Justice et Paix

" Je suis homme, l'injustice envers d'autres hommes révolte mon coeur. Je suis homme, l'oppression indigne ma nature. Je suis homme, les cruautés contre un si grand nombre de mes semblables ne m'inspirent que de l'horreur. Je suis homme et ce que je voudrais que l'on fit pour me rendre la liberté, l'honneur, les liens sacrés de la famille, je veux le faire pour rendre aux fils de ces peuples l'honneur, la liberté, la dignité. " (Cardinal Lavigerie, Conférence sur l'esclavage africain, Rome, église du Gesù)

 

NOS ENGAGEMENTS POUR LA JUSTICE T LA PAIX
S'EXPRIMENT DE DIFFÉRENTES MANIÈRES :

En vivant proches des pauvres, partageant leur vie.
Dans les lieux de fractures sociales où la dignité n'est pas respectée.
Dans les communautés de base où chaque personne est responsable et travaille pour le bien commun.
Dans les forums internationaux pour que les décisions prises ne laissent personne en marge.

Dans cette rubrique, nous aborderons différents engagements des Missionnaires d'Afrique, en particulier notre présence auprès des enfants de la rue à Ouagadougou et la défense du monde paysan.

 

Violences conjugales: au Togo,
un centre d’écoute libère la parole des femmes

Une artère dans la capitale togolaise (image d'illustration).
© Godong/Universal Images Group via Getty Images

Au Togo, les violences conjugales ont pris des proportions importantes ces dernières années. Ce sont 1 000 à 1 500 appels qui sont reçus chaque jour au centre d’écoute du Groupe des femmes pour la démocratie et le développement. De plus en plus de langues se délient, les victimes viennent spontanément se confier mais rares sont celles qui vont au bout des poursuites.

Chaque jour de la semaine, les cas de violences conjugales arrivent au centre d’écoute du Groupe de réflexion et d’action Femme, démocratie et développement (GF2D). Thierry Mensah est juriste au centre d’écoute : « Il y a un couple qui se disputait un matin à propos de 300 francs, l’argent de la popote. Le mari n’avait que 300 francs dans la poche. La dame réclamait la somme pour pouvoir faire la bouillie aux enfants. Le monsieur refuse et finalement ils se sont bagarrés. Par la suite, la femme est décédée à l’hôpital ».

Trois cents francs CFA, c’est moins d’un euro, et l’auteur est en prison. D’autres histoires comme celles des violences verbales jusqu’aux menaces de mort existent. Une victime raconte ce qu’elle a subi depuis l’annonce de sa grossesse à son partenaire : « Il ne me frappait pas, mais tout ce qu’il me disait était de la violence. S’il ne menace pas de me tuer avec l’enfant, il me laissait avec des insultes et il ne me donnait pas à manger ».

La conciliation avant la procédure judiciaire

Au centre d’écoute du GF2D, on encourage la conciliation. Lorsque les cas l’exigent et si la victime y consent, on introduit la procédure judiciaire. Mais toutes les victimes ne supportent pas les pressions familiales. Michèlle Aguey, secrétaire général du GF2D : « Lorsque nous faisons face par exemple à la procédure judiciaire, vous avancez et à un moment donné, c’est la victime qui dit : ‘’non, je ne veux plus poursuivre, je veux qu’on arrête là’’ ».

Les présumés auteurs de ces violences ne réalisent la gravité de leur forfait que lorsqu’ils sont interpellés.

Amnesty International France _ Indépendant grâce à vous, efficace avec vous !
 
Depuis plus d’un an, nous nous mobilisons aux côtés de La Cimade, de l’Unicef et de nombreuses autres organisations pour dénoncer l’enfermement des enfants en centres de rétention administrative.

208 enfants ont été enfermés en France métropolitaine l’année dernière, en raison de leur statut migratoire ou de celui de leurs parents.

L’enfermement constitue pourtant un traumatisme majeur pour ces enfants, quelle que soit sa durée.
Il a des conséquences graves sur leur santé physique comme psychique.

Plus de 150 000 personnes ont déjà signé une pétition initiée par La Cimade et soutenue par de nombreuses organisations dont Amnesty International pour dire stop à l’enfermement des enfants. Vous aussi, joignez-vous à nous pour demander à Emmanuel Macron de mettre fin à cette pratique inhumaine et dégradante.
SIGNEZ ET PATAGEZ LA PÉTITION

Nos associations remettront prochainement cette pétition aux autorités françaises. Nous avons donc besoin de vous pour peser auprès des autorités et faire évoluer la législation.

