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Centre
« Foi et Rencontre »
Bamako, Mali

Le Centre « Foi et
Rencontre » est un projet conjoint de l’archidiocèse
de Bamako et de la Province malienne des Missionnaires d’Afrique.
Cette dernière en est l’initiatrice et en assure le
fonctionnement.
« Cette maison, le Centre Foi et Rencontre, n’est
pas un temple, ni une mosquée, ni une église, et
pourtant on y parle de Dieu, de la foi des croyants ; de ceux
du Mali et du monde entier. Les livres Saints y sont conservés
pour que tous ceux qui ont soif de s’approcher de l’autre,
de le rencontrer, puissent mieux comprendre la foi qui l’habite.
C’est la maison de la foi et de la rencontre ; à
ce titre, Dieu y habite et bénit tous les croyants et
croyantes qui y entreront pour s’enrichir, pour étudier,
pour approfondir leur foi et la foi de l’autre, son voisin,
son collègue de travail, son camarade de classe, de lycée
ou d’université. »
Paroles lors de la bénédiction du Centre le 12
octobre 2004
On sait qu’au plan de la rencontre avec l’islam, les
communautés chrétiennes (individus et groupes)
« soufflent souvent le chaud et le froid »,
pour parler familièrement ! Beaucoup vivent en bonne
harmonie avec leurs voisins musulmans, tandis que d’autres
subissent souvent des pressions très fortes de leur part.
Le Père Jean Bevand remarque qu’il n’y a
pratiquement pas de dialogue organisé comme tel au Mali, au
plan de l’islam ; mais qu’il existe des lieux
privilégiés, tels les écoles catholiques, les
bibliothèques, les centres culturels, les mouvements
d’Action Catholique, les radios, où l’on peut
« rencontrer » facilement les autres
croyants.
On sait également que les chrétiens sont souvent
démunis, autant pour parler que pour répondre. Ils
manquent de repères, souvent de solides convictions. Pour
être capable de « proposer »
l’Évangile (sous quelque forme que ce soit), pour
être « un missionnaire dans son milieu »,
il faut s’y préparer, s’y former sérieusement,
acquérir de vraies convictions de foi. Ce sera la vocation
du Centre.

