Témoignages

 

Notre confrère Jean Claude Ceillier est décédé lz 16 mars 2020

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Rokia Traoré a démarré une grève de la faim pour protester contre son incarcération à Paris

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La chanteuse Rokia Traoré au festival de Cannes, en 2015.

En conflit avec son ancien compagnon sur la garde de leur fille de cinq ans, l’artiste malienne est sous le coup d’un mandat d’arrêt européen pour enlèvement, séquestration et prise d’otage. Depuis la prison de Fleury-Mérogis, elle a entamé une grève de la faim.

L’arrestation spectaculaire de Rokia Traoré à sa descente d’avion à l’aéroport de Roissy, le 10 mars, avait tout pour surprendre. Et pourtant, ces derniers mois, l’artiste malienne qui se produisait encore en janvier dernier à la Philharmonie de Paris et qui travaillait à un hommage à Miriam Makeba, avait déjà été arrêtée dans la capitale française et à Dakar avant d’être à chaque fois relâchée.

Selon nos informations, elle était en effet sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis le 24 octobre 2019 par une juge d’instruction au tribunal de première instance francophone de Bruxelle.

Les faits reprochés à la grande chanteuse malienne ? Enlèvement, séquestration et prise d’otage de sa propre fille de cinq ans. Des faits pour lesquels, si sa culpabilité est prouvée, Rokia Traoré encourt une peine de cinq ans d’emprisonnement.

Depuis la prison de Fleury-Mérogis, Rokia Traoré a annoncé entamer une grève de la faim. Elle considère qu’il y a une « racisation » de la procédure et réfute la compétence de la Belgique dans le dossier qui la concerne.

Attouchements sexuels

Si l’affaire est si stupéfiante, c’est aussi que l’artiste a toujours été discrète sur sa vie privée. Une très longue note rédigée sur son propre compte Facebook ainsi que les explications de son avocat, Maître Kenneth Feliho, permettent de reconstituer l’enchaînement des faits, du moins de son point de vue. Pour l’heure, l’avocat de la partie adverse est resté injoignable. Il s’agit de Frank Berton -ténor du barreau, basé à Lille – qui s’est distingué dans plusieurs affaires médiatisées, en prenant notamment la défense de Florence Cassez ou Salah Abdeslam.

Les faits, donc. Rokia Traoré a eu une petite fille de sa relation avec le dramaturge belge Jan Goossens, actuellement directeur du Festival de Marseille. L’artiste malienne a emmené rapidement avec elle cette enfant à Bamako, où elle est d’ailleurs aujourd’hui inscrite à l’école internationale américaine. Le père, quant à lui, pouvait rendre régulièrement visite à sa fille ou l’emmener en voyage dans d’autres pays européens et africains.

Mais en mars 2019, cet équilibre se rompt brutalement. Selon Rokia Traoré, son ancien compagnon aurait fait subir des attouchements sexuels à leur fille. La chanteuse dépose plainte au Mali et obtient la garde exclusive. Dans le même temps, Jan Goossens se tourne vers les tribunaux belges. Sa défense, dénonçant une contestation de l’autorité parentale, évoque une manipulation de l’enfant.

Le tribunal bruxellois a finalement donné la garde exclusive de l’enfant à son père. Mais la mère, vue la gravité des faits reprochés, a refusé de rendre l’enfant et ne s’est pas présentée devant le juge. C’est justement au moment de se rendre finalement à une audience à la Cour d’appel de Bruxelles, qu’elle a été arrêtée lors de son escale à Paris.

Audience le 18 mars

Rokia Traoré est donc actuellement détenue à la prison de Fleury-Mérogis. Une audience est prévue mercredi 18 mars à Paris pour savoir si elle sera transférée devant la justice belge.

Les réseaux sociaux, eux, ont déjà pris parti : le hashtag #FreeRokia est apparu dès que son arrestation a été dévoilée. Une pétition circule également sur change.org. Déjà signée par près de 5 000 internautes, elle reprend les arguments de l’artiste qui dénonce un procès injuste fait à une femme africaine.