En enfermant des enfants, la France viole le droit international, et en particulier la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), dont nous célébrons cette année le trentième anniversaire. Cette convention fait de l’intérêt supérieur de l’enfant une priorité.

Or, depuis 2012 la France a été condamnée à six reprises par la Cour européenne des droits de l’homme pour avoir enfermé des enfants en centres de rétention.

Ensemble, luttons pour mettre fin à cette pratique illégale au regard du droit international !

 Merci pour votre soutien.
 

Keani Vonge

Chargée de campagne réfugiés et migrants
pour Amnesty International France

Côte d’Ivoire : les autorités changent de stratégie
dans la lutte contre l’orpaillage clandestin

| Par - à Abidjan

En Côte d’Ivoire, les autorités s’organisent au mieux pour faire face à l’orpaillage clandestin, un phénomène jadis circonscrit au nord du pays mais qui gagne aujourd'hui presque toutes les régions.

Un contingent de gendarmes missionnés par la Brigade de répression des infractions au code minier (BRICM) prend position dans les encablures du village de Booré Etienkro, dans le centre du pays (Dimbokro), au cœur du pays baoulé, ce mardi 27 août. Ils lancent une offensive contre une mine illégale, créée il y a plusieurs années et jusque-là tolérée. Bilan : sept orpailleurs clandestins présumés sont interpellés, un fusil artisanal de type calibre 12 et 101 boulettes de cannabis sont saisis.

Complicités dans l’administration ?

Quatre jours plus tôt, une opération similaire s’était déroulée dans le Sud-Ouest (Grabo). Si les gendarmes ont réussi à détruire seize dragues érigées, en dehors de toute procédure, sur le fleuve Cavally, ils n’ont pu mettre la main sur aucun orpailleur. Les orpailleurs clandestins avaient eu le temps de fuir, ayant vraisemblablement été prévenus par des complices au sein de l’administration ou des forces de sécurité.

L’échec de cette opération a conduit les autorités à changer leur stratégie. Pour l’opération à Dimbokro, la BRICM a ainsi agi dans la plus grande discrétion. Les gendarmes, partis d’Abidjan, ne savaient pas exactement où ils se rendaient, ni pour quelle opération ils avaient été missionnés, en pleine nuit.

Travail des enfants

Ce n’est qu’à Dimbokro, chef-lieu de la région du N’Zi, où ils sont arrivés au petit matin, qu’ils ont été informés de leur mission exacte : démanteler les mines clandestines de la zone. Le nombre de mines sauvages est imprécis, mais à l’échelle nationale, la Présidence en a dénombré un millier. Plus de 500 000 personnes tireraient leur revenu de ces mines, parmi elles, des enfants travaillant dans des conditions inhumaines. Ainsi, dans cette région du Centre, les services de Jean-Claude Kouassi, ministre des Mines et de la Géologie, ont dénombré plus de 200 enfants travaillant dans des mines artisanales exposées à des éboulements mais aussi à la drogue et la prostitution.

Début juin, Henri Konan Bédié, président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), natif de la région de l’Iffou, voisine de celle du N’Zi, et particulièrement touchée par le phénomène, avait maladroitement critiqué l’inaction des autorités face à l’implantation des mines illégales. Il avait accusé le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP au pouvoir) de « hold-up sur la Côte d’Ivoire sous le couvert de l’orpaillage ». L’ex-chef de l’État avait été vivement critiqué par le pouvoir qui l’a accusé de vouloir ressusciter le débat sur l’ivoirité.

Dans le fond, l’orpaillage clandestin pose un vrai problème de santé publique dans le pays. En effet, dans une note transmise aux députés, en vue de la ratification de la Convention de Minamata (Japon) sur le mercure, le président Alassane Ouattara pointait « les effets néfastes du mercure sur les populations vulnérables (femmes et enfants) constamment exposées à ses effets néfastes, en raison de la manipulation et du chauffage de ce métal », précisant que « le mercure est un métal lourd très toxique, dangereux pour la santé et pour l’environnement. Il s’accumule dans l’organisme, où il peut notamment provoquer des troubles des systèmes nerveux, immunitaire ou reproducteur ».