Les destinataires de ce
Centre, ou son « public cible », sont donc
en premier lieu les communautés chrétiennes du Mali,
en particulier :
Les responsables des
communautés chrétiennes de Base (CCB).
Les fonctionnaires et
cadres chrétiens souvent sollicités à
témoigner de leur foi dans leur milieu de travail.
Les jeunes du monde
scolaire et universitaire, régulièrement
questionnés dans leur foi par leurs camarades et
professeurs musulmans, de la religion traditionnelle ou adeptes
des nouveaux mouvements religieux.
Les enseignants chrétiens
et tous ceux qui exercent une fonction dans le domaine de
l’éducation et de la formation chrétienne
(catéchistes, etc.).
Les responsables des
émissions catholiques à la radio et à la
télévision.
Les responsables et
membres des mouvements de jeunes ouverts aux croyants des autres
confessions religieuses (JOC, CEC, JAC, JIC, MMTC, etc.)
Les femmes chrétiennes
qui, dans de multiples associations, œuvrent pour le bien
de la famille et de la société ensemble avec leurs
sœurs d’autres confessions.
Les maisons de formation
religieuse (séminaires, juvénats, noviciats, école
des catéchistes, etc.).
Les couples de confession
différente (couples mixtes).
Tous ceux et celles
proches des communautés chrétiennes qui sont en
recherche quant à leurs convictions religieuses.
Le Centre « Foi et
Rencontre » est appelé à
offrir :
Une documentation sur les différentes confessions
religieuses présentes au Mali, à travers une
bibliothèque spécialisée (livres, revues,
cassettes audio et vidéo, etc.) en :
Théologie et
spiritualité de la rencontre interreligieuse.
Œcuménisme.
Islam et notamment l’islam
en Afrique.
Religion Africaine
Traditionnelle (R.A.T.)
Nouveaux Mouvements
Religieux (N.M.R.)
Une information aux chrétiens sur toutes ces réalités
à travers :
Des publications adaptées.
La rediffusion de
publications existantes.
L’utilisation de
moyens audiovisuels.
La participation aux
sessions pastorales à tous les niveaux.
Des
formations de durée et de contenu variables sur :
Étude des réalités
musulmanes et du message religieux de l’islam.
Réflexion
chrétienne sur ce message et les voies pour une meilleure
rencontre.
Présentation de la
R.A.T. dans ses références et pratiques actuelles.
Réflexion
chrétienne sur l’interpellation qui nous vient des
N.M.R.
Le Centre est localisé – provisoirement –
dans l’enceinte de l’ex-séminaire Pie XII à
Bamako-Handallaye (derrière le Lycée Prosper
Kamara). Le bâtiment a été gracieusement mis à
notre disposition par l’archidiocèse de Bamako qui en
garde la propriété. L’avenir dira s’il
faut envisager l’acquisition ou la construction d’un
Centre dans un endroit plus central et plus visible.
Deux Missionnaires d’Afrique ont été
détachés pour former le noyau initial du Centre
(Pères Josef Stamer et Alain Fontaine). Ils y
travaillent à plein temps. Une religieuse (SMNDA) a rejoint
ce noyau en octobre 2003. En temps opportun, ils se choisiront des
collaborateurs laïcs (accueil, secrétariat,
bibliothèque documentation, etc.). Deux Missionnaires
d’Afrique travaillent aussi (à mi-temps) au sein de
l’équipe permanente.
Les priorités du
travail du Centre, sa gestion et la mise en œuvre de ces
priorités sont réfléchies avec un « Comité
de pilotage » de dix membres :
Le Secrétaire de la
Commission pour le dialogue islamo-chrétien au niveau de
la C.E.R.E.A.O.
Le Secrétaire
national pour le dialogue interreligieux.
Un prêtre
représentant l’U.P.M. (Union des Prêtres
Maliens)
Une représentante
de l’A.N.R.M. (Association des religieux-ses du Mali)
Un représentant,
(de préférence laïc) de l’archidiocèse
de Bamako.
Les cinq membres restant
appartenant à l’équipe permanente du Centre.
Ce comité se réunit au moins une fois tous les
trimestres.
En plus du « Comité de pilotage »,
l’équipe du Centre s’entoure de personnes
ressources qui pourront intervenir ponctuellement dans les
activités du Centre, soit par leurs conseils, soit par la
participation à des conférences ou formations.
L’archidiocèse
de Bamako met à la disposition du Centre le logement des
deux confrères employés à plein temps, ainsi
que le bâtiment qui l’accueille.
Les Missionnaires d’Afrique assurent son fonctionnement
(équipement, entretien, rémunération des
collaborateurs, etc.). Ils garantissent et appuient la
recherche de fonds à cet effet.

Charte
du Centre Foi et Rencontre
Il
n’y a pas de rencontre où l’Esprit de Dieu ne
nous a pas déjà précédés.
Servir la rencontre, c’est
d’abord contempler et admirer l’œuvre de Dieu
dans l’autre.
La rencontre de l’autre
est le lieu d’une conversion commune permanente vers le
Dieu qui nous a créés tous deux et qui nous appelle
tous deux.
L’ignorance est la
mère de la méfiance et du mépris.
Quelle que soit
l’affirmation de l’autre, je veux y chercher une part
de vérité.
C’est dans ma propre
foi que je veux chercher et trouver les ressources pour connaître
et comprendre mon voisin croyant.
Pas de paix entre les hommes
sans paix entre les religions ; pas de paix entre les
religions sans dialogue entre les religions ; pas de
dialogue entre les religions sans connaissance des fondements de
ces religions. (Hans Küng)
La rencontre de l’autre,
différent dans la foi, n’est pas une tactique ou une
stratégie, mais l’exigence même de ma foi
chrétienne.
Aller à la rencontre
de l’autre n’est pas de faire la moitié du
chemin et puis d’attendre que l’autre fasse l’autre
moitié.
Proverbe bambara : « Il
faut bien connaître le chien pour lui enlever l’os
qu’il a sous la langue… » Quand on se
connaît et qu’on s’estime, tout est alors
possible !
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