x/assets/img/mondial2018/quote-article.png") left top no-repeat;">

JE SOUHAITERAIS RÉTABLIR LE TEXTE DE 2010

La Constitution adoptée cette année vous permet-elle de participer aux élections dans de bonnes conditions ?

Je le fais avec l’outil qui me permet d’y aller. Mais cette Constitution a été remplacée dans des conditions chaotiques, que le monde entier a observées, et je souhaite rétablir le texte de 2010. Certes, il n’est pas parfait, mais il a été accepté par les Guinéens et pourrait mener le pays à l’apaisement.

Plusieurs candidats de l’opposition ont maintenu leur décision de boycotter le scrutin du 18 octobre, tandis que la candidature de Cellou Dalein Diallo a été critiquée par le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) qui l’a exclu de ses instances décisionnaires. Quel regard portez-vous sur cette stratégie de boycott ?

Je pense qu’il aurait fallu que les différents acteurs s’entendent sur une stratégie et discutent des conditions de leurs candidatures. Mais une porte fermée amène des fractures. Il était nécessaire que tous aillent à cette élection pour sauver le pays et ne pas laisser le président se présenter seul. Et surtout, pouvoir se liguer derrière le candidat le mieux placé pour remporter le scrutin au deuxième tour.

Vous n’envisagez pas la possibilité d’une victoire d’Alpha Condé dès le premier tour ?

Non. Je le dis avec conviction, je connais le terrain. Je ne me suis pas présentée pour perdre, je me suis présentée pour changer la donne, et je sais que la Guinée va surprendre le monde au soir du 18 octobre. Moi, je suis candidate pour être élue, et je serai élue par les Guinéens, parce que je sais qu’ils attendent quelqu’un qui leur parle un langage de vérité et qui tient ses promesses.

Est-ce à dire que le chef de l’État, dont vous avez été la directrice de campagne en 2010, n’a pas tenu les siennes ?

La situation que je viens de décrire est la conséquence de la mauvaise gouvernance que nous subissons depuis des années. J’ai exprimé depuis longtemps ma déception.

https://www.jeuneafrique.com/wp-content/themes/ja-3.0.x/assets/img/mondial2018/quote-article.png") left top no-repeat;">

ON ATTENDAIT D’ALPHA CONDÉ QU’IL SOIT LE MANDELA DE LA GUINÉE

Quelles leçons avez-vous tirées de cette campagne ?

C’était une belle expérience. Je suis fière d’avoir été la première femme à diriger une campagne, et d’avoir remporté la victoire. Cependant, il est très important de savoir s’éloigner d’un système qui s’éloigne de ce qu’on attend de lui. J’ai soutenu le président Alpha Condé, comme beaucoup d’autres. Qu’est-ce qu’on attendait de lui ? Qu’il soit le Mandela de la Guinée, qu’il mette fin à la gouvernance de la corruption et à la mauvaise gestion des biens publics.

Alpha Condé a récemment proposé à Mamadou Sylla, le chef de l’opposition au sein de l’Assemblée nationale, de se rallier à sa candidature. Ce dernier a décliné, mais a finalement décidé de ne pas se présenter. Si une telle proposition vous est faites, par le chef de l’État, quelle réponse lui donneriez-vous ?

Alpha Condé n’a pas suivi la ligne promise. Il sait qu’il ne peut pas m’appeler. Il sait que je n’ai qu’une parole. Il ne m’appellera pas.

Avez-vous toujours des contacts avec lui ? L’avez-vous informé quand vous avez décidé de vous présenter ?

Ça n’est pas mon genre. Je n’ai pas à l’informer, c’est aux Guinéens que je demande leur suffrage. La rupture avec le président s’est faite rapidement. Dès la campagne, je m’étais rendu compte qu’on mettait la barre trop haut. En janvier [2011], j’ai tourné la page.

Les problèmes liés au fichier électoral, déjà soulevés lors du double scrutin de mars dernier, ne sont toujours pas résolus. Avez-vous confiance en la capacité de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) d’assainir le fichier ?

Je ne gère pas le fichier, je ne peux pas dire à quel niveau il est. Je m’en tiens aux informations qu’on me donne. Je vais suivre l’évolution de son traitement et prendrai mes précautions pour que les votes soient respectés. Mais je compte sur la mobilisation des Guinéens : lorsque la population veut changer les choses, aucune tricherie, aucun montage, aucun fichier, aucun mécanisme de bourrage ne peut arrêter sa marche vers la victoire.

Histoire de celui qui dépensa tout et ne perdit rien

Cerf , (novembre 2019)

L'avis de La Procure

Prix de la liberté intérieure 2020

Dans cette variation littéraire et philosophique de la parabole du fils prodigue, Jacqueline Kelen file le mythe et ajoute des personnages qui, tour à tour, prennent la parole. Il y a le père, pieux et bon, la mère, inquiète et tendre, le frère aîné, sérieux et travailleur, un vieux serviteur compatissant, et bien sûr le fils prodigue, rebelle et rêveur, qui part pour explorer le monde et éprouver sa liberté avec ce que cela implique de joies et de risques. Un conte d’aujourd’hui sur l’amour humain et divin, l’absence et l’attente, les épreuves et la grâce, la justice et la réconciliation.

« Un véritable coup de cœur pour le jury » Catherine Lalanne, Présidente du jury.

« Un texte d’actualité sur la famille (…) qui nous apprend des choses cruciales sur nous-mêmes, sur notre place, notre rôle » Constance de Bonnaventure, chroniqueuse Culture au Jour du Seigneur

Recommandé par :
Prix de la liberté intérieure 2019 - Jour du Seigneur

15,00 € 14,25 € -5 % avec le retrait en magasinVoir disponibilités en librairies

 En stock, expédié sous 48 h

Je commande  exemplaire(s)

 Ajouter au panier 

DU MÊME AUTEUR

Peut-on perdre la foi ?

https://croire.la-croix.com/Definitions/Lexique/Foi/Perdre-la-foi" target="_blank" style="box-sizing: border-box; background-color: transparent; color: rgb(74, 74, 74); text-decoration: none; display: block;">

Quand le doute nous ronge, nous croyons parfois «perdre la foi». Mais que perdons-nous vraiment ? La réponse du P. Michel Souchon.

Portrait d’un homme triste

J'ai perdu la foi.… Est-ce vraiment si sûr ? La foi est-elle un objet que l'on perd comme un porte-monnaie ou un trousseau de clés ? C'est souvent au terme d'un processus lent et progressif que l'on se dit à soi-même, puis à d'autres, que l'on a perdu la foi. On ne croit plus en un Dieu personnel, qui parle à l'homme, on pense en réalité qu'il n'existe pas, on se détourne de l'Église et de ce qu'elle enseigne, on cesse de croire aux grandes affirmations du credo : la vie éternelle, la résurrection…... Tout cela semble faux et enfantin…. Mais c'est aussi souvent la question du mal et de la souffrance qui taraude : « Si Dieu existait vraiment, il ne permettrait pas tout cela ». Et l'on bascule lentement de la foi à l'indifférence... 

Voir aussi sur croire.com

Est-ce vraiment  la foi ?

Quand on a reçu une éducation religieuse dans sa famille ou à l'école, quand on a fait sa première communion, été enfant de choeur, on pense avoir la foi…. Et c'est cela aussi que l'on pense avoir perdu : une croyance, qui, en réalité, était une forme d'adhésion à une tradition. Mais la foi, ce n'est pas que cela. La foi, c'est la réponse confiante à un appel qui s'exprime sous la forme d'une soif, d'un élan vers quelqu'un, d' un dépassement de soi-même. La foi c'est reconnaître le Dieu des évangiles dans celui qui « attire » à lui, qui propose de marcher avec lui. Mais a-t-on vraiment besoin d'un Dieu qui s'adresse à nous comme un ami s'adresse à un ami ? Pas toujours.… Souvent même, nous avons de bonnes raisons de ne plus croire…….  

A cause d'une  blessure …

Certains enseignements de l'Église passent mal et provoquent parfois le départ de fidèles révoltés ou mal à l'aise. Par exemple ce qui concerne la sexualité, la contraception, ou l'euthanasie. De quoi se mêlent le pape et les évêques se demande t-on souvent, sans chercher à comprendre ce qu'ils disent et pourquoi ils le disent. Qui n'a pas non plus été blessé ou choqué un jour par le comportement d'un prêtre, d'un religieux ou d'une religieuse, ou encore par l'attitude d'un chrétien ? Certains scandales récents ayant éclaboussé l'Église ont pu aussi jeter un discrédit. 

A cause d'une épreuve... 

Très souvent, ce sont les grandes épreuves de la vie qui éloignent de l'idée de Dieu, donc de la foi. La maladie, la souffrance, la mort d'un enfant, sont des drames, surtout si nous avons prié pour sa guérison. Comment un Dieu bon peut-il permettre cela ? La question de l'absurdité de la vie revient alors en force et l'on se détourne avec colère. Et pourtant, combien témoignent de la tendresse de Dieu dans leur grande douleur ? 

Viennent les doutes …

Ce que l'on appelle perdre la foi est souvent la mettre en doute. On se met à s'interroger. On doute de la véracité des Ecritures. On peut perdre aussi confiance dans l'Église qui transmet le contenu de la foi. On l'accuse d'avoir compliqué son contenu par des « dogmes » auxquels on refuse de croire. Or, croire n'est pas abandonner sa raison mais adhérer à des vérités transmises, qui donnent sens à la vie, tout en faisant travailler son intelligence.Tous les grands saints parlent de leurs doutes, de leurs difficultés dans la prière, de leurs découragements, des luttes à mener... 

«Cherchez et vous trouverez »

Saint Paul dit que la foi est un « combat ». Et il faut un certain courage en effet pour conserver envers et contre tout sa foi. Il faut du courage pour ne jamais s'interrompre dans la quête de la vérité, pour continuer à prier, à s'adresser à Dieu, même quand c'est dur et que l'on ne ressent rien, même aussi si c'est pour hurler sa souffrance. Parfois il faut chercher des réponses à ses questions, interroger les textes bibliques, lire des livres, rencontrer quelqu'un qui redonne le goût de croire. Souvent, c'est par paresse, ignorance, ou conformisme, que la foi s'effrite, mais cela ne veut pas dire que nous ne sommes pas en quête de quelque chose qui nous dépasse. Et ce quelque chose, qui peut se transformer en quelqu'un, est souvent donné à celui qui aura cherché. Et ce jour-là, qui est un jour de conversion, aura la saveur de la vraie joie.

Sous-catégories

Les informations sur nos maisons de formation datent de quelques années, et nous avons demandé aux responsables de ces maisons de nous donner des nouvelles plus récentes.
La première réponse reçue vient de Samagan, le noviciat près de Bobo-Dioulasso (lire la suite)

 

La deuxième réponse nous a été donnée par la "Maison Lavigerie", notre maison de formation à la périphérie de Ouagadougou, où les candidats ont leurs trois premières années de formation (lire la suite)