Éradiquer le phénomène

Fin juillet, le président ivoirien avait, à Ouagadougou, mis sur la table des sujets à débattre avec son homologue burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré, la question de l’orpaillage illégal, du fait d’une forte présence de ressortissants burkinabé, dans ce milieu, en Côte d’Ivoire.

Depuis, les autorités ivoiriennes multiplient les actions, en vue d’éradiquer le phénomène. Des actions saluées par certains, mais pour lesquelles d’autres restent réservés.

« Il est urgent d’attaquer le problème à la racine. En clair, les autorités doivent aller plus loin dans la répression, en sanctionnant les autorités préfectorales qui tolèrent les mines qui ne se cachent pas pour certaines, les propriétaires terriens qui cèdent leurs propriétés, ainsi que les forces régaliennes qui laissent faire », explique le journaliste Jules Claver Aka, natif de la région du Moronou, au centre du pays, également touchée par le phénomène.

De son côté, le ministre des Mines et de la Géologie entend maintenir le cap de la répression. Son objectif : « obtenir un résultat qui nous honore tous et qui grandisse la Côte d’Ivoire ».

Accord d'Alger au Mali:
l'ONU prolonge d’un an son régime de sanctions

Le Conseil de sécurité de l'ONU a prolongé jeudi 29 août à l'unanimité son régime général de sanctions au Mali qui peuvent être imposées aux individus contrevenant à l'accord de paix de 2015 (image d'illustration).
© REUTERS/Shannon Stapleton

Le Conseil de sécurité a adopté à l'unanimité jeudi 29 août une résolution renouvelant pour un an le régime de sanctions frappant certains individus, ainsi que la mission de surveillance du Panel d'experts, chargé de recenser les violations de l'accord de paix de 2015.

La séance du Conseil de sécurité a duré exactement deux minutes jeudi. La présidente polonaise a soumis aux voix le texte rédigé par la France. Unanimité, tous les ambassadeurs lèvent la main. Les 15 membres adoptent la résolution 2484.

Il faut dire que rien n'a beaucoup changé au Mali par rapport à l'année dernière. Les sujets d’optimismes sont rares. La proposition française s’appuyait sur le rapport annuel du Panel d’experts publié au début du mois. Dans ce long document d'enquête, les experts de l'ONU faisaient un tour d'horizon de la situation dans le pays et détaillaient tout ce qu'ils estiment être des violations de l'Accord d'Alger de 2015.

À Bamako, disent les experts de l'ONU, les promesses d'accélération des réformes institutionnelles n'ont pas été tenues. Le processus de désarmement et de réintégration de 63 000 combattants n'a pas commencé. Et la démission du Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga en avril n'a fait que ralentir les choses.

Dans le nord du pays, les experts démontrent que la situation est toujours aussi inextricable. Les querelles incessantes entre groupes armés ou à l’intérieur même des groupes politico-militaires minent tout effort de coordination des différents acteurs. À cela s’ajoute la collusion de certains éléments avec des groupes terroristes, notamment le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, le JNIM en arabe.

Les experts dénoncent la bureaucratie abusive perturbant l'aide humanitaire, particulièrement à Kidal. Et ils détaillent enfin les très lucratifs trafics – de migrants, de cannabis ou de cocaïne – auxquels s'adonnent dans le Sahel certaines personnalités connues, selon leur enquête : acteurs politiques, mais aussi complices de réseaux criminels actifs de la Mauritanie au Niger et de la Guinée Bissau au Sénégal. « Les intérêts des groupes armés dans le crime organisé, expliquent les experts, fournissent une motivation supplémentaire pour perturber ou ralentir la mise en œuvre de l'Accord d'Alger ».

Femmes autorisées à voyager sans permission : jubilation et colère en Arabie saoudite | L’Orient-Le Jour

 

[…] Avancée vers l’égalité selon certains, mesure dangereuse ou “contraire à l’islam” pour d’autres: l’autorisation accordée aux Saoudiennes de voyager à l’étranger sans l’accord d’un “gardien masculin” fait débat dans un royaume qui tente de changer son image ultraconservatrice. Les Saoudiennes de plus de 21 ans vont être autorisées à obtenir un passeport et à voyager à l’étranger sans l’accord préalable de leur “gardien” (père, mari, fils ou autre parent), a annoncé jeudi le gouvernement.[…]

Lire l’article : Femmes autorisées à voyager sans permission : jubilation et colère en Arabie saoudite – L’Orient-Le Jour, OLJ/AFP, 26.08.19.