Dans une note rédigée en décembre, la chanteuse déclarait en effet : « Avec effroi, je découvre que nos droits ne pèsent pas le même poids dans la balance de mère Justitia selon que nous soyons femme travailleuse ou pas, noir ou blanc du point de vue de l’Europe ou de l’Afrique. »

Elle dénonce également l’absence de reconnaissance de souveraineté du Mali, dont l’avis de justice n’a pas été pris en compte, et l’impossibilité, pour elle, de pouvoir poursuivre sa carrière internationale sous le coup d’un mandat d’arrêt.


Raja Meziane: l’engagement citoyen d’une artiste algérienne

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Raja Meziane en concert à l'Institut du Monde arabe à Paris, le 8 mars 2020. © Alice Sidoli/IMA

Avec son tube en forme d’hymne, Allô le système !, aux cinquante millions de vues sur YouTube, Raja Meziane est devenue une icône de la Révolution algérienne. Le dimanche 8 mars, elle a joué pour la toute première fois à Paris, dans le cadre du festival Arabofolies, à l’Institut du Monde Arabe. Un concert hautement symbolique.

La scène de l’Institut du Monde Arabe paraît, ce 8 mars, presque trop imposante pour sa silhouette frêle, qu’elle enroule du drapeau de l’Algérie, comme une armure, une protection, celle de son pays. Au milieu de ses trois musiciens – un violoniste, un claviériste, et son producteur et mari, aux machines – Raja Meziane, icône de la Révolution du Sourire, longues nattes noires et vertes, combinaison kaki, sorte de guerrière du futur, dévoile une fragilité émouvante, derrière sa force et sa volonté que l’on devine puissantes.

Dès les premiers accords, cet alliage de contraires interpelle. Comme la révolution de son peuple, la jeune femme se montre à la fois forte et vulnérable, précieuse et solide : comme une chance à saisir, à protéger, coûte que coûte. A l’issue de son premier titre, Toxic, un rap au beat lourd et métallique, sur lequel se posent ses punchlines auréolées d’Auto-tune, elle prend la parole : "Bonsoir, salam aleikoum. Je suis Raja Meziane, Algérienne jusqu’à l’os. Je viens de Prague… Et ce soir, pour mon tout premier concert à Paris, j’ai un peu le trac... Je suis venue délivrer ce message, simple et sans équivoque, que je porte en moi, depuis petite : ‘Que les Algériens vivent librement chez eux’." Au-dessus de la volée de you-yous qui ponctue ses paroles, des cris d’enthousiasme surgissent dans le noir : "Bravo Raja !"

Un emballement viral en quelques jours

Depuis le début de la Révolution, la jeune femme de 32 ans porte, sur ses épaules, toute la symbolique du Hirak, ce soulèvement pacifique qui anime l’Algérie depuis début février 2019. Cette stature lui fut conférée en quelques millions de clics, par un emballement viral sur Internet.

En exil à Prague, l’artiste souhaitait participer à sa manière aux soulèvements. En 24h00, elle enregistre Allô le système ! et balance son clip sur YouTube. Il fait l’effet d’une bombe : une déflagration sonore et verbale. Nous sommes le 4 mars 2019... En une poignée de jours, sa création devient l’hymne imparable du mouvement en Algérie, jusqu’à atteindre 50 millions de vue sur YouTube. "Allô, le système ? Tu m’entends ? Tu continues de faire la sourde oreille ?", scande le vers inaugural, sur une sirène entêtante, comme pour signifier l’urgence.

La veille du concert, lors d’un entretien, la rappeuse expliquait les raisons, selon elle, de son succès phénoménal : "Mon texte s’impose sans filtre, sans fard, avec des paroles crues. Je crie tout haut ce que le peuple pense tout bas". Et puis, l’artiste s’est servi, pour signifier sa colère, du web et de ses lois, avec les internautes comme seuls juges. "Heureusement, désormais, nous ne sommes plus à la merci du directeur de telle ou telle chaîne de télévision, dit-elle. S’il n’y avait pas eu YouTube, il n’y aurait pas eu Allô le système, ni même la rappeuse Raja Meziane !"

Des bâtons dans les roues

C’est pourtant au travers d’autres outils qu’elle fait ses premiers pas. "Née rebelle" comme elle le précise en rigolant, Raja participe, à 19 ans, à l’équivalent de The Voice en Algérie. La chanteuse séduit le public par sa capacité à surfer autant sur la pop, que sur une large palette de rythmes traditionnels et de styles algériens – raï, chaâbi, etc. Mais dans le divertissement du télé-crochet, l’insoumise aux allures innocentes infuse ses convictions : “Sur les plateaux télés, j’interprétais l’air de rien des chansons politiques d’auteurs reconnus, éclaire cette fan de Lounès Matoub, le poète et résistant kabyle assassiné en 1998. Cette émission n’était pour moi qu’un outil : j’avais mon idée en tête…”

La jeune femme poursuit des études d’avocat et, en parallèle, sort en 2012, Révolution, un titre de rap très critique à l’encontre du gouvernement. "Le public l’a mal reçu : il n’était pas encore prêt à entendre ces vérités", regrette-t-elle. Mais en haut lieu, le pouvoir la prend au sérieux et commence à la surveiller.

Lorsqu’en 2014, elle refuse de participer à la chanson pour accompagner la quatrième candidature de Bouteflika, les difficultés commencent… Elle raconte : "On m’a mis des bâtons dans les roues. On m’a promis la fin de ma carrière… Et surtout, le bâtonnier d’Alger a refusé de me remettre le certificat qui me permettait de plaider en tant qu’avocate".
 

L’exil tchèque

Pour Rajah, c’en est trop. En 2015, elle fait le choix de l’exil et rejoint son mari, installé à Prague. Dans la capitale tchèque, siège de la Révolution de velours en 1989, elle pense de façon obsessionnelle à son pays, et au mouvement qui changera peut-être durablement son visage. "Je ne me suis jamais déconnectée. Mon âme et mon cœur sont restés là-bas, soupire-t-elle. Je checke chaque heure mon téléphone pour voir les news. Cette révolution me hante, nuit et jour. Je n’arrive pas à m’amuser, ni à vivre normalement… Mon engagement m’a coûté cher : le déracinement. Mais je ne renoncerai jamais à ce combat."

En octobre 2019, la BBC l’a nommée parmi les 100 femmes les plus inspirantes au monde. Une lourde responsabilité : "Je me surveille encore 36 000 fois plus qu’avant. Mais avant tout, et particulièrement en ce jour international pour le Droit des Femmes, je dédie ce ‘classement’ à toutes les Algériennes, si magnifiques, si belles, si fortes, si inspirantes ! Au final, mon seul héros, à ce jour, reste mon peuple uni, engagé, combatif, dans la rue sans relâche, avec patience et conscience”.

L’émotion se fait jour… Car Rajah ne peut pas revenir en Algérie. Là-bas, dit-elle, jusqu’à ses proches sont en danger. Son concert à Paris, à l’Institut du Monde Arabe, n’en est que plus symbolique : "Je vais un peu retrouver les miens. J’ai hâte que nous chantions ensemble. Je veux entendre résonner les you-yous…”. A ces mots, sa voix se brise, et des larmes roulent derrière ses lunettes noires… 

Le vœu de Raja

Sur scène aussi, son chant éclate en un sanglot, sous une nuée d’applaudissements. L’émotion submerge Raja, comme le public. En une heure trente, l’artiste embarque l’auditoire dans ses voyages à travers les rythmes de l’Algérie, dans son rap cru et dur, dans ses chansons pop.

En fin de show, des cris fusent : “One, two, three, viva l’Algérie !”. Une poignée de spectateurs, au dernier rang, chante de toutes leurs poitrines gonflées, les slogans et les chants des manifestations. Raja les entonne, elle aussi, depuis la scène… Des drapeaux algériens fleurissent. Et puis une sirène stridente retentit : "Allô le système ? Tu m’entends ? Tu continues de faire la sourde oreille ?".

Le public reprend l’hymne en chœur. Un sentiment de joie et de victoire flotte sur la salle. Comme si le vœu ultime de Raja, femme puissante et guerrière, s’était accompli : "que l’Algérie devienne un état de droit absolu, sans condition avec une justice sociale et une profonde liberté pour notre peuple“.  

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Kiye 2020L'hebdomadaire de l'aumônerie des jeunes de la paroisse de Dyou, n°56 du 11/03/2020 : Rendez-vous du Père KIYE M.Vincent avec les jeunes.
Mes ennemis ont dit :
« Allons, montons un complot contre Jérémie... Allons, attaquons-le par notre langue, ne faisons pas attention à toutes ses paroles. » ( Jr 18, 18-20)
Bien-aimés dans le Seigneur, c'est là, la réalité de notre vie quotidienne chaque fois que nous mobilisons nos énergies pour détruire les autres, pour gâter le nom des autres,  parce que nous voyons en leur 's talents, en leurs potentialités des menaces vis-à-vis de nos appétits sensoriels. Nous nous comportons comme ces ennemis de Jérémie.
Lorsque nous lisons ce texte de façon objective, nous découvrons deux leitmotivs qui ont déclenché ce complot contre le Prophète Jérémie : la jalousie et le complexe, deux virus aussi dangereux que le Covid19 qui rongent les associations, les communautés de vie et pire encore, de vie religieuse. 
Tu es complexé devant les talents de l'autre, devant sa façon de s'habiller, de marcher, d'entrer en contact avec les gens, tu t'investie à le détruire. Tu t'imagines tout sur lui et même l'impossible. Tu veux être ou paraître comme l'autre, alors tu cherche à montrer sur ses épaules pour l'écraser. Tu ne ne deviendras jamais ce qu'il était même si tu occupais le même poste que lui. Tout personne est unique.
Chers frères et soeurs,  Jérémie que nous  présente la liturgie de ce jour, est la figure  de l'Ancien Testament qui décrit le mieux, l'ampleur du complot et de la souffrance du Christ des mains des hommes.
La description de ce complot est un chemin de purification de tout un chacun de nous en ce temps précieux de Carême où nous sommes appelés à oublier les soutiens du passé.
Oui, mon frère, oui ma soeur, un jour dans ta vie tu as toi aussi été habité par le complexe, la haine, la jalousie etc;  tu as toi aussi, pensé monter un complot contre ton confrère, contre ta consœur, ton collège de service etc que tu croyais être une ombre pour toi, une barrière à ta pleine réalisation. Erreur! Chacun joue son rôle. Il suffit de te concentrer sur ce que tu as à faire et tu te rendras compte que personne ne constitue de l'ombre pour toi. C'est lorsque nous nous arrêtons sans rien faire que nous apercevons que l'ombre du voisin nous envahit. Alors, concentres-toi sur ce que tu as à faire.
Un jour dans ta vie
tu as peut-être sali son nom, compromis son travail ou sa carrière, casser son mariage ou son fiançaille simplement parce que tu as cru voir en lui, l'ombre qui t'empêches de jouir des rayons solaires. Tu as vu en lui ou en elle, quelqu'un qui te gêne, par son succès, sa façon de travailler, de réfléchir, d'aborder ou d'entrer en contact avec les gens, bref, par la qualité de son humanité. Ce jour là, tu as décidé d'en finir avec lui. Tu t'es toi aussi comporté comme ce ennemis de Jérémie dont parle le texte.
Aujourd'hui, en ce Carême 2020, le Seigneur vient dialoguer avec toi, te demander de regretter ce péché de haine, de jalousie, de complexe que tu traînes jusqu'alors et qui ne te rend jamais heureux mais te ronge toujours devant les talents des autres. La jalousie et la haine rendent impossible tout travail en équipe.
La jalousie et la haine préparent la résurrection de nos victimes à l'image du Christ lorsqu'il dit que  "le Fils de l’homme sera livré.. aux nations païennes
pour qu’elles se moquent de lui, le flagellent et le crucifient ; le troisième jour, il ressuscitera. »(Mt 20, 17-28). Elles scellent par contre le sort des bourreaux en Judas. Quel intérêt as-tu à te faire ami de la haine et de la jalousie si c'est pour perdre ton âme ?
Prions que le Seigneur nous donne la grâce de la vigilance devant les pièges de la jalousie, du complexe, de la haine qui rongent nos coeurs et nous rendent frustrés et aigris à jamais.
Seigneur soit avec vous!
✍🏾 Père KIYE M. Vincent, Mafr
Aumônier paroissial des jeunes
Paroisse de Dyou/Diocèse de Sikasso-Mali
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Whatsapp : (+223)72 65 74 82
 
L'hebdomadaire de l'aumônerie des jeunes de la paroisse de Dyou, n°57 du 16/03/2020 : Rendez-vous du Père KIYE M.Vincent avec les jeunes.
Naaman se mit en colère et s’éloigna en disant :
s’éloigna en disant :
« Je m’étais dit : Sûrement il va sortir,
et se tenir debout
pour invoquer le nom du Seigneur son Dieu ; puis il agitera sa main au-dessus de l’endroit malade et guérira ma lèpre... » ( 2 R 5,1-15a)
Chers frères et soeurs, recevez nos Salutations fraternelles depuis la paroisse de Dyou au Mali.
La révolte de Naaman, voilà le sujet sur lequel porte notre point de méditation de cette semaine. Une attitude qui nous caractérise tous  lorsque nous sommes dominés par la quête des spectacles, des événements extraordinaires pour croire. C'est le péché de l'homme, de tout homme depuis les temps anciens, toujours en quête de l'extraordinaire, des merveilles grandioses. Et pourtant, de son côté, le mode opératoire de Dieu pour combler de grâces ses enfants, est toujours le même et exige la foi inconditionnelle de notre part. Dieu est présent et intervient dans les petites choses, dans les petits gestes accomplis avec et dans la foi. C'est ce que nous pouvons lire dans cette guérison de ce général de l'armée syrienne, Naaman.
En effet,  l'homme à la lèpre s'attendait une une démarche sévère pour sa guérison. Peut-être qu'avait-il raison vu l'ampleur et la conception de la lèpre de l'époque. Cependant, que le prophète lui demande d'aller simplement se baigner dans le Jourdain lui paru banal!
Lisons ce texte en nous mettant dans la peau de Naaman. Posons-nous la question de savoir qu'aurais-je fait à sa place?
Oui chers frères et soeurs, nous sommes tous aujourd'hui, frappés par la lèpre d'une certaine façon. Ce sont tous ces péchés pour lesquels l'église nous invite en ce temps fort de Carême de nous détourner. Elle nous demande de nous baigner nous, dans un jourdain spécial : le jeûne, la prière et le partage.
Combien de nous le percevons comme chemin de purification ? Ne sommes-nous pas pour la plupart de cas, en train de nous révolter en nous-mêmes, en disant, houf! Je prie déjà. Je jeûne déjà et d'ailleurs ma condition de vie avec tout ce que j'endure est déjà un jeûne. Pourquoi jeûner encore ? Le partage, n'en parlons même pas. Qu'ai à partager encore ? Ma vie est déjà un partage. Voilà autant des résistances qui nous caractérisent et nous ferment à la grâce de Dieu.
Combien de nous assistons encore à la messe du curé de notre paroisse avec la conception de recevoir les grâces sanctifiantes dues à cette célébration de l'église?
La meméité nous alourdit tellement que nous ne croyons plus à la puissance de célébrations eucharistiques de nos paroisses. Il suffit qu'un nouveau prêtre ou un prêtre étranger arrive pour que nos églises se remplissent comme si c'était une autre messe que celle que le curé célèbre chaque jour. Non. Le mode opératoire de Dieu pour communiquer les grâces à ses enfants reste le même.
Nos tergiversations ne sont rien d'autre que l'expression de notre petite foi. Connaissant combien le coeur de l'homme est malade et toujours en quête de l'extraordinaire ou de la nouveauté bien souvent incontrôlée,  Jésus nous prévient en disant: 
 Amen, je vous le dis:
aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays. 
Puisse Dieu nous donner de croire qu'il est présent dans les petits gestes et réalités de notre vie. Amen
Le Seigneur soit avec vous!
✍🏾 Père KIYE M. Vincent, Mafr
Aumônier paroissial des jeunes
Paroisse de Dyou/Diocèse de Sikasso-Mali